Des parcours et des marathons

De retour après une longue pause, conséquence d’un classique manque de temps. J’ai bien quelques articles en préparation, mais aucun de « final ». À suivre, chers lecteurs.

En attendant, comme nous sommes dans la semaine du Marathon de Boston, j’ai pensé vous faire part d’une certaine réflexion, réflexion qui a pris sa source dans une conversation à bâtons rompus avec mon partner de course. Car comme vous le savez, quand on court, on a le temps de penser (quand on est seul) et de jaser (quand on est seul ou plusieurs)…

Or donc, quand j’ai commencé à courir, il n’y avait pour ainsi dire que trois marathons au Québec : Rimouski, celui des Deux Rives à Québec et évidemment, Montréal. À l’époque, je déplorais l’absence de courses intermédiaires entre le traditionnel demi-marathon et celle que je considérais comme l’épreuve reine.

Depuis, on a vu apparaître des courses de 30 kilomètres qui permettent aux futurs marathoniens de tester leur progression ou qui peuvent servir de course de préparation aux marathoniens expérimentés. Et c’est très bien ainsi.

Par contre, à ce phénomène s’en ajoute un autre : la multiplication des marathons. Ainsi, celui de Magog a vu le jour il y a quelques années. Puis cette année naîtront deux petits nouveaux : celui de Longueuil et celui des Érables. Il y en a bien d’autres, mais je ne vais m’attarder qu’à ceux-là. Car qu’ont de commun  ces marathons ?  Ils ne sont pas ce que j’appelle de « vrais » marathons. Je dirais plus qu’ils sont des marathons « patentés ».

Je m’explique. Tout marathonien vous le dira, faire 42.2 kilomètres, particulièrement sur la route, c’est difficile. Surtout quand on veut « faire un temps ». Et nous passons tous à peu près par les mêmes phases : euphorie du début, première moitié qui passe plutôt bien « parce qu’on ne va pas trop vite », petit blues après le demi, les craintes qui commencent à s’installer entre les 25e et 30e kilomètres, puis… là ça dépend. Quand ça va bien, les 12-15 derniers kilomètres ne passent pas si mal: on serre les dents, on prie pour que ça tienne, on s’accroche.

Mais quand ça va mal, que les crampes s’installent, que la machine dérape, c’est à ce moment que le mental doit prendre le dessus. Et pour ça, surtout quand on n’a pas beaucoup d’expérience, on a besoin d’un environnement qui a le moindrement de l’allure.

Or, certains « marathons » sont bourrés d’allers-retours (voir le parcours du marathon des Érables ci-bas). Non mais, est-ce qu’il y a quelque chose de plus décourageant que d’avoir à se taper une loooongue ligne droite pour se rendre à un vulgaire cône orange pour avoir à revenir sur ses pas ?  Qui n’a pas « rêvé » de croiser à l’aller le gars qui lui est sur son retour et avec qui on a couru durant la première partie de la course ?  Lui qui a l’air tout frais alors qu’on se sent comme de la merde…

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Le parcours du marathon des Érables. Ouch !

Et que dire des courses qui offrent des boucles ?  Les coureurs du demi en font une, ceux du marathon en font deux (comme à Longueuil). Wow, quelle imagination !

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Longueuil: à faire deux fois pour les marathoniens…

Je comprends très bien qu’avec toute la logistique impliquée dans l’organisation d’une course sur route (sécurité, fermetures de rues, etc.), c’est plus simple d’instaurer des allers-retours et/ou faire plusieurs boucles. Mais les « vrais » marathons, eux, offrent des parcours intéressants ou à tout le moins, variés aux coureurs. Pas un collage de détours-pour-faire-la-distance, de chemins déjà parcourus et/ou d’allers-retours coupe-jambes.

Ainsi donc, ayant couru 14 marathons officiels, j’ai eu la (mal)chance de m’attaquer à 8 parcours différents. Je vous présente aujourd’hui mon palmarès d’appréciation desdits parcours.

