Les petites vites de février

Les courses au grand froid. Plusieurs d’entre nous courons, hiver comme été. Il est donc normal qu’il y ait des compétitions à longueur d’année… et pas seulement à l’intérieur. Ainsi donc, c’est dimanche qu’avaient lieu le Winterman Marathon à Ottawa ainsi que le Demi-marathon hypothermique au parc Jean-Drapeau.

Comme j’en ai déjà glissé un mot, ces épreuves me font toujours un peu peur à cause… du froid, bien évidemment !  De plus, je ne peux être certain pour le Winterman, mais je sais que les îles Ste-Hélène et Notre-Dame sont très exposées au vent et il peut être assez pénible merci d’y courir quand le dieu Éole est de la partie.

Et la journée de dimanche n’est pas demeurée en reste du côté météo, avec une température de -15 degrés et un vent autour de 30 km/h. Ajoutez à ça l’humidité omniprésente en plein milieu du fleuve et j’en ai les frissons juste à y penser. Je sais, on a connu pire cet hiver, mais quand on est à l’entrainement, on a toujours l’option d’arrêter pour se réchauffer ou tout simplement retourner à la maison. En course, ce n’est pas la même chose.

Bref, toutes mes félicitations aux participants, j’ai eu une pensée pour vous pendant que je courais dans les rues enneigées de ma petite banlieue.

La demande est-elle suffisante ?   Les ultramarathons en sentiers, c’est quelque chose de relativement nouveau au Québec. L’Ultimate XC de St-Donat et le XC de la Vallée font figures de pionniers et pourtant, ces épreuves n’existent que depuis quelques années. En 2013, d’autres épreuves ont fait leur apparition, je pense entre autres à la Chute du Diable (50k), à l’UT Harricana (65k) et au Tour du Massif des Falaises (50k).

Déjà, on se retrouvait avec une quantité non-négligeable d’épreuves, assez pour satisfaire l’apprenti ultramarathonien en tout cas. Or, voilà que pour 2014, d’autres épreuves ont fait leur apparition:

  • L’Estrie 50, une course de 50 milles qui empruntera une partie des Sentiers de l’Estrie
  • À St-Donat, une course de 120 km a été ajoutée, sur “invitation” pour cette année, mais sur “qualification” à partir de 2015
  • La Pandora 24, une course de 24 heures qui se déroulera dans les mêmes sentiers que le Tour du Massif des Falaises
  • La Chute du Diable a ajouté une épreuve à sa liste: un 80 km
  • L’organisation de l’UT Harricana offre également un 80 km aux coureurs cette année
  • La Trans Gaspésia, une course par étapes de 260 km
  • J’ai entendu entre les branches qu’il y aurait également un ultra organisé à Bromont cet automne

À mon humble avis, ça fait beaucoup de courses pour un bassin de coureurs relativement réduit. En comparaison, bien que la course sur route demeure beaucoup plus populaire, il n’y a toujours que 4 “vrais” marathons au Québec. On estime qu’il y a environ 300 ultramarathoniens ici, chiffre que je trouve réaliste car même si je cours en sentiers depuis seulement deux ans et n’ai pas fait beaucoup de courses, j’ai l’impression de revoir les mêmes visages à chaque fois. Bref, je m’interroge à savoir si la demande est vraiment là pour une telle quantité d’épreuves… En tout cas, on le souhaite très fort !

Les intervalles.  J’en ai glissé un mot l’an passé, je trouve le Marathon de Boston bien mal placé dans le calendrier. En effet, toujours cédulé le troisième lundi d’avril, il exige que les coureurs fassent la majeure partie de leur entrainement en plein hiver.

Question: avez-vous déjà essayé de faire des intervalles en hiver ?  L’air arctique qui gèle les poumons, on peut s’y faire, mais la neige qui nous fait spinner ?  Et la glace qui transforme chaque virage en entreprise périlleuse ?  D’ailleurs, les experts recommandent de ne pas faire d’intervalles à l’extérieur en hiver, mais plutôt de s’y astreindre soit sur une piste intérieure, soit sur un tapis roulant. Comme aucune de ces solutions ne m’enchante vraiment (je sais, j’ai tourné en rond pendant presque 4 heures dernièrement, mais c’était dans le cadre d’une compétition, bon !), je me retrouve à ne pour ainsi dire pas faire grand chose pour améliorer ma vitesse, à part quelques sprints ici et là, quand la surface le permet. Je me suis aussi lancé dans la neige folle jusqu’aux mollets samedi dernier, m’époumonant à avancer à 6:00/km. Je ne sais pas si ça a aidé, mais c’était bien amusant !

