Petit brin de chiâlage

Que serait la vie sans Fred qui chiâle de temps en temps ?  Il me semble que j’ai été pas mal tranquille cet hiver, surtout pour un gars qui a été blessé. Ce qui fait que pas le choix, il faut ce qu’il faut… 😉

Les USA, on y a ou pas ?

Suite à l’élection de l’inqualifiable Donald Trump à la tête du pays voisin, je suis certain que plusieurs, comme les chroniqueurs Patrick Lagacé et  Yves Boisvert de La Presse, se sont posé la même question: les USA, on y va ou pas ?  En tout cas, moi j’ai eu cette interrogation.

En effet, pourquoi aller encourager l’économie d’un pays qui a élu un tel énergumène ?  Cet homme a tous les défauts qui peuvent me répugner: il est un menteur compulsif, raciste, égocentrique à l’extrême, misogyne en plus d’être manipulateur et paranoïaque (inqualifiable, je disais ?). Quand quelqu’un passe son temps à dire que tout le monde autour a un problème, c’est peut-être lui le problème, non ?  J’ai déjà eu un patron comme ça…

Mais bon, tout comme ces deux messieurs, ma douce et moi affectionnons justement les endroits et surtout les gens « anti-Trump »: la Nouvelle-Angleterre, l’état de New York, Washington (le district de Columbia a donné plus de 90% d’appui à Hillary Clinton) et nous irons certainement en Californie un jour. Bizarrement, le Texas et l’Alabama, bof… Et le Nebraska ?  Comment peut-on oublier le Nebraska ? 😉

Déjà qu’un voyage outre-mer était dans les plans (c’était avant que Dame Nature décide d’envahir notre sous-sol, là c’est un peu moins sûr), irions-nous y ajouter une semaine de camping au sud de Lacolle ?  Si leurs douaniers n’étaient pas toujours des plus sympathiques avant, imaginez maintenant…

Dans le même ordre d’idées, devrait-on aller faire des compétitions aux États-Unis ?  Car une course, ça implique évidemment des dépenses: bouffe, essence, logement, bière (je blague, enfin presque…). Veut-on dépenser cet argent là-bas ou serait-il préférable de le faire ailleurs ?

Pour ma part, l’offre des courses de 100 miles étant somme toute assez limitée au Québec, j’ai décidé d’aller au Vermont quand même. Et sans ma blessure, je serais allé à Massanutten. Mais ça ne veut pas dire que je vais faire ça à chaque année !

Le Tiers-Monde sportif ?

Selon ses propres dires, Jean-Luc Brassard est sorti de ses gonds une première fois le 14 février dernier, puis une deuxième fois dans une lettre envoyée à la section Débats de La Presse lundi. La raison ?  Le manque de couverture en direct des compétitions des sports dits « olympiques ». Il a utilisé le terme « pathétique » pour qualifier la situation et il a foutrement raison.

Quand j’étais enfant/pré-ado, les télés dites sportives n’existaient pas. On devait se rabattre sur Radio-Canada pour voir autre chose que les sports « traditionnels ». Ce qui fait que j’ai vu skier les fameux Crazy Canucks dans les montagnes mythiques de Kitzbühel ou de Val d’Isère. J’avais aussi vu patiner Gaétan Boucher sur un anneau extérieur (oui les jeunes, un anneau extérieur en glace naturelle en plus) avant qu’il ne gagne des médailles olympiques. Sans compter que le Marathon de Montréal était présenté en direct à cette époque.

Aujourd’hui, il existe 2 chaînes « offrant » du sport 24 heures sur 24 au Québec (et chacune d’elles « offre » deux programmations). Et pourtant, dans les 5-6 dernières années où nous avions la télé câblée (ben, c’était par satellite, mais ça revenait au même), je ne les ai pour ainsi dire à peu près jamais regardées. Pour la simple et bonne raison que ça ne parle que de trois choses: de hockey, de hockey et de hockey.

On y analyse chaque détail, on s’interroge sur un tel ou un tel, qui devrait jouer avec qui, qu’est-ce que le coach a dit, ce qu’il n’a pas dit, est-ce important qu’il parle français, bla bla bla… Il y a l’avant-match, l’après-match. La partie en temps compressé. Et les autres sports, eux ?

