Petites vites de la fin avril

Beaucoup de petites choses ces dernières semaines, malheureusement pas tellement l’occasion de les partager avec vous, fidèles lecteurs. En voici toutefois quelques-unes, en vrac.

La blessure

« Si la course avait été en fin de semaine, je l’aurais courue ».

Voilà, pour ceux qui s’en soucieraient, c’est ainsi que je résume mon état de santé depuis quelques semaines. Je ne suis pas au top, mais je suis en mesure de courir. Marie-Ève a poursuivi son dur travail de « redressement » de ma vieille carcasse et comme je ne suis pas toujours tellement patient quand vient le temps de laisser une blessure guérir, ben le processus est long.

Mais je sens que je suis sur la bonne voie. Vais-je être à mon meilleur niveau à Massanutten ?  Jamais de la vie. Pas assez entraîné, pas assez remis. Mais j’y serai et compte bien le terminer, quitte à ce que ça prenne plus de temps.

Le fat ass

Stéphane, un camarade de course, a eu l’idée d’organiser une « petite » sortie de groupe à la fin mars. L’idée a fait boule de neige et, le soleil aidant, nous nous sommes retrouvés une bonne quarantaine dans le stationnement de la microbrasserie de Dunham, prêts à affronter en gang le « petit » parcours que notre organisateur avait tracé dans les chemins de campagne de cette superbe région.

Au programme: 50 kilomètres divisés en deux boucles. Une première faisait 35 km pour nous ramener au point de départ et une autre de 15 km venait s’y ajouter.

Stéphane a définitivement des talents d’organisateur car il avait tout prévu : le parcours était balisé et il offrait même un petit ravito autour du 16e kilomètre. Wow !

Après un départ groupé, le peloton s’est étiré selon les rythmes naturels de chacun. Comme par magie, je me suis retrouvé avec mes acolytes Pierre et Martin. Ce dernier semblant dans une excellente forme, nous avons fini par le laisser aller, le parcours étant somme toute pas mal exigeant.

Avant même le départ, j’avais décidé de m’arrêter après la première boucle, question de ne pas trop en faire car je n’étais tout simplement pas rendu là dans mon entrainement à ce moment-là (vous voyez, ça m’arrive d’être raisonnable !). Autour du 30e kilomètre, je me suis dit que peut-être que… Mais mes tendons m’ont rappelé qu’ils n’avaient pas vraiment envie d’en faire plus et comme ce n’était pas une compétition…

Ne pouvant résister à l’appel de la bière, Pierre s’est joint à son ami Vincent et à moi dans le « groupe des sages » (hum hum) qui a pris la microbrasserie d’assaut en premier. Que voulez-vous, ne dit-on pas qu’il est préférable de s’entraîner « un peu moins » qu’ « un peu trop » ?  Ça fait que…

Poing levé

Le temps était exécrable. Vraiment exécrable. Pluie, vent, 2 ou 3 minuscules degrés au thermomètre. J’étais sur le chemin du retour, vent en pleine figure, trempé jusqu’aux os. Autour du 28e kilomètre de cette sortie pénible au possible, je me suis retrouvé à combattre un vent qui me forçait à courir en adoptant une position exagérément penchée vers l’avant.

Une rafale vint me déséquilibrer. Puis une autre. J’ai laissé échapper un cri de rage contre les éléments. Puis, quelques mètres plus loin, un autre, encore plus fort, au point où j’en ai eu mal à la gorge.

Le reste de mon corps était somme toute correct, mais mes gants gorgés d’eau ne suffisaient plus à la tâche de protéger mes mains qui étaient frigorifiées. Il y avait une station-service tout près, j’allais m’y arrêter pour demander à Barbara de venir me chercher. Trop, c’était trop.

Puis je me suis souvenu : Quebecers are fucking tough que je me plais à répéter. Allais-je laisser tomber ?

J’ai brandi le poing dans les airs en signe de défi. Est-ce que c’est tout ce que tu as à me donner, Dame Nature de mes deux ?

