Premières sorties d’hiver

On aurait dit que je voulais en profiter jusqu’à la dernière minute. La “tempête” tant annoncée allait s’abattre dans quelques heures quand je suis parti du bureau à la course mardi. Pas pour une longue sortie, juste pour faire un peu de vitesse en me rendant à mon auto garée à St-Lambert. Avec la merdouille blanche qui menaçait, c’était peut-être ma dernière occasion de courir le moindrement vite avant un bon bout de temps.

Il y avait un hic cependant: à ce temps-ci de l’année, le soleil se couche très tôt. Arrivé au parc Jean-Drapeau, la noirceur était déjà tombée. Je comptais sur le fait que le large sentier qui longe l’île Ste-Hélène du côté nord est bordé par des lampadaires pour éclairer ma route. Erreur. La Ville avait décidé de faire des économies de bout de chandelle et lesdits lampadaires étaient éteints. J’avançais tout de même à vive allure, prenant bien soin de regarder où je posais les pieds. J’ai croisé un monsieur en me demandant ce qu’il faisait là (look who’s talking), puis un autre qui semblait transporter… un appareil-photo et un trépied. De quessé ?  Il voulait photographier quoi, au juste ?

Puis, j’ai jeté un oeil vers la ville et j’ai compris. On dit que la vue de Montréal à partir du pont Champlain est la plus belle. Plus certain. Devant moi, j’avais le Vieux-Port et derrière, les édifices tout illuminés. En arrière-plan, le Mont-Royal avec la croix éclairée étaient bien en vue. Une vraie carte postale. C’était magnifique. J’ai remercié les dieux de la course de m’avoir poussé à pratiquer ce sport et ainsi, vivre ce petit moment de bonheur.

Heureusement, j’en ai profité parce que jeudi matin, c’était le retour à la réalité du Québec: la neige et le vent. Mais bon, comme j’avais des mois de frustrations hivernales devant mois, aussi bien commencer tout de suite, n’est-ce pas ?

Objectif: me rendre au bureau, à 30 km. Je suis parti dans l’obscurité, me gardant bien d’aller trop vite. Le vent qui soufflait à 40 km/h m’était favorable au début, puis de côté après 3-4 kilomètres. Vu qu’elle était dégagée, j’ai emprunté la piste cyclable me menant au pont Champlain, mes vieilles articulations reprenant progressivement leurs habitudes de courir sur une surface inégale d’hiver.

Arrivé au pont, je n’ai pas pu m’empêcher d’éprouver une grande admiration pour les travailleurs qui s’y affairaient (il y a des travailleurs à longueur d’année sous notre fameux pont Champlain). Travailler de leur mains, exposés aux grands vents montérégiens, par ce froid, cette humidité… J’en ai des frissons juste à y penser. Chapeau messieurs dames !

À St-Lambert, ce n’était pas vraiment une surprise car c’est toujours comme ça, mais j’ai tout de même été déçu de constater que la piste cyclable était enneigée. Hé oui, dans la riche St-Lambert, on juge qu’on n’a pas les moyens de dégager la piste alors que des municipalités plus « classe moyenne » comme Ste-Catherine, Candiac, Laprairie ou Brossard croient que c’est utile pour leurs citoyens. Chacun ses priorités, on dirait…

Je me suis fait à l’idée d’emprunter les rues secondaires en bougonnant un peu. Avec mes mains qui commençaient à geler, ça n’aidait pas mon humeur. J’appréhendais la traversée de Jacques-Cartier et surtout, le pont de la Concorde avec ce vent à écorner les bœufs. Faire les derniers kilomètres d’une longue sortie en plein hiver le vent dans la figure, ce n’est jamais une bonne idée.

