Le point de vue du principal intéressé

J’avais un courriel de mon ami Sylvain ce matin. Je crois qu’il a vraiment aimé son expérience !  🙂   Il m’a envoyé l’histoire de sa première course et je trouvais ça vraiment trop bon pour ne pas la publier. Alors pour la première fois, un texte du « Dernier kilomètre » ne sera pas signé par moi, mais par mon grand ami Sylvain Hamel. Toutes mes félicitations encore une fois !  🙂

 

Je connais Fred depuis que nous sommes tout petits, vous l’avez vu, c’est moi le Sylvain dont il parle parfois. La première fois que je l’ai rencontré, c’était avant la maternelle, il jouait au hockey avec un autre de nos copains et j’ai nommé Stéphane Audet. La fameuse rivalité Montréal vs Québec, on habitait à quelque part entre les deux (Victoriaville) donc c’était facile de se trouver quelqu’un à narguer quand son équipe gagnait.

Nous avons toujours été de nature sportive sans pour autant se spécialiser dans rien en particulier. J’ai bien tenté l’haltérophilie un certain temps et je passais mes fins de semaine au centre de ski alpin de Warwick, ce qui me donnait de bonnes cuisses. D’où mon surnom « HAM ». Certains croyaient que c’était le diminutif de mon nom de famille qui est Hamel.

Je n’avais pas la fibre très endurante, mon sport consistait à donner tout ce que j’ai l’instant d’une seconde ou deux et me retirer. Mes amis ont tenté de me faire sortir à vélo à quelques reprises et par un moment d’insouciance, j’ai accepté de les suivre au chalet de mes parents. Ce fut mon premiers calvaire, pas d’entrainement, avec un vélo de montagne lourd et l’esprit d’un sprinter…

Les années passèrent, on s’est un peu perdus de vue… La famille, le travail, on a rejoint nos villes de hockey respectives, moi à Québec et Fred près de Montréal. La trentaine s’installe, les enfants apparaissent et qui dit grossesse, dit grossesse sympathique. La séparation qui a suivi m’a bien aidé à perdre du poids mais ce ne fut que partie remise. Je fais 5 pieds10 pouces et à mon plus fort j’ai atteint les 220 lbs. Notre première retrouvaille de jeunesse laissait mes amis surpris car ils m’ont connu faisant partie de la classe des 62.5 Kg en haltérophilie soit 137 lbs (avec de bonnes cuisses, vous vous souvenez « HAM », il ne restait rien au-dessus de la ceinture).

J’ai eu la chance de rencontrer ma copine actuelle, Marie-Josée et bien qu’elle porte le même nom que moi, nous ne sommes pas mariés. Elle m’apprit à mieux m’alimenter, facile direz-vous, on ne devient pas ankylosé à bien manger. Y avait place à amélioration et j’en ai profité pour me redonner une nouvelle silhouette durant l’hiver 2011. Mon nouveau poids santé 175 lbs !!

Ceux qui avaient été surpris de me voir à la première retrouvaille, l’ont été tout autant cette fois-ci. C’est là que l’histoire commence, Fred me lance « Tu serais capable de faire un demi-marathon avec la shape que tu as ». La graine était semée, il ne restait qu’à l’arrosr. Julie, une amie, s’en charge adéquatement et je dirais qu’elle y a même mis de l’engrais. Elle ajoute « T’es pas game… ». C’est vrai que j’aime les défis mais ce n’est pas l’histoire d’une demi-journée d’efforts celui-là. Je l’ai relevé comme par orgueil mais ma motivation profonde était le dépassement de soi. Je n’avais pas encore idée dans quoi je m’embarquais.

Début mars, je m’installe sur un tapis roulant pour voir ce que ça dit… Je garde le silence car je ne me suis pas encore officiellement engagé. Le 12 mars 2012, je fais mes emplettes de course, 250 $ pour une paire de souliers adaptés à mes pieds, un t-shirt, un cuissard et des bas (1.99 $ application Nike + pour suivre mes performances sur iPhone). À partir d’ici, il faut cesser de prendre des notes, c’est à proscrire. Première sortie officielle 6 km @ 5’ 18’’ /km, je sais je ne respecte pas les règles (faire des intervalles de courses et de marches, ne pas excéder 10% de croissance hebdomadaire, …). Je me laisse emporter facilement !