1- Boston (2013 et 2014)

Boston

Le célèbre parcours…

En fait, il devrait plutôt s’appeler le Marathon de la banlieue de Boston car en réalité, les coureurs ne font seulement qu’environ 2 kilomètres dans la ville même. Le départ est donné à Hopkinton et son superbe parcours traverse une pléiade d’autres charmantes petites villes du même style liées entre elles par un chemin de campagne qui nous fait remettre en question l’organisation : allons-nous vraiment à Boston ?  Surtout que le voyage pour se rendre au départ en autobus jaune semble prendre une éternité…

Ondulé, très ondulé même, il en offre pour son argent au marathonien qui est forcément aguerri… car il faut se qualifier d’abord !  On y retrouve plusieurs points de repères qui sont devenus célèbres au fil des ans : le scream tunnel de Wellesley, Charles River, la caserne des pompiers de Newton, la fameuse Heartbreak Hill, etc.

En 2014, quand je suis revenu de Boston, mon patron m’a demandé si, comme je venais du Québec, je ne ressentais pas une certaine animosité de la part des gens là-bas. « Tu sais, Canadien-Boston »…

Il ne pouvait pas être plus dans le champ. Tout d’abord, à Boston, le hockey passe loin, très loin derrière le football, le baseball et le basket. Et puis, le marathon, c’est une grande fête là-bas. Alors le Canadien de Montréal, les gens s’en balancent complètement. Tout au long du parcours,  on sent l’enthousiasme des spectateurs ainsi que l’hospitalité typique de la Nouvelle-Angleterre avec qui nous, les Québécois, avons beaucoup d’affinités d’ailleurs.

J’ai beau avoir souffert les deux fois que je l’ai fait et m’être promis de ne jamais y retourner, c’est un must absolu à vivre au moins une fois si on a la chance de se qualifier.

2- New York (2013)

New York

C’est New York, oui, mais le vrai New York, pas celui qu’on montre aux touristes. Le parcours prend son envol à Staten Island et rejoint Brooklyn via le pont Verrezano-Narrows, offrant une vue spectaculaire sur Manhattan. Après Brooklyn, c’est le Queens, puis Manhattan direction Bronx par la première avenue. Les coureurs reviennent ensuite vers Manhattan pour finir le tout en beauté dans Central Park.

Tout au long du parcours, la foule est très dense. Dans le dernier kilomètre, les cris sont tout simplement assourdissants. Une expérience unique. Son coût prohibitif m’empêchera de recommencer, mais j’en garderai toujours un souvenir impérissable.

3- Ottawa (nouveau parcours, 2012 et 2014)

Ottawa

Le plus grand week-end de course au pays, une organisation hors pair. Quant au parcours, il amène les coureurs dans plusieurs racoins de la capitale. Quelques endroits sont plus difficiles mentalement : l’aller-retour au milieu de nulle part le long de la rivière des Outaouais, la petite virée dans Gatineau ainsi que le petit bout où les coureurs doivent partager la chaussée avec la circulation en étant protégés seulement par des cônes.

Mais le canal Rideau ainsi que le passage dans le centre-ville rattrapent le tout. Je me souviendrai toujours de la réponse de la foule quand je leur ai demandé du bruit. J’en ai encore les frissons.

4- Philadelphie (2012)

Philadelphie

Ce parcours réussit l’exploit de nous faire oublier une ville somme toute bien ordinaire en nous montrant ses plus beaux attraits. L’aller-retour de la deuxième partie pourrait être difficile à supporter, mais la vue sur la rivière ainsi que sur les cavernes réussissent à sauver (un peu) la mise. Une arrivée devant les fameuses « marches à Rocky » agrémentée d’un high five au maire font de ce marathon une destination de choix pour l’automne.

5- Ottawa (ancien parcours, 2010)

Pas tellement différent du nouveau parcours, il avait la particularité de « perdre » les coureurs dans un endroit isolé dans les kilomètres les plus difficiles. Au 35e kilomètre, ça tombait comme des mouches. Ça prenait le retour dans le portrait du canal Rideau pour remonter le moral.

Personnellement, je m’en suis sorti, mais ce n’est pas le cas pour tous…

6- Montréal (ancien parcours, 2007, 2008, 2009, 2010 et 2011)

J’ai souvent, et avec raison, déblatéré contre l’ancien parcours de notre marathon local. La première partie était plutôt bien, avec le départ sur le pont Jacques-Cartier, le tour du circuit Gilles-Villeneuve, le passage devant Habitat 67 et la traversée du Vieux.

Ça se gâchait sur Ste-Catherine avec le détour qui semblait obligé dans l’est de la ville et par un retour sur le très monotone boulevard Maisonneuve. La côte Berri suivie du parc Lafontaine et du Plateau annonçaient des kilomètres intéressants.

