Bromont Ultra 2018 ou comment être de la fête quand on ne peut pas faire la course

J’adore cette montée. Relativement courte, mais abrupte, c’est ici que j’avais semé Ian durant le premier tour de l’édition 2016. Bah, « semer », le terme est peut-être un peu fort puisqu’il m’avait rejoint dans la section technique tout de suite après. Sauf qu’une fois rendu au ravito P7, il m’avait complimenté sur mes talents de grimpeur.

Présentement, ce sont d’autres talents dont j’ai besoin. Talents que je ne suis pas certain de posséder: ceux d’un motivateur.

Il y a un peu moins de 36 heures, je suis allé souhaiter bonne chance à Louis, Pierre et Joan avant leur départ pour Bromont. Pendant que nous échangions des plaisanteries (dès que des gars se retrouvent ensemble, ils finissent toujours par dire des niaiseries), je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer que les 4 premiers au classement de l’édition initiale de cet événement étaient réunis.

Pierre est maintenant le last man standing. Louis s’est arrêté à la mi-parcours, malgré les arguments apportés par le capitaine du ravito, moi en l’occurence. Il faut dire que j’étais au courant de son état de santé (les deux tendons d’Achille pétés, il passera sous le bistouri le jeudi suivant), alors ce n’est que pour la forme que j’ai tenté de lui faire changer d’idée. Quant à Joan, s’il semblait plutôt bien après 80 km, la fameuse Lieutenant Dan l’a achevé et il a hissé le drapeau blanc tout juste après.

Mais les 124 kilomètres parcourus sur ce parcours diabolique ont sournoisement fait leur oeuvre: mon ami est épuisé. Les yeux fermés, il reprend son souffle pendant que j’appuie ma main sur son dos alors que la pluie qui tombe depuis des heures coule sur son visage marqué par la fatigue. Pas pour l’empêcher de tomber, car je sais qu’il est très bien en mesure de se tenir debout tout seul. Je veux juste lui faire sentir que son « petit frère » est là. Que cette maudite côte, dont la pente est tellement raide qu’elle a failli le faire basculer vers l’arrière, on va la monter ensemble. Quand il sera prêt.

***

« Va peut-être falloir que tu fasses sortir du monde… »

Ce que je craignais était en train de se réaliser : le ravito était bondé. Tout se passait bien jusque là. Barbara était arrivée en début d’après-midi, je lui avais expliqué en quoi consistait notre rôle. Geneviève, ma super-partner de l’an passé, était arrivée peu après. Connaissant ma douce moitié, je savais que les deux allaient travailler à merveille ensemble et qu’elles seraient bigrement efficaces. Ça me donnerait plus de liberté pour aller chercher les choses qui allaient inévitablement manquer… ou pour mettre à jour mon placotage.

Il y a eu Seb avec qui j’ai parlé de son Spartathlon, Xavier et la triste controverse de Cruel Jewel, Stéphane et son expérience à l’UTMB. Sans compter les deux Martin, Yannick, qui est venu me saluer après avoir pris contact avec moi par courriel, et plusieurs autres dont j’oublie le nom qui me connaissent via ce blogue. Je ne suis pas jasant de nature, mais quand ça concerne la course…

Toujours est-il que les coureurs se sont mis à arriver. D’abord au compte-gouttes. Il faut dire que compléter le premier tour en moins de 9 heures, ce n’est pas donné à tout le monde !