Au troisième jour j’étais à 9.5 km, 2 semaines de plus et j’étais à 12.3 km et à ma douzième sortie je tente une montée (faux plat) de 7.5 km qui devait m’amener à faire mon 15 km. Déception, à mi-parcours, je décide de faire des étirements puisque mes mollets sont très crispés et voilà que je me mets à courir comme Terry Fox. La douleur m’empêche de courir, je marche un peu et je réessaie, même résultat. Je laisse passer une semaine et comme la douleur est partie, je reprends la course. C’est officiel, le 16 avril je dois prendre rendez-vous chez un physiothérapeute: j’ai une petite déchirure du mollet gauche. Je suis en arrêt jusqu’au 12 mai et cette fois-ci le retour doit être progressif. J’ai consolidé mon mollet par le vélo (moins d’impact direct et il se fait solliciter quand même).

L’entrainement se fait dans le vieux Québec, parfois sur promenade Champlain sans dénivelé et parfois près du château Frontenac en passant par les 400 marches. Un des plaisirs de la course à pied c’est bien les paysages, il faut en profiter. Ma plus longue sortie est de 16.6 km @ 5’ 02’’ /km sur Champlain. Je suis prêt avec mes 47 sorties depuis le début de l’été (330 km) et je vise trois objectifs, terminer la course, faire moins de 5’ 10’’ /km et faire moins de 5’ 00’’ /km. Je suis loin de me douter que le dénivelé est comme ça à Magog.

Louis, Fred et moi entamons ce demi-marathon, trois copains de longue date. Pour eux, passer le fil d’arrivé avec moi est l’unique objectif. Comme d’habitude, je pars trop vite, Fred m’en informe et Louis garde ses distances. Il faut dire que Louis s’est blessé au mollet une semaine avant la course et il a choisi de ne pas courir dans la dernière semaine afin de se ménager son mollet. Il craint les descentes mais il est plus vite que moi dans les montées et il a tôt fait de nous rattraper. Il en profite donc pour prendre de l’avance et nous attendre plus loin.

Je fais donc ma course avec Fred, il semble s’amuser autour de moi comme une abeille. Après un certain temps j’entre dans ma bulle car l’effort est de plus en plus irritant. Il trouve que je ne profite pas assez du paysage, faut dire qu’il n’est pas habitué de courir avec tant de filles autour de lui, moi j’ai peine à les voir. Pour Fred, c’est une balade dans le parc. Il refuse les bretzels au kiosque et 100 mètres plus loin, il change d’idée puis vient me rejoindre sans que ça paraisse. C’est la même chose pour aller se soulager dans les bois ou attacher ses lacets. Il est même parti à la course, dans une montée, pour rattraper un concurrent qui nous avait dit de se tasser sur le bord pour marcher. Susceptible, la chèvre des montagnes !! 😉

Chaque montée me rentre dedans et alourdit mes souliers. Le seul point positif, c’est qu’il y en a une de moins à faire à chaque fois. Je suis passé de : mal de hanche qui m’a quitté au deuxième km pour faire place à une crampe abdominale qui a fait place au reflux gastrique et qui s’est transformé en flatulences. Ça me rappelle que j’étais bien dans la piscine de l’hôtel la veille.

Bien que le trajet de 21.1 km est pour moi un exploit, le vrai mérite est dans toutes ses sorties qui ont précédé malgré les conditions météorologiques, la blessure et l’envie de se reposer. J’ai aussi découvert que lorsque je sors pour courir, mes jambes en ont envie, c’est comme un appel au défoulement. L’entrainement est complet, autant pour le mental que le physique.

Je n’ai pas fait un exploit extraordinaire, plusieurs avant moi l’ont fait et même plus. Toutefois, si vous croyez que ce n’est pas à votre portée parce que vous avez un excès de poids et que vous n’êtes plus en forme comme avant, c’est le temps de vous lancer un défi et pratiquer votre persévérance, vous n’en serez que mieux à tous les niveaux. Il existe des 5 km et des 10 km aussi.

Amusez-vous bien !!

Merci à mes supporters Marie-Pierre, Audrey, Marie-Josée et Jonathan

Merci à mes grands amis de toujours Fred et Louis

Sylvain

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Marathon de Magog: une bien belle journée

Octobre 2007. Suite à des contacts initiés un peu par hasard, 5 grands chums du secondaire, dont moi, se retrouvent pour une journée entre gars. Parmi eux, mon ami d’enfance Sylvain que je n’ai pas vu depuis presque 10 ans. Il n’a pas changé d’un poil sauf… son tour de taille. Il dépasse maintenant les 200 livres et sa forme physique laisse à désirer… Ça fait bizarre de le voir gras, lui qui était aussi mince que moi dans le temps.

Octobre 2012. Cinq années ont passé et les grands chums se voient maintenant assez régulièrement. Aujourd’hui le 28, journée spéciale: Sylvain, qui est peut-être dans la meilleure forme de sa vie, en est à sa premère course officielle. Il fera le demi-marathon dans le cadre du Marathon de Magog. Pour l’occasion, Louis et moi l’accompagnerons.

