Marathon de New York: l’avant-course

Le Marathon de New York est un événement très spécial. Tout comme Boston, il nécessite une bonne dose de patience avant que le départ soit donné. Aujourd’hui, un « petit » récit qui raconte tout ce que j’ai dû me taper avant de finalement m’élancer.

J’ai presque 6 heures de sommeil dans le corps, dont une supplémentaire gracieuseté du retour à l’heure normale. C’est amplement suffisant pour moi la veille d’une course. Quand je mets le nez dehors à 4h10, agréable surprise: il fait relativement doux et le vent annoncé ne s’est pas encore levé. Peut-être le fera-t-il plus tard, mais pour l’instant, on est vraiment bien dehors. Définitivement que le combiné short – t-shirt sera de mise pour la course d’aujourd’hui.

15-20 minutes de marche sur les bords du Propect Park me séparent de la station où j’emprunterai le métro en direction du quartier des affaires, d’où je prendrai le traversier pour Staten Island. Comme le métro de New York fonctionne 24 heures par jour, pas de souci à se faire malgré l’heure. Ils disent que New York est la ville qui ne dort jamais. Hé bien, on ne peut pas dire ça de tous ses quartiers car ce matin, à Brooklyn, je la trouve assez engourdie merci.

Chemin faisant, je passe devant un bonhomme en tenue de nuit, confortablement installé sur un banc de parc, une tasse de café à la main. Dans son regard, je lis qu’il pense la même chose que moi: “Mais qu’est-ce qu’il fout là, lui ?”.

Arrivé au métro, agréable surprise: comme nous sommes encore la nuit, la ligne m’amenant à la station Bowling Green s’arrête à la station où je suis (le métro de New York est parfois compliqué). Donc, pas de transfert à faire. Par contre, le prochain train arrivera en gare dans… 19 minutes. J’ai le temps de m’asseoir, je pense. Un marathonien est déjà arrivé, il reste debout et tourne en rond pour tuer le temps. Tu te fatigues pour rien, mon chum… En plus, il est en short et ne semble pas avoir beaucoup de vêtements dans son sac. Si le vent se lève, j’en connais un qui va geler tantôt, moi…. Quand le train daignera finalement par se présenter, nous serons 5 ou 6 marathoniens à le prendre.

À Bowling Green, il y a définitivement beaucoup plus de monde. Et tous vont vers le traversier. Je me dirige vers l’aire d’attente et j’ai un bel aperçu de la journée: des policiers armés et accompagnés de chiens renifleurs nous barrent le chemin. Un policier me demande de déposer mon sac qui contient mes cossins par terre, question que le gentil toutou puisse faire son travail. On dirait que les bananes et les bagels ne l’intéressent pas car il le sent et passe rapidement à autre chose.

L’aire d’attente quant à elle est bondée de monde. Je fais le tour, essayant de me trouver un endroit pour m’installer. Pas moyen de trouver une place. Finalement, je réussis à dénicher un petit coin, le long des fenêtres.  À côté de moi, deux jeunes hommes. Ils ne sont pas des coureurs, alors ils sont très impressionnés par la quantité de gens qui sont assez fous pour se taper une telle course. Et moi, je suis très impressionné par le fait que deux gars pas rapport puissent se trouver ici à 5h20 un dimanche matin !

Nous entamons la conversation. Ils sont vraiment sympathiques, me posent un tas de questions. Quand ils apprennent que j’en suis à mon onzième marathon et que je suis de la première vague, c’est l’avalanche de compliments. “You’re an inspiration, man !”. Bien que je trouve ça un tantinet exagéré, ça fait toujours plaisir à entendre. Je fais exprès pour ajouter que j’ai fait mon premier marathon à 37 ans, question de leur faire comprendre qu’à leur âge (ils ont 30 ans), je ne courais pas non plus. J’ai peut-être semé une graine à quelque part…

Finalement, le départ du traversier de 5h30 est annoncé. Je suis supposé prendre celui de 6h, mais tant qu’à sécher ici…  En plus, ils ne vérifient pas ce détail, le traversier étant ouvert à tous. Je m’installe sur un banc du pont inférieur et essaie de trouver une position confortable. Le bateau a à peine quitté le port que je constate que je me suis assis du mauvais côté: je ne pourrai pas voir la ville. Bah, tant pis. Le vieux lion qui en a vu d’autres ferme les yeux et commence à perdre la carte… jusqu’à ce que la voix d’un bénévole le sorte de sa torpeur.

