Un essai concluant

J’ai déjà parlé sur ce blogue de mes problèmes à trouver l’équipement idéal qui m’aidera à garder un niveau d’hydratation acceptable lors de mes longues courses dans les coins perdus. Depuis l’an passé, je cours dans le bois avec un Camelbak. Hyper-pratique, il peut contenir jusqu’à 3 litres de liquide et peut transporter une quantité presque illimitée de cossins. Il y a juste un petit problème avec ce bidule-là: il pèse une tonne. Au point où j’en ai mal aux épaules après quelques heures et que je me retrouve presque invariablement avec le cou barré le lendemain d’une longue sortie en sentiers. En plus, comme il couvre entièrement le dos, la ventilation est nulle quand il fait le moindrement chaud. Bref, je me devais de trouver autre chose.

J’ai essayé la bouteille à la main: patate. Ce n’est vraiment pas mon truc, mes bras ne sont définitivement pas assez forts pour leur imposer un poids durant des heures. Quand à la ceinture d’hydratation à plusieurs bouteilles que j’utilise sur route, elle présente le désavantage d’imposer des remplissages qui prennent plus de temps en plus de la bouteille avant gauche qui a la fâcheuse habitude de s’éjecter dès que ça brasse le moindrement. À proscrire.

Un “collègue” ultrarunner particulièrement connaisseur dans ce genre de trucs (il devrait aller travailler à La Cordée…) m’a prêté sa AK Vest de la compagnie Ultimate Direction.  Créée en collaboration avec le grand ultramarathonien Anton Krupicka, c’est un chef d’oeuvre de légèreté. Cette veste, qui est équipée de deux bouteilles (donc faciles à remplir) de 20 onces installées sur la poitrine, est aérée et offre plein de petits compartiments pour ranger différents bidules: téléphone, gels, petits goûters, etc. Dès que je l’ai enfilée, je l’ai aimée: je me sentais libre comme l’air. Quel contraste avec le Camelbak ! C’est quand je me suis mis à courir que ça s’est gâté un peu: les bouteilles se faisaient aller à qui mieux mieux, me donnant l’impression de courir avec une poitrine 38 DD. Au bout d’un certain temps, je me suis habitué et je pense bien que j’aurais facilement pu vivre avec ce léger inconvénient. Sauf qu’après quelques kilomètres, je sentais les bouteilles s’enfoncer dans mes côtes. Non mais, je ne pourrais pas être un petit peu plus costaud, moi ?!?  Si j’avais la moindre épaisseur musculaire au niveau pectoral, ça n’arriverait pas, ce genre de truc-là !  Mais bon, il n’y avait rien à faire. Après un essai de 34 km, j’ai dû me rendre à l’évidence: ça ne marcherait pas.

Sauf que mon expert, tout en me prêtant la AK Vest, m’avait montré son dernier achat: la veste Alpha d’UltrAspire. Avec réservoir à l’arrière (comme le Camelbak) d’une capacité de 2 litres, elle est également de type ultralégère. Lui en avait fait l’essai et l’aimait beaucoup, vantant sa stabilité. De plus, contrairement à mon vieux machin, le réservoir peut se remplir  facilement sans avoir à le sortir de la veste. Un gros plus. Aussi, la veste ne couvre que la moitié du dos, aidant pour la ventilation.

Après mon essai infructueux, je me suis donc dirigé directement chez le détaillant cité plus haut pour m’en procurer une. Comme c’est un nouveau produit, personne n’a pu vraiment m’aider, mais je me suis débrouillé. Et j’en ai fait l’essai hier matin.

Bingo !  Légèreté, stabilité, aération, liberté de mouvement, name it, tout était merveilleux. Ou presque. Seul bémol: quand vient le temps de boire, justement. L’embout est gros et il faut “siphonner” pas mal pour parvenir à tirer un peu de liquide. Au repos, ça va, mais quand on court, ce n’est pas l’idéal. J’ai soumis le problème à ma référence en la matière et il m’a répondu que lui avait changé le réservoir car lui non plus n’aimait pas celui qui venait avec la veste. Je vais fort probablement faire de même.

Donc, je crois bien que j’ai trouvé une façon à la fois efficace et agréable pour ne pas sécher lors de mes prochaines sorties en sentiers…  🙂

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À recommencer

6h45, c’était un peu tôt à mon goût pour me rapporter à la tente des bénévoles de la Grande Virée des Sentiers. Mais comme le premier départ serait donné à 8h00, c’était bien normal que j’arrive un petit peu avant, non ?