L’arrivée sur le site se fait rondement. Le stationnement est spacieux et le service de navettes est efficace. Sur les lieux, nous rencontrons  Christian, un collègue de travail à moi. L’ambiance est relaxe, la température, parfaite: frais et vent nul. Louis, nouvellement papa, n’est pas tellement confiant: il s’est blessé en s’entrainant et lors des deux autres courses qu’il a faites par le passé, la même blessure l’avait ralenti. Et comme on dit, jamais deux sans trois…

Guylaine, une amie de Louis qui fêtera ses 40 ans demain se joint à nous pour un petit brin de jasette. Elle aussi fera le demi et si je comprends bien, ce sera aussi une première pour elle. Le monde de la course accueille des adeptes à chaque jour, on dirait !  🙂

C’est la première fois qu’une telle épreuve est organisée ici et je dois dire que c’est plutôt réussi. Une tente pour le dépôt de sacs, une tente pour la remise de dossards, beaucoup de toilettes. De plus, il semblerait que les douches de l’école juste à côté seront disponibles après la course. Oui, vraiment bien pour une première.

Les trois amigos (Fred, Louis et Sylvain) avec Guylaine avant le départ

Après une certaine attente, nous nous dirigeons vers le lieu de notre départ, qui est situé dans la rue, pas très loin. Mais avant nous, ce seront les marathoniens qui s’élanceront. Comme il était spécifié à l’origine que le marathon consistait en deux fois le parcours du demi et que les deux courses partaient en même temps, j’avais envisagé de faire un premier demi avec Sylvain, puis d’en faire un deuxième seul. Heureusement que j’ai changé d’idée, car non seulement le départ n’est plus en même temps, mais les parcours diffèrent également légèrement. Aussi bien dire que je n’aurais pas vu mes chums de la journée.

Départ du marathon. J’aperçois les coureurs qui s’approchent et qui vois-je aux avant-postes ?  Sébatien Roulier, celui-là même qui a terminé deuxième au Vermont 50 !  Et comme ils sont 2 ou 3 avec lui, ça veut dire qu’il y a tout de même de très forts coureurs dans cette course. Moi qui me disais que j’aurais probablement pu bien me classer, vu le faible nombre de participants…

Bon, notre tour maintenant. Sylvain ne semble pas trop nerveux. Louis et Guylaine, le semblent toutefois un peu plus. C’est parti !  Et ça commence en montant. Ouin, ils sont raides, les organisateurs… Je suis Sylvain à la trace, prenant bien soin de ne pas dicter le rythme. Je ne suis pas là pour lui imposer une cadence, mais plutôt pour l’accompagner.

Le premier kilomètre parcouru en 5:30 se fait en majorité en montant. Sylvain avance bien, semble détendu. Suit par après une longue descente et nous prenons de la vitesse, si bien qu’après 2 kilomètres, notre moyenne est descendue sous les 5:00/km. Une chose m’a frappée dès le début: maudit que c’est beau ici !  La vue sur la montagne, le lac derrière nous… Je n’ose pas imaginer ce que ce serait si les arbres étaient encore de toutes les couleurs !  J’en glisse un mot à Sylvain, mais il ne semble pas vouloir trop jaser. Je comprends ça.

Tiens, Louis ne suit plus. Merde, s’est-il déjà blessé ?  Nous avons perdu Guylaine aussi. Nous sommes sur le plat ou à peu près et Sylvain tient la cadence. Je lui fais la remarque, mais sans plus: pas trop vite, la course est longue… Arrive une montée et qui revoilà ?  Louis qui s’était préservé dans la descente et qui nous a recollés dans la montée. Il nous annonce une grande nouvelle: il porte des bas de compression, mais ses mollets sont tellement minces qu’ils ont… « ravalé » pour parler en bon Québécois ! Méchante compression !  On la rit ensemble.

La montée commence à faire sortir Sylvain de sa zone de confort. Oups… Merde, déjà ?  Après 5 kilomètres, une belle descente comme je les aime s’offre à nous: longue et juste assez raide. Je demeure avec mes compagnons quelque temps, puis m’excuse, c’est trop tentant: je me lance dedans comme un enfant. Ha que je m’amuse !  Mais bon, je ne suis pas là pour ça et après quelques centaines de mètres, j’attends mes amis en trottinant.

