Vraiment cheap

Avertissement: ce billet contient encore des propos négatifs concernant un événement d’importance au Québec. Nous préférons vous en avertir.

J’ai sursauté en lisant ceci ce matin: les 12 coureurs et coureuses qui se sont mérité une bourse lors des différentes épreuves du Marathon de Montréal n’ont pas encore reçu un sou de la part de Competitor Group, la compagnie américaine propriétaire de l’événement.

En effet, en date d’aujourd’hui, aucun chèque n’a encore été émis. Dans le genre faire « ti-coune », c’est dur à battre. Il n’y a pas à dire, ces gens-là ont un véritable talent: ils réussissent à faire parler en mal d’eux même si ça fait plusieurs semaines que la course est chose du passé. Avouez qu’il faut le faire ! Déjà que lesdites bourses avaient été réduites à des montants dérisoires, ils ont maintenant le culot de retarder les paiements. Émettre des chèques, est-ce si compliqué ?  S’ils sont assez gratteux pour ne pas les donner sur place, la moindre des choses serait de les envoyer par la poste. Ne venez pas me dire qu’ils n’ont pas les adresses des gagnants, chaque coureur doit fournir la sienne avec son inscription.

Selon l’article, le journaliste de La Presse a contacté un représentant de Competitor Group qui a dit qu’il allait vérifier la cause des délais. On dirait que ça a fait bouger les choses car une quarantaine de minutes plus tard, les boursiers recevaient par courriel un formulaire à remplir pour de pouvoir recevoir leur bourse. Quoi, un formulaire pour recevoir une bourse ?  Est-ce vraiment nécessaire ?

Pourtant, le tout se fait en trois étapes faciles: faire un chèque, le mettre dans une enveloppe, poster l’enveloppe. Si l’organisation du Vermont 50 l’a fait pour moi, cette grosse boîte à siphonner de l’argent est bien capable de le faire pour les 12 personnes concernées.

Ce soir, j’ai entendu David Savard-Gagnon, le gagnant du marathon,  à la radio. Pas très loquace, le gars. Pas du genre à crier haut et fort pour revendiquer ce qu’on lui doit. Mais il nous a tout de même appris une chose qu’on ne retrouve pas dans l’article: le gagnant de 2012 a dû attendre jusqu’en juillet 2013 avant de recevoir son argent. 10 mois de délais !

Vous devinerez que je trouve une telle situation scandaleuse. Et ce n’est pas pour améliorer la réputation de notre marathon. Après avoir écoeuré l’élite internationale « B » ou « C », ces gens-là se permettent maintenant de faire de même avec l’élite locale. Savard-Gagnon ou les autres n’attendent évidemment pas après cet argent pour vivre. Mais cette compagnie-là n’a-t-elle pas d’honneur ?  Le jour où le marathon se gagnera en plus de 3 heures parce que les meilleurs d’ici préfèrent aller se faire voir ailleurs, ils vont avoir l’air de quoi ?

Retenir les bourses dans l’espoir qu’elles ne soient pas réclamées (parce que ça ressemble vraiment à ça), je ne sais pas si j’ai déjà vu plus cheap de toute ma vie.

Xtrail Asics Orford: le wrap-up

Comme c’est maintenant devenu la tradition, je vous propose aujourd’hui un dernier petit wrap-up sur la dernière compétition à laquelle j’ai pris part, le Xtrail Asics Orford.

Sur le site de l’événement, il est annoncé que cette course est la plus grosse course en sentiers au pays, réunissant un total 2200 coureurs. Aussi, on nous dit qu’elle a été votée comme étant une des 10 plus belles courses à faire au pays. Bref, à ne pas manquer.

À plusieurs égards, c’est tout à fait vrai. Le site du Mont Orford est vraiment magnifique et les vues qu’on a à partir du sommet valent à elles seules le déplacement. L’organisation est très bien rodée, les bénévoles sont nombreux et enthousiastes. Aussi, pour une course en sentiers, c’est le paradis des spectateurs car ils peuvent emprunter le remonte-pente pour se rendre au sommet assister à la fin de l’ascension de la montagne par les coureurs. Le fait d’avoir des spectateurs en haut complètement a certainement aidé la motivation de certains. Bien évidemment, si des spectateurs décidaient d’assister au passage de leur coureur au sommet, il leur était impossible d’assister à son arrivée à la base de la montagne. On ne peut pas tout avoir.

Je ne peux pas parler pour les autres parcours, mais en ce qui concerne les sentiers empruntés par le 11.5 km, ils étaient dans un très bon état. Il y a seulement des bouts dans la dernière descente qui avaient plus souffert, probablement parce que beaucoup de coureurs étaient déjà passés par là. Mais pour le reste, rien à redire.

En ce qui concerne la difficulté du parcours, elle était au rendez-vous. Après une première partie rappelant le mont St-Bruno, la deuxième représentait tout un défi. La montée et la descente du mont Orford, c’est quelque chose. En plus, le tout n’était pas très technique, ce qui me plait particulièrement, n’étant vraiment pas habile pour “danser” dans les roches et les racines.

