Bonne année 2013 !

31 décembre 2012. Déjà. Comme les autres, l’année en cours a passé trop vite. En fait, on dirait qu’elles passent de plus en plus vite…

Demain, ce sera 2013. Je voudrais vous souhaiter, à vous tous, la plus belle des années. Et par dessus tout, je vous souhaite amour et santé. Quand on a le privilège comme moi d’avoir les deux, on est équipé pour affronter tous les petits obstacles que la vie s’amuse à placer dans notre chemin.

Pour ceux d’entre vous qui font partie de la grande famille des coureurs, j’ajouterais un souhait: avoir le plus grand des plaisirs durant le long voyage qui vous amènera à votre objectif, que ce soit de faire un premier 5 km, un premier marathon, battre un record personnel ou tout autre. Car je le répète, ce n’est pas la destination qui compte, mais bien le chemin qu’on emprunte pour y parvenir.

Bonne année et bonnes courses à tous et à toutes !  🙂

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L’hiver dans toute sa splendeur

46 centimètres de neige… Pour que ce soit considéré comme une « tempête », Environnement Canada a établi qu’il doit tomber 15 cm. Nous avons donc reçu l’équivalent de trois tempêtes sur la tête en moins de 24 heures. L’hiver dans toute sa splendeur. Un bonheur pour les skieurs, un cauchemar pour les coureurs.

Mercredi, j’ai bien profité des surfaces sèches pour faire une sortie agréable car je savais ce qui s’en venait. Jeudi, j’ai passé 4h37 (oui, j’ai chronométré !) au total à pelleter. Hier, Charlotte a dû se contenter d’une promenade dans les rues à moitié dégagées, car le parc était toujours enseveli sous un épais tapis de m… euh, je veux dire,  de neige blanche. Ce matin, je suis parti dans la schnoutte, espérant pour le mieux.

Ça commençait très mal: de la « cassonade » dans ma rue. Finalement, ça n’a pas été si pire, la piste cyclable sur le bord du fleuve étant dégagée. Mais il y avait tout de même de la neige et de la glace à plusieurs endroits, rendant périlleuses certaines manoeuvres. J’avoue qu’il m’a été difficile de ne pas évoquer les saints objets à plusieurs reprises… J’ai tout de même réussi à faire mes 12 km (moyenne: 4:34/km) sans me péter la marboulette.

Bilan: l’ischio-jambier tient toujours le coup. Et je me sens revivre. Pour la première fois depuis des lunes, j’avais faim au dîner. J’avais hâte de faire mon traditionnel sandwich d’après-course et de le dévorer. Maudit qu’il était bon !  🙂

En terminant, message à mes amis skieurs: que je n’en entende pas un seul d’entre vous se plaindre qu’il n’y a pas de neige cette année, je risquerais de mal le prendre… 😉  Je pourrais aussi être assez intolérant si vous vous mettez à trouver des excuses (genre: il ne fait pas assez beau, fait trop froid, trop chaud, il y a trop de monde) pour ne pas pratiquer votre sport. Car je continue de pratiquer le mien alors que les conditions sont idéales pour le vôtre !

Retour sur une année de rêve

Les temps des Fêtes, c’est le temps des réjouissances, des célébrations avec notre famille et nos amis. C’est aussi le moment de l’année où on regarde en arrière. On pense à nos bons coups, à nos moins bons, à nos mauvais, à tout ce qu’on a fait au cours des 12 derniers mois. C’est aussi le moment des résolutions en vue de l’année qui se pointe, résolutions qu’on se fait habituellement un devoir de ne pas tenir.

Côté course, l’année 2012 a été exceptionnelle pour moi. Elle a commencé en janvier par une remise en forme progressive suite à une blessure à la cheville, blessure que je m’étais infligée parce que je n’avais pas respecté la règle du 10% d’augmentation de la charge d’entrainement hebdomadaire. Bien décidé à ne pas brusquer les choses et aidé par un hiver clément, j’ai repris graduellement la forme.