Je dois toutefois avouer que je me suis trouvé un endroit un peu plus loin pour sécher mes gants avant de poursuivre. Il y a des limites à être fucking tough

La température

Parlant de conditions météo, après un hiver plutôt clément, le sud de la province a subi un mois d’avril anormalement froid, avec parfois de la neige.

Remarque comme ça: ce n’est pas la première fois et certainement pas la dernière qu’il neige en avril. Il y en a au moins une année sur deux, si ce n’est pas 2 sur 3. Je me souviens particulièrement de la bordée mouillée qui nous était tombée dessus la veille de notre départ pour Boston en 2013.

La question alors : pourquoi en faire tout un plat ?  Quand c’est rendu qu’Environnement Canada émet des avertissements de froid au mois d’avril, franchement… Qu’est-ce que ça peut bien faire qu’il fasse 10 degrés moins que la sacro-sainte « normale » de saison ?

C’est ce qui fait la beauté de notre sport : il peut se pratiquer dans toutes les conditions. Ou presque. D’ailleurs, vendredi de la semaine dernière, quand je me suis pointé au bureau dans mon accoutrement de course, des collègues se sont étonnés de me voir arriver ainsi, vues les conditions. J’ai tout simplement répondu que vu qu’il pleuvait, je n’avais pas pu prendre mon vélo.

Ils commencent à être habitués de côtoyer une anomalie de la nature…

Ultra-ordinaire

J’ai assisté au lancement, j’ai avalé le bouquin en moins de temps qu’il faut pour crier « UTMB ! ». Pour les quelques personnes sur cette terre qui ne seraient pas encore au courant, Ultra-ordinaire – Journal d’un coureur, le livre de mon ami Joan, a été lancé il y a quelques semaines.

Impressionnant collage de superbes photographies (prises en majeure partie lors de ses allers-retours au travail à la course ou lors d’événements) et de textes écrits avec une plume que je lui envierai toujours, cet ouvrage est un incontournable, que vous soyez coureur ou pas.

J’ai eu une belle surprise en voyant apparaître mon nom dans la liste des remerciements qu’on retrouve à la fin. J’ai eu beau m’enquérir de la raison de cet honneur auprès de l’auteur, il s’est contenté de me redire « Merci ! ».

Ha ben cout’ donc, ça m’a fait plaisir !

Petit quiz pour ceux qui ont l’œil averti : Joan fait référence à votre (pas toujours) humble blogueur à deux endroits dans son bouquin. Pourriez-vous les trouver ?  Il y en a un assez évident, l’autre moins… 🙂

« Ta femme dit que tu cours des 100 milles… C’est-tu vrai, ça ? »

Journée de repos, promenade de Charlotte au parc. Un groupe de retraités qui vont y prendre leur marche tous les matins m’arrête pour me poser la question.

« Oui. » Vous voulez que je réponde quoi ?  C’est vrai…

« Ça prend combien de temps ? ».

Question classique. J’ai eu envie de les référer au livre de Joan.

Washington

Les années se suivent et ne se ressemblent pas. L’an passé, j’étais le seul Québécois au départ du 50 miles du North Face Endurance Challenge de Washington. Il y avait un autre représentant de la belle province sur place, qui lui faisait le 50 kilomètres et que je n’ai pas eu la chance de croiser. Ce jour-là, nous avons affronté la première vraie journée chaude de l’été, chaude au point où je me suis permis une petite baignade dans un ruisseau sur le chemin du retour.

Hé bien cette année, je ne sais pas si c’est moi qui ai tracé la voie, mais plusieurs des nôtres y étaient (dont Yohan, un de mes lecteurs, qui était là un peu à cause de moi; j’espère qu’il ne m’en veut pas trop aujourd’hui ;-)). Et pas seulement pour faire de la figuration : en plus de terminer dans le top 10 au classement général, les deux premières femmes (Hélène Michaux et Rachel Paquette) étaient des Québécoises !  Wow !  Ajoutez à ça une septième place pour Félix Guévremont et il n’y a pas à dire, Quebecers are fucking tough !