Les côtes. Elles sont essentielles en prévision de Boston, le foutu parcours n’étant jamais plat. Monte, descend, monte descend… Mais bon, il n’y a pas vraiment de côtes dans mon coin et j’hésite toujours à trop m’éloigner de la maison quand il fait froid… Bref, un déménagement à Vancouver commence presque sérieusement à être envisagé !  😉

Le talon. Selon les théories à la mode ces dernières années, la cause principale des blessures répétées chez les coureurs serait… le coussinage trop épais des chaussures de course. En effet, l’être humain serait mécaniquement constitué pour courir. Durant la préhistoire, il pourchassait ses proies sans relâche, en courant pieds nus. Avez-vous déjà couru pieds nus en atterrissant sur le talon ?  Ouch !

Pourtant, c’est ce que l’absorption hors norme que nous procurent les chaussures modernes nous incite à faire. Et à la longue, cette mauvaise habitude finirait par créer des problèmes au niveau musculo-squelettique. Depuis que je cours, je n’ai jamais senti que c’était mon talon qui touchait le sol en premier, j’avais plutôt l’impression que chaque partie de mon pied faisait contact avec le sol en même temps que ses congénères. En regardant mes souliers, je me disais même que je devais faire le tout correctement car le devant de la semelle était toujours la partie qui usait en premier.

Or, les photos du marathon intérieur m’en ont donné un premier aperçu, puis j’en ai eu la confirmation en regardant plus attentivement les semelles de mes souliers de route: à chaque foulée, le premier contact de mes pieds avec le sol se fait par l’extérieur du talon. Pas que l’impact se fasse directement sur le talon, mais disons que ma foulée n’est pas optimale. Si je ne veux pas me retrouver sur les lignes de touche de façon permanente d’ici quelques années, je dois essayer de changer ça. Quand ça fait des années qu’on court d’une façon, et qu’on est rendu dans le milieu de la quarantaine, plus facile à dire qu’à faire.

Mardi de la semaine passée, je pense que je “l’avais”: corps penché légèrement vers l’avant au niveau des chevilles, je combattais constamment la gravité pour garder mon équilibre. Je sentais les quads qui travaillaient, qui me propulsaient vers l’avant sans effort particulier. Et je volais littéralement. Les premiers 5 km ont été avalés en 20:05. Pourtant, les 3 derniers étaient avec vent de face et je me suis tapé la montée vers l’écluse sur ces 5 km. Je n’en revenais pas. C’était si facile, ça allait tellement bien…

Puis je l’ai “perdu”, quelque part dans la neige deux jours plus tard. Pas facile d’utiliser seulement le bout du pied pour se propulser quand ça spinne. Mais je vais le retrouver, je le sens !

Petite soif de compétition

À pareille date l’an passé, j’étais en période d’arrêt. En fait, je ne le savais pas encore, mais j’étais blessé et je serais des semaines avant de vraiment recommencer à courir. Il y a deux ans, j’étais également sur la liste des blessés, la faute à une cheville qui avait trouvé l’augmentation du volume d’entrainement un tantinet exagérée…  C’était la faute de Dean aussi. J’avais dévoré un de ses livres et je m’étais mis à faire de distances de fou en jetant la règle du 10% par dessus bord. J’en ai payé le prix.

Or, cette année, je suis fonctionnel. Ha, les genoux demeurent sous surveillance, mais ils ont bien tenu à New York et tiennent très bien depuis. Ils me permettent même de faire deux longues sorties par semaine: une le dimanche et l’autre le jeudi, pour entrer au travail. Rien de mieux qu’un 30 km avant de commencer sa journée !  🙂  (Bon, pour demain matin, on verra…)

Sauf que comme lors de mes premières années de course où je me retrouvais devant rien après le Marathon de Montréal, je vis une espèce d’urgence. La forme est là (elle a déjà été meilleure, mais elle a déjà été pas mal pire !) et ça me démange de faire une compétition. Boston est dans presque 5 mois, il me semble que c’est tellement loin…

Je me suis donc mis en frais de trouver quelque chose pour cet hiver. Il y a évidemment le demi-marathon hypothermique, mais je ne sais pas, on dirait que je ne le “sens” pas… Je pourrais toujours essayer de me reprendre pour être un lapin, par contre.

