Message pour mes « followers »

Comme mes « followers » ont dû le constater, je me suis enfargé dans les pitons de l’utilitaire qui me sert à écrire sur ce blogue et mon article sur Boston a d’abord été publié incomplet et rempli de statistiques que je désirais enlever. Ainsi donc, si vous avez reçu cet article par courriel et que vous n’avez pas trop compris de quoi il en retournait, je vous suggère la version finale qui se retrouve mainteant sur le site. Désolé des inconvénients… et du sommeil qui a suivi la lecture !

Pépère Fred va essayer de faire attention aux pitons, à l’avenir…

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Le marathon pour les nuls – le marathon de Boston

Voyant ma démarche plutôt laborieuse au lendemain du marathon d’Ottawa, des collègues de travail m’ont demandé ce qui m’était arrivé. Quand je leur ai répondu que j’avais couru le marathon la veille, sachant que ce n’était pas le marathon de Montréal, la question suivante est sortie: « Est-ce que c’était à Boston ? »

C’est pour dire à quel point ce marathon est célèbre: pour bien des gens qui ne connaissent pas le domaine, si je ne courais pas le marathon de Montréal, je courais nécessairement celui de Boston. Mais bon, ce n’est pas tout le monde qui sait qu’il se déroule toujours le troisième lundi d’avril…

Fondé en 1897, c’est le marathon le plus ancien et le plus connu au monde. Le plus prestigieux ?  Peut-être aussi. En tout cas, un des cinq Grands (avec Londres, Berlin, Chicago et New York).

Mais ce qui le rend si spécial aux yeux des coureurs et qui est ignoré par la majorité des profanes (et j’en faisais partie jusqu’à 2006), c’est que n’entre pas qui veut à Boston. Ho non !  Il faut se qualifier. C’est la seule façon (quoi que je souponne que certaines personnes ont des passe-droit, mais bon…) d’y participer.

Voyez-vous, pour le coureur moyen, c’est le nirvana. Quand on commence, on se dit qu’on est un « joggeur ». Puis, avec le sérieux qu’on y met, on devient un « coureur ». Après quelques courses, certains débiles comme moi se disent: « Pourquoi pas le marathon ? ». Après avoir réussi, il deviennent non seulement des « coureurs », mais aussi des « marathoniens ». La prochaine étape ? Devenir un « Boston qualified » ou BQ. Environ 10% des marathoniens (les statistiques ne sont pas claires à ce sujet, si vous en trouvez, faites-moi signe) réussissent les standards, qui ont été resserrés en vue de la course de 2013. Ces standards varient selon l’âge et le sexe du participant et doivent être atteints durant les 12 mois précédant le début des inscriptions, qui se font vers la mi-septembre.

Voici les nouveaux standards:

Âge Hommes Femmes
18-34 3hrs 05min 00sec 3hrs 35min 00sec
35-39 3hrs 10min 00sec 3hrs 40min 00sec
40-44 3hrs 15min 00sec 3hrs 45min 00sec
45-49 3hrs 25min 00sec 3hrs 55min 00sec
50-54 3hrs 30min 00sec 4hrs 00min 00sec
55-59 3hrs 40min 00sec 4hrs 10min 00sec
60-64 3hrs 55min 00sec 4hrs 25min 00sec
65-69 4hrs 10min 00sec 4hrs 40min 00sec
70-74 4hrs 25min 00sec 4hrs 55min 00sec
75-79 4hrs 40min 00sec 5hrs 10min 00sec
80 and over 4hrs 55min 00sec 5hrs 25min 00sec

Auparavant, ils étaient 5 minutes et 59 secondes plus cléments pour chacun des groupes d’âge. À Ottawa, j’ai réussi à me qualifier pour la deuxième fois. J’espère maintenant pouvoir participer. Parce que qui dit qualifié ne veut pas dire inscrit nécessairement !  Hé non…

Car voyez-vous, en vue de la course de 2011, le marathon s’est rempli en 7 heures, laissant plusieurs excellents coureurs (pas l’élite, mais quand même) frustrés d’avoir passé leur journée à essayer d’accéder à un site web bloqué. Donc, dès septembre 2011, en vue du marathon de 2012, les coureurs ont commencé à être acceptés en fonction de leur performance.

