Deuxième moitié à Philadelphie

Ok, 1:33:26… Je creuse ma petite mémoire et j’arrive à la conclusion qu’il s’agit du deuxième demi-marathon le plus rapide que j’ai fait en compétition, seulement devancé par mon Scotia Bank couru au mois d’avril. Et contrairement à cette fois-là, il m’en reste encore autant à parcourir. Merde, vais-je être capable de tenir un tel rythme pendant 21 autres kilomètres ?  Mais bon, un 1h38 dans la deuxième partie me permettrait tout de même de battre Ottawa, alors j’ai du lousse comme on dit. Parce que oui, maintenant j’ai un objectif: un autre PB qui serait la cerise sur le sundae d’une saison de rêve.

Je sais toutefois ce qui m’attend. La deuxième moitié du Marathon de Philadelphie est théoriquement plus facile que la première parce que presque complètement plane. Par contre, en pratique, elle fait presque littéralement un aller-retour sur Kelly Drive, en longeant la rivière Schuylkill (tu parles d’un nom bâtard, j’ai de la misère à l’écrire à chaque fois). Ha, les paysages risquent d’être agréables, mais je déteste le principe de l’aller-retour. À l’entrainement, on n’a pas toujours le choix, mais en compétition, je préfère de loin la boucle, un peu comme le premier demi ici. Un aller-retour, ça a le don d’achever un moral quand ça va mal… Croiser les coureurs plus rapides qui semblent si frais, voir les mile markers en sens inverse, ça me fout les jetons. Enfin, je le savais en m’inscrivant…

C’est ici que mon expérience va jouer. Pour l’avoir vécu auparavant, je sais pertinemment qu’on vit une espèce d’euphorie quand on arrive à la mi-parcours. On se dit: “Yes, déjà la moitié de faite !” et comme ça va habituellement bien, on est pompé comme jamais. Puis, un ou deux kilomètres plus loin, ce qui reste à parcourir nous rentre dedans: “Merde, encore 20 km…  Comment je vais faire pour tenir ce rythme ?”. Les bobos commencent alors à vouloir sortir. Bref, quand on s’y attend, disons que ça se passe mieux.

C’est avec ces pensées en tête que je passe devant la très jolie Boathouse Row. C’est aussi chouette vu de devant que de derrière. Peu après, je prends un autre gel, question de passer au travers du coup au moral anticipé. Et on ne niaise pas avec le puck: un full octane chocolat-bleuets ! 🙂

Par endroits, Kelly Drive passe carrément au travers du roc. Ça fait bizarre de passer dans de tels tunnels, mais ça fait changement. Et ça me distrait un peu. Pas trop, tout de même car les kilomètres commencent à faire leur oeuvre. Ma moyenne est toujours à 4:23, mais je dois travailler pour la conserver. Je me rassure légèrement en voyant deux ou trois “couloir marron” abandonner: ça veut dire que je ne suis pas seul à souffrir. Je me compte chanceux, je ne me suis jamais blessé en course et n’ai jamais eu à baisser pavillon. J’espère que ça ne m’arrivera jamais…

Une chose qui ne me rassure pas, par contre: j’ai l’impression que nous descendons depuis la mi-parcours. Et comme ma cadence moyenne n’a pas changé, est-ce que ça veut dire que je commence à faiblir ?  Un petit brin d’inquiétude fait donc tranquillement son nid dans mon esprit. Je ne peux m’empêcher de penser au retour qui sera fort probablement difficile…

15e mille, je commence à m’attendre à croiser des coureurs d’élite. Une voiture de sécurité arrive et qui la suit ?  Le premier handcycle. Hé, ça a l’air de bien aller, ces machins-là !  Le gars enroule un braquet qui semble assez grand, mais il a les bras pour le faire, mettons. Je me demande si ça va plus vite avec un “vélo” comme ça ou avec une chaise roulante de course…

Rendu au 16e mille, je me dis qu’il ne m’en reste plus que 10, soit 16 km. C’est l’équivalent d’une sortie de semaine ou du samedi. Mes jambes commencent à me faire souffrir, mais ne semblent pas vouloir cramper à courte échéance. Tiens, encore des voitures de sécurité, peut-être que cette fois-ci…  Hé oui, il y a un coureur derrière. Et surprise: il est.. blanc !  Je n’ai aucune idée du rythme auquel il avance, mais à première vue, ça n’a rien à voir avec l’élite mondiale. Il ne vaut probablement « que » 2h20. Je commence à surveiller ses poursuivants: j’essaie de “spotter” David Le Porho, qui est supposé être ici.

