Divorce à l’amiable

Bon ben, on pourra dire que ça a été un divorce à l’amiable. Parce que devinez ce que j’ai reçu quelques semaines après avoir annoncé à Skechers que je ne désirais plus faire partie de leur équipe d’ambassadeurs ?  Eh oui, un courriel où on me remerciait pour tout ce que j’avais fait (?) pour la compagnie, mais qui m’annonçait que malheureusement,  le budget du programme avait été réduit de manière considérable et que bon, il fallait qu’ils diminuent leur contingent d’athlètes en conséquence.

Eh bien, ils me coupaient. Moi.  Un « athlète » ordinaire qui a passé la dernière année à se blesser, qui ne mettait jamais de photos sur les réseaux sociaux et qui en plus, n’avait même pas fourni le moindre commentaire sur les derniers produits ?  Vraiment bizarre…

Sans blague, je m’y attendais un tantinet. En fait, j’aurais voulu me faire foutre à la porte que je n’aurais pas agi autrement. Mais que voulez-vous, comme j’ai la tête très dure, je n’allais pas me mettre à faire des choses que je ne faisais pas avant et j’étais prêt à vivre avec les conséquences. Quant aux commentaires sur les produits, il aurait fallu que je puisse les utiliser un tant soit peu, alors…

Le gars aurait cependant dû refaire le tour de ses courriels avant de m’envoyer celui-là. Mais bon, vu qu’il ne l’a pas fait, je me sens maintenant libre de dire ce que je pense vraiment de leurs produits parce que disons qu’au cours des deux dernières années,  j’avais tendance à en « oublier » les défauts pour ne parler que de leurs qualités. Et j’avoue que j’avais un peu de misère avec ça.

Commençons tout d’abord avec les produits « connexes ». Honnêtement, ils me surprennent. Je vais fort probablement user le coupe-vent à la corde (il faut dire que j’use tous mes coupe-vent à la corde, vous devriez voir de quoi ont l’air ceux que j’ai achetés il y a quelques années). Rien à dire contre les shorts et les t-shirts. Par contre, je vais me garder une petite gêne et simplement vous glisser que je trouve les camisoles affreuses et que je ne les ai jamais portées. Les pantalons d’hiver quant à eux sont foutrement chauds. Bref, en général, c’est vraiment du bon stock. Mon accessoire préféré ?  C’est con, mais c’est la casquette. Confortable, BLANCHE. Vous n’avez pas fini de me voir avec ça sur la tête.

Les souliers maintenant. Parce que c’est bien ça qui nous intéresse, pas vrai ?

En 2016, lorsque qu’un ami me demandait ce que je pensais des souliers Skechers, je lui répondais tout simplement : « Si je ne les avais pas gratuitement, je n’en achèterais pas ». La raison en était fort simple : ils étaient nuls côté durabilité.

La semelle des souliers de route s’usait à vue d’œil, on aurait dit un pneu d’hiver qu’on utilise en plein été. C’est dommage, car ils étaient foutrement confortables. Mais avec une semelle pareille…

Quant aux souliers de trail, ils performaient vraiment bien dans les roches et les racines. Et côté confort, rien à redire, c’était tout de même du Skechers. Sauf que dans le genre pas faits pour durer… Ça en était tout simplement pathétique. La semelle décollait, la partie « bottine » défonçait. J’ai même pété un œillet à un moment donné. Vrai que j’ai tendance à serrer un peu trop mes lacets, mais bout de viarge, avec un gabarit comme le mien, il me semble que je suis loin d’être un Louis Cyr !

Un collègue de travail m’a déjà fait remarquer que je les utilisais dans des conditions un peu extrêmes. Ben justement, ces conditions sont la définition même de la course en sentiers. Les produits devraient durer en conséquence.

Ajoutez à ça des souliers qui ne respiraient pas. J’avais parfois eu des ampoules en course auparavant et j’estime que lorsqu’on passe plus de 24 heures sur ses pieds, on peut s’y attendre. Mais avoir le dessous du pied entièrement blanchi ?  Ça m’est arrivé seulement avec des Skechers. Et plus d’une fois.

Ceci dit, comme je l’ai déjà souligné dans un autre article, la compagnie a écouté ses ambassadeurs et a apporté les correctifs appropriés pour 2017. Les souliers de route s’usent normalement et les modèles de trail semblent respirer mieux. Toutefois, je n’ai pas pu vraiment les tester, vu que, comme vous le savez… Côté confort, ils en ont perdu un peu, ce qui fait que… je ne les aurais pas achetés non plus en 2017. Mais ça, c’est un choix personnel. À mon avis, si vous vous sentez bien dedans, ça vaut peut-être la peine d’essayer, surtout qu’ils ne sont pas tellement dispendieux.

Ma prédiction ?  La compagnie est grosse, elle a les moyens de soutenir une division qui en arrache. Car à mon sens, oui, elle en arrache. Elle peine à recruter des athlètes de renom (ses principales têtes d’affiche sont des coureurs semi-retraités et des golfeurs peu connus du grand public) et mes espions me disent que les modèles disponibles dans les magasins spécialisés se vendent difficilement. Malgré le fait que le GoRun 4 ait été nommé « Choix de l’éditeur » par le prestigieux Runner’s World, la compagnie a beaucoup de difficulté à se débarrasser de sa réputation « gougounes de matante » auprès de la clientèle des coureurs. Je ne serais donc pas surpris que la division performance disparaisse d’ici 5 ans, parce qu’entendons-nous bien, ce n’est pas parce qu’on est riche qu’on aime perdre de l’argent.

Quant à moi, je continue à les utiliser, mais je vais les laisser peu à peu, particulièrement en trail où je vais retrouver avec bonheur mes bons vieux Peregrine qui m’avaient si bien servi à Bromont et Washington jadis.

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Mes coups de coeurs de 2017

La tradition étant la tradition, j’ai l’habitude de faire une rétrospective de mes 12 derniers mois de course à cette période-ci de l’année. Sauf qu’avec les blessures, bof… Me suis déchiré un ischio, puis un mollet, pour finir par me jammer un fessier. Et patati, et patata… En plus d’être déprimant, c’est B-O-R-I-N-G !

J’ai donc décidé d’y aller avec mes quelques coups de coeur de l’année. Les voici donc, sans ordre particulier.

Ma soeur Élise qui complète son premier marathon – Une allure décontractée qui semblait vraiment facile malgré la chaleur, un sourire qui disait tout à l’arrivée, un merveilleux moment pour notre petite famille. C’était à mon tour d’être sur le trottoir pour l’encourager. J’ai pu être aux premières loges durant les 4 premiers kilomètres, mais la providence en a décidé autrement pour le reste. Et je dois l’avouer: être spectateur et attendre, c’est foutrement stressant !

On va essayer de remettre ça à un autre moment donné dans le cadre d’un ultra. Me faire pacer par ma soeur, ce serait tellement cool. 🙂

5 Peaks Orford – C’était ma deuxième incursion dans le monde du bénévolat durant un ultra, mais cette fois-ci, j’ai vraiment été à même de constater la somme de travail requise pour organiser un événement, peu importe sa taille.

Une épreuve à l’image de Luc, son organisateur: hyper-sympathique, sans aucune prétention. Je vais devoir décider bientôt si je prendrai part à l’édition 2018. J’en ai foutrement envie… Mais sinon, je retournerai y faire la circulation et un peu de balisage.