Au bas de la descente nous attend une piste cyclable et on peut dire que le fun commence pour vrai. Parfois en terre, parfois en asphalte, parfois dans le bois, parfois sur le bord du chemin, elle est très changeante sauf sur un point: son relief est accidenté.  Certaines côtes, bien que pas tellement longues, sont très abruptes. Après deux ou trois, j’entends le moral de Sylvain tomber dans ses talons. Autour du 8e ou 9e kilomètre, je lui fais remarquer que ce n’est pas interdit de marcher. Disons qu’il comprend assez vite le message…

Mais je commence à m’inquiéter. Notre cadence moyenne est maintenant autour de 5:10/km (ce qu’il visait, mais aurait aimé faire 5:00…) et je sens qu’il se fatigue. Que puis-je faire ?  J’essaie de le distraire en lui parlant des filles autour (il y en a des vraiment jolies), mais ça ne marche pas tellement. Puis on se retrouve sur le chemin d’un monsieur qui court vraiment bizarrement. Je l’ai déjà vu quelque part, une telle façon de courir… Il se tient le corps tout raide et avance un peu comme s’il était un moulin à poivre ou peut-être la réincarnation d’Axl Rose: en faisant des rotations horizontales des jambes et du haut du corps. C’est inoubliable, un tel style. Au bout d’un certain temps, j’allume: Marathon de Montréal 2007, mon premier marathon, groupe de 3h45. Il n’y a pas à dire…

Je raconte tout ça à Sylvain, mais il est dans sa bulle. Depuis le début, il a eu un point entre les omoplates et maintenant, il commence à avoir des reflux gastriques. Merde, que faire ? Les côtes vont l’achever si ça continue. Je lui offre ma barre énergétique, des gels, au cas où. Mais avec raison, il refuse, ne sachant pas comment son système va réagir. À un point d’eau (il y en a vraiment beaucoup, c’est très impressionnant), je prends des bretzels et lui en fais part, question de lui suggérer, par la bande, genre…

À partir du 13e kilomètre, je commence à lui dire que la fin est proche, mais on dirait qu’elle ne l’est pas assez à son goût. Shit, c’est quoi l’idée que j’ai eue de lui faire faire ça ?  Le parcours est vraiment difficile, plus difficile que le lac Brome. Rien à voir avec le Vermont 50, mais quand même…

Dans la partie qui longe l’autoroute, on frappe une autre montée et Sylvain appelle une pause-marche. Je m’arrête et presque aussitôt, un gars passe tout près de moi et me demande de me tasser sur le côté. Je ne sais pas si ce sont les paroles ou le ton ou le fait que sa face ne me revient pas (bien que je ne lui vois pas la face, alors ça ne doit pas être ça…), mais le sang ne me fait qu’un seul tour. Ha ben sacrament, es-tu en train de me dire que je ne sais pas courir, du con ?

Je m’excuse (encore) auprès de Sylvain et pars après le gars que je rattrape en deux temps trois mouvements. Non mais, j’ai fait 50 milles dans le bois avec des vélos autour de moi et personne ne m’a dit que j’étais dans le chemin, ce n’est pas un gars qui souffle à faire du 5:30/km ici qui va me dire comment courir, bout de viarge !  Je commence donc mon manège totalement, mais totalement immature (ce qu’on peut être niaiseux les gars quand on s’y met): je le dépasse en le collant bien comme il faut, puis ralentis pour le laisser passer. Puis je recommence. Passe à gauche, puis à droite. J’envisage même une poussée et quelques insultes, me disant qu’il a beau être plus costaud que moi, il est fatigué alors que moi, je me promène. Au pire, je le sèmerai à la course… Oui, un vrai de vrai comportement mâle: moi plus fort que toi, moi courir plus vite que toi, moi pisser plus loin que toi. Pathétique. Je me rends compte de la stupidité de mes actions, retrouve mon calme et mon ami. Mais pourquoi je fais ça, donc ?

Si ça a distrait Sylvain, il ne m’en glisse pas un mot et nous poursuivons notre chemin. C’est toutefois avec un certain bonheur que nous dépassons ma face à claques préférée définitivement au 16e kilomètre. Peu avant de repasser au-dessus de l’autoroute, Sylvain prend un gel. J’espère que ça va l’aider. Un peu plus loin, nouvelle montée… et nouvelle pause. Je continue en marchant, l’incitant à toujours avancer. Surtout ne pas arrêter. J’essaie de l’encourager: moins de 5 km, on y est presque !  Pas certain que ça porte fruit. En tout cas, le gel n’a pas fait exploser son énergie…  Un tata sur le bord du chemin me regarde droit dans les yeux et me dit de ne pas lâcher, qu’on achève. Heu, le langage non-verbal, ça te dit quelque chose ?  C’est mon chum que tu dois encourager !