Aussitôt, j’ai fait la connaissance de Chantal, la responsable des bénévoles. Et tout de suite je l’ai aimée. Sympathique, affable, le genre de personne qu’on sent immédiatement qu’elle est agréable à côtoyer. Dès que je lui ai donné mon nom, elle s’est confondue en excuses à propos de la petite confusion qui s’était produite durant la semaine. En effet, elle croyait m’avoir rencontré aux entrainements du Club des Coureurs sur Route de Mont St-Bruno (ce sont eux qui organisent l’événement) et m’avoir donné mon assignation alors qu’il n’en était rien. Ce n’était vraiment pas grave…

Après quelques minutes de confusion, je me suis retrouvé dans une fourgonnette accompagné de 5 autres personnes en direction… des rues de la ville. En effet, j’agirais comme signaleur sur le parcours. Or, une partie de la course de 20 km (environ 3-4 km) se déroule dans les rues. Donc, après avoir aidé les autres à monter deux tables pour un point d’eau, on m’a amené à « mon » intersection, située entre les kilomètres 15 et 16. Moi qui connais les sentiers par cœur, j’étais assigné dans les rues d’une ville que je ne connais pas du tout. Ironique, n’est-ce pas ?

Il était 8h30. Comme David Le Porho avait gagné la course en 1h07 l’an passé, je m’attendais à le voir se pointer entre 8h50 et 8h55. J’avais donc du temps devant moi. Je l’ai passé en nettoyant la rue de quelques branches mortes sur lesquelles les coureurs, fatigués par la montée et les kilomètres, pouvaient trébucher ou glisser. J’ai aussi déplacé légèrement les cônes marquant le passage réservé pour les coureurs de façon à leur donner plus d’espace. Un policier à vélo est venu me voir et on a discuté un peu. Je lui ai fait part de mes craintes au niveau circulation, mais il avait l’air habitué et m’a dit en souriant que les automobilistes étaient respectueux en très grande majorité.

N’empêche que de la manière dont l’intersection était faite, les automobilistes n’allaient pas voir arriver les coureurs sur leur droite, des arbres cachant la vue. J’allais donc devoir être prévenant pour éviter qu’un coureur voit son rythme brisé ou pire, un accident.

Les minutes s’écoulaient. 8h50. 8h55. Ben voyons que se passait-il ?  Bientôt une heure que le départ avait été donné et toujours pas signe de vie… Le départ avait-il été retardé ?  Ou peut-être que David n’était pas là. Mais Sébastien lui ?

À 9h pile ou à peu près, j’aperçus un premier coureur au loin. La casquette vissée sur la tête avec la visière vers l’arrière et ses lunettes lui donnant un petit air intello (il est tout de même médecin !) je reconnus tout de suite le sympathique Sébastien Roulier. Spontanément, je me suis mis à taper des mains et à lancer des encouragements. Comme j’étais fin seul, ça faisait bizarre. Mais je me suis vite arrêté car le trouble se pointait derrière lui: un groupe de cyclistes.

Ils étaient 5 ou 6 et au rythme où ils avançaient, ils allaient couper le meneur de la course, c’était certain. Merde… Tout ce que je pouvais faire, c’était crier, alors je me suis exécuté: « On laisse passer le coureur s’il-vous-plait !  On laisse passer le coureur !!! ». Sébastien a poursuivi sa route sans broncher, tâchant d’éviter les vélos qui lui coupaient le chemin.  « Il faudrait nous avertir avant ! » m’a lancé un des cyclistes.

Vous avertir avant ?  Vous venez de remonter une rue qui fait un bon kilomètre de long sur laquelle des pancartes de stationnement interdit et des cônes orangés forment un couloir que je considèrerais comme assez évident merci. Vous avez certainement dépassé plusieurs coureurs sur ce kilomètre, il semble que c’était plutôt clair qu’il y avait une course d’organisée, non ?  Tu voulais quoi, du con ?  Une enseigne sur une feuille de plywood de 4′ x 8′ à tous les 10 pieds pour t’avertir ?  Tabarn…

Bref, j’étais en petit crapaud et je sentais que j’avais raté mon premier call. J’espérais juste que Sébastien ne s’était pas trop fait briser son rythme dans l’opération…

Après une éternité, un autre coureur se pointa. Puis deux autres. À chaque fois, j’envoyais des encouragements et les dirigeais au bon endroit. À un moment donné, la concentration de participants se mit à augmenter. Et bien évidemment, la circulation automobile aussi. C’est là que je me suis senti vraiment utile, arrêtant le trafic le temps que les coureurs passent, puis faisant signe aux voitures quand le chemin était libre. Plusieurs participants m’ont remercié, ça m’a fait chaud au cœur.