Ces milles pas – Ma découverte de l’année dans le cyberespace. Encore une fois, je dois choisir les qualificatifs d’hyper-sympathique et de sans prétention pour qualifier ce blogue également amusant et touchant. À chaque fois que je vois qu’un truc a été publié, j’arrête tout ce que je fais pour m’accorder quelques minutes de bonheur.

Malheureusement pour ses lecteurs, Laurianne a commencé un cours en physiothérapie à l’université cet automne et a moins de temps pour écrire. En espérant qu’elle puisse en retrouver un petit peu…

Bromont Ultra – Question: comment peut-on qualifier de « coup de coeur » quelque chose qu’on connait depuis des années ?

Réponse: en le vivant autrement.

J’avais déjà joué au bénévole lors de l’édition 2015 du Bromont Ultra. Mais ça n’avait été que pour un quart de 8 heures et je m’étais par la suite transformé en pacer. Cette fois-ci, non seulement j’ai été sur place presque non-stop pendant 36 heures, mais j’avais également la responsabilité du ravito principal. C’est là que j’ai vu tout ce qu’un événement d’une telle ampleur pouvait impliquer comme logistique: c’est tout simplement titanesque.

Le site a été transformé en véritable fourmilière où chacun ne pense qu’à une seule chose: aider. Aider les coureurs, aider les spectateurs, aider les autres bénévoles. Si vous ne croyez plus en l’être humain, devenez bénévole dans le cadre d’un ultra.

Vancouver, Ucluelet, Victoria… et New York – En fait, il s’agit plus de « coups de poing au coeur », mais bon… De superbes parcs, des vues imprenables, autant sur l’océan que sur Manhattan, mes sorties matinales lors de nos petites escapades m’ont laissé des souvenirs… qui auraient été pas mal plus agréables si j’avais été en mesure d’y emmagasiner plus d’endorphines.

On va se reprendre.

« Mes » physios – Je dois l’avouer, ma première expérience en physiothérapie n’avait pas été un grand succès. En effet, j’avais l’impression de me faire « ploguer » sur une machine à toutes les semaines et que la thérapeute ne faisait pas grand chose. J’avais par la suite eu beaucoup plus de résultats en ostéopathie.

Mais suite à la déchirure à l’ischio en fin d’année 2016, j’ai senti que les limites de l’ostéo étaient atteintes et sentant la guérison qui stagnait, je suis allé voir Annie-Claude à la gare centrale. Je n’avais pas grand chose à perdre.

Tout de suite, j’ai eu un diagnostic clair (ce que l’ostéopathe n’a pas le droit de poser) et un plan de « retour au jeu ». Je l’ai suivi et quelques semaines plus tard, j’étais revenu au top. C’est juste par après que j’ai poussé un peu trop le bouchon… avec les conséquences qu’on connait. On a recommencé le même manège avec le mollet et ça fonctionnait bien jusqu’à…

Si j’ai changé de thérapeute pour le fessier, c’est parce qu’on m’avait très très fortement recommandé Marjorie et je sentais que mon cas était désespéré. Il semblerait qu’il ne l’était pas puisque je reviens lentement, mais sûrement parmi les vivants, m’étant juré d’y aller hyper-progressif cette fois-ci.

Au final, je retiens une chose: un physiothérapeute, c’est un peu comme un entraineur personnel: il nous donne un bon coup de pouce pendant une séance qui dure relativement peu de temps, mais c’est aussi (et surtout) si on l’écoute et suit ses conseils par la suite qu’on va s’améliorer d’une consultation à l’autre. Je fais donc religieusement les exercices prescrits et suis maintenant à même de détecter les troubles avant qu’il soit trop tard. Enfin, je pense que je peux les voir venir.

Reste à voir si je vais réussir à demeurer sage…

Petit clin d’oeil à Guylaine et son équipe également. Ils ne m’ont pas traité (c’est plutôt d’un psy dont j’aurais eu besoin ce jour-là), mais ont accompli tout un travail avec les nombreux éclopés à Bromont. Chapeau bien bas.

Petites vites: les « oubliées » de 2017

L’année ayant été difficile, je n’ai pas souvent eu l’occasion de vous raconter mes aventures de course. En fait, le menu offert était surtout constitué de mes nombreuses mésaventures.

J’ai toutefois eu quelques sujets qui passaient par ma tête, mais je ne considérais pas qu’il y avait vraiment matière à article. Je vous en présente quelques-uns aujourd’hui, en format « petites vites ».

« Un 100 miles, ce n’est pas si dur que ça »

C’était lors du lancement de l’édition 2017 du Bromont Ultra. Gilles, qui n’est pas seulement un homme extraordinaire, mais qui est aussi un communicateur de talent, venait de nous exposer ses plans pour l’édition 2017 et subséquentes de « sa » course. Des plans impressionnants, avec des objectifs ambitieux. Qu’il va atteindre, je n’en doute pas une seconde.

Toujours est-il qu’après sa présentation, il nous a demandé, à Karine, Bruno, Daniel et moi, de venir sur scène pour répondre aux questions des gens sur les ultras en général, sur les 100 miles en particulier.

Contrairement à ce que mon style d’écriture pourrait le laisser croire, je suis loin d’être un extraverti, bien au contraire. Je parle peu, suis mal à l’aise dans les grands rassemblements (vous savez, les partys de Noël avec 40-50 invités ?). Alors me retrouver à parler devant une centaine de personnes…

Sauf que comme c’était MON sujet de prédilection, c’est moi qui me suis retrouvé à parler le plus. Et j’ai fini par sortir cette phrase qui a fait réagir.

Pourtant, je persiste et signe : un 100 miles, c’est beaucoup moins difficile qu’on puisse penser. Il suffit de se faire à l’idée que ça va être (très) long, qu’on va avoir des (pas tellement) hauts et des (très) bas, mais que ça va passer. Traverser la nuit dans les sentiers, ça parait pire que c’est et croyez-moi, le temps file assez vite en course. 24, 28, 30 heures dans ce contexte, ça n’a rien à voir avec la « vraie vie ». Il faut juste être à l’écoute de son corps et surtout, garder le moral.

Et si on est blessé ou si on est totalement écoeuré, ben on arrête. Pas plus compliqué que ça.

« On est tu-seuls dans le bois, on n’a pas le choix de continuer si on ne veut pas crever là… « 

Parlant d’arrêter, un monsieur nous demandait comment on faisait pour continuer quand ça va mal, quand on souffre, quand on est à bout de force et qu’on veut juste rentrer à la maison.  Cette réponse m’est venue spontanément. Les gens ont trouvé ça drôle.

Les doubles-nœuds

Suite à ma débarque après m’être enfargé dans mes lacets au milieu de l’été, je ne compte plus le nombre de personnes qui m’ont « suggéré » de faire des doubles-nœuds.

Tout d’abord, oui, je fais des doubles-nœuds, Pas le choix, les foutus lacets sont faits pour les souliers des gens qui chaussent du 22 !  Et comme j’ai les pieds étroits, j’en ajoute en les serrant pas mal plus que la moyenne.