Puis je me suis mis à penser à mon affaire et me suis mis à sourire à belles dents. Tout ça, c’était la faute à Joan. Je me disais que si lui était capable de faire l’aller-retour Longueuil-centre-ville tous les jours, hiver comme été, j’étais bien capable de faire un aller simple au moins une fois par semaine, non ?  Et ça, peu importe les conditions météo… C’est pour ça que j’avais envie de rire: est-ce que j’étais pour risquer des engelures pour cette seule et unique raison ? Pour me prouver que moi aussi, je pouvais ?  Ben voyons donc !  Quand je dis qu’il arrive que la course affecte mon petit cerveau…

J’avais fait 22 km, c’était bien suffisant de toute façon. J’ai pris le métro. C’était pas mal plus intelligent. Le pont pouvait attendre, l’hiver ne fait que commencer.

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Répétition générale

« N’oublie pas qu’il faut que tu fasses de la route demain ! »

C’était ma douce moitié qui jouait le rôle de ma conscience au moment du dodo hier soir. Elle avait raison: il fallait que je fasse un vrai entrainement sur route deux semaines avant le dernier grand rendez-vous de la saison, le Marathon de New York. Pas question d’aller s’épivarder dans le bois comme un petit gars, fallait que j’agisse en adulte, pour une fois.

Pour moi, cette dernière sortie semi-longue avant un marathon sert toujours de répétition générale avant la course. 25 km que je fais à un rythme modéré, près de celui anticipé pour la course (je sais que ce n’est pas ce qu’on est supposé faire, mais c’est ce que je fais, bon), avec l’équipement que je compte utiliser ce jour-là: souliers, casquette, shorts, ceinture d’hydratation, gels, etc. Aussi, contrairement à mes sorties de semaine, pas question de m’arrêter. En effet, quand je reviens du boulot, je dois m’arrêter assez souvent: pour traverser une intersection, passer sous le pont Jacques-Cartier pour aller rejoindre le trottoir piétonnier, me masser les tendons du genou ou simplement pour jaser avec un ami qu’il m’arrive de croiser en chemin. Veux, veux pas, ces petites pauses sont des moments de repos et faussent un peu le rythme véritable qu’on peut tenir sur une certaine distance. Cette fois-ci, je voulais faire comme en course, soit continuer peu importe les circonstances.

Première surprise en me levant: il était 6h30 à peine qu’il ventait déjà à écorner un boeuf. Merde, comment évaluer correctement si une cadence est la bonne dans de telles conditions ?  Deuxième surprise: en me rendant récupérer mes souliers de route au sous-sol, mes quads m’ont fait savoir qu’ils avaient trouvé pas mal difficile la descente du mont Orford hier (j’y reviendrai au cours des prochains jours). J’étais racké d’une course de 11.5 km faite pour le plaisir !  Double merde !

 Je bougonnais en me rendant au bout de la rue en trottinant pour m’échauffer. J’aurais dû aller en sentiers que je me disais. Le foutu vent, il ne nous dérange pas, dans le bois. En plus, il faisait beau, ça devait encore débile dans mon terrain de jeux. J’essayais de demeurer positif, de me dire que si je faisais une bonne sortie dans ces conditions, ce serait très encourageant pour New York… Rien à faire, je voulais être ailleurs.

Je suis parti avec comme objectif de faire du 4:25/km. Ça ne devrait pas être trop difficile, non ?  Ouais, mais le vent, les quads… et le souper arrosé d’hier soir…

J’ai évité d’affronter Éole pendant 5-6 kilomètres, me contentant de zigzaguer dans les petites rues. Mais à un moment donné, il a bien fallu que je me le tape. Sur les bords du fleuve, il était terrible. Je devais le combattre sans cesse, courant à angle pour compenser. Au 7e kilomètre, ma montre a sonné: 4:33. Quoi, un kilomètre en 4:33 dans cette tempête et ce, sans y mettre toute la gomme ? Finalement, ce serait peut-être une bonne sortie…

J’ai réussi à traverser le pont des écluses juste avant qu’il lève et me suis dirigé vers le parc. Le vent était à son apogée, mais je réussissais à tenir un rythme acceptable. En arrivant au récréo-parc, un peu plus à l’abri, ma moyenne était rendue à 4:23. Dans les circonstances, on peut dire que tout allait bien.

