Boston baby !

Ben voilà, c’est fait: trois en trois pour cette année !  Oui, trois records personnels en trois courses : sur 10 km, le demi-marathon et finalement, le marathon hier.

Le pire, c’est que je ne me sentais pas bien au départ. La veille, 15 minutes après être parti pour prendre ma petite marche “libérons les fourmis”, mes intestins se sont mis jouer les trouble-fête. Retour précipité à mon “hôtel”, sensations moches le reste de la journée. Pour ceux qui ne le savent pas, mes intestins sont mon talon d’Achille: il m’est arrivé souvent d’avoir à revenir rapidement (parfois, très rapidement) à la maison suite à des attaques durant une sortie. Mais ça faisait des mois que ce n’était pas arrivé et il fallait que ça arrive là, la veille d’un marathon…

Donc, au départ, malgré la température presque idéale tant souhaitée, ma confiance était à son plus bas. Et les annonceurs, John Stanton en tête, qui ne cessaient de répéter que les conditions étaient parfaites, que le parcours était plat et rapide, que c’était l’occasion rêvée pour viser un “PB”… Pendant ce temps-là, mon moral se promenait entre mon talon gauche et mon talon droit. J’ai même envisagé de ne pas essayer de suivre le lapin de 3h15, ce qui était mon plan depuis des lunes.

Puis le départ a été donné. Je suivais bien, malgré des sueurs tout à fait incompréhensibles par une telle température. Au bout de 2-3 kilomètres, les sensations ont commencé à revenir. Je me tenais aux avant-postes du peloton de 3h15. J’étais définitivement “en dedans”, ce qui me rassurait. Autour du cinquième kilomètre, j’ai commencé à me tenir devant le lapin, question de “courir les tangentes”, ce qui est impossible à faire dans un gros peloton. J’avais beau essayer de me retenir, je ne cessais de distancer le lapin, petit à petit.

Je me disais que j’arrêterais faire une pause-pipi à un moment donné, question de soulager la pression et de laisser le groupe me rattraper. Je ne me suis jamais arrêté, le lapin de 3h15 n’est jamais revenu sur moi.

C’est en traversant le pont vers Hull que je me suis mis à y croire: je ne vais pas seulement faire 3h15, je vais faire mieux, beaucoup mieux !  « Ne vends pas la peau de l’ours, ne vends pas la peau de l’ours » que je ne cessais de répéter. Mais je rattrapais des gens, faisais un bout avec eux, puis leur montrait mon postérieur. Ma cadence moyenne (sur mon GPS), malgré le fait que j’essayais de ralentir, est progressivement passée de 4:34, à 4:33, 4:32, 4:31. Puis 4:30. Je tenais du 4:30 sur un marathon ! J’avais peine à y croire. Ha, les jambes faisaient mal, ça…  Mais rien d’exceptionnel. Elles tenaient le coup. Comparé à Mississauga l’an passé, c’était de la petite bière. Aucun down, juste de la fatigue accumulée, progressivement.

Au kilomètre 32, je le savais: le 3h15 était dans la poche. Les 10 derniers kilomètres ont été loin d’être faciles, mais quand je voyais les autres coureurs assaillis par les crampes, au lieu de me ralentir, ça me donnait un boost. J’étais dans ma “zone”, comme ils disent.

Autour du kilomètre 39, j’ai même fait ce que je ne fais jamais: demander à la foule de faire plus de bruit. J’ai hurlé : « Come on guys, we neeeeed you !!! ». Elle a obtempéré et le niveau de bruit est monté de quelques décibels. Un moment magique. En passant le 40e kilomètre, un monsieur nous a dit que nous étions sur un “pace” de 3h13. Ho non, j’avais bien l’intention de descendre en bas de ça !  Et le dernier kilomètre ?  Encore une fois: c’était la course en plus petit. Pas facile, mais vraiment pas si pire. Je l’avais, là, devant moi. C’était mission accomplie, rien ne pourrait m’arrêter avant l’arrivée. Rien. Au final: 3:11:44. PB, BQ. Boston, le mythique marathon de Boston. Le rêve de tout coureur « normal ». Here I come !!!  Et en prime, un « negative split », soit une deuxième moitié plus rapide que la première !  Des problèmes intestinaux ?  Qui ça ?

Première chose à faire après l’arrivée: appeler Barbara pour lui annoncer la grande nouvelle. La veille, elle m’avait dit avoir rêvé à un temps, mais n’avait pas voulu me dire le temps en question. Ce temps, c’était 3h11. Shit, ma tendre épouse en est rendue à faire des rêves prémonitoires ! On a beau être cartésien,  scientifique, mais des fois…

Puis, j’ai rejoint Yanick, qui attendait (im)patiemment l’arrivée de Maryse, qui faisait le demi. Ne sachant pas dans quelle vague elle était partie (celle de 9h ou celle de 9h15), nous ignorions où elle en était rendue. Mais une chose était certaine: nous étions inquiets tous les deux.

Voyez-vous, Maryse n’a pas pu s’entrainer autant qu’elle l’aurait voulu (comme si le fait d’avoir 4 enfants et de travailler à temps plein, en plus de devoir vivre avec Yanick, était si accaparent… ;-)) et une blessure à l’aine s’amusait à lui causer des problèmes. Disons qu’elle était moins bien préparée que pour le lac Brome l’an passé.

Après une attente qui nous a semblé interminable, elle est apparue au point de rendez-vous (essayer de la trouver dans la foule des coureurs: mission impossible), toute souriante. 2:17:53 pour elle,  la super-maman bionique !  Bon, on ne le savait pas vraiment à ce moment-là parce qu’elle avait oublié d’arrêter son chrono (?), mais elle nous a dit « 2 h17 quelque chose ». Ce que ça faisait du bien de la voir ainsi !  La course, c’est aussi, surtout ça: les émotions. Émotions qui se partagent dans les regards, les sourires, les accolades. Après ça, essayez me refaire jouer au golf (bon, j’exagère: j’aime encore le golf, mais on ne peut pas dire que j’abuse)…

Nous avons terminé la journée au spa le Nordik à Chelsea, avant de prendre le chemin du retour. Une belle fin à une journée pour ainsi dire parfaite.

On se reconnecte plus tard. J’ai bien des commentaires à ajouter sur cette course-là…

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Un avis sur « Boston baby ! »

  1. Ping : Retour sur une année de rêve | Le dernier kilomètre

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