Qu’est-ce qui m’attend ?

Comme j’en ai déjà parlé, c’est dimanche prochain que je prendrai part à la course de 50 km dans le cadre du marathon intérieur de Sherbrooke. Piste de 200 mètres, 250 tours à compléter. Simple, non ?  Pas tant que ça. Ce type d’épreuve m’est totalement inconnu et bien que je tâche de tout prévoir, je ne sais pas trop à quoi m’attendre. Je me dis que je dois prendre ça comme une expérience, mais je le sais, mon esprit compétitif va travailler pour essayer de trouver la meilleure façon d’obtenir un résultat qui a de l’allure. Que voulez-vous, on ne me change pas.

Première interrogation: l’entrainement. Est-il adéquat ?  Honnêtement, je ne me suis pas entrainé avec cette course-là à l’esprit. Mon premier vrai objectif de la saison, c’est Boston. Ok, j’ai fait quelques distances plus longues (dont une sortie de 36 km) depuis le début de 2014, mais des intervalles ?  Pas vraiment moyen, avec le froid et la glace. La vitesse n’est donc pas là, bien que samedi dernier, je me suis un peu surpris avec du 4:08/km sur 13 km.

Deuxième interrogation: le tapering. Encore là, pas ma meilleure. 84 km la semaine dernière, on ne peut pas vraiment appeler ça du tapering (en ce qui me concerne, du moins). J’y vais très relaxe cette semaine, mais ce sera probablement trop peu, trop tard.

La distance. Bah, c’est “juste” 8 km de plus qu’un marathon…  Ben justement, c’est tout de même presque 20% de plus. Je n’ai fait cette distance que 5 fois dans ma vie (deux ultras, deux fois au mont St-Bruno et une fois sur la route pour le plaisir), ce n’est quand même pas beaucoup. Et il y a l’aspect mental à considérer. En marathon, quand j’arrive aux 25-26e kilomètres, je me dis qu’il ne me reste plus qu’une sortie de semaine à faire et ce sera fini. Mais sur un 50 km, je n’en serai rendu qu’à la moitié. Psychologiquement, j’aurai besoin de m’adapter, c’est certain.

Le psychologique, justement. Tourner en rond comme ça, pendant des heures, ça risque d’être très difficile mentalement. Je ne compte plus le nombre de personnes qui n’en reviennent pas que je me sois embarqué là-dedans, qui me trouvent courageux (ou débile, c’est selon), etc. Moi qui ai envie de pleurer quand je me tape un tour du bassin olympique au parc Jean-Drapeau parce que je trouve ça ennuyant, imaginez 250 tours… Sauf que je compte bien utiliser le tout à mon avantage. On dit toujours qu’il ne faut jamais voir une course longue distance dans son ensemble, qu’il est de beaucoup préférable de la fractionner mentalement en plusieurs petites courses. Ainsi, durant un ultra en trail, on ne doit penser qu’au prochain poste de ravitaillement et oublier le reste. Puis au suivant, puis au suivant… J’avoue que ça marche plutôt bien. Alors dans ce cas-ci, surtout si ça commence à mal aller, il me sera plus facile de seulement me concentrer à terminer un tour et oublier qu’il en reste une infinité.

Ok, peut-être plus facile à dire qu’à faire…

Les conditions. Évidemment, pas de vent, pas de pluie, pas de neige, pas de glace. Mais quelle sera la température ?  Sur le site de l’événement, il est indiqué que le chauffage sera probablement fermé durant la nuit, permettant à la température du stade intérieur d’atteindre une valeur acceptable pour la course. On parle de 15 à 20 degrés. Or, il ne faut pas oublier que nos corps sont présentement habitués à combattre le froid, alors 20 degrés pour courir, ce serait peut-être un tantinet élevé à mon goût. Je ne devrai pas négliger l’hydratation, c’est certain.

Et que dire de la qualité de l’air ?  Une autre inconnue. Est-ce qu’il sera vicié ou il y aura une certaine circulation ?  À voir sur place.

La circulation. En tout, nous serons 34 sur la piste en même temps : 21 pour le marathon, 13 pour le 50k. Un petit calcul rapide permet de découvrir que quelqu’un qui court à 5:00/km fera 6 tours de piste pendant que la personne qui court à 6:00/km en fera 5 (mail quel grand mathématicien, quand même !). Ce qui veut dire un total d’une quarantaine de dépassements durant la course ! Imaginez s’il y a un petit vite qui fait le marathon à 3:45/km et qu’une autre personne va à 7:00/km. À 34 personnes…

Normalement, durant une course, quand un coureur plus rapide en dépasse un plus lent, ça arrive une seule fois et c’est tout. Au fur et à mesure que l’épreuve se déroule, les coureurs de même force tendent à se regrouper et les manoeuvres de dépassement se font de plus en plus rares. Aussi, il y a généralement assez de place pour passer. Mais là… Sans compter l’effet psychologique de se faire prendre plusieurs tours par la même personne. Bref, il va falloir dealer avec la circulation, quelque chose de tout nouveau pour moi qui n’ai jamais fait de course sur piste.

La musique. Je cours toujours dans le silence le plus complet car j’aime me perdre dans mes pensées. Or, on nous annonce de l’animation. En marathon, quand je passe devant un orchestre, mes sentiments à son égard sont mitigés. Si ça va bien, une bonne petite toune avec un bon beat, ça me pompe et je suis énergisé. Mais quand ça va mal, ça me tape sur les rognons. Les cuivres et les percussions ont le don de venir chercher une corde sensible…

Bref, je vais sortir de ma zone de confort et j’avoue que je ne déteste pas ça du tout. J’ai bien hâte de voir comment ça va se passer…

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6 avis sur « Qu’est-ce qui m’attend ? »

  1. Une belle grosse épreuve mentale. J’ai fait 3 marathons intérieurs et le pire c’est la chaleur car il n’y a pas de vent pour nous refroidir. Apporte une serviette humide pour te refroidir. Simple et efficace. Bon ultra marathon !

  2. Originale comme épreuve ! Mentalement cela ne doit pas être évident à gérer. Bon courage et bon plaisir ! J’attends les résultats.
    Ps : l’expression : « ça me tape sur les rognons »… J’adore !

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