La raison ?  On nous annonce que nos choses doivent absolument être transportées dans un sac transparent pour avoir le droit de pénétrer dans le village des athlètes. Donc, pour ceux qui seraient pris avec un sac opaque, ils en fournissent qui sont « légaux ». Wow, on peut dire qu’ils n’ont pas oublié grand chose dans l’organisation… Je regarde tout autour, observe les gens. Certains sont nerveux et jasent beaucoup, d’autres cognent des clous comme moi. Côté habillement, certains portent l’ensemble plastifié qui était vendu 10$ à l’expo-marathon, mais la plupart ont fait comme moi et ont apporté leurs choses pour se protéger du froid durant l’attente.

La traversée dure quoi 20, 30 minutes ?  Je ne sais pas trop. À la sortie du bateau, la cohue se dirige vers la sortie. Partout on voit des policiers, des agents de sécurité et des bénévoles. Nous passons devant une fille complètement ivre qui engueule un policier. Personne n’y porte attention, comme si c’était normal. À la sortie, j’ai une autre indication que l’organisation n’a rien laissé au hasard: une très, très longue lignée de toilettes nous attend. Je mettrais ma main au feu qu’il y a plus de toilettes juste ici qu’au départ du Marathon de Montréal.

Nous arrivons aux navettes. Il y a des autobus à perte de vue. Celui que j’emprunte n’est pas aussitôt rempli qu’il s’ébranle, comme si nous étions si pressés. Commence alors un long viraillage sur Staten Island que je ne connais pas du tout. Au bout de 10 minutes, je crois reconnaitre un endroit. C’est certain: nous sommes revenus au point de départ, tout près de l’arrivée du traversier !  Hiiii, pas rassurant !  Va-t-on arriver au village des athlètes pour 9h40 ?

Le soleil commence à se lever tranquillement, mais le ciel est couvert. Pour la course, ça ne me dérange vraiment pas, mais j’aurais volontiers accepté du soleil pour l’interminable attente.

Pendant le trajet, comme je n’ai rien d’autre à faire, je regarde dehors. Je n’ose imaginer les frais en temps supplémentaire que cette journée peut coûter au NYPD. Des policiers, des policiers, encore des policiers. Et que dire des résidents qui sont pognés avec toutes ces rues fermées… seulement pour laisser passer les navettes. Ça doit être l’enfer pour eux.

L’autobus s’arrête, le monde se lève, les portes ouvrent… et personne ne sort. En fait, ça sort extrêmement lentement. La raison: une autre fouille et, une première pour moi à l’extérieur d’un aéroport, le détecteur de métal. Chaque coureur, un à un, est passé au détecteur. On ne lésine vraiment pas sur la sécurité. J’espère qu’ils vont laisser faire pour la fouille à nu. J’ai beau ne pas être pudique, il me semble que ce serait un petit peu exagéré…

Une fois passé la sécurité, constatation brutale: le vent s’est levé et il fait maintenant un froid de canard. Je regarde l’heure: 6h30. Ha ben bout de viarge: il me reste autant de temps à attendre la course que sa durée ! Par ce froid ?  Ça va être tellement plaisant… Heureusement, je n’ai pas lésiné sur les vêtements supplémentaires.

J’arrive au village des athlètes. “Village”, je devrais plutôt dire “ville”, ouais !  Je suis assigné au village Alberto Salazar (il a gagné 3 fois ici), le bleu (il y en a un vert et un autre orangé). Dès que j’y entre, je commence à entendre des annonces qui guident les coureurs. Et ces annonces se font en plusieurs langues, dont le français. Je ne peux pas parler pour les autres, mais le français utilisé y est impeccable. Peut-être ont-ils engagé des traducteurs de l’ONU ?  En tout cas, c’est la grande classe !