J’avais également entendu parler du Winterman Marathon à Ottawa. Tiens tiens, Ottawa, pourquoi pas ?  Nous avons des amis qui habitent Gatineau, ça ne reviendrait pas tellement cher. J’ai déchanté quand je suis allé voir sur le site web de la course. Imaginez-vous donc que le “parcours” consiste en une belle ligne droite de 2.638 km à faire aller-retour 8 fois !  Dans le genre poche… Si c’étaient 8 boucles, ok, mais 8 allers-retours ?  Hiiiii….

Je me suis donc tourné vers les USA. Première découverte: le Beast of Burden – Winter, dans la région de Buffalo (zzzzz….). Le parcours ?  Une autre ligne droite (décidément), de 12.5 milles celle-là. Les participants du 50M feront 2 allers-retours, ceux du 100M en feront 4. Bien que moins dur psychologiquement que les 8 d’Ottawa, je m’imaginais mal me taper deux fois 12.5 milles avec un vent de face en plein hiver. Ouch !

Deuxième découverte: le Febapple Frozen Fifty au New Jersey. Une course en trail en plein hiver !  Intéressant… Je suis allé voir le site web, lu quelques récits de course. Ça semble bien. 5 boucles de 10 milles, pas trop de neige, ambiance relaxe. Il y a une affaire cependant: c’est loin. En banlieue de New York, en fait. Donc, en plus du voyagement, des frais de logement, comme lors du marathon. Ouin…

Puis je me suis rappelé de quelque chose qui est apparu ici récemment: les Marathons intérieurs JOGX. Cette année, il y en a trois d’organisés: un à Québec, un à Sherbrooke et l’autre à Montréal. Plusieurs distances sont disponibles: 10 km, demi-marathon, marathon et du nouveau cette année, un 50 km.

Pat a tenté l’expérience l’année passée et a bien aimé, au point de recommencer cette année. Je me dis donc: pourquoi pas ? C’est certain que faire 250 tours d’une piste de 200 mètres, ça doit être ennuyant au possible. En plus, il risque d’avoir pas mal de trafic sur la piste avec les gens qui vont tous à des rythmes différents. Aussi, ça doit faire bizarre de dépasser ou se faire dépasser à tout bout de champ par les mêmes personnes, encore et encore. Mais si je veux essayer les courses de 6, 12 ou 24 heures un jour, je pense que ça ferait un bon test.

L’organisation offre un rabais pour les gens qui s’inscrivent aux trois épreuves, mais je préfère en faire une pour commencer et ajuster ensuite. Je compte donc m’inscrire pour le 50 km de Sherbrooke qui aura lieu le 26 janvier prochain, dans le stade intérieur de mon université. Deux mois pour me préparer, ce sera parfait, surtout que je le ferai seulement pour tenter une expérience. C’est plus pour me donner un objectif à plus court terme qu’autre chose.

Je me demande bien si je vais pouvoir faire un récit qui a de l’allure avec une telle course…   🙂

Félicitations à tous et à toutes !

Finalement, le vent n’a pas été aussi pire que prévu hier matin (hier soir par contre…). Mais il faisait froid et pendant que je faisais ma longue sortie dominicale, j’ai eu une petite pensée pour tous ceux qui faisaient de la compétition par de telles conditions. Wow, vous avez toute mon admiration !

J’avais déjà parlé du demi-marathon hypothermique samedi. Il a été remporté par Pîerre-Luc Goulet avec un temps de 1:21:19. Dans des conditions parfaites, je ne peux même pas rêver pouvoir approcher un tel temps, alors par une journée semblable… Sans compter la surface sur laquelle les coureurs devaient évoluer, qui était probablement très loin d’être idéale. Définitivement qu’il y a des gens doués, il n’y a pas à dire.

Il y avait aussi une autre course d’importance dans la région métropolitaine: le défi hivernal de l’Île -Bizard, première étape du Circuit de course à pied du Grand Montréal. Parlant de gens doués, Terry Gehl y a brillé encore une fois. Classé meilleur coureur au Canada chez les Maîtres (c’est une façon polie de catégoriser les gens comme moi qui ont dépassé 40 ans), monsieur Gehl a remporté le 5 km pour ensuite terminer en 4e position sur 10 km (je ne sais pas dans quel ordre étaient disputées les courses, mais définitivement pas en même temps !). Tout un exploit !