Quant aux automobilistes, ils ont été super pour la très grande majorité. À part un qui a montré une certaine impatience (il avait probablement été obligé d’attendre une loooongue minute), tout le monde a été très gentil. Il faut dire que je me faisais un devoir de les remercier à chaque fois, ça aidait peut-être…

Après un certain temps, de mois en moins de coureurs se sont mis à passer. Puis, plus rien. Heu, je faisais quoi, moi ?  Finalement, j’aperçus un monsieur qui avançait lentement, suivi de deux bénévoles. C’était le dernier coureur. J’ai décidé de me joindre à eux et terminer la course. Le coureur était monsieur Gilles Rancourt. Il avançait, lentement mais sûrement. Jamais il ne s’est arrêté, jamais il n’a marché.

Au fil des kilomètres, le bénévole qui fermait la course se faisait demander par walkie-talkie où nous étions rendus, car l’organisation s’inquiétait pour l’heure de départ du 5 km. Disons que c’est toute une gestion, organiser plusieurs épreuves qui partent et finissent toutes au même endroit. Car il n’était pas question que le 5 km parte avant la fin du 20 km, vu que nous allions arriver en sens inverse…

Finalement, à mesure que nous approchions, une foule se formait et voyant monsieur Rancourt accompagné de gars portant des t-shirts orangés, elle se mit à se faire entendre. Les cris fusaient de partout, j’en avais des frissons. Mais on dirait que ce n’était pas assez, alors j’en demandais plus et les gens répondaient. Monsieur Rancourt a terminé en 2:27:46 sous les acclamations du public. Un bien beau moment.

Le reste de la journée a été tout aussi plaisant. J’ai eu l’occasion de regarder le départ et l’arrivée du 5 km (remporté par Dany Croteau), puis de servir de « poteau » pour tenir les câbles limitant l’accès au parcours durant ce qui constitue toujours un moment fort dans ces événements: les courses de 1 km des petits.

Et  par pur hasard, qui s’est retrouvé à côté de moi pendant que je jouait au piquet ?  Le vainqueur du 20 km lui-même !  Comme nous avions déjà échangé par courriel, je me suis présenté et nous avons amorcé une petite jasette. Il se rappelait à peine l’incident de « mon » intersection. ce qui m’a soulagé. Nous avons parlé du parcours, de la course, du fait qu’il avait couru 140 km durant la semaine (gulp !) et 1 heure et demie au mont Orford la veille (double gulp !). Et il venait de planter tout le monde !  Je me demande bien par combien de minutes il aurait pu gagner s’il avait été le moindrement reposé…

Son fils étant inscrit dans une des courses, il l’a suivi, mais nous avons eu la chance reprendre notre conversation par après. Comme je lui parlais de marche en ultramarathon, il ne semblait pas trop comprendre. La raison est fort simple: il ne marche jamais !  Je n’en revenais pas. Même pas au Vermont 50 ?  Même dans le mur au 47e mille ? Shit…  Seb, es-tu vraiment certain d’être humain ? Après ça je me demande pourquoi il a terminé presque 2 heures avant moi… 😉

Un ultrarunner bien connu s’est ensuite joint à nous, la conversation tournant autour des futures courses, des championnats mondiaux auxquels Sébastien participera en juillet, du Vermont 100 (où les deux se retrouveront, espèces de chanceux !) et de bien d’autres choses.  C’est fou ce que la course peut me rendre sociable !  🙂

Puis, les gens ont commencé à s’en aller. Mais pour nous bénévoles, la journée n’était pas terminée: il fallait tout ramasser. Ça s’est fait dans la bonne humeur et je ne comptais plus les chaleureuses poignées de main que j’ai reçues avant de partir, vers 14h30.

Organiser un tel événement, c’est vraiment beaucoup, beaucoup de petites choses à penser, à prévoir. Et c’est beaucoup de travail, j’ai pu le constater. Mais le faire dans le plaisir et la bonne humeur, ça a été un pur bonheur. Originalement, mon but était d’amasser des heures en vue du Vermont 100 de l’an prochain. Mais j’ai tellement apprécié que je crois bien que ce sera un rendez-vous pour les prochaines années, Vermont 100 ou pas.

