Ottawa, suite et fin…

Ha, une belle connexion Internet neuve, quoi demander de mieux ?

Ce soir, je vous propose donc un dernier « petit » post sur la fin de semaine de course passée, tout de même le plus gros événement du genre au pays. À un moment donné, il faut bien en revenir, hein ?

Un mot sur le 10 km, qui proposait samedi soir un très fort contingent de coureurs de niveau international. Le gagnant ?  Le Kenyan Geoffrey Mutai avec un temps de 27:41 (n’essayez pas ça à la maison !). Vous ne connaissez pas ?  Il a seulement remporté les marathons de Boston et de New York l’an passé… Et pourtant, son pays n’a même pas jugé bon de le sélectionner pour les Jeux olympiques. Est-ce qu’ils sont forts, vous pensez ?

Ont suivi une panoplie de Kenyans, d’Éthiopiens et de Marocains. Le premier Canadien: Eric Gillis, à la 10e place avec un temps de 30:18. On le reverra cet été à Londres pour la marathon olympique, mais probablement pas sur le podium !

En ce qui concerne le marathon de dimanche, il a été remporté, ô surprise, par un Kenyan: Laban Moiben, en 2:09:12, un nouveau record de parcours. Il a devancé le deuxième (un Kenyan, bien évidemment) par une grosse seconde… Ça veut donc dire que ces deux gars-là ont eu le temps d’aller prendre une douche, se changer et prendre une ou deux bières avant que j’arrive, une heure plus tard…

Chez les femmes, c’est l’Éthipienne Yeshi Esayias qui a prévalu, en 2:28:45. Je l’ai d’ailleurs croisée sur le parcours, sur Sussex Drive. J’étais au km 28, elle entre les km 36 et 37. Bah, pas tellement de différence, dans le fond… 😉

Bon, trêve de statistiques, mes impressions sur le parcours, maintenant.

Le départ, tout près du parc de la Confédération et les premiers kilomètres sur les bords du canal Rideau sont tout simplement parfaits. De la place en masse pour tout le monde, une belle vue, merveilleux pour chasser la nervosité (comme si j’en avais, hum hum…). C’est durant cette partie que j’ai suivi le lapin de 3h15, Brett Titus, une véritable machine. Ce gars-là fait des Iromen et s’amuse, entre les courses, à faire le lapin de cadence dans les marathons. Il avait fait la même job à Mississauga trois semaines plus tôt. Et il  avait joué les mêmes rôles, aux deux places, l’an dernier. Pour l’avoir suivi deux fois, je dois dire qu’il fait un excellent travail.

Anecdote des premiers kilomètres: un tata qui décide de s’arrêter en plein milieu de la route pour relacer ses souliers. Du con !  Le lapin a dû jouer au coureur de haies pour ne pas tomber, mais un autre n’a pas eu sa chance et est allé embrasser le tarmac. Allô, tu te tasses sur le côté pour attacher tes lacets, banane !

Ça se gâche un peu à partir du 7e kilomètre, quand on se retrouve sur une artère plus comerciale. Mais bon, peut-être que mon souvenir est altéré par la maudite fatigante en roller blade qui ne cessait de crier à son chum que « ÇA DESCEND ! ÇA DESCEEEEENNNND !!! ». Bien comique au début, elle s’est mise à me taper sur le citron à un moment donné. Et comble de malheur, comme j’allais à la même vitesse que lui, elle est revenue me hanter 2 fois par la suite.

D’ordinaire, le parcours passe tout simplement à laid entre les 12e et 14e kilomètres. Mais bon, faire 42 kilomètres dans une ville, à un moment donné, il ne faut pas trop en demander.

Le long bout qui suit, sur les bords de la rivière des Outaouais, est bien beau, sauf un léger détail: la chaussée y est très inclinée, vers la rivière. Nous cherchions tous un endroit plat pour courir, mais rien à faire. Vraiment pas plaisant. C’est dans cette partie que j’ai remarqué pour la première fois un gars, début cinquantaine, qui semblait très à l’aise. Il zigzaguait au travers des coureurs, comme si on était de vulagaire cônes. Un hic cependant: sur son dossard, il n’y avait pas un numéro, mais bien son nom de famille écrit en gros. Ça veut dire une chose: c’était un coureur d’élite. Mais que foutait-il avec nous ?  Faut croire qu’il était dans un mauvaise journée (problèmes intestinaux peut-être ?), parce qu’il a terminé derrière moi. Lalalère…

Nous avons atteint la mi-parcours en arrivant à Hull. C’est la partie la moins intéressante du parcours et ça coïncidait avec le moment d’un marathon où j’ai habituellement mon premier down. Heureusement, pas cette fois-ci. Pourtant, il n’y avait pas un chat (sans blague, c’était mort, mort, mort) sur les côtés et les premières vraies côtes nous attendaient. J’ai d’ailleurs remarqué que je distançais mes rivaux… dans les descentes ! De quessé ?

Comme tout le monde sait, Hull est au Québec. Et au Québec, les routes sont souvent dans un état… Donc…  En tout cas, c’est peut-être un hasard, mais la plupart des trous dans la chaussé, on les a retrouvés du côté nord de la rivière.

