Fallait vouloir

Hé oui, je vais encore parler de neige. Mais avouons qu’il fallait vraiment vouloir…

La tempête nous avait été annoncée depuis vendredi de la semaine dernière. On avait des espoirs: peut-être allaient-ils se tromper de jour, diminuer le nombre de centimètres. Peut-être allait-elle être décalée. Finalement, voyant que je ne pouvais décemment pas entrevoir ma traditionnelle sortie de vitesse pour mardi soir, ça me prenait un plan B.

Barbara m’a alors demandé: “Pourquoi ne rentres-tu pas au bureau à la course mardi matin ?”. Comme quoi même ma douce moitié a perdu sa rationalité et essaie elle aussi de trouver des façons pour que je puisse courir. Si ce n’est pas de l’amour, ça ? Pourquoi pas, en effet. C’était donc mon nouveau plan B et comme plan C, je reviendrais à la maison au lieu de me rendre au métro Longueuil (ne me demandez pas d’appeler ça le métro “Université de Sherbrooke”. Elle est à Sherbrooke, l’Université de Sherbrooke, bon !). Moins efficace côté gestion du temps, mais s’il s’avérait impossible de me rendre, c’était mieux que rien.

Donc, il n’était même pas 6 heures quand j’ai mis les pieds dehors. J’avais de la neige jusqu’aux chevilles. Pas question de me rendre au métro, au mieux, ce serait le plan C. Dans la rue, les automobiles des travailleurs matinaux avaient laissé des traces dans lesquelles je pouvais avancer sans trop de problème. Je me suis donc élancé en me disant que si ça n’allait pas, je couperais ça court.

Je me traitais de fou… et je n’étais probablement pas le seul. On peut dire que j’ai vu quelques sourires dans les autos. Il neigeait à plein ciel, faisait encore sombre et le vent de l’est était bien présent. Quand il était dans mon dos, ça allait relativement bien. Mais quand il était dans ma figure, hou la la…  Je ne voyais à peu près rien et la petite croûte de neige qui se formait peu à peu sur mes yeux n’améliorait rien à tout ça. Condamné à demeurer dans les rues secondaires parce que les rues principales étaient soit trop encombrées par la circulation, soit trop glissantes (!) à cause de la charrue qui venait de passer, j’ai probablement fait le Ste-Catherine métropolitain au grand complet, rue par rue. Le quartier des oiseaux, le quartier des chansonniers, le quartier des fleurs, le quartier des bateaux, je les tous vus. En fait, je devrais plutôt dire que je les ai sillonnés, parce que la visibilité…

À un moment donné, je devais avoir 9 ou 10 km de faits, j’ai croisé un dame qui promenait ses trois petites moumouttes. Je me suis dit que ça lui tentait, promener ses chiens à cette heure, par une telle température. Puis je me suis rendu compte du ridicule de la situation et n’ai pu réprimer un sourire. Et toi, du con ?

Sauf que j’ai constaté un léger détail: malgré l’effort, je m’amusais. J’étais comme le gentil retriever avec lequel j’avais couru une 15-20 kilomètres en octobre: je courais avec abandon, le sourire aux lèvres, sans me soucier de ma cadence ou de faire des intervalles (ce qui était carrément impossible de toute façon). Est-ce qu’il se souciait de ces détails, lui ?  Non, il s’amusait. Et c’est ce que je faisais à mon tour. Malgré la neige que je déteste en temps normal, malgré le vent, malgré la visibilité réduite. Ce n’est que dans les derniers 500 mètres que j’ai finalement invoqué les saints de l’église et c’était parce que j’avais dû emprunter une rue principale qui était glacée.

Je suis arrivé à la maison tout détrempé, mais j’étais bien. J’avais bien fait de sortir courir, encore une fois.

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