Sauf que des doubles-nœuds faits avec des lacets mouillés, soumis à des forces beaucoup plus considérables qu’une simple petite promenade, eh bien ça peut se défaire quand même. À quelle fréquence les souliers des gens « normaux » sont soumis à de telles conditions, vous pensez ?

C’est tout de même étrange qu’un grand total de zéro coureur m’ait suggéré une façon de lacer mes chaussures. Je présume donc que ce genre de mésaventure soit déjà arrivée au moins une fois à mes collègues de course.

La réunion avec le directeur

C’était à la mi-août, tout juste avant que je tire la plogue sur ma saison. Les sorties étaient de plus en plus difficiles, mon fessier commençait à vraiment me ralentir.

Toujours est-il que je revenais tout de même de ma sortie matinale dans les sentiers du mont Royal. Je regardais, tout dégoulinant, mes courriels avant d’aller à la douche quand mon patron est passé à mon bureau.

« Euh… Le directeur voudrait nous voir… ». Il y avait un dossier très chaud concernant une de nos installations, dossier sur lequel je travaillais. Et le directeur (qui, pour vous situer, est trois niveaux au-dessus de moi dans la hiérarchie de l’entreprise) voulait nous voir pour en discuter.

Drette là ? « Ben… Prends le temps d’arriver… ». Je sentais que ça ne pouvait pas vraiment attendre, alors j’ai suggéré d’y aller immédiatement.

Nous étions quatre : mon patron, son chef, le directeur et moi, dans une petite salle de conférence. Heureusement, le code vestimentaire est plutôt souple au sein de la compagnie. De là à être en souliers de trail, shorts, t-shirt, avec la bouette sur les jambes en prime…

Ajoutez à ça que vu que j’étais tellement mouillé que je n’ai pas osé m’asseoir sur une chaise (question de ne pas la condamner à la puanteur éternelle) et ai passé la réunion à genoux, les bras appuyés sur la table. Pour la crédibilité, on repassera.

Et pourtant, tout s’est super bien passé… et je n’ai reçu le moindre commentaire sur ma tenue… négligée ! 🙂

Ne pas courir en voyage

J’ai déjà fait plusieurs articles sur le sujet, j’adore courir lorsque je suis ailleurs. Découvrir de nouveaux endroits en se déplaçant sur nos deux jambes, ça a un côté tout simplement magique. Alors vous devinerez que lorsque nous avons planifié notre petite virée en Colombie Britannique, je salivais déjà. Le parc Stanley à Vancouver, le Wild Pacific Trail à Ucluelet, le bord de l’océan à Victoria, ha…

Mais un fessier, c’est foutrement pratique pour courir et quand il bloque, ben… on vit une véritable torture ! Puis je me suis dit: au diable la blessure, ma saison est foutue de toute façon, plus besoin de faire attention. Le réveil a donc été enclenché et je suis parti au lever du soleil. J’allais alterner course et marche, en écoutant ce que mon corps me permettait.

À Vancouver, le parc Stanley était trop loin, je me suis rabattu sur le Queen Elizabeth Park. Plus petit, mais vraiment beau et offrant une vue incroyable sur la ville et les montagnes derrière. J’en aurais certainement plus profité si j’avais pu courir plus de 2 minutes sans arrêter, mais bon…

Quant à la Wild Pacific Trail, hou la la… Un sentier style mont St-Bruno tracé en haut de falaises surplombant l’océan, des points de vue spectaculaires, pas un chat. Ce que j’aurais aimé la faire la pédale dans le plancher… J’ai plutôt profité de la vue, même le matin où il tombait un petit crachin.

Victoria ?  C’est un autre nom pour le paradis. Déjà que vous savions qu’il n’y avait pas vraiment d’hiver là-bas, voilà que nous avons appris qu’il y tombait moins de pluie qu’au Québec. Le paradis, je vous dis.

À 3 minutes du bachelor que nous avions loué, une piste cyclable et une autre piétonne tracées où vous pensez ?  Hé oui, encore en haut de falaises surplombant la mer. Avec en prime, une vue sur les montagnes de l’état de Washington. De là, on pouvait se rendre au centre-ville, en passant par le pittoresque Fisherman’s Wharf. Et il y des chanceux qui vivent dans cette ville à l’année ? Je me demande s’il y a des postes ouverts dans le coin…  😉

Bref, je me suis bien promis d’y retourner, question de refaire tout ça à ma « vraie » vitesse.

Les hymnes nationaux

Comme bien de mes concitoyens, je pense que Donald Trump est un idiot, l’exemple par excellence que même la démocratie a ses limites.

Parmi les nombreuses niaiseries qu’il a prononcées depuis son accès à la Maison Blanche (et Dieu sait qu’il y en a eu !), retenons ce discours où il déversait son fiel sur les athlètes professionnels qui exerçaient leur liberté d’expression pour protester contre les injustices raciales aux États-Unis en posant un genou au sol durant l’hymne national américain.

On peut être pour ou contre l’idée, mais à la base, on dirait que bien peu se sont posé la pourtant si simple question: pourquoi donc faire jouer l’hymne national avant un match de sport professionnel ?  Non mais, on s’en câl…-tu ? Voulez-vous bien me dire à quoi ça sert ?  Tous les joueurs (ou presque) sont américains, les spectateurs sont américains. Il ne s’agit pas d’une confrontation entre équipes représentant leur pays, ce sont deux équipes professionnelles appartenant… à des milliardaires du secteur privé.

Et ce patriotisme, je l’ai aussi constaté à Boston et à New York dans le cadre du marathon. De ce côté-ci de la frontière ?  Bien sûr. À Mississauga et à Ottawa, ils nous font jouer le Ô Canada avant la course. Mais jamais au Québec. Pourquoi ?  Ok, les Québécois se sentent avant tout québécois avant d’être canadiens, mais même dans un Québec souverain, je m’imaginerais mal le « Gens du pays » qui retentirait avant une course. Pour la simple et bonne raison que ça n’a aucune affaire là !

Et bizarrement, quand il s’agit de courses en sentiers, on ne s’embête pas avec ça, que ça se passe aux USA ou ailleurs. Même le North Face Endurance Challenge semble « oublier » l’importance de l’hymne national.

Il faut croire que certains ont compris des choses…

Les ultras

Le documentaire Les ultras qui a été présenté à Télé-Québec a provoqué bien des réactions. Personnellement, j’ai beaucoup aimé l’approche consistant à suivre quelques coureurs sur plusieurs mois, un peu comme ça avait été fait pour l’excellent Spirit of the Marathon. L’histoire de David, celui qui doit faire un deuil du monde de la course parce qu’il n’a plus envie de courir m’a particulièrement touché.

Plusieurs ont lancé des tomates (virtuelles) à Anne, pour avoir dit qu’elle désirait continuer à courir parce qu’entre autres, elle ne voulait pas finir par faire comme le monde « ordinaire » et devenir « ordinaire ». Ça laissait place à une certaine interprétation.

Je ne la connais pas beaucoup, mais ça me surprendrait énormément qu’elle ait exprimé ainsi une espèce de complexe de supériorité. Bien au contraire. J’interprète ça plutôt comme le fait qu’elle se sent « spéciale », « différente » ou même « privilégiée ». En tout cas, pour ma part, c’est souvent comme ça que je me sens quand je cours. Que ce soit dans les vallons de la Baie James, dans les rues des grandes villes ou même au petit matin, quand je m’élance pour courir dans l’obscurité alors qu’il fait -20 degrés. Je me sens seulement différent, pas comme les autres. Et donc, chanceux de pouvoir le faire. Je suis certain que les maniaques de vélo ou de natation vivent à peu près la même chose.