Michael McKeeman, l’éventuel gagnant en 2:17:47

Je compte les coureurs. 3, 4, 5, 6, 7…  Merde, il est où ?  Je commence à m’inquiéter. Ouais, je sais, je m’inquiète pour un gars à qui je n’ai jamais vraiment parlé et avec qui j’ai eu un petit échange de courriels (remarquez qu’il m’en avait écrit pas mal long, vraiment sympathique). Après 10 coureurs, je ne les compte plus. Et le pont du 17e mille qui approche, nous allons bientôt être séparés des meneurs… Finalement, au loin, je crois reconnaitre sa silhouette élancée. À mesure qu’il s’approche, je fixe son dossard et c’est effectivement lui. Quelques instants avant qu’on se croise, faisant bien attention à mes mots pour montrer que je suis Québécois, je lui lance un “Vas-y David, let’s gooooo !!!”.

David Le Porho dans sa bulle... Il finira 19e en 2:26:47

David Le Porho dans sa bulle…
Il finira 19e en 2:26:47

Ou bien il est dans sa bulle, ou bien ses affaires ne vont pas tellement bien parce qu’il ne réagit pas du tout. Par contre, on dirait que le fait de crier m’a donné un boost d’adrénaline. Je me sens revigoré et c’est rempli d’énergie que je traverse le petit pont nous amenant de l’autre côté de la rivière pour un détour que mon amie Maryse aurait certainement trouvé VRAIMENT poche. Je l’entends chiâler d’ici… 🙂

Traversant le pont. Je ne porte pas attention à ce moment-là, mais tout autour de moi, des « marron » qui sont supposés être plus rapides et sont partis 2 minutes avant moi. Si j’avais su…

Une fois rendus sur l’autre rive, une surprise nous attend: ça descend. Et là, c’est vraiment clair que ça descend !  Sauf qu’il va falloir remonter tantôt.  Enfin… Je me lance dans la descente comme c’est maintenant rendu mon habitude. Encore une fois, je dépasse beaucoup de coureurs. Encore une fois, certains me reprennent quand le relief s’aplanit. Ho, le demi-tour me semble loin… Un Asiatique se tient là, planté en plein milieu de la route. Il fait quoi, au juste ?  Il s’étire ? Il est blessé ?  Tu fais quoi dans le milieu de la place, du con ?  Pourquoi j’ai l’impression qu’il ne se rendra pas au détour celui-là ?

J’atteins finalement le demi-tour (toujours pas de tapis anti-tricheurs), puis reviens sur mes pas. Je croise à nouveau l’Asiatique qui en est maintenant rendu à faire du yoga ou à imiter les flamants roses, je ne sais pas trop. Arrive la montée (peut-être la dernière vraie), ça va toujours bien. Je reprends le pont et retourne sur Kelly Drive: pas de dommage.

C’est ce que je crois… Pas tellement plus loin, dans une partie où les spectateurs n’ont pas vraiment accès, je suis frappé encore une fois par la lassitude. Merde, une autre mauvaise passe. Des idées noires commencent à m’emplir l’esprit. Je me souviens de Montréal l’an passé quand, après 28 km où ça allait relativement bien, mon mollet a décidé de cramper, rendant la fin de course atrocement difficile. Il faut que je mette cette mauvaise passe derrière moi au plus vite, je ne suis même pas rendu au 30e kilomètre…

Je prends un autre gel full octane chocolat-bleuets, dans l’espoir de stimuler mon organisme un peu. Mais je continue à peiner. Regard inquiet au GPS: la moyenne est toujours à 4:23. Ok, je n’ai pas ralenti sans m’en rendre compte. De plus, je ne me fais pas dépasser à outrances, alors je ne dois pas être si pire. Je suis d’ailleurs toujours dans le “positif” de ce côté. Ok, on tient le coup, ça va passer. Ça DOIT passer.