Je l’avoue, je n’ai pas respecté ma promesse de ne pas m’arrêter. La raison: Charlotte qui prenait sa marche matinale et voulait absolument un câlin de son « papa ». Et je n’étais pas pour passer à côté de ma femme sans l’embrasser, pas vrai ?  🙂

Il me restait 14 km à faire quand je suis reparti et ils sont passés sans histoire. Au final, une moyenne à 4:21, ce qui est amplement satisfaisant. Les genoux n’ont pas bronché, je crois que je peux leur faire confiance pour dans deux semaines, surtout que je serai en tapering et ne dépasserai plus 16 km au cours des 14 prochains jours.

J’ai donc bien fait de faire de la route. Mais ça ne me tentait tellement pas…

Le vent… et la neige !

De retour après quelques jours qui ont été plutôt occupés…

Conditions idéales pour courir, la semaine dernière, n’est-ce pas ?  Des vents de 40-50 km/h avec des rafales à 70, quoi demander de mieux ?  😉

Ça m’a rappelé une petite anecdote. Nos voisins sont des grands amateurs de cyclotourisme. Lui en particulier, il adore tout ce qui touche au vélo: équipement, mécanique, voyages. Il agit souvent comme bénévole au Tour de l’Île et comme accompagnateur lors des voyages organisés par Vélo-Québec. Un jour, avant qu’ils partent tous les deux faire la Hollande à vélo, un autre cyclotouriste les a bien avertis: il y a beaucoup de vent en Hollande, vous allez en arracher.

À son retour, quand je lui ai demandé comment ça s’était passé, il m’a simplement répondu: “Bof, vraiment rien d’exceptionnel, leur vent. Quand on vit en Montérégie…”

Mais bon, des rafales à 70 km/h, c’est un peu hors norme, même pour nous Montérégiens. Des intervalles là-dedans ?  Oubliez ça. Je me suis dit que tant qu’à prendre des mauvaises habitudes de course et à sacrer, aussi bien utiliser mon temps d’entrainement plus intelligemment. Donc mardi dernier en fin d’après-midi, j’ai mis le cap sur le mont St-Bruno. Je me disais que la montagne et les arbres atténueraient un peu les effets du vent, que les côtes remplaceraient les intervalles et en plus, avec une boucle de 3.6 km autour du lac Seigneurial, j’alternerais souvent vent favorable/défavorable.

Ce fut probablement la meilleure idée que j’ai eue depuis fort longtemps. Il y avait du vent, oui, mais bien moins que sur le bord du fleuve. La neige avait presque entièrement fondu, le chemin était dans un bon état à part à quelques endroits. Et en prime, comme j’arrivais à la fin de ma course, quatre superbes chevreuils étaient là, semblant m’attendre. Puis trois autres se sont pointés alors que je faisais mes étirements. Dire que j’aurais pu être pris à pester contre le vent dans mon récréo-parc…

J’ai donc remis ça jeudi, vu que le vent avait décidé qu’il continuait à souffler en débile. Et je ne sais pas ce qui s’est passé, mais je pétais le feu. Pas de chevreuil à l’arrivée par contre. On ne peut pas tout avoir…

Je me suis rendu compte d’une chose lors de ces deux jours: définitivement que je suis fait pour la course dans le bois. C’est tellement différent. On se sent en communion avec la nature, on ne passe pas son temps à vérifier la cadence, on se “contente” de s’amuser à courir. Et je n’étais pas vraiment dans le bois, alors imaginez… Vivement que Boston passe pour que j’y retourne !  🙂