Et croyez-moi, avec l’année que j’ai vécue, je profite pleinement de ces moments de « différence ».

Suite au visionnement du documentaire, un de mes collègues est venu me voir pour m’en parler. Il n’en revenait pas des distances et des dénivelés. Quand je lui ai fait remarquer que j’avais fait plusieurs courses plus longues, avec plus de dénivelé, il est demeuré bouche bée.

Et pourtant je n’en démords pas : un 100 miles, ce n’est pas si dur que ça…

Le moment présent

Il faisait un soleil radieux. Tout autour, c’était le calme plat. Le seul bruit que j’entendais, c’était les « crunch-crunch » répétés de mes pas sur la neige qui recouvrait la route ondulée. Après avoir eu à composer avec des blessures à répétition, après avoir même craint que je n’allais plus jamais pouvoir courir, je retrouvais enfin cette paix intérieure, cette sérénité. Ha, c’était encore loin d’être parfait mon affaire, le fessier encore récalcitrant me rappelant d’y aller mollo. Mais je progressais. Enfin.

La charrue m’a sorti de mes pensées. Je me faisais déjà une joie de voir la tête du chauffeur se demandant ce que je pouvais bien foutre là, à quelques kilomètres du campement Sakami, seul endroit où on peut trouver âme qui vive à proximité de la centrale LG3.

En arrivant près de moi, il ralentit et baissa sa vitre.

– Tu feras attention, y’avait un loup icitte tantôt…

– Je le sais, j’ai vu des traces.

– Ha ok c’est beau. Bonne course !

Et il est reparti.

Ben oui Chose. Maintenant que j’avais vu des traces, tout était beau, il n’y avait plus de danger…

En fait, j’avais trouvé lesdites traces plutôt petites pour appartenir à un loup et comme les chiens de poche ne sont pas légion sur la Transtaïga (oui, c’est le nom de la route qui traverse la Baie James, est-ce que ça fait assez « Grand Nord » à votre goût ?) et autres petites routes connexes, je me disais qu’elles devaient appartenir à un renard. Faut croire que non.

J’avoue avoir couru les fesses un tantinet serrées pendant quelques minutes avant de retomber dans mes rêveries. C’est alors que j’ai eu l’illumination.

Enjoy the moment.

Cette simple petite phrase, Bono l’avait glissée doucement à l’oreille d’une admiratrice lors du dernier concert du groupe auquel nous avons assisté. Il venait de faire monter une cinquantaine de personnes sur la scène et une jeune femme tentait de prendre un selfie avec le charismatique chanteur. Sauf que dans l’énervement (elle tremblait comme une feuille), elle n’arrivait pas à faire fonctionner son téléphone pour prendre ladite photo et après une deuxième tentative infructueuse, Bono a souri et lui a gentiment suggéré de profiter de l’instant présent avant de poser un baiser sur sa joue.

Je suis comme ça: je ne suis pas du type « photo », préférant profiter du moment présent (ou peut-être suis-je paresseux ?). J’ai déjà passé 6 semaines au Japon pour le travail. Combien de photos que ai-je prises ?  Un gros « 36 poses » (oui, ça fait longtemps). Et lors d’une assignation de 10 jours en Chine ?  12 photos.

Que dire de mes sorties matinales dans des endroits « exotiques » ?  Combien de photos prises au total lors de ces courses matinales quand nous sommes en voyage, vous pensez ?  Un gros zéro.

J’avoue que j’aimerais avoir des souvenirs plus concrets du Bois-de-Boulogne, de la place St-Pierre vide, du Colisée illuminé par le soleil levant, de Florence au petit matin, des moutons dans la campagne anglaise, etc. Je dois me contenter de mes souvenirs parce que traîner un appareil, ça ne me vient jamais à l’idée. Il faut croire que je préfère me fier à ma mémoire, ce qui est borderline inconscient de ma part, vues les nombreuses défaillances qu’elle présente. Heureusement que ce n’est pas tout le monde qui est comme moi…

Or donc, ça faisait un bout de temps que j’y songeais, j’ai pris ma décision là, sur un chemin de terre couvert de neige dans le bouclier canadien: je ne renouvellerais pas mon association avec Skechers pour 2018.

Le rapport, vous me demandez ?  La compagnie est bien de son temps, donc très « photo » et « réseaux sociaux ». À chaque mois, elle nous demandait un rapport (250 mots maximum) de nos activités « avec au moins 5 photos » que nous avions mises sur les réseaux sociaux. Lors de la réunion des ambassadeurs, la représentante nous avait montré le genre de photos que la compagnie recherchait. Ce n’était pas compliqué: ils voulaient nous voir portant du Skechers tout en ayant « du fun » à faire ce qu’on fait (soit courir, pédaler, nager, etc.).

Des mots, je peux vous en pondre à la tonne (duh !), mais les photos, comme je viens d’en parler, ce n’est pas mon truc. Disons que je ne ne vois pas le jour où j’aurai un compte Instagram. Alors disons qu’ils n’en ont pas reçu beaucoup de ma part.

Ajoutez à ça qu’avec les blessures, je n’ai pas pu remplir mes engagements contractuels concernant ma présence dans le cadre de compétitions. Je déteste signer un contrat et ne pas le respecter. En même temps, les blessures ont eu un rôle à jouer dans ma décision. Et si les souliers en étaient la cause ?  Honnêtement, j’en doute beaucoup. Mais si ?  Jamais de ma vie je n’ai été blessé comme ça…

Dernier point : en 2016, j’avais l’impression de faire partie d’un projet. Quand le modèle original du Gotrail est sorti en milieu d’année, Arnaud, le représentant d’alors, m’en a tout de suite fait parvenir une paire pour avoir mon avis. J’avais l’impression que mon opinion comptait un tant soit peu.

Cette année, quand les nouveaux Gotrail ont été disponibles, j’en ai demandé une paire pour les tester. Réponse ?  J’avais déjà reçu le nombre de paires prévu à mon contrat pour l’année. C’était vrai. Je n’avais pas vraiment prévu me blesser en début d’année et comme le nouveau modèle tardait à arriver, je m’étais lancé dans les Gotrail Ultra et sur deux modèles de route. Sauf que ledit contrat prévoyait un nombre minimal de paires, il n’y avait pas de maximum. La compagnie ne s’en était d’ailleurs pas formalisée l’an passé. Pas cette année on dirait. Voulait-on vraiment mon avis sur les souliers de route ? Il y a plein de marathoniens et de thiathlètes dans l’équipe pour ça…

Une fois la décision prise, c’est le coeur léger que j’ai regagné les résidences. S’il n’avait pas été si tôt (il était 8 heures le matin, l’autobus nous amenant à l’aéroport partait une heure plus tard), je pense bien que j’aurais invité mon patron à fêter ce nouveau départ à l’Hygloo. Mais bon, on y avait déjà passé quelques heures la veille au soir, alors c’est un peu comme si j’avais déjà fêté en avance… 😉

Je tiens à remercier Arnaud et Laurent (anciennement) de chez Skechers pour m’avoir permis de faire partie d’une équipe d’ambassadeurs, chose que je n’aurais jamais envisagée comme possible avant que ça se concrétise. Et un gros merci à Éric pour m’avoir présenté à eux.

