116 km en 2014 ?!?

Aperçu sur la page Facebook de l’Ultimate XC aujourd’hui (ça date du 19 juin; je sais, je suis encore en retard, mais que voulez-vous, je ne suis pas sur Facebook, bon !): « le 58 km 2013 servira de course qualificative pour le 116 km 2014 ».

Pardon ?!?  Ils prévoient faire une version aller-retour « officielle » pour l’an prochain ?

En fait, je devraient peut-être dire qu’ils prévoyaient ajouter cette distance au programme car tout indique que nos deux courageux n’ont pas réussi. En effet, avant que les autobus quittent St-Donat en direction du départ du 58 km, le directeur de la course nous a annoncé que Sophie et Jocelyn avaient été pointés au lac à la Truite à 1h30 du matin (comme si je savais c’est où, moi… J’habite sur la rive sud, je ne connais pas tous les lacs de ce coin de pays par cœur !  Un kilométrage aurait donné une meilleure idée, il me semble).

Puis après, plus rien. Nous avons fait le voyage en autobus, sommes descendus, avons écouté le briefing plutôt rigolo du même directeur, puis nous sommes partis. Jamais je n’ai vu Sophie, jamais ils n’ont parlé d’elle et de son compagnon. Durant la course, j’ai demandé à plusieurs s’ils étaient au courant de quelque chose. Rien.

Dans les résultats officiels, Jocelyn n’a pas terminé. Quant à Sophie, elle n’était pas officiellement inscrite. Par contre, je l’ai aperçue sur la plage peu de temps après la course et c’était assez évident qu’elle ne s’était pas tapée le retour sur ses deux jambes: elle était propre des pieds à la tête et n’était même pas en tenue de course. Je n’ai malheureusement pas eu l’occasion de lui parler, alors je n’ai pas su le fond de l’histoire.

Mon hypothèse ?  Les deux se sont rendus au départ, mais ont décidé que ce serait de la pure folie de faire le chemin en sens inverse dans de telles conditions. Et on peut les comprendre !  En tout cas, j’ai bien hâte de savoir ce qui s’est passé…

Une question maintenant: si deux athlètes qui en on vu d’autres ont décidé que c’était impossible de le faire cette année, est-ce que l’organisation ira quand même de l’avant avec le 116 km « officiel » pour 2014 ?

À suivre…

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Ultimate XC St-Donat: holly shit !

Printemps pluvieux. 30 mm de pluie samedi. Devenez de quoi avaient l’air les sentiers aujourd’hui. Une seule expression peut décrire l’état dans lequel nous les avons rapidement trouvés: de la cr… de m…

Dès le premier kilomètre, de grandes marres d’eau et surtout de boue s’étendant à perte de vue se sont présentées à nous. Et quand je parle de boue, je parle de boue assez profonde pour retenir un soulier et évidemment faisant partie intégrale d’une marre assez étendue pour nous empêcher de faire autrement que passer au travers. À plusieurs reprises, j’ai failli perdre une des godasses, aspirée par un des milliers de marais qui jonchaient le parcours. Dès le premier kilomètre, j’avais prédit planter au moins une dizaine de fois. Je ne me suis pas rendu à ce nombre, mais c’est bien parce que j’ai été extrêmement prudent.

Pour vous donner une idée de l’état décourageant des sentiers, David Le Porho et Gareth Davies ont abandonné. Pourtant,  le grand vainqueur, Jeff Gosselin de Québec, n’a été que 6 minutes plus lent que le gagnant de l’an passé, alors que les sentiers étaient très roulants (mais il faisait très chaud). Et cette année, ils ont été trois à descendre sous les 6 heures, alors que seul Davies avait réussi l’exploit l’an passé. Je me demande honnêtement comment un être humain pouvait réussir à faire ce parcours infernal en moins de 6 heures aujourd’hui…

De mon côté, mon temps officiel a été de 8:32:24, bon pour la 24e place. Pas si mal, mais j’aurais pu faire mieux. J’ai fait quelques erreurs tactiques, mais surtout, j’ai constaté une immense carence au niveau technique. Ma vitesse de croisière dans les sections boueuses et dans les descentes est borderline pathétique tellement elle est loin de ceux de mon niveau. Par contre, quand ça monte ou que c’est roulant, c’est fou la quantité de gens que je peux dépasser…

Je compte évidemment faire un récit de cette presque folle aventure. Mais ça va toutefois devoir attendre quelques jours car dès demain, ce sont les vacances qui commencent !  🙂

L’inconnu

Ça y est, plus que quelques heures et le départ sera enfin donné. J’ai hâte.

