L’hiver dans toute sa splendeur

46 centimètres de neige… Pour que ce soit considéré comme une « tempête », Environnement Canada a établi qu’il doit tomber 15 cm. Nous avons donc reçu l’équivalent de trois tempêtes sur la tête en moins de 24 heures. L’hiver dans toute sa splendeur. Un bonheur pour les skieurs, un cauchemar pour les coureurs.

Mercredi, j’ai bien profité des surfaces sèches pour faire une sortie agréable car je savais ce qui s’en venait. Jeudi, j’ai passé 4h37 (oui, j’ai chronométré !) au total à pelleter. Hier, Charlotte a dû se contenter d’une promenade dans les rues à moitié dégagées, car le parc était toujours enseveli sous un épais tapis de m… euh, je veux dire,  de neige blanche. Ce matin, je suis parti dans la schnoutte, espérant pour le mieux.

Ça commençait très mal: de la « cassonade » dans ma rue. Finalement, ça n’a pas été si pire, la piste cyclable sur le bord du fleuve étant dégagée. Mais il y avait tout de même de la neige et de la glace à plusieurs endroits, rendant périlleuses certaines manoeuvres. J’avoue qu’il m’a été difficile de ne pas évoquer les saints objets à plusieurs reprises… J’ai tout de même réussi à faire mes 12 km (moyenne: 4:34/km) sans me péter la marboulette.

Bilan: l’ischio-jambier tient toujours le coup. Et je me sens revivre. Pour la première fois depuis des lunes, j’avais faim au dîner. J’avais hâte de faire mon traditionnel sandwich d’après-course et de le dévorer. Maudit qu’il était bon !  🙂

En terminant, message à mes amis skieurs: que je n’en entende pas un seul d’entre vous se plaindre qu’il n’y a pas de neige cette année, je risquerais de mal le prendre… 😉  Je pourrais aussi être assez intolérant si vous vous mettez à trouver des excuses (genre: il ne fait pas assez beau, fait trop froid, trop chaud, il y a trop de monde) pour ne pas pratiquer votre sport. Car je continue de pratiquer le mien alors que les conditions sont idéales pour le vôtre !

Ça tient toujours le coup

Deuxième sortie depuis mon « retour au jeu » aujourd’hui. Après deux bons soupers de Noël, on peut dire que j’avais hâte de dépenser quelques calories.

Coup de chance, il faisait un temps magnifique et la piste cyclable qui longe le fleuve était totalement au sec. Il y avait bien un petit vent humide (il est toujours humide, le foutu vent d’hiver par ici !) provenant du « large », mais pour le reste, comme conditions hivernales, difficile de demander mieux.

Encore une fois, j’avais des craintes avant de m’élancer. Je sentais toujours un petit quelque chose dans mon ischio-jambier et j’avais peur qu’il fige encore une fois, me ramenant à la case-départ. Mais il n’en a été rien. Ou presque. J’ai fait 10 km sans pousser (4:29/km) et bien que j’ai senti ma cuisse droite se plaindre un peu, tout a tenu le coup pendant 45 minutes. En ce moment, je sens encore une certaine raideur, mais je pense bien que ce sera disparu demain matin. Je l’espère, avec la quantité de neige qui nous est annoncée demain, je risque d’avoir besoin de toutes les parties de mon corps pour pelleter !  🙂

En plus de la petite raideur, une autre inquiétude demeure: l’effet du bandage que je dois porter au mollet droit. Encore une fois aujourd’hui, mon pied cognait lourdement au sol et je me demande si je ne risque pas de développer certains problèmes si je continue comme ça.  Ça va prendre les conseils de l’experte en la matière, je crois.

En tout cas, vous ne pouvez pas savoir à quel point j’ai hâte que tout ça soit derrière moi et que ma vie de coureur reprenne son cours. Du genre courir pendant des heures perdu dans mes pensées, arriver à la maison épuisé, recommencer à avoir très faim aux repas…

Patience Fred, patience…

Courir en hiver: s’adapter à la surface

Aujourd’hui, suite sur le thème « Courir en hiver »: la surface.

