Un dommage collatéral du conclave

“En tout cas, ça me ferait vraiment chier que tu aies décidé de faire le Marathon de Rome cette année…”.  C’était hier soir, durant l’heure au cours de laquelle on se permet de regarder la télé. Les manchettes du jour parlaient, ho surprise, du conclave qui allait finalement débuter aujourd’hui (non mais, ils niaisaient quoi depuis tout ce temps, au juste ?).

Heu… de quessé ?  Puis j’ai allumé: le Marathon de Rome, ça se court à ce temps-ci, il me semble… En tout cas, elle s’en rappelait, elle. Petite vérification sur le site de l’événement: c’est dimanche !  Holly (excusez-la) shit, effectivement, dans le genre mauvais timing, c’est plutôt difficile à battre. Car juste à avoir un aperçu de ce qui se passe présentement dans la capitale italienne, ça doit être le bordel total. Des milliers de journalistes qui feront le pied de grue au cours des prochains jours dans l’attente de la fameuse fumée blanche, des centaines de milliers de pèlerins/fidèles/touristes/curieux qui sont là pour le grand jour… Vous imaginez les hôtels, les restaurants, les marchés ?  Ça doit être rempli à craquer, du monde partout.

Et tant qu’à faire le voyage, aussi bien faire un peu de tourisme aussi, non ?   Sauf que je présume qu’il doit être assez difficile de visiter St-Pierre de Rome par les temps qui courent (un autre jeu de mots, un vrai Guy Mongrain !)…  Et la chapelle Sixtine ?  Désolé, les cardinaux en auront besoin pendant quelques jours pour décider qui succédera à Benoit XVI. Ouais, ça a l’air que ça prend tout ce temps pour choisir un cardinal parmi la centaine présents. Pas moyen de faire comme dans une course à la chefferie d’un parti politique ?  Premier tour, si on n’a pas de majorité absolue, on élimine celui qui a reçu le moins de votes et tous ceux qui n’en ont pas reçu et on passe au tour suivant. À 120 personnes, il me semble que ça prendrait 2-3 heures et l’affaire serait réglée, non ?  Ben non, pour être élu, le pape doit avoir obtenu les deux tiers de votes. Ils font quoi s’il n’en reste que deux et qu’ils sont 50-50 ?  Pile ou face ?  Enfin…

Bon, ça c’est pour les dérangements au niveau touristique. Au niveau sportif maintenant. Hé bien on apprend sur le site de l’événement que si le nouveau pape devait être couronné dimanche, jour de la course, le départ de celle-ci serait retardé jusqu’en après-midi et le parcours serait modifié.

Pardon ?  Un marathon en après-midi ?  C’est quoi cette affaire-là ?  La raison principale pour laquelle les marathons se déroulent le matin est la chaleur. Je ne sais pas de quoi a l’air la température à Rome à la mi-mars, mais au Québec, le soleil est (relativement) fort à ce temps-ci de l’année. Quand il fait 5-6 degrés, ça fait juste du bien, mais avec 20 degrés de plus, ça risque d’être terrible.

Autre détail non négligeable: l’alimentation. On fait quoi avec un marathon en après-midi ?  Est-ce qu’on prend deux repas ?  On mange quoi ?  Des pâtes le matin et l’équivalent de son déjeuner habituel sur l’heure du midi ? Et on fait quoi de son avant-midi ?  On se tourne les pouces à la vitesse grand V ?

Je n’ose même pas imaginer de quoi auront l’air les stations de métro. Et comment retrouver les êtres chers après la course dans un tel fouillis ?

Pour ce qui est du parcours, s’il est modifié, je suppose bien que ce sera pour éviter le plus possible la Cité du Vatican. Le communiqué officiel demeure imprécis à ce sujet. Côté sportif, il n’y a pas de quoi fouetter un chat, le parcours semblant plutôt plat de toute façon. Mais côté touristique, c’est certain que le cachet que revêt la participation à cet événement serait entaché.

