Un week-end de course chargé

La fin de semaine dernière, pendant que je retrouvais mes sentiers sur le bord du fleuve samedi et que je reprenais l’entrainement sérieux dimanche au mont St-Bruno en vue du Ultimate XC de St-Donat, plusieurs courses qui se déroulaient dans le nord-est du continent ont retenu mon attention.

Le tout a commencé vendredi par le Défi de la Tour du Stade olympique. C’était une épreuve assez inusitée. En effet, elle consistait en une course de 4 km suivie de l’ascension des 850 marches de la Tour.  Certainement pas facile comme défi, les participants devant se garder des réserves durant la partie « course » afin de pouvoir grimper la tour à un bon rythme…

La course a été remportée, en 19:59 et avec 44 secondes d’avance, par le sympathique David Le Porho dont j’ai déjà parlé sur ce blogue. Disons que lorsque David s’aligne au départ d’une course, particulièrement au Québec, il la gagne plus souvent qu’autrement. Je m’attends à le voir (en fait, à ne pas le voir, justement) devant à St-Donat… Mon amie Chantale, celle qui m’a donné le goût de me mettre à la course jadis, était de la partie. Elle a terminé en 30:27.

Le lendemain avaient lieu les courses de 1, 2, 5 et 10 km dans le cadre du même événement. Des grosses pointures étaient présentes: le 5 km a été remporté par Baghdad Rachem en 15:27 et le 10 km, par Amor Dehbi en 32:33. Chantale n’est pas demeurée en reste, réalisant un impressionnant 24:41 sur le 5 km. Sous les 5 minutes/km de moyenne !  Un gros bravo pour ton week-end de course !!!  🙂

Toutefois, ce jour-là, c’était plutôt le North Face Endurance Challenge de Bear Mountain qui retenait mon attention, particulièrement l’épreuve-reine: le 50 milles. Remportée par l’Américain Jordan McDougal en 7:13:52, cette épreuve a mis en évidence la progression des coureurs québécois dans le domaine de la course en sentiers: 4 des 8 premiers sont effectivement originaires de la Belle Province. Parmi eux, Sébastien Roulier, qui a gagné une course de 100 km en mars et qui était à Boston où il a fait 2h38. Il s’est « contenté » de la huitième place à Bear Mountain. Une vraie machine.  Je me demande encore et toujours comment il fait…

J’avais un sentiment ambivalent en regardant les résultats « entrer ». J’aurais vraiment aimé y être, mais j’avais anticipé (avec raison) ne pas être totalement remis de Boston à ce moment-là. Que voulez-vous, je ne suis qu’un pauvre être humain, alors que d’autres… J’espère y être l’an prochain, mais Boston sera encore plus près dans le temps et je n’aurai pas eu plus de temps pour m’entrainer en sentiers. Enfin, on verra bien.

Puis dimanche, c’était dimanche de course dans la région de Toronto avec les deux marathons ennemis qui se déroulaient en même temps: celui de Toronto dans la ville-reine et celui de Mississauga, en banlieue.

Le premier a été assombri par le décès d’une jeune fille de 18 ans qui en était à son premier marathon et qui s’est effondrée dans les derniers kilomètres. Ce sont des choses qui arrivent malheureusement assez régulièrement et qui s’expliquent difficilement. On parle souvent de problèmes cardiaques congénitaux, condition inconnue des personnes qui en sont atteints. Ces personnes sont souvent des coureurs expérimentés qui ont déjà plusieurs courses à leur actif. C’était le cas de la jeune fille en question, qui avait fait plusieurs demi-marathons. Fait étonnant, la grande majorité des cas, ce sont des hommes qui succombent suite à un tel malaise. Peut-être suis-je moi aussi en train de mettre ma vie en danger parce que j’ai une malformation cardiaque dont j’ignore même l’existence. Mais pensez-vous que je vais arrêter « au cas où » ?  Jamais.

