« J’aurais dû mettre mes Skechers »

Au début, j’avoue que j’étais mal à l’aise. Tout d’abord, je me demandais comment Skechers pouvait bien s’intéresser à moi. Je suis (étais ?) un coureur relativement rapide, oui, mais pas plus que bien d’autres. En effet, combien de Québécois vont à Boston à chaque année ? Certainement plus d’une centaine. J’avais bien terminé deuxième de mon premier 100 miles, mais bon, tout était tombé en place pour moi ce jour-là: des coureurs plus rapides avaient abandonné, mes amis Pierre et Louis avaient légèrement abusé du vin la veille et oui, comble de chance, j’étais dans une foutue bonne journée.

Mais à part ça ?  Bof… La 9e place à Washington l’an passé ?  Le contingent de coureurs y était bigrement faible. Les 23e et 26e places à Massanutten et au Vermont étaient pas mal plus dans mon « rang ». Est-ce qu’on commandite un gars qui finit ainsi dans l’anonymat ?  Il me semble que non.

Mais ce qui me chicotait le plus, c’était ce blogue. Ha, c’est juste un simple blogue, j’en conviens. Mais si j’acceptais de devenir ambassadeur, allais-je perdre ma crédibilité ?  C’est vrai, moi qui ne parle à peu près jamais d’équipement, si je me mettais à le faire à répétition, c’est assez évident que mes lecteurs finiraient par dire: « On sait ben, il est commandité… »

Si l’équipement qui m’était fourni ne valait pas de la schnoutte, je ferais quoi ?  J’en parlerais en bien quand même ?  Et les selfies ?  Et les posts sur Facebook bourrés de hashtags incompréhensibles ?  Pas vraiment le genre de la maison…

Bref, je vivais avec ce dilemme quand, par un beau jeudi matin froid (je sais, il se passe bien des choses les jeudis matins !) il y a quelques semaines, j’avais à peine tourné deux coins de rue que je me suis dit: « J’aurais dû mettre mes Skechers ».

C’est que voyez-vous, je portais une veille paire de souliers de route car j’étais certain que les rues et pistes cyclables seraient sur le bitume ce matin-là. Conditions idéales pour achever les vieilles godasses. Sauf que j’avais mal évalué mes affaires et il y avait de la neige à plusieurs endroits. Et depuis le début de l’hiver, j’avais remarqué que les GORun Ultra R étaient pas mal efficaces dans la neige.

Évidemment, il n’y a pas de miracle. Sur la glace vive, dans la « cassonade » ou la neige très molle, il n’y a rien à faire, peu importe ce qu’on a dans les pieds. Mais quand il fait plus froid, on réussit parfois à avoir une bonne traction. Et ces souliers-là, ils offrent une très bonne traction dans de telles conditions.

Il m’arrive souvent de me faire demander ce que je porte pour courir l’hiver. Je ne savais jamais trop quoi répondre parce que ça dépend tellement des conditions.

Mais là maintenant que je les ai découverts, je ne m’en priverais plus en hiver. Et si un jour, pour une raison quelconque, je ne faisais plus partie de l’équipe, hé bien je m’en paierais une paire.

Oui, je les aime à ce point-là.

Le colis

« Tu as reçu un colis.»

C’était ma douce au téléphone, alors que je l’appelais juste avant de partir du bureau. Chic, j’allais pouvoir essayer mon cadeau d’avant-Noël dès le lendemain !

« C’est une maudite grosse boîte !  Je ne peux pas croire qu’il y a seulement une paire de souliers là-dedans… »

Double-chic, Arnaud, le représentant Skechers, m’avait fait parvenir plusieurs paires !  J’allais en avoir pour des mois à m’amuser.

Sur le chemin du retour, je me faisais des scénarios : allais-je les tester le lendemain ?  Sur la route ou au mont Royal ?  Qu’est-ce qui serait le mieux ?  Arrivé à la maison, c’est sur une boîte foutrement grosse sur laquelle je suis tombé. Elle devait bien contenir au moins 4 paires de souliers…

Je me suis emparé d’une paire de ciseaux pour couper le ruban adhésif qui tenait la boîte fermée et quand je l’ai ouverte, je suis tombé sur ceci :

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           « Cadeau » de Noël avant le temps

Ha ben bout de viarge : des gougounes !  Et des gougounes de femme avec des talons en plus !  J’avais attendu 3 semaines pour sept foutues boîtes de gougounes. Calv…

Aussitôt, j’ai contacté Arnaud et il m’a assuré en riant qu’il s’occuperait de corriger le tout. Dès le lendemain, je recevais un autre envoi qui contenait ceci:

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                     Le vrai cadeau de Noël 🙂

Haaaaaaaa…

Et, belle surprise, j’avais deux modèles : le GORun 4 (c’est le bleu-pastel aux couleurs années 80) que j’avais essayé en magasin et le GORun Ultra R (c’est l’autre, l’orangé-qui-fait-qu’on-me-voit-arriver-à-2-kilomètres), que je ne connaissais pas.

Pour l’instant, c’est surtout l’Utra R que j’ai essayé. Plus lourd, il est confortable et fait pour la grosse ouvrage, comme on dit chez nous. Sur la route, mais aussi en sentiers « soft » car je n’ai eu aucun problème lors mon essai au mont Royal jeudi. Je ne leur donnerais pas le bon Dieu sans confession dans les roches humides, mais ailleurs… Quant à l’autre, il est tellement léger que je me sentais tout bizarre avec ça dans les pieds. Mettons que je ne suis pas habitué au minimalisme ou à tout ce qui peut lui ressembler. Je vais l’insérer progressivement dans mes sorties, question de ne pas faire comme d’habitude et tout brusquer.

Histoire à suivre… mais ne vous attendez surtout pas à une analyse détaillée contenant tous les termes techniques, incompréhensibles et inintéressants qu’on retrouve souvent dans les critiques de souliers. Ce n’est pas le style de la maison. Je préfère être inintéressant à ma façon !  😉