À ma droite, que vois-je ?  Hé oui, encore une longue rangée de toilettes, gracieuseté de la compagnie “Royal Flush” (ça ne s’invente pas !). Et personne qui attend. Pourtant, il y a énormément de monde déjà arrivé. J’en profite donc pour aller faire mon numéro deux d’avant-course. En entrant, je constate une chose: mon cabinet n’a de royal que le nom: je situerais son état entre le quelconque et le douteux. On voit qu’il a beaucoup servi: le siège n’a plus de lustre et l’urinoir est usé (oui, oui, usé) à force d’avoir reçu des offrandes. Mais bon, vaut mieux une vielle toilette libre qu’une toilette toute neuve et occupée avec 100 personnes qui attendent, pas vrai ?

Quand je ressors, je me dirige vers l’un des chapiteaux tout près. Les côtés sont refermés par de grands plastiques pour protéger du vent les gens qui se trouvent à l’intérieur. Regard furtif à l’intérieur: pas un pouce carré de libre. Bon, va falloir trouver un autre spot. Juste à côté, on retrouve un véritable convoi de camions UPS. Ce sont eux qui se chargeront de ramener nos affaires à l’arrivée. Je regarde l’horaire: pour la première vague, le dépôt de sac commence à 8h10 et se termine à 8h40. Quoi ?  Il faut laisser nos affaires une heure avant le départ ?!?  Et nous, on va geler comme des cretons pendant tout ce temps ? Sont malades ou quoi ?

Bon, il me reste tout de même énormément de temps, alors aussi bien essayer de se trouver un endroit à l’abri du vent pour commencer la véritable attente. Je continue donc ma progression dans le village pour tomber, ho surprise, sur une autre forêt de toilettes. Tiens, des gens de Dunkin’ Donuts qui distribuent des tuques, bonne idée. Elles sont laides (aux couleurs de Dunkin’ Donuts…), mais ça risque d’être pratique. Je me trouve un espace libre dans l’herbe et m’installe, la tuque me servant de protection comme la fraicheur du sol.

Fort de l’expérience de Boston, j’ai prévu le coup: j’ai amené un livre. Je commence donc ma lecture en mâchouillant un bagel. C’est que le froid commence vraiment à s’installer… J’enfile ma dernière pelure, un chandail laid au possible. Mais au bout d’un certain temps, ça ne suffit plus, alors je me dis que je vais continuer à déambuler, question de me réchauffer un peu. Quitte même à passer quelques minutes dans une toilette. Après tout, il n’y a pas meilleur abri.

En faisant ma tournée, je remarque une chose: il n’y a personne aux kiosques de bouffe et d’eau, mis à part celui de Dunkin’ Donuts qui distribue du café. À celui-là, je ne sais pas pourquoi, mais il y a une longue file d’attente…  😉

J’arrive au couloir de départ. C’est véritablement un couloir, barricadé des deux côtés avec plusieurs entrées distinctes qui sont surveillées par des gens de la sécurité. Je cherche mon entrée, soit celle qui accueillera les coureurs dont les numéros sont compris entre 7000 et 8999. Autre surprise: pour les coureurs de la première vague, il ouvre à 8h20 et ferme à 8h55. Quoi ?  On devra être rentrés dans le couloir 45 minutes avant la course ?  C’est quoi cette affaire-là ?  Quand on pense que dans la grande majorité des courses, personne n’est même arrivé 45 minutes avant le départ…

Après m’être réchauffé quelques minutes dans une toilette (ben quoi, les gens ne pouvaient pas savoir ce que je faisais et il n’y avait personne qui attendait de toute façon) je me sens mieux: j’ai arrêté de grelotter. J’entends les annonceurs nous dire que les camions UPS sont maintenant ouverts, alors je décide d’y aller. Chemin faisant, je songe à mon habillement pour la course. Il fait définitivement trop froid pour le kit de base short – t-shirt, alors je vais faire comme à Philadelphie: porter mon fidèle coupe-vent rouge par-dessus et enlever les manches en cours de route au besoin. Ça avait marché dans le temps, pourquoi pas aujourd’hui ?