Le système est assez complexe, mais en gros, durant deux semaines, tous les coureurs qualifiés peuvent « s’enregistrer ». Puis, les inscriptions sont fermées, et si le nombre de coureurs enregistrés dépasse la capacité du marathon, seuls les meilleurs de chaque catégorie sont acceptés. Ainsi, pour 2012, j’ai été « refusé » pour la bagatelle de 81 secondes. Mais honnêtement, ce jour-là à Mississauga (2011), je n’aurais pas pu faire mieux…

Mais bon, cette fois-ci je me dis qu’avec plus 3 minutes et 16 secondes de jeu, avec des standards plus sévères, jamais je ne croirai…

En terminant, deux petites anecdotes.

La première: saviez-vous qu’un Québécois a remporté le marathon de Boston à 4 reprises ?  Cet honneur revient à monsieur Gérard Côté, dans les années 40. Seulement un coureur en a gagné plus que lui (Clarence Demar, 7 fois entre 1911 et 1930)…

Deuxième anecdote: un jour, je vais chez le vétérinaire avec mon épouse (et notre chien, bien évidemment !) et celui-ci de me demander sans préambule: « Êtes-vous qualifié pour Boston, vous ? »  Heu, hein, est-ce que c’est écrit dans ma face que je cours ?  Puis je me rends compte, beau nono, que je porte mon t-shirt d’Ottawa… Le vet, bon coureur de courtes distances, était évidemment au courant de ce que ça signifie pour un marathonien. Des fois, je me dis que les coureurs, on ressemble à une secte: on dirait qu’on se comprend sans se même parler…

Le bonheur

La journée s’annonçait chaude, je suis encore en récupération d’Ottawa et le prochain grand rendez-vous se fera sur trail.

J’ai mis tout ça ensemble et ça convergeait vers un endroit: la trail sur les bords du fleuve, dans le bois qui longe la piste cyclable de la voie maritime. Deux kilomètres pour me rendre au pont des écluses, puis 3 kilomètres de chemin de terre et voilà, j’aperçus enfin la petite trail qui se dessinait devant moi. 

Je me suis lancé dedans à corps perdu, mon attention portée sur les petites racines et cailloux présents sur mon chemin. Je retournais 30 ans en arrière, chevauchant mon vieux vélo rouge (ou bleu ?) à poignées « mustang » et à « siège banane ». Je revivais mon enfance, là, sur cette petite trail tracée pour ainsi dire en plein milieu du fleuve. Au bout de 4 kilomètres de pur plaisir, je suis abouti sur une petite « plage » de roches. J’avais 9 km dans les jambes, j’avais prévu en faire 18, je devais donc faire demi-tour.

Mais le paysage qui s’offrait à moi s’est accroché à ma petite personne, m’empêchant de bouger. Tout détrempé, encore le souffle court, je me suis assis sur une grosse roche plate et ai tout simplement admiré ce qui s’offrait à moi. La vue sur la ville encore endormie était magnifique. Au loin, j’entendais le vrombissement des voitures de course, mais ils étaient négligeables par rapport au chant des oiseaux. Demain, le Grand cirque aura quitté et nous reprendrons NOTRE parc. Devant moi, un goéland et un canard se disputaient l’exclusivité d’un rocher. Le vent léger provenant du fleuve venait rafraîchir mon vieux corps à qui j’en avais (encore) demandé un peu trop.

C’est là que j’ai compris le thème du blogue de Patrice Godin: zen et endurance. Parce que je me suis senti totalement zen, en totale paix intérieure. Le bonheur, quoi !

Ha si j’avais un cellulaire qui fonctionne à autre chose qu’au charbon, j’aurais pu immortaliser ce moment.

Le retour s’est effectué dans la sérénité la plus totale. Après ça, je me demande pourquoi j’ai lâché le golf…

Le post sur Boston est au four, il sera prêt très bientôt !  🙂

Le marathon pour les nuls – première partie

Comme je me fais souvent poser des questions à ce sujet et que le terme « marathon » est utilisé à toutes les sauces, j’ai décidé d’écrire quelques petits billets sur le sujet, de façon à peut-être éclaircir certaines zones grises.