Toutefois, et vous l’aurez deviné, il y avait un gros problème dans tout ça. Peut-être que je n’étais pas dans la bonne course. En effet, si je n’avais pas été là pour accompagner mes amis, j’aurais fait le 20  km cross-country ou le 23 km en sentiers. Aussi, nous sommes partis dans la deuxième vague du 11.5 km alors que mon niveau me situe définitivement dans la première vague. Toujours est-il que le fait d’avoir à attendre que les autres coureurs avancent dans les sections “plus étroites” de la montée (c’est ainsi que c’est décrit sur le site de l’événement) m’a beaucoup dérangé. Je me sentais comme quand je dois conduire sur une route secondaire sinueuse et que l’auto à l’avant d’une longue filée roule à 60 km/h. C’était frustrant.

Daniel et Sylvain m’ont dit qu’ils en avaient profité pour se reposer et ça ne les avait pas dérangés. Sauf que ces sections avaient un effet “nivellement par le bas”. En effet, il fallait avancer au rythme du plus lent, un point c’est tout. Sur une course très longue, c’est bien correct. Mais sur à peine plus de 10 km ?  Et à voir le nombre de personnes que nous étions à attendre notre tour, j’imagine difficilement que ça pouvait se passer beaucoup mieux dans la première vague.

Je dirais donc que cette épreuve de 11.5 km constitue une excellente initiation à la course en sentiers et à voir le nombre impressionnant de gens qui y participaient (presque 1000 !), je crois que ce but est atteint. Par contre, malgré les départs par vagues, ce nombre est trop élevé pour la capacité des sentiers, ce qui fait je ne la recommanderais pas à quelqu’un de niveau plus avancé qui devrait plutôt se tourner vers une  des deux épreuves plus longues pour éviter les frustrations.

Dans un autre ordre d’idées, cette course m’a fait réaliser quelque chose. La boucle que formaient la montée et la descente du mont Orford, qui faisait environ 6 km au total, ne doit pas être tellement différente de la “Alpine Loop” de Virgil Crest. J’ai vérifié et cette boucle-là, qui doit être effectuée 4 fois dans le cadre du 100 milles, présente un dénivelé moins important que son équivalente à Orford. Or, c’est la pièce de résistance de cette course. Comme je me débrouille très bien dans ce genre d’effort, je me dis que finalement, Virgil Crest, c’est peut-être dans mes cordes. Ça risquerait de chambouler mon calendrier de courses pour l’an prochain…  🙂

En terminant, les photos de cette belle journée entre amis étant maintenant disponibles, en voici quelques unes. Les deux premières ont été prises avant de débuter la grande montée.

Sylvain2

Sylvain accompagné de son chaperon

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Notre ami Daniel à l’effort

Puis, dans la partie technique de la descente…

Sylvain1

Admirez l’élégance !

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Pourri en descente + problèmes aux genoux = …

Daniel1

Le Daniel Paré de Varennes dans son habitat naturel

Xtrail Asics Orford: la montagne

En regardant vers le haut, je me suis rendu compte de l’ampleur de la tâche qui attendait mes amis. Le serpent multicolore que formaient les gens qui montaient les lacets de la montagne semblait s’allonger à l’infini. Et le pente avoisinait probablement les 20-25% côté inclinaison à certains endroits. Ouch !  Sylvain s’est tout de suite mis en mode power hiking et nous avons amorcé la montée. Tout autour de nous, ça soufflait. Ça soufflait très fort. Certains utilisaient déjà leurs mains pour appuyer sur leurs genoux afin de les aider à monter. Ça me faisait bizarre parce que le rythme auquel nous avancions m’était très confortable, au point de pouvoir respirer seulement par le nez. J’en profitais pour admirer le paysage, me retourner pour essayer de voir Daniel. À un moment donné, sentant que mon soulier un peu “lousse”, j’ai piqué une petite accélération question de prendre un peu d’avance avant de m’installer pour resserrer les lacets. Ceci m’a valu un gentil char de bêtises de la part de Sylvain quand il m’a rejoint. 🙂

Arriva ensuite une section de single track technique et la mauvaise surprise: embouteillage. C’était quoi cette affaire-là ?  Ça n’avançait tout simplement plus, chaque centimètre de sentier étant occupé. On pouvait toujours essayer de dépasser un ou deux coureurs de temps en temps, mais ça ne donnait vraiment pas grand chose car c’était aussi jammé que l’autoroute Décarie à 7h30 un lundi matin.

Ben voyons, c’était une course, oui ou merde ? Rester immobile à attendre que les autres avancent pendant une course ?  Ridicule.