On annonce l’ouverture des couloirs. Bon ben, va falloir y aller. En plus, comme il y a des toiles, peut-être sera-t-on à l’abri, qui sait ?  Car à part mon imperméable jetable, je serai habillé comme durant la course pour les 75 prochaines minutes…

Une photo avant de partir ?  Pourquoi pas, pendant qu’on a encore le sourire…

NewYorkAvantDepart

Photo prise avant que je décide d’envoyer promener la règle qui demande que le dossard soit apposé sur le torse. Il fera la course sur ma cuisse gauche, là où je préfère qu’il soit.

Miracle, je ne me fais pas fouiller avant d’entrer dans le couloir, j’ai seulement à présenter mon dossard. Une fois à “l’intérieur”, qu’est-ce qu’on retrouve ?  Hé oui, encore des toilettes. Décidément…  En plus, ils ont tout prévu: il y a même des paquets de 16 rouleaux un peu partout, question que personne ne manque de choses essentielles. Ils n’ont vraiment lésiné sur aucun détail.

Je réussis à trouver un endroit pour m’asseoir et… attendre. J’essaie de tuer le temps en observant les gens. Il y en a qui tournent en rond, s’échauffent (une heure avant la course, vraiment ?). Certains parlent, rient. Et d’autres, comme moi, ne font rien. Les plus faciles à remarquer dans notre groupe sont définitivement les trois amis français qui portent tous un chapeau sur lequel est monté une Tour Eiffel tricolore en peluche. Ils semblent avoir beaucoup de plaisir: ils prennent des photos, cherchent des concurrents aux couleurs d’autres pays, rient beaucoup.

Après un certain temps, l’un d’eux fait remarquer aux autres qu’ils sont les seuls à avoir utilisé l’astuce pour les lacets. Je regarde et effectivement, leurs lacets semblent tenir avec un bidule étrange. Je demande à Jean-Yves (son prénom est écrit sur son chapeau) de quoi il s’agit. Au départ, il semble étonné que je parle français (son expression me laisse croire qu’il se demande s’il n’a pas fait des blagues à mon sujet sans savoir que je comprenais), puis se met à m’expliquer que ce sont des bidules qui se trouvent dans n’importe quel magasin de tissus ou sinon, sur les “caoués”.

Des caoués ?  De quessé ?  “Oui, vous savez, les manteaux de sport…”. Hein ? Des caoués ?  Puis j’allume: des K-way !!!  Effectivement, c’est le genre de bidule à ressort qui pourrait très bien servir à serrer des lacets rapidement. Hum, intéressant. Puis mon nouvel ami se met à me raconter que pour les gels, il les met dans une bouteille et y ajoute de l’eau, question qu’ils puissent s’avaler plus facilement. Ouais, bonne idée… Je vais essayer ça à la maison. D’autres trucs ? Pas pour le moment, il semblerait.

Depuis quelques minutes, les messages qui passent en boucle semblent avoir changé. On nous dit maintenant de faire tous nos besoins avant de partir (je sais, quand on fait de la course, on revient vraiment à la base et ça devient une véritable obsession) car « uriner sur le pont est non seulement désagréable (ils semblent ignorer que tout le monde sait tout de même comment se placer par rapport au vent, surtout les coureurs), mais dangereux pour les autres concurrents ». Dangereux, vraiment ?  C’est comme les pluies acides ? Faudrait pas exagérer ! « Les gens de l’organisation ont le droit de disqualifier toute personne ne respectant pas cette règle ». Ha oui ?  Je plains le pauvre chrétien qui va essayer de m’enlever mon dossard. Ça coûte 358 $ juste en inscription, on doit attendre des heures avant de partir et on se ferait disqualifier pour un petit pipi ?  J’aimerais bien voir ça.