Mais l’exploit du jour, il revient à tous ceux qui se sont d’abord inscrits à ces compétitions, puis se sont donnés la peine de se rendre sur place pour y participer. Le grand nombre de coureurs présents à ces deux événements de la fin de semaine nous démontre hors de tout doute que la course à pied est un sport en santé au Québec. Et pendant que ces gens courent, ils se tiennent loin de la maladie et des hôpitaux.

Alors, toutes mes félicitations à tous et à toutes !  🙂

Le demi-marathon hypothermique

Avant de commencer, un petit mot à la personne qui s’est retrouvée sur mon blogue en faisant la recherche suivante: « Est-ce que Richard Garneau mesurait 7 pieds ? ». Disons que je l’ai trouvée assez drôle merci !  🙂  La réponse: non. C’était un grand monsieur, dans tous les sens du terme, mais il ne mesurait tout de même « que » 6 pieds et 4 pouces…

Bon, le vif du sujet maintenant: le demi-marathon hypothermique qui aura lieu demain matin au parc Jean-Drapeau. J’ai déjà amplement parlé du Badwater 135 qui me fascine tant. Hé bien, ça pourrait peut-être sembler bizzare, mais le demi hypothermique me fascine également. Car tout comme l’autre, j’avoue avoir un peu peur de cette épreuve. Bon, j’exagère un peu, mais pas tant que ça.

Quand j’ai commencé à courir, j’avais identifié cette course comme candidate principale pour en faire mon premier demi-marathon. Puis je m’étais blessé en jouant au hockey cosom et j’avais passé mon tour, attendant le demi Scotia Bank en avril. Ensuite, à chaque année, je me trouvais une excuse pour ne pas participer: trop de travail, trop de neige, trop de vent, trop froid (c’est le demi-marathon hypothermique, du con…). Trop de n’importe quoi, en fait.

La vérité est que l’incertitude face à cette course me rend mal à l’aise. On ne sait pas quoi la surface aura l’air et surtout, quelle température il fera. Bien sûr que je n’ai pas peur de la distance dans le froid, le vent et la neige, j’en fais autant sinon plus à tous les dimanches que le bon Dieu amène. Mais je ne sais pas, on dirait que je ne me fais pas à l’idée de rester dehors à geler plusieurs minutes avant le départ. Ou demeurer à l’intérieur avec mon linge de course d’hiver sur le dos, avoir chaud au point de transpirer, puis congeler en mettant le pied à l’extérieur. En hiver, j’aime bien m’échauffer à l’intérieur, enfiler mes vêtements de course, marcher/jogger jusqu’au bout de la rue et partir tout de suite. Pas attendre.

En vérité, si je veux être franc avec moi-même, j’ai peur de ne pas être en mesure de « performer ». Ma raison sait que c’est normal d’aller moins vite dans de telles conditions avant le début de la saison de course, mais mon coeur ne veut rien savoir d’avoir un « mauvais » temps sur un demi. Oui, je le sais, c’est nono…

Donc, encore cette année, comme je ne serai pas lapin de cadence, je passerai mon tour. Et comme à chaque année, c’est avec cette course-là en arrière-pensée que je ferai ma longue sortie demain.

À regarder la météo, c’est encore plus certain que je vais y penser: on prévoit autour de -13 degrés avec un fort vent du nord-ouest pour la matinée. Ouch. Quand il vente, il vente encore plus au parc Jean-Drapeau. La situation géographique (en plein milieu du fleuve, terrain plat) rend les îles Ste-Hélène et Notre-Dame très vulnérables. Pour m’y être entrainé très souvent en plus d’y avoir disputé plusieurs épreuves, j’en sais quelque chose. En fait, je ne sais pas pourquoi, mais j’ai l’impression que le vent est humide en hiver dans ce coin-là…  J’en ai des frissons juste à y penser. Brrr !!!