Aujourd’hui, LA question qui revient le plus souvent: « Tu as fait le marathon d’Ottawa ?  C’est quelle distance, celui-là ? »   À chaque fois, la réponse est la même: 42.195 km. Parce que malheureusement, pour bien des gens, dès qu’un course est organisée à travers les rues d’une ville, c’est automatiquement un « marathon ». Pour eux, il y a des « marathons » de 5 km, des « marathons » de 10 km, etc. Hé non. Il n’y a qu’une seule distance:  42.195 km,  standard, adopté par la Fdération internationale d’athlétisme en 1921.

Pourquoi cette distance pour le moins ésotérique ?  Non, ce n’est pas la ce qui sépare la ville de Marathon en Grèce de la capitale Athènes, distance qu’aurait courue un messager afin d’annoncer la victoire des Grecs sur les Perses lors de la bataille de Marathon. 

Il appert que suite aux premiers Jeux olympiques tenus à Athènes en 1896, plusieurs « marathons » furent organisés, sur des distances variant entre 40 et 45 km. Aux Jeux olympiques de Londres (1908), il fut décidé de faire une course de 26 milles, auxquels furent ajoutés 385 verges autour du stade afin de permettre aux spectateurs et (surtout) à la reine d’admirer la fin de la course.

Or, ce sont sur ces 385 verges que se produirent les événements les plus dramatiques de l’histoire des Jeux. Le premier à entrer au stade, l’Italien Dorando Pietri, était dans un était second, complètement déshydraté, désorienté, quand il foula le pied sur la piste. Il tomba, à plus d’une reprise. Certaines photos le montrent même carrément évanoui. Les officiels ne savaient pas trop quoi faire: l’aider à se relever ou le sortir de la course. Certains craignaient même, ho l’horreur, qu’il meure sous les yeux de la reine. Quand le deuxième coureur, l’Américain Johnny Hayes, entra dans le stade, les Anglais en eurent assez.  Ce qu’il faut savoir, c’est que les deux pays avaient eu maille à partie suite à une finale du 400 mètres plutôt houleuse et on peut dire que les deux délégations étaient en froid à ce moment-là. L’organisateur en chef de la course prit donc Pietri par le bras, le releva et lui fit traverser la ligne.

Un protêt fut aussitôt enregistré par l’équipe américaine et Pietri fut disqualifié. Le lendemain, la reine lui remit une coupe identique à celle qui fut remise à Hayes, le gagnant légitime de l’épreuve. La légende demeure donc et c’est probablenment avec un brin de nostalgie que la distance de 26 milles et 385 verges, soit 42.195 km, fut officiellement adoptée 13 ans plus tard.

Prochain billet: le marathon de Boston.

N’importe quoi…

“Les pilotes de Formule 1 sont des athlètes de haut niveau, qu’on se le dise une fois pour toutes.”

C’était dans la Presse hier. Pierre-Marc Durivage cite un médecin qui a déjà été employé par l’écurie Toyota. Toujours selon ce bon médecin, un Grand Prix de Formule 1 serait aussi taxant que l’est un marathon pour un coureur de fond.

Comme j’en parle, vous devinez ce que j’en pense: pure fabulation. Il faut vraiment être un total ignorant ou avoir un foutu front de boeuf pour affirmer des conneries pareilles. Avez-vous déjà vu des marathoniens effectuer un saut périlleux arrière après une course ou sauter de joie 3-4 pieds dans les airs sur le podium ?  Bien sûr que non. Pourquoi ?  Parce qu’ils sont trop fatigués !

Les plus grands marathoniens font 2, 3 marathons au gros maximum par année. Un marathon couru à la vitesse “maximale” de l’organisme taxe celui-ci pour au moins un mois. Après ce délai, le coureur doit recommencer une mise en forme progressive, qui passe par des épreuves plus courtes, en vue du prochain grand rendez-vous.