Le premier symptôme d’un éventuel problème est apparu lorsque Jean-François, un des favoris (et futur vainqueur), est arrivé en troisième position. Souffrant du genou, il s’est immédiatement couché sur le sol, les pieds sur une chaise. Pendant que l’équipe médicale travaillait à le remettre sur pieds, j’ai remarqué la quantité de gens présents : il devait y avoir une dizaine de personnes autour de lui. Et elles prenaient beaucoup de place. Il n’y avait pas d’autre coureur présent, mais s’il avait fallu qu’il y en ait 5 ou 6…

J’étais préoccupé. Par la santé de Jean-François, bien sûr, mais surtout par une éventuelle congestion. Tout s’était bien déroulé l’an passé, mais là…

Le calme avant la tempête: le capitaine du ravito prend des nouvelles de son ami après 80 km (merci Martin Bherer pour la photo)

Pendant que j’avais encore le temps de vérifier si les coureurs prenaient le bon côté en partant pour leur deuxième tour… (photo: Martin Bherer)

Après, lentement mais sûrement, la fréquence d’arrivée des coureurs augmenta. Quand mes amis Pierre puis Joan se sont présentés, tout allait encore bien. Mais environ 30 à 45 minutes après eux, pour paraphraser Geneviève, nous avons perdu le contrôle. Les équipes de support étaient de plus en plus nombreuses, certaines occupant même 2 ou 3 chaises. Un coureur en particulier a littéralement été assis dans le milieu de la place durant 20 longues minutes, son équipe de 3-4 personnes étant présente durant tout ce temps. Et parmi cette « équipe », une seule personne travaillait. Les autres ?  Elles étaient là, point. Dans le milieu de la place.

On ne peut pas leur en vouloir, ce n’est pas tout le monde qui connaît le fonctionnement d’un ravito aussi important. Mais leur présence nuisait non seulement à nous bénévoles, mais également à l’équipe médicale qui avait comme mission de déceler les moindres signes de problème chez les coureurs qui entraient. Selon Guylaine, la très sympathique responsable du médical, il était peut-être temps de faire quelque chose…

Je sentais toutefois que ça passerait et je ne me suis pas trompé. Ouf !  Lentement, mais sûrement, les coureurs sont repartis et la place s’est pas mal libérée. Aussitôt, j’ai agrippé la chaise installée au mauvais endroit pour la mettre hors d’état de nuire. Ok, le reste de la soirée se déroulerait sans anicroche.

Erreur. 15-20 minutes plus tard, c’était à nouveau la cohue. Beaucoup de coureurs, entourés de leur famille, prenaient beaucoup trop de temps. À un certain moment, un coureur solo est arrivé et m’a demandé son drop bag. En tentant de me rendre à l’endroit où les sacs étaient déposés, j’ai été pris dans la congestion. Plus capable d’avancer d’un pouce. C’en était trop.

Question de me faire entendre par-dessus la musique, j’ai élevé ma voix de quelques décibels, pour demander, en utilisant exactement les mêmes mots que Pat en 2015, aux gens de sortir de manière à ce qu’il n’y ait pas plus d’une personne par coureur.

La plupart des gens me connaissent comme un gars souriant, (très) discret, qui parle peu et surtout, qui ne dit jamais un mot plus haut que l’autre. Sauf que lorsque la situation le commande, bien que j’aie ça en sainte horreur, je suis capable de lever le ton. Et disons que dans ces cas-là, je n’ai pas besoin de micro pour me faire entendre.

L’effet a été immédiat. Silence complet dans la tente, les gens se sont mis à sortir. Barbara m’a dit qu’elle avait compté au moins une douzaine de jeunes enfants dans le lot.

« Good job, Fred » m’a glissé Guylaine.

C’était ce qu’il fallait faire dans les circonstances, mais ça m’a fendu le cœur. Je hais chiâler après le monde. J’HAÏS ça. Profondément. Ça vient me chercher, vous n’avez pas idée. J’espérais juste que les enfants sur place avaient eu le temps de donner un câlin à leur maman/papa… Malheureusement, je n’avais pas le choix, c’était une question de sécurité. Si j’ai offensé quelqu’un, vous m’en voyez vraiment désolé.