Un coureur passe et demande à la blague si nous sommes Français. Je lui réponds qu’eux le sont, mais moi, je suis Canadien (je laisse tomber l’histoire de Québécois-qui-parle-français, c’est un peu compliqué pour nos voisins du sud). Réponse: “Ho yeah, Canadians are everywhere…”. Heu, ça veut dire quoi, ça ?  Pas certain que je veux avoir la réponse…

Tiens, l’équipe de pacing de 3h15 qui arrive. Car oui, ils sont deux, pas un seul. Comme ça, s’il arrive un pépin à l’un des deux, l’autre pourra finir. Ils ne laissent vraiment rien au hasard, ma parole. 8h55, les portes du couloir se ferment puis peu après, les banderoles entres les différentes sections sont enlevées et nous commençons à avancer. 45 minutes avant le départ ? Déjà ?  Se pourrait-il que nous partions plus tôt que prévu ?

J’allume mon GPS. Il demeure à la “page d’ouverture”. Ben voyons, pourquoi ne cherches-tu pas tes satellites, du con ?  J’attends. Rien. Je l’éteins, puis le rallume. Toujours rien. Merde, est-ce qu’il a choisi ce moment pour me laisser tomber ?  Je recommence le même manège, toujours rien. Et puis, va donc chier, maudit machin à la con !!!  Je le laisse allumé, au cas où il se réveillerait. Au fur et à mesure que nous nous dirigeons vers le Verrazano-Narrows Bridge, je commence à me faire à l’idée que je vais faire cette course “tout nu”, sans chrono. Et puis, ce ne serait peut-être pas la fin du monde après tout ?  Y aller juste au feeling. De toute façon, si je suis le(s) lapin(s), pas de souci, n’est-ce pas ?

Je me défais de mes dernières affaires dans les bacs prévus à cet effet, puis suis la marche vers le départ, 500 mètres plus loin. Nous nous arrêtons tout juste devant les cabines servant pour le péage à la sortie du pont. Nous partirons dans l’autre sens, en direction de Brooklyn. Des autobus à deux étages sont stationnés tout près, ce qui est parfait: ils nous serviront pour nous abriter du vent. Je ne sais pas qui sont les gens qui se retrouvent à l’étage supérieur. Des journalistes ?  Des dignitaires ?  Aucune idée.

L’annonceur nous apprend que le départ des élites femmes sera donné sous peu. Nous avons droit à un petit discours du maire Bloomberg, puis le départ est donné. Malheureusement, il y a trop de monde et je ne les vois pas partir. Dommage.

Bon plus « que » 30 minutes à attendre. La nervosité commence à se faire sentir tout autour et certains prennent le risque de se faire disqualifier en se soulageant là où ils peuvent, soit entre deux autobus. Oui, sous les yeux du chauffeur qui sourit à pleines dents. Il faut ce qu’il faut… À un moment donné, il se forme même une certaine file d’attente pour cet endroit, ça en est presque comique.

Le minutes durent maintenant des éternités. Ça vas-tu finir par finir, cette maudite attente-là ?  Le maire se lance dans un autre discours que je n’écoute pas, puis on nous présente les principaux concurrents. J’en connais quelques uns, dont le Kenyan Geoffrey Mutai, le champion en titre et l’Américain Meb Keflezighi, le gagnant de 2009. Je me demande si ce monde-là sèche ici comme nous depuis plus de 3 heures…  Au fait, comment sont-ils arrivés ici ?

Après tout le bla-bla, comme nous sommes dans les très patriotiques USA, une chorale d’enfants entame l’hymne national américain. Et le petit garçon qui chante le bout en solo tente de monter un petit peu trop haut pour son registre vocal et les fausses notes se mettent à se bousculer dans les haut-parleurs. Ouf, difficile pour mon oreille.

Bon ça y est, il est 9h40. Mon GPS a fini par se réveiller, ce qui fait bien mon affaire. Dans quelques instants, ce sera enfin vrai. Il me semble tellement loin ce jour de mars 2010 où, pour la première fois, je me suis inscrit à la loterie afin de participer à ce fameux marathon. À l’époque, mon record personnel était de 3h38 et je pensais sérieusement que c’était ma meilleure chance de prendre part un jour à un grand marathon car Boston me semblait si loin… On peut dire qu’il a coulé beaucoup d’eau sous les ponts depuis.