Pour une première fois de « l’autre côté »

Depuis que je cours, j’ai eu la chance de prendre part à un grand total de 23 compétitions organisées. À chaque occasion, des bénévoles étaient là pour nous aider, nous supporter, nous encourager. Peu importe la température, qu’il fasse chaud et humide ou froid, pluvieux et venteux, ils étaient là, toujours souriants, dévoués pour nous. À quelques occasions, j’ai eu beaucoup d’admiration pour ces personnes qui étaient présentes, malgré le mauvais temps. Nous coureurs avions payé et étions entrainés pour ce jour précis, alors la pluie n’était qu’un inconvénient. Mais rien n’obligeait ces valeureux bénévoles à braver les intempéries dans le seul et unique but de nous aider. Il aurait été bien plus facile pour eux de demeurer à la maison. Mais non, ils étaient là.

À chaque point d’eau, je me fais toujours un devoir de remercier la/le bénévole qui me tend un verre. À mon sens, c’est la moindre des politesses. Car sans eux, il n’y aurait pas de courses, tout simplement.

Hé bien, pour la première fois demain, je serai de « l’autre côté », c’est-à-dire que ce sera (enfin) mon tour d’aider les coureurs dans le cadre de la Grande Virée des Sentiers du Mont St-Bruno. À ce que j’ai compris, mon rôle sera de guider les coureurs sur les différents parcours. Ça tombe bien, disons que j’ai une assez bonne connaissance de l’endroit. Je vais tâcher de faire ça comme du monde tout en profitant au maximum de la chance que j’aurai de pouvoir observer de près la technique des meilleurs de la discipline au Québec. Je vais également essayer de rendre une partie des encouragements que j’ai reçus au cours des années. Car je connais très bien l’effet que peuvent avoir de bons mots bien placés sur le moral et au bon du compte, sur la performance d’un compétiteur.

Allons-nous assister à un 5e sacre consécutif pour David Le Porho dans l’épreuve-reine, le 20 km ?  Je m’attends également à voir un certain Sébastien Roulier aux avant-postes…  🙂

Bonne chance à tous et à toutes !

De mauvaise foi

Bon, vous allez dire que je suis de mauvaise foi. Que c’est la pluie d’aujourd’hui qui m’a empêché d’enfourcher mon vélo pour me rendre au travail qui m’a rendu d’humeur maussade. Et vous avez peut-être un peu raison, mais que voulez-vous, à 43 ans, on ne me changera pas !

Qu’est-ce qui me fait râler ?  Un petit article paru dans La Presse+ hier qui ne faisait ni plus ni moins que je répéter ce qu’on retrouve ici. Ainsi donc, selon une étude de l’Institut de Cardiologie de Montréal, le sport à haute intensité pendant plusieurs années peut être nuisible pour le coeur.

En fait, ça, c’était le titre de l’article. Quand on se donne la peine de lire un peu plus loin, on retrouve une belle phrase qui diminue passablement la crédibilité de l’ensemble du texte. Je cite: “Les résultats sont probants: la pratique de l’exercice physique à haute intensité peut provoquer une susceptibilité à la fibrilation auriculaire chez certains sujets.” (les caractères gras sont de moi). On va peut-être m’accuser de jouer sur les mots, mais pour moi, l’utilisation du verbe “pouvoir” et du mot “certains” démontrent que les résultats ne sont vraiment pas probants, justement…

Mais il y a plus. Les résultats sont basés sur la reproduction en laboratoire de l’exercice à haute intensité chez l’être humain en la transposant chez des rongeurs. En effet, les chercheurs en ont fait courir une heure par jour pendant 8 à 16 semaines, “l’équivalent de 10 ans d’exercice chez l’être humain”. D’où vient cette équivalence  ?  D’une bête règle de trois ?  Et 10 ans, c’est pour 8 ou 16 semaines ?  Ce n’est pas vraiment la même chose… Et désolé de vous l’apprendre, messieurs les chercheurs, mais n’importe quelle personne qui a eu un hamster sait que ces petites bêtes courent bien plus que ça et ce, durant toute leur vie. En les faisant courir une heure par jour, vous les avez restreints, pas le contraire… Bon, probablement que les rongeurs utilisés étaient des rats et que peut-être que génétiquement, les rats sont plus proches de l’être humain que du hamster et qu’ils ne courent normalement pas durant toute la nuit.  Mais j’en doute. Quelqu’un peut m’éclairer à ce sujet ?