Bref, bien content de ne pas y être. Et si Marc Ouellet devait être élu, je doute qu’il soit du genre à abdiquer son trône. De plus, comme il est relativement jeune et en bonne forme, il devrait y être pour un bon bout de temps. Suffisamment de temps pour que je puisse m’aligner au départ et admirer le Colisée qui sera juste à côté de moi sans avoir à me soucier du reste…

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Voir le côté positif

J’avais à peine 200 mètres de parcourus. 217 en fait, selon ma Garmin. Je me suis arrêté et me suis mis à sacrer. Littéralement. Je maudissais cette foutue chaleur humide qui fait virer en torture sans nom des petites sorties de travail de vitesse qui seraient normalement bien agéables. Ça fait des semaines que ça dure, je suis écoeuré !  On a 2 ou 3 jours à 24-25, puis paf, des nuits à 20, des journées à 30, des humidex à 40. Pus capable !!!  Devrai-je prendre mes vacances en octobre à l’avenir, bout de sacrament ?

Puis je me suis dit que ça ne donnait strictement rien de chiâler contre la température, que je n’y pouvais rien de toute façon. Et si je n’étais pas content, j’avais juste à aller voir l’aviron à la télé (non, mais quels athlètes;  non mais, quel sport plate !!). Je suis donc reparti à courir dans le sauna, tentant de revoir à la baisse mes attentes du jour.

Ok, vraiment pas le temps de faire des intervalles. Courir des kilomètres sous les 3:50 par une telle température ?  Non merci. Et comble de malheur, le ciel avait l’air de vouloir se dégager. O-S-T-I-E !!!

J’ai décidé d’y aller au feeling. Après 2 kilomètres, je me suis retrouvé avec un vent de face. Ha, c’était mieux comme ça, plus rafraichissant. Je me suis dirigé vers le bord du fleuve, là où les pêcheurs vont, espérant que l’eau et les quelques arbres m’apportent un peu de fraîcheur. Chemin faisant, petit velours à mon égo tout à fait mâle: j’ai croisé une jolie joggeuse (trop jeune pour toi, pervers pépère, trop jeune pour toi…) qui a semblé porter une attention particulière à mes jambes. Ha ben, 6 ans d’entrainement, est-ce que ça commencerait à paraitre ?  😉  Oui mademoiselle, ce sont bien les miennes. Elles ont quelques varices, vous savez… Ha, comme les jambes de votre père ?

C’est ça qui arrive quand on court au gros soleil: le cerveau se met à virer de tous bords, tous côtés. Peut-être pour ça que Maryse me traite de mongol. Enfin…

Arrivé sur le chemin de terre, il faisait toujours aussi chaud. Je maudissais encore et toujours la température quand les paroles de mon beau-père me sont revenues en tête: il faut toujours voir le côté positif des choses. Ouin, bon, quoi de positif à cette chaleur de merde, voulez-vous bien me dire ?

J’ai essayé et j’ai trouvé (c’était facile, dans le fond): plus je cours par temps chaud, plus je vais m’y habituer. Et puis, jamais je n’aurais été capable de tenir cette cadence (j’étais à 4:11 de moyenne) par un tel temps au mois de juin… Je n’irai pas jusqu’à dire que ça m’a donné un boost, mais ça m’a apaisé les esprits. Je me suis mis à prendre la chose avec un grain de sel pour finalement me rendre compte… que j’allais plus vite !

Je me suis arrêté après 10 km pour flatter des boxers (les chiens, pas les gars qui se tapent dessus avec des gants rembourrés) et tordre mon t-shirt qui était trempé à lavette. Le soleil était maintenant bien présent et, par un phénomène que je trouvais très bizarre, il m’a semblé qu’il faisait moins chaud. Hein ?

Je suis reparti tout pimpant (bah, façon de parler), me disant que je n’avais plus que 5 km à faire. Je me suis même permis d’en faire deux de suite sous les 4 minutes. Ok, le vent dans le dos, mais quand même…

Bref, comme à peu près à chacune de mes sorties, j’ai encore appris. Il y a TOUJOURS du positif, peu importe la situation. Il faut avoir la sagesse et parfois l’humilité pour le voir. Dans une longue course, ça peut faire la différence entre la réussite et un DNF. À retenir.

L’ultime ultra

Hier matin 9h, j’ai eu une pensée pour eux. Même chose à 11h, puis à 13h: ils partaient en trois vagues. Eux, ce sont les vrais de vrais, les fous (des folles aussi, il y a des femmes) comme je les appelle. Ils étaient 96 cette année à s’attaquer à la course considérée comme la plus difficile, la plus impitoyable de toutes: le Badwater 135. Le lien vers le site web de cet ultramarathon se retrouve sur cette page, sous la rubrique « Jamais dans 100 ans ».

Pour les non-initiés, cette course débute à 282 pieds sous le niveau de la mer à Badwater Basin, dans Death Valley en Californie et se termine 135 milles plus loin (soit 217 merveilleux kilomètres), au pied du mont Whitney, à une altitude de 8360 pieds. Non seulement ils ne se contentent pas d’organiser cette pure folie à l’endroit même où la température la plus élevée jamais atteinte dans l’hémisphère ouest a été enregistrée, ils le font en plein mois de juillet. Mais les organisateurs sont tout de même cléments: auparavant, la course se terminait au sommet du mont Whitney, 22 milles plus loin. Mais bon, comme cette montagne fait partie d’un parc, les autorités y interdisent désormais la tenue de compétitions. Les participants peuvent toutefois compléter la route s’ils se défont de leur dossard et ont les permis nécessaires. Et oui, il y en a qui le font…

Qui participe à ça ?  Des ultramarathoniens chevronnés, il va sans dire. Très chevronnés, même. Les athlètes désirant subir cette véritable torture doivent répondre à de multiples critères, tous bien décrits sur le site web de la course. Et détail non-négligeable: payer les frais d’inscription qui s’élèvent à 995$ américains.  Si on tient compte du fait que chaque athlète a habituellement deux équipes de support (chacun devant obligatoirement avoir une voiture qui le suit en permanence) et de toute la logistique reliée à la réalisation d’un tel exploit, ça me surprendrait beaucoup que ça revienne à moins de 10000 $ comme promenade dans le désert.

Les prix à gagner ?  Une belle boucle de ceinture à l’effigie de la course pour ceux qui l’ont terminée en moins de 48 heures. Oui, vous avez bien lu: il y en a qui prennent 48 heures pour faire ça. Deux journées complètes. Dans le désert, à plus de 40 degrés à l’ombre (et comme il n’y a pas vraiment d’ombre…). Pour une boucle de ceinture. Et moi qui les admire… Le gagnant ?  La même chose que les autres, à part le prestige d’avoir gagné. Pas un sou de plus.

J’ai lu toutes sortes d’histoires au sujet de l’entrainement que les participants s’imposent pour s’adapter au climat plutôt inhospitalier. Il y a écidemment le classique gars qui s’entraine avec un parka en plein été. Mais il y en a une qui m’a marqué plus que les autres. C’était un Canadien, donc pas vraiment habitué aux hautes températures, qui voulait se préparer pour cette course. Ce qu’il a fait ?  Il s’est construit une serre dans sa cour arrière et y a installé un tapis roulant. L’histoire ne dit pas s’il avait installé un séchoir à cheveux qui, pour imiter le vent désert, lui aurait soufflé de l’air chaud dans le visage. Tant qu’à y être… Quand j’ai raconté cette histoire à ma conjointe, elle s’est empressée de m’aviser que j’aurais droit aux papiers de divorce le jour où je bâtirais une serre chez nous. Un homme averti…

À l’heure d’écrire ces lignes, 25 coureurs ont terminé l’épreuve,  5 ont abandonné et 2 autres ont manqué la « coupure » imposée à 28 heures au mille 72. Ça veut donc dire qu’il reste encore 64 coureurs qui sont sur le parcours depuis… 32 à 36 heures. Je suppose bien qu’ils prennent des pauses de temps en temps, que certains vont probablement même piquer un petit somme, mais quand même… Cette épreuve me laissera toujours bouche bée.

L’homme aux multiples exploits, Dean Karnazes, probablement l’ultramarathonien le plus connu de la planète, était de la partie cette année pour la 10e fois. Il a terminé en 12e position, en 29:57:50. Le gagnant, l’Américain Mike Morton, était quant à lui une « verte recrue »: il a terminé en 22:52:55 à sa première participation. Comment un homme peut-il parcourir 217 kilomètres sur ses deux jambes, dans le désert, en moins d’une journée ?  Ça me dépasse… Ha oui, autre exploit: le bon vieux Marshall Ulrich, 61 ans, qui est encore sur la route. C’est seulement sa 21e expérience à Badwater…

Non chérie, je t’assure que tu n’auras pas à te taper un voyage dans la vallée de la mort un jour…  Pourquoi j’en parle alors ?  Ben, parce que ça me fascine.  J’ai le droit, non ?  🙂

La chaleur et le zélé

Ça y est, j’entends déjà mon amie Maryse me traiter de mongol. Alors que tout le monde parlait de ne rien foutre en fin de semaine à part faire des ploufs dans une piscine, j’ai fait mes deux sorties au programme: un 15 km sur route hier et un 33 km au mont St-Bruno ce matin.

