L’homme qui a vu l’ours

Lundi, dernière journée complète au lac George. Et dernière course aussi (pour ceux qui se poseraient des questions, je m’arrange pour faire autre chose de mes journées, aussi; voyez-vous, j’ai une faculté que bien des gens n’ont pas: je suis capable de me lever tôt le matin !), un 25 km que je prévoyais faire du côté ouest du lac, pour voir ce qu’il y a dans ce coin-là.

Une fois le village traversé, je me suis donc dirigé sur la 9N (du côté est, c’est la 9L, ne me demandez surtout pas d’où les numéros de route viennent !). Plein de motels, quelques vues sur le lac et surtout… beaucoup de circulation, trop à mon goût. Donc à l’intersection de « Old Stonehouse Shool Road », j’ai pris le chemin en question. Ça commençait par une montée, mais bon, j’étais là pour m’entrainer, non ?  Mais bout de viarge, quand je terminais une montée, c’était pour en faire une autre !  Elles se succédaient sans le moindre répit, je commençais vraiment en avoir ras le pompon quand… j’ai vu un ours sur la route prendre la poudre d’escampette et se garrocher dans le bois. De quessé ?!?

Je me suis arrêté, petit sourire aux lèvres, comme si je venais de voir un chevreuil. Émerveillement devant la nature. Ben oui, chose…  La nature, mon chum, si elle décide que tu es dans son chemin, va te transformer en pâté de foie gras. Un ours, ça court plus vite qu’un être humain, un pojnt c’est tout. J’ai donc effacé le sourire épais qui me fendait le visage ainsi que les pensées toutes aussi niaseuses que j’ai eu de continuer et suis revenu sur mes pas. J’ai mesuré: ça faisait 2.7 km que je montais, mon cerveau commençait peut-être à manquer d’oxygène…  😉

Le reste de la course a été assez difficle. Le 15 km de la veille combiné aux multiples montées/descentes depuis mon arrivée avaient commencé à faire leur effet, je crois. Aujourd’hui, j’ai enfilé mes fidèles Salomon pour une tournée en sentiers sur les bords du fleuve: haaaahhhh !!!  Mais maudit que c’est humide ici !  Dites-moi, est-ce que ça a été comme ça toute la dernière semaine ?  Comment on fait pour endurer ça, donc ?

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Longue sortie au lac George

Depuis le temps que j’en parle, mes fidèles lecteurs sont déjà au courant: depuis que j’ai découvert les sentiers, il m’est maintenant difficile de faire des longues sortie sur route. Disons que je trouve ça moins… intéressant.  Il est même fort probable qu’une fois le Vermont 50 passé, je vais continuer à faire mes longues sorties en prévision de Philadelphie en sentiers, question de ne pas déprimer. Parce que juste à penser devoir encore une fois me taper la voie maritime ou des tours et des tours du parc Jean-Drapeau, je ne sais pas, on dirait que…

Par contre, à part le vélo qui est légèrement plus efficace, est-ce qu’il existe une meilleure façon d’explorer un nouvel endroit que de le faire à la course ?  Hier matin donc, cap vers le lac George, à 3 km du camping, puis après, pure découverte.  Une route totalement inconnue pour moi longe le lac du côté est. Une route me rappelant étrangement celle qui fait le tour du lac Brome avec ses enchaînements montées/descentes à répétition et quelques beaux points de vue.

Après 12.5 km, j’ai pris un petit chemin menant à une jolie petit bourgade: Cleverdale. À un moment donné, je pouvais apercevoir le lac des deux côtés de la route, je me sentais dans un autre monde.

Gros désavantage de courir dans un coin inconnu: difficile de faire une boucle. Vaut mieux faire un aller-retour, question de ne pas trop s’égarer et surtout, éviter de transformer une course de 33 km en 45-50 (surtout quand on a du Gatorade seulement pour 33…).

Je venais donc d’amorcer mon retour, sur le beau petit chemin tranquille, quand un beau tata s’est fait un devoir de me démontrer que nos voisins du sud ne sont pas tous courtois avec les animaux à deux pattes. Le bonhomme, au volant de sa Volvo, sortait de son driveway. Il s’est arrêté pour laisser passer une auto et est parti purement et simplement dans ma face tout de suite après !  J’ai bien évidemment laissé sortir un chapelet de jurons bien québécois et lui ai ajouté toutes sortes d’insultes dans la langue de… heu… Elvis Graton ?  Je sais très bien que ça ne donne rien, mais ça fait tellement du bien…  Non mais, le gars vit à la campagne, à une dizaine de kilomètres du village de Lake George, était-il si pressé, bout de v… ?

Pour le reste, rien à signaler. Les côtes ont bien passé, même si je les ai faites en courant (les côtes sur route par rapport aux côtes en sentiers, ce sont simplement deux choses différentes). Il y a juste les trois derniers kilomètres, faits totalement en montant, dont mes vieilles jambes se seraient peut-être passé…

Les pick-ups américains

En vacances au lac George, je suis parti hier vers le sud, sur la superbe piste cyclable asphaltée qui passe tout près du camping. 3 kilomètres au nord, elle mène au village touristique, mais vers le sud ?  J’allais le découvrir.

Je me suis rapidement retrouvé dans une forêt, abrité par de grands arbres matures. Une pancarte tout près du camping met les utilisateurs en garde: « Rough ride next 1.5 mile ». Ha oui ?  Tout ce que j’ai vu de « rough », c’est peut-être une vingtaine d’endroits où des racines d’ arbres viennent fissurer légèrement la piste. Hou la la, j’en suis tout traumatisé, moi là…

En fait, j’ai eu un seul traumatisme: la piste croisait une route (pas une petite rue de quartier, une route secondaire, genre) et comme j’entendais une auto qui s’en venait au moment où j’allais traverser, je me suis arrêté (ça me donnait une excuse pour reprendre mon souffle après une bonne montée ;-)). Et qu’est-ce que le conducteur du pick-up qui s’en venait a fait en me voyant ?  Il a appliqué les freins pour me laisser passer !  J’avoue être encore sous le choc…  Des routes dans un état impeccable, des conducteurs respectueux des sportifs, il ne leur manque qu’un système de santé qui a de l’allure et chérie, on déménage !  😉

Côté course, les longues montées/descentes du coin m’ont fait changement du plat montérégien et des trails. J’ai bien aimé. Je me suis un ti peu arraché le cœur dans certaines montées, mais bon… Je voulais faire mieux que 4:15 de moyenne, fallait bien que je pousse un peu… 🙂