Heureusement, ce n’était pas trop long. On dirait même que ça m’a plus dérangé que ça a dérangé Sylvain. Nous avons repris l’ascension, longue et toujours très abrupte. Ouais, je vous dis que c’est de la montée !  Côte de l’enfer à St-DonatMont Grand-Fonds à La Malbaie ?  Ils peuvent aller se rhabiller. C’était  la montée la plus difficile que j’avais faite en course. Heureusement, le sol était bien sec.

Puis, une autre foutue section de single track. Encore plus abrupte. Il fallait maintenant prendre appui sur les roches et sur les arbres pour grimper. Et c’était encore l’embouteillage. Merde, ce que ça peut être gossant !  Tout au long de cette section, Sylvain a réussi à se faufiler, de sorte qu’il y avait une vingtaine de personnes en lui et moi. À un certain point, un spectateur/bénévole nous encourageait: “Vous êtes rendus aux trois quarts de la montée”. S’il avait dit que le dernier quart se faisait en single track, je lui arrachais la tête…

Finalement non (et pour le single track, et pour la tête). À mon grand bonheur, nous sommes retombés sur le chemin utilisé par la machinerie et j’ai pu rejoindre Sylvain. Il semblait bien aller. Nous avons poursuivi, sans trop jaser. Mais suite à cette autre section à ne pas avancer, je commençais en me sentir refroidir. En plus, j’ai eu envie de voir ce que ça donnerait si je faisais la montée à mon rythme, alors je suis parti.

Je me suis mis à zigzaguer au travers des gens, sentant mon coeur qui commençait à pomper. Ha, ça faisait du bien ! À l’approche du sommet, les bénévoles et spectateurs me félicitaient pour ma cadence. Heu… Arrivé en haut, j’ai attendu Sylvain. Il m’a rejoint après 2-3 minutes, toujours à un rythme constant. Coup d’oeil vers le bas, toujours pas de Daniel en vue.

J’ai demandé à Sylvain comment il allait: très bien. Ses bobos se tenaient à carreau et il ne s’était pas vidé dans la montée. Good. La semaine dernière, suite à notre sortie au mont St-Hilaire, il nous avait dit qu’il prendrait une pause au sommet pour admirer le paysage (qui était à couper le souffle, soit dit en passant), mais il ne s’est pas arrêté. Dès que la pente s’est mise à redescendre, il a recommencé à courir.

Je m’attendais à une réplique de la montagne Noire du Harricana comme descente. C’était à peu près ça. Heureusement, Sylvain est aussi prudent que je le suis devenu par la force des choses, alors je ne me suis pas fait larguer. Arriva une section plus technique et boueuse. Welcome to the swamp ! Ha hiiiii !  Au milieu de cette section, alors que Sylvain poursuivait sa descente, j’ai croisé Éric Turgeon qui remontait la pente. Non mesdames, il n’était pas torse nu…

Je lui ai demandé s’il était blessé, il m’a répondu que non, qu’il avait terminé (il faisait le 23 km). Il a ajouté que le field était très fort car il avait terminé en 6e position (soit la même qu’à Bear Mountain !) malgré le fait qu’il avait couru tout le long de la course (!) et que David Le Porho n’était pas là. Ces gars-là courent même dans ces pentes de fous ?  Ils pratiquent définitivement un sport avec lequel je ne suis pas familier. À ce moment, il faisait le chemin en sens inverse pour aller retrouver sa blonde qui faisait le 11.5 km. Je l’ai félicité pour sa course et suis reparti.

Sylvain avait pris pas mal d’avance pendant que je faisais du social, mais heureusement, il y avait une petite montée à la sortie de la section technique, ce qui m’a permis de le rejoindre. Le reste, c’était de la descente pure avec au passage, quelques trous de bouette juste pour nous rappeler que nous faisions de la course en sentiers. Nous nous sommes suivis durant toute la descente de la montagne et tradition oblige, il a terminé devant moi.

C’est vrai: à chaque fois que j’ai accompagné quelqu’un dans une course, la personne a terminé devant moi et ce, sans que je fasse exprès. Avec Maryse au Lac Brome, nous avons fini en nous tenant par la taille et sa puce a traversé la ligne avant la mienne. Au demi-marathon de Magog l’an passé, mon (autre) ami Sylvain était parti dans un sprint déchaîné que je n’avais pas pu égaler. Cette fois-ci, je ne voulais pas me scrapper les genoux… ni me casser la marboulette. Ça fait que j’ai terminé 2 secondes derrière, en 1:26:06.

Après les félicitations à mon chum qui venait de terminer sa plus longue course en “carrière”, on nous a remis nos médailles. À la préposée qui nous félicitait en parlant de la difficulté de la montagne, Sylvain a répondu que c’était plus difficile au mont St-Hilaire qu’ici. Hein ?  De quessé ?  La bénévole ne semblait pas trop le croire elle non plus. Puis il a précisé qu’au niveau technique, Orford, ce n’était pas tellement compliqué. Effectivement  (dans la partie qu’on a vue en tout cas; on n’avait pas fait le sentier des Crêtes). Mais le mont St-Hilaire non plus à certains endroits. Et c’est définitivement moins haut qu’ici !