En attendant, il a bien fallu que je retourne à la route en fin de semaine. Je ne sais pas si ce sont mes deux sorties de la semaine qui m’ont donné du tonus, mais samedi a été ma plus rapide de l’année. Dimanche, avec le vent qui était revenu de plus belle (combiné avec la fatigue relative suite à la course de la veille), a été plus lente, mais ce n’était vraiment pas grave: c’était la dernière vraie journée d’entrainement. D’ailleurs, j’ai toujours de la difficulté avec la dernière fin de semaine précédant un marathon. La combinaison 13-16 km est pas mal plus courte que ce dont je suis habitué et je me sens bizarre à chaque fois. Il me semble que je n’en fais jamais assez…

Imaginez cette semaine: après un 10 km relaxe tantôt, ce sera un autre jeudi, puis… plus rien ! Peut-être aller travailler à vélo demain et c’est tout. C’est ça, le tapering. Je sens que je vais avoir la bougeotte dimanche, moi…

Bon, il ne nous reste plus qu’à prier pour que la neige annoncée vendredi tombe sous forme liquide. De la neige à la mi-avril, ils veulent rire de nous ou quoi ?  Dire qu’il faisait 30 degrés au départ du marathon l’an passé…

Est-ce que ça va finir par finir ?

Ham Nord, Québec. Ou devrais-je dire Pôle Nord, Québec ?  En tout cas, c’est là où mes parents habitent. La campagne, la vraie. Des belles montagnes, des chemins de terre vallonneux où personne ne passe. L’endroit me rappelle le Vermont. Avant Boston, je voulais faire des côtes: c’était l’endroit idéal.

J’avais juste oublié un léger détail: l’hiver y arrive deux semaines plus tôt et s’y termine deux semaines plus tard. Hier soir, il tombait une belle petite neige après souper, c’était presque (je dis bien presque) bucolique. Mais quand j’ai vu que ladite petite neige était tombée toute la nuit…

Lorsque j’ai commencé à courir, la route 216, qui n’est tout de même pas le dernier rang dans le fin fond de nulle part, n’avait même pas encore été dégagée. Je devais donc progresser dans les sillons laissés par les voitures, appréhendant le moment où j’allais justement prendre les rangs menant au fin fond de nulle part. La neige tombait toujours, le vent était à la tempête. Non mais, est-ce que ça va finir par finir, ce foutu hiver de m… !?!  Fallait vraiment vouloir. Il me semble avoir déjà dit ça, moi… 😉

La première montée après la rivière Nicolet s’est bien passée. La deuxième menant aux petits rangs… un peu moins. La neige, le fond glacé, le vent, tout y était. Grr !  Normalement, si je m’étais entrainé pour un ultra, j’aurais marché dans les montées, mais à Boston, je vais courir en montant, alors… Jamais je n’ai autant apprécié un faux-plat ascendant que celui par lequel commence le premier rang que j’empruntais et qui mettait fin à la montée à 12%. Ha… Récupérer dans un faux -plat, ça se fait ?  On dirait bien que oui…

À chaque fois que je cours dans ce coin-là, je sens, non je sais, que je passe pour un extra-terrestre. À un moment donné, je me suis arrêté (j’ai probablement dû le faire 10 fois, je pense que mes attaches sont finies) pour resserrer mes lacets et un monsieur de l’autre côté du chemin cordait du bois avec un machin que j’aurais bien de la difficulté à décrire. Son regard en disait long. « Qu’est-ce qu’il fout là lui, avec son petit manteau de fif bleu et ses souliers oranges ?!? » résumerait assez bien ce que ses yeux exprimaient. « Je cours, chose, et j’ai envie que les pick-ups me voient ! », que j’ai eu envie de lui crier. Mais bon, j’ai laissé faire.