Erreur. Après un long faux-plat qui coupait les jambes, les coureurs devaient se taper St-Laurent dans son plus moche suivi du suprême casse-moral : la rue des Carrières, une horreur sans nom. Les survivants devaient par la suite se taper l’interminable rue Rachel qui ne donne pas sa place côté laideur elle non plus.

Le tour du parc Maisonneuve venait rattraper un peu les choses, surtout une fois que la montée Pie IX avait été complétée. Mais c’est là que j’ai cru que j’allais mourir, dans la fournaise de 2011.

L’arrivée dans le stade avait quelque chose de magique et quand ce dernier est devenu trop petit pour la taille de l’événement, le parc Maisonneuve a offert une belle alternative.

Ceci dit, le gros, gros problème à Montréal, c’est la foule : il n’y en a tout simplement pas. Pas un foutu chat pour lancer un encouragement au moment opportun. Rien. Comme si le marathon était un emmerdement pour la population. Ça faisait un peu pitié.

7- Mississauga (2011)

Mississauga

Départ dans une cour de centre d’achats (ça ne s’invente pas), un aller-retour dans un quartier industriel moche au possible, des détours placés çà et là pour essayer de nous faire faire la distance et tellement pas de monde que celui qui a franchi la ligne le premier avait justement court-circuité un de ces détours sans le savoir.

L’arrivée est située sur les bords du lac Ontario et s’il avait fait beau, probablement que je serais moins sévère. Mais je suis tombé sur une fin de semaine de pluie…

8- Montréal (nouveau, 2015))

Montreal

Il garde les qualités de l’ancien parcours dans sa première moitié et épargne même les coureurs de la partie déprimante dans l’est de la ville.

Mais une fois la mi-parcours franchie, c’est le désastre. Un chemin de croix, un vrai de vrai, composé non pas de un, mais bien de trois allers-retours. Toujours pas un chat sur le parcours, des bands qui jouent sans conviction et qui finissent par tomber sur les nerfs…

On dirait que toute l’emphase est mise sur le demi-marathon et pour ceux qui font le marathon, hé bien il y a cette merde-là si vous y tenez tant que ça. Honnêtement, ça fait dur.

Heureusement, ceux qui s’aligneront au départ à Hopkinton lundi prochain n’auront pas à vivre ça, bien au contraire. Petit conseil: profitez de chaque instant, même si le parcours est difficile. Car c’est le plus beau marathon du monde !

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Un week-end de course chargé

La fin de semaine dernière, pendant que je retrouvais mes sentiers sur le bord du fleuve samedi et que je reprenais l’entrainement sérieux dimanche au mont St-Bruno en vue du Ultimate XC de St-Donat, plusieurs courses qui se déroulaient dans le nord-est du continent ont retenu mon attention.

Le tout a commencé vendredi par le Défi de la Tour du Stade olympique. C’était une épreuve assez inusitée. En effet, elle consistait en une course de 4 km suivie de l’ascension des 850 marches de la Tour.  Certainement pas facile comme défi, les participants devant se garder des réserves durant la partie « course » afin de pouvoir grimper la tour à un bon rythme…

La course a été remportée, en 19:59 et avec 44 secondes d’avance, par le sympathique David Le Porho dont j’ai déjà parlé sur ce blogue. Disons que lorsque David s’aligne au départ d’une course, particulièrement au Québec, il la gagne plus souvent qu’autrement. Je m’attends à le voir (en fait, à ne pas le voir, justement) devant à St-Donat… Mon amie Chantale, celle qui m’a donné le goût de me mettre à la course jadis, était de la partie. Elle a terminé en 30:27.

Le lendemain avaient lieu les courses de 1, 2, 5 et 10 km dans le cadre du même événement. Des grosses pointures étaient présentes: le 5 km a été remporté par Baghdad Rachem en 15:27 et le 10 km, par Amor Dehbi en 32:33. Chantale n’est pas demeurée en reste, réalisant un impressionnant 24:41 sur le 5 km. Sous les 5 minutes/km de moyenne !  Un gros bravo pour ton week-end de course !!!  🙂

Toutefois, ce jour-là, c’était plutôt le North Face Endurance Challenge de Bear Mountain qui retenait mon attention, particulièrement l’épreuve-reine: le 50 milles. Remportée par l’Américain Jordan McDougal en 7:13:52, cette épreuve a mis en évidence la progression des coureurs québécois dans le domaine de la course en sentiers: 4 des 8 premiers sont effectivement originaires de la Belle Province. Parmi eux, Sébastien Roulier, qui a gagné une course de 100 km en mars et qui était à Boston où il a fait 2h38. Il s’est « contenté » de la huitième place à Bear Mountain. Une vraie machine.  Je me demande encore et toujours comment il fait…