Stéphane et trois dames se sont joints à moi pour le reste de la soirée, me permettant de libérer Geneviève qui avait encore fait un travail colossal cette année. Je me suis tout de même gardé le droit de retenir Barbara une heure de plus, question que quelqu’un « d’expérience » soit là pour guider les  « petites nouvelles »… et aussi d’avoir ma tendre épouse avec moi un peu plus longtemps !  😉

La règle du « une personne par coureur » n’a évidemment pas pu être appliquée à la lettre par la suite, mais lorsque je voyais des « équipes » nombreuses se pointer, je leur demandais gentiment d’amener le coureur juste à côté, dans la tente principale, où il y avait beaucoup d’espace. Avec le recul, c’est ce qu’on aurait dû faire dès le début.

L’arrivée de Stéphane a été une bénédiction. La raison ?  Ça me soulageait de la tâche ingrate d’avoir à suggérer fortement de repartir aux coureurs qui traînaient un peu trop au ravito. Pour l’occasion, il avait enfilé sa casquette de finisher du Vermont 100, alors même ceux qui ne le connaissaient pas savaient qu’ils avaient affaire à quelqu’un de crédible. Imaginez ceux qui le connaissent…

***

J’entends la voix de Pierre qui m’appelle au loin. Moi qui suis supposé l’aider à demeurer dans le droit chemin, à garder son allure, je suis rendu en contre-bas d’un sentier où je n’ai pas affaire, en train de gosser après ma maudite frontale qui ne veut pas se rallumer. Tabar… !  Et il fait noir en calv… !!!

Il y a quelques minutes, mon coureur a posé la question qui tue : « Vois-tu des flags ? »

C’est qu’il a la réputation de se perdre souvent, je lui ai d’ailleurs signifié 2 ou 3 virages qu’il avait manqués depuis que je me suis joint à lui. Dans la partie boisée de la section atrocement interminable reliant les ravitos P7 (km 126) au lac Gale (km 145), nous faisions face à un brouillard épais et tenace (il y a toujours du brouillard au Bromont Ultra). Je tenais ma lampe au niveau de mes hanches, question d’avoir une meilleure visibilité.

Ce n’était pas suffisant on dirait. Après un petit bout sans voir ni fanion, ni ruban rose, j’ai dit à Pierre de demeurer sur place pendant que je retournais sur nos pas pour vérifier. Au bout d’une centaine de mètre, il y avait bel et bien un fanion rose planté dans le sol. Nous étions sur le bon chemin.

Après un autre bout sans balisage, je suis parti en éclaireur (c’est le cas de le dire) devant alors que Pierre, convaincu de notre erreur, rebroussait chemin.

Il avait raison et je l’entends m’appeler pendant que c’te maudite patente à gosses ne veut toujours pas se rallumer. Non mais, dans le genre pacer nuisible…

J’allume la lampe de secours que j’ai installée à ma taille et rejoins finalement mon coureur à une intersection, là où nous avons vraisemblablement raté le virage. C’est pourtant clair, comment avons-nous pu rater ça ?

Question existentielle, cependant: où va-t-on ?  La nuit, ce n’est pas évident de s’orienter et nous n’avons aucune idée de quel côté nous sommes arrivés. Va falloir attendre que du monde passe.

Nous entendons des voix approcher. Dans le groupe, une femme. Mais bon Dieu, ils sont combien ?

« Vous êtes des coureurs du 160 ? »

Affirmatif. Ouf !  Ils sont cinq, soit trois coureurs et deux pacers. Parmi eux, Caroline, première femme (en fait, elle n’était pas vraiment première, mais c’est une longue histoire).

Nous reprenons le sentier, dans la bonne direction. Après son mini-passage à vide, Pierre s’était remis en marche. Et il a tellement repris du poil de la bête que j’ai peiné à le suivre dans la descente menant au ravito P7 (km 126). Eh oui, les 121 kilomètres qu’il a de plus que moi dans les jambes ne suffisaient pas pour contrebalancer mes carences en descente… C’est la vie !