Du côté sportif, le marathon de Toronto a été remporté par un Québécois très connu dans le milieu, Terry Gehl, en 2h37. Preuve que cette course n’attire vraiment pas l’élite, le temps relativement lent du vainqueur et le fait qu’il soit âgé de… 44 ans !  Du côté de Mississauga, ça s’est gagné en 2h29… par un autre homme dans la quarantaine. Décidément…

Ce qui m’intéressait le plus dans ces deux courses, ce n’était pas tant les exploits sportifs que le niveau de participation. À Toronto, 1694 personnes étaient de la partie alors que dans sa banlieue, à peine la moitié, soit seulement 850, y étaient pour souligner le 10e anniversaire de cette épreuve. Ceci qui confirme le déclin de cette dernière, car nous étions 250 de plus en 2011, quand j’y ai participé. Mais on dirait bien  que la controverse qui a suivi la disqualification de deux coureurs d’élite cette année-là suite à une erreur des cyclistes-guides fait encore mal. Il faut dire que le parcours, moche à souhaits par bouts, ne doit pas aider non plus…

J’ai comme l’impression que le Marathon de Mississauga est appelé à disparaitre à moyen terme, car il n’est pas normal qu’en plein boom de course à pied, une épreuve connaisse une telle régression dans son niveau de participation. Il va falloir que ce marathon se renouvelle s’il veut tout simplement réussir à survivre.

Toronto ou Mississauga ?

Ha le mois de janvier… Les grands froids (ben, pas vraiment ces derniers jours, mais ça va revenir), la neige, les journées qui allongent tranquillement. Pour bien des coureurs, c’est le moment de l’année pour établir le calendrier de compétitions pour les 12 mois à venir. Et pour plusieurs, un marathon au printemps, c’est définitivement un must. Ottawa semble le choix évident, mais il s’emplit vite (il est déjà vendu à 67%) et dans d’autres cas, il est aussi possible que le coureur ne soit pas disponible à la date prévue pour la course.

Comme j’en ai déjà glissé un mot, au cours mes premières années dans le merveilleux monde de la course, je participais presque systématiquement à trois épreuves: le demi-marathon Scotia Bank de Montréal en avril, le Tour du Lac Brome en juin et le Marathon de Montréal en septembre.

Puis, en 2010, question de me tenir en « forme de course » plus longtemps durant l’année, j’ai décidé d’ajouter un marathon au printemps et de laisser tomber le Lac Brome, que je trouvais trop « vulnérable » à la chaleur de toute façon. Le choix le plus simple pour un marathon au printemps était évidemment le Marathon d’Ottawa. En plus de se dérouler pas trop loin de chez moi, Steph, mon grand ami d’enfance, habite à Gatineau. Je pouvais donc squatter un hôtel pour vraiment pas cher. L’expérience a été magique: une course avec une organisation et une ambiance extraordinaires qui s’est conclue par un record personnel battu de 11 minutes. J’étais définitivement accroc.

2011 arriva et Barbara et moi avons décidé d’enfin nous payer LE voyage: deux semaines en amoureux à Paris. Sauf que je voulais absolument faire un marathon au printemps et nous voulions également éviter les grosses chaleurs de l’été dans la Ville Lumière. Et pas question de faire le marathon en revenant, je n’aurais pas profité du voyage. Ottawa étant à la fin mai, il était définitivement situé trop tard dans le calendrier. Que faire alors ?  Deux choix « potables » s’offraient à moi: Toronto et Mississauga.

Créé en 1977, le Marathon de Toronto était traditionnellement organisé en octobre. Cependant, un autre évènement d’envergure arriva dans le portrait en 2000: le Toronto WaterFront Marathon, qui avait lieu en septembre. Avec son parcours plat et ultra-rapide, il gagna rapidement en popularité et en prestige (ce que je trouve d’ailleurs très ironique: plus un marathon est facile, plus il est prestigieux !). Les problèmes de logistique (fermeture des rues, entre autres) rendit difficile la cohabitation entre les deux, ce qui força le plus petit à se déplacer au printemps pour l’édition 2011.