Alors que normalement, nous aurions dû sortir de l’aire d’arrivée, nous étions pris dans notre troisième embouteillage de la journée. C’était la première fois que je voyais ça dans une course en trail, on se serait crus au Marathon de Montréal du temps de l’arrivée au Stade. Pourquoi ça n’avançait pas, donc ?

Bah, ça nous a permis de surveiller si Daniel arrivait. Rapidement, tout en haut, j’ai aperçu un kangourou avec un t-shirt bleu qui dévalait la pente: il ne courait pas, il sautait. Ça ne pouvait pas être quelqu’un d’autre que lui. Je me suis dit qu’à descendre comme ça, il aurait définitivement les quads détruits avant même d’être rendu au quart d’un ultra…  Il a traversé la ligne en volant littéralement, peinant à s’arrêter pour recevoir sa médaille. Sapré Daniel ! Au final, un très bon temps de 1:28:13.

Mes deux comparses avaient l’air très heureux de leur expérience. En tout cas, moi je l’étais. Après les étirements et le changement de vêtements, nous nous sommes dirigés au chalet pour le repas fourni avec l’inscription. Pendant que Daniel retournait à son auto pour récupérer son dossard, je suis tombé sur Pat qui était venu pour faire du bénévolat. Encore du placotage à mettre à jour.

Je pouvais enfin lui remettre la AK Vest qu’il m’avait prêtée… en juin !  Il m’a tout de suite remercié (heu Pat, c’est moi qui te l’avais empruntée, tu n’avais pas à me remercier parce que je te la rendais !) puis on s’est mis à jaser bobos et prochaines courses. Il m’a appris qu’il s’était inscrit à la loterie pour le Hardrock. J’étais un peu mêlé dans les courses, puis j’ai allumé: le Hardrock, c’est la course de fous dans les Rocheuses du Colorado !  Une affaire complètement débile: 100 milles avec 34000 pieds de dénivelés (en plus ET en moins), en altitude. Temps limite: 48 heures. Pour avoir le droit de s’y inscrire, il faut s’être qualifié en complétant au moins une des courses se retrouvant sur la liste qu’on retrouve à la fin de cette page. Imaginez, le Vermont 100 n’en fait même pas partie… Pat, grâce à son Massanutten, est éligible.

Quand je lui ai fait la remarque qu’il ne pourrait pas faire cette course-là et le Vermont 100 la même année (elles se déroulent deux semaines consécutives), il m’a fait un clin d’oeil avec un sourire en coin et lancé: “Peut-être…”.

Et il y en a pour dire que je suis fou ?  😉   Le pire, c’est que je l’envie !

Xtrail Asics Orford: jusqu’au pied de la montagne

Je m’étais pourtant dit que je ne ferais qu’un seul billet sur cette course-là. 11.5 km relaxes avec des amis, je n’en aurais pas tant que ça à dire, non ?  Hé bien oui. Voici donc la première partie du récit de ma journée de samedi.

En arrivant au mont Orford autour de 8h15-8h30 samedi matin, un gentil bénévole chargé de nous faire payer le stationnement m’a accueilli. “Vous venez pour la course ?”. Non, pour le ski, que j’ai répondu. Ça a l’air que je n’étais pas le premier à la sortir celle-là (duh !). Ouais, pas ma meilleure, en effet. “En tout cas, bonne chance !  Vous allez en avoir besoin…”  Comment ça ?  C’est quoi, cette affirmation gratuite-là ?  Penses-tu vraiment qu’elle me fait peur, ta montagne de feffi ?  Je viens ici pour un entrainement cool avec mes chums, moi…

En me garant, j’ai tout de suite senti la fébrilité dans l’air. Pourtant, le départ n’était qu’à 10h15… Puis j’ai allumé: le 23 km, l’épreuve principale, partait à 9h. D’ailleurs, à voir les gens qui se promenaient,  c’était évident qu’ils se préparaient pour une course difficile.

Je me suis dirigé vers le chalet où avait lieu la remise des dossards. Tout s’est passé rondement. Bien évidemment, personne ne m’a demandé la preuve que j’avais un droit d’accès au parc. Je me demande bien pourquoi ils font payer un surplus aux gens s’ils ne vérifient pas ceux qui, comme moi, prétendent avoir déjà leur droit d’accès. Enfin… (pour votre info, j’avais mon droit d’accès sur moi)

Le chalet de ski à Orford est spacieux et offre une très belle vue sur les trois monts qui forment la station. J’ai donc pu m’installer à une table pour lire un peu et grignoter tout en attendant que le départ soit donné. Pouvais-je demander mieux ? J’ai cru reconnaitre quelques visages, dont celui de Florent Bouguin, gagnant du 65 km au Harricana. À la table à côté de la mienne, une fille racontait ses “exploits”, jouant à la grande habituée. Hé, on a beau être dans un chalet de ski, savais-tu chose que ce n’est pas tellement dans la tradition de ce sport-ci de parler plutôt qu’agir ?  Je sais qu’en ce qui concerne l’autre sport…

Après le départ, je suis retourné à l’auto pour enfiler ma tenue de course, ai lu encore un peu, puis suis revenu tranquillement. J’adore les événements où je ne compétitionne pas vraiment: aucun stress, aucune inquiétude en rapport à l’alimentation ou l’équipement. Je vis juste le plaisir d’être là. Une vraie belle journée de congé.

Je suis revenu au bas des pentes juste à temps pour assister à l’arrivée du 20 km cross country, une épreuve moins technique que le 23 km en sentiers, mais plus difficile que le 11.5. On annonçait déjà que le premier était passé au sommet et on l’attendait d’une minute à l’autre. C’était Sébastien Roulier, j’en étais certain. Le mont Orford, c’est son terrain de jeux. En plus, dans une course moins technique, ça aurait pris une très grosse pointure pour le devancer.

L’annonceur s’est mis à s’époumoner quand on a commencé à apercevoir Seb en haut de la dernière descente. Les organisateurs avaient prévu 1h40 pour le gagnant, Seb s’enlignait pour faire 1h36. Comme de raison, il a traversé la ligne tout sourire et sitôt arrivé, il avait un micro planté sous le nez et une caméra dans le visage (c’était le même gars qui tenait la caméra et le micro, ça faisait un petit peu Cégep, si vous voulez mon avis). Les joies d’être une vedette locale. Quant à moi, ce 1h36 (1:35:47, en vérité) me disait une chose: j’aurais eu bien de la difficulté à descendre sous les deux heures sur ce parcours-là. Ça a pris plus de 5 minutes avant qu’un autre coureur daigne se montrer le bout du nez.

Après avoir dit “que c’était facile pour Sébastien de faire un 20 km, vu qu’il était habitué à 40, 60, 80…”, l’annonceur s’est pris d’une autre obsession: la première femme. C’est parce que ladite première femme à s’être présentée au sommet était Lyne Bessette. À chaque gars qui se pointait, il nous annonçait Lyne, au point où ça en était devenu ridicule. Il y a probablement quelqu’un qui s’est écoeuré et lui a précisé que Bessette était habillée en rose. Ça nous a épargné quelques exclamations à chaque fois qu’un nouveau coureur apparaissait.

Quand elle a fini par arriver en 9e position, il s’est mis à chanter ses louanges, la vantant des ses exploits des dernières semaines. Elle avait entre autres gagné une course de cyclo-cross dans la région. Heu, c’était supposé nous impressionner ?  On parle d’une ancienne cycliste de niveau olympique qui n’a pas encore 40 ans, c’est normal qu’elle gagne ces courses-là… “Tu devrais retourner aux Olympiques, Lyne !”. Elle a fait signe que non et effectivement, je ne vois pas ce qu’elle pourrait faire là. Pour ma part, c’est plus son temps qui m’intéressait: 1:46:12. Wow, moi qui me demandais si je pouvais me comparer à elle, j’ai eu ma réponse: non. Pourtant, elle avait fait 9h24 au Vermont 50 en 2011. Serait-elle moins forte sur les plus longues distances ?

Mes chums Daniel et Sylvain sont arrivés sur les entre-faits. Ça tombait bien, l’annonceur commençait vraiment à me les taper (vous allez me dire que je n’étais pas obligé de rester là et vous auriez bien raison). Ou bien il ne connait pas la course, ou bien il ne savait pas quoi dire. Il était maintenant rendu à enfiler les commentaires très profanes à propos des distances. Faire un 20 km en montagnes, même pour un athlète comme Sébastien Roulier, ce n’est pas nécessairement facile si c’est fait à pleine vitesse. Il en a passé un autre plus tard à propos du gagnant du 5 km, Alister Gardner, qui “était venu se reposer”. Ha oui ?  Et les grands marathoniens, ils se “reposent” quand ils viennent faire le 10 km à Ottawa je suppose ?

Bon, trêve de chiâlage… pour le moment. Coup d’oeil à mes deux amis: ils avaient l’air de bonne humeur, détendus, heureux d’être là. C’est vrai que l’endroit est superbe et la météo l’était également. Ok, Daniel, dont c’était la première compétition officielle, semblait un peu plus nerveux. Il me posait plein de questions à propos de la montagne, si j’avais déjà fait plus difficile (non), si j’avais déjà fait un marathon à la pluie (ça oui !), etc. Mais quand on le connait, on sait que pour lui, ce n’est pas ça être nerveux !  😉