Depuis mon arrivée ici, une constante se présente à moi: l’inconnu. Je suis dans un village que je ne connais où se déroulera une course que je ne connais pas, sur un parcours que je n’ai jamais vu. Et il y a toujours ma jambe droite, au repos depuis lundi, dont j’ignore encore quel sera son comportement. Dans moins de 12 heures, je serai fixé.

Mais il y a une chose dont je suis certain: pour rien au monde je ne souhaiterais être ailleurs.

L’infolettre

Ils avaient dit qu’ils nous enverraient une dernière infolettre “à la mi-juin”. La dernière infolettre en vue de l’Ultimate XC de St-Donat est finalement arrivée par courriel une semaine plus tard, mais on peut dire qu’elle était assez complète merci !

L’organisateur commence en lion en annonçant que deux de ses bons amis allaient partir à la course vendredi soir avec l’intention de se taper le parcours du 58 km en sens inverse, puis revenir avec nous, les participants, qui prendront le départ de la “vraie” course le lendemain matin autour de 7h. Un petit 116 km au total… Le but ? Sensibiliser la population aux problèmes de santé mentale (heu, c’est que les gens normaux pensent déjà que les ultrarunners ont justement un problème de santé mentale… ;-)) et venir en aide aux personnes en proie avec des idées suicidaires. Si ça peut marcher le moindrement, j’appuie l’initiative à 100%. Les troubles mentaux sont tellement mal vus, voire honteux dans notre société. Et pourtant, tellement de gens en souffrent…

Et qui retrouve-t-on parmi ces deux braves ?  Sophie Limoges, ma chiro unique et préférée !  Elle qui m’avait dit qu’elle n’était pas certaine qu’elle y serait, elle va faire deux fois la distance. Quand j’ai vu son nom, j’ai décidé que tant qu’elle le voudrait bien, je serais son patient. Parce que je sais qu’elle comprend ce qui se passe dans ma tête et si ELLE me dit un jour que je dois prendre du repos, je vais suivre ses conseils.

Détail que j’ai constaté dans le reste de cet envoi: je ne sais pas si c’est volontaire, mais on y retrouve beaucoup de répétitions. Il me semble qu’il serait amplement suffisant d’écrire une seule fois que les concurrents des courses en trail doivent obligatoirement emprunter la navette pour se rendre à leur départ ou que la cueillette du dossard doit absolument se faire le vendredi soir pour les participants des course de 38 et 58 km. Mais non, on se le fait répéter. Signe d’une époque où les gens sont trop pressés ou incapables de se concentrer assez longtemps pour lire un texte de plus de 10 lignes ?  Peut-être…

L’infolettre contient aussi plein de renseignements plus ou moins utiles comme par exemple qu’il y a un bureau de poste à St-Donat (que d’émotion) ou la description de ce qui semble être un jeu que je ne connais pas et qui n’a aucun lien avec les courses. Enfin…

Ceci dit, la description des différents parcours est très intéressante et surtout, très instructive. Déjà que les cartes et les différents dénivelés étaient disponibles sur le site depuis un bon moment, un petit complément d’information, accompagné de quelques conseils, c’est vraiment excellent. On nous avertit entre autres où nous risquons (très) fortement de nous retrouver les pieds mouillés. Un beau contraste avec le Vermont 50 où ni le parcours, ni le dénivelé ne sont rendus publics.

À quoi s’attendre ?  Je ne peux pas dire avec certitude. Et ça fait un peu partie du charme de ce type d’épreuve. Je regarde les temps de l’an passé et je me dis que le parcours doit être très difficile. En effet, le gagnant avait terminé en 5h46, seulement deux autres coureurs avaient pris moins de 7 heures et la première femme (c’était évidemment Sophie) pointait à la 15e position en 7h54. Ce sont des temps qui ne sont pas très loin de ceux enregistrés au Vermont 50… qui était 22 km plus long !  Vrai qu’il faisait très, très chaud l’année dernière, mais cette année, avec le printemps pluvieux que nous avons vécu (sans compter le déluge prévu vendredi), les sentiers risquent d’être dans un piteux état et les rivières à traverser, plus profondes. Les temps devraient donc être du même ordre de grandeur, mais je peux facilement me tromper.