Amateurs de course automobile, comprenez-moi bien. J’admets qu’il faut être en forme pour conduire une Formule 1. Que ça prend de la force, de l’endurance et une concentration à toute épreuve. Et je sais que c’est fatigant. Mais la course automobile est d’abord et avant tout une question d’habileté (et de char, bien entendu). Un pilote ne se fera jamais battre parce qu’il est moins en forme que son rival. Au fait, la différence au niveau physique est tellement  importante dans ce sport que Danica Patrick a brillé en Indy Car pendant des années. Connaissez-vous d’autres sports où les femmes peuvent se distinguer en compétitionnant contre des hommes ?  Ha oui, il y a les sports équestres, j’avais oublié…  Même au golf, les femmes ne sont pas capables de tenir tête aux hommes.

Et que dire des multiples duos père-fils qu’on a vus compétitionner l’un contre (ou avec) l’autre en course automobile ?  Jamais vu ça en course à pied, en ski de fond ou en cyclisme. Au baseball et au golf, par contre…

Ce que je trouve bizarre, c’est qu’à chaque année, dans le cadre du Grand Prix, on nous sort la même rengaine: ce sont des athlètes de haut niveau, ils subissent des forces de 6 « G », leur coeur monte à 198 en course (ben oui, moi aussi quand je prends des montagnes russes), et patati et patata. Ils se sentent obligés de se justifier. Pourquoi donc ?  Peut-être parce qu’on a un petit peu raison, non ?

Au final, les pilotes sont des gens en forme, oui, pas de doute. Bien au-dessus de la moyenne. Des athlètes ? Non. Prétendre le contraire, c’est dire n’importe quoi.

Bon, et maintenant quoi ?

Au cours de mes premières années en tant que coureur, je ne faisais qu’un marathon par année: celui de Montréal, pour la simple et bonne raison qu’il se déroule pour ainsi dire dans ma cour. Pas besoin de coucher ailleurs, pas de complications côté bouffe, le bonheur. Ou presque.

Puis, en 2010, j’ai décidé d’ajouter un marathon au printemps, question d’en faire deux par année. Comme ça, on a deux fois plus de chance de tomber sur une bonne journée pour la course et ça donne une motivation pour s’entrainer à longueur d’année.

À ces deux marathons s’ajoute depuis toujours le demi-marathon Scotia Bank, disputé au parc Jean-Drapeau en avril. Ça fait six fois de suite que je le fais et à chaque fois, j’ai battu mon record personnel. C’est une belle course, bien organisée, que recommande à tous, débutants comme experts.

Cette année, j’ai ajouté un 10 km à mon programme, une première. Et disons que je ne l’ai pas regretté, je crois sincèrement que mon amélioration côté vitesse est en partie causée par la participation à cette course. Et j’avoue que de rattraper les jumelles Puntous après 5 kilomètres, puis d’entendre Sylviane littéralement sacrer après sa soeur pour qu’elle se grouille derrière parce qu’un fatigant ne les lâchait pas d’une semelle, ça m’a fait un petit velours (les jumelles Puntous se sont rendues célèbres en remportant l’Ironman d’Hawaii deux fois dans les années 80) !  Et que dire de ce que j’ai ressenti quand  je les ai lâchées au kilomètre 7 ?  Priceless !

Mais bon, c’est bien beau tout ça, mais je fais quoi, maintenant ?  Dès le mois d’avril, comme je n’avais pas été pris à la loterie pour le marathon de New York qui se déroule au début novembre, je me suis inscrit au marathon de Philadelphie, qui a lieu deux semaines plus tard.

Mais allais-je rester sans compétition jusque là, après en avoir fait 3 en l’espace de 6 semaines ?  Bon, on ne fait pas vraiment de compétition l’été, mais la logique voulait que je fasse à nouveau, pour la sixième fois, le marathon de Montréal. Le 23 septembre, la date était pour ainsi dire parfaite. Mais disons que j’entretiens un rapport amour-haine avec cette course. Il y en aurait assez long à dire pour un autre post, une autre fois.