Ceci ne fit évidemment pas l’affaire de Mississauga (« le Laval ontarien »), la principale banlieue de la métropole du pays. En effet, le marathon de cette dernière avait lieu en mai depuis 2004, sans réel problème de concurrence. Et comble de malheur: les deux marathons allaient avoir lieu… le même jour !

J’ai donc passé des semaines à me poser la question: à quelle course participer ? Je suis allé voir sur des forums de discussions, consulté d’autres coureurs, rien de bien clair n’est ressorti pour m’aider à aiguiller mon choix. J’ai finalement opté pour Mississauga pour deux raisons: l’heure du départ (7h30 au lieu de 9h pour Toronto, qui s’est ravisé depuis) afin d’éviter le plus possible la chaleur (ça peut arriver) ainsi que la très grande facilité à trouver du stationnement tout près du départ. De plus, comme je voulais me qualifier pour Boston, on m’avait dit que le parcours s’y prêtait mieux.

Le jour de la course, un  crachin désagréable est tombé toute la journée, le tout agrémenté par un vent du nord-est à 25-30 km/h et des températures n’atteignant jamais les 10 degrés. Pour la chaleur, on repassera… Le parcours est orienté de façon à ce que les coureurs aient le vent dominant dans le dos sur les 16 derniers kilomètres. Le problème, c’est que le vent dominant, c’est celui du… sud-ouest ! Nous avons donc dû faire face une véritable tempête, mais j’ai tout de même réussi à me qualifier. Par contre, mon temps étant trop « sur la fesse », je n’ai pas été accepté pour Boston cette année-là. Ce n’était que partie remise. 🙂

Mais avec le recul, avais-je fait le bon choix ?  Je n’ai jamais participé à celui de Toronto, alors je ne peux pas être certain. Mais Mississauga, c’est plutôt… ordinaire.  Ha, c’est foutrement bien organisé au départ et à l’arrivée. C’est entre les deux que ça se gâche. Côté points d’eau, vraiment pas de problème, il y en a systématiquement aux deux kilomètres. Mais la course se déroule dans un anonymat presque complet. Nous avons traversé des quartiers résidentiels où les seuls spectateurs rencontrés étaient les gens qui travaillaient sur leur terrain. Des faces en point d’interrogation, j’en ai vu ce jour-là !

De plus, les indications n’étaient vraiment pas claires. À un moment donné, je me suis retrouvé sur une piste cyclable, sur le bord du lac Ontatrio, avec personne devant, ni derrière. J’ai définitivement douté être sur le bon chemin. Se perdre dans un ultra, ça fait partie de la game. Mais dans un marathon ?  Finalement, je n’étais pas perdu, mais je n’ai pas nécessairement un bon souvenir de l’expérience.

Pour vous prouver à quel point les indications étaient mauvaises, celui qui a terminé en première position a éventuellement été disqualifié pour avoir escamoté une partie du parcours. En effet, le chemin à suivre était tellement clair que le cycliste qui l’accompagnait a carrément loupé un détour vers le lac, détour qui comprenait la principale côte du parcours. Ça donne une idée de la présence extrêmement nombreuse des spectateurs sur le parcours, hein ? 😉  Comment on dit ça par chez nous ?  Ha oui: pas fort…

Cet incident a d’ailleurs nui à l’épreuve car la participation a significativement diminué en 2012. Donc, si vous avez à choisir entre les deux, bien que je ne connaisse pas Toronto, j’éviterais Mississauga. À une exception près, cependant: si vous visez un temps de 3h15. Car depuis des années, le lapin de 3h15 est le même et il se tape également ce boulot à Ottawa et au Waterfront. C’est une véritable horloge: il arrive immanquablement sur son temps à 10 secondes près. Vous n’aurez donc qu’à le suivre sans vous casser le ciboulot et il vous amènera à bon port.

Plus près de chez nous, le même jour qu’Ottawa, il y a le Vermont City Marathon, disputé à Burlington. Je ne le connais pas lui non plus, mais on n’en dit que du bien… mise à part son relief pas toujours facile. Je me promets bien d’y aller un jour… mais pas cette année.