Le temps s’est ensuite mis à filer. Poignée de main à Seb pour le féliciter, réchauffements et c’était déjà la première vague du 11.5 km qui partait. Le dernier coureur avait à peine disparu du premier virage que l’aire de départ était déjà bondée de gens de la deuxième vague. Shit, on allait devoir se placer derrière. Je savais que mes chums étaient au moins des coureurs de milieu de ce peloton, sinon mieux, alors nous allions avoir des problèmes de circulation dans les premiers kilomètres. Mais ça n’avait pas l’air de déranger les principaux intéressés. Peut-être suis-je trop compétitif…

En sentiers, on dirait que tout est plus smooth. Ainsi, je n’ai pas remarqué de précipitation au départ, ce qui est une bonne chose. Les premiers kilomètres se faisaient dans un sentier de ski de fond, en descente en bonne partie. Vraiment chouette comme endroit, il faudrait bien que je vienne m’y entrainer une fois de temps en temps. À 1h15 de chez moi, ce n’est pas si loin…

Je ne sais pas si Sylvain a couru dans les traces laissées par les VTT durant les 3 premiers kilomètres. Il passait son temps à courir dans l’herbe longue pour dépasser des gens. Moi, je suivais sans broncher, Daniel également. Nous étions définitivement mal placés dans le peloton au départ. Par contre, les dépassements se faisaient bien, les sentiers étant suffisamment larges.

Principe universel en sentiers: tout ce qui descend, remonte !  Tout au long de la semaine, je me demandais lequel des deux amis j’allais suivre: le plus lent ou le plus rapide ?  Puis, comme l’arrivée était située à la fin d’une longue descente, j’ai décidé d’accompagner Sylvain car je savais que Daniel me laisserait dans la brume dans la descente.

Habitué à son Mont St-Hilaire, Sylvain se débrouille bien dans les montées. Donc, quand nous avons frappé les premières, il conservait un bon rythme, dépassant plus de gens qu’il ne se faisait dépasser. Après 5 kilomètres couverts à une bonne cadence, la pièce de résistance se présenta à nous: le Mont Orford dans toute sa splendeur. Ce n’était pas compliqué: il fallait le monter, puis le descendre. Facile, hein ?

Répétition générale

« N’oublie pas qu’il faut que tu fasses de la route demain ! »

C’était ma douce moitié qui jouait le rôle de ma conscience au moment du dodo hier soir. Elle avait raison: il fallait que je fasse un vrai entrainement sur route deux semaines avant le dernier grand rendez-vous de la saison, le Marathon de New York. Pas question d’aller s’épivarder dans le bois comme un petit gars, fallait que j’agisse en adulte, pour une fois.

Pour moi, cette dernière sortie semi-longue avant un marathon sert toujours de répétition générale avant la course. 25 km que je fais à un rythme modéré, près de celui anticipé pour la course (je sais que ce n’est pas ce qu’on est supposé faire, mais c’est ce que je fais, bon), avec l’équipement que je compte utiliser ce jour-là: souliers, casquette, shorts, ceinture d’hydratation, gels, etc. Aussi, contrairement à mes sorties de semaine, pas question de m’arrêter. En effet, quand je reviens du boulot, je dois m’arrêter assez souvent: pour traverser une intersection, passer sous le pont Jacques-Cartier pour aller rejoindre le trottoir piétonnier, me masser les tendons du genou ou simplement pour jaser avec un ami qu’il m’arrive de croiser en chemin. Veux, veux pas, ces petites pauses sont des moments de repos et faussent un peu le rythme véritable qu’on peut tenir sur une certaine distance. Cette fois-ci, je voulais faire comme en course, soit continuer peu importe les circonstances.

Première surprise en me levant: il était 6h30 à peine qu’il ventait déjà à écorner un boeuf. Merde, comment évaluer correctement si une cadence est la bonne dans de telles conditions ?  Deuxième surprise: en me rendant récupérer mes souliers de route au sous-sol, mes quads m’ont fait savoir qu’ils avaient trouvé pas mal difficile la descente du mont Orford hier (j’y reviendrai au cours des prochains jours). J’étais racké d’une course de 11.5 km faite pour le plaisir !  Double merde !

 Je bougonnais en me rendant au bout de la rue en trottinant pour m’échauffer. J’aurais dû aller en sentiers que je me disais. Le foutu vent, il ne nous dérange pas, dans le bois. En plus, il faisait beau, ça devait encore débile dans mon terrain de jeux. J’essayais de demeurer positif, de me dire que si je faisais une bonne sortie dans ces conditions, ce serait très encourageant pour New York… Rien à faire, je voulais être ailleurs.

Je suis parti avec comme objectif de faire du 4:25/km. Ça ne devrait pas être trop difficile, non ?  Ouais, mais le vent, les quads… et le souper arrosé d’hier soir…

J’ai évité d’affronter Éole pendant 5-6 kilomètres, me contentant de zigzaguer dans les petites rues. Mais à un moment donné, il a bien fallu que je me le tape. Sur les bords du fleuve, il était terrible. Je devais le combattre sans cesse, courant à angle pour compenser. Au 7e kilomètre, ma montre a sonné: 4:33. Quoi, un kilomètre en 4:33 dans cette tempête et ce, sans y mettre toute la gomme ? Finalement, ce serait peut-être une bonne sortie…

J’ai réussi à traverser le pont des écluses juste avant qu’il lève et me suis dirigé vers le parc. Le vent était à son apogée, mais je réussissais à tenir un rythme acceptable. En arrivant au récréo-parc, un peu plus à l’abri, ma moyenne était rendue à 4:23. Dans les circonstances, on peut dire que tout allait bien.