Toujours en m’inpirant des programmes du coach Jean-Yves Cloutier (mais bien évidemment, prenant bien soin de ne pas suivre les cadences ridiculement lentes et les distances toutes aussi ridicules qu’il propose), je me suis fixé mon premier objectif de la saison: le Marathon d’Ottawa. Première escale: la course de Laval à Champfleury, un 10 km. Mon premier 10 km depuis… 2006. Le déclic s’est opéré entre les 2e et 3e kilomètres de la course. Nous venions de faire un demi-tour et devions maintenant affronter un vent de face sur 2 km.  Les jumelles Puntous étaient une centaine de mètres devant moi et ont commencé à se relayer. J’ai rattrapé un gars et en le dépassant, lui ai glissé: « Let’s go, il faut aller chercher les deux soeurs ! ». Quand il m’a répondu: « Je pense que j’avais juste un 5 km dans les jambes aujourd’hui », je me suis retenu de toutes mes forces pour ne pas le traiter de con sur place. Je me suis résigné à faire la poursuite seul, face au vent. Et miracle: même à deux, avec toute leur expérience, les jumelles n’étaient pas capable de me distancer. À ce moment précis, j’ai su que ma forme était à un niveau que je n’avais jamais atteint.

À partir du quatrième kilomètre, j’ai constaté que la distance qui nous séparait diminuait. Au sixième, j’étais sur leurs talons. Voyant que j’ennuyais celle de devant, je me suis amusé à courir entre les deux pendant un certain temps, puis ai passé après qu’elles se soient échangé des gros mots. Je ne peux décrire cette sensation: ces femmes-là ont déjà gagné l’Ironman d’Hawaii et je me permettais de passer devant elles !  Pour faire image, c’est un peu l’équivalent d’un joueur de hockey de ligue de garage qui se permettrait trois buts contre Patrick Roy. Ok, il n’est plus à son top, mais ça reste Patrick Roy, bout de viarge !

J’ai terminé en 39:37, moi qui ne pensais jamais pouvoir faire sous les 40 minutes sur un 10 km un jour. Bah, le parcours ne faisait pas vraiment 10 km (9.83 sur mon GPS), mais bon… J’étais sur une lancée.

Deux semaines plus tard avait lieu le demi Scotia Bank au parc Jean-Drapeau. Mon PB d’alors, légèrement sous 1h34, me semblait relativement facile à battre. À ma grande surprise, il y avait un lapin de cadence pour 1h30, alors je me suis accroché à lui. Après quelques kilomètres un peu trop rapides (dont un en 4:01 !), la cadence s’est stabilisée et quand je me suis retrouvé à l’avant du peloton à jaser avec ledit lapin autour du 14e kilomètre, je me suis dit que je prenais ça trop relaxe. Alors je suis parti et ai terminé en 1:28:33. Un autre record personnel, un deuxième en trois semaines !

Arriva Ottawa que j’ai débuté le moral dans les talons suite à des troubles intestinaux que j’avais eus la veille. L’histoire ayant déjà été racontée ici, je n’y reviendrai pas. Sauf ceci: traverser la foule du centre-ville d’Ottawa en sachant que Boston et le record personnel sont dans la poche ?  Priceless !  🙂

Le reste de ma saison (entrainement en trail, Vermont 50, Philadelphie) a été longuement décrit sur ce blogue, alors je ne m’étendrai pas trop non plus sur ces sujets, ce ne serait que de la répétition (déjà qu’à mon âge vénérable, on a cette tendance en partant… ;-))

Mes moments forts de la saison ?  Au top, définitivement le Vermont 50. La course en trail, c’est tout simplement magique. L’ambiance y est différente, on sent qu’on est tous dans le même bateau et on veut que tout le monde réussisse. La vue du Ascutney Mountain Resort avant la descente finale est imprégnée à jamais dans ma mémoire.

Philadelphie suit toutefois d’assez près. Ce jour-là, j’étais dans ma « zone ». Le temps était parfait, la ville et le parcours rayonnaient de beauté. Sans compter une organisation de premier ordre. Un record personnel que je risque d’amener dans la tombe…

En troisième place, Ottawa. Mon ticket pour Boston 2013 et en prime, mon amie Maryse qui termine le demi (peut-être son dernier, mais j’en doute) avec le sourire, faisant oublier sa mauvaise expérience de Montréal 2011.

