Est-ce que ça va finir par finir ?

Ham Nord, Québec. Ou devrais-je dire Pôle Nord, Québec ?  En tout cas, c’est là où mes parents habitent. La campagne, la vraie. Des belles montagnes, des chemins de terre vallonneux où personne ne passe. L’endroit me rappelle le Vermont. Avant Boston, je voulais faire des côtes: c’était l’endroit idéal.

J’avais juste oublié un léger détail: l’hiver y arrive deux semaines plus tôt et s’y termine deux semaines plus tard. Hier soir, il tombait une belle petite neige après souper, c’était presque (je dis bien presque) bucolique. Mais quand j’ai vu que ladite petite neige était tombée toute la nuit…

Lorsque j’ai commencé à courir, la route 216, qui n’est tout de même pas le dernier rang dans le fin fond de nulle part, n’avait même pas encore été dégagée. Je devais donc progresser dans les sillons laissés par les voitures, appréhendant le moment où j’allais justement prendre les rangs menant au fin fond de nulle part. La neige tombait toujours, le vent était à la tempête. Non mais, est-ce que ça va finir par finir, ce foutu hiver de m… !?!  Fallait vraiment vouloir. Il me semble avoir déjà dit ça, moi… 😉

La première montée après la rivière Nicolet s’est bien passée. La deuxième menant aux petits rangs… un peu moins. La neige, le fond glacé, le vent, tout y était. Grr !  Normalement, si je m’étais entrainé pour un ultra, j’aurais marché dans les montées, mais à Boston, je vais courir en montant, alors… Jamais je n’ai autant apprécié un faux-plat ascendant que celui par lequel commence le premier rang que j’empruntais et qui mettait fin à la montée à 12%. Ha… Récupérer dans un faux -plat, ça se fait ?  On dirait bien que oui…

À chaque fois que je cours dans ce coin-là, je sens, non je sais, que je passe pour un extra-terrestre. À un moment donné, je me suis arrêté (j’ai probablement dû le faire 10 fois, je pense que mes attaches sont finies) pour resserrer mes lacets et un monsieur de l’autre côté du chemin cordait du bois avec un machin que j’aurais bien de la difficulté à décrire. Son regard en disait long. « Qu’est-ce qu’il fout là lui, avec son petit manteau de fif bleu et ses souliers oranges ?!? » résumerait assez bien ce que ses yeux exprimaient. « Je cours, chose, et j’ai envie que les pick-ups me voient ! », que j’ai eu envie de lui crier. Mais bon, j’ai laissé faire.

Je voulais me rendre au mont Ham, où mon père viendrait me chercher. 16 km, ce nest pas la mer à boire. Mais au rythme où j’allais et dans ces conditions… J’ai fini par avaler les bossses, une à une. On dirait qu’il me manque un petit quelque chose dans les montées, il va falloir que je travaille là-dessus au cours des prochaines semaines. Mais bon, on ne peut vraiment pas dire que la traction était optimale. Par contre, mes quads ont très bien pris les descentes… quand je ne glissais pas. Car oui, à quelques endroits, j’ai failli me retrouver cul par-dessus tête à cause de la route enneigée qui cachait plaques de glace et giga-trous. Je dois avouer qu’il m’est arrivé d’utiliser quelques jurons envers la saison qui s’est supposément terminée cette semaine…

Finalement, le mont Ham est sorti de la tempête. Dans le stationnement, deux autos et trois motoneiges. J’aurais dû m’y attendre, mais on dirait que mon cerveau n’avait pas prévu le coup. Pour moi, le mont Ham est un endroit de plein air. Les gens y font de la randonnée, du camping, de l’hébertisme et du disc-golf en été. L’hiver, c’est pour la raquette. Je m’attendais donc à voir des illuminés bordeline granos dans mon style à l’intérieur. Pourtant, avec des motoneiges dans le stationnement, j’aurais peut-être dû allumer…

C’était la cacophonie dans le petit chalet. Les motonneigistes, probablement épuisés d’avoir tordu une poignée pendant une heure sans arrêt, prenaient une bonne bière bien méritée et racontaient des exploits dont l’ampleur était inversement proportionnelle au nombre de décibels utilisés. Déjà sur la bière à 11h30 ?  Ouin, la journée va être longue…

Mon père est arrivé moins de 2 minutes après moi et ça faisait bien mon affaire. Juste à imaginer cette cacophonie se diriger vers moi si j’avais commencé mes étirements sur le champ…

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