Je voulais me rendre au mont Ham, où mon père viendrait me chercher. 16 km, ce nest pas la mer à boire. Mais au rythme où j’allais et dans ces conditions… J’ai fini par avaler les bossses, une à une. On dirait qu’il me manque un petit quelque chose dans les montées, il va falloir que je travaille là-dessus au cours des prochaines semaines. Mais bon, on ne peut vraiment pas dire que la traction était optimale. Par contre, mes quads ont très bien pris les descentes… quand je ne glissais pas. Car oui, à quelques endroits, j’ai failli me retrouver cul par-dessus tête à cause de la route enneigée qui cachait plaques de glace et giga-trous. Je dois avouer qu’il m’est arrivé d’utiliser quelques jurons envers la saison qui s’est supposément terminée cette semaine…

Finalement, le mont Ham est sorti de la tempête. Dans le stationnement, deux autos et trois motoneiges. J’aurais dû m’y attendre, mais on dirait que mon cerveau n’avait pas prévu le coup. Pour moi, le mont Ham est un endroit de plein air. Les gens y font de la randonnée, du camping, de l’hébertisme et du disc-golf en été. L’hiver, c’est pour la raquette. Je m’attendais donc à voir des illuminés bordeline granos dans mon style à l’intérieur. Pourtant, avec des motoneiges dans le stationnement, j’aurais peut-être dû allumer…

C’était la cacophonie dans le petit chalet. Les motonneigistes, probablement épuisés d’avoir tordu une poignée pendant une heure sans arrêt, prenaient une bonne bière bien méritée et racontaient des exploits dont l’ampleur était inversement proportionnelle au nombre de décibels utilisés. Déjà sur la bière à 11h30 ?  Ouin, la journée va être longue…

Mon père est arrivé moins de 2 minutes après moi et ça faisait bien mon affaire. Juste à imaginer cette cacophonie se diriger vers moi si j’avais commencé mes étirements sur le champ…

Le demi-marathon hypothermique

Avant de commencer, un petit mot à la personne qui s’est retrouvée sur mon blogue en faisant la recherche suivante: « Est-ce que Richard Garneau mesurait 7 pieds ? ». Disons que je l’ai trouvée assez drôle merci !  🙂  La réponse: non. C’était un grand monsieur, dans tous les sens du terme, mais il ne mesurait tout de même « que » 6 pieds et 4 pouces…

Bon, le vif du sujet maintenant: le demi-marathon hypothermique qui aura lieu demain matin au parc Jean-Drapeau. J’ai déjà amplement parlé du Badwater 135 qui me fascine tant. Hé bien, ça pourrait peut-être sembler bizzare, mais le demi hypothermique me fascine également. Car tout comme l’autre, j’avoue avoir un peu peur de cette épreuve. Bon, j’exagère un peu, mais pas tant que ça.

Quand j’ai commencé à courir, j’avais identifié cette course comme candidate principale pour en faire mon premier demi-marathon. Puis je m’étais blessé en jouant au hockey cosom et j’avais passé mon tour, attendant le demi Scotia Bank en avril. Ensuite, à chaque année, je me trouvais une excuse pour ne pas participer: trop de travail, trop de neige, trop de vent, trop froid (c’est le demi-marathon hypothermique, du con…). Trop de n’importe quoi, en fait.

La vérité est que l’incertitude face à cette course me rend mal à l’aise. On ne sait pas quoi la surface aura l’air et surtout, quelle température il fera. Bien sûr que je n’ai pas peur de la distance dans le froid, le vent et la neige, j’en fais autant sinon plus à tous les dimanches que le bon Dieu amène. Mais je ne sais pas, on dirait que je ne me fais pas à l’idée de rester dehors à geler plusieurs minutes avant le départ. Ou demeurer à l’intérieur avec mon linge de course d’hiver sur le dos, avoir chaud au point de transpirer, puis congeler en mettant le pied à l’extérieur. En hiver, j’aime bien m’échauffer à l’intérieur, enfiler mes vêtements de course, marcher/jogger jusqu’au bout de la rue et partir tout de suite. Pas attendre.