La pire journée de mon année ?  Le 11 décembre dernier, quand je suis revenu de ma sortie du soir avec le constat que j’étais encore blessé. J’étais vraiment découragé. À quatre mois de Boston, je me voyais condamné à l’inactivité, sans savoir pour combien de temps. Et si je recommençais et que je me blessais de nouveau ?  Cette incertitude me rongeait littéralement de l’intérieur, je me voyais devoir annuler Boston, retarder tous mes beaux projets d’une année… Heureusement, quelqu’un de compétent a rallumé la lumière au bout du tunnel. 🙂

Les bons coups maintenant.

En premier lieu, j’ai eu la confirmation de ce que j’ai toujours pensé: en course il n’y a pas de miracle. Je ne crois pas aux théories du genre: « Courez moins, courez mieux ». C’est bien évident qu’il ne faut pas seulement courir toujours au même rythme si on veut s’améliorer. Ça prend des intervalles, du travail en côte, etc. Mais il faut aussi courir longtemps si on veut faire des longues distances. On ne s’en sort pas, il n’y a pas de recette magique. S’il en existait une, ça se saurait. En fait, il y en a une: l’entrainement.

Aussi, j’ai appris (un peu par accident) cette année à éviter le micro-management. Entre le Vermont 50 et Philadelphie, je ne savais pas trop quoi adopter comme programme d’entrainement. De plus, j’ai été malade pendant une semaine et ai dû m’adapter. Arrivé à Philadelphie, j’ai tout simplement pété le feu. Je retiens donc la leçon: avoir une vision globale de ce qu’on veut faire, pas seulement penser que je dois faire ces intervalles-là mardi, ceux-là jeudi, etc.

Troisième point: l’entrainement en montagne. Je me suis rendu compte de son effet bénéfique en toute fin de saison à… Philadelphie, bien évidemment !  J’y ai avalé les montées et descentes avec une facilité déconcertante et que dire de ma vitesse ?  À conserver dans mon programme d’entrainement, même si je devais un jour ne plus faire de trail (yeah right !).

Les choses à améliorer maintenant…

J’ai terminé dans le top 5% à Philadelphie et dans le top 13% au Vermont 50. Ça dit ce que ça dit… Plein de pistes d’amélioration s’offrent à moi. D’abord et avant tout, je dois faire et refaire des montées et descentes. Car si je ressors du lot sur la route, en trail, je suis au mieux dans la moyenne de ce domaine. Autre point à améliorer: la stratégie aux stations d’aide. J’y ai perdu beaucoup trop de temps en ne sachant pas trop ce dont j’avais besoin en y arrivant et lors du changement de vêtements. J’étais mal préparé à cet aspect tout nouveau pour moi.

Je vais aussi faire des essais sur l’équipement que j’aurai à apporter. Le Camelbak, c’est bien utile à l’entrainement, mais en course, je devrai apprendre à m’en passer. Trop lourd à trainer sur 80 km. Malgré mon physqiue un peu frêle, je devrai peut-être me faire à l’idée que la bouteille à la main demeure la façon la plus efficace de faire un ultra, les bouteilles à la taille étant trop longues à remplir.

Donc, peut-être un peu de (gulp !)… musculation pour moi cet hiver ?  Je dis bien: un peu…

Ça tient toujours le coup

Deuxième sortie depuis mon « retour au jeu » aujourd’hui. Après deux bons soupers de Noël, on peut dire que j’avais hâte de dépenser quelques calories.

Coup de chance, il faisait un temps magnifique et la piste cyclable qui longe le fleuve était totalement au sec. Il y avait bien un petit vent humide (il est toujours humide, le foutu vent d’hiver par ici !) provenant du « large », mais pour le reste, comme conditions hivernales, difficile de demander mieux.