En passant devant le musée de la civilisation, tout juste avant de prendre le pont Alexandria pour retourner du côté ontarien, la vie a repris sur les bords du parcours. Des spectateurs enthousiastes et un point d’eau qui m’a semblé être 200 mètres de long. De quoi nolus préparer pour le retour.

Le pont Alexandria est vraiment joli, presque pittoresque. Mais les kilomètres qui s’en venaient me faisaient craindre bien des choses. Les deux tiers d’un parcours sont souvent difficiles, peu importe la distance.  De plus, une série de montées se dressaient devant nous. Tout d’abord en débarquant du pont, puis après la résidence du premier ministre, au 24 Sussex Drive. Méchante chiotte, soit dit en passant, du genre à se retrouver au quartier Dix-30 ;-). Le beau nono, j’avais passé deux fois devant la dernière fois et l’avait manquée à chaque fois. Pas cette fois-ci.

J’ai fait 4-5 kilomètres en compagnie d’un gars qui semblait d’origine « froide » (du genre suédois, norvégien, allemand, je le sais-tu moi ?  Pas un latino, en tout cas !). Il semblait sympathique : il a applaudi la meneuse chez les femmes quand on l’a croisée, j’ai trouvé ça tellement gentil que j’ai fait pareil. On a échangé quelques mots, sans plus, après que j’aie lancé un « Hey, Stephen ! » en passant devant le 24 Sussex. J’ai d’ailleurs remarqué que ça ne jasait vraiment pas fort en général durant la course… Je pensais bien qu’on pourrait finir ensemble, mais il a décroché dans une montée.

Il faut dire qu’entre les kilomètres 30 et 32 environ, le parcours passe à travers un parc. Très agréable pour la vue, mais un peu dur pour le support : disons que si on avait bien écouté, je suis certain qu’on aurait entendu des criquets. Et tant qu’à se scrapper le moral, pourquoi pas une belle route en construction ?  Et quand en plus, on voit deux athlètes d’élite avec des couvertures à une station médicale…

Mais je ne sais pas pourquoi, j’étais dans ma bulle et rien de tout ça ne me dérangeait. Tout ce que j’essayais de faire, c’était de ralentir pour ne pas « péter », mais rien à faire, mes jambes ne m’obéissaient plus. Des kilomètres à 4:23, 4:24, bout de sacrament ! Quand nous sommes arrivés dans un joli quartier résidentiel, je me suis même permis de chanter avec la musique qui y jouait (ne me demandez pas quelle était la toune et encore moins de la chanter une autre fois !). Était-ce « Sweet Home Alabama » ? Comme dans Forrest Gump, comme dans « Cours Forrest, cours ! ». Ouais, ça devait être ça…

Malheureusement, la sortie du quartier résidentiel menait sur une artère plus commerciale, autour du kilomètre 35. Et, à mon grand étonnement, nous devions partager la chaussée avec les voitures. Hein, de quessé ?  Ici, à Ottawa ? Enfin…  C’est dans ce coin-là que je me suis arrêté pour la seule fois du parcours, fait rarissime. La raison ?  Non, pas mes intestins. Ni ma vessie. Voyez-vous, comme j’ai les mains pleines de pouces, j’ai parfois de la difficulté à décider lesquels utiliser. Et j’étais en pleine manipulation de mes gourdes de Gatorade quand une s’est échappée pour se retrouver par terre. Le plus dur a été de se pencher pour la ramasser…

De retour sur Sussex après le kilomètre 36, ça sentait la fin. La foule commençait à se faire plus dense, le centre-ville se profilait. Une fois passée la petite montée qui m’avait rentré dans les jambes en 2010, il ne me restait plus qu’à tenir le coup. Au centre-ville, l’ambiance était survoltée, les spectateurs étant plus que nombreux.

Vint la plus belle vue du parcours : le canal Rideau. La fin était proche. C’est dans ce coin-là que, gonflé à bloc, j’ai demandé plus de bruit. Puis, bizarrement, après le Convention Center, c’était le calme plat. Environ 1.5 kilomètre sur les bords du canal, presque plus personne. Vraiment bizarre comme sensation, on se demande presque si on est à la bonne place.

Puis la traversée du canal et le retour vers le parc de la Confédération, toujours en longeant ledit canal. La vue y est merveilleuse (quand on est encore en état de regarder autour). Et les organisateurs ont vraiment pensé à tout : même des pancartes à tous les 100 mètres dans les 500 derniers mètres. Donc, à  500 mètres, on se dit : « À peine plus de 2 minutes et c’est fini !!! ». Et on rit en dedans, sachant que c’est mission accomplie. Et on traverse la ligne d’arrivée en serrant les poings, le sourire aux lèvres.

En résumé : un très beau parcours, pas aussi plat qu’on le dit. Mais aucune montée ni descente abrupte, tout se faisant en douceur. Vraiment pas difficile, mais bon, quand on est dans une bonne journée, ça aide !

En terminant petit conseil à ceux qui voudraient s’essayer à faire un marathon : ne commencez pas par celui-là. La raison ?  Vous risquez d’être déçus de votre expérience… lors d’un éventuel marathon ailleurs !  🙂

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