Des petites nouvelles…

Au cours des dernières semaines, je n’ai, encore une fois, pas eu beaucoup de temps pour pondre un billet sur mon sport préféré. Comme j’en ai déjà glissé un mot, je passe le plus clair de mon temps sur semaine dans l’Abitibi profonde et quand je reviens chez moi les fins de semaine, j’ai plus le goût de passer du temps avec ma douce et notre petite canaille que m’installer à mon ordinateur. Vous me comprendrez certainement.

Ceci dit, ce ne sont pas les sujets qui ont manqué. Parmi eux, il y a eu le mini-débat qui s’est déroulé sur Face de Bouc suite à la parution de cet article signé Daniel Lequin et paru sur RDS.ca. En gros, monsieur Lequin nous raconte qu’il est contre la pratique de cette discipline car elle provoque un stress immense sur l’organisme et en conséquence, les ultramarathoniens en seront inévitablement réduits à jouer au poker s’ils poursuivent la pratique d’une telle activité. Et pour appuyer ses dires, il cite Pierre Lavoie qui a récemment déclaré : « Je ne ferai jamais d’ultra marathon parce que j’ai l’intention de courir toute ma vie».  Ha si Pierre Lavoie le dit, c’est que ça doit être vrai, non ?

Avec tout le respect que j’ai pour l’homme et l’athlète, je dois dire que malheureusement, il est dans le champ. L’argumentation qu’on retrouve dans cet article est d’une faiblesse déconcertante et laisse entrevoir hors de tout doute que ces messieurs ne connaissent absolument rien en quoi consiste un ultramarathon. C’est Joan qui a le mieux résumé ce que je pense à ce sujet, alors je lui laisse la parole ici :

« Mes parents sont professeurs d’éducation physique et cela ne les empêche pas de n’y rien connaître aux ultra-marathons. Qui dit activité marginale, dit incompréhension et idées reçues.

Dans le cas de Pierre Lavoie, c’est la même chose. Ce n’est pas parce qu’il est un athlète de haut niveau qu’il s’y connait spécifiquement en ultra-marathons en sentiers. Il fait même l’erreur d’appliquer son expérience à un sport qui n’a de commun avec le marathon sur route que l’utilisation de ses deux jambes pour se déplacer.

De ma propre expérience en ultra, puisque moi j’en ai, j’ai constaté strictement l’inverse dernièrement: j’ai eu la chance de voir passer l’ensemble des participants à un ravitaillement lors d’un 100-Mile aux États-Unis. J’ai vu de tout: hommes et femmes, jeunes et vieux, grands et petits, minces ou gros, lents et rapides, débutants et confirmés. Et quand je dis coureur confirmé, certains participent à des ultras (de 160km) depuis plus de 20 ans.

D’accord, ma petite histoire n’est pas scientifique, mais citer en exemple un unique ami qui a mal aux genoux, c’est aberrant comme démonstration! Mon père me faisait le même genre de remarques en allant chercher l’anecdote rarissime qui allait dans le sens de ses peurs. Pour lui, c’était le risque cardiaque, et il arrivait toujours à me trouver l’exemple d’un ami d’un ami qui avait eu un truc après avoir couru.

Autre remarque: ce texte commet la même erreur que bien du monde, celle de vouloir qu’il y ait une limite absolue à la distance qu’il est raisonnable de parcourir. C’est un non-sens puisque les limites sont hautement personnelles et n’ont justement rien d’absolu. Pour certains, courir 5 km sera le maximum souhaitable, pour d’autres, seule la traversée d’un continent saura les épuiser.

L’absolu n’existe pas, il appartient à chacun de trouver ses limites sans juger ni se comparer aux autres. »

Voilà. CQFD comme on disait à l’université.

Autre sujet, beaucoup plus positif à mon avis, est ce qui s’est passé cette fin de semaine dans le monde de la course en sentiers. En effet, c’est ce samedi qu’avaient lieu deux épreuves d’importance de ce côté-ci de l’Atlantique, soient la Transmartinique (138 km) et le North Face Endurance Challenge – California (50 miles).

J’ai suivi avec beaucoup d’attention ces deux épreuves et force est d’admettre que je ne me trompais guère récemment lorsque j’affirmais que le Québec, malgré le fait que la pratique de la course en sentiers y soit encore à l’état embryonnaire, se présente de plus en plus comme une force dans le domaine.

Tout d’abord, les représentants de la Belle Province se sont emparé de 3 des 50 premières positions à San Francisco, malgré la présence d’un très fort contingent de coureurs provenant de l’ouest américain.

C’est toutefois à la Transmartinique que nos compatriotes se sont le plus illustrés. En effet, malgré des conditions chaudes et humides qui sont totalement à l’opposé de ce à quoi nous sommes habitués ces derniers temps, nos compatriotes ont pris 3 places dans le top 10, dont une extraordinaire 2e position par Florent Bouguin. Éric Breton a terminé 9e et Joan, ex-aequo 10e.

Pour citer un coureur américain : « You Quebecers are fucking tough ! ». En ultra, c’est drôlement pratique…  🙂

Bravo les gars, on est vraiment fiers de vous !

Mon prochain article ne devrait par tarder et, contrairement à mes habitudes, parlera d’une épreuve beaucoup plus courte en distance… mais tellement divertissante !  À suivre.

 

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