Salut Chris !

Depuis que j’ai appris la nouvelle, il y a une question que je me pose, encore et toujours : « Peut-on dire que nous étions des amis ? ». À l’ère des réseaux sociaux, nous l’étions, c’est sûr, mais étions-nous vraiment des amis ?  Au bout d’un certain temps, j’ai dû me rendre à l’évidence : ton départ subit m’a tellement bouleversé que je ne pouvais faire autrement que répondre par l’affirmative à cette question existentielle.

On ne peut pas dire que ça a très bien commencé entre nous. Nous étions jeunes, les emplois étaient rares et nous nous sommes en quelque sorte un peu retrouvés en compétition. Ce qui fait que ton côté légèrement exubérant avait le don de me taper joyeusement sur les rognons, moi l’introverti, moi le discret.

Heureusement, les choses se sont stabilisées au niveau travail et par le fait même, j’ai appris à te connaitre. Ta bonne humeur perpétuelle, ta sociabilité hors norme, ton entregent, ce n’était pas seulement une façade. Tu étais comme ça, tu aimais profondément les gens. Jamais, au grand jamais, même quand nous étions en plein milieu d’une séance de bitchage collectif, je ne t’ai entendu parler en mal de quelqu’un. Tu essayais toujours de trouver le côté positif, peu importe la situation et surtout, de garder le respect envers la personne. D’ailleurs, l’habitude que tu avais d’appeler tes collègues « docteur » reflétait ce grand respect que tu avais pour nous tous.

Je n’oublierai jamais ce mois que nous avons passé ensemble au pays au soleil levant. Travailler n’était plus vraiment travailler avec toi, c’était s’amuser. Et pourtant, la pression était forte et le client, exigeant. Mais nous avons réussi à tout faire fonctionner, nous les petits jeunes de même pas 30 ans… tout en s’empiffrant régulièrement avec le fameux clubhouse submarine du Grass Root, un véritable trou que nous avions découvert par hasard. Un bar de style américain dirigé par un Japonais portant un chapeau de cowboy, disons que ça marque les esprits…

Après 10 ans à se côtoyer quotidiennement, nos chemins professionnels se sont séparés… pour se croiser à nouveau, 5 années plus tard. Quand on s’est revus, tu m’as accueilli avec ta vigoureuse poignée de main, ton sourire si caractéristique et ton traditionnel : « Fred, câl… que je suis content de te revoir ! ». J’étais au moins aussi content que toi, mon ami, et peut-être même plus.

C’est avec une certaine surprise que j’ai appris que comme moi, tu étais devenu coureur. Hein, Chris qui court ?  Pourtant, c’est un sport pour introvertis, non ? Et dans le fond, tu l’étais. De ta vie privée, on n’en savait pas beaucoup. Tu préférais de loin t’intéresser aux autres que parler de toi. Et je ne saurai jamais le fin fond de l’histoire derrière ton marathon de Las Vegas…

J’enviais l’approche que tu avais pour notre sport: tu le faisais strictement pour le plaisir. Tu préférais faire plusieurs kilomètres en jasant avec quelqu’un de plus lent que de battre un record personnel. Quoi que j’ai senti une grande fierté dans le chest bump qu’on s’est donné ce jour de mai 2012 où tu es descendu pour la première fois sous les 4 heures à Ottawa. Tu sais Chris, il n’y a vraiment pas de mal à être fier de ce qu’on a accompli !

Tu auras laissé une empreinte indélébile sur nos vies. Plusieurs de tes expressions colorées qui faisaient ta renommée font maintenant partie de notre langage courant. Ainsi, une bière de format standard (soit 341 mL, 355 mL ou 12 onces), je n’appelle plus cela une bière, mais bien un « échantillon ». Aussi, quand je demande à ma douce si elle en veut une, j’utilise toujours la phrase : « Mon amour, une bière avant que ça commence ? ». Et quand elle répond que non, pas aujourd’hui, plus tard, etc.,  je sors invariablement ton : « Bon, ça commence… »

Il y en a évidemment beaucoup d’autres, mais elles ne peuvent malheureusement pas être retranscrites ici… 😉

Toi qui n’aimais pas te vanter, tu pourras quand même dire à tes comparses là-haut que tu auras réussi à me faire verser des larmes.

Repose en paix, docteur Larose. Tu vas me manquer…

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7 avis sur « Salut Chris ! »

  1. Maudit Fred !!!!!!!! T’as réussi à me faire brailler, tellement tu as saisi l’essence du personnage. Je ne réalise pas encore vraiment qu’il est parti.

    Alors mon cher Christian-san, je n’ai que ceci à rajouter: là où tu es rendu, tu ne manqueras pas de monde pour faire du sôcial !!!!

  2. Merci Fred de nous faire entendre ton coeur. Tu es un gars tranquille mais ton coeur est gros. Je pense que tu as parlé pour nous tous. Voici ce que j’ai écrit à Christian et répète ici pour partager avec toi:

    ===================================
    Christian,

    Tu es et restes toujours mon grand ami. Pendant ces nombreuses années de travailIer ensemble, j’ai tonjours vu en toi une personne agréable, toujours prête à aider quelqu’un. Consciencieux, responsable, tu aimes toujours les grands défits. Sociable et plein de joie de vivre, tu veux que tout le monde soit aussi ainsi.

    Je ne peux pas croire que tu nous quitte si tôt. Tu as encore plein de choses à accomplir. Ça me fait une très grande peine de te dire au revoir. Que ce voyage soit paisible, et veille sur ta petite famille ainsi que celles de tous tes proches.

    Qué.
    =======================================

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