Oui, il y en a d’autres. Je vais passer outre les compétitions canines et les dards, mais les autres ? La plupart présentent avec un léger retard les images de l’émission américaine afin de permettre aux commentateurs en studio de savoir ce qui  va se passer et pouvoir le dire aux téléspectateurs. Ça me faisait hurler de rire quand j’entendais l’analyste du golf dire que le coup avait été « tiré à gauche » alors que la balle n’avait même pas encore été frappée. C’est beau, j’ai compris, je vais l’écouter au réseau américain…

Pendant ce temps-là, des athlètes de très haut niveau se démènent comme des diables dans l’eau bénite juste pour survivre car personne ne les connait, ou à peine. Ils apparaissent sur nos écrans lors des Jeux olympiques, puis disparaissent ensuite pour 4 ans. Après ça, on est déçus « parce que le Canada n’a pas eu beaucoup de médailles ». Ben oui…

D’ailleurs, à ce sujet, j’aime bien ce que dit Brassard: les Olympiques d’hiver, ça peut être un peu n’importe quoi car ils se déroulent souvent dans un endroit où, ho surprise, il n’y a pas vraiment d’hiver. Des Jeux d’hiver à Sotchi, vraiment ?  À Vancouver ? À Pékin ?!?  Ce qui donne des conditions de neige aléatoires et donc, des résultats tout aussi aléatoires. D’où l’intérêt de suivre nos athlètes en dehors de ce cadre artificiel.

Vous savez ce qu’il y a de plus ironique dans tout ça ?  C’est que la première sortie de Brassard est survenue le jour même du congédiement de l’entraîneur du Canadien. De quoi les médias ont-ils parlé, vous vous en souvenez ?  Heureusement, sa deuxième sortie, survenue suite au titanesque exploit d’Alex Harvey en Finlande, a des chances d’avoir plus de portée.  C’est à suivre.

Un marathon en 2 heures ?

Au cours de l’histoire de l’athlétisme, plusieurs barrières mythiques se sont dressées devant les athlètes de haut niveau. Ces barrières semblaient infranchissables pendant de très longues années avant de tomber sous les assauts répétés de l’amélioration des techniques d’entrainement, des stratégies de compétition et aussi, il faut le dire, probablement de l’évolution humaine.

Il y a eu les 8 pieds au saut en hauteur, les 6 mètres au saut à la perche. Les 10 secondes au 100 mètres, les 4 minutes au mile. Aujourd’hui, il y a les 2 heures au marathon.

Le record de l’épreuve a suivi une progression que je qualifierais de « normale » depuis de nombreuses années, quelques secondes étant retranchées du temps de référence précédent à chaque fois. Ceci se produit habituellement dans le cadre du Marathon de Berlin, réputé très rapide à cause de son parcours plat, et les conditions ne se prêtent pas à ce genre d’exploit à chaque année.

Présentement, le record est de 2:02:57, détenu par le Kenyan Dennis Kimetto depuis 2014. Logiquement, si la tendance se maintient, la barrière des 2 heures devrait tenir au moins 10 autres années, 15 ou 20 si on veut être plus réaliste.

Or, certains en ont décidé autrement. Ainsi, Sub 2 Hours a lancé un vaste projet de recherche et se donne un échéancier de 5 ans pour produire (c’est le cas de le dire) un athlète capable de terminer un marathon avec un « 1 » comme premier chiffre dans son temps final.

Et surtout, il y a Nike, qui de leur côté, ne niaisent pas avec le puck avec le projet Breaking2: ils veulent le faire dès cette année. Ils ont sélectionné trois athlètes de leur écurie et ils vont tout faire pour qu’au moins l’un d’eux réussisse.

Quoi ?  Gagner 3 minutes sur le meilleur temps jamais réalisé dès cette année ?  Ça va pas ?

J’ai vu passer un article cette semaine à propos de la « répétition générale » sur la distance du demi-marathon qui a eu lieu récemment. Et là j’ai compris: on dirait bien que ce ne sera pas un « vrai » record. Oui je sors encore le mot « vrai », j’espère que ça ne créera pas trop de controverse cette fois-ci ! 😉

Je m’explique. L’IAAF, l’organisme qui supervise les compétitions d’athlétisme et ratifie les différents records établis à travers le monde, a des règles très strictes pour qu’une performance soit considérée pour un record.

