Le silence

4 degrés, un petit vent. Il faisait toujours nuit. En me dirigeant vers la montagne, je me disais que ce serait peut-être ma dernière sortie matinale dans ces sentiers. En effet, le voyage approche à grands pas et à notre retour, l’automne, le vrai, pourrait être bien installé. Et puis, je dois l’avouer, courir à la noirceur sur le Mont Royal, ce n’est pas ce qu’il y a de plus rassurant. Même à 4 degrés.

Étant toujours en « apprentissage » d’une nouvelle technique de course (je soupçonne ma bonne vieille attaque talon d’être la grande responsable de mes problèmes répétés à la cheville, alors…), je n’étais pas en mode « tempo », bien au contraire. Comme à chaque fois que je cours depuis le Marathon de Montréal, je me concentrais sur une seule chose : atterrir sur la plante du pied, tout en tâchant d’ignorer les gémissements répétitifs de mes mollets me demandant grâce à chaque enjambée. Plus facile à dire qu’à faire, après des années à courir de la même façon.

Toujours est-il qu’après avoir atteint le sommet et en avoir fait deux fois la boucle par le chemin Olmsted, j’ai fait ce que je fais toujours : je suis allé voir la ville qui s’éveillait.

À toutes les fois que je vais sur le belvédère en face du grand chalet, il y règne une espèce d’effervescence. Les gens trouvent ça beau, prennent des photos de groupe, des selfies, parlent de tel édifice ou de telle montagne au loin, etc.

Ce matin, rien de tout ça. C’était le silence complet. Les 12-15 personnes qui étaient sur place semblaient garder une forme de respect envers le magnifique spectacle qui s’offrait à nous. Les rayons du soleil levant éclairaient la ville et les feuillages colorés de l’automne avec un angle parfait. Nous demeurions immobiles, subjugués.

Certains arrivaient, d’autres partaient, mais tous semblaient être sous l’emprise d’une force invisible les obligeant à demeurer muets et simplement admirer.

Je suis reparti en remerciant (encore une fois) le ciel d’être devenu dépendant aux endorphines. Dire qu’à l’instant même, j’aurais pu être entassé dans un quelconque train de banlieue ou pire, coincé dans la circulation…

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Un avis sur « Le silence »

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