Je l’avoue, je n’ai pas respecté ma promesse de ne pas m’arrêter. La raison: Charlotte qui prenait sa marche matinale et voulait absolument un câlin de son « papa ». Et je n’étais pas pour passer à côté de ma femme sans l’embrasser, pas vrai ?  🙂

Il me restait 14 km à faire quand je suis reparti et ils sont passés sans histoire. Au final, une moyenne à 4:21, ce qui est amplement satisfaisant. Les genoux n’ont pas bronché, je crois que je peux leur faire confiance pour dans deux semaines, surtout que je serai en tapering et ne dépasserai plus 16 km au cours des 14 prochains jours.

J’ai donc bien fait de faire de la route. Mais ça ne me tentait tellement pas…

D’autres petites vites

Encore des “Petites vites” cette semaine…

Marathon de Chicago –  Dimanche avait lieu le premier marathon majeur en sol américain depuis les attentats de Boston. Se déroulant sous des mesures de sécurité accrues qui ne semblent toutefois pas avoir importuné les participants, l’épreuve a donné lieu à une autre performance exceptionnelle de la part d’un membre de l’élite mondiale.

En effet, le Kenyan (duh !) Dennis Kimetto y a établi un nouveau record de parcours en signant un temps-canon de 2:03:45, soit la quatrième meilleure performance de tous les temps. Chicago a depuis longtemps la réputation d’être une course très rapide, le parcours y étant plat comme un galette. Paula Radcliffe y a d’ailleurs déjà établi son record du monde en 2002, record qu’elle a ensuite battu à Londres l’année suivante. De plus, l’organisation ne lésine pas sur l’embauche de pacers de haut niveau qui viennent donner un élan à la course en tête de peloton.

Une question que je me pose: la “barrière” des 2h04 semblait infranchissable il y a quelques années à peine. Haile Gebrselassie l’a fait tomber en 2008. Celle des 2h03 ne tiendra plus tellement longtemps. Verra-t-on un jour un homme descendre sous les 2 heures au marathon ?

Marathon de New York – C’est officiel: j’ai maintenant mon numéro de dossard, mon couloir et mon heure de départ pour le Marathon de New York. Comme j’avais entré 3h15 comme temps visé (je vais être très content si je fais ça !), je m’élancerai à 9h40 à partir du septième couloir de la première vague, arborant le numéro 7016.

Tout comme à Boston, mon principal défi sera de passer le temps durant les interminables heures précédant ce merveilleux moment. En effet, je dois prendre le traversier nous amenant à Staten Island à… 6 heures !  De là, des autobus amèneront les coureurs au village des athlètes. J’ai déjà pris ce traversier et si ma mémoire m’est fidèle, je doute que son périple dure plus de 30 minutes. Au pire, en comptant l’attente des autobus et le voyagement, je devrais être rendu sur place à 7 heures. En espérant qu’il ne pleuve pas, sinon l’attente risque d’être encore plus longue !  En tout cas, j’ai appris de mon expérience à Boston: cette fois-ci, j’aurai un livre et tout le nécessaire pour pouvoir m’installer à mon aise.

Mais pour être à 6 heures au départ du traversier, à quelle heure devrai-je prendre le métro à partir de Brooklyn ?  Et à quelle heure devrai-je me lever, moi qui suis d’une lenteur légendaire le matin ?  Je commence à envisager de ne pas me coucher, moi là… Ou de me rendre à pied… Dormir sur place, peut-être ?

Les femmes seraient-elles plus fiables ? – Ok, je l’admets, ce dernier sujet n’a qu’un rapport éloigné à la course. C’est juste qu’une expérience récente lors de la recherche d’un hébergement pour Boston m’a amené à cette conclusion.

Je vous raconte. En 2011, Barbara et moi sommes allés en voyage deux semaines à Paris. Ne voulant pas passer tout ce temps en hôtel et manger dans des restaurants 3 fois par jour, nous avions choisi l’option de louer un appartement. Nous étions passés par le site Abritel et avons été très satisfaits.

Pour Boston cette année, comme mes parents voulaient faire également partie du voyage, l’option de l’appartement nous semblait encore une fois la meilleure: plus économique, elle nous aurait également donné une plus grande liberté et plus de tranquillité. Vous savez, des fois, dans les hôtels… Nous avons donc écrit à deux propriétaires (des hommes), en passant encore une fois par Abritel.

Au bout de deux semaines, toujours pas de réponse. Comme il se faisait assez tard, nous avons préféré ne pas risquer d’autres périodes d’attente et nous rabattre sur l’hôtel.

