Le jour où j’ai vraiment haï l’hiver

Variation sur un même thème…

La lune de miel (façon de parler) entre l’hiver et moi s’est terminée assez rapidement. Ça a été plus un « one-day stand », en fait. Dès le lendemain de ma belle course en campagne, quand nous sommes revenus dans la région métropolitaine, la belle neige blanche avait fait place à la sloche brune et à la saleté. L’hiver dans ce qu’il y a de plus laid.

Côté course, ça s’est plutôt bien passé lundi. Mais je regardais la météo avec appréhension et si je voulais courir à nouveau avant le week-end, une seule fenêtre se présentait à moi: mercredi matin. J’ai donc décidé de me rendre au métro de Longueuil à la course, soit à 22 km de chez moi selon Google. Ok, un peu long pour une sortie de semaine, mais parfois, il faut ce qu’il faut.

Avec la chute de neige annoncée, le vent avait pris sa direction de circonstance: nord-est. Directement dans ma figure. Ça commençait mal. Les trois premiers kilomètres se sont pourtant déroulés rondement, sur la piste cyclable du bord du fleuve. Puis ça s’est gâté. Les températures douces du jour faisant fondre la neige, de belles mares d’eau s’étaient formées la veille dans la piste. Mares qui s’étaient transformées en patinoires durant la nuit.

Je ne sais pas combien de fois j’ai dû arrêter pour éviter de tomber. 15, 20 fois ?  Pas la meilleure façon de prendre un rythme. Et le vent frisquet rendait ma respiration difficile, au point où je me suis même demandé si je ne commençais pas à faire de l’asthme, comme mon paternel (c’est le lendemain que j’ai su ce que j’avais: un merveilleux début de rhume).

Au moins, la piste cyclable qui traverse Brossard était bien sèche, mais ma réjouissance fut de courte durée. Près du pont Champlain, la piste n’était plus dégagée du tout. Pas moyen de courir dans cette neige toute cabossée, j’ai dû me résoudre à marcher, en maudissant cet hiver qui ne finit plus de finir. J’ai probablement franchi 1 km en invoquant à plusieurs reprises tous les saints du ciel. Dire que j’étais furieux serait un euphémisme.

Quand j’ai retrouvé la tant désirée asphalte à St-Lambert, j’étais certain que je serais en affaires jusqu’au métro. Ce que je peux être naïf parfois… Pas une seule piste cyclable de la riche St-Lambert n’était le moindrement dégagée. J’ai essayé de bifurquer par les petites rues pour me retrouver… sur une surface complètement glacée. Autres arrêts, autres jurons. Ha, hiver de mes deux !!!

Sur Riverside, j’ai dû courir face à la circulation, en tâchant d’éviter les giga-trous d’eau et les autobus qui semblent carrément incapables de contourner le moindre obstacle humain. Voulez-vous bien me dire pourquoi les foutus autobus doivent ABSOLUMENT rouler si près du bord du chemin ?  Ça m’a d’ailleurs déjà valu des échanges assez musclés (et totalement idiots/inutiles) avec des chauffeurs…  En plus, avec l’heure qui avançait, la circulation se densifiait, rendant l’exercice encore plus périlleux. Et la fréquence des jurons, plus élevée.

Finalement, j’ai fini par passer par des rues secondaires sur le sec et me rendre au métro sans trop de dommage. Je ne sais pas encore comment j’ai réussi à demeurer debout tout le long et à demeurer les pieds au sec. Les longs bouts que j’ai faits en marchant n’ayant pu être comptabilisés, c’est 20 km que j’ai courus ce matin-là. Peut-être la sortie la plus désagréable de toute ma vie.

Mais une fois rendu au bureau (après avoir pris une douche, bien évidemment), j’ai retrouvé la sensation qui me manque tellement les matins d’hiver: ce sentiment de bien-être, de détente, d’avoir l’esprit totalement clair qu’on ressent quand on a couru ou pédalé avant de rentrer au travail.

Je me suis donc promis de recommencer… pour ensuite me questionner sur mon équilibre mental. Suis-je vraiment maso à ce point-là ?

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