J’avais un sentiment ambivalent en regardant les résultats « entrer ». J’aurais vraiment aimé y être, mais j’avais anticipé (avec raison) ne pas être totalement remis de Boston à ce moment-là. Que voulez-vous, je ne suis qu’un pauvre être humain, alors que d’autres… J’espère y être l’an prochain, mais Boston sera encore plus près dans le temps et je n’aurai pas eu plus de temps pour m’entrainer en sentiers. Enfin, on verra bien.

Puis dimanche, c’était dimanche de course dans la région de Toronto avec les deux marathons ennemis qui se déroulaient en même temps: celui de Toronto dans la ville-reine et celui de Mississauga, en banlieue.

Le premier a été assombri par le décès d’une jeune fille de 18 ans qui en était à son premier marathon et qui s’est effondrée dans les derniers kilomètres. Ce sont des choses qui arrivent malheureusement assez régulièrement et qui s’expliquent difficilement. On parle souvent de problèmes cardiaques congénitaux, condition inconnue des personnes qui en sont atteints. Ces personnes sont souvent des coureurs expérimentés qui ont déjà plusieurs courses à leur actif. C’était le cas de la jeune fille en question, qui avait fait plusieurs demi-marathons. Fait étonnant, la grande majorité des cas, ce sont des hommes qui succombent suite à un tel malaise. Peut-être suis-je moi aussi en train de mettre ma vie en danger parce que j’ai une malformation cardiaque dont j’ignore même l’existence. Mais pensez-vous que je vais arrêter « au cas où » ?  Jamais.

Du côté sportif, le marathon de Toronto a été remporté par un Québécois très connu dans le milieu, Terry Gehl, en 2h37. Preuve que cette course n’attire vraiment pas l’élite, le temps relativement lent du vainqueur et le fait qu’il soit âgé de… 44 ans !  Du côté de Mississauga, ça s’est gagné en 2h29… par un autre homme dans la quarantaine. Décidément…

Ce qui m’intéressait le plus dans ces deux courses, ce n’était pas tant les exploits sportifs que le niveau de participation. À Toronto, 1694 personnes étaient de la partie alors que dans sa banlieue, à peine la moitié, soit seulement 850, y étaient pour souligner le 10e anniversaire de cette épreuve. Ceci qui confirme le déclin de cette dernière, car nous étions 250 de plus en 2011, quand j’y ai participé. Mais on dirait bien  que la controverse qui a suivi la disqualification de deux coureurs d’élite cette année-là suite à une erreur des cyclistes-guides fait encore mal. Il faut dire que le parcours, moche à souhaits par bouts, ne doit pas aider non plus…

J’ai comme l’impression que le Marathon de Mississauga est appelé à disparaitre à moyen terme, car il n’est pas normal qu’en plein boom de course à pied, une épreuve connaisse une telle régression dans son niveau de participation. Il va falloir que ce marathon se renouvelle s’il veut tout simplement réussir à survivre.

Dans ma boîte de courriels (bis)

Autre message reçu la semaine dernière, de la part du Marathon de Mississauga cette fois-ci. « Gros » coup de pub de la part des organisateurs: ils me disaient de me dépêcher, les coûts d’inscription pour leur épreuve allaient augmenter à partir du 30 janvier. Hou, je ne sais pas ce que je fais là à attendre, moi…  😉

Plus loin dans le courriel, on remerciait les 59 personnes (que je surnommerais affectueusement les masos) qui ont participé à chaucune des neuf premières éditions du marathon et qui sont inscrites pour la dixième. Wow, il faut quand même le faire, participer 10 fois à la même épreuve. J’ai fait le Marathon de Montréal 5 fois et vous auriez dû voir la tête de ma chiro quand je lui ai dit. C’était écrit sur son visage: « C’est quoi que tu n’as pas compris ? ». C’est vrai qu’avec la relation d’amour-aime que j’entretiens avec notre marathon local, j’aurais bien pu trouver quelques alternatives avant. Par contre, celle que j’ai fini par trouver, le VT50, risque d’être là pour un bout…  🙂