Je compte bien user les produits de la compagnie jusqu’à la corde, particulièrement les casquettes, le coupe-vent et les pantalons de course, pour la simple et bonne raison que c’est du maudit bon stock. Quant aux souliers, je vais m’en éloigner progressivement pour le moment, question de voir s’ils n’ont pas un lien avec ma condition. Ils demeureront toutefois dans mon armoire à souliers, car il n’est pas dit que je n’y reviendrai pas. C’est qu’ils sont foutrement confortables…

Bromont Ultra: capitaine au camp de base

Une décision ?  Comment ça, prendre une décision ?!?  Je suis un homme marié, moi ! Ça fait longtemps que je prends plus ça, des décisions…

Je venais d’assister, le coeur gros, au départ des coureurs qui allaient faire la course de 160 kilomètres. Je ne pensais pas que je trouverais ça aussi dur. En cette année de m…, j’avais plutôt bien réussi à composer avec les foutues blessures à répétition sans me mettre dans tous mes états. Mais là, de voir partir mes amis, sans moi, sur MON parcours, c’était pas mal me demander.

Guylaine, notre (très) chère physio m’a sorti de mes pensées. « Fred, tu placerais ça comment, les tables ? ».

Euh… Et là j’ai compris: contrairement à mes habitudes, le ravito n’allait pas se monter tout seul. Les sandwichs, ça prenait quelqu’un pour les faire. Les fruits, ils devaient être coupés, prêts à être dévorés rapidement par les coureurs. Et que dire des drop bags ?  Qui allait les déménager ?  Qui allait décider comment il serait le plus efficace de les placer, de les classer ?  Et comment les protéger de la pluie ?  Car oui, il allait pleuvoir. Sur un 100 miles, c’est la norme.

Mon titre officiel ?  Capitaine du ravitaillement du camp de base. Pour ceux qui ne connaissent pas le Bromont Ultra, le parcours est composé de deux boucles: une très longue de 74 kilomètres et une toute petite de 6 kilomètres. À faire deux fois pour les coureurs du 160 kilomètres (duh !). À la fin de chacune de ces boucles, le camp de base, où en plus du « mon » ravito, on retrouve tout ce qui a rapport au médical. C’est donc un point névralgique sur le parcours et mon ami Gilles avait confié ça à un néophyte: moi.

Je ne savais vraiment pas à quoi m’attendre.

*****

Vraiment pas le genre de job pour un autiste…

Dans le tourbillon des coureurs qui arrivent, qui repartent et qui reviennent, j’essaie de garder la tête froide et d’aller au plus pressant. À peu près rien de ce que j’avais planifié ne se déroule comme prévu.

En partant, je savais que les bananes étaient le fruit de prédilection des coureurs. En fait, c’était ce que je croyais. Car avec la relative chaleur, ce sont le melon et les oranges qui sont populaires. Au point où on risque d’en manquer. Je cours en chercher. Les sandwichs beurre d’arachides–gelée que j’avais si minutieusement préparés ?  Trop lourds pour des systèmes digestifs taxés, ce sont nous, les bénévoles, qui en faisons honneur.

Quand Geneviève (ou est-ce Johanne ?  Je ne sais plus, moi et la mémoire des noms…) est arrivée quelques heures plus tôt, je lui ai fait faire le tour du propriétaire. Mon plan était très simple: elle s’occuperait de la bouffe et des liquides, je m’occuperais de prendre en note les heures d’arrivée, des drop bags et de guider les coureurs à leur sortie de la tente. Facile.

Le plan simple a pris le bord assez rapidement. Comme un vieux couple, elle et moi n’avons pas eu à nous parler et chacun s’est mis à aller là où la situation l’exigeait quand les coureurs se sont mis à arriver les uns après les autres et ce, des deux côtés (parce qu’évidemment, il se présentaient à nous après 74 ET 80 kilomètres parcourus). On aurait dit qu’on travaillait ensemble depuis des années. Mais heureusement que Guylaine et son équipe médicale étaient là pour nous donner un coup de main, sinon…

Ben sinon, je serais passé à côté de l’essentiel : l’humain. Un ultra, ce sont des émotions à l’état pur. Le flegme d’Alister, l’homme derrière ce parcours diabolique et grand favori. L’intensité de Pierre-Michel, deuxième et celle d’Anne, première femme. Les sourires tranquilles de Pierre et Louis, celui cool et satisfait de Joan. La résignation de Benjamin, mon coéquipier Skechers, qui urinait foncé et commençait à ressentir des malaises au niveau des reins, signe d’un début de dérèglement à ce niveau. Très intelligemment, il a décidé de se retirer.

Il y a eu les larmes d’un Vincent bouleversé, forcé lui aussi à l’abandon à cause du même genou récalcitrant que l’an passé. Et que dire du coureur dont j’oublie le nom (quand je vous dis que ma mémoire des noms…) qui s’est longuement arrêté ?

La raison pour laquelle j’avais enfilé ma caquette de finisher de Massanutten était pour me donner une certaine crédibilité quand viendrait le temps de rappeler aux coureurs ayant tendance à allonger leur pause qu’il était temps de repartir. Ce n’est jamais bon, traîner top longtemps aux ravitos. Mais lui, j’ai senti qu’il y avait autre chose, alors profitant d’une relative accalmie, je me suis approché pour tâter le terrain. Sa famille venait de quitter, il semblait perdu dans ses pensées. Il m’a confié qu’il traversait une passe difficile personnellement et professionnellement et que cette course, il n’était plus certain s’il avait envie de la compléter. Il avait demandé à son entourage de le laisser réfléchir seul.

Ce n’était vraiment pas le moment d’utiliser la technique du coup de pied au derrière pour le retourner sur le parcours. Je l’ai écouté, lui ai suggéré que la course pourrait être une excellente occasion pour réfléchir à tout ça. Seul dans le bois, en pleine nuit… Il n’y a pas meilleur moment pour l’introspection. Il m’a chaudement remercié de l’avoir écouté, puis a poursuivi sa réflexion, le regard dans le vide. Une trentaine de minutes plus tard, je l’ai vu ramasser toutes ses affaires et quitter. J’espère qu’il va bien.

Autre imprévu à gérer, Martin qui arrive en nous annonçant qu’il a coupé une partie du parcours et se sent tout croche. Que faire ?  De grandes discussions s’ensuivent. Théoriquement, c’est soit la disqualification, soit le coureur retourne au point il s’est écarté du parcours et reprend sa course. Mais là, on ne parle pas d’un gars qui aspire au podium et le voyant si malheureux de la situation…

Essaie de contacter Gilles via la maudite-radio-que-je-n’arrive-pas-à-faire-fonctionner. Rien. Je parle d’une alternative à Karine, la directrice de course: en nous basant sur le kilométrage de sa montre-GPS, on pourrait lui demander de faire deux fois de suite la petite boucle de 6 km du mont Oak au lieu d’une seule ?  Hésitation. Ok, on y va avec ça. Le soulagement que je lis sur le visage de Martin me conforte dans ma décision. C’est loin d’être idéal comme situation, mais bon…

Un ultra, une course ne tient souvent pas à grand chose. Un détail et tout peut dérailler. Mon job, c’est un peu de voir à ces détails. Par exemple, lors du transfert des drop bags en début de journée, il a fallu que j’avertisse les gentils physios qui m’aidaient de prendre seulement ceux de la pile destinée au camp de base. Malheureusement, un jeune coureur espagnol hyper rapide, qui courait en sandales (on a dû le dissuader de partir pieds nus !), n’avait pas vu qu’il y avait deux piles et avait mis ses deux sacs ensemble. Le temps qu’on récupère le tout (pas évident, le ravito du 33e kilomètre étant fermé), il avait pris froid (?) et abandonnait la course.