Comme ça avait plutôt bien été hier (4:12/km de moyenne), j’étais confiant. Tellement confiant que j’avais passé l’après-midi à rôtir au soleil pendant que j’appliquais de la teinture à quelques uns des cent (en tout cas, il me semble y en avoir au moins cent !)  panneaux de bois qui forment la clôture autour de notre terrain du 450. Samedi était supposée être la pire journée de cette canicule qui ne finit plus, non ?

Quand j’ai mis le pied dehors à l’heure des poules ce matin, j’ai déchanté: c’était le sauna. Norvégien, suédois, finlandais, je le sais-tu moi, mais c’était le sauna. Pas vraiment la bonne journée pour courir…  Mais bon, il faut habituer son corps à tout, non ?  S’il venait à faire cette température le 30 septembre, je fais quoi si mon corps ne l’a jamais subie ?

7h30, je m’élande donc, mon Camelbak rempli de deux litres de Gatorade, une bouteille d’eau supplémentaire à la ceinture, bouteille que je compte remplir de temps à autre. Je n’ai pas fait 1 km qu’un pick-up du parc se dirige vers moi. Quand je fais du sport, je hais les pick-ups. Viscéralement. Je ne sais pas pourquoi, mais on dirait que ceux qui conduisent les pick-ups ne voient ni vélos, ni coureurs. On ne fait tout simplement pas partie de leur monde. « Tu ne conduis pas un char ou un truck, tasse-toi de dedans le chemin ! » semble être leur devise. Je les hais.

Mais là, comme c’est un pick-up du parc, il fallait que le gars qui le conduit me voit… Il m’appelle d’un signe de la main. Shit, je n’ai pas payé (encore une fois), je viens de me faire prendre… La conversation commence:

– Monsieur, le parc parc ouvre à 8h… Avez-vous votre carte ?  Avez-vous payé ?

Non et non, du con. Mais si le parc est fermé, ça change quoi si j’ai payé ou pas? Et vos petites maudites boîtes vertes à l’entrée, elle ne donnent pas de change !!!  Je ne vous laisserez certainement pas un 20 $ dedans !   Non, je n’ai pas ma carte, je voulais aller l’acheter au centre de services. Le jour où je me ferais pogner, bien évidemment…

– Ça ouvre à 8 heures, vous allez devoir sortir. Ou aller payer à la petite boîte à l’entrée d’où vous arrivez. 7h50, ce serait correct, mais 7h30, c’est trop de bonne heure. Allez sur Internet pour commander votre carte et vous pourrez revenir après.

T’es zélé en criss toé !  Me semble que je vais me taper un autre 20-25 minutes de char pour aller cliquer ta maudite carte sur Internet. 30$, c’est juste 30$ !  Tu le veux où, au juste ?  Il va faire chaud aujourd’hui, il fait déjà chaud, penses-tu que j’ai envie de retarder ma course d’une heure ?  Tu me me fais perdre du temps, sacrament !  C’est que je n’habite pas ici, j’habite Ste-Catherine…  Je vais me rendre au centre de services et attendre l’ouverture…

– C’est fermé, vous n’avez pas le droit d’être dans le parc avant 8h. Vous devez sortir.

Va chier !  Pis mange ce qui sort !!!    OK, je vais retourner à mon auto, si c’est ce qu’il faut faire…

Je me redirige donc vers la sortie, pour un, aller chercher ma carte de crédit et deux, empêcher mes pensées moins polies de sortir par ma bouche. Moi qui avais décidé de partir tranquillement, je vole littéralement dans les sentiers tellement je suis en ta… Rendu à l’auto, je dois me calmer un peu, sinon je risque de m’épuiser… Il n’est évidemment pas encore 8h, mais je retourne dans le parc en prenant bien soin d’éviter les sentiers où un pick-up pourrait passer. Vers 7h50 – 7h55, je me dirige vers le centre de services. Chemin faisant, je croise un couple qui se prépare à commencer leur course. Sauf qu’à les voir, pas certain que c’est le genre d’exercice qu’ils ont en tête en ce moment. Le gros french-kiss, les mains sur les fesses, envoye donc, chose !  Hé, vous deux, le parc n’est pas encore ouvert !  😉  Ce qui est un peu surprenant, c’est qu’on est habitués de voir des grandes démonstrations comme celles-là chez des ados ou des jeunes adultes. Mais ces deux-là ont la quarantaine facile, je dirais même la cinquantaine pour le monsieur. Et.. ho boy, c’est qu’ils ne se lâchent pas (remarquez, je le comprends un peu ;-)) !  Wo-ho, je dérange ? Non, il ne se taperont pas 33 km ce matin ces deux-là…  🙂