Surtout que les conditions étaient plutôt « québécoises » à ce qu’on me dit : froid, pluie et neige, boue. Rien à voir avec ce que j’ai connu. Je me demande comment je m’en serais sorti, moi qui déteste viscéralement la boue…

La très forte délégation québécoise a poursuivi son travail ce matin à Bear Mountain en allant chercher 5 des 10 premières places. Un de ces jours, un des nôtres ira chercher un grand titre…

La blessure – bis

À deux reprises récemment, je me suis tapé des sorties plus longues qu’un marathon (43 et 45 km) et à chaque fois, il m’a semblé que la blessure ressortait de plus belle. J’ai donc décidé de ne plus dépasser 25 km pour une sortie et de mieux répartir mon kilométrage sur toute la semaine. Jusqu’à maintenant, tout semble fonctionner à merveille (quoi que faire 4 sorties de 20 km ou plus dans une semaine, ce n’est pas toujours évident). Reste à voir ce qui va se passer le jour J. À suivre.

Boston

Quand on dit que les années se suivent et ne se ressemblent pas… En 2015, la course s’est déroulée dans le froid et la pluie (je n’ose imaginer à quel point l’attente à Hopkinton a pu être désagréable) alors que cette année, il faisait un soleil radieux et le mercure dépassait allègrement les 20 degrés au départ… pour plonger quelques heures plus tard.

J’ai remarqué une chose cette année : il m’a semblé qu’on parlait beaucoup, beaucoup de ce marathon. À la radio, sur les réseaux sociaux, même à la télé. Vrai qu’en 2013 et en 2014, j’étais de la fête alors que l’an passé, j’étais encore dans la capitale américaine. Peut-être en ai-je manqué des bouts à ce moment-là. Mais quand même…

Oui, c’est un sport !

C’est bizarre, la question m’a été posée deux jours de suite récemment. Avant, je dois avouer que je n’avais peut-être pas toute la crédibilité nécessaire pour l’affirmer sans détour, mais maintenant que j’ai quelques courses relativement longues dans les jambes, je crois pouvoir l’affirmer sans risquer de me faire juger.

Oui, le golf est un sport.

Dans la jeune trentaine, quand je le pratiquais régulièrement (qui peut se vanter d’avoir déjà réussi un trou d’un coup et d’avoir aussi couru un 100 miles, hein ? :-)) et qu’on me posait la question, ça me frustrait. Et souvent, je répondais par une question: « As-tu déjà joué au golf ? ». Invariablement, la réponse était négative. Car quiconque qui s’est tapé un 18 trous de golf à pied (en voiturette par contre, bof…) sait pertinemment qu’il en ressort fatigué. Pas épuisé comme après une course, on s’entend, mais fatigué. Personnellement, j’avais l’impression que j’avais plus bougé après avoir joué un 18 trous qu’après certaines parties de hockey cosom.

On s’entend, pas besoin d’être un athlète pour exceller au golf. Et le tour de taille de certains golfeurs professionnels est là pour le prouver. Mais il en est de même pour plusieurs professionnels au baseball, au football et même au basketball. Et que dire de certains haltérophiles et boxeurs ? Pourtant, on ne remet pas en question le fait qu’ils pratiquent un sport. Alors, pourquoi en est-il ainsi pour le golf ?  Aucune idée.

Le commentaire

Pierre m’avait averti: « Fred Houde ne sera pas content… »

Frédéric Houde, c’est l’homme à la tête des Courses gourmandes, une série de courses sans prétention qui sont organisées un peu partout en Montérégie et qui remportent un beau succès populaire. Et pour cause, car je n’en entends que des commentaires positifs et pour avoir participé à l’une d’elles (le demi-marathon des Micro-brasseries), je dois dire que les compliments étaient tout à fait mérités.

Vous l’aurez peut-être deviné, le Marathon des Érables (qui avait lieu aujourd’hui) fait également partie des Courses gourmandes et l’argumentation de mon dernier article était en partie basée sur le parcours dudit marathon.

