Apprendre (presque) à la dure

Les vacances sont presque terminées, retour au boulot lundi. J’en ai toutefois profité hier pour faire ma dernière grosse course avant le grand jour.

Initialement, je voulais faire trois sorties d’au moins 50 km en sentiers avant le Vermont 50, un peu comme on fait trois sorties de plus de 30 km quand on prépare un marathon. Mais bon, il y a eu des changements dans les plans pour les vacances et comme on dit, courir 50 km, ça gruge une journée, genre…

Alors hier, je me suis dit que ce serait la deuxième et dernière. Au programme: 56 km au mont St-Bruno. Pourquoi 56 ?  Ben, parce que ça correspond à 70% de la distance visée, ce que je trouve être un pas pire ratio. Je me suis donc « élancé », mon Camelbak rempli à ras bord de Gatorade, de l’eau à la ceinture, 4 gels, 2 barres énergétiques et des predzels en quantité. J’étais prêt pour la grosse ouvrage, comme on dit.

Je n’avais pas fait 500 mètres que je rencontrais, tradition oblige, une maman-chevreuil et un petit. Il n’y a rien à faire, je suis incapable de poursuivre mon chemin quand je croise d’aussi belles bêtes… Ça commençait bien la journée. Puis, bon, les milliers d’ajustements du premier kilomètre passés, j’ai fini par me mettre en route pour de vrai. Et qu’est-ce qui m’attendait, comme à tous les jours cet été ?  L’humidité. 15 minutes de course et je dégouttais de partout. C’est vraiment fou comme climat. Un 7 septembre, bout de viarge !  Enfin, fallait que je fasse avec.

Rien d’autre à signaler pour les 10 premiers kilomètres. Après avoir rempli mes bouteilles d’eau, je suis reparti. Ça allait bien. Ma moyenne du premier tour (4:54/km) avait toutefois été un peu trop rapide à mon goût, mais bon…  J’étais sur mon sentier préféré quand le premier problème s’est pointé. J’adore le « Tour des Lacs », sauf à un endroit, où il y a une descente très abrupte que je ne suis jamais capable de courir comme du monde. Cette fois-là n’a pas été l’exception.

Mon pied gauche a pris un drôle d’angle à un moment donné et j’ai senti une grosse douleur dans ma hanche. Ouch !!!  Je me suis arrêté, ai constaté les dégâts, puis suis reparti, tant bien que mal. Shit, il fallait que ça passe, il me restait l’équivalent d’un marathon à faire, moi … Les kilomètres suivants ont été difficiles, les descentes particulièrement. J’essayais de protéger ma hanche, mais sans trop de succès. Merde.

Puis, autour du kilomètre 18, j’ai commencé à me sentir bizarre. Un peu étourdi, ou faible, je ne savais pas trop. Négligence de ma part: quand je fais une longue course sur route, je prends habituellement un premier gel autour des kilomètres 15 ou 16, Ça aide la transition du corps du mode « carburons au sucre » vers le mode « carburons au réserves ». Après 18 km, en sentiers, j’étais bien en retard. J’ai terminé le tour un kilomètre plus loin, puis ai mangé un bonne quantité de predzels et pris un gel. C’était enregistré: erreur à ne pas commettre dans trois semaines.

Le troisième tour, effectué sur le sentier le plus difficile de la place, a bien commencé, mais au kilomètre 23, je n’avais plus de jus. Merde et remerde !  J’ai envisagé de couper ça court, je ne me voyais tout simplement pas faire 33 autres kilomètres… C’est là que je me suis mis à me parler (bon, les gens qui me connaissent savent que je passe mon temps à me parler, mais en tout cas…): si tu lâches, tu vas le regretter. Si tu tombes sur des passes difficles en course, tu vas faire quoi, hein ?  Arrête de te plaindre et finis au moins ton tour !!!

C’est ce que j’ai fait. Presque 29 km de faits quand j’ai rempli à nouveau mes bouteilles. Le fait d’avoir complété la moitié de mon objectif m’aidait un peu. Ok, gel au beurre d’arachides et on repart. Mon sentier préféré, une autre fois, question d’avoir bon moral. J’avoue que ça allait plutôt bien, que mon affaire se replaçait tranquillement quand je suis arrivé, encore, à la foutue côte. Cette fois-là, j’ai vraiment cru que la jambe était pour m’arracher… Ça y est, j’étais blessé, je devais déclarer forfait.

Mais finalement, non. Les descentes étaient atroces, mais le reste n’était pas mal. Et rendu à l’accueil, j’avais maintenant 38 km au compteur. Plus que 18. J’ai rechargé les batteries avec d’autres predzels et une Power Bar au complet. J’ai englouti ça avec une telle aisance que je me suis rendu à l’évidence: j’allais devoir manger plus en compétition.

Afin de protéger ma hanche, j’ai décidé de faire un sentier que je ne fais jamais parce que trop facile à mon goût. Ce sentier passe entre autres devant la maison de Georges Brassard, le « monsieur bibitte » de l’insectarium. Disons que sa maison a l’air aussi étrange que le personnage…  🙂  Donc, sentier valonné que j’ai fait prudemment, en prenant soin de garder une cadence plus relaxe. Après l’avoir fait une fois, j’avais 45 km dans les jambes. J’ai avalé un gel « expresso » avec double dose de caféine et suis reparti.

La caféine a vite fait son oeuvre et je sentais que j’avais l’énergie pour poursuivre pendant des heures. Évidemment, ça a été de courte durée… Mais ce sentier étant pas mal utilisé par les coureurs (et surtout les coureuses !  :-)), disons que mon orgueil m’a fait avancer plus vite que je pensais en être capable. J’ai terminé le tout avec le sentier rustique de 3.5 km, totalement perdu dans le bois. Celui-là est plus technique, avec de la roche et des racines, et je trouvais l’occasion parfaite pour tester ma vigilance avec plus de 50 km dans le derrière. Je m’en suis assez bien tiré et en bonus, croisé un beau petit faon.

Anecdote sur la fin de course. J’ai pris l’habitude d’aller me chercher un « Powerade » bien froid dans les machines distributrices de l’accueil après mes courses au mont St-Bruno. C’est comme ma « récompense » (je sais, c’est un peu loser comme récompense). Comme ça coûte 3.25 $, j’ai mis 4$ dans la machine. Et là, les pièces se sont mises à tomber: ca-ching, ca-ching, ca-ching !  J’avais gagné le jackpot, woo-hoo !!!  Hé non, la machine me redonnait mon change… en pièces de 5 cents !  15 beaux castors juste pour moi !  Ben oui, chose, j’allais trainer ça, moi, et écouter les gueling gueling des pièces qui cognent ensemble. Yeah right !

Je me suis donc présenté au bureau à l’avant et ai fait offciellement un don au parc. Le gars m’a regardé avec un drôle d’air, je ne sais vraiment pas pourquoi…  😉

Donc, au final, à part qu’il faut que je traine le change juste la prochaine fois, beaucoup de leçons à retenir…

Premièrement, une pinte de Blue Ribbon, une cannette de Heineken et quelques verres de rouge la veille d’une aussi longue course, ce n’est peut-être pas l’idée du siècle. L’alcool est mon vice, je l’ai toujours admis. Je vais lever un petit peu le pied de ce côté et évidemment, la semaine avant la compétition, je vais tout arrêter.

Deuxièmement: manger. Il va falloir que je garde le réservoir plein, et pas seulement au niveau liquide. C’est priomordial.

Troisièmement: la cadence. Je vais trop vite, je le dis depuis des lunes. Et malheureusement, c’est difficile de trouver le bon rythme en sentiers parce que le GPS, à cause des arbres, a de la difficulté à afficher la cadence réelle. De plus, avec les côtes, on a de la difficulté à évaluer si on va au bon rythme même si on se fie sur la cadence moyenne. Mais il y a un principe fondmental en course très longue distance: si tu veux finir plus vite, tu dois aller plus lentement !

Quatrièmement: si ça va mal, persiste, ça va aller mieux plus loin. Tout le monde a des mauvaises passes, ce sont ceux qui les gèrent le mieux qui s’en sortent.

Bon, avec tout ça en tête, je peux commencer à décroître tranquillement ma charge d’entrainement, de façon à être reposé le 30 septembre.

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2 avis sur « Apprendre (presque) à la dure »

  1. Yé! On diminue l’entraînement… Le jour J approche! Bravo pour ton endurance et ta persévérance à toute épreuve! Quel modèle, quand même… Juste à te lire, j’ai eu le goût d’arrêter deux fois pour toi!

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