Bon, centre de services fermé. Bien sûr. Je vais donc me faire un petit sentier rustique de 3.5 km avant de revenir. Ha, la sainte paix…  Et pas de criss de pick-up qui peut venir m’emmerder. Dans le bois, une maman chevreuil et son petit. Je m’arrête pour les observer. Non mais, c’est-y pas merveilleux ici… Mais qu’est-ce que c’est que ces mouches ?!?  Des mouches à… chevreuil (duh !). Merde, ils sont juste là, vous ne les voyez pas ? Pourquoi vous venez m’achaler ?  Pourquoi tout le monde est contre moi aujourd’hui ?!?

Finalement, je reviens au centre de services qui est, ô miracle, ouvert. Je me dis que quelques minutes à l’air climatisé ne me feront pas de tort. Un fois à l’intérieur, il me semble qu’il fait plus chaud que dehors. Et je me mets à dégoutter de partout. Beuh, ce que je suis dégueux… Le jeune au comptoir est poli, mais sans plus. Je serais probablement comme lui si j’étais obligé de travailler par cette chaleur. Surtout avec un t-shirt sous ma chemise… Maudit qu’il doit avoir chaud !  Ok, vous allez dire que moi je cours par cette chaleur, mais je ne suis pas obligé. Il a tout de même la gentillesse de m’offrir de signer ma carte à la maison, question de ne pas la détremper durant l’opération et la rendre illisible. Ouais, bonne idée, mais si Joe-pick-up me redemande ma carte, est-ce qu’il va encore me faire ch… parce qu’elle n’est pas signée ?

Bon, trève de chiâlage, je dois courir, moi. J’ai déjà 6 km dans les jambes, plus que 27.

J’aurais dû me douter qu’une telle entrée en matière n’annonçait rien de bon… Comme à presque chaque fois que je fais une longue sortie à la chaleur, je me suis encore fait prendre. On dit qu’on va y aller mollo et au début, ça va bien. Mais on n’y va jamais assez mollo. J’ai pris une pause bretzels-gel énergétique après 15 km et déjà, je sentais les problèmes. Merde, du 4:47 de moyenne, ralentis, y’a pas le feu !!!  Tu as fait 4:41 par 10 degrés de moins la semaine passée, hello ?!?

J’ai mouillé ma casquette (pas vraiment besoin, mais bon…), bu comme un bon, mais ça n’a pas suffi. Après 25 km, j’étais brûlé. Ayant le tête très (mais très) dure, j’ai persisté. Dans les derniers kilomètres, j’étais tout simplement pathétique, arrêtant à tous bouts de champ.

Comme je terminais ma torture, j’ai eu une illumination: c’était la sortie d’entrainement la plus difficile que je m’étais jamais imposée. J’ai souvent fait des 32 km à la chaleur, mais c’était sur route (au parc Jean-Drapeau, en fait). Un terrain pas mal moins difficile que les côtes du mont St-Bruno (heureusement que je n’avais pas mis le cap sur le mont St-Hilaire aujourd’hui !) et avec l’humidité ambiante, disons que l’ombre des arbres ne faisait pas une grosse différence. Pas étonnant que ça se soit terminé comme ça. Mais j’ai déjà vécu pire, pas mal pire, alors c’est tout de même un peu encourageant.

Leçons à retenir de tout ça ?  La première, toujours éviter les pick-ups. La deuxième: ralentir, encore plus quand il fait chaud. Dans le « pire » des cas, qu’est-ce que ça dérangerait si je terminais en me disant: « Ouin, j’aurais pu aller plus vite… » ?  J’espère que je vais finir par faire entrer ça dans ma caboche d’ici la fin septembre…