Il s’avère que monsieur Houde a lu mon article et, comme Pierre m’avait dit, il n’était pas content.  Ce qu’il m’a fait savoir via un commentaire qu’il a laissé sur ce site. Commentaire que j’aurais pu ne pas publier, mais auquel j’ai plutôt préféré répondre.

Je n’en vous en direz pas plus car j’aimerais avoir votre avis sans tenter de vous influencer, chers lecteurs. Avis sur le ton utilisé, sur le contenu du commentaire ainsi que sur celui de la réponse. Et je vous demanderais des avis honnêtes, sans complaisance. Car mon but est autant de partager avec vous ma passion de la course à pied que de le faire en m’améliorant, article après article.

Alors à vos claviers, j’attends vos commentaires !  🙂

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Des parcours et des marathons

De retour après une longue pause, conséquence d’un classique manque de temps. J’ai bien quelques articles en préparation, mais aucun de « final ». À suivre, chers lecteurs.

En attendant, comme nous sommes dans la semaine du Marathon de Boston, j’ai pensé vous faire part d’une certaine réflexion, réflexion qui a pris sa source dans une conversation à bâtons rompus avec mon partner de course. Car comme vous le savez, quand on court, on a le temps de penser (quand on est seul) et de jaser (quand on est seul ou plusieurs)…

Or donc, quand j’ai commencé à courir, il n’y avait pour ainsi dire que trois marathons au Québec : Rimouski, celui des Deux Rives à Québec et évidemment, Montréal. À l’époque, je déplorais l’absence de courses intermédiaires entre le traditionnel demi-marathon et celle que je considérais comme l’épreuve reine.

Depuis, on a vu apparaître des courses de 30 kilomètres qui permettent aux futurs marathoniens de tester leur progression ou qui peuvent servir de course de préparation aux marathoniens expérimentés. Et c’est très bien ainsi.

Par contre, à ce phénomène s’en ajoute un autre : la multiplication des marathons. Ainsi, celui de Magog a vu le jour il y a quelques années. Puis cette année naîtront deux petits nouveaux : celui de Longueuil et celui des Érables. Il y en a bien d’autres, mais je ne vais m’attarder qu’à ceux-là. Car qu’ont de commun  ces marathons ?  Ils ne sont pas ce que j’appelle de « vrais » marathons. Je dirais plus qu’ils sont des marathons « patentés ».

Je m’explique. Tout marathonien vous le dira, faire 42.2 kilomètres, particulièrement sur la route, c’est difficile. Surtout quand on veut « faire un temps ». Et nous passons tous à peu près par les mêmes phases : euphorie du début, première moitié qui passe plutôt bien « parce qu’on ne va pas trop vite », petit blues après le demi, les craintes qui commencent à s’installer entre les 25e et 30e kilomètres, puis… là ça dépend. Quand ça va bien, les 12-15 derniers kilomètres ne passent pas si mal: on serre les dents, on prie pour que ça tienne, on s’accroche.

Mais quand ça va mal, que les crampes s’installent, que la machine dérape, c’est à ce moment que le mental doit prendre le dessus. Et pour ça, surtout quand on n’a pas beaucoup d’expérience, on a besoin d’un environnement qui a le moindrement de l’allure.

Or, certains « marathons » sont bourrés d’allers-retours (voir le parcours du marathon des Érables ci-bas). Non mais, est-ce qu’il y a quelque chose de plus décourageant que d’avoir à se taper une loooongue ligne droite pour se rendre à un vulgaire cône orange pour avoir à revenir sur ses pas ?  Qui n’a pas « rêvé » de croiser à l’aller le gars qui lui est sur son retour et avec qui on a couru durant la première partie de la course ?  Lui qui a l’air tout frais alors qu’on se sent comme de la merde…

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Le parcours du marathon des Érables. Ouch !

Et que dire des courses qui offrent des boucles ?  Les coureurs du demi en font une, ceux du marathon en font deux (comme à Longueuil). Wow, quelle imagination !