Mais là, il a un petit down et décide de laisser passer ceux qui nous ont rejoints. Au final, c’est une excellente décision puisqu’en plus de nous montrer le chemin, nos nouveaux camarades sont de fort agréable compagnie. Et, au fil des kilomètres, nous apprenons que finalement, Pierre et moi sommes les paresseux du groupe. En effet, Stéphane P., qui sert de locomotive au groupe, revient du Tor des Géants où il a dû abandonner à cause d’un genou récalcitrant… après 220 kilomètres. C’était il y a trois semaines.

Quant à Caroline, elle s’est tapé la « Route de l’électron »: 2000 kilomètres entre Natasquan et Montréal, en passant par Manic-5. C’est elle qu’on voit dans les pubs d’Hydro-Québec ces temps-ci. Et que dire du pacer qui marche devant nous ?  Il a terminé le Tor…

Bon pour l’humilité vous dites ?

Devant, une voix que je crois reconnaître. Stéphane ?  Mais qu’est-ce que tu fous-là… en sens inverse ?

Il s’en va pacer François et comme il était dans « l’obligation morale » d’assister au départ de la course de sa douce, il a manqué son passage au lac Bromont et à P7. Il s’en va donc à sa rencontre, en remontant le parcours en sens inverse. On est un pacer dévoué ou on ne l’est pas !

Après une ou deux éternités, voilà enfin la route de terre. Hallelujah !  Bout de viarge, je ne suis qu’un pacer et j’en avais plein le derrière de ce sentier qui n’en finissait plus. Alors j’imagine ceux qui font la course…

Direction ravito-surprise de Chantal, véritable oasis dans ce désert un kilomètre plus loin. Je le sais, je le sens, Pierre a encore du jus. Il a trop d’expérience dans les 100 miles pour qu’il en soit autrement. Et le sachant rapide et habile dans les descentes, j’ai dans mon idée que…

Effectivement, nous distançons immédiatement nos compagnons. Avant d’arriver au ravito, je m’enquière de ses besoins et passe la commande: du café. Quelque chose à manger ?  Non, pas vraiment. Bon… Pendant qu’il prend sa dose de caféine, je m’empiffre. Littéralement.

C’est que voyez-vous, j’ai négligé un détail: quand on commence à courir à 2h du matin, le dernier repas est loin. J’aurais bien pu amener un wrap et des sandwiches du ravito principal et les engouffrer avant de me joindre à mon ami, mais ça ne m’est pas passé par la tête. Ce qui fait que mon ventre gargouillait déjà avant même de me mettre à courir. Au point où j’ai avalé une barre Fruit-3 pour tenter de calmer mon estomac. Ça a fait la job jusqu’à P7, mais tout juste. Ce que j’ai pris là m’a aidé à tenir, mais je dois renouveler mes stocks, comme on dit.

« Fred, je suis prêt à y aller… »

Wow, méchant pacer : 2-3 Pringles à moitié enfoncés dans la bouche, encore en train de piger dans les plats alors que son coureur l’attend pour partir. Bravo champion !

Dans la section de switchbacks en montée, Pierre jette des regards légèrement inquiets derrière. Bien que l’esprit compétitif soit beaucoup moins présent en ultra, on regarde toujours comment on évolue par rapport aux autres coureurs, question de s’évaluer soi-même, finalement.

Ils sont loin. « T’es sûr ? » Oui. On dirait bien qu’il ne se rend pas compte qu’il avance très bien depuis la précédente sortie du bois. Dans la descente, je laisse échapper quelques jurons : mon choix de souliers n’est pas des plus adéquats et je ne leur fais tout simplement pas confiance sur la roche glissante.