Sur sommes maintenant dans Manayuk, un petit coin qui me semble bien pittoresque. Les spectateurs sont nombreux, bruyants et enthousiastes. Je tiens toujours le rythme, malgré la souffrance qui continue à s’installer. Une belle petite descente m’aide à récupérer un peu, mais envoie un signal sans équivoque dans ma tête: il va falloir que je la monte en sens inverse. Puis, sur les côtés, je vois une enseigne: “Beer ahead”. Petit sourire: c’est vrai qu’elle va être bonne, la bière après la course…  Pas tellement plus loin, que vois-je sur une table ?  Une centaine de petits verres de bière !  Un groupe s’est installé là et distribue ce qui semble être une bière artisanale aux coureurs. Celle-là je la trouve bonne (la joke, pas la bière) !  J’en ris même un petit coup. Non mais, il faut vraiment vouloir, amener de la bière ici !  Je passe mon tour pour la dégustation, mais mon moral remonte un peu.

Je croise le lapin de 3h05, il y a encore pas mal de gens avec lui. Au loin, je peux voir les spectateurs qui bouchent la rue: c’est le dernier demi-tour du parcours. Mon retard sur le lapin n’est donc pas énorme, je suis encore dans un excellent temps. La Garmin me confirme le tout: toujours 4:23 de moyenne. Une vraie horloge… si on suppose qu’il arrive à une horloge de souffrir.

Demi-tour: à partir de maintenant, chaque coureur que je vais croiser est forcément plus lent que moi. Je ne sais pas pourquoi, mais ça m’encourage. J’arrive rapidement à la montée et de façon assez surprenante, l’avale sans problème. Peu après, nous croisons le marker des 20 milles: ça y est, 32 km de parcourus, le vrai marathon commence ici. Mon énergie est renouvelée, je me sens d’attaque. Pas  assez pour accélérer, mais les 10 kilomètres qui restent ne me font pas peur. 10 kilomètres, qu’est-ce que c’est, hein ?

Mais ho, qui vois-je devant ?  Mais c’est ma paire de jambes du début de course, ma parole !  Il n’y a plus que le gars du début qui l’accompagne, la fille n’y est plus. Ha, toujours aussi agréable pour la vue, malgré les heures passées sur la route… Puis, pervers-pépère se transforme. Le compétiteur en moi ressort quand je songe à une phrase que j’ai lue à quelque part et qui m’a marquée. C’était un “vieux” comme moi qui avait lancé à un jeune (son fils peut-être) avant un marathon: “Sur 10 km ou même un demi, je ne peux pas aller à ta vitesse. Mais au 20e mille, your ass is mine. [Je n’ai pas pu trouver une traduction qui punchait autant que l’originale]”. Et voilà les jeunes, le vieux renard vous botte maintenant le derrière (en tout cas, il botte au moins un des deux…) !  🙂

J’hésite pendant quelques secondes, puis passe devant. Ils ont vraiment ralenti. Your ass is mine… Autant ce sport est purement physique, autant le psychologique joue une rôle immense. C’est fou. Ce petit épisode me donne des ailes. Coup d’oeil à ma Garmin au moment même où un kilomètre se termine. Gros avertissement: la base de données est remplie, il va détruire les enregistrements les plus anciens. Je m’en fous, espèce de machin de mes deux, donne-moi ma cadence ! Non mais, tu parles d’un timing pour me faire ch…

La jolie Rebecca Flink, 24 ans, accompagnée de celui que j’ai supposé être son chum. Ils termineront ensemble, en 3:08:42

Arrive le 21e mille. Plus que 5 et on peut dire que ça va bien. Je m’accroche un bout derrière une dame, puis passe devant quand elle faiblit. J’ai encore l’impression que ça descend tout comme à l’aller, alors que c’est bien sûr impossible. Bah, c’est toujours mieux que si j’avais l’impression de monter en permanence, non ?

Mille 22, plus que 4 petits milles et 385 verges, soit environ 7 kilomètres à faire. Je me rends compte que je suis comme dans un état second, ce qui arrive souvent lors de longues courses: mon esprit est fatigué, je sens que mon corps l’est tout autant, mais le son de chacun de mes pas est le même qu’en début de course. C’est comme si mes jambes avaient enregistré la cadence à suivre et que je n’avais plus rien à faire, seulement les suivre. Bizarre comme sensation.