Non, j’ai maintenant d’autres visées. Ça fait longtemps que j’en parle, il faut que je le fasse pour en avoir le coeur net: je me lance dans les ultamarathons. C’est quoi ça ?  Par définition, c’est toute course de 50 km ou plus. Mais dans les faits, un vrai ultra, c’est au moins 50 milles. Oui oui, des milles, des miles pour nos voisins du sud. Ça fait 80 km et des poussières, presque deux marathons. Et tant qu’à rendre ça difficile, la grande majorité ne sont pas organisés sur route. Non non, ce serait trop simple. Ça se fait en sentier, en montagne. Cool hein ?

Hier, je me suis donc inscrit pour le Vermont 50, qui aura lieu le 30 septembre prochain. Après le marathon d’Ottawa, j’ai jasé 3-4 minutes avec le comédien Patrice Godin  (www.patgodin.com , un homme très sympathique soit dit en passant) qui est un maniaque des ultras (on a d’ailleurs blagué sur le fait qu’il était venu faire son speedwork au marathon) et il m’a fortement conseillé cette course pour commencer. Il la décrit comme difficile côté dénivelés, mais relativement facile côté technique: peu de roche, de racines d’arbres, etc. Quand je lui ai demandé s’il serait là, il m’a répondu que malheureusement, il faisait le Virgil Crest 100 (oui, c’est 100 milles) la semaine précédente et que sa blonde le transformerait en pâté de foie gras s’il s’avisait de repartir moins de 7 jours plus tard. Pour votre info, il a déjà un 50 milles au compteur cette année, fera un 50 km à St-Donat à la fin juin, le Vermont 100 en juillet en plus de Virgil Crest en septembre. Et il y en a pour dire que je suis une machine ?

Je me lance donc vers l’inconnu. Il va d’abord falloir que je me procure des souliers de course en trail, me déniche un programme d’entrainement et aille faire quelques virées au mont St-Hilaire et dans la campagne chez mes parents. Je me sens un peu comme il y a 5 ans, quand je m’étais lancé dans les marathons: je suis un peu fébrile, j’avoue que je doute un peu. Mais je suis confiant, je sens que ça va bien aller. Quel beau défi !

Histoire à suivre…

Ottawa, suite et fin…

Ha, une belle connexion Internet neuve, quoi demander de mieux ?

Ce soir, je vous propose donc un dernier « petit » post sur la fin de semaine de course passée, tout de même le plus gros événement du genre au pays. À un moment donné, il faut bien en revenir, hein ?

Un mot sur le 10 km, qui proposait samedi soir un très fort contingent de coureurs de niveau international. Le gagnant ?  Le Kenyan Geoffrey Mutai avec un temps de 27:41 (n’essayez pas ça à la maison !). Vous ne connaissez pas ?  Il a seulement remporté les marathons de Boston et de New York l’an passé… Et pourtant, son pays n’a même pas jugé bon de le sélectionner pour les Jeux olympiques. Est-ce qu’ils sont forts, vous pensez ?

Ont suivi une panoplie de Kenyans, d’Éthiopiens et de Marocains. Le premier Canadien: Eric Gillis, à la 10e place avec un temps de 30:18. On le reverra cet été à Londres pour la marathon olympique, mais probablement pas sur le podium !

En ce qui concerne le marathon de dimanche, il a été remporté, ô surprise, par un Kenyan: Laban Moiben, en 2:09:12, un nouveau record de parcours. Il a devancé le deuxième (un Kenyan, bien évidemment) par une grosse seconde… Ça veut donc dire que ces deux gars-là ont eu le temps d’aller prendre une douche, se changer et prendre une ou deux bières avant que j’arrive, une heure plus tard…

Chez les femmes, c’est l’Éthipienne Yeshi Esayias qui a prévalu, en 2:28:45. Je l’ai d’ailleurs croisée sur le parcours, sur Sussex Drive. J’étais au km 28, elle entre les km 36 et 37. Bah, pas tellement de différence, dans le fond… 😉

Bon, trêve de statistiques, mes impressions sur le parcours, maintenant.