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Longueuil: à faire deux fois pour les marathoniens…

Je comprends très bien qu’avec toute la logistique impliquée dans l’organisation d’une course sur route (sécurité, fermetures de rues, etc.), c’est plus simple d’instaurer des allers-retours et/ou faire plusieurs boucles. Mais les « vrais » marathons, eux, offrent des parcours intéressants ou à tout le moins, variés aux coureurs. Pas un collage de détours-pour-faire-la-distance, de chemins déjà parcourus et/ou d’allers-retours coupe-jambes.

Ainsi donc, ayant couru 14 marathons officiels, j’ai eu la (mal)chance de m’attaquer à 8 parcours différents. Je vous présente aujourd’hui mon palmarès d’appréciation desdits parcours.

1- Boston (2013 et 2014)

Boston

Le célèbre parcours…

En fait, il devrait plutôt s’appeler le Marathon de la banlieue de Boston car en réalité, les coureurs ne font seulement qu’environ 2 kilomètres dans la ville même. Le départ est donné à Hopkinton et son superbe parcours traverse une pléiade d’autres charmantes petites villes du même style liées entre elles par un chemin de campagne qui nous fait remettre en question l’organisation : allons-nous vraiment à Boston ?  Surtout que le voyage pour se rendre au départ en autobus jaune semble prendre une éternité…

Ondulé, très ondulé même, il en offre pour son argent au marathonien qui est forcément aguerri… car il faut se qualifier d’abord !  On y retrouve plusieurs points de repères qui sont devenus célèbres au fil des ans : le scream tunnel de Wellesley, Charles River, la caserne des pompiers de Newton, la fameuse Heartbreak Hill, etc.

En 2014, quand je suis revenu de Boston, mon patron m’a demandé si, comme je venais du Québec, je ne ressentais pas une certaine animosité de la part des gens là-bas. « Tu sais, Canadien-Boston »…

Il ne pouvait pas être plus dans le champ. Tout d’abord, à Boston, le hockey passe loin, très loin derrière le football, le baseball et le basket. Et puis, le marathon, c’est une grande fête là-bas. Alors le Canadien de Montréal, les gens s’en balancent complètement. Tout au long du parcours,  on sent l’enthousiasme des spectateurs ainsi que l’hospitalité typique de la Nouvelle-Angleterre avec qui nous, les Québécois, avons beaucoup d’affinités d’ailleurs.

J’ai beau avoir souffert les deux fois que je l’ai fait et m’être promis de ne jamais y retourner, c’est un must absolu à vivre au moins une fois si on a la chance de se qualifier.

2- New York (2013)

New York

C’est New York, oui, mais le vrai New York, pas celui qu’on montre aux touristes. Le parcours prend son envol à Staten Island et rejoint Brooklyn via le pont Verrezano-Narrows, offrant une vue spectaculaire sur Manhattan. Après Brooklyn, c’est le Queens, puis Manhattan direction Bronx par la première avenue. Les coureurs reviennent ensuite vers Manhattan pour finir le tout en beauté dans Central Park.

Tout au long du parcours, la foule est très dense. Dans le dernier kilomètre, les cris sont tout simplement assourdissants. Une expérience unique. Son coût prohibitif m’empêchera de recommencer, mais j’en garderai toujours un souvenir impérissable.

3- Ottawa (nouveau parcours, 2012 et 2014)

Ottawa

Le plus grand week-end de course au pays, une organisation hors pair. Quant au parcours, il amène les coureurs dans plusieurs racoins de la capitale. Quelques endroits sont plus difficiles mentalement : l’aller-retour au milieu de nulle part le long de la rivière des Outaouais, la petite virée dans Gatineau ainsi que le petit bout où les coureurs doivent partager la chaussée avec la circulation en étant protégés seulement par des cônes.

Mais le canal Rideau ainsi que le passage dans le centre-ville rattrapent le tout. Je me souviendrai toujours de la réponse de la foule quand je leur ai demandé du bruit. J’en ai encore les frissons.