C’est de loin ce que je trouve le plus difficile durant la saison froide. Comme je disais hier, le froid, je suis capable de m’y faire. Et je suis même chanceux de ce côté: pas de problèmes respiratoires, pas de goût de sang dans la bouche (ouais, ça a l’air que ça arrive…) non plus. Évidemment, par grands froids, mes poumons ont plus de difficulté à faire leur travail, mais vraiment rien pour m’arrêter de courir.

La neige, par contre… En fait, ce n’est pas la neige en tant que tel qui me dérange, mais ce que l’activité humaine en fait. Le passage a répétition des voitures la fait se transformer en belle gadoue, les trous d’eau sale se multiplient, l’enfer. Mais la pire surface que je connaisse, c’est l’espèce de « cassonade » qui se développe suite à une bonne bordée. Je ne sais pas d’où ça vient, mais dans certaines conditions, on dirait qu’à force de se faire brasser par les autos, la belle neige devient granuleuse et prend une horrible couleur beige. Et comme en plus de la couleur, elle prend également la texture de la cassonade, je lui ai donné ce surnom. Quand on se déplace (on se peut pas utiliser le verbe « courir dans ce cas-ci) là-dedans, on a l’impression d’être dans le Sahara. Tout ce qui plie dans le bas du corps (chevilles, genoux, hanches) commence alors une série de torsions inhabituelles et le débit de mots religieux sortant de ma bouche atteint des sommets qui ne sont égalés que lorsque je fais de la peinture ou installe un luminaire.

Pour la glace, il n’y a malheuresement qu’une seule chose à faire: l’éviter et attendre soit l’épandage d’abrasifs, soit le retour du printemps. Il n’y a pas de miracle…

De plus, à mesure que l’hiver avance, l’accumulation de neige sur les côtés des rues les fait rétrécir, faisant passer la cohabitation avec la circulation automobile d’acceptable dans le meilleur des cas, à impossible en certaines occasions.

Bon maintenant, qu’est-ce que je porte comme chaussures pour me rendre le tout un tantinet moins désagréable ?  Hé bien justement, j’ai toujours porté la même chose, hiver comme été. Je me suis aussi déjà procuré des « grappins ». Ceux que j’avais étaient comme des ressorts métalliques tenus ensemble par des bandes en caoutchouc. Faciles à installer, leur efficacité était remarquable sur la neige tapée et dans une certaine mesure, sur la glace. Par contre, ils étaient carrément inutiles dans la neige folle, la gadoue et bien sûr, la « cassonade ». Si j’en parle au passé, c’est que je les ai « scrappés » à force de courir sur l’asphalte avec. Parce que oui, la surface sur lacquelle on doit courir l’hiver varie, alors on n’a pas nécessairement envie de se geler les mains pour enlever/remettre les grappins à chaque fois.

Donc, bien que je m’en sois procuré une autre paire depuis, je ne les enfile plus et prie à chaque fois pour que la surface de course soir adéquate. Et j’essaie de me consoler en me disant que lorsque je cours sur la neige bien tapée, ça va moins vite, mais c’est moins dur pour mes articulations.

J’ai toutefois une lueur d’espoir pour cet hiver. En effet, je suis désormais l’heureux propriétaire de souliers de trail et à voir l’efficacité que ces derniers ont sur la roche glissante et dans la boue, j’ai bien hâte de voir comment ils vont se comporter dans la neige. Prions le Seigneur…

Courir en hiver: s’adapter aux conditions météo

J’ai déjà abordé un peu le sujet, mais à la demande de ma petite soeur et avec la saison froide qui s’en vient, je crois que le moment est propice pour en parler: qu’est-ce que je fais l’hiver ?