Si je ne peux prédire le déroulement général de la course, je peux encore moins prédire comment je vais m’y comporter. Surtout qu’un petit bobo inconnu a décidé de se monter la binette lors de ma dernière sortie de 20 km en sentiers lundi. Je ne sais pas si tous les coureurs sont comme moi, mais dans mon cas, j’ai des bobos “familiers”: ma cheville gauche et mon ischio droit en sont des exemples. Je les connais et quand ils refont de temps à autre une apparition, je sais comment les gérer. On est comme de vieilles connaissances.

Mais cette fois-ci, alors que j’étais dans la dernière descente m’amenant vers l’accueil de mon terrain de jeux, c’est une douleur au tibia droit qui est apparue. De quessé ?  J’étais en tapering, je ne m’étais vraiment pas surmené ces derniers temps, c’était quoi le problème ?  Je ne comprends pas trop, mais comme j’ai trainé ce petit malaise le reste de la journée de lundi et un peu hier aussi, j’ai décidé de ne pas faire le petit dernier 10 km que j’avais prévu pour ce matin. Ce sera la première fois que je me présente au départ d’une course avec quatre jours de repos (si on ne compte pas les 50 km de vélo par jour pour voyager au travail…). Habituellement, c’est deux jours. J’ai essayé trois pour Philadelphie et Boston et ça a plutôt bien fonctionné. Mais quatre ?  Enfin, on verra bien.

Si on suppose que tout irait bien côté santé, le top 10% que je vise sur route est à mon humble avis hors de portée (ça m’amènerait en 12-13e place, yeah right !). Une place dans les 30 premiers ?  Ouais, peut-être. Quant au temps, ça va probablement s’enligner autour de 8h.

Du côté des “tops”, je prédis le podium suivant:

1- David Le Porho

2- Gareth Davies

3- Alister Gardner

Disons que Seb Roulier m’a rendu la tâche plus facile en s’alignant sur le 21 km plutôt que le 58 (il sera aux championnats du monde de course en sentiers au Pays de Galles la semaine prochaine, alors même lui doit se ménager un peu… tout en visant la “gagne” sur le 21, quand même) !  Quant aux femmes, je ne peux pas croire que Sophie va rééditer son exploit de l’an dernier après avoir couru toute la nuit, alors j’y vais avec la fille de mon patelin natal: Rachel Paquette, de Victoriaville.

Mais LA prédiction qui a le plus de chances de se réaliser: beaucoup, beaucoup de plaisir pour les 1200 coureurs qui seront là samedi !  🙂

Marshall Ulrich – Running On Empty

C’était un cadeau d’anniversaire de la part de mes beaux-parents. Mais vue sa nature, je savais que c’était ma tendre moitié qui en avait fait l’achat: c’était un livre de course. En fait non, c’était un livre à propos d’un être humain qui court, nuance très importante. Quand je l’ai vu, je suis parti à rire. J’ai lui ai demandé si elle savait qui était Marshall Ulrich, l’auteur. Elle l’ignorait.

RunningOnEMpty

Qui est Marshall Ulrich ?  C’est tout simplement Monsieur Badwater. Il détient le record pour le nombre de participations (21, et il y sera encore à la mi-juillet), le nombre de courses complétées (18) ainsi que le temps le plus rapide sur le parcours original, celui de 146 milles (il a été ramené à “seulement” 135 milles il y a plusieurs années). Sachant qu’elle craint comme la peste que je décide de me lancer dans cette folle aventure un jour, j’ai trouvé très drôle qu’elle me procure un livre écrit par le grand maître de cette épreuve.

Parmi les autres exploits d’Ulrich, on compte le “Badwater Quad”, c’est-à-dire DEUX allers-retours de ce parcours infernal, un Badwater en mode pleinement autonome (soit sans aucune aide externe, il transportait lui-même tout ce dont il avait besoin: eau, nourriture, vêtements, etc.), l’ascension des plus hauts sommets de tous les continents et plein d’autres.

Dans Running on Empty, il nous raconte ce qu’il identifie comme ce qu’il a vécu de plus difficile au niveau performance athlétique: sa traversée des États-Unis à la course… à l’âge de 57 ans. Traverser le continent à pied, c’est déjà un exploit en soit. Mais le but initial n’était pas seulement “de le faire”. Nah, ça aurait été trop facile. Il fallait battre le record du monde, rien de moins… Le record à ce moment-là était de 46 jours, 8 heures et 36 minutes, soit une moyenne de 66.1 milles (106 kilomètres) par jour. Officiellement, Ulrich visait les records “Maîtres” (40 ans et plus) et “Grands Maîtres” (50 ans et plus), mais dans son for intérieur, il voulait le record absolu.