Autre partie du plan: m’éclipser pour aller faire un petit roupillon une fois 23 heures passées. En effet, c’était l’heure de la coupure de mi-parcours (soit 15h30 de course) et je me disais qu’après cette heure-là, ce serait bien tranquille. Surtout que Fannie et Érick, un couple pour qui le mot « sympathique » a été inventé, étaient arrivés en renfort.

C’était sans compter sur un autre imprévu: un coureur s’était égaré et s’était retrouvé au ravito du lac Gale (kilomètres 65-145)… après avoir parcouru 20 kilomètres depuis la mi-parcours. Comment il s’était retrouvé là ?  On l’ignore. Mais bon, il avait eu un transport pour le camp de base et maintenant, il voulait qu’on l’amène sur le parcours à un endroit équivalent de ce qu’il avait parcouru.

Évidemment, ça ne peut pas se faire. Gilles, grand diplomate devant l’éternel, lui expliquait le tout. C’était foutrement triste de voir qu’un gars se retrouvait à devoir se retirer de la course parce qu’il s’était perdu après avoir eu une très bonne première moitié. Car malheureusement, il ne pouvait même pas repartir du camp de base pour amorcer son deuxième tour à nouveau, vu que la coupure était passée.

Je ne sais pas ce qui s’est passé à ce moment dans mon ciboulot, mais j’ai eu une illumination: pourquoi ne pas partir avec le groupe qui faisait la course de 80 kilomètres ?  L’heure de coupure finale était la même, sa sécurité serait assurée vu qu’il serait avec un groupe. Le départ allait être donné à 3h30.

Gilles a aimé ma suggestion et le coureur l’a acceptée. Affaire réglée. Je pouvais aller me coucher ?

Il était bien passé minuit quand j’ai fini par m’insérer dans mon sac de couchage que j’avais déroulé sur un petit matelas dans le coffre arrière du RAV4. J’avais mis l’alarme à 3h, question de ne pas manquer le retour d’Alister. J’étais certain que je ne serais jamais capable de fermer l’oeil.

Un instant plus tard, l’alarme sonna. J’avais perdu la carte sans même m’en rendre compte. Ho que ça avait fait du bien…

De retour au ravito, première question: est-ce que je l’ai manqué ?

Hé non. Alister goûtait (finalement) à sa propre médecine et n’avait pas réussi à dompter complètement la bête. Il était en tête et avait une bonne avance, mais le record de parcours n’allait pas tomber. La chaleur et la pluie avaient fait leur oeuvre.

C’est dans la fébrilité que nous l’attendions. On me mit au courant des événements de la nuit: les abandons, mais surtout, LE potin de la course: une coureuse avait été prise en flagrant délit de tricherie. En effet, en allant porter des trucs à un ravito, un bénévole a aperçu une femme portant un dossard sortir d’une voiture et se mettre à courir comme si rien n’était. Il y avait une Rosie Ruiz au Bromont Ultra !

Mais bon, avant d’accuser quelqu’un de tricher, ça prenait des preuves. Peut-être avait-elle eu une urgence quelconque et quelqu’un l’a prise là pour la ramener au même endroit par la suite. Mais au fil des heures, quand on observait ses temps de passage, on se rendait bien compte que ça ne collait pas. Imaginez, elle qui faisait partie du back of the pack à mi-parcours, elle se permettait de faire certaines sections plus rapidement que le futur gagnant !

Heureusement, elle finira par abandonner quand même, nous évitant la tâche désagréable d’avoir à la disqualifier.

Et des abandons, il y en a eu durant la nuit. Je retiendrai toujours l’attitude hyper-positive de Guy, qui n’en pouvait tout simplement plus et qui a décidé de se retirer. « J’ai eu du fun, c’est ça le plus important ! ». Way to go !

Comme je m’y attendais un peu, Alister est passé en coup de vent avant de s’élancer dans la mini-boucle. Avait-il envie d’en finir au PC ?  Hum…

En fait, ça annonçait une journée du dimanche plus calme à notre ravito car justement, les coureurs voulaient en finir. Ils étaient également beaucoup plus espacés. J’allais pouvoir les accueillir un à un, tâchant de ne pas manquer les arrivées.

Parlant d’arrivée, c’est un Alister épuisé, mais satisfait qui s’est présenté sous l’arche. Quatrième édition de l’épreuve, quatrième coureur de premier plan qui l’emporte. Et quelle est l’autre tradition au Bromont Ultra ?  Le coureur qui termine en deuxième position en est à sa première expérience sur la distance. Pierre-Michel fait donc honneur à la règle !  Et il sera suivi de Christian, un autre « débutant », si on peut s’exprimer ainsi.

Le quatrième à se présenter au ravito après 154 kilomètres de course est Stéphane, qui revient tout juste du Tor des Géants. Il m’annonce en arrivant que sa course est terminée. HEIN ?!?  Il a l’air encore en pleine forme, est en quatrième place, à 6 kilomètres de la fin et il veut abandonner ?  Je ne comprends pas…

Il m’explique que lorsqu’il est passé au ravito du lac Gale (kilomètre 145), il s’est rendu compte qu’il n’était pas passé là lors de son premier tour. Et comme il n’a pas suivi le parcours, sa seule option en son âme et conscience, est de se retirer.

Wow. Je lui suggère de faire comme Martin quelques heures auparavant et de se taper deux fois la petite boucle de 6 kilomètres en guise de « compensation ». Il refuse et me dit en souriant que ce n’est pas la fin du monde et que le plus important pour lui, c’est de dormir en paix. Re-wow. Respect mon ami, respect. Tu n’aurais pas un peu de cette conscience à donner pour notre Rosie Ruiz ?

*****

« C’est Pierre !  C’EST PIERRE !  Oui c’est lui, j’en suis certain ! Il faut l’annoncer !!! »

Je me tenais dans l’aire d’arrivée, attendant impatiemment mon ami. Quand il était passé au ravito, après un peu plus de 24 heures de course, il m’avait semblé fatigué, mais en plutôt bonne forme. Définitivement qu’il allait battre son meilleur temps ici et fort probablement, celui que j’avais fait l’an passé.

Passage de Pierre au kilomètre 154. Vous remarquerez combien le « petit frère » a des tendances protectrices même avec son « grand frère » qui n’en a pas vraiment besoin… (photo tirée de la page Facebook de mon ami)

Je l’avoue, j’avais suivi sa course avec beaucoup d’attention, rafraichissant fréquemment les temps de passage sur mon cellulaire. Mon coeur avait d’ailleurs raté une ou deux pulsations quand j’avais vu « DNF » à côté de son nom. C’était avant que je me rende compte que les lettres maudites étaient associés à tous ceux qui n’avaient pas encore terminé leur course. Ils n’auraient pas pu choisir une autre expression, genre « Toujours en course » ou « Sur le parcours » ?  Enfin…

Et là, entrainé par un Xavier (ou Guy ?  Moi pis ma foutue mémoire !) définitivement super-pacer, il s’enlignait pour descendre sous les 25 heures.