Si on revient au commencement, c’est-à-dire il y a quelques années, je n’appréciais pas l’hiver, mais rien de particulier. Depuis que nous avions quitté Montréal (qui n’est tellement pas adaptée à notre climat que ça en est ridicule) pour nous établir en banlieue, ma relation avec la saison froide avait repris la cordialité de ma jeunesse. Je préférais l’été, mais je me faisais à l’idée qu’il fallait traverser l’hiver. De plus, je ne déteste pas pelleter, alors…

Tout a changé quand je me suis mis à la course. Le froid ? Pas de problème. La neige par contre… Et la glace… Maudit que j’haïs ça !  Dès qu’il y a la moindre chute de neige annoncée, je me mets à rager, comme si ça allait changer quelque chose. Barbara me dit souvent: « Pense un peu aux skieurs ». Et les skieurs, ils pensent à nous, les coureurs ? NON !!!

(Aparté: cette semaine, j’ai eu une discussion à ce sujet avec mon ami et ancien collègue Sylvain. Il m’a fait remarquer qu’il demandait seulement 3 mois de neige par année et me laissait les 9 autres si je voulais. Ouais, bon point. Mais je cours 4 fois par semaine alors que très rares sont les skieurs qui enfilent les planches plus de 2 fois par semaine. Et puis j’ai le droit d’être égoïste de temps en temps, bon !  ;-))

Bon, une fois que j’ai fini de chiâler, je fais quoi ?  Je fais comme tout être humain qui veut survivre: je m’adapte. Aujourd’hui, je vais parler de ce qu’il y a de plus facile à gérer: les conditions météo.

Le dicton le dit: « Il n’y a pas de mauvais temps pour courir, seulement de mauvais vêtements ». Je vérifie donc toujours les données météo avant de partir: température, vent, le temps qu’il fait, etc. puis je m’habille en conséquence. Le principe universel bien connu est le suivant: plusieurs couches minces de vêtements au lieu d’une seule couche épaisse. Et ça prend des vêtements appropriés en matériel synthétique qui « respire », de façon à évacuer plus facilement la transpiration et demeurer le plus possible au sec. Le coton qui absorbe si bien l’eau est à éviter à tout prix. Les boutiques de course offrent un large éventail de produits qui permettent de s’adapter à toutes les conditions et on peut y recevoir de judicieux consels de la part d’experts en la matière (en tout cas, la plupart du temps…). Pour ma part, je crois bien que je suis capable de « descendre » facilement jusqu’à -30 degrés avec ce que je possède. J’ai un manteau que je n’enfile que 3 ou 4 fois par année tellement il est chaud.

Règle importante quand on court au froid (et à toutes les températures, en fait): la règle du 10 degrés. Il fait -15 degrés dehors ?  On s’habille comme s’il faisait -5 et qu’on allait prendre une marche ou travailler. C’est un peu plus désagréable au début, mais le corps se réchauffant, on se retrouve confortable assez rapidement. Si après 10 minutes on a encore froid, c’est que la combinaison de vêtements choisie est inadéquate. À l’inverse, si on est confortable avant même de commencer à courir, on est trop habillé. Disons que ce n’est pas toujours facile de trouver la combinaison parfaite…

Une fois le corps couvert convenablement, je porte habituellement une tuque de course. N’étant pas frileux du visage et du cou, je ne porte aucun foulard ou plastron. Pour mes mains, je les enfouis généralement dans le prolongement (prévu à cet effet) des manches de mon chandail de course à capuchon (que je surnomme le fuhrot, d’après l’attirail que portait le méchant dans Les Oraliens, une émission de mon enfance. Ceux de ma génération s’en souviendront certainement). J’ai essayé des gants et des mitaines et je me suis gelé à chaque fois quil faisait froid pour la peine.

Pour le bas du corps, je porte des pantalons semi-doublés, les « full-doublés » étant trop chauds pour moi. Et messieurs, détail excessivement important: il ne faut pas oublier les parties intimes !  Avec un vent de face, c’est fou à quel point on peut devenir inconfortable rapidement.  Personnellement, j’ai toujours une débarbouillette placée stratégiquement pour protéger les bijoux de famille. Ce n’est pas ce qu’il y a de plus élégant à voir, mais c’est bigrement efficace !

Pour les pieds, les boutiques spécialisées offrent une panoplie de sortes de bas. Personnellement, j’aime bien la laine merinos, mais c’est à chacun de voir ce qu’il préfère.

Une fois habillé, autre chose à penser: le vent. Parce que lorsqu’il fait froid, sa présence est encore plus déterminante. On pourrait même dire qu’il est primordial de commencer le vent dans la figure et terminer le vent dans le dos. La raison est simple: même s’il fait froid, nous transpirons. Si le coureur commence son trajet avec le vent dans le dos, il rsique de tout simplement frigorifier en revenant avec le vent de face. Donc, pour décider de mon trajet en hiver, je regarde toujours la direction du vent. Comme il vient généralement de l’ouest, c’est pour cette raison que je me retrouve presque irrémédiablement soit de l’autre côté de la 132 (grr !) ou dans le parc industriel (double grr !!) lors de la saison froide.

Au fil des ans, j’ai peaufiné ma gestion du vent. Ainsi, je fais habituellement 1 ou 2 km le vent dans le dos pour m’échauffer, puis entame le vif du sujet: le vent de face. Et je termine toujours le vent dans le dos… si c’est possible.

Il me reste à parler des souliers et de la surface de course. Mais ce sera pour la prochaine fois. 🙂

Un premier aperçu de l’hiver

Mardi 16 octobre,  quoi de mieux qu’une bonne course après une journée de formation ?  Il était à peu près 18h quand je me suis élancé. Le temps était frais, mais tout de même agréable: je portais des shorts et un combiné t-shirt-coupe-vent pour le haut du corps. Rien d’hivernal comme conditions, mais je l’ai tout de même vue se pointer, la saison maudite.

Avant, l’hiver me dérangeait un peu, mais sans plus. Mais depuis que je cours, j’HAÏS l’hiver. Le froid ?  Pas de problème, il y a des vêtements pour ça. Mais la tab… de m… blanche…  L’enfer !  Elle a le don de se transformer en « cassonade », une espèce de neige sale à la texture du sable du désert: complètement impraticable. Le coureur se retrouve à la merci des déneigeurs, qui dégagent généralement les pistes cyclables en dernier. Les rues rétrécissent, s’emplissent d’eau.  Ou de glace. Des fois, je me dis qu’il faut vraiment vouloir…

Mais bon, quel rapport avec mardi dernier ?  Bien voilà: il faisait un vent à écorner un boeuf et le soleil était sur le point de se coucher. Dans quelques minutes, il allait faire noir. Comme en hiver. Avec un tel vent, par température fraîche, je me devais donc de faire la première moitié de mon trajet avec le vent dans la figure. Comme en hiver. Le vent étant presque toujours de l’ouest, je devais donc me diriger vers le quartier industriel. Comme en hiver.

C’est dans ce merveilleux état d’esprit que je suis parti, avec l’idée de faire des intervalles. Mais comment surveiller sa progression quand il fait noir et qu’on ne peut pas voir son GPS, hein ?  J’avais beau essayer de regarder en passant près des lampadaires, c’était peine perdue: je ne voyais rien. J’ai donc décidé de faire des intervalles « patentés », c’est-à-dire me fixer sporadiquement des objectifs au loin (genre pancartes de signalisation routière ou une intersection en particulier) et sprinter jusque là. Après un certain temps, mon coeur voulait sortir de ma poitrine et je crachais mes poumons. Bon, j’avais un peu atteint mon but…

Après 8 km, j’ai arrêté mon manège… pour lancer un dernier sprint avant le 10e km. Tout juste sous les 41 minutes pour 10 km, c’était très satisfaisant dans les circonstances. Je me suis arrêté pour reprendre mon souffle, me disant que j’allais prendre ça relaxe pour terminer. Bien sûr… Au final, 16 km à 4:06/km de moyenne. Ma pointe de vitesse revient, on dirait.

Mais ce que j’ai surtout retenu, c’est de profiter des dernières semaines avant la saison froide. Parce que je n’ai pas fini d’affronter le vent sur St-Laurent et de voir le parc industriel moche de ma petite ville de banlieue…