Une simple lettre

Pour les golfeurs professionnels, le signal qu’ils font partie de la crème de leur profession, c’est une invitation au Masters. Le fameux Masters, pour lequel il faut se qualifier si on veut y participer. Et il semblerait que ladite invitation est très sobre: une lettre toute simple insérée dans une enveloppe bien ordinaire avec le logo du Augusta National, le tout arrivant par la poste.

Cette semaine, en revenant du boulot, une enveloppe tout aussi simple m’attendait sagement sur le bureau de l’entrée. Intrigué par le logo qui ne me disait strictement rien à première vue, je m’en suis emparé: c’était la Boston Athletic Association. En moins de deux, j’avais un couteau à la main et ouvrais le précieux envoi. À l’intérieur, un simple carton. Au recto, une image du marathon de Boston avec la mention « Confirmation of Acceptance » en-dessous. Au verso, dans la colonne de gauche, mes coordonnées, avec mon temps de qualification et mon âge le jour de la course (je sais que je vais avoir 43 ans, pas besoin de me le rappeler !). Dans la colonne de droite, les dates importantes à se rappeler. Et c’est tout.

Voilà, 6 ans de travail, de plaisir, d’espoirs, de souffrances, de joies, de déceptions. Des hectolitres d’eau et de Gatorade engloutis, des chaussures qui emplissent le sous-sol, des vêtements qui embêtent conjointe et collègues. Des heures et des heures à s’entrainer. Des intervalles, des longues sorties, des courses préparatoires, 8 marathons. Et tout se ça résume sur un petit carton portant la mention: 3:11:44.

Je crois que je vais le faire laminer…

😉

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Il y a tout de même des limites

J’ai fait ce qu’il fallait faire: je me suis reposé. Lundi, repos toute la journée, malgré le merveilleux temps d’automne (je dois avouer que je ne pouvais pas faire autrement de toute façon…). Mardi, retour au travail en train. Hier, même chose, malgré le fait que j’aurais pu y aller à vélo, la température le permettant. J’avais décidé d’être sage pour une fois et de faire ce qu’il faut supposément faire: me laisser récupérer. Je sentais que je remontais la pente et prévoyais reprendre la course ce soir.

Oui, j’utilise l’imparfait: je prévoyais recommencer à courir aujourd’hui. Mes plans ont décidé de changer sans vraiment me demander mon avis: depuis hier soir, plus moyen de m’éloigner des toilettes ! Et je commence à ne vraiment pas la trouver drôle…  Je tiens absolument à accompagner Sylvain à Magog dimanche et je ne suis plus certain de pouvoir le faire. Pour faire la distance à la cadence prévue, je ne vois pas de problème, mais vais-je être capable de seulement courir dans trois jours ?  Ça fait quatre jours que ça dure, il me semble que ce serait suffisant, non ?  Heureusement que j’ai décidé de ne pas faire le marathon…

Enfin, je vais prendre mon mal en (im)patience, je n’ai pas vraiment le choix. Je dois avouer que n’étant pas habitué à être malade, je tolère très mal de rester à ne pas bouger. Quatre jours sans course ni vélo ?  La dernière fois que ça m’est arrivé, c’est quand je me suis blessé au mois de décembre. Trois longues semaines d’inactivité, un véritable calvaire… surtout pour Barbara qui a dû m’endurer pendant cette interminable convalescence.

Mais bon, je ne peux pas croire que je vais être malade si longtemps, il y a tout de même des limites, non ?

Et mon esprit de compétition ne peut s’empêcher de songer à Philadelphie. Je ne m’attendais pas à des miracles, mais avec cet arrêt subit de l’entrainement, c’est certain que mon PB ne sera pas en danger. Je m’attends même à faire plus de 3h30, une première depuis… 2009.

Pour me changer les idées, j’ai visualisé des vidéos du Vermont 50 sur YouTube. En voici quelques-uns.

Ici, une « merveilleuse » vue du mont Ascutney qui nous montre les conditions de la journée.

Celui-ci a été tourné en majeure partie à Skunk Hollow, autour du 12e mille, première station d’aide où les équipes de support avaient accès. Ça donne une très bonne idée de l’ambiance et de quoi a l’air une station d’aide « principale ». Elle était située tout juste à côté d’une garderie qui a été construite… en plein milieu de nulle part !  Je me demande sérieusement d’où viennent les enfants qui la fréquentent. C’est à cet endroit que j’ai lancé à Barbara, un grand sourire me fendant le visage: « C’est complètement débile, cette affaire-là ! »   J’étais définitivement accroc…

Les suivants ont été tournés par des concurrents en vélo de montagne. On y voit très bien le parcours, mais ils ne donnent malheureusement pas une très bonne idée du relief. Pièces à conviction numéros un et deux.

Ici, un assez bon petit survol du parcours accompagné d’une chanson très bien choisie, à mon humble avis. À 0:47, Garvin Hill, au 19e mille, le sommet de la course. À 1:30 environ, Greenall’s (32e mille), LA station d’aide, celle où j’ai fait le changement complet de mon équipement.

Le dernier et non le moindre… Il risque toutefois de vous donner la nausée si vous le regardez au complet !  😉