Ainsi, le parcours doit être vérifié et accrédité, ce qui est le cas du parcours où a eu lieu la répétition générale. De plus, il y a des règles concernant la distance géographique et le dénivelé entre le départ et l’arrivée (c’est pour cette raison qu’un record ne peut pas être établi lors du Marathon de Boston). Encore là, pas de problème, vu que l’essai se faisait sur un circuit de 2.4 kilomètres.

Là où j’en ai, c’est contre la méthode de drafting qui sera utilisée. En partant, une Tesla (auto électrique, excellente idée pour les coureurs qui n’auront pas à respirer des gaz d’échappement) transportant un tableau indiquant une mine d’informations sur la progression de l’épreuve (des capteurs ont été installés à tous les 200 mètres !) roulera devant les coureurs. Or, à voir les photos, ceux-ci couraient plutôt près de cette voiture, l’utilisant comme protection contre le vent. Déjà là, on n’est pas vraiment dans la légalité…

Ajoutez à ça l’utilisation de pacers. Ha, ils ne sont pas interdits et la formation en « diamant » prévue pour la tentative est vraiment bien pensée. Mais selon les règlements de l’IAAF, les pacers doivent prendre le départ de l’épreuve en même temps que tout le monde et abriter les coureurs « protégés » tant qu’ils le peuvent. Ainsi, on veut éviter qu’un athlète qui vise un record bénéficie de pacers frais qui entreraient dans la course à divers endroits et ce, pour de courtes périodes. Or, c’est précisément ce que l’organisation a prévu faire.

À mon avis, si le projet réussit (si on se fie à Eliud Kipchoge qui a complété son demi « d’entraînement » en 59:17 en courant à 60% de ses capacités, disons que les chances sont bonnes), un gros « Oui, mais… » s’installera dans l’esprit des observateurs. Car c’est bien beau faire la distance sous les deux heures, si on crée artificiellement et surtout « illégalement » les conditions pour le faire…

Un petit moteur dans les souliers avec ça ?

 

Le jeunot qui fait la leçon aux vétérans

Avec deux jours de retard, mes impressions sur le marathon des hommes aux Jeux de Londres (j’ai manqué celui des femmes, étant parti en camping ce jour-là)

Ce matin-là, j’ai ouvert l’oeil à 5h40. « Ha, il me reste 20 minutes, cool ! » que je me suis dit. Quand je l’ai rouvert pour la deuxième fois, il était 6h30. Merde, ça faisait déjà une demi-heure que le marathon olympique était parti, ils devaient bien avoir 10 kilomètres dans les jambes à cette heure. Comme nous dormions sur le divan-lit du salon de mes beaux-parents, je me suis précipité sur la télécommande pour ouvrir la télé sur le champ. L’image est apparue comme le peloton de tête venait de franchir les 10 kilomètres. J’arrivais juste au bon moment.

Pendant que Barbara, toujours fatiguée de sa mésaventure et de sa nuit à l’hôpital, dormait à poings fermés, j’ai regardé évoluer en direct un grand classique.

Premier acte, le Kenyan Wilson Kipsang Kiprotich, détenteur de la deuxième performance de tous les temps, s’est détaché du peloton. Il est demeuré très longtemps seul en tête, avec une bonne avance sur un premier groupe de poursuivants. Ce groupe s’est effiloché au fil des kilomètres et je pensais bien que Kiprotich s’en allait vers une belle victoire en solo.

Deuxième acte: les derniers rescapés du groupe de poursuite, le deuxième Keyan, mon favori pour la victoire, Abel Kirui, accompagné d’un presque inconnu, l’Ougandais Stephen Kiprotich (incroyable qu’il ait le même nom de famille que l’autre sans être de la même nationalité) ont rattrapé le fuyard. Les trois sont demeurés ensemble de longs moments. L’Ougandais, âgé de seulement 23 ans, semblait peiner à suivre les deux vétérans de 30 ans. Ceux-ci échangaient parfois quelques mots: ils parlaient probablement stratégie.