Donc, si ça peut aider les participants à la course de demain, un petit conseil: identifiez avant le départ la provenance du vent. Comme le parcours est constitué de 3 boucles de 7 km, le dieu Éole vous aidra et vous nuira en alternance. Alors essayez d’avoir des compagnons de route pour les bouts où il vous sera défavorable, question de partager le « travail ». D’après moi, la section qui longe le bassin olympique va être terriblement difficile et la petite montée après les puits, à l’extrémité ouest du circuit Gilles-Villeneuve, infernale. Mais quand on s’y attend, on dirait que c’est moins pire…

En terminant, je voudrais souhaiter la meilleure des chances à tous les participants. Je vous souhaite d’avoir beaucoup, beaucoup de plaisir. Et sachez que vous avez toute mon admiration !  🙂

Dans ma boîte de courriels

Deux petits messages intéressants dans ma boîte de courriels cette semaine.

Le premier provenait de l’organisation du marathon de Boston qui faisait l’annonce officielle de son contingent de coureurs d’élite. Plusieurs anciens champions reviennent ainsi que des coureurs qui se sont très bien classés dans les marathons les plus prestigieux de la planète. Une belle brochette d’invités, il n’y a pas à dire. Du côté américain, les deux meilleurs (Meb Keflezighi et Ryan Hall) seront là. L’unifolié sera représenté par Eric Gillis (qui a terminé 22e aux Jeux olympiques et qui avait remporté le demi Scotia Bank l’an dernier au parc Jean-Drapeau) et Robin Watson (que je ne connais pas).

Tout ça pour dire que je me suis rendu compte d’une chose: je vais avoir le privilège de courir exactement sur le même parcours, le même jour, que l’élite mondiale de la discipline. Moi, le gars qui s’est essayé à courir pour la première fois à 36 ans, je vais partager le “terrain de jeu” des meilleurs au monde. Connaissez-vous bien des sports où ça peut se faire ?  Le golf ?  Oui, mais pas en même temps. Le hockey ?  Même chose (et encore là…). Le cyclisme ?  Toujours la même chose. Alors que moi, le 15 avril prochain, je vais affronter les mêmes conditions que les plus grands coureurs du monde. Wow…

L’autre message provenait de la boutique “Coin des coureurs” du quartier Dix30 et s’intitulait “Recherche de bénévoles”. Quand je l’ai ouvert, j’ai passé par dessus les habituels articles en promotion et suis allé au vif du sujet. On nous annonçait que le demi-marathon hypothermique affichait complet, mais qu’ils cherchaient des bénévoles et… des lapins de cadence.

Ha, intéressant ça… Depuis mon premier marathon, c’est mon rêve: devenir lapin de cadence. Il y en a qui rêvent de devenir astronautes, d’autres de réussir un trou d’un coup au golf (croyez-moi, c’est largement surévalué comme “exploit”), moi je rêve de devenir lapin de cadence (et de faire un 100 milles, bien évidemment). Car en plus de me permettre de remettre à d’autres ce que tant de lapins m’ont si généreusement donné, ça m’amènerait une fierté, une espèce de reconnaissance. Et voir la satisfaction dans les yeux des gens que j’aiderais, sentir leur gratitude, ça n’a tout simplement pas de prix.

Donc, j’ai pris le téléphone (c’est bizarre de constater que ça me prend une semaine pour ne pas rappeler le dentiste et que c’est finalement ma douce moitié qui finit par le faire alors que quand ça concerne la course, j’appelle immédiatement…) pour contacter Rosie, la très sympathique gérante de la boutique. Elle  a pris mes coordonnées et m’a promis de me rappeler car ce n’était pas elle qui s’occupait du dossier. 15 minutes plus tard, Rosie me revenait: il ne restait qu’une seule “place”: le 2h30. Et pour le 2h30, il faut que ce soit fait en “10:1”. Il faut donc alterner 10 minutes de course avec 1 minute de marche, selon la méthode de Dieu Stanton, leur père-fondateur (méthode à laquelle je n’ai jamais adhéré).

2h30 ?!?  En tant que lapin de cadence, mon rôle serait de garder un rythme le plus constant possible afin de permettre aux gens qui m’accompagneraient de réussir ce temps-là. Mais merde, c’est plus que 7 minutes au kilomètre !  Ça veut dire que 6:30/km, c’est trop vite et 7:15/km, c’est trop lent. Je ne serais même pas capable de sentir la différence entre les deux ! Et ça, c’est sans compter la cadence de marche avec laquelle je devrais composer.   Non, c’est un job pour quelqu’un qui court un demi en 2h10-2h15, pas pour moi. Je serais carrément nul dans ce rôle-là.

J’ai donc refusé, un peu à contre-coeur et dit “À une prochaine fois” à Rosie. Dommage…