« C’est Pierre, c’est Pierre !!! ». Ma vue commence sérieusement à en arracher pour les petits caractères, mais mon ami qui porte son t-shirt noir du Vermont, je le reconnaîtrais à un kilomètre de distance.

J’ai dû gueuler assez fort pour que l’annonceur m’entende, car rapidement, il s’est mis à demander des encouragements aux spectateurs. Et c’est sous les acclamations que mon ami a franchi la ligne, en cinquième position. J’en avais les frissons.

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« Quoi, pensais-tu que j’allais t’embrasser ?  Tu n’as vraiment pas envie que je t’embrasse en ce moment ! »

Louis venait de s’asseoir à la tente, au kilomètre 154. Je m’étais agenouillé devant lui pour prendre de ses nouvelles (et surtout pour observer son non-verbal), car j’avais toujours en mémoire son Bromont Ultra de 2015 où il en avait tellement arraché qu’il avait fallu que Pat l’envoie de force pour qu’il fasse la dernière boucle. Je me demandais si j’allais avoir à faire la même chose cette année.

À voir son air, j’ai bien vu que non, il semblait plutôt bien. J’ai donc ajouté : « Tu peux enlever le: ‘en ce moment’ ! ». Les rires ont fusé, Louis aussi l’a bien rie. Il était correct. Et en plus, question de faire fondre nos coeurs, il est parti avec sa fille de 8 (ou 10 ?) ans pour les derniers 6 kilomètres. N’est-ce pas le meilleur pacer qu’un père peut demander ?

*****

Le reste de la journée, je l’ai passée à l’extérieur de la tente, à pointer les coureurs qui passaient, la plupart faisant la course de 80 kilomètres. Plusieurs d’entre vous m’ont reconnu, c’était vraiment gentil de votre part de me dire un petit bonjour. Ça m’étonne toujours un peu de voir combien de gens me lisent.

Je retiens entre autres le commentaire de Laurent qui, en passant devant moi, m’a lancé: « C’est à cause de toi si je suis ici ! ». Tiens tiens, j’ai déjà dit la même chose à quelqu’un, il me semble… J’espère juste que l’expérience était aussi positive qu’elle l’a été pour moi jadis !

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Il était 16h17 à ma montre quand j’ai eu à faire la chose que j’appréhendais le plus: annoncer à un concurrent qu’il ne pourrait pas terminer.

Nous l’avions tous vu arriver lentement, très lentement. Il lui restait à peine 1h10 pour compléter une boucle de 6 kilomètres ma foi plutôt technique par bouts. Rien d’exceptionnel en temps normal, mais après près de 33 heures debout avec 154 kilomètres dans les jambes… Alister avait pris une cinquantaine de minutes, et il courait à un foutu bon rythme à son arrivée au ravito. Éric, qui venait d’arriver, marchait péniblement.

Mon annonce n’a évidemment pas fait son affaire. Gilles m’avait dit de faire faire la petite boucle du 2 kilomètres aux retardataires, question qu’ils « terminent » dans les temps. Quand j’ai parlé de ça, j’ai eu comme réponse: « Ça ne me fera pas 160 kilomètres ». Aucun argument contre ça. Quand je lui ai dit qu’il ne pourrait pas arriver dans les temps, et donc n’aurait pas de classement s’il faisait la boucle au complet, il m’a répondu: « Je m’en fous du classement et du temps, je veux faire la distance ! »

Ouais, il était pas mal plus éveillé que son visage le laissait paraitre… Comme il avait un pacer (un autre Éric, hyper sympathique le bonhomme), je les ai laissés aller, prenant soin de prendre leur numéro de cellulaire  avant qu’ils partent.

Eh bien vous savez quoi ?  Éric-le-pacer a tellement poussé Éric-le-coureur que ce dernier a franchi la ligne avec seulement 1 minute de retard sur la coupure !  J’étais sidéré de le voir arriver si vite, je m’attendais à au moins 20 minutes de plus. Et Gilles, bon prince, ne l’a pas retiré du classement.

Bravo encore une fois Éric, tu m’as vraiment, vraiment impressionné !

*****

Je pourrais poursuivre encore des heures et des heures. J’ai côtoyé tellement de gens extraordinaires durant cette fin de semaine… Sans compter les innombrables anecdotes que je pourrais raconter, mais bon, ça vous donne une « petite » idée, chers lecteurs. Je vais donc laisser le mot de la fin à mon ami Gilles.

« C’était le festival des sourires, man. Les uns après les autres, les coureurs arrivaient et ils avaient tous le sourire au visage tellement ils étaient fiers d’eux. Y’a rien qui peut battre ça ! »

Voilà, en trois petites phrases, il venait de me résumer l’esprit de la course en sentier. Il était aux alentours de 18 heures dimanche en fin de journée. Je venais de lui demander s’il avait dormi un peu depuis son arrivée, soit bien avant le lever du soleil la veille. Négatif. Il y avait trop de choses à s’occuper et surtout, il ne voulait manquer aucune des arrivées. Vos sourires étaient sa récompense.

Merci pour tout Gilles. See you next year, en espérant être de l’autre côté de la table…


Annulation du Marathon de Montréal: la bonne décision

Benji Durden.

Ça y est, je vois d’ici l’exaspération sur le visage de ma douce. Elle va encore se demander comment je peux me rappeler du nom d’un gagnant du Marathon de Montréal du début des années 80 et oublier un paquet de choses foutrement plus importantes de la vie courante.

Je ne sais pas, mais je me souviens. Je suis fait de même. À l’époque, « notre » marathon était relativement prestigieux et attirait des athlètes de très haut niveau. C’était télévisé en direct à Radio-Canada et je regardais ça religieusement à chaque année, fasciné.

Je me souviens d’une chose en particulier : cette année-là, il faisait chaud. Très chaud. Feu Jo Malléjac, dès le départ, s’inquiétait des conditions et en faisait part aux téléspectateurs à sa manière si typiquement passionnée. Durden, qui s’entraînait en portant plusieurs couches de survêtements question de mieux habituer son corps à la chaleur, avait fait un long cavalier seul pour triompher, en 2h13 (si ça peut vous rassurer, je ne m’en souvenais pas, j’ai dû aller vérifier; je ne suis tout de même pas Paul Houde…). Quand je dis que le niveau était élevé…

À l’époque, le marathon se courait en juin (celui-là avait eu lieu un 30 mai, mais bon…). Il a été déplacé en septembre par la suite. C’était la chose à faire, puisque jadis, l’été se terminait pour ainsi dire le 25 août.

Les temps ont changé. Malgré ce que peut en penser le supposé homme le plus puissant de la planète, les changements climatiques font sentir leurs effets. Or, chacun sait que la chaleur et l’humidité sont les pires ennemis du coureur. Et il arrive qu’on se retrouve avec des conditions très chaudes à ce moment-ci de l’année.