En vérité, si je veux être franc avec moi-même, j’ai peur de ne pas être en mesure de « performer ». Ma raison sait que c’est normal d’aller moins vite dans de telles conditions avant le début de la saison de course, mais mon coeur ne veut rien savoir d’avoir un « mauvais » temps sur un demi. Oui, je le sais, c’est nono…

Donc, encore cette année, comme je ne serai pas lapin de cadence, je passerai mon tour. Et comme à chaque année, c’est avec cette course-là en arrière-pensée que je ferai ma longue sortie demain.

À regarder la météo, c’est encore plus certain que je vais y penser: on prévoit autour de -13 degrés avec un fort vent du nord-ouest pour la matinée. Ouch. Quand il vente, il vente encore plus au parc Jean-Drapeau. La situation géographique (en plein milieu du fleuve, terrain plat) rend les îles Ste-Hélène et Notre-Dame très vulnérables. Pour m’y être entrainé très souvent en plus d’y avoir disputé plusieurs épreuves, j’en sais quelque chose. En fait, je ne sais pas pourquoi, mais j’ai l’impression que le vent est humide en hiver dans ce coin-là…  J’en ai des frissons juste à y penser. Brrr !!!

Donc, si ça peut aider les participants à la course de demain, un petit conseil: identifiez avant le départ la provenance du vent. Comme le parcours est constitué de 3 boucles de 7 km, le dieu Éole vous aidra et vous nuira en alternance. Alors essayez d’avoir des compagnons de route pour les bouts où il vous sera défavorable, question de partager le « travail ». D’après moi, la section qui longe le bassin olympique va être terriblement difficile et la petite montée après les puits, à l’extrémité ouest du circuit Gilles-Villeneuve, infernale. Mais quand on s’y attend, on dirait que c’est moins pire…

En terminant, je voudrais souhaiter la meilleure des chances à tous les participants. Je vous souhaite d’avoir beaucoup, beaucoup de plaisir. Et sachez que vous avez toute mon admiration !  🙂

Courir en hiver: s’adapter aux conditions météo

J’ai déjà abordé un peu le sujet, mais à la demande de ma petite soeur et avec la saison froide qui s’en vient, je crois que le moment est propice pour en parler: qu’est-ce que je fais l’hiver ?

Si on revient au commencement, c’est-à-dire il y a quelques années, je n’appréciais pas l’hiver, mais rien de particulier. Depuis que nous avions quitté Montréal (qui n’est tellement pas adaptée à notre climat que ça en est ridicule) pour nous établir en banlieue, ma relation avec la saison froide avait repris la cordialité de ma jeunesse. Je préférais l’été, mais je me faisais à l’idée qu’il fallait traverser l’hiver. De plus, je ne déteste pas pelleter, alors…

Tout a changé quand je me suis mis à la course. Le froid ? Pas de problème. La neige par contre… Et la glace… Maudit que j’haïs ça !  Dès qu’il y a la moindre chute de neige annoncée, je me mets à rager, comme si ça allait changer quelque chose. Barbara me dit souvent: « Pense un peu aux skieurs ». Et les skieurs, ils pensent à nous, les coureurs ? NON !!!

(Aparté: cette semaine, j’ai eu une discussion à ce sujet avec mon ami et ancien collègue Sylvain. Il m’a fait remarquer qu’il demandait seulement 3 mois de neige par année et me laissait les 9 autres si je voulais. Ouais, bon point. Mais je cours 4 fois par semaine alors que très rares sont les skieurs qui enfilent les planches plus de 2 fois par semaine. Et puis j’ai le droit d’être égoïste de temps en temps, bon !  ;-))

Bon, une fois que j’ai fini de chiâler, je fais quoi ?  Je fais comme tout être humain qui veut survivre: je m’adapte. Aujourd’hui, je vais parler de ce qu’il y a de plus facile à gérer: les conditions météo.