Avec ce qui me reste de cerveau, je constate que mes 4 bouteilles principales (celles de 8 onces) sont maintenant vides, il ne me reste que mes deux bouteilles d’appoint de 6 onces. C’est amplement suffisant pour terminer, mais comme elles sont attachées par un velcro et plus difficiles à “gérer”, je décide de faire une entorse à ma règle et prends un verre de Gatorade à un point d’eau. Et bien sûr, il fallait que ce soit du Gatorade au citron. Beurk…  Pourquoi donc fournissent-ils toujours du Gatorade au citron, voulez-vous bien me dire ?  Parce qu’ils ne réussissent pas à en vendre, alors ils le passent comme ça ?  C’est dégueux, les machins au citron !

Je prends également un verre d’eau, question de faire passer le goût de citron et le dernier gel avant l’arrivée. Arrivée qui approche de plus en plus. Maintenant j’en suis certain: d’ici quelques minutes Ottawa ne sera plus mon PB. Et je demande d’avance pardon à Barbara: je ne serai pas le compagnon de visite le plus agréable cet après-midi et encore moins demain. En effet, avec ce que j’ai imposé à mes jambes ce matin, je risque de m’en ressentir par après et marcher comme un petit vieux. Mais il est maintenant trop tard, le “mal” est fait, alors…

Autour du 23e mille, au moment où je suis en train de remonter un gars fait sur ma shape, un de ses chums sort de la foule et se met à courir avec lui. On voit ça assez souvent, un ami qui se joint à un coureur pour prendre de ses nouvelles, jaser un peu. Ça dure généralement 500 mètres, 1 kilomètre tout au plus. Mais celui-là est équipé pour la grosse ouvrage: en plus de l’attirail complet du coureur, il porte un Camelbak. Aussitôt qu’il a joint son ami, la cadence accélère un peu. Comme ils courent côte à côte, je demeure derrière, à l’abri.

Le coureur “officiel” rend compte de l’état des choses à son ami: le 3h05, c’est foutu, il ne vise plus que son PB. L’autre lui suggère d’essayer quand même, avec des milles en 6;30, peut-être que… 6:30 du mille, joual vert, c’est 4:00/km ou à peu près, ça ne va pas, le malade ?!?  On a 37 km dans les pattes, nous !  À une ou deux reprises, l’ami se retourne et voit que je les suis. À un moment donné, tant qu’à faire, j’entame la conversation, lui demandant s’il a l’intention de pacer. Il répond que c’est ce qu’il va essayer de faire, alors j’ajoute que je vais rester avec eux. Le gars m’offre une gorgée de son Camelbak (tu veux qu’on s’enfarge ou quoi ?) et un gel.  Très gentil de sa part, mais je suis autonome. Et je n’ai pas envie de planter par terre non plus.

Je demeure donc dans leur sillage un petit bout de temps. Le pacer se retourne et me demande si ça va. Je réponds que oui, puis ajoute qu’ils vont vite pas à peu près, que j’ai 42 ans, moi… Les deux gars, tout étonnés qu’un bonhomme de mon âge puisse les suivre, me donnent un high five. Le coureur me dit qu’il aimerait bien être capable d’aller à ce rythme à 42 ans…  Ouais, ben il est rapide, justement, ce rythme !  Lui a 32 ans. Je lui dis qu’à son âge, la plus longue distance que j’avais courue était un 3 km, alors il est largement en avance sur moi !  Pour Boston, il doit faire sous 3h05 et je suis vraiment désolé pour lui. Moi, le chanceux, c’est pour ainsi dire dans la poche. Hé, il n’y a pas que des désavantages à être vieux !  🙂

Après notre petite conversation, je demeure derrière et peine à suivre. À quelques reprises, je dois résister à la tentation de leur dire que je les laisse aller. À chaque fois je me dis, comme durant mes intervalles longs: “Un petit 500 mètres de plus…” et je tiens la cadence. Mais ce n’est pas facile, j’ai l’impression que mes jambes tournent plein régime. J’ai aperçu des kilomètres en 4:16 et 4:17 tantôt. C’est très limite de mes capacités à ce point-ci.

