« Rien qu’à toi que ça arrive ! »

« Vous avez été piqué sur une fesse… EN COURANT ?!? »

Vacances au Parc national de la Baie de Fundy. Endroit génial s’il en est un, mis à part le fait qu’il soit situé à 1000 km de la maison. La mer, la forêt, de multiples sentiers pour tous les goûts. Le bonheur.

Toujours en mode « réhabilitation » à cause de mon foutu tendon d’Achille, je me devais de trouver un sentier relativement plat et surtout pas trop technique pour mes petites sorties puisque j’étais encore dans l’obligation d’alterner course et marche en suivant des « intervalles » précis. Le but ?  Y aller très progressivement et pour ce faire, pas d’autre choix que de mesurer chaque minute passée à courir. C’est plate, mais c’est de même.

À ma première sortie, alors que je faisais le tour du camping sur un joli sentier en poussière de pierre, je suis tombé sur un couple qui promenait un chien et… un cochon !

Trop cool. Ça se comporte comme un chien ?

« Exactement comme un chien : elle est très affectueuse, répond quand on l’appelle par son nom, elle dort avec les enfants… Vous pouvez la caresser. »

Ok, ce n’était pas un cochon, c’était une truie. Peu importe, je l’ai appelée pendant qu’elle sniffait un peu partout autour. Elle s’est approchée en remuant la queue et a semblé apprécier les caresses. Comme un chien. Un peu bizarre, je dois dire. mais tellement cute !

Le monsieur portait un t-shirt de Boston. Il me semblait qu’il avait l’air d’un coureur, aussi… On a un peu jasé course, puis je suis reparti. Quelques minutes plus tard, je trouvais mon terrain de jeu pour le séjour: le sentier Cheval noir. Genre mont St-Bruno avec quelques montées et descentes, mais pas technique. C’était ce que je cherchais.

J’y suis donc retourné, à tous les deux jours. Le dimanche, peu de temps après avoir terminé, une douleur a fait son apparition sur ma fesse droite. Après quelques tergiversations (je ne sais pas pourquoi, mais on obsède avec les tiques cet été…), nous avons déterminé que ça devait être une piqûre de mouche à chevreuil et que ça allait probablement être disparu le lendemain.

Lundi, c’était pire. Mardi, juste l’effleurement de mes shorts de course sur la piqûre envoyait des décharges électriques partout dans mon corps. Je vous épargne les 1000 km de conduite automobile pour le retour à la maison…

C’était définitivement infecté. Pas le choix, fallait voir un médecin. Ben oui Chose, un médecin. Au Québec. Je n’étais tout de même pas pour aller sécher 16 heures à l’urgence… J’ai finalement réussi à obtenir un rendez-vous dans une clinique « sans rendez-vous »  (avis à mes amis européens: ça n’a aucun sens, je le sais, mais c’est comme ça ici) pour le lendemain.

C’est quand j’ai raconté à l’infirmière au triage (un triage quand on a un rendez-vous ?  Toujours pas de sens…) qu’elle a posé la question qui tue.

Dans son visage, j’ai lu toutes sortes de choses. Genre qu’elle s’imaginait le vieux bonhomme assis devant elle courir en costume d’Adam, sa baguette qui battant la mesure. Une-deux, une-deux, une-deux…

Je l’ai tout de suite rassurée : je portais des shorts, mais le sous-vêtement intégré a tendance à remonter, exposant mon postérieur aux attaques potentielles. Un taon ou une mouche à chevreuil ne s’est pas gêné.

Mon histoire a semblé la soulager un peu.

J’avoue avoir été un peu surpris par le médecin qui m’a « reçu » peu après. Jeune trentaine, il me tutoyait gros comme le bras et n’était pas des plus sympathiques. Plutôt différent des médecins que je vois habituellement qui sont hyper-gentils et qui me vouvoient alors qu’ils sont plus vieux que moi. En fait, j’ai même failli lui demander si on avait déjà élevé les cochons ensemble (tant qu’à être dans le thème), mais bon, c’est lui qui tenait la clé de la guérison de mon bobo, alors j’allais passer par-dessus.

« Un coureur, hein ? Hum… Étends-toi sur la table, on va regarder ça. ».

Je me sentais dans un épisode des Beaux malaises. Ça faisait quoi que je sois coureur ? Quand il s’est mis à gosser après la piqûre, on aurait dit que toutes mes terminaisons nerveuses liées à la douleur étaient concentrées sur ma fesse droite. Mal, vous dites ?

« C’était probablement un piqûre d’insecte. Il y avait un [ne me demandez pas de répéter], je l’ai enlevé, ça devrait être plus confortable. Mais c’est infecté, ça va te prendre des antibiotiques. »

Et voilà, une semaine d’antibiotiques, le tout accompagné d’une petite crème à appliquer et pansement à changer deux fois par jour. Vous avez déjà essayé de courir sous antibiotiques ?  Et de changer un pansement sur une fesse alors que vous êtes au bureau ?

La joie. Heureusement que ça se termine demain.

Le mot de la fin à ma douce : « Y’a bien rien qu’à toi que ça arrive ! ».

Advertisements