Se trainer

Je devrais le savoir depuis le temps. Mais à chaque fois, c’est la même chose (j’ai d’ailleurs l’impression de me répéter…). Après un marathon ou un ultra, je ne cours pas durant les jours qui suivent. Habituellement, j’attends jusqu’au samedi pour reprendre le collier, question de me donner le temps de récupérer. Ça devrait être suffisant, non ?

Hé non. J’ai beau me dire que je vais prendre ça relaxe, j’essaie toujours de pousser un peu. Et je finis par me trainer. Des 15 km que j’avais prévu faire à mon “retour au jeu” vendredi dernier, j’en ai fait 13. “Un 25k relaxe” au programme dimanche ?  Je me suis encore trainé, arrêtant à tout bout de champ pour un oui ou pour un non. Les 24 kilomètres séparant la maison du métro hier ?  Parcourus comme si je transportais un piano sur mon dos (ok, en bonne partie à cause de l’immense bagel du Costco que mon système digestif ne finissait plus de finir à digérer, mais quand même…)

La règle du pouce, c’est une journée par mille parcouru en course. C’est le temps qu’on devrait normalement laisser au corps pour récupérer. Pour un 10 km, c’est donc environ 1 semaine. Pour un demi, presque 2 semaines. Pour un marathon, ce serait 26 jours et dans mon cas, après Sherbrooke, ce serait un mois complet (pour une course en sentiers, j’espère que la règle ne s’applique pas parce que sinon, les ultrarunners passeraient leur temps en récupération !).

Pas qu’on est supposés ne rien faire, mais on devrait y aller mollo durant cette période-là. Pas de travail de vitesse, encore moins de compétition, juste courir pour le plaisir. Sauf que moi, quand je me retrouve sur la route avec mon GPS, il faut toujours que je pousse un peu. Juste pour voir…

Hé bien je vois. Je vois très bien même: je n’avance pas. Et j’avoue que ça me bogue. Quand je suis en entrainement pour un ultra, je peux faire une sortie tempo de 15 km le samedi, une virée de plus de 40 km au mont St-Bruno le dimanche, des intervalles le mardi, le mont Royal le jeudi. Pas de problème. Mais après un marathon ? Nada. Je ne comprends rien… Est-ce à cause de l’effort constant qu’on met quand on fait un marathon, alors qu’à l’entrainement, on arrête si on doit arrêter, sans se poser de question ?  Est-ce que ca fait une si grosse différence ?

On dirait bien…

Heureusement, cet état neuro-végétatif ne dure généralement que deux semaines et après, je remonte la pente.  Attendre 31 jours ?  Pas le temps pour ça ! Ça fait que dimanche, normalement…

On s’en reparle.