Charlie Engle, un (futur ex-) ami, et lui se sont lancés dans cette aventure un peu folle le 13 septembre 2008, quand ils sont partis de l’Hôtel de Ville de San Francisco direction New York dans la bonne humeur, avec comme objectif de faire 70 milles (113 km !) par jour. Rapidement, les deux compagnons se sont séparés, chacun y allant à son rythme.

La cadence infernale des premiers jours fit son oeuvre. Les deux athlètes devaient passer de très longues heures à avancer sur la route, combattant la chaleur et le vent. Les nuits de sommeil étaient courtes et le moral descendait lentement mais sûrement. Les blessures se mirent à faire leur apparition. Charlie dut abandonner après seulement 17 jours. Quant à Marshall, il fut terrassé par LA blessure qui fait trembler tous les coureurs: la fameuse fascite plantaire (ce petit vidéo montre assez bien ce que nos deux comparses ont dû subir).

Pendant que le temps continuait à avancer,  il passa une imagerie par résonance magnétique. Évidemment, le médecin lui suggéra de tout arrêter. Évidemment Ulrich, qui avait “diminué” la cadence à 60 milles par jour, demanda s’il ne pouvait pas se limiter à 40 milles à la place. Il continua ainsi, les bobos s’accumulant, mais la fascite se tenant à l’écart. Progressivement, il réussit à retourner à son rythme de 60 milles par jour. Et arriva finalement à New York, en 52 jours et 12 heures, battant au passage les records chez les Maîtres et bien évidemment, les Grands Maîtres.

Son récit nous raconte les coulisses de cet exploit. Il nous parle de toute la logistique nécessaire à la réussite, des tensions qui ne pouvaient faire autrement que de se développer entre les divers intervenants. Car il ne faut pas se leurrer, une grosse équipe de soutien est tout simplement indispensable pour que l’athlète puisse continuer à avancer, encore et toujours. Et au fil des jours, des semaines, les membres de cette équipe se sont épuisés à la tâche, faisant éclater les conflits.

L’aspect monétaire était évidemment non-négligeable. Cette aventure avait été financée par une compagnie de production de films qui en retour, reçut la permission de filmer les deux coureurs pour en faire un documentaire, Running America  (nos voisins du sud peuvent être tellement originaux quand ils s’y mettent… On peut visionner le trailer ici). Or, comme c’était Charlie qui avait réussi à obtenir le financement et qu’il a dû quitter, chaque dollar dépensé par la suite par Ulrich et son groupe fut scruté à la loupe. Et quand des amis commencent à se quereller à propos d’argent…

Ulrich nous raconte aussi ses états d’âme, les difficultés qu’il a eu à surmonter, autant physiques que psychologiques ou émotionnelles, pour se rendre à destination. À tous les jours, il voulait arrêter. À tous les jours, sa femme, qui était à ses côtés durant toute la “course”, voulait qu’il arrête. Mais ils ne s’en sont jamais parlé et il a continué. Sans vraiment en avoir la prétention, ce livre est finalement une belle histoire d’amour.

Bien qu’inspirant à bien des égards, ce bouquin m’a amené la conclusion suivante: “Jamais de la vie !”. À chaque page, on sent la souffrance et quand il arrive à New York, un seul sentiment ressort: le soulagement, ce qu’on peut constater en regardant le trailer d’ailleurs. Pas la joie d’avoir accompli quelque chose de grandiose, juste un gros “Enfin, c’est fini !”. Pas de quoi donner le goût de faire de même…  Bref, si (je dis bien si) l’idée me prend un jour de traverser le pays à la course, ce ne sera pas avec l’idée de battre des records. C’était beaucoup trop dur juste à le lire, alors j’imagine à peine ce que ça peut être le vivre…

Un autre élément que j’ai retenu dans tout ça: l’alimentation. Contrairement à Scott Jurek, Marshall Ulrich croit que l’être humain est omnivore. Et il a avalé à peu près n’importe quoi durant son périple: fruits, légumes, viande, desserts, fast food, barres énergétiques, boissons gazeuses, Red Bull, café, etc. Tout sauf… de l’eau !  Pourquoi ?  Pour la simple et bonne raison qu’il voulait que tout ce qu’il avale contienne des calories.

