On se sent toujours mieux après

Il était 21 heures hier soir quand je me suis mis à cogner des clous. Oui, 21 heures un samedi soir, méchant party animal, n’est-ce pas ?  Barbara, qui, je tiens à le rappeler, souffre d’arthrite rhumatoïde et qui devrait théoriquement être toujours plus fatiguée que moi, était découragée. Moins de 30 minutes plus tard, j’étais au lit.

Quand j’ai ouvert l’oeil à 7 heures ce matin, je ne pouvais pas croire que la nuit était déjà terminée. Je me suis littéralement trainé en dehors du lit, ne me sentant pas une miette plus reposé que lorsque je m’étais étendu. Mais que se passait-il donc ?  Le souper d’hier qui ne passait pas ?  Courir ce matin ?  Ho que ça me semblait un long shot… Je me suis mis à craindre une répétition du mois d’octobre, alors qu’un virus m’avait tenu à l’inactivité pendant une semaine.

Le déjeuner a plutôt bien rentré, mais je n’avais pas plus le goût de courir. Moi qui suis d’une lenteur hors normes pour me préparer en temps normal, je rivalisais maintenant avec le plus lent des escargots. Comme elle s’apprêtait à aller promener Charlotte, Barbara m’a regardé et s’est exclamée: « T’as bien l’air fatigué ! ». Merci mon amour, trop gentil… Mais effectivement, je ne me sentais vraiment pas terrible. « Es-tu certain que c’est une bonne idée d’aller courir ? ». Non, je n’étais pas certain et si j’avais la même chose qu’à l’automne dernier, ça ne prendrait pas trop de temps avant que j’en sois informé…

La température n’était pas mauvaise pour la course. Je me serais bien passé de la petite neige qui était tombée toute la journée d’hier, mais bon. Je me disais qu’elle m’inciterait peut-être à aller moins vite… en supposant que je sois capable de courir le moindrement.

Je suis parti et après 2-3 km, à part mon pied droit qui cognait au sol (problème que j’ai depuis ma blessure), je me sentais plutôt bien. La piste cyclable était encore enneigée et me faisait sacrer. Si je maudissais la neige, c’était plutôt bon signe, non ?  Arrivé tout près du parc à Candiac, la neige était vraiment chiante. J’ai fini par m’arrêter pour secouer mes souliers. Juste avant, j’avais vu une fille qui s’en venait en sens inverse. Comme je repartais, il y avait quelque chose dans mon champ de vision qui clochait, quelque chose que mon cerveau a pris quelques secondes à analyser.

La dame était dans une position disons… inhabituelle. Et ses pantalons de courses étaient « couleur peau », genre. Pervère pépère a fini par allumer: c’était une cuisse et une fesse qu’il était en train de regarder. Et ça avait l’air vraiment pas si mal, je dois avouer (ne vous en faites pas, j’ai tout raconté à ma tendre moitié en revenant). La pauvre coureuse était victime du nombre très limité de toilettes disponibles durant la saison hivernale et devait y aller de façon plutôt primitive. À la vitesse à laquelle elle a fait ça, ce n’était certainement pas une première. Quand je l’ai croisée, on s’est fait un petit sourire.

Cette rencontre un peu impromptue m’a mis de bonne humeur pour le reste de ma course. Rendu à Laprairie, j’ai emprunté une piste cyclable qui était enneigée, oui, mais bizarrement, pas glissante. Mes articulations étaient donc moins sollicitées. Pas de voitures, une piste praticable, un beau soleil, un vent calme. Le bonheur. Dieu que j’étais content d’avoir au moins essayé de courir.

Le retour a été parfois plus difficile, en partie à cause du fait que mes jambes refusaient obstinément d’écouter ce que je leur ordonnais de faire: ralentir. Et dans les deux derniers kilomètres, j’avais faim. Avez-vous déjà essayé de courir pendant que vous avez faim ?  Aussi bien essayer de remettre le dentrifice dans son tube.

Durant ma marche de retour au calme, une chose m’a frappé: j’étais bien. Je me suis rappelé Dean Karnazes à qui on demandait pourquoi il aimait tant courir. Sa réponse: « Parce qu’à chaque fois que je cours, je me sens mieux après avoir terminé qu’avant de commencer ». Jamais ça n’avait été aussi vrai pour moi. La fatigue d’avant-course était maintennt chose du passé. Je me sentais revigoré alors que théoriquement, 25 km, ça aurait été supposé me fatiguer.

Devinez ce que je vais faire la prochaine fois où je vais me sentir moche avant de courir ?

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