Le dicton le dit: « Il n’y a pas de mauvais temps pour courir, seulement de mauvais vêtements ». Je vérifie donc toujours les données météo avant de partir: température, vent, le temps qu’il fait, etc. puis je m’habille en conséquence. Le principe universel bien connu est le suivant: plusieurs couches minces de vêtements au lieu d’une seule couche épaisse. Et ça prend des vêtements appropriés en matériel synthétique qui « respire », de façon à évacuer plus facilement la transpiration et demeurer le plus possible au sec. Le coton qui absorbe si bien l’eau est à éviter à tout prix. Les boutiques de course offrent un large éventail de produits qui permettent de s’adapter à toutes les conditions et on peut y recevoir de judicieux consels de la part d’experts en la matière (en tout cas, la plupart du temps…). Pour ma part, je crois bien que je suis capable de « descendre » facilement jusqu’à -30 degrés avec ce que je possède. J’ai un manteau que je n’enfile que 3 ou 4 fois par année tellement il est chaud.

Règle importante quand on court au froid (et à toutes les températures, en fait): la règle du 10 degrés. Il fait -15 degrés dehors ?  On s’habille comme s’il faisait -5 et qu’on allait prendre une marche ou travailler. C’est un peu plus désagréable au début, mais le corps se réchauffant, on se retrouve confortable assez rapidement. Si après 10 minutes on a encore froid, c’est que la combinaison de vêtements choisie est inadéquate. À l’inverse, si on est confortable avant même de commencer à courir, on est trop habillé. Disons que ce n’est pas toujours facile de trouver la combinaison parfaite…

Une fois le corps couvert convenablement, je porte habituellement une tuque de course. N’étant pas frileux du visage et du cou, je ne porte aucun foulard ou plastron. Pour mes mains, je les enfouis généralement dans le prolongement (prévu à cet effet) des manches de mon chandail de course à capuchon (que je surnomme le fuhrot, d’après l’attirail que portait le méchant dans Les Oraliens, une émission de mon enfance. Ceux de ma génération s’en souviendront certainement). J’ai essayé des gants et des mitaines et je me suis gelé à chaque fois quil faisait froid pour la peine.

Pour le bas du corps, je porte des pantalons semi-doublés, les « full-doublés » étant trop chauds pour moi. Et messieurs, détail excessivement important: il ne faut pas oublier les parties intimes !  Avec un vent de face, c’est fou à quel point on peut devenir inconfortable rapidement.  Personnellement, j’ai toujours une débarbouillette placée stratégiquement pour protéger les bijoux de famille. Ce n’est pas ce qu’il y a de plus élégant à voir, mais c’est bigrement efficace !

Pour les pieds, les boutiques spécialisées offrent une panoplie de sortes de bas. Personnellement, j’aime bien la laine merinos, mais c’est à chacun de voir ce qu’il préfère.

Une fois habillé, autre chose à penser: le vent. Parce que lorsqu’il fait froid, sa présence est encore plus déterminante. On pourrait même dire qu’il est primordial de commencer le vent dans la figure et terminer le vent dans le dos. La raison est simple: même s’il fait froid, nous transpirons. Si le coureur commence son trajet avec le vent dans le dos, il rsique de tout simplement frigorifier en revenant avec le vent de face. Donc, pour décider de mon trajet en hiver, je regarde toujours la direction du vent. Comme il vient généralement de l’ouest, c’est pour cette raison que je me retrouve presque irrémédiablement soit de l’autre côté de la 132 (grr !) ou dans le parc industriel (double grr !!) lors de la saison froide.

Au fil des ans, j’ai peaufiné ma gestion du vent. Ainsi, je fais habituellement 1 ou 2 km le vent dans le dos pour m’échauffer, puis entame le vif du sujet: le vent de face. Et je termine toujours le vent dans le dos… si c’est possible.

Il me reste à parler des souliers et de la surface de course. Mais ce sera pour la prochaine fois. 🙂