Mes deux compagnons de route, Christopher Pilla et son pacer. Chris terminera en 3:08:35. La grosse différence au niveau temps s’explique par le fait qu’il était un « marron »

Puis, dans une courbe, mes compagnons gardent instinctivement l’extérieur alors que je coupe par l’intérieur et sans effort supplémentaire, je me retrouve à leur hauteur. Courbe suivante, je suis devant. Mille 25, plus que 2 km. Allez, 9 petites minutes…  Afin d’éviter un autre traumatisme citronné, j’ai pris une bouteille d’appoint. Le problème est que je suis incapable de la remettre dans ma ceinture, alors je me résigne à la garder dans ma main. C’est chiant, mais moins pire que l’échapper par terre et devoir m’arrêter pour la récupérer…

Quelque part dans les deux derniers kilomètres. Je sais que mon record personnel est dans la poche

De l’autre côté de la rue, je croise encore et toujours des participants. Je suis honnêtement découragé pour eux: ils ont à peine fait la moitié du chemin !  Ha,  revoici Boathouse Row, ça achève vraiment !  Je ne peux le savoir avec certitude, mais je m’en doute: je suis maintenant dans le dernier kilomètre. Le fameux dernier kilomètre. Je sens l’euphorie monter, ça y est, je l’ai. Le parcours est en faux-plat ascendant et ça me motive encore plus car je vois les autres en difficulté devant. J’essaie d’aller en chercher le plus possible, même si ça ne donne strictement rien. On ne peut pas dire que je sprinte, mais disons que je ne ralentis pas.

Je scrute la foule maintenant très dense au passage, cherchant Barbara du regard, mais en vain. Je passe à la hauteur des marches de Rocky, fais le tour de l’ovale Eakins et voilà, devant moi, l’arrivée. Je monte encore l’effort d’un cran et le muscle arrière de ma cuisse droite m’envoie un signal: la crampe est toute proche. Petit sourire, je relâche légèrement la pression. Ok, de toutes façons c’est gagné, on ne poussera tout de même pas trop…

Tout comme à Ottawa, je lève le poing dans les airs en signe de triomphe. Je vois l’horloge qui est encore dans les 3h08, je vais donc faire dans les 3h06 !  Moi, le coureur du dimanche, je vais faire 3h06 !!!  Lance Armstrong, qui a des capacités physiques qui n’ont aucune mesure avec les miennes, a eu toutes les misères du monde à faire sous les 3 heures à son premier marathon et moi, je suis à peine 6 minutes plus lent. Je n’en reviens pas…

Le maire nous attend. Il est sur la “piste” et donne un high five à chaque concurrent qui arrive. Je lui donne le mien, puis arrête mon chrono: 3:06:11. Je ne réalise pas tout à fait ce que je viens d’accomplir…  Mon PB n’est pas seulement battu, il est littéralement écrabouillé: c’est plus de 5:30 que je viens d’enlever à mon meilleur temps. En un an, c’est presque 14 minutes d’amélioration. 20 pleines secondes au kilomètre de retranchées. Shit…

High five au maire à l’arrivée

Avant de me rendre à la sortie, j’attends le gars qui était accompagné du pacer. Ça lui prend un bout de temps à arriver, au point que m’en inquiète un peu. J’étais certain qu’il serait sur mes talons. Finalement, il arrive. Ouf… Aussitôt, c’est l’accolade. Je ne le connais pas, il ne me connait pas. Nous avons peut-être couru 4 kilomètres ensemble. Mais le lien s’est forgé et nous allons probablement nous en rappeler le restant de nos jours, même si les chances qu’on se revoit sont à peu près nulles. Je le remercie, il me remercie aussi, sans que je sache trop pourquoi. Nous nous sommes soutenus, poussés l’un l’autre durant ces quelques minutes passées ensemble. Nous n’étions pas des adversaires, mais des compagnons d’armes qui combattaient un ennemi commun: le parcours. Et nous l’avons vaincu.

Je poursuis ma route, à la recherche de Barbara. Soudainement, je reconnais sa voix: elle est là, toute proche, de l’autre côté de la clôture. On s’embrasse, ce que je suis heureux de la voir !  Surtout, heureux de partager ce moment magique avec elle. Elle me félicite pour mon 3h08, mais je la corrige: nous sommes partis 2 minutes plus tard, alors c’est 3h06 et des poussières que j’ai fait. Je lui ai tellement cassé les oreilles avec mes histoires de temps qu’elle comprend l’ampleur de ce qui vient d’arriver. Moi non plus je ne sais pas comment j’ai pu faire ça, mon amour…

Le sourire du gars satisfait

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