Au final, une lecture très intéressante et aussi, très instructive. C’est un must absolu pour tout coureur qui désirerait “essayer ça un jour”. Je la recommanderais à tous les coureurs longue distance, question de se rassurer un peu: non, vous n’êtes pas les seuls “fous” sur cette terre !  Quant aux gens “normaux”, pas certain qu’ils comprendraient pourquoi un être humain s’inflige une telle torture, malgré toutes les belles explications…

Les lacets

L’autre jour, j’étais au Mont Royal, quelque part dans les sentiers, quand j’ai senti que mon pied droit, mon toujours très capricieux pied droit, commençait à se promener un peu trop à l’intérieur de son soulier. Je me suis donc arrêté pour resserrer les lacets.

Comme j’ai les pieds étroits, j’ai tendance à attacher mes souliers très serrés, sinon mes pieds bougent à l’intérieur et en plus d’être désagréable, il n’y a pas meilleur moyen de développer des ampoules. Un vendeur dans une boutique de course m’a d’ailleurs déjà gentiment sermonné à ce sujet et le seul argument qui m’est venu en tête à ce moment-là a été de lui demander combien de kilomètres par semaine il courait avec des pieds étroits comme les miens. Mais bon, je trouvais ça un petit peu baveux, alors j’ai répondu “Oui, oui..” et fait comme d’habitude: à ma tête.

Mais à force de les serrer, les lacets finissent évidemment par s’user. Et ce matin-là, ils ont lâché. Quand je les ai sentis céder, je me suis dit que j’étais dans la merde. Finalement, non, il en restait assez long pour que je puisse les lacer tout en étant confortable pour la course. Et s’ils lâchaient de nouveau ?  Ou pire: s’ils lâchaient en pleine course, dans le milieu du bois ?  Je ferais quoi, hein ?  Je trottinerais jusqu’à la prochaine station d’aide dans l’espoir d’y trouver des lacets ?  Ben oui, comme si les gens trainaient des lacets de rechange…

Donc, même si j’avais pris la résolution en début d’année de diminuer la quantité de bidules que je traîne “au cas où” en course, j’ai décidé qu’une paire de lacets de rechange ferait partie de l’équipement qui m’accompagnera en permanence quand je serai dans les sentiers. Le rapport utilité/poids est trop grand pour que je décide de m’en passer.

Insécure le monsieur ?  Peut-être un peu, oui…  Mais je dirais plus: prévoyant !  😉

Bravo champion…

C’est ce que je me suis dit hier.

Je vous raconte. Après 35 beaux kilomètres dans mon terrain de jeux, je me sentais vraiment bien. La température était idéale pour la course, mon corps avait bien tenu le coup et la nouvelle veste d’hydratation avait fait des merveilles… mis à part le foutu tube et son embout. Pas capable. Il fallait que je fasse quelque chose sinon j’aurais tendance à moins boire juste à cause de ça.

Je me suis donc arrêté, encore une fois, à La Cordée. Le but: me trouver un autre réservoir pour remplacer celui qui vient avec mon Alpha UltrAspire (ou plutôt ultra aspire !). On m’a proposé un réservoir de la compagnie Platypus (n’avais jamais entendu parler) qui semblait avoir un embout semblable à celui de Camelbak et qui permettrait un remplissage rapide comme celui venant avec la veste. À 26 $, ça valait la peine de prendre le risque.

Sitôt arrivé à la maison (ben, après avoir mangé, quand même), je me suis mis en frais de tester mon nouvel achat. Bof… L’embout allait mieux que l’autre, mais pas tant que ça… Si je donnais une note de 3/10 à l’autre, celui-là obtenait peut-être un 5 ou un 6…

Puis j’ai essayé d’insérer le réservoir dans ma veste. Ouais, pas terrible. Comme il est plus rigide, il prend plus d’espace et surtout, dépasse beaucoup. Puis, j’ai eu une idée de “génie”: pourquoi ne pas essayer de regarder si le tuyau du nouveau réservoir ne fonctionnerait pas avec le réservoir original ?  Aussitôt dit, aussitôt fait. Et ça marchait: pas une goutte qui sortait. Au final, j’avais une meilleure veste.

Puis j’ai allumé: et si le tuyau de mon vieux Camelbak, celui avec l’embout qui va si bien, fonctionnait lui aussi ? Petit essai: ça marche !  Eurêka, je vais enfin avoir la combinaison parfaite !  🙂  Puis je me suis mis à regarder la multitude de tubes et de réservoirs sur la table de cuisine et me suis demandé: “Pourquoi tu n’as pas pensé à essayer ça AVANT d’acheter un nouveau réservoir ?!?”.

Bravo champion…