Les chercheurs stipulent que ces résultats devront être confirmés par des études sur des cohortes d’êtres humains (duh !?!). Question simpliste du profane: ils n’auraient pas pu tout simplement commencer par là ?  Une petite enquête auprès d’anciens athlètes de tous les niveaux, puis comparer le tout à la population en général, genre…

L’article se termine par un paragraphe sur la fibrilation auriculaire. De beaux chiffres sont lancés: “on estime qu’une personne sur 4 souffrira de fibrilation auriculaire au cours de sa vie. Au Canada, près de 250000 personnes sont atteintes de cette forme d’arythmie”. Selon le dernier recensement, notre pays comptait environ 33.5 millions d’habitants en 2011. J’ai beau faire le calcul de tous bords tous côtés, ça ne marche pas. Est-ce que ça se guérit ?  Ce qui expliquerait que certaines personnes en ont souffert et n’en souffrent plus ?  Est-ce que tant de personnes que ça vont en souffrir plus tard ?  Parce que 250000 sur 33.5 millions, c’est une personne sur 134. On commence à être loin du compte…

Bref, comme je disais, je suis probablement de mauvaise foi. Mais quand on nous attire avec un titre accrocheur du style “Le marathon est dur pour le coeur” (ça, c’était sur La Presse+) et qu’on nous garroche des chiffres qui ne tiennent pas debout après nous avoir présenté les résultats d’une étude faite sur des rongeurs, je n’ai qu’une chose qui me vient en tête: retournez faire vos devoirs. Ça me rappelle la fameuse étude qui avait conclu que le port du soutien-gorge augmentait de façon extraordinaire le risque de développement du cancer du sein chez la femme. Du grand n’importe quoi.

Bon, c’est la semaine du Grand Prix…  Il est où le médecin qui va nous sortir comme à chaque année que piloter un Grand Prix, c’est aussi dur pour le corps que courir un marathon ?  Tant qu’à chiâler…  😉

Dans l’humidité

L’humidité était à son comble samedi quand mon amie Maryse est arrivée au Mont St-Bruno. J’y étais depuis près de 90 minutes et je m’étais arrêté tellement souvent pour reprendre mon souffle/mouiller ma casquette/enlever mon t-shirt que je n’avais fait que 12 km. Je les avais faits le plus rapidement possible (4:32/km de cadence moyenne), mais il n’en demeure pas moins qu’à force d’arrêter, je n’avais finalement pas couru tant que ça. C’était toutefois suffisant, surtout que j’accompagnerais mon amie sur une autre dizaine de kilomètres.

Quand elle m’a vu, tout dégoulinant dans ma splendeur, je n’ai pas eu droit à un câlin. Je ne comprends pas pourquoi… 😉  Au programme: des côtes. Car voyez-vous, Maryse habite Laval, c’est-à-dire un endroit où un viaduc d’autoroute est considéré comme une montagne, un peu comme chez nous d’ailleurs. Or, comme elle s’est inscrite à St-Donat, elle voulait avoir un aperçu de ce que seraient des vraies côtes.

J’avais prévu faire le Sentier des Lacs (8.8 km), mon préféré, en faisant une bifurcation vers la côte de la tour de télécom. Mais avec la chaleur, je lui ai proposé de nous rendre directement à la tour et revenir, tout simplement. Elle préférait toutefois y aller plus graduellement, nous avons donc pris le sentier et son parcours vallonné.

J’avoue qu’elle m’a impressionné: ça prenait du caractère pour affronter des côtes pour la première fois par une telle chaleur. Je lui ai appris quelques rudiments de la course en montagnes, comme par exemple marcher en montant pour récupérer au lieu de le faire sur le plat et essayer de courir en montant. En effet, la différence de vitesse entre la marche et la course n’est pas immense en montant, mais sur le plat par contre…

Dans les deux derniers kilomètres, comme ça descendait beaucoup, mais avec une pente assez douce, elle s’est laissée aller. C’était beau à voir: sa queue de cheval qui battait au rythme de ses foulées, de grandes enjambées (pour un bout de femme de 5’2”, on s’entend) qui sautaient par dessus les obstacles, elle avait l’air de s’amuser comme un petite fille; autant que moi quand je descends. Lui aurais-je transmis le goût de courir dans le bois ?