L’annonceur égrène maintenant les secondes pendant que je fixe le fameux Verrazano-Narrows Bridge…

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Mon expérience à Boston: l’avant-course

Maintenant que les coupables ont été épinglés, on peut essayer de passer à autre chose. Je vais donc commencer par raconter mon aventure sportive à Boston. Aujourd’hui, l’avant-course, qui a été une expérience en soit.

Il est environ 5h15 quand je mets les pieds dans le lobby de l’hôtel, en vue de prendre la navette de 5h30 qui m’amènera aux navettes qui se rendront au départ. Hé oui, comme je disais: une navette pour aller prendre la navette. C’est ça, Boston. Le préposé de l’hôtel me donne mon lunch dans un petit sac en papier brun. Ouin, ça n’a pas l’air trop copieux comme déjeuner, une chance que j’ai fait quelques réserves tantôt…

Un monsieur dans la cinquantaine est assis, attendant tranquillement la navette. Coup d’oeil à mon sac: numéro 6883. Il me dit que je suis un petit rapide, lui a un numéro dans les 9000. Nous entamons la conversation. Il vient d’Ottawa, en sera à son 4e Boston. Je lui raconte que c’est mon premier et peut-être mon dernier. Car bien que ce soit un rêve de courir ici, ça demeure un cauchemar logistique. Quitter sa chambre à 5h15 pour un départ à 10h…

Il me dit que je dois absolument faire New York, car bien que l’organisation soit incroyable ici, il n’y aurait pas de comparaison avec celle de New York qui est parfaite. Ça tombe bien, c’est déjà prévu dans mon calendrier…

Arrive un jeune à l’air pas trop réveillé. Son numéro: 588 !  Wow !  Tout de suite on lui demande son temps: 2h44. Holly shit !  Nous ne sommes pas encore tout à fait remis de nos “émotions” quand un autre jeune arrive… avec le numéro 547 !  Quand celui au numéro 1142 se pointe le nez, nous ne sommes plus impressionnés.

Nous nous entassons dans la petite van de l’hôtel, direction centre-ville. Le chauffeur nous demande ce que nous ferons à Hopkinton, en attendant le départ. Le jeune 1142, qui n’a pas dit un traitre mot depuis son apparition, me regarde et dit tout doucement: “Try to stay warm…”. Je souris. J’essaie de renchérir, mais je m’enfarge dans mon anglais rouillé et mes blagues tombent à plat. Pas de jokes en anglais, Fred, pas de jokes en anglais… Par après, 1142 déballe le petit sac qu’on lui a donné à l’hôtel. Un véritable festin: une banane et une barre tendre (aux raisins sec, beuh…), qu’il regarde avec la face en point d’interrogation. Comme dirait l’autre, on n’ira pas chier loin avec ça, hein ?

Arrivés en ville, la foumilière est déjà en action. Tout près du parc Boston Common, une longue filée d’autobus scolaires jaunes s’étend vers l’infini. Il y a des bénévoles partout, au moins deux par autobus. Quand un autobus est plein, un bénévole lève un petit drapeau orange, avertissant les coureurs et évitant ainsi des contre-temps. Donc, après une première pause-pipi (l’organisation a évidemment prévu de très nombreuses toilettes dans le parc), j’entre dans un autobus et m’installe à côté d’une coureuse. Quand je peux, je choisis toujours de m’asseoir à côté d’une femme dans les transports en commun: elles prennent habituellement moins de place que leurs congénères masculins qui ont parfois (souvent) l’habitude de s’étendre.

Au moment où je prends place, je sens un petit soulagement: finis les soucis logistiques. Ne me reste plus qu’à me laisser conduire au départ et attendre. Vers 6h15, le convoi se met en branle. On sent la fébrilité dans l’autobus. Le soleil se lève timidement, la journée s’annonce splendide. L’organisation n’a vraiment rien laissé au hasard: les rues par où passe le convoi  sont bloquées et sur l’autoroute, nous avons droit à une escorte policière.