Juste avant une descente dans un sentier, je me lance dans le bois pour une pause-pipi. Pas besoin de dire à Sylvain de continuer, il a définitivement décidé de ne pas m’attendre. Good. Quand je reprends ma route, je ne le vois pas au loin. Je m’élance donc dans la descente à bonne vitesse, passant plusieurs personnes qui doivent bien se demander d’où je sors. Finalement, je rejoins Sylvain qui ne réagit pas à mon retour. Ouais, je pense que la course a changé mon vieux chum qui a l’habitude d’être légèrement plus expressif…

Nous arrivons à un point d’eau où Louis nous attend. Il avait décidé de prendre de l’avance sur nous dans les montées, question de pouvoir faire les descentes plus lentement. Nous repartons à trois dans un sentier qui me rappelle le mont St-Bruno, puis aboutissons sur une passerelle en bois: c’est ce qu’ils appellent le marais. Wow, vraiment chouette !  Un gros sentiment de jalousie s’empare de moi: il y a du monde qui ont un tel parcours pour s’entraîner… tout près de chez eux ?  Bande de chanceux !!!

Je cours derrière Sylvain quand je remarque qu’il se tient dangereusement sur les bords de la passerelle. Je lui fais remarquer de faire attention, que lorsqu’on est fatigué, il arrive qu’on soit moins vigilant… Sa réponse: « Comment ça, fatigué ?  Veux-tu dire que je suis fatigué ?!? ».  Ha, mon chum est revenu !  🙂

Mais oui, il est fatigué. Même si tout est plat ici, il doit s’arrêter pour marcher un peu à deux rerises. Allez Sylvain, 3 km. Dans 15 minutes, tout sera terminé !  Ça lui donne un petit boost et on repart. Nous sortons du marais et arrivons au stationnement où nous avons laissé l’auto. Sylvain blague qu’il veut reprendre la navette. C’est bon signe. Kilomètre 19, plus que deux. Mais il reste la dernière butte à monter et celle-là est comme un coup de poignard. Sylvain s’arrête à nouveau. Louis lui demande ce qu’il a. Réponse: plus d’énergie. Shit, j’aurais dû lui donner un gel full caféine tantôt… Allez, un petit coup de coeur, on est avec toi !

Comme il n’est vraiment pas du genre à lâcher, nous reprenons la course. Peu avant le 20e kilomètre, un monsieur nous crie qu’il n’en reste plus que deux. Hé là, donne-lui donc un coup de bat de baseball dans les jambes, tant qu’à faire !  Nous la rions plus qu’autre chose et poursuivons la montée. Un peu plus loin, un concert de casseroles nous attend. Les jokes sur les carrés rouges et Pauline Marois commencent à sortir. En passant devant eux, Louis les avertit de se tenir sur leurs gardes:  la matricule 728 s’en vient. Comme durant notre jeunesse, il a ce don pour le timing…

Une fois rendus en haut de la dernière côte, Sylvain a vraiment hâte que ça finisse. Plus que 400 mètres, 2 minutes… Il commence à avoir pas mal de spectateurs, je cherche Marie-Josée, sa copine et les enfants du regard, au cas où… Quand on aperçoit l’école, je commence à lancer des encouragements à Sylvain, comme j’avais fait pour Maryse au Lac Brome l’an passé. Je ne sais pas si c’est ça ou la simple vue de l’arrivée, mais on dirait que le feu lui prend au derrière. Il accélère subitement, tellement que j’ai de la difficulté à le rejoindre. M’entendant à ses côtés, il accélère de plus belle et ça prend tout mon petit change pour revenir à sa hauteur. Je ne peux arrêter de rire: mais d’où ça vient, cette énergie-là ?  C’est avec un grand sourire que je franchis l’arrivée. Chrono: 1:56:50, 5 minutes de plus que ma prédiction. Mais on s’en fout, il a réussi !

Ensemble à l’arrivée

Ha l’arrivée, quel endroit merveilleux !  🙂  On se félicite mutuellement, heureux d’avoir vécu ça ensemble. À peine avons-nous nos médailles autour du cou que j’aperçois Marie-Josée. Le merveilleux sourire de sa blonde: priceless !  Marie-Pierre et Audrey serrent leur papa contre elles, Jonathan, le fils de Marie-Josée, se joint à eux. Quelques photos pour immortaliser le tout: le plus beau moment de la journée !  🙂

Tu as de quoi être fier: toutes mes félicitations Sylvain !

Le tout s’est terminé par un dîner chez Louis où on a pu voir la binette de la petite Léa. Je ne sais pas pourquoi, mais Sylvain n’a pas eu de difficulté à avaler sa lasagne…  😉

Et puis les boys, on remet ça l’an prochain ?  Au Scotia Bank ?  C’est un petit peu moins accidenté…

Une goutte d’eau dans l’océan des soucis de Lance Armstrong

Petite nouvelle sur laquelle je suis tombé hier: Lance Armstrong risque de se faire déclasser de sa 497e place obtenue au marathon de Boston en 2008. Dans la même lignée, il risque également de « perdre » ses classements au marathon de New York.