Mais ce qui m’a frappé dans le courriel, c’était le petit paragraphe intitulé (traduction libre): « Établissez un record Guiness lors de votre participation au Marathon de Mississauga ». Hein ?  Quoi, il existe un record pour le nombre de participations à des marathons poches ? En lisant un peu plus loin, ils donnaient des exemples de records qu’on pouvait viser:

  • Temps combiné par un couple marié dans un même marathon: 5:46:53
  • Temps combiné par un duo parent-enfant du même sexe: 6:03:07
  • Temps combiné par un duo parent-enfant de sexe différent: 6:22:05

Je n’y ai pas trop porté attention au début, mais après analyse, je me suis rendu compte que si je voulais entrer un jour dans le fameux livre des records, ce serait assez compliqué merci !

5h46 pour un couple marié ?  Pour battre ça à Philadelphie, il aurait fallu que je sois marié avec celle qui a terminé… 4e chez les femmes !  Mon amour, tu t’y mets quand ? 😉  Ça aurait peut-être été plus facile s’ils acceptaient des conjoints du même sexe, mais bon, je ne suis pas prêt à aller jusque là pour un record, quand même…  Ok,  on va s’essayer avec le duo parent-enfant. Oups, je n’ai pas d’enfant. Mon père alors ?  Sous les 3 heures pour lui, ce serait faisable, non ?  Ou peut-être ma mère en 3h16 ?

Tout ça pour dire que je ne comprends pas trop le rapport de mettre ça dans leur envoi. Mississauga est un petit marathon sans prétention, organisé un peu « à la bonne franquette », au cours duquel le lapin de 3h15 a terminé en 56e position l’an denier. Pensent-ils vraiment réussir à attirer des gens qui visent des records du monde ?  Par exemple, pour battre le record du couple marié l’an passé, il aurait fallu que la gagnante soit mariée à celui qui a terminé…  en 4e position. Pas impossible que ça arrive, mais je pense que si un couple de coureurs était assez fort pour avoir de telles ambitions, il choisirait un endroit plus glamour pour le faire:  Boston, Chicago, New York, je ne sais pas moi…

Mais Mississauga ?

Toronto ou Mississauga ?

Ha le mois de janvier… Les grands froids (ben, pas vraiment ces derniers jours, mais ça va revenir), la neige, les journées qui allongent tranquillement. Pour bien des coureurs, c’est le moment de l’année pour établir le calendrier de compétitions pour les 12 mois à venir. Et pour plusieurs, un marathon au printemps, c’est définitivement un must. Ottawa semble le choix évident, mais il s’emplit vite (il est déjà vendu à 67%) et dans d’autres cas, il est aussi possible que le coureur ne soit pas disponible à la date prévue pour la course.

Comme j’en ai déjà glissé un mot, au cours mes premières années dans le merveilleux monde de la course, je participais presque systématiquement à trois épreuves: le demi-marathon Scotia Bank de Montréal en avril, le Tour du Lac Brome en juin et le Marathon de Montréal en septembre.

Puis, en 2010, question de me tenir en « forme de course » plus longtemps durant l’année, j’ai décidé d’ajouter un marathon au printemps et de laisser tomber le Lac Brome, que je trouvais trop « vulnérable » à la chaleur de toute façon. Le choix le plus simple pour un marathon au printemps était évidemment le Marathon d’Ottawa. En plus de se dérouler pas trop loin de chez moi, Steph, mon grand ami d’enfance, habite à Gatineau. Je pouvais donc squatter un hôtel pour vraiment pas cher. L’expérience a été magique: une course avec une organisation et une ambiance extraordinaires qui s’est conclue par un record personnel battu de 11 minutes. J’étais définitivement accroc.

2011 arriva et Barbara et moi avons décidé d’enfin nous payer LE voyage: deux semaines en amoureux à Paris. Sauf que je voulais absolument faire un marathon au printemps et nous voulions également éviter les grosses chaleurs de l’été dans la Ville Lumière. Et pas question de faire le marathon en revenant, je n’aurais pas profité du voyage. Ottawa étant à la fin mai, il était définitivement situé trop tard dans le calendrier. Que faire alors ?  Deux choix « potables » s’offraient à moi: Toronto et Mississauga.