Le départ, tout près du parc de la Confédération et les premiers kilomètres sur les bords du canal Rideau sont tout simplement parfaits. De la place en masse pour tout le monde, une belle vue, merveilleux pour chasser la nervosité (comme si j’en avais, hum hum…). C’est durant cette partie que j’ai suivi le lapin de 3h15, Brett Titus, une véritable machine. Ce gars-là fait des Iromen et s’amuse, entre les courses, à faire le lapin de cadence dans les marathons. Il avait fait la même job à Mississauga trois semaines plus tôt. Et il  avait joué les mêmes rôles, aux deux places, l’an dernier. Pour l’avoir suivi deux fois, je dois dire qu’il fait un excellent travail.

Anecdote des premiers kilomètres: un tata qui décide de s’arrêter en plein milieu de la route pour relacer ses souliers. Du con !  Le lapin a dû jouer au coureur de haies pour ne pas tomber, mais un autre n’a pas eu sa chance et est allé embrasser le tarmac. Allô, tu te tasses sur le côté pour attacher tes lacets, banane !

Ça se gâche un peu à partir du 7e kilomètre, quand on se retrouve sur une artère plus comerciale. Mais bon, peut-être que mon souvenir est altéré par la maudite fatigante en roller blade qui ne cessait de crier à son chum que « ÇA DESCEND ! ÇA DESCEEEEENNNND !!! ». Bien comique au début, elle s’est mise à me taper sur le citron à un moment donné. Et comble de malheur, comme j’allais à la même vitesse que lui, elle est revenue me hanter 2 fois par la suite.

D’ordinaire, le parcours passe tout simplement à laid entre les 12e et 14e kilomètres. Mais bon, faire 42 kilomètres dans une ville, à un moment donné, il ne faut pas trop en demander.

Le long bout qui suit, sur les bords de la rivière des Outaouais, est bien beau, sauf un léger détail: la chaussée y est très inclinée, vers la rivière. Nous cherchions tous un endroit plat pour courir, mais rien à faire. Vraiment pas plaisant. C’est dans cette partie que j’ai remarqué pour la première fois un gars, début cinquantaine, qui semblait très à l’aise. Il zigzaguait au travers des coureurs, comme si on était de vulagaire cônes. Un hic cependant: sur son dossard, il n’y avait pas un numéro, mais bien son nom de famille écrit en gros. Ça veut dire une chose: c’était un coureur d’élite. Mais que foutait-il avec nous ?  Faut croire qu’il était dans un mauvaise journée (problèmes intestinaux peut-être ?), parce qu’il a terminé derrière moi. Lalalère…

Nous avons atteint la mi-parcours en arrivant à Hull. C’est la partie la moins intéressante du parcours et ça coïncidait avec le moment d’un marathon où j’ai habituellement mon premier down. Heureusement, pas cette fois-ci. Pourtant, il n’y avait pas un chat (sans blague, c’était mort, mort, mort) sur les côtés et les premières vraies côtes nous attendaient. J’ai d’ailleurs remarqué que je distançais mes rivaux… dans les descentes ! De quessé ?

Comme tout le monde sait, Hull est au Québec. Et au Québec, les routes sont souvent dans un état… Donc…  En tout cas, c’est peut-être un hasard, mais la plupart des trous dans la chaussé, on les a retrouvés du côté nord de la rivière.

En passant devant le musée de la civilisation, tout juste avant de prendre le pont Alexandria pour retourner du côté ontarien, la vie a repris sur les bords du parcours. Des spectateurs enthousiastes et un point d’eau qui m’a semblé être 200 mètres de long. De quoi nolus préparer pour le retour.

Le pont Alexandria est vraiment joli, presque pittoresque. Mais les kilomètres qui s’en venaient me faisaient craindre bien des choses. Les deux tiers d’un parcours sont souvent difficiles, peu importe la distance.  De plus, une série de montées se dressaient devant nous. Tout d’abord en débarquant du pont, puis après la résidence du premier ministre, au 24 Sussex Drive. Méchante chiotte, soit dit en passant, du genre à se retrouver au quartier Dix-30 ;-). Le beau nono, j’avais passé deux fois devant la dernière fois et l’avait manquée à chaque fois. Pas cette fois-ci.