4- Philadelphie (2012)

Philadelphie

Ce parcours réussit l’exploit de nous faire oublier une ville somme toute bien ordinaire en nous montrant ses plus beaux attraits. L’aller-retour de la deuxième partie pourrait être difficile à supporter, mais la vue sur la rivière ainsi que sur les cavernes réussissent à sauver (un peu) la mise. Une arrivée devant les fameuses « marches à Rocky » agrémentée d’un high five au maire font de ce marathon une destination de choix pour l’automne.

5- Ottawa (ancien parcours, 2010)

Pas tellement différent du nouveau parcours, il avait la particularité de « perdre » les coureurs dans un endroit isolé dans les kilomètres les plus difficiles. Au 35e kilomètre, ça tombait comme des mouches. Ça prenait le retour dans le portrait du canal Rideau pour remonter le moral.

Personnellement, je m’en suis sorti, mais ce n’est pas le cas pour tous…

6- Montréal (ancien parcours, 2007, 2008, 2009, 2010 et 2011)

J’ai souvent, et avec raison, déblatéré contre l’ancien parcours de notre marathon local. La première partie était plutôt bien, avec le départ sur le pont Jacques-Cartier, le tour du circuit Gilles-Villeneuve, le passage devant Habitat 67 et la traversée du Vieux.

Ça se gâchait sur Ste-Catherine avec le détour qui semblait obligé dans l’est de la ville et par un retour sur le très monotone boulevard Maisonneuve. La côte Berri suivie du parc Lafontaine et du Plateau annonçaient des kilomètres intéressants.

Erreur. Après un long faux-plat qui coupait les jambes, les coureurs devaient se taper St-Laurent dans son plus moche suivi du suprême casse-moral : la rue des Carrières, une horreur sans nom. Les survivants devaient par la suite se taper l’interminable rue Rachel qui ne donne pas sa place côté laideur elle non plus.

Le tour du parc Maisonneuve venait rattraper un peu les choses, surtout une fois que la montée Pie IX avait été complétée. Mais c’est là que j’ai cru que j’allais mourir, dans la fournaise de 2011.

L’arrivée dans le stade avait quelque chose de magique et quand ce dernier est devenu trop petit pour la taille de l’événement, le parc Maisonneuve a offert une belle alternative.

Ceci dit, le gros, gros problème à Montréal, c’est la foule : il n’y en a tout simplement pas. Pas un foutu chat pour lancer un encouragement au moment opportun. Rien. Comme si le marathon était un emmerdement pour la population. Ça faisait un peu pitié.

7- Mississauga (2011)

Mississauga

Départ dans une cour de centre d’achats (ça ne s’invente pas), un aller-retour dans un quartier industriel moche au possible, des détours placés çà et là pour essayer de nous faire faire la distance et tellement pas de monde que celui qui a franchi la ligne le premier avait justement court-circuité un de ces détours sans le savoir.

L’arrivée est située sur les bords du lac Ontario et s’il avait fait beau, probablement que je serais moins sévère. Mais je suis tombé sur une fin de semaine de pluie…

8- Montréal (nouveau, 2015))

Montreal

Il garde les qualités de l’ancien parcours dans sa première moitié et épargne même les coureurs de la partie déprimante dans l’est de la ville.

Mais une fois la mi-parcours franchie, c’est le désastre. Un chemin de croix, un vrai de vrai, composé non pas de un, mais bien de trois allers-retours. Toujours pas un chat sur le parcours, des bands qui jouent sans conviction et qui finissent par tomber sur les nerfs…

On dirait que toute l’emphase est mise sur le demi-marathon et pour ceux qui font le marathon, hé bien il y a cette merde-là si vous y tenez tant que ça. Honnêtement, ça fait dur.

Heureusement, ceux qui s’aligneront au départ à Hopkinton lundi prochain n’auront pas à vivre ça, bien au contraire. Petit conseil: profitez de chaque instant, même si le parcours est difficile. Car c’est le plus beau marathon du monde !