« Quoi, t’as tes Skechers ?  Tu ne voulais pas mettre tes Peregrine ? » Euh, comment dirais-je ?  Ben, la dernière fois que j’ai enfilé les Peregrine, disons qu’à mon retour au jeu, ça ne s’est pas vraiment bien passé, ça fait que j’ai un peu la chienne. Genre, comme…

Heureusement, mes jambes plus fraîches me permettent de compenser mes carences aux niveaux technique et matériel. C’est sans encombre que nous arrivons au chemin de Gaspé. « Si tu veux retourner à ton auto, c’est ici que ça se passe… »

Ouais, c’est une option que j’avais envisagée originalement. La raison ?  Un ischio récalcitrant qui avait eu la merveilleuse idée de commencer à jammer dimanche et de poursuivre sur sa lancée lors de ma dernière sortie mardi. Sauf que, ho timing, j’avais un rendez-vous avec Annie, ma masso (elle est foutrement bonne vous savez; sans elle, il n’y aurait pas eu de Massanutten, tout simplement) est parvenue à le faire relâcher. Et là, je ne sens à peu près plus rien, alors, mauvaise nouvelle : tu es pris avec moi, mon cher !

« Super ! »

(Au cas où ça vous serait venu à l’idée, je tiens à souligner qu’il n’y avait pas une once de sarcasme dans cette réponse)

***

« Je pense que cette montée-là est pire que la Lieutenant Dan ! »

La pluie a cessé, le jour va bientôt se lever. Nous piochons dans la montée qui suit de peu le chemin de Gaspé. Très abrupte, glissante, sans véritable point d’appui. Elle est vraiment chiante. Je tente d’encourager Pierre en lui disant qu’après, ça va être du gâteau, ou presque. Il ne va rester que le mont Gale. Ça achève.

Ce sont ces moments-là qui font les ultras. Quand la course s’éternise, quand les heures et les heures dans les sentiers commencent à peser, quand cette montée-là semble être la montée de trop… C’est cette capacité à aller puiser au plus profond soi pour avancer, encore et encore, qui fait la différence.

Comme les autres, cette montée ne résistera pas aux assauts de mon ami. Le reste de la section se déroule très bien et nous sommes accueillis par les cris et les applaudissements au lac Gale (km 145).

Pendant que Pierre s’éclipse aux toilettes, je m’affaire à remplir son réservoir et… à bouffer. Quand il revient, j’aime ce que je vois : un homme plus que prêt à s’attaquer à la dernière partie de son périple.  Nos compagnons de tantôt arrivent comme nous sommes sur le point de partir. « Vous êtes des machines, les boys ! ». Ben oui Stéphane, venant d’un gars qui s’est tapé le Tor, mettons que… Je me contente de répondre que c’est Pierre, la machine. Moi, bof…

Justement, la machine me lance : « On y va ? ».

You bet !

Principe universel au Bromont Ultra : se rendre au sommet du mont Gale, c’est toujours plus long qu’on pense. Pas grave, je le sais et le plus important, il le sait. Les sentiers sont beaux, les kilomètres passent plutôt rapidement.

Sauf qu’une racine (ou une roche) vient arrêter net sa progression. C’est la quatrième fois qu’il tombe et à chaque fois, j’ai de plus en plus peur que la fatigue lui ait enlevé le réflexe de se protéger.

Quelques jurons plus tard, je l’aide à se relever. Dommages mineurs: une éraflure à la main. Ça peut sembler bizarre, mais j’ai beaucoup appris de ces chutes. Non pas sur le « comment » de tomber, mais plutôt, sur l’acceptation de tomber. Moi, je suis tellement pissou que je suis trop prudent et au final, ça me ralentit. Aucune chute à Massanutten, ce n’est pas normal. Définitivement que c’est une leçon que je vais retenir.

Finalement, le sommet. Et la vue sur le lac… perdu dans la brume. Encore une fois. Je me demande si un jour, je verrai ce lac par un beau soleil…

« Tu vas voir, le nouvel ajout est vraiment bien ! »

Eh oui, il y a eu deux modifications significatives au parcours cette année et l’une d’elles consiste à faire un lien direct en tre les sections du lac Gale et du mont Oak, sans passer par le quartier général. Et pour ce faire, il faut passer ailleurs, sur un terrain privé en l’occurrence.