Je l’ai d’ailleurs appris à la dure lors de mon deuxième marathon, en 2008, couru dans une humidité à couper au couteau. Resté accroché au lapin trop longtemps, j’ai été assailli par les crampes à partir du 28e kilomètre. Le dernier tiers de la course fut un véritable calvaire. J’ai été chanceux d’éviter le coup de chaleur. Et que dire de 2011 ?  Honnêtement, j’ai pensé mourir sous le soleil de plomb dans la montée Pie IX. Je sentais que j’étais vraiment en train d’en perdre des bouts et pourtant, je me suis entêté et ai poursuivi sans ralentir.

Donc oui, il arrive qu’il fasse chaud en septembre et évidemment oui, il se peut que le marathon tombe sur une journée caniculaire. Est-ce suffisant pour justifier l’annulation du marathon ?

À première vue, cette décision me semblait un tantinet prématurée. En effet, contrairement à 1982, Internet régit maintenant nos vies. Mettons qu’on a la panique plus facile. Nous avons accès à des prévisions météo très fiables pour la température à moyen terme (car malgré ce que les gens en pensent, la météo est très précise quand ça concerne la température; c’est quand vient le temps de prédire l’ensoleillement et les précipitations que c’est plus compliqué), il y a les réseaux sociaux, etc. Bref, un paquet de façons de faire grimper notre niveau d’anxiété… et de finir par nous faire envoyer des courriels de désespoir à l’organisation qui cède sous la pression et en arrive à la conclusion qu’elle n’a d’autre choix que d’annuler l’épreuve.

À  mon avis, les coureurs ont une responsabilité. Un marathon, ça se fait dehors (ben, la plupart du temps en tout cas). Les conditions atmosphériques font partie des variables qu’ils ne peuvent pas contrôler et ce n’est pas à l’organisation d’avoir à compenser si ça ne fait pas leur affaire. En ultra, il ne viendrait jamais à l’idée d’un directeur de course d’annuler son épreuve parce qu’il fait trop chaud. Il fait 35 avec un humidex de 45 ?  Pis après ?  C’est pareil pour tout le monde. Si tu veux courir à l’air climatisé Chose, va dans un centre d’entrainement.  T’as juste à te tenir hydraté et ralentir, tu devrais être correct. Au pire, tu marcheras ou  même, tu t’arrêteras. Ce n’est pas la fin du monde. D’ailleurs, le Vermont 50 aura lieu dimanche comme prévu (sans moi, mais bon, c’est une autre histoire), canicule ou pas.

Sauf qu’à la lecture de l’excellent papier d’Yves Boisvert paru dans La Presse hier matin et surtout, suite à une conversation avec un collègue, j’appuie maintenant à 100% cette décision.

Le collègue en question accepte le tout avec philosophie, mais il me parlait d’un autre coureur qui lui est en beau maudit parce qu’il voulait utiliser cette course comme qualification pour Boston.

C’est là où se trouve le problème. En course sur route, une fois qu’on a « fait une distance », on se met à se fixer des objectifs. On « vise un temps », on veut « faire Boston », on veut battre son record personnel. On s’entraîne pendant des semaines, on fait des courses préparatoires avec cet objectif en tête. Et quand le jour J approche, même si les conditions s’annoncent difficiles, il est à peu près impossible de se convaincre de laisser tomber, de prendre ça cool et se dire qu’on se reprendra la prochaine fois. On veut réussir, atteindre l’Objectif. Là, maintenant. La mantra « C’est pas icitte que je vais crever » n’existe pas vraiment. En tout cas, pas pour tout le monde. Je le sais: been there, done that.

L’organisation s’est donc retrouvée à jouer le rôle de l’arbitre qui arrête un combat alors qu’un boxeur est en train de se faire tabasser: ce dernier a beau dire (et même hurler) qu’il était en mesure de poursuivre, l’arbitre avait le devoir de le protéger. Et il vaut mieux arrêter un combat trop tôt que trop tard. Même chose pour un marathon : vaut mieux l’annuler avant et se retrouver avec des conditions finalement pas si mal qu’arrêter la course 3h30 après le départ comme à Chicago en 2007 où ça a été l’hécatombe.

Ajoutez à ça l’implication sociale (imaginez 200 transports en ambulance à cause des malaises subis durant le marathon, ça fait 200 transports de moins de disponibles pour la population en général) et la décision se prend d’elle-même.

Ceci dit, un départ à 7 heures pour le marathon, séparé du demi, comme ça se fait à plusieurs endroits dans le monde, ce ne serait vraiment pas une mauvaise idée. Ha, ça fait des photos moins spectaculaires, mais…

Le drapeau blanc

Vous savez c’est comment une mère, hein ?  La progéniture a beau être rendue dans la quarantaine (légèrement avancée), ça s’inquiète toujours. Et ça a le don d’avoir raison et de nous dire des affaires qu’on ne veut pas entendre.

À Ottawa, après mon abandon, je venais de dire que je laissais tomber mes courses pour l’été. « Pour moi, tu devrais arrêter pour le reste de l’année… »  Exactement la situation que je ne voulais pas envisager. Arrêter de courir, moi ?  Jamais de la vie !

Aujourd’hui, je n’en suis plus si sûr. Ce matin matin, mon année de m… s’est poursuivie. Après l’ischio déchiré, le mollet déchiré, les côtes pétées (ben, pas vraiment pétées, mais c’était tout comme), fallait que mon foutu sciatique décide de jammer.

Ha, je le sentais venir, mais j’avais la naïveté de penser l’avoir sous contrôle. Mais à mesure que je montais mon volume hebdomadaire, je sentais bien qu’il prenait le dessus. Mon appel de détresse à Marie-Ève est venu trop tard: je suis sur le carreau. Encore. Ça devient vraiment une habitude.

J’ai reçu mon traitement mercredi, j’ai même été sage les deux jours suivants: pas de course, ni de vélo. J’ai enfourché ma machine seulement hier pour un petit 50 km. Et ce matin, je me sentais bien. Je me promettais un 10 km facile, 12 max si ça allait vraiment bien. Après à peine 6, j’ai hissé le drapeau blanc. De façon définitive pour le reste de la saison (en ce qui concerne les compétitions, en tout cas).

En revenant à la maison en « marchant », j’ai eu du temps pour réfléchir. Le Vermont 50, ma dernière chance pour aller chercher les fameux points (j’y reviendrai prochainement) qui me garantiraient l’entrée pour l’UTMB l’an prochain, n’est plus possible. Si je suis à peine en mesure de faire 6 km sur le plat aujourd’hui, comment envisager en faire 80 dans les montagnes dans 5 semaines ?  Déjà que mon entrainement était « limite »…

J’ai donc décidé de me concentrer sur la guérison, sans me mettre aucune échéance. Je veux surtout refaire une base solide, arrêter de recommencer en montant le volume, encore et encore, pour finir par me blesser à nouveau. Selon ce que j’ai réussi à décoder de Marie-Ève, mon mollet n’étant pas tout à fait guéri, j’aurais eu tendance à compenser de ce côté, d’où un fessier qui travaillait trop et par conséquence, un sciatique irrité. La joie. Je suis définitivement dans mon année Ellis Valentine !

Donc, en terminant, chers lecteurs, je vous demanderais de prier pour ma pauvre épouse, car c’est elle qui aura à m’endurer au cours des prochaines semaines… 😉