Encore une fois, j’avais des craintes avant de m’élancer. Je sentais toujours un petit quelque chose dans mon ischio-jambier et j’avais peur qu’il fige encore une fois, me ramenant à la case-départ. Mais il n’en a été rien. Ou presque. J’ai fait 10 km sans pousser (4:29/km) et bien que j’ai senti ma cuisse droite se plaindre un peu, tout a tenu le coup pendant 45 minutes. En ce moment, je sens encore une certaine raideur, mais je pense bien que ce sera disparu demain matin. Je l’espère, avec la quantité de neige qui nous est annoncée demain, je risque d’avoir besoin de toutes les parties de mon corps pour pelleter !  🙂

En plus de la petite raideur, une autre inquiétude demeure: l’effet du bandage que je dois porter au mollet droit. Encore une fois aujourd’hui, mon pied cognait lourdement au sol et je me demande si je ne risque pas de développer certains problèmes si je continue comme ça.  Ça va prendre les conseils de l’experte en la matière, je crois.

En tout cas, vous ne pouvez pas savoir à quel point j’ai hâte que tout ça soit derrière moi et que ma vie de coureur reprenne son cours. Du genre courir pendant des heures perdu dans mes pensées, arriver à la maison épuisé, recommencer à avoir très faim aux repas…

Patience Fred, patience…

So far so good

C’est ce matin, avec une (très) certaine appréhension, que j’ai fait ma première sortie depuis ma « rechute ». Vraiment pas les conditions idéales, l’hiver étant maintenant bien installé. La surface était inégale, passant d’enneigée à asphaltée à slushée… Mais bon, je n’avais vraiment pas envie d’attendre plus longtemps.

Au programme, un petit 8 km relaxe. Il fallait qu’il soit TRÈS relaxe. Je ne sais pas si le concept de mémoire musculaire existe, mais j’avais beau essayer de me ralentir, pas moyen de le faire comme du monde. Au final, une moyenne de 4:36/km, dans la schnoutte. Trop rapide, mais bon…

L’ischio-jambier a bien tenu le coup, aucune douleur. Juste une petite raideur dont je me suis rendu compte seulement après avoir arrêté, vraiment rien d’inquiétant. Par contre, le bandage que je porte autour de mon mollet droit empêche ce dernier de travailler correctement, alors mon pied droit m’a semblé deux fois plus lourd que son comparse de gauche, rendant la première moitié quelque peu inconfortable.

Mais pour le reste, so far, so good. J’ai déjà hâte à mercredi…

Ha oui, j’oubliais: je n’ai pas vu de différence marquée de comportement avec les souliers de trail dans la neige.  Dommage. Je compte bien faire des vrais tests comparatifs au cours des prochains jours, question d’en avoir le coeur net.

C’est de la sorcellerie ou quoi ?

Depuis que j’ai été contraint pour la deuxième fois à arrêter la course à cause de ma blessure subie à Philadelphie, je ne cessais de me poser des questions. Combien de temps dois-je encore attendre ? Et si je n’attends pas assez longtemps, vais-je devoir recommencer un autre « cycle » de guérison ?  De combien de temps, celui-là ?  Devrais-je consulter un professionnel ?  Lequel ?  Médecin sportif, physiothérapeute, ostéopathe, chiropraticien ?

J’ai reçu les avis de mes amis Maryse et Christian (deux de mes plus fidèles lecteurs). Ce dernier me suggérait fortement de voir un ostéopathe, car le sien l’a littéralement sauvé (à voir ses performances, je peux le croire !). Maryse quant à elle m’a fait un topo des spécialités de chacun et dans mon cas, comme ça semblait être une déchirure/élongation musculaire, elle m’a suggéré de voir un physio.

Avec la période des Fêtes qui approche, le timing n’était toutefois pas tellement bon. Puis je me suis souvenu d’une rencontre que j’avais eue dont j’ai déjà parlé ici à la fin août. Alors que je m’entrainais pour le Vermont 50 au mont St-Bruno, j’avais jasé une bonne dizaine de minutes avec une chiropraticienne qui faisait des ultras. Je me disais que si une personne était bien placée pour me conseiller, c’était bien elle.

