Premières sorties d’hiver

On aurait dit que je voulais en profiter jusqu’à la dernière minute. La “tempête” tant annoncée allait s’abattre dans quelques heures quand je suis parti du bureau à la course mardi. Pas pour une longue sortie, juste pour faire un peu de vitesse en me rendant à mon auto garée à St-Lambert. Avec la merdouille blanche qui menaçait, c’était peut-être ma dernière occasion de courir le moindrement vite avant un bon bout de temps.

Il y avait un hic cependant: à ce temps-ci de l’année, le soleil se couche très tôt. Arrivé au parc Jean-Drapeau, la noirceur était déjà tombée. Je comptais sur le fait que le large sentier qui longe l’île Ste-Hélène du côté nord est bordé par des lampadaires pour éclairer ma route. Erreur. La Ville avait décidé de faire des économies de bout de chandelle et lesdits lampadaires étaient éteints. J’avançais tout de même à vive allure, prenant bien soin de regarder où je posais les pieds. J’ai croisé un monsieur en me demandant ce qu’il faisait là (look who’s talking), puis un autre qui semblait transporter… un appareil-photo et un trépied. De quessé ?  Il voulait photographier quoi, au juste ?

Puis, j’ai jeté un oeil vers la ville et j’ai compris. On dit que la vue de Montréal à partir du pont Champlain est la plus belle. Plus certain. Devant moi, j’avais le Vieux-Port et derrière, les édifices tout illuminés. En arrière-plan, le Mont-Royal avec la croix éclairée étaient bien en vue. Une vraie carte postale. C’était magnifique. J’ai remercié les dieux de la course de m’avoir poussé à pratiquer ce sport et ainsi, vivre ce petit moment de bonheur.

Heureusement, j’en ai profité parce que jeudi matin, c’était le retour à la réalité du Québec: la neige et le vent. Mais bon, comme j’avais des mois de frustrations hivernales devant mois, aussi bien commencer tout de suite, n’est-ce pas ?

Objectif: me rendre au bureau, à 30 km. Je suis parti dans l’obscurité, me gardant bien d’aller trop vite. Le vent qui soufflait à 40 km/h m’était favorable au début, puis de côté après 3-4 kilomètres. Vu qu’elle était dégagée, j’ai emprunté la piste cyclable me menant au pont Champlain, mes vieilles articulations reprenant progressivement leurs habitudes de courir sur une surface inégale d’hiver.

Arrivé au pont, je n’ai pas pu m’empêcher d’éprouver une grande admiration pour les travailleurs qui s’y affairaient (il y a des travailleurs à longueur d’année sous notre fameux pont Champlain). Travailler de leur mains, exposés aux grands vents montérégiens, par ce froid, cette humidité… J’en ai des frissons juste à y penser. Chapeau messieurs dames !

À St-Lambert, ce n’était pas vraiment une surprise car c’est toujours comme ça, mais j’ai tout de même été déçu de constater que la piste cyclable était enneigée. Hé oui, dans la riche St-Lambert, on juge qu’on n’a pas les moyens de dégager la piste alors que des municipalités plus « classe moyenne » comme Ste-Catherine, Candiac, Laprairie ou Brossard croient que c’est utile pour leurs citoyens. Chacun ses priorités, on dirait…

Je me suis fait à l’idée d’emprunter les rues secondaires en bougonnant un peu. Avec mes mains qui commençaient à geler, ça n’aidait pas mon humeur. J’appréhendais la traversée de Jacques-Cartier et surtout, le pont de la Concorde avec ce vent à écorner les bœufs. Faire les derniers kilomètres d’une longue sortie en plein hiver le vent dans la figure, ce n’est jamais une bonne idée.

Puis je me suis mis à penser à mon affaire et me suis mis à sourire à belles dents. Tout ça, c’était la faute à Joan. Je me disais que si lui était capable de faire l’aller-retour Longueuil-centre-ville tous les jours, hiver comme été, j’étais bien capable de faire un aller simple au moins une fois par semaine, non ?  Et ça, peu importe les conditions météo… C’est pour ça que j’avais envie de rire: est-ce que j’étais pour risquer des engelures pour cette seule et unique raison ? Pour me prouver que moi aussi, je pouvais ?  Ben voyons donc !  Quand je dis qu’il arrive que la course affecte mon petit cerveau…

J’avais fait 22 km, c’était bien suffisant de toute façon. J’ai pris le métro. C’était pas mal plus intelligent. Le pont pouvait attendre, l’hiver ne fait que commencer.

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4 avis sur « Premières sorties d’hiver »

  1. Le métro ! Moi aussi… j’ai failli le prendre. Ce mardi matin où la sloche omniprésente me gelait cruellement les pieds. Mais, en descendant la route déneigée au parc Jean-Drapeau, mes pieds se sont réchauffés. J’ai renoncé au métro et j’ai poursuivi mon chemin. Pénible, oui, mais c’est formateur !

    • T’es vraiment une machine, Joan ! Tu réussis presque à me faire regretter de ne pas avoir essayé. Mais j’étais détrempé et le vent glacial m’aurait définitivement frigorifié ! Ce n’est que partie remise, cependant…
      Dis-moi, est-ce que c’était potable ce matin ? J’ai bien envie de sortir du boulot à la course une couple de fois cette semaine, moi.

  2. C’était acceptable. Il y a encore de la glace sous la fine couche de neige, mais elle n’est plus aussi dure ni irrégulière que la semaine dernière. Et comme le temps est doux, ça va aller de mieux en mieux. Par contre, la piste cyclable du pont Jacques-Cartier et déjà fermée !

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