Et sur ce terrain privé, on trouve quoi ?  Un sommet (celui du mont Oak ?) où une plate-forme avec une table et des chaises ont été installées. Wow, ça doit être vraiment écoeurant… quand il fait beau. N’empêche, juste cette vue-là marque une amélioration considérable du parcours.

Après la descente, nous aboutissons sur un chemin de terre. Pas tellement plus loin, c’est l’entrée dans le réseau de sentiers du mont Oak, dernière étape de cette aventure.

À peine entrés dans les sentiers, nous tombons sur une dame qui est là, perplexe. « Vous faites quelle course ? » qu’elle demande. Le 160 solo. Ça a toujours un effet bœuf quand on répond ça… Et vous ?

« Le 12 dans un relais et là, ça fait deux fois que je passe ici. Je n’ai pas envie d’en faire 15 ou 18, ou… ». Pierre lui dit qu’elle n’a qu’à suivre les rubans et drapeaux roses et que le tour devrait être joué. Elle ne semble pas convaincue, alors elle se met à nous suivre.

En fait, elle essaie de nous suivre parce mon coureur, commençant à vraiment sentir que l’arrivée est proche, a définitivement enclenché la vitesse supérieure. Heureusement que le sentier n’est pas trop technique, sinon je me ferais larguer !  Lui qui parlait d’un temps au-dessus des 27 heures durant la nuit, s’aligne pour terminer sous 26h30.

Juste avant de sortir du bois, nous rejoignons un monsieur qui fait également le relais. En le dépassant, je lui demande si ça paraît que mon coureur a 158 kilomètres dans les jambes. « HEIN ?!? 158 kilomètres !!! ». Hi hi hi, un autre effet boeuf !

Arrive la clairière, nous marchons la montée. Je passe un bras autour de ses épaules, un large sourire fend mon visage. C’est fini. Tu l’as encore eu, mon ami. Maudit que je suis content !

« Merci Fred, merci pour tout ce que tu as fait… »

Euh… Tu veux dire m’empiffrer, lâcher des gaz sonores à toutes les 2 minutes et t’aider à te perdre ?  Ben, ça m’a fait plaisir !  Je peux recommencer n’importe quand, tu sais…

À l’approche de l’arche, je crois reconnaître une silhouette familière. Non, ça ne se peut pas…

Mais oui : c’est mon père !  Et qui est avec lui ?  Ma sœur !  Mon dream team qui est venu me voir jouer au pacer, elle est bonne celle-là !  On leur donne des high fives en passant.

Ca achève…    (photo: Jacques Giguère)

À environ 200 mètres de la ligne, on annonce l’arrivée de celui qui sera maintenant le seul à avoir complété toutes les éditions du Bromont Ultra. Je ralentis le pas, question de lui laisser la place devant.

Son épouse Line et sa fille Marion sont là, tout sourire. Une fois la ligne franchie, Gilles, Louis et plein d’autres se joignent à nous.

Et voilà, c’est fait !  Bravo mon ami !

Ça a été un honneur de t’accompagner.

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2 avis sur « Bromont Ultra 2018 ou comment être de la fête quand on ne peut pas faire la course »

  1. Pourquoi quand je lis ce magnifique récit je me perd dans un rêve… Mosuss que j’aimerais vivre ces moments où tu passes par toute la gamme des émotions. En passant, est-ce que l’organisation ne devrait-elle pas augmenter le nombre de fanions indicateurs ? Merci de nous replonger dans l’atmosphère du BU. J’étais malade cette année. Je vais me reprendre. Salut !

    • Bien sûr que tu vas te reprendre, on finit toujours par se reprendre. Mettons que je sais un peu de quoi il en retourne ! 🙂
      Pour le balisage, c’était totalement de notre faute, à Pierre et à moi. Au BU, ils mettent beaucoup, beaucoup de rubans et fanions, ce n’est pas le problème. C’est juste qu’il y a beaucoup de sentiers, alors si on n’est pas attentif, on peut emprunter le mauvais sentier sans s’en rendre compte et ça peut prendre du temps avant d’allumer !

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