Pour ceux qui ne le savaient pas, Armstrong a couru 3 marathons durant sa première retraite sportive: New York en 2006 et 2007, puis Boston en 2008. Quant à moi, bien que je comprenne le symbolisme associé au geste, lui retirer ces résultats tient du ridicule. Il est assez évident pour moi qu’il a couru ces courses sans drogue. Quiconque lui a vu la tête après ses premier et deuxième marathons admettra que ça n’a rien à voir avec l’homme qui finissait une étape de montagne du Tour de France sans avoir ouvert la bouche une seule fois de la journée pour chercher son air…. On parle ici de quelqu’un doté de qualités physiques hors du commun, doué à la base pour les sports d’endurance. Pourtant, ses temps ont varié entre 2h46 et 2h59. Si je suis capable de descendre sous 3h12 à 42 ans, je trouve même étonnant qu’Armstrong n’ait pas fait mieux alors qu’il était quelques années plus jeune. Donc, pour moi, il est inconcevable qu’il se soit dopé pour ces épreuves.

Pour le reste, disons que j’ai une opinion plutôt nuancée sur le sujet. Comme ma tendre épouse l’a si bien souligné, ceux qui le lâchent aujourd’hui jouent les vierges offensées, mais n’allez pas me faire croire qu’ils le pensaient blanc comme neige. Tous les cyclistes de haut niveau de cette époque auraient été des dopés (la plupart se sont faits prendre), mais pas lui, le meilleur de tous ?  Ben voyons donc !  Aurait-il gagné quand même dans un monde idéal sans drogue ?  On ne le saura jamais…

Pour ma part, c’est avec une certaine appréhension que j’ai repris la course ce matin. J’avais décidé depuis quelques jours que mon « retour » allait se faire graduellement. Bien évidemment, promesse d’ivrogne: après un premier kilomètre en 4:20, mes jambes bien reposées ont compensé pour le reste de mon corps pas totalement remis de sa semaine: le 10 premiers kilomètres en 41:07, moyenne globale de 4:08/km sur 15 km faits sur chemin de terre en grande partie. J’ai toutefois fait quelques arrêts en chemin (petit chien-chien à flatter, pont des écluses levé), mais je suis plus que rassuré. La forme est toujours là et le système digestif s’est tenu tranquille. Je devrais être bon pour accompagner mes vieux chums demain.

Aux dernières nouvelles, Sylvain est super-motivé, au top du top. Je sens qu’on ne sera pas trop de deux pour le retenir au départ !  🙂  Il parle d’une cadence moyenne entre 5:00 et 5:10 au kilomètre, ce qui donnerait entre 1h45 et 1h49 comme temps à l’arrivée.

Prédiction: je vais être plus pessimiste un petit peu: 1h52. Mais je peux fort bien me tromper (je l’espère, d’ailleurs), je ne l’ai pas encore vu à l’oeuvre…

Une simple lettre

Pour les golfeurs professionnels, le signal qu’ils font partie de la crème de leur profession, c’est une invitation au Masters. Le fameux Masters, pour lequel il faut se qualifier si on veut y participer. Et il semblerait que ladite invitation est très sobre: une lettre toute simple insérée dans une enveloppe bien ordinaire avec le logo du Augusta National, le tout arrivant par la poste.

Cette semaine, en revenant du boulot, une enveloppe tout aussi simple m’attendait sagement sur le bureau de l’entrée. Intrigué par le logo qui ne me disait strictement rien à première vue, je m’en suis emparé: c’était la Boston Athletic Association. En moins de deux, j’avais un couteau à la main et ouvrais le précieux envoi. À l’intérieur, un simple carton. Au recto, une image du marathon de Boston avec la mention « Confirmation of Acceptance » en-dessous. Au verso, dans la colonne de gauche, mes coordonnées, avec mon temps de qualification et mon âge le jour de la course (je sais que je vais avoir 43 ans, pas besoin de me le rappeler !). Dans la colonne de droite, les dates importantes à se rappeler. Et c’est tout.

Voilà, 6 ans de travail, de plaisir, d’espoirs, de souffrances, de joies, de déceptions. Des hectolitres d’eau et de Gatorade engloutis, des chaussures qui emplissent le sous-sol, des vêtements qui embêtent conjointe et collègues. Des heures et des heures à s’entrainer. Des intervalles, des longues sorties, des courses préparatoires, 8 marathons. Et tout se ça résume sur un petit carton portant la mention: 3:11:44.

Je crois que je vais le faire laminer…

😉

Il y a tout de même des limites

J’ai fait ce qu’il fallait faire: je me suis reposé. Lundi, repos toute la journée, malgré le merveilleux temps d’automne (je dois avouer que je ne pouvais pas faire autrement de toute façon…). Mardi, retour au travail en train. Hier, même chose, malgré le fait que j’aurais pu y aller à vélo, la température le permettant. J’avais décidé d’être sage pour une fois et de faire ce qu’il faut supposément faire: me laisser récupérer. Je sentais que je remontais la pente et prévoyais reprendre la course ce soir.

Oui, j’utilise l’imparfait: je prévoyais recommencer à courir aujourd’hui. Mes plans ont décidé de changer sans vraiment me demander mon avis: depuis hier soir, plus moyen de m’éloigner des toilettes ! Et je commence à ne vraiment pas la trouver drôle…  Je tiens absolument à accompagner Sylvain à Magog dimanche et je ne suis plus certain de pouvoir le faire. Pour faire la distance à la cadence prévue, je ne vois pas de problème, mais vais-je être capable de seulement courir dans trois jours ?  Ça fait quatre jours que ça dure, il me semble que ce serait suffisant, non ?  Heureusement que j’ai décidé de ne pas faire le marathon…

Enfin, je vais prendre mon mal en (im)patience, je n’ai pas vraiment le choix. Je dois avouer que n’étant pas habitué à être malade, je tolère très mal de rester à ne pas bouger. Quatre jours sans course ni vélo ?  La dernière fois que ça m’est arrivé, c’est quand je me suis blessé au mois de décembre. Trois longues semaines d’inactivité, un véritable calvaire… surtout pour Barbara qui a dû m’endurer pendant cette interminable convalescence.

Mais bon, je ne peux pas croire que je vais être malade si longtemps, il y a tout de même des limites, non ?

Et mon esprit de compétition ne peut s’empêcher de songer à Philadelphie. Je ne m’attendais pas à des miracles, mais avec cet arrêt subit de l’entrainement, c’est certain que mon PB ne sera pas en danger. Je m’attends même à faire plus de 3h30, une première depuis… 2009.

Pour me changer les idées, j’ai visualisé des vidéos du Vermont 50 sur YouTube. En voici quelques-uns.

Ici, une « merveilleuse » vue du mont Ascutney qui nous montre les conditions de la journée.

Celui-ci a été tourné en majeure partie à Skunk Hollow, autour du 12e mille, première station d’aide où les équipes de support avaient accès. Ça donne une très bonne idée de l’ambiance et de quoi a l’air une station d’aide « principale ». Elle était située tout juste à côté d’une garderie qui a été construite… en plein milieu de nulle part !  Je me demande sérieusement d’où viennent les enfants qui la fréquentent. C’est à cet endroit que j’ai lancé à Barbara, un grand sourire me fendant le visage: « C’est complètement débile, cette affaire-là ! »   J’étais définitivement accroc…

Les suivants ont été tournés par des concurrents en vélo de montagne. On y voit très bien le parcours, mais ils ne donnent malheureusement pas une très bonne idée du relief. Pièces à conviction numéros un et deux.

Ici, un assez bon petit survol du parcours accompagné d’une chanson très bien choisie, à mon humble avis. À 0:47, Garvin Hill, au 19e mille, le sommet de la course. À 1:30 environ, Greenall’s (32e mille), LA station d’aide, celle où j’ai fait le changement complet de mon équipement.

Le dernier et non le moindre… Il risque toutefois de vous donner la nausée si vous le regardez au complet !  😉

À l’écoute de son corps

Samedi matin, sortie sur le chemin de terre et dans les sentiers sur les bords du fleuve. J’avais décidé d’y aller relativement mollo, faire du 4:15/km en prenant soin de ne jamais m’arrêter. J’ai gardé cette cadence, mais ai dû m’arrêter à deux ou trois reprises pour reprendre mon souffle, sans compter les nombreux arrêts qui ont ponctué la partie sentiers: c’était plein d’eau.

Que se passait-il ?  J’avais couru beaucoup plus vite sans problème durant la semaine…  J’ai mis ça sur le compte de la terre détrempée et n’y ai pas porté plus attention qu’il ne le faut. Le soir, souper chez des amis. Bière, vin, pain à l’ail, dodo plus tard qu’à l’accoutumée…  Bref, hier matin, j’avais un « motton » sur l’estomac. Le déjeuner est entré à reculons, je n’étais pas pressé de partir pour mon avant-dernière longue sortie avant Philadelphie.

Les premiers kilomètres se sont bien déroulés. Quand je suis arrivé au Récréo-Parc après 5 km, je commençais à en arracher. J’y ai croisé Barbara qui finissait de promener Charlotte, elle m’a demandé comment ça allait. « Bof… »  J’étais encore persuadé que le motton finirait par passer. 5 autres kilomètres plus loin, je devais me rendre à l’évidence: ça ne marchait pas, mon affaire. J’ai donc décidé de couper court et retourner à la maison, planifiant ma longue sortie pour un soir de semaine.

Sauf que le pont de l’écluse était levé, alors tant qu’à geler en attendant, j’ai continué ma pénible progression, toujours le coeur à l’envers. J’ai finalement couru un demi, de peine et misère. Dire qu’il y a seulement trois semaines, j’avais fait quatre fois cette distance dans des conditions autrement plus difficiles…

Le dîner est rentré comme le déjeuner, à reculons. Par après, j’ai essayé de faire quelques trucs dans la maison, mais le mal de coeur est revenu à la charge. À 15h, j’étais étendu sur le sofa. À 18h, j’étais dans mon lit, pour la nuit. Ce matin, après grosso-modo 14 heures de sommeil, ça va un peu mieux, mais juste l’idée de devoir prendre le train pour aller travailler et mon coeur se remet à virer à l’envers…

Comme je suis du genre à tout analyser, j’ai regardé en rétrospective ce qui s’est passé. Nous, les coureurs longue distance, sommes habitués aux mauvaises passes. On en a tout le temps, autant en course qu’à l’entrainement. Et elles finissent habituellement par passer. Il était donc naturel pour moi de m’attendre à ce que celle-là passe aussi. Sauf que si ça a mal été samedi et que je me trainais hier matin au moment même où je me suis levé, c’est que je couvais déjà quelque chose. Quoi ?  Je l’ignore.  Mais j’ai commis une erreur: je n’ai pas écouté mon corps et ai probablement empiré mon état en faisant une sortie hier matin.

Ça a beau faire six ans que je cours, je suis encore et toujours en apprentissage, il faut croire…  Je vais donc être prudent pour les prochains jours. De toute façon, pas vraiment le choix: depuis hier, c’est mon corps qui mène !

Un premier aperçu de l’hiver

Mardi 16 octobre,  quoi de mieux qu’une bonne course après une journée de formation ?  Il était à peu près 18h quand je me suis élancé. Le temps était frais, mais tout de même agréable: je portais des shorts et un combiné t-shirt-coupe-vent pour le haut du corps. Rien d’hivernal comme conditions, mais je l’ai tout de même vue se pointer, la saison maudite.

Avant, l’hiver me dérangeait un peu, mais sans plus. Mais depuis que je cours, j’HAÏS l’hiver. Le froid ?  Pas de problème, il y a des vêtements pour ça. Mais la tab… de m… blanche…  L’enfer !  Elle a le don de se transformer en « cassonade », une espèce de neige sale à la texture du sable du désert: complètement impraticable. Le coureur se retrouve à la merci des déneigeurs, qui dégagent généralement les pistes cyclables en dernier. Les rues rétrécissent, s’emplissent d’eau.  Ou de glace. Des fois, je me dis qu’il faut vraiment vouloir…

Mais bon, quel rapport avec mardi dernier ?  Bien voilà: il faisait un vent à écorner un boeuf et le soleil était sur le point de se coucher. Dans quelques minutes, il allait faire noir. Comme en hiver. Avec un tel vent, par température fraîche, je me devais donc de faire la première moitié de mon trajet avec le vent dans la figure. Comme en hiver. Le vent étant presque toujours de l’ouest, je devais donc me diriger vers le quartier industriel. Comme en hiver.

C’est dans ce merveilleux état d’esprit que je suis parti, avec l’idée de faire des intervalles. Mais comment surveiller sa progression quand il fait noir et qu’on ne peut pas voir son GPS, hein ?  J’avais beau essayer de regarder en passant près des lampadaires, c’était peine perdue: je ne voyais rien. J’ai donc décidé de faire des intervalles « patentés », c’est-à-dire me fixer sporadiquement des objectifs au loin (genre pancartes de signalisation routière ou une intersection en particulier) et sprinter jusque là. Après un certain temps, mon coeur voulait sortir de ma poitrine et je crachais mes poumons. Bon, j’avais un peu atteint mon but…

Après 8 km, j’ai arrêté mon manège… pour lancer un dernier sprint avant le 10e km. Tout juste sous les 41 minutes pour 10 km, c’était très satisfaisant dans les circonstances. Je me suis arrêté pour reprendre mon souffle, me disant que j’allais prendre ça relaxe pour terminer. Bien sûr… Au final, 16 km à 4:06/km de moyenne. Ma pointe de vitesse revient, on dirait.

Mais ce que j’ai surtout retenu, c’est de profiter des dernières semaines avant la saison froide. Parce que je n’ai pas fini d’affronter le vent sur St-Laurent et de voir le parc industriel moche de ma petite ville de banlieue…