Suite à cette rencontre, j’avais identifié cette gentille personne comme étant Marie-Josée Dufour de Québec. Mais je ne retrouvais pas son nom dans le bottin de l’ordre des chiropraticiens du Québec. Ni dans les classements du Vermont 50 des dernières années (elle m’avait dit avoir déjà fait le 50k), ni sur Ultra Signup. Hum…

Finalement, je suis allé revoir le classement final du XC de la Vallée et fait des recoupements. En troisième place chez les dames: Sophie Limoges de Brossard. Coup d’oeil sur le site de l’ordre des chiros: bingo !  Avant de la contacter, je suis allé voir ses résultats sur Ultra Signup. Ma mâchoire a failli décrocher. Elle ne fait pas que courir des ultras, elle performe !  Gagnante à deux reprises du 50k à Bear Mountain, gagnante à St-Donat (58k) l’an passé, gagnante de la Canadian Death Race (125 km dans les Rocheuses) en 2009 (où elle a terminé 5e au général, seulement 25 minutes derrière Dean Karnazes)… Définitivement s’il y a quelqu’un qui peut conprendre l’empressement d’un coureur à reprendre le colier, c’est bien elle !

Je lui ai donc écrit samedi dernier, lui rappelant notre rencontre, lui décrivant mon mal et lui demandant conseil. Réponse dimanche matin: elle se souvenait de moi (il semblerait que ce n’est pas tous les jours qu’on croise quelqu’un qui fait 50 km au mont St-Bruno), déjà ça de pris. Elle connait très bien ce genre de blessure et m’offrait de me traiter dès cette semaine, malgré le fait que son horaire était déjà plein. Elle était prête à faire du temps sup pour moi !  Ha, la fraternité des coureurs…

Jeudi midi, je me pointe donc à la clinique où elle travaille. Avant le traitement, petit formulaire à remplir. Antécédants médicaux, blessures, médicaments, etc. Alcool ?  Heu, pas facile celle-là… 9-10 consommations par semaine peut-être ?  Drogues récréatives ?  Jamais de ma vie (suis-je assez plate à votre goût ?). Boissons gazeuses ?  4-5 par semaine je dirais.

Référencé par qui ?  Ben, heu… la chiro elle-même ?

Avant de signer le formulaire, un gros avertissement: les manipulations chiropratiques peuvent, dans des cas extrêmement rares, entrainer la paralysie. Ben là, pour un muscle de la cuisse, jamais je ne croirai…

J’ai à peine terminé de remplir le formulaire que Sophie (entre coureurs, on s’appele par notre prénom) vient me chercher. Elle fait le tour dudit formulaire et acroche sur un point: 4-5 boissons gazeuses par semaine ?!?  Heu, oui, avec mon lunch le midi… Ne ne non, c’est beaucoup trop !  Pardon ?  Tu ne vas pas me dire que je ne peux pas courir parce que je bois 4-5 canettes de Diet Pepsi par semaine ?!?  Je ne me mettrai pas au jus de carottes, bout de viarge !

Elle m’explique de long en large les « méfaits » des boissons gazeuses, données scientifiques à l’appui. Ok, ok, je vais voir… Mais l’alcool ?  Ça non, c’est beaucoup moins néfaste. À la limite, ça a presque certaines qualités. J’ai dans mon idée qu’elle ne boit pas de boissons gazeuses, mais ne déteste pas un prendre un bon verre de vin…

Commencent ensuite les exercices/manipulations. Tiens-toi sur un pied. Sur l’autre. Pousse avec ta jambe comme ci, force avec l’autre jambe comme ça. Je me demande bien où elle veut en venir. Ma cuisse, elle ?  Mais bon, elle ne vient pas me dire comment tester un relais d’alternateur, alors je ne lui dirai certainement pas comment faire sa job. Je me plie donc de bonne grâce.