En tout cas, je ne lui ai pas transmis le goût de collectionner les chaussures de course.  Vous auriez dû lui voir le visage et surtout, entendre le sermon qu’elle m’a servi quand elle a vu mon arsenal… Si j’ai envie d’avoir 15 paires de souliers pour faire de la peinture, j’ai bien le droit, non ?  Bref, j’ai fait une erreur: maintenant, elles sont rendues deux à me dire que je devrais me débarrasser de ces godasses avec lesquelles j’ai parcouru tant de kilomètres.

Puis dimanche, j’y suis retourné, seul cette fois. Mon avant-dernière très longue sortie avant St-Donat: 46 km. L’humidité était encore à couper au couteau. En plus, il pleuvait et il n’y avait pas le moindre signe de vent. La température idéale pour faire autre chose que courir. J’ai essayé de me “réchauffer” (bizarre d’utiliser ce terme quand on transpire juste à respirer), mais comme j’étais envahi par les foutus maringouins, j’ai coupé ça court et suis parti.

La pluie tombait, c’était écrasant. Mon corps était récalcitrant et m’a rapidement donné une indication que la journée serait longue: le premier kilomètre en 4:45, alors qu’une bonne partie avait été faite en descente et le reste sur le plat. Pas bon signe…

J’ai évolué, lentement, à la cadence que mes jambes déjà taxées me permettaient d’avancer. Autour du 9e kilomètre, alors que j’étais en montée et que la pluie était diluvienne, qui s’est montré le bout du nez ?  Mon bon “ami” le surveillant (en tout cas, s’il ne l’est pas, il a une légère tendance à se prendre pour ça). Pas en pickup comme l’an passé, mais en cart de golf cette fois. Probablement parce que c’est plus pratique pour aller écoeurer le monde dans les sentiers…

Il s’est arrêté pour me demander si j’avais mon droit d’accès sur moi (il a été très courtois, je dois l’admettre). Tu me niaises, bonhomme ?  Il tombe de la merde, penses-tu sérieusement que je serais ici si je n’étais pas un habitué ?!?

J’ai répondu que ma carte était dans mon Camelbak (ce qui était vrai) et entrepris de défaire les millions de courroies en montrant que c’était tellement compliqué de tout défaire ça… Il m’a demandé si ma carte était encore valide et quand je lui ai répondu qu’elle l’était jusqu’au 31 juillet, il a dit que c’était correct, que je n’avais pas besoin de la sortir, m’a souhaité une bonne journée et est parti. Mais pourquoi diable ce gars-là est-il le seul qui m’ait jamais demandé ma carte dans ce parc ?  Pourquoi ne se contente-t-il pas d’envoyer la main et faire un beau sourire aux coureurs comme le font les autres ?

Les kilomètres se sont mis à s’accumuler, lentement mais sûrement, comme dans un ultra. Je prenais bien soin d’emprunter les sentiers et détours les plus difficiles, ayant une petite idée de ce qui m’attend en compétion pour le reste de la saison. Arrivé au sommet du centre de ski, la pluie n’avait pas ralenti ses ardeurs, bien au contraire. 7 jours plus tôt, j’étais au même endroit, sous la pluie encore une fois, mais je gelais. Cette fois-ci, la pluie me faisait presque du bien…

Mais pas autant qu’à une dame croisée à l’accueil on dirait… Elle m’a abordé, me disant: “C’est vraiment le fun de courir sous la pluie, non ?  On se croirait dans la jungle !”. Ouais, l’Amazonie, ce n’est pas habituellement le portrait que je me fais d’une belle course. J’ai comme dans mon idée qu’elle n’avait pas un programme aussi chargé que le mien…

Les longues sorties, c’est aussi le moment idéal pour faire (encore) des tests. Dimanche, j’essayais le GU Brew à la place de mon traditionnel Gatorade dans mon Camelbak. Et comme il faisait chaud, je buvais souvent: à tous les kilomètres. C’est bien, le GU Brew, c’est moins collant que le Gatorade et ça se tolère mieux à la longue. Mais ça ne goûte pas grand chose, finalement. Bah, c’est mieux que de l’eau.

Sauf que ce qui devait arriver, arriva: au 40e kilomètre, j’étais à sec. J’ai pu me rendre à l’accueil sans problème, mais l’avertissement était lancé: seulement un Camelbak, ce n’est pas assez. Je dois définitivement trouver autre chose qui est un, moins lourd et deux, plus facile à remplir. J’ai un prospect en vue, j’ai hâte de faire un essai. Histoire à suivre…