À un moment donné, je vous jure que ça m’est passé par l’idée: pendant qu’ils jasaient devant, ces deux-là, l’autre restait bien sagement à l’abri derrière. À 20 km/h, disons que côté résistance de l’air, ça fait une différence, non ?  Mais l’Ougandais semblait vraiment une coche sous les deux autres, il allait craquer, c’était seulement une question de temps. D’ailleurs, on le voyait parfois à la traine, quelques mètres derrière, mais il parvenait toujours à recoller…

Troisième acte: autour du kilomètre 37, l’Ougandais est passé à l’attaque. Une accélération que les deux autres n’ont pas vue venir, c’était assez évident. Kiprotich (le Kenyan), déjà fatigué de son effort solo, a décroché assez rapidement.  Kirui a essayé tant bien que mal de boucher le trou, mais le mal était fait. Le petit jeune venait de faire la leçon aux deux autres. Il s’est économisé toute la course en demeurant sagement derrrière, laissant les autres dépenser leur énergie, puis paf, ils les a assomés avec une accélération. Impressionnant. Parions toutefois qu’il sera marqué lors de ses prochaines courses et qu’il ne pourra plus jamais faire le coup.

Côté canadien, résultats très satisfaisants: Dylan Wykes a terminé 20e, Eric Gillis, 22e et Reid Coolsaet, 27e.

J’avais prédit un temps autour de 2h05 pour le vainqueur. Erreur d’évaluation. Le parcours avait beau être relativement plat, on est tout de même au mois d’août, pas en avril comme lors du marathon de Londres… Donc, des temps plus lents: 2h08 pour le gagnant, autour de 2h15 – 2h16 pour nos Canadiens. C’était logique.

Côté couverture télé, des images magnifiques de la télévision officielle. Par contre, le consortium V-RDS ne nous a vraiment pas gâtés dans ce qu’il pouvait contrôler. Premièrement, la conférence de presse de Marcel Aubut et compagnie pour nous annoncer la porte-drapeau du Canada pour la cérémonie de clôture: inutile, ennuyeuse et vraiment trop longue. Franchement, dans le genre de nouvelle qui pouvait attendre… Heureusement qu’il y avait des stations anglophones qui avaient autre chose à montrer. Une course, genre…

Ajoutez à ça qu’après être revenus à la course, ils ont réussi à aller en pause publicitaire au moment où l’attaque a eu lieu. Hello, ils étaient trois, à 5 km de l’arrivée, c’était certain que ça allait se produire à un moment donné, non ?

Autre chose qui m’a dérangé et j’avoue que ça me fait un peu de peine d’en parler. Pierre Houde et Richard Garneau sont de grands professionnels. J’ai toujours eu beaucoup d’admiration pour monsieur Garneau, un homme discret, rigoureux. Mais malheureusement, on dirait qu’il commence à avoir de la difficulté à suivre le rythme. Je n’ai pas pu suivre les compétitions d’athlétisme, alors je ne peux pas parler du reste de son travail, mais pour le marathon, hou la la…  Ha, il était rapide pour aller vérifer les performances antérieures des coureurs et nous les transmettre, mais quand venait le temps d’analyser ce qui se passait… Monsieur Houde et lui ont passé la deuxième moitié de la course à nous dire « qu’on se dirigeait vers un 2h06 », alors qu’un simple calcul mental nous donnait l’évidence que ça n’arriverait pas. Quel calcul mental ?  Facile: 3 minutes au kilomètre, ça donne 2h06 sur 42 km (donc 2:06:36 pour 42.2). Peu après la mi-parcours, les temps de passage étaient déjà plus lents que ce rythme et la cadence n’allait certainement pas s’accélérer vers la fin, surtout à voir les coureurs s’asperger d’eau comme ils le faisaient. Ça me surprend que messieurs Houde et Garneau aient manqué ça (surtout monsieur Houde qui a parlé d’une « simple règle de 3 », son frère n’aurait pas fait cette erreur). Je vais mettre ça sur le compte de la fatigue de la longue semaine que ces gens ont eue à couvrir les différentes épreuves. Ou des ordinateurs qui donnent de nmauvaises informations ?

Un petit mot en terminant sur la cérémonie de remise des médailles, qui s’est tenue durant la cérémonie de clôture. Je l’ai trouvée de très bon goût. Avez-vous vu le sourire timide et satisfait du gagnant ?  La fatigue dans les yeux des trois hommes ?  J’en suis encore ému.  Maudit qu’on est loin des sparages de Bolt et ses acolytes (désolé, fallait que j’en reparle…) !