Après quelques maniplulations, elle m’annonce que c’est ce qu’elle pensait: ma jambe gauche est plus faible que la droite, alors celle-ci compense. À la longue, elle finit pas se fatiguer, l’exposant ainsi aux blessures. En tout cas, c’est ce que je comprends. Elle me dit donc qu’elle va devoir « redresser » mon côté gauche. Merde, ça va bien prendre 6 mois !  Pour une petite élongation ? Je commence sur le champ à réviser mes plans: tout va être retardé d’un an, ma parole…

Elle enchaine avec le traitement. assis, couché sur le ventre, couché sur le dos. Pousse comme ça, tire ici. Vers l’intérieur, vers l’extérieur. À un moment donné, je suis couché sur le côté et elle se laisse littéralement tomber sur ma jambe. Ouch !  Merde, une chance que tu ne ne pèses pas 200 livres ! J’ai l’impression que si elle voulait me démantibuler, elle pourrait le faire sur le champ sans même que je m’en rende compte. Et avec l’enfilade de niaiseries que je fais sortir de ma bouche, je n’aide peut-être pas ma cause (au bout d’un certain temps, j’allume: elle doit toutes les avoir entendues des milliers de fois, mes jokes insignifiantes).

Après quelques minutes à subir toutes sortes de maniplutations qui ne semblent avoir aucun rapport entre elles, je refais les tests du début. Et je vois le miracle qui vient de se produire. En début de séance, j’avais de la difficulté à me tenir sur le pied gauche tout en pliant mon genou droit vers l’avant. Maintenant, je suis aussi fort avec le gauche qu’avec le droit. Même chose en poussée. Hein ?!?  C’est quoi, cette affaire-là ?  De la sorcellerie ou quoi ?  Juste en me faisant subir une série de manipulations, elle a réussi à redresser ce que j’avais pris 42 ans à mettre croche ?  Ce n’est pas possible !?!

Il semblerait que oui. Selon elle, je suis correct et aurai peut-être à la revoir seulement une autre fois début janvier. Mon plan de reprendre la course demain dimanche est parfait pour elle. Je dois y aller mollo pour commencer, mais elle semble certaine que mon trouble est chose du passé. Je dois toutefois porter une genre de bandage autour de mon mollet droit pour quelques semaines, question de maintenir le tibia et le péroné ensemble, rendant plus facile le travail de mon ischio-jambier.

Elle m’a dit de lui écrire si j’avais des problèmes, mais elle est à peu près certaine que je n’en aurai pas. J’ai vraiment hâte à demain pour voir ça, moi. Peu importe ce qui arrive, je suis déjà très impresionné des résultats.

À suivre…

Du bénévolat, moi ?

Quand j’ai fait mon premier marathon, bien que je n’ai pas pris ça à la légère, disons que je ne m’en suis pas trop fait. C’était à l’époque où on pouvait encore s’inscrire pour l’épreuve durant l’expo-marathon, alors je m’étais donné le temps de voir si j’étais capable de faire la distance avant de finalement procéder, 5 ou  6 semaines avant la course. Cette époque vraiment pas si lointaine (c’était en 2007 !) est maintenant révolue. Les courses qui ont la moindre importance s’emplissent à pleine capacité en quelques jours, voire même quelques heures. Il faut donc être prévoyant et penser à long terme.

Étonnamment, le même phénomène s’observe pour certains ultramarathons. Les plus prestigieux, (entre autres le Western States 100, le Wasatch Front 100, le Hardrock 100, le Leaville Trail 100 et bien évidemment, le Vermont 100) s’emplissent très rapidement. Certains tiennent même une loterie, comme le Marathon de New York, pour “choisir” qui fera partie de l’épreuve. C’est fou à ce point-là !

Ces épreuves peuvent donc se permettre des petits “caprices”. Le Vermont 100, qui fait partie du Grand Slam of Ultrarunning, suit la voie tracée par les courses citées plus haut (à part Leadville) en exigeant de ses participants qu’ils aient fait “un minimum de 8 heures certifiées de bénévolat lors du Vermont 100,  du Vermont 50, de tout autre ultra de plus de 50 km ou de toute autre course approuvée par l’organisation. Ce bénévolat doit se faire au cours des 14 mois précédant l’épreuve”. Le bénévolat peut prendre plusieurs formes: faire partie de l’organisation, participer à l’entretien des sentiers, être à l’inscription, à l’information, aux points d’eau, etc. Toutefois, toute participation “active” dans une course est exclue: être entraineur ou être un lapin de cadence, par exemple.

Le but visé ?  Que les coureurs « redonnent à leur sport ». Je crois plutôt qu’ils ont de la difficulté à avoir des bénévoles et qu’en agissant ainsi, ils se trouvent plus facilement de la main-d’oeuvre. Mais bon, c’est juste mon avis…

La première fois que j’ai vu ça, je me suis exclamé: de quessé ?!?  Ces courses sont déjà plutôt dispendieuses en partant (l’inscription coûte 250$ pour le Vermont 100 2013), il faut faire du bénévolat en plus ?  Un participant peut toujours “racheter” son bénévolat, mais ça lui en coûtera 150$ supplémentaires. Et comme les autres épreuves du Grand Slam n’offrent pas cette option, je ne serais même pas surpris que cette avenue soit fermée quand je voudrai m’y inscrire, l’an prochain.

Pour être poli, disons que ça ne fait pas mon affaire. Je me dis qu’il faut vraiment, mais vraiment vouloir se taper 100 milles à pied pour payer ET faire du bénévolat en plus. Ou payer plus cher… Je commence sérieusement à me questionner sur mon état mental. Et puis non, je ne me questionne même plus… 😉

Quelles sont mes options alors ?  Les ultras de plus de 50 km au Québec, il y en a un: St-Donat. Mais j’avais envie de le COURIR moi, pas de me taper la route pour aller remplir les bouteilles d’eau de d’autres coureurs que je passerais la journée à envier… Le Vermont 50 ?  Même chose: trop loin pour ne pas le courir une fois que le voyage aura été fait. Et dans ce cas-là, je serais tellement jaloux des participants que je pense je mettrais du laxatif dans l’eau que je distribuerais. Ou peut-être des morceaux d’ex-lax parmi les bonbons, tiens…

Ne pouvant trouver de solution, j’ai écrit à l’organisation en leur expliquant mon cas. J’ai joint à mon courriel des liens vers certaines courses qui se déroulent en trail au Québec. Ces courses, soient les deux de la série X-trail Asics (Sutton et Orford) et la Virée des sentiers du mont St-Bruno sont pas mal plus courtes qu’un ultra (demi-marathon et 20 km respectivement), mais légèrement plus accessibles pour moi, mettons. Elles pourraient peut-être être “approuvées” par l’organisation… Manipulateur sur les bords, j’ai pris soin de commencer mon courriel en disant que j’avais ADORÉ mon expérience au Vermont 50 (ce sont les mêmes gens qui organisent les deux épreuves). Ben quoi, on gars n’a rien à perdre !  🙂

Quelques jours plus tard, j’ai reçu ma réponse: “mes” courses étaient acceptées. Ouf !  L’organisatrice en chef m’a toutefois fait remarquer que ça vaudrait peut-être la peine que je fasse la route pour être bénévole  au prochain Vermont 100. Ça me permettrait de faire partie de la fête un an d’avance et le camping est gratuit pour les bénévoles. Ouais, bon, quand ils disent que le camping est gratuit, je suppose que ça consiste à avoir une place pour planter une tente dans un champ, et peut-être avoir accès à un Johnny on the Spot

Enfin, je verrai. Ce serait tout de même un gros investissement côté temps. En fait, je serais probablement pas mal plus intéressé à faire le pacer de quelqu’un. En effet, pour les 30 derniers milles de l’épreuve, les participants peuvent être accompagnés d’un pacer. En fait, cette personne ne donne pas vraiment la cadence comme en course sur route, elle est plutôt là pour garder les yeux ouverts quand la fatigue commence à faire son oeuvre et s’amuse à jouer des tours à la conscience de celui qui a déjà 70 milles dans le corps. Ça c’est un rôle que j’aimerais beaucoup jouer, ce serait une expérience tellement enrichissante… Alors s’il y a quelqu’un qui lit ceci qui est à la recherche d’un pacer, je suis votre homme !  🙂

J’y pense: je pourrais faire quelques heures de bénévolat ET pacer quelqu’un ?  Hum…