« Ils sont fatigués »

Entendu à la radio en revenant à la maison hier: “Carey Price et sa brigade défensive sont fatigués à cause du calendrier très condensé que le Canadien doit jouer cette année.” C’étaient les propos de Michel Villeneuve durant l’émission de Paul Houde à 98.5 FM. Je n’ai pas pu m’empêcher de rire. Dans le genre dire des âneries…

Mettons d’abord les choses au clair: je ne suis pas un amateur de hockey. Je l’ai déjà été et j’aime toujours regarder ce sport tellement beau à voir… quand il est joué comme il devrait l’être. Soit durant les Jeux olympiques ou les championnats du monde. Pas dans la Ligue nationale où il n’y a pas une semaine sans qu’il y ait au moins une tentative de meurtre. Parce c’est comme ça que j’appelle le geste que pose un matamore qui vise la tête d’un adversaire avec son coude ou son bâton. Et je ne parle même pas de ce qui est carrément illégal à l’extérieur d’un aréna, c’est-à-dire se battre à poings nus. Dans le hockey nord-américain, les belligérants reçoivent 5 minutes de punition, puis peuvent retourner jouer comme si rien n’était. R-I-D-I-C-U-L-E !!!

Mais bon, ce n’est pas de ça dont je voulais parler. Je voulais plutôt parler de la forme physique de ces idoles. Excusez un peu, mais je ne peux tout simplement pas concevoir qu’une bande de jeunes hommes dans la force de l’âge, pour qui être en forme physique fait partie de leur travail (et non de leurs loisirs comme les gens dits “normaux”), seraient fatigués après deux gros mois d’activités ?  Pardon ?  Pauvres petits…

Commençons par les défenseurs. On tombe en pamoison devant un défenseur qui joue 30 minutes par match. Heu… Est-ce si difficile d’être sur la glace pendant 30 minutes réparties sur la durée totale d’une partie, soit près de 3 heures ?   Ça consiste en quoi, 20 shifts de 90 secondes ?  Faites-moi courir 20 sprints de 90 secondes répartis sur 3 heures et je vais considérer ça comme une perte de temps, pas comme une sortie fatigante. Je tiendrais à rappeler que j’ai entre 10 et 20 (et même 25 !) ans de plus qu’eux et que  l’activité physique, c’est mon loisir. Je fais autre chose pour gagner ma vie. Et entendons-nous bien, les défenseurs qui jouent autant se retrouvent souvent sur les avantages numériques au cours desquels on ne peut pas dire qu’ils sont à fond de train…

J’entends d’ici l’argument mettant de l’avant qu’ils ne font pas que du “cardio”, ils doivent aussi travailler en force, ils reçoivent et donnent des coups, etc., ce qui n’arrive évidemment pas (en temps normal en tout cas !) quand on ne fait que courir. Je concède que c’est vrai et que le travail en force peut drainer beaucoup d’énergie. Mais quel pourcentage du “temps de glace” se fait en force ?  10% ?  15% ?  Mais dites-moi, quel pourcentage du même “temps de glace” se fait, surtout chez les défenseurs, à garder sa position, à surveiller ce qui se passe, à ne rien faire physiquement, finalement ?

Tout ça m’amène à Carey Price. Ce jeune homme a 25 ans. Doté d’une carrure impressionnante, il est une force de la nature. Et on nous dit qu’il serait fatigué à garder les buts ?  Il se brûlerait à goaler ? Vous voulez rire de nous ou quoi ?  Je concède que le style papillon utilisé par les gardiens modernes demande beaucoup de souplesse et de force physique. Mais au point d’être fatigué après deux mois ?  Quand ça fait pour ainsi dire partie de sa définition de tâche ?

Garder les buts, c’est de l’habileté à au moins 80%. Ça prend de la technique, beaucoup de pratique, de bons réflexes. Si Price est fatigué à faire ça, il a définitivement un problème. À sa place, j’aurais honte de me définir comme étant un “athlète”.

Demandez à Alex Harvey comment il trouverait ça, goaler 3-4 fois par semaine. Pas certain qu’il serait fatigué au bout de deux mois…

Une grippe d’homme ?

Ce billet s’adresse à vous, mesdames.

La plupart d’entre vous avez probablement déjà entendu parler de la péjorativement surnommée “grippe d’homme”. Selon cette théorie (je n’ose pas dire “invention), quand un homme est malade, la terre arrête de tourner: il est incapable de bouger, incapable de penser, incapable de respirer et vous devez absolument satisfaire le moindre de ses caprices sinon c’est une mort certaine qui l’attend. Pourtant si ses chums l’appellent parce qu’ils ont besoin de lui pour une partie de hockey d’une ligue de garage quelconque, il a, premier miracle, la force de répondre au téléphone et deuxième miracle, il est en mesure d’aller jouer. Ses raisons: “Je ne peux pas laisser tomber les boys” et “Ça va casser ma grippe”.

Mettons les choses au clair: je vis avec une femme, alors je n’ai jamais eu connaissance de ce genre de comportement. Et selon ma tendre moitié, il semblerait que je suis relativement facile à vivre quand un virus me fait le merveilleux cadeau de se multiplier dans mon système.

Mais en ce qui concerne les raisons invoquées pour répondre à l’appel de détresse de ses amis, sachez mesdames qu’elles sont vraies et vérifiables. Car laisser tomber les boys, ça ne se fait pas. Ce serait comme déserter quand on va à la guerre. Et “casser la grippe” ou “faire sortie le méchant”, c’est vrai aussi. Oui oui, je vous le jure.

J’en ai d’ailleurs fait l’expérience pas plus tard que samedi. Le rhume (parce que ce n’est définitivement pas une grippe, quand même) qui s’était montré le bout du nez en milieu de semaine était définitivement bien installé samedi matin. En plus, pépère Fred s’était couché tard parce qu’il était allé voir un spectacle pour les gens de son âge: Rock of Ages. Spectacle qui est excellent, soit dit en passant.

Mais bon, disons qu’avec le nez morveux et les pensées un peu embourbées, je ne pensais vraiment pas casser la baraque. Je me disais que je ferais du 4:30/km et que si ça ne marchait pas, j’avais juste à revenir à la maison. La veille, j’avais lu un article me rappelant une des bases de la course longue distance: raccourcir les foulées et augmenter leur fréquence, un peu à la manière des Kenyans. Je me disais que j’essaierais de me concentrer là-dessus.

Au début, le truc semblait fonctionner. Le son de mes pas me rappelait le mois de novembre où tout était si facile. 4:11 pour le premier kilomètre. Ouais, pas mal, mais j’avais le vent dans le dos. J’ai continué, les voies respiratoires étant dégagées pour la première fois depuis 48 heures. Deuxième kilomètre en 3:59. De quessé ?  Sous les 4 minutes sans forcer ?  Le vent était favorable, mais à ce point ?  Hum, je tenais peut-être quelque chose, moi là…

Par la suite, j’ai dû affronter le vent de face (fallait bien) et ma cadence moyenne a évidemment ralenti. Mais je me sentais très fort. Pour la première fois depuis mon “retour”, je voulais littéralement manger les kilomètres. Une sensation tellement grisante… Au final, ma deuxième meilleure moyenne depuis ma blessure, sur 14 km au lieu de 11 comme la fois précédente. Pas encore ce que je faisais à l’automne, mais pas si loin non plus. Et surtout, un rhume qui en a pris tout un coup: je me sentais infiniment mieux après. Bien que ce ne soit pas encore parfait, ça va beaucoup mieux depuis.

Alors mesdames, si votre homme veut aller se défouler alors qu’il est malade, je vous prie de le laisser faire. Après, il vous reviendra (presque) en pleine forme… et dans de biens meilleures dispositions. Ce sera alors le temps idéal de lui parler de travaux de plomberie/menuiserie/peinture…  😉

Le jour où j’ai vraiment haï l’hiver

Variation sur un même thème…

La lune de miel (façon de parler) entre l’hiver et moi s’est terminée assez rapidement. Ça a été plus un « one-day stand », en fait. Dès le lendemain de ma belle course en campagne, quand nous sommes revenus dans la région métropolitaine, la belle neige blanche avait fait place à la sloche brune et à la saleté. L’hiver dans ce qu’il y a de plus laid.

Côté course, ça s’est plutôt bien passé lundi. Mais je regardais la météo avec appréhension et si je voulais courir à nouveau avant le week-end, une seule fenêtre se présentait à moi: mercredi matin. J’ai donc décidé de me rendre au métro de Longueuil à la course, soit à 22 km de chez moi selon Google. Ok, un peu long pour une sortie de semaine, mais parfois, il faut ce qu’il faut.

Avec la chute de neige annoncée, le vent avait pris sa direction de circonstance: nord-est. Directement dans ma figure. Ça commençait mal. Les trois premiers kilomètres se sont pourtant déroulés rondement, sur la piste cyclable du bord du fleuve. Puis ça s’est gâté. Les températures douces du jour faisant fondre la neige, de belles mares d’eau s’étaient formées la veille dans la piste. Mares qui s’étaient transformées en patinoires durant la nuit.

Je ne sais pas combien de fois j’ai dû arrêter pour éviter de tomber. 15, 20 fois ?  Pas la meilleure façon de prendre un rythme. Et le vent frisquet rendait ma respiration difficile, au point où je me suis même demandé si je ne commençais pas à faire de l’asthme, comme mon paternel (c’est le lendemain que j’ai su ce que j’avais: un merveilleux début de rhume).

Au moins, la piste cyclable qui traverse Brossard était bien sèche, mais ma réjouissance fut de courte durée. Près du pont Champlain, la piste n’était plus dégagée du tout. Pas moyen de courir dans cette neige toute cabossée, j’ai dû me résoudre à marcher, en maudissant cet hiver qui ne finit plus de finir. J’ai probablement franchi 1 km en invoquant à plusieurs reprises tous les saints du ciel. Dire que j’étais furieux serait un euphémisme.

Quand j’ai retrouvé la tant désirée asphalte à St-Lambert, j’étais certain que je serais en affaires jusqu’au métro. Ce que je peux être naïf parfois… Pas une seule piste cyclable de la riche St-Lambert n’était le moindrement dégagée. J’ai essayé de bifurquer par les petites rues pour me retrouver… sur une surface complètement glacée. Autres arrêts, autres jurons. Ha, hiver de mes deux !!!

Sur Riverside, j’ai dû courir face à la circulation, en tâchant d’éviter les giga-trous d’eau et les autobus qui semblent carrément incapables de contourner le moindre obstacle humain. Voulez-vous bien me dire pourquoi les foutus autobus doivent ABSOLUMENT rouler si près du bord du chemin ?  Ça m’a d’ailleurs déjà valu des échanges assez musclés (et totalement idiots/inutiles) avec des chauffeurs…  En plus, avec l’heure qui avançait, la circulation se densifiait, rendant l’exercice encore plus périlleux. Et la fréquence des jurons, plus élevée.

Finalement, j’ai fini par passer par des rues secondaires sur le sec et me rendre au métro sans trop de dommage. Je ne sais pas encore comment j’ai réussi à demeurer debout tout le long et à demeurer les pieds au sec. Les longs bouts que j’ai faits en marchant n’ayant pu être comptabilisés, c’est 20 km que j’ai courus ce matin-là. Peut-être la sortie la plus désagréable de toute ma vie.

Mais une fois rendu au bureau (après avoir pris une douche, bien évidemment), j’ai retrouvé la sensation qui me manque tellement les matins d’hiver: ce sentiment de bien-être, de détente, d’avoir l’esprit totalement clair qu’on ressent quand on a couru ou pédalé avant de rentrer au travail.

Je me suis donc promis de recommencer… pour ensuite me questionner sur mon équilibre mental. Suis-je vraiment maso à ce point-là ?