Il y a juste une affaire: Hopkinton, c’est loin. Peu à peu, je sens la nervosité diminuer tout autour de moi. Les yeux auparavant grand ouverts se mettent à fermer. Je me joins au mouvement, malgré une nuit de sommeil pour ainsi dire parfaite (pour la veille d’un marathon, on s’entend).

Il est environ 7h quand nous arrivons à destination. Voilà, maintenant va falloir retourner en ville à pied… Une autre armée de bénévoles dirige les autobus vers l’endroit où nous serons débarqués. Puis, nous sommes dirigés à notre tour, vers le Village des athlètes dans notre cas. Une petite marche de 5 minutes, assez longue pour qu’un coureur près de moi lance à la blague que l’an prochain, il va prendre un autobus de la fin du convoi pour ne pas avoir à marcher autant. Très drôle à entendre de la part de quelqu’un qui va se taper 42 km à la course tantôt…

Le Village des athètes est installé sur les terrains de ce qui semble être une école secondaire. C’est gigantesque. On y retrouve bien évidemment des toilettes (duh !), je n’en ai jamais vu autant de toute ma vie. Ottawa ?  Mississauga ?  Pffff !  C’est absolument rien à côté de ça.  Il y a aussi plusieurs tentes abritant les commanditaires qui distribuent ce dont tout athlète pourrait avoir besoin en attendant le départ: Power bar, café, eau, Gatorade, muffins, bagels, bananes. Avoir su, je n’aurais pas amené mon lunch… Il y a aussi de la musique, un animateur qui dirige les coureurs en rappelant certaines consignes et un écran géant.

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Carte du Village des athlètes; remarquez où est situé le départ…

Après une (autre) pause-pipi, je me mets à la recherche d’un endroit où je vais m’installer pour… trop longtemps à mon goût, finalement. Il fait frais et humide, alors le gazon ou le béton me tentent moins. L’idéal serait de trouver une planche de bois. Finalement, ma recherche s’avère infructueuse et je jette mon dévolu sur l’aire de lancer du marteau, qui en en petit gravier. Ce sera mieux que rien.

Voilà, il est 7h15 et la longue attente commence. Heureusement, il ne pleut pas. Mais je dois enfiler toutes les pelures que j’ai apportées et m’asseoir sur mon imperméable d’urgence pour garder le plus de chaleur possible. “Try to stay warm” qu’il disait… Je regarde autour (je n’ai que ça à faire de toute façon !) et constate une chose: il y en a qui sont plus habitués que d’autres. Certains ont amené un livre. Le gars à côté de moi est étendu sur un matelas de sol et bien à l’abri sous une couverture. Ouais, si je reviens un jour, moi aussi je vais être équipé et ce sera un autre gars qui va se dire: “J’aurais dû amener ça ou ça ou ça…”

Tout ce que je peux faire, c’est écouter l’animateur. Au bout d’un certain temps, il commence à me taper sur les rognons parce qu’il a un tic de langage: il finit toujours ses phrases par “if you know what I mean”. C’est vraiment gossant à la longue, surtout pour un auditif comme moi. Et comme il répète toujours les mêmes foutues consignes, à un moment donné…

Un peu comme en avion, j’essaie de vivre lentement, de découper en petites parties les longues minutes qui me séparent du départ. Ainsi, j’ai décidé de manger à 8h puis après, ce sera… hum hum.. heu, faire la file aux toilettes pour heu… if you know what I mean…

7h45, je n’en peux plus de regarder autour et essayer de me trouver une position confortable. Deux autres convois d’autobus ont déposé des milliers de coureurs et maintenant, chaque pied carré du village est occupé. Je mange un peu (quelques bretzels au beurre d’arachides, une banane, mon bagel au beurre), bois beaucoup d’eau, puis… if you know what I mean…

Par après, l’animateur nous invite à aller écouter un psychologue sportif qui nous donnera les derniers conseils avant le marathon. Heu, des conseils 90 minutes avant la course, ça va pas ? Il semble oublier que tout le monde ici a déjà au moins un marathon dans les jambes, