Courir en hiver: s’adapter à la surface

Aujourd’hui, suite sur le thème « Courir en hiver »: la surface.

C’est de loin ce que je trouve le plus difficile durant la saison froide. Comme je disais hier, le froid, je suis capable de m’y faire. Et je suis même chanceux de ce côté: pas de problèmes respiratoires, pas de goût de sang dans la bouche (ouais, ça a l’air que ça arrive…) non plus. Évidemment, par grands froids, mes poumons ont plus de difficulté à faire leur travail, mais vraiment rien pour m’arrêter de courir.

La neige, par contre… En fait, ce n’est pas la neige en tant que tel qui me dérange, mais ce que l’activité humaine en fait. Le passage a répétition des voitures la fait se transformer en belle gadoue, les trous d’eau sale se multiplient, l’enfer. Mais la pire surface que je connaisse, c’est l’espèce de « cassonade » qui se développe suite à une bonne bordée. Je ne sais pas d’où ça vient, mais dans certaines conditions, on dirait qu’à force de se faire brasser par les autos, la belle neige devient granuleuse et prend une horrible couleur beige. Et comme en plus de la couleur, elle prend également la texture de la cassonade, je lui ai donné ce surnom. Quand on se déplace (on se peut pas utiliser le verbe « courir dans ce cas-ci) là-dedans, on a l’impression d’être dans le Sahara. Tout ce qui plie dans le bas du corps (chevilles, genoux, hanches) commence alors une série de torsions inhabituelles et le débit de mots religieux sortant de ma bouche atteint des sommets qui ne sont égalés que lorsque je fais de la peinture ou installe un luminaire.

Pour la glace, il n’y a malheuresement qu’une seule chose à faire: l’éviter et attendre soit l’épandage d’abrasifs, soit le retour du printemps. Il n’y a pas de miracle…

De plus, à mesure que l’hiver avance, l’accumulation de neige sur les côtés des rues les fait rétrécir, faisant passer la cohabitation avec la circulation automobile d’acceptable dans le meilleur des cas, à impossible en certaines occasions.

Bon maintenant, qu’est-ce que je porte comme chaussures pour me rendre le tout un tantinet moins désagréable ?  Hé bien justement, j’ai toujours porté la même chose, hiver comme été. Je me suis aussi déjà procuré des « grappins ». Ceux que j’avais étaient comme des ressorts métalliques tenus ensemble par des bandes en caoutchouc. Faciles à installer, leur efficacité était remarquable sur la neige tapée et dans une certaine mesure, sur la glace. Par contre, ils étaient carrément inutiles dans la neige folle, la gadoue et bien sûr, la « cassonade ». Si j’en parle au passé, c’est que je les ai « scrappés » à force de courir sur l’asphalte avec. Parce que oui, la surface sur lacquelle on doit courir l’hiver varie, alors on n’a pas nécessairement envie de se geler les mains pour enlever/remettre les grappins à chaque fois.

Donc, bien que je m’en sois procuré une autre paire depuis, je ne les enfile plus et prie à chaque fois pour que la surface de course soir adéquate. Et j’essaie de me consoler en me disant que lorsque je cours sur la neige bien tapée, ça va moins vite, mais c’est moins dur pour mes articulations.

J’ai toutefois une lueur d’espoir pour cet hiver. En effet, je suis désormais l’heureux propriétaire de souliers de trail et à voir l’efficacité que ces derniers ont sur la roche glissante et dans la boue, j’ai bien hâte de voir comment ils vont se comporter dans la neige. Prions le Seigneur…

Courir en hiver: s’adapter aux conditions météo

J’ai déjà abordé un peu le sujet, mais à la demande de ma petite soeur et avec la saison froide qui s’en vient, je crois que le moment est propice pour en parler: qu’est-ce que je fais l’hiver ?

Si on revient au commencement, c’est-à-dire il y a quelques années, je n’appréciais pas l’hiver, mais rien de particulier. Depuis que nous avions quitté Montréal (qui n’est tellement pas adaptée à notre climat que ça en est ridicule) pour nous établir en banlieue, ma relation avec la saison froide avait repris la cordialité de ma jeunesse. Je préférais l’été, mais je me faisais à l’idée qu’il fallait traverser l’hiver. De plus, je ne déteste pas pelleter, alors…

Tout a changé quand je me suis mis à la course. Le froid ? Pas de problème. La neige par contre… Et la glace… Maudit que j’haïs ça !  Dès qu’il y a la moindre chute de neige annoncée, je me mets à rager, comme si ça allait changer quelque chose. Barbara me dit souvent: « Pense un peu aux skieurs ». Et les skieurs, ils pensent à nous, les coureurs ? NON !!!

(Aparté: cette semaine, j’ai eu une discussion à ce sujet avec mon ami et ancien collègue Sylvain. Il m’a fait remarquer qu’il demandait seulement 3 mois de neige par année et me laissait les 9 autres si je voulais. Ouais, bon point. Mais je cours 4 fois par semaine alors que très rares sont les skieurs qui enfilent les planches plus de 2 fois par semaine. Et puis j’ai le droit d’être égoïste de temps en temps, bon !  ;-))

Bon, une fois que j’ai fini de chiâler, je fais quoi ?  Je fais comme tout être humain qui veut survivre: je m’adapte. Aujourd’hui, je vais parler de ce qu’il y a de plus facile à gérer: les conditions météo.

Le dicton le dit: « Il n’y a pas de mauvais temps pour courir, seulement de mauvais vêtements ». Je vérifie donc toujours les données météo avant de partir: température, vent, le temps qu’il fait, etc. puis je m’habille en conséquence. Le principe universel bien connu est le suivant: plusieurs couches minces de vêtements au lieu d’une seule couche épaisse. Et ça prend des vêtements appropriés en matériel synthétique qui « respire », de façon à évacuer plus facilement la transpiration et demeurer le plus possible au sec. Le coton qui absorbe si bien l’eau est à éviter à tout prix. Les boutiques de course offrent un large éventail de produits qui permettent de s’adapter à toutes les conditions et on peut y recevoir de judicieux consels de la part d’experts en la matière (en tout cas, la plupart du temps…). Pour ma part, je crois bien que je suis capable de « descendre » facilement jusqu’à -30 degrés avec ce que je possède. J’ai un manteau que je n’enfile que 3 ou 4 fois par année tellement il est chaud.

Règle importante quand on court au froid (et à toutes les températures, en fait): la règle du 10 degrés. Il fait -15 degrés dehors ?  On s’habille comme s’il faisait -5 et qu’on allait prendre une marche ou travailler. C’est un peu plus désagréable au début, mais le corps se réchauffant, on se retrouve confortable assez rapidement. Si après 10 minutes on a encore froid, c’est que la combinaison de vêtements choisie est inadéquate. À l’inverse, si on est confortable avant même de commencer à courir, on est trop habillé. Disons que ce n’est pas toujours facile de trouver la combinaison parfaite…

Une fois le corps couvert convenablement, je porte habituellement une tuque de course. N’étant pas frileux du visage et du cou, je ne porte aucun foulard ou plastron. Pour mes mains, je les enfouis généralement dans le prolongement (prévu à cet effet) des manches de mon chandail de course à capuchon (que je surnomme le fuhrot, d’après l’attirail que portait le méchant dans Les Oraliens, une émission de mon enfance. Ceux de ma génération s’en souviendront certainement). J’ai essayé des gants et des mitaines et je me suis gelé à chaque fois quil faisait froid pour la peine.

Pour le bas du corps, je porte des pantalons semi-doublés, les « full-doublés » étant trop chauds pour moi. Et messieurs, détail excessivement important: il ne faut pas oublier les parties intimes !  Avec un vent de face, c’est fou à quel point on peut devenir inconfortable rapidement.  Personnellement, j’ai toujours une débarbouillette placée stratégiquement pour protéger les bijoux de famille. Ce n’est pas ce qu’il y a de plus élégant à voir, mais c’est bigrement efficace !

Pour les pieds, les boutiques spécialisées offrent une panoplie de sortes de bas. Personnellement, j’aime bien la laine merinos, mais c’est à chacun de voir ce qu’il préfère.

Une fois habillé, autre chose à penser: le vent. Parce que lorsqu’il fait froid, sa présence est encore plus déterminante. On pourrait même dire qu’il est primordial de commencer le vent dans la figure et terminer le vent dans le dos. La raison est simple: même s’il fait froid, nous transpirons. Si le coureur commence son trajet avec le vent dans le dos, il rsique de tout simplement frigorifier en revenant avec le vent de face. Donc, pour décider de mon trajet en hiver, je regarde toujours la direction du vent. Comme il vient généralement de l’ouest, c’est pour cette raison que je me retrouve presque irrémédiablement soit de l’autre côté de la 132 (grr !) ou dans le parc industriel (double grr !!) lors de la saison froide.

Au fil des ans, j’ai peaufiné ma gestion du vent. Ainsi, je fais habituellement 1 ou 2 km le vent dans le dos pour m’échauffer, puis entame le vif du sujet: le vent de face. Et je termine toujours le vent dans le dos… si c’est possible.

Il me reste à parler des souliers et de la surface de course. Mais ce sera pour la prochaine fois. 🙂

Sex talk

Ha ha, je le savais que ça vous intéresserait !  🙂   Donc, en réponse à mon ami Sylvain qui me faisait remarquer que je n’avais jamais abordé le sujet, je vous livre ce soir mon avis sur cet aspect très privé, mais tellement important, de la vie.  🙂  Mais là, j’espère que vous ne vous attendiez pas à un long récit truffé de détails croustillants et d’anecdotes sur notre vie intime quand même !  Ma mère et ma belle-mère font tout de même partie de mes lecteurs les plus assidus…  Je les imagine lire les détails de la vie très privée de leurs enfants chéris. Pourquoi j’ai des frissons, donc ?  😉

En fait, il n’y a pas grand chose à dire. Tout le monde a entendu parler de l’abstinence chez les boxeurs durant les semaines avant un combat. Probablement pour une question d’agressivité ou quelque chose du genre. Est-ce vrai ?  Je ne sais pas, je ne suis pas boxeur. Mais bon, à la course, l’agressivité, ça ne sert pas à grand chose. On ne peut pas être agressif pendant des heures, ce serait trop fatigant pour rien. Alors, j’ignore ce que font les athlètes d’élite, mais dans mon cas, bien honnêtement, mon calendrier de course n’a rien, mais absolument rien à voir avec notre vie intime. La veille d’une compétition ?  C’est déjà arrivé que oui, c’est déjà arrivé que non (et non, je ne vous dirai pas en quelles occasions !). Comme dans la vie de tous les jours, quand le moment est propice. Et honnêtement, je n’ai pas vu de différence le lendemain.

En fait, je dirais que la course a plus d’influence sur la vie sexuelle que l’inverse. Car voyez-vous, il semblerait que j’ai déjà été plus séduisant que durant la soirée suivant le Vermont 50. Quoi mon amour, un gars qui a mal partout, qui est à peine capable de bouger avec comme environnement une chambre d’hôtel remplie de cossins de course boueux et détrempés, plus notre petit chien dans le lit, ça ne te donne pas des idées ? Hé bien…

Ils sont humains

Non, je ne parle pas des coureurs d’élite qui courent à près de 20 km/h pendant tout un marathon. Ça c’est clair: ils ne sont pas des êtres humains !  😉

Je parle plutôt de ceux qui sont parfois considérés comme des dieux dans notre société québécoise, j’ai nommé les médecins. Ça m’a frappé vendredi dernier. J’accompagnais Barbara pour sa visite quasi-mensuelle dans le bureau de sa rhumatologue. Ça fait plus de 15 ans qu’elle est suivie par cette dame charmante, au sourire facile, avec qui nous avons développé une belle relation de confiance mutuelle. Je dis “nous” parce qu’il m’arrive assez souvent d’être présent lors de ces rendez-vous.

La rhumatologue est donc au courant du fait que je cours. Mais elle ne connait pas ça. C’est moi qui lui ai appris qu’un marathon, c’est 42.195 km, qu’un athlète d’élite mondiale est capable de faire la distance en moins de 2h06 et que moi, j’avais pris une heure de plus. Elle de me demander combien de temps prenaient les plus lents… Ben heu, 6 heures peut-être ?  Elle était sidérée que des gens puissent courir pendant 6 heures. Et les ultras, vous ne connaissez pas ?  Vous savez, la belle récompense qu’on reçoit quand on fait 100 milles en moins de 24 heures ?  (Non, je ne suis pas allé jusqu’à parler de ça à quelqu’un qui se spécialise dans le traitement des articulations endommagées. Quand même…)

Bien évidemment, les médecins ne peuvent pas tout connaitre. Il y a tellement de choses à savoir sur la machine humaine que c’est tout à fait impossible… à moins de s’appeler House, mais bon, ça c’était à la télé. D’ailleurs, j’ai toujours eu comme avis que le meilleur médecin est celui/celle qui sait quand il/elle sort de son champ de compétences. Combien ont le “God complex” ?  Mais ce n’est vraiment pas le cas de la rhumato de Barbara.

Où je veux en venir ?  Bien voilà. Il arrive souvent qu’on voit un avertissement du genre: “Consulter un médecin avant de débuter un programme d’exercice physique” dans les publicités. Je ne vois rien de mal à le faire si on consulte le bon médecin. Si on va voir celui qui fait de la clinique sans rendez-vous ou un “médecin de famille”, c’est comme un coup de dés. Si le médecin est sportif, il vous encouragera à y aller. S’il est sédentaire, il vous dira que l’exercice, c’est bon, mais insistera qu’il faut y aller avec modération. Certains citeront probablement des études à l’effet que trop d’exercice physique peut causer plus de dommage que de bien, diminuer l’espérance de vie, etc.

Mon avis est que si un médecin est capable de dire qu’un Grand Prix de Formule Un, c’est aussi taxant sur le corps que courir un marathon, c’est bien la preuve qu’ils peuvent se tromper… (Non, je n’en suis toujours pas revenu de celle-là !)

Je crois aussi que c’est un spécialiste en médecine sportive qu’il faut voir. Quelqu’un qui voit des athlètes (chevronnés ou de fin de semaine) à longueur de journée, qui connait les tenants et aboutissants du sport. Ce médecin saura, selon toute vraisemblance, conseiller au “patient” ce qui est bon ou pas pour lui. Car il y a une chose que bien des gens ont tendance à oublier, autant dans le sport, la course que tout le reste: ce qui est bon pour une personne ne l’est pas forcément pour une autre.

Mais il n’y aura jamais un médecin sur cette terre qui connaitra plus son patient que le patient lui-même. Il est donc important avant tout de savoir s’écouter, de connaitre ses limites et tâcher de ne pas (trop) les dépasser.

Serais-je en train d’essayer de me convaincre de quelque chose, moi là ?  😉

Et si vous voulez vraiment savoir, non, je n’ai jamais consulté de médecin avant de commencer à courir.

La pause

Après un marathon (ou un ultra :-)), je me laisse habituellement 5 jours de repos. En été, je vais tout de même travailler à vélo, je continue à promener Charlotte, etc., mais je ne reprends la course que le samedi suivant.

Après Philadelphie, j’avais l’intention de faire de même. Mais bon, le jeudi suivant, la météo était très optimiste et comme j’avais une sortie de “boys” de prévue le samedi, je me disais que ma vieille carcasse aurait de la difficulté à aller courir le dimanche matin. Donc le jeudi, j’ai terminé ma journée de travail plus tôt et ai entrepris de sortir de la grande ville à la course.

Erreur. Ce que j’avais cru être un début de crampe dans les derniers hectomètres du marathon s’est avéré être en réalité un début de claquage. Je n’avais pas 500 mètres de franchis que je l’ai senti. Je me suis dit que ça passerait à mesure que le muscle se réchaufferait, mais ça n’a jamais passé. À la fin, je raccourcissais mes enjambées pour ménager ma cuisse. J’ai même dû, horreur, descendre le pont Jacques-Cartier par les escaliers afin de ne pas aggraver mon malaise. Moi, passer à côté d’une belle descente…

Tout au long de ma sortie, j’ai jonglé avec l’idée: devais-je prendre ma pause annuelle tout de suite ?

Avant, je ne savais même pas que ça se faisait. Je croyais qu’un coureur devait courir toute l’année. Puis, j’ai lu à propos de cette pause dans Courir au bon rythme. Bon, comme vous le savez, je suis loin d’être un fan des théories de l’auteur, le coach Jean-Yves Cloutier, alors… Mais l’an passé à pareille date, je me suis blessé à la cheville gauche, problème de tendon ou de ligament, je ne sais pas trop. Après une semaine de repos, j’ai fait un essai. Ça m’a pris trois semaines à m’en remettre. Trois semaines atroces au cours desquelles  j’ai mangé les murs en regardant le merveilleux soleil que décembre nous apportait.

Puis, j’ai repris progressivement l’entrainement et me suis trouvé des ressources insoupçonnées. En avril, j’atteignais déjà des vitesses que je n’avais jamais atteintes. Ça m’a fait réfléchir et je me suis dit que le coach avait peut-être raison… sur ce sujet-là du moins !

Or donc, quand j’ai vu l’ampleur du chantier de réfection des voies d’accès à l’île Ste-Hélène, j’ai pris ça comme un signe: il ne serait plus possible pour moi de revenir du travail à la course en passant par là. Combiné à la blessure qui nécessiterait fort probablement au moins une semaine d’arrêt de toute façon, j’ai décrété jeudi le 22 novembre comme début des “vacances”. Je compte reprendre la course le dimanche 9 décembre, après un peu plus de deux semaines d’arrêt complet.

Jusqu’à maintenant, ça se passe assez bien. Il faut dire que j’ai senti quelque chose à ma cuisse jusqu’en début de semaine et que la température des derniers jours n’incite pas tellement à la course de toute façon. Mais j’appréhende la prochaine semaine: on annonce un adoucissement des températures. Ayez une pensée pour Barbara qui devra vivre avec un lion en cage au cours des prochains jours…