Créé en 1977, le Marathon de Toronto était traditionnellement organisé en octobre. Cependant, un autre évènement d’envergure arriva dans le portrait en 2000: le Toronto WaterFront Marathon, qui avait lieu en septembre. Avec son parcours plat et ultra-rapide, il gagna rapidement en popularité et en prestige (ce que je trouve d’ailleurs très ironique: plus un marathon est facile, plus il est prestigieux !). Les problèmes de logistique (fermeture des rues, entre autres) rendit difficile la cohabitation entre les deux, ce qui força le plus petit à se déplacer au printemps pour l’édition 2011.

Ceci ne fit évidemment pas l’affaire de Mississauga (« le Laval ontarien »), la principale banlieue de la métropole du pays. En effet, le marathon de cette dernière avait lieu en mai depuis 2004, sans réel problème de concurrence. Et comble de malheur: les deux marathons allaient avoir lieu… le même jour !

J’ai donc passé des semaines à me poser la question: à quelle course participer ? Je suis allé voir sur des forums de discussions, consulté d’autres coureurs, rien de bien clair n’est ressorti pour m’aider à aiguiller mon choix. J’ai finalement opté pour Mississauga pour deux raisons: l’heure du départ (7h30 au lieu de 9h pour Toronto, qui s’est ravisé depuis) afin d’éviter le plus possible la chaleur (ça peut arriver) ainsi que la très grande facilité à trouver du stationnement tout près du départ. De plus, comme je voulais me qualifier pour Boston, on m’avait dit que le parcours s’y prêtait mieux.

Le jour de la course, un  crachin désagréable est tombé toute la journée, le tout agrémenté par un vent du nord-est à 25-30 km/h et des températures n’atteignant jamais les 10 degrés. Pour la chaleur, on repassera… Le parcours est orienté de façon à ce que les coureurs aient le vent dominant dans le dos sur les 16 derniers kilomètres. Le problème, c’est que le vent dominant, c’est celui du… sud-ouest ! Nous avons donc dû faire face une véritable tempête, mais j’ai tout de même réussi à me qualifier. Par contre, mon temps étant trop « sur la fesse », je n’ai pas été accepté pour Boston cette année-là. Ce n’était que partie remise. 🙂

Mais avec le recul, avais-je fait le bon choix ?  Je n’ai jamais participé à celui de Toronto, alors je ne peux pas être certain. Mais Mississauga, c’est plutôt… ordinaire.  Ha, c’est foutrement bien organisé au départ et à l’arrivée. C’est entre les deux que ça se gâche. Côté points d’eau, vraiment pas de problème, il y en a systématiquement aux deux kilomètres. Mais la course se déroule dans un anonymat presque complet. Nous avons traversé des quartiers résidentiels où les seuls spectateurs rencontrés étaient les gens qui travaillaient sur leur terrain. Des faces en point d’interrogation, j’en ai vu ce jour-là !

De plus, les indications n’étaient vraiment pas claires. À un moment donné, je me suis retrouvé sur une piste cyclable, sur le bord du lac Ontatrio, avec personne devant, ni derrière. J’ai définitivement douté être sur le bon chemin. Se perdre dans un ultra, ça fait partie de la game. Mais dans un marathon ?  Finalement, je n’étais pas perdu, mais je n’ai pas nécessairement un bon souvenir de l’expérience.

Pour vous prouver à quel point les indications étaient mauvaises, celui qui a terminé en première position a éventuellement été disqualifié pour avoir escamoté une partie du parcours. En effet, le chemin à suivre était tellement clair que le cycliste qui l’accompagnait a carrément loupé un détour vers le lac, détour qui comprenait la principale côte du parcours. Ça donne une idée de la présence extrêmement nombreuse des spectateurs sur le parcours, hein ? 😉  Comment on dit ça par chez nous ?  Ha oui: pas fort…

Cet incident a d’ailleurs nui à l’épreuve car la participation a significativement diminué en 2012. Donc, si vous avez à choisir entre les deux, bien que je ne connaisse pas Toronto, j’éviterais Mississauga. À une exception près, cependant: si vous visez un temps de 3h15. Car depuis des années, le lapin de 3h15 est le même et il se tape également ce boulot à Ottawa et au Waterfront. C’est une véritable horloge: il arrive immanquablement sur son temps à 10 secondes près. Vous n’aurez donc qu’à le suivre sans vous casser le ciboulot et il vous amènera à bon port.

Plus près de chez nous, le même jour qu’Ottawa, il y a le Vermont City Marathon, disputé à Burlington. Je ne le connais pas lui non plus, mais on n’en dit que du bien… mise à part son relief pas toujours facile. Je me promets bien d’y aller un jour… mais pas cette année.