Soupçonnant une communication déficiente entre Abritel, un site français, et les annonceurs américains, nous nous sommes tournés vers VRBO en vue du Marathon de New York. Nous avons contacté deux propriétaires (des femmes cette fois-ci) et avons reçu des réponses en moins de 24 heures dans les deux cas. Nous avons ensuite parlé au téléphone à la dame de qui nous avons finalement loué. Une femme très gentille, qui nous a fait parvenir des documents qui répondaient à toutes nos questions en plus d’un contrat en bonne et due forme. Très professionnelle, la dame.

Pour Boston 2014, nous nous sommes donc tournés encore une fois vers le site VRBO. Pour le premier appartement qui nous intéressait, le monsieur qui en était le propriétaire n’a jamais daigné nous répondre.

Au bout de quelque temps, Barbara est tombée sur le site de location Airbnb. Sur ce site, non seulement  chaque appartement nous est présenté, mais son propriétaire également avec en prime, son taux et sa vitesse de réponse. Nous avons en avons contacté deux, un homme et une femme.

La femme, Emily, nous a répondu en moins de deux heures. À peine 4 ou 5 heures après lui avoir écrit la première fois, elle avait répondu à toutes nos interrogations et la transaction était conclue. Quant à l’homme, il m’a répondu le lendemain, me disant que vu que sa conjointe et lui habitent l’appartement, ils ne prévoient pas qu’il soit libre aux dates demandées.  Heu, il y a un calendrier de disponibilités sur le site, et c’était écrit qu’il était libre… Aurais-tu oublié de le mettre à jour, genre ?

Bref, à part notre monsieur en France (et encore là, c’est la concierge de l’édifice qui s’est occupée de tout), nous n’avons pas eu de bien bonnes expériences avec les hommes côté location d’appartement pour un voyage. Avec les femmes, par contre, taux de réussite de 100%.

Les femmes seraient-elles donc plus fiables que nous, les cromagnons ?

Il faudrait que je fasse de la route…

New York, c’est dans trois semaines. Théoriquement, je devrais y aller à fond de train sur la route, regarder mon pace, faire des intervalles, apporter les légers correctifs à ma posture, tester si je vais courir avec ma ceinture d’hydratation ou pas. Selon les grands principes, j’aurais dû faire une sortie sur la route hier, puis ma dernière vraie longue (32 km) aujourd’hui. Après, ce serait le début du tapering.

Il y a juste un problème: c’est l’automne et il fait tellement beau… Demandez-moi si j’ai le goût de m’ennuyer sur les interminables kilomètres de bitume. Hier, j’avais une excuse: j’avais une virée de prévue au mont St-Hilaire avec les deux amis que j’accompagnerai la semaine prochaine à Orford pour le Xtrail Asics. Une répétition générale en quelque sorte pour Daniel et Sylvain qui n’ont jamais fait de compétition en sentiers. D’ailleurs, Daniel n’a jamais fait de compétition, point. Mais il m’a beaucoup impressionné dans les descentes. Dans les parties roulantes, ça m’aurait pris tout mon petit change au sommet de ma forme pour le suivre (avec mes genoux toujours sur le bord de lâcher, on oublie ça). Et quand les descentes devenaient le moindrement techniques, je me retrouvais irrémédiablement largué. Heureusement, j’avais le plat et les montées pour me reprendre.  Non mais, c’est supposé être moi, le plus rapide des trois, non ?  😉

Nous avons fait tous les sommets, prenant bien soin d’admirer la vue à chaque fois, puis sommes repartis au moment où la cohue s’épaississait. C’est fou la quantité de monde qu’il peut y avoir à cet endroit à ce temps-ci de l’année. Dans la longue filée de voitures qui attendaient pour entrer quand nous avons quitté, il y avait quelqu’un avec une roulotte !  Je ne sais pas ce qu’il avait l’intention de faire avec ça, ni comment il a seulement pu repartir de là, mais ce n’était vraiment pas une bonne idée !

Aujourd’hui par contre, pas d’excuse. Je devais faire de la route. Mais rien à faire, je ne pouvais me motiver à manger de l’asphalte par une telle journée. Qui sait, peut-être n’aurais-je plus l’occasion d’aller faire le tour de mon terrain de jeux cette année ?  Je ne pouvais tout de même pas manquer ça…  Est-ce que ça pouvait me nuire pour New York ?  Je ne crois pas et bien honnêtement, je m’en balançais un peu: j’avais envie de courir à St-Bruno, je courrais à St-Bruno, un point c’est tout.

Ho que je n’ai pas regretté !  Température parfaite, un merveilleux soleil d’automne qui perçait difficilement les feuilles encore dans les arbres, les couleurs toujours présentes. 33 km de pur bonheur.

Définitivement: la route pouvait encore attendre. On va être pognés ensemble tout l’hiver de toute façon…