J’ai fait 4-5 kilomètres en compagnie d’un gars qui semblait d’origine « froide » (du genre suédois, norvégien, allemand, je le sais-tu moi ?  Pas un latino, en tout cas !). Il semblait sympathique : il a applaudi la meneuse chez les femmes quand on l’a croisée, j’ai trouvé ça tellement gentil que j’ai fait pareil. On a échangé quelques mots, sans plus, après que j’aie lancé un « Hey, Stephen ! » en passant devant le 24 Sussex. J’ai d’ailleurs remarqué que ça ne jasait vraiment pas fort en général durant la course… Je pensais bien qu’on pourrait finir ensemble, mais il a décroché dans une montée.

Il faut dire qu’entre les kilomètres 30 et 32 environ, le parcours passe à travers un parc. Très agréable pour la vue, mais un peu dur pour le support : disons que si on avait bien écouté, je suis certain qu’on aurait entendu des criquets. Et tant qu’à se scrapper le moral, pourquoi pas une belle route en construction ?  Et quand en plus, on voit deux athlètes d’élite avec des couvertures à une station médicale…

Mais je ne sais pas pourquoi, j’étais dans ma bulle et rien de tout ça ne me dérangeait. Tout ce que j’essayais de faire, c’était de ralentir pour ne pas « péter », mais rien à faire, mes jambes ne m’obéissaient plus. Des kilomètres à 4:23, 4:24, bout de sacrament ! Quand nous sommes arrivés dans un joli quartier résidentiel, je me suis même permis de chanter avec la musique qui y jouait (ne me demandez pas quelle était la toune et encore moins de la chanter une autre fois !). Était-ce « Sweet Home Alabama » ? Comme dans Forrest Gump, comme dans « Cours Forrest, cours ! ». Ouais, ça devait être ça…

Malheureusement, la sortie du quartier résidentiel menait sur une artère plus commerciale, autour du kilomètre 35. Et, à mon grand étonnement, nous devions partager la chaussée avec les voitures. Hein, de quessé ?  Ici, à Ottawa ? Enfin…  C’est dans ce coin-là que je me suis arrêté pour la seule fois du parcours, fait rarissime. La raison ?  Non, pas mes intestins. Ni ma vessie. Voyez-vous, comme j’ai les mains pleines de pouces, j’ai parfois de la difficulté à décider lesquels utiliser. Et j’étais en pleine manipulation de mes gourdes de Gatorade quand une s’est échappée pour se retrouver par terre. Le plus dur a été de se pencher pour la ramasser…

De retour sur Sussex après le kilomètre 36, ça sentait la fin. La foule commençait à se faire plus dense, le centre-ville se profilait. Une fois passée la petite montée qui m’avait rentré dans les jambes en 2010, il ne me restait plus qu’à tenir le coup. Au centre-ville, l’ambiance était survoltée, les spectateurs étant plus que nombreux.

Vint la plus belle vue du parcours : le canal Rideau. La fin était proche. C’est dans ce coin-là que, gonflé à bloc, j’ai demandé plus de bruit. Puis, bizarrement, après le Convention Center, c’était le calme plat. Environ 1.5 kilomètre sur les bords du canal, presque plus personne. Vraiment bizarre comme sensation, on se demande presque si on est à la bonne place.

Puis la traversée du canal et le retour vers le parc de la Confédération, toujours en longeant ledit canal. La vue y est merveilleuse (quand on est encore en état de regarder autour). Et les organisateurs ont vraiment pensé à tout : même des pancartes à tous les 100 mètres dans les 500 derniers mètres. Donc, à  500 mètres, on se dit : « À peine plus de 2 minutes et c’est fini !!! ». Et on rit en dedans, sachant que c’est mission accomplie. Et on traverse la ligne d’arrivée en serrant les poings, le sourire aux lèvres.

En résumé : un très beau parcours, pas aussi plat qu’on le dit. Mais aucune montée ni descente abrupte, tout se faisant en douceur. Vraiment pas difficile, mais bon, quand on est dans une bonne journée, ça aide !

En terminant petit conseil à ceux qui voudraient s’essayer à faire un marathon : ne commencez pas par celui-là. La raison ?  Vous risquez d’être déçus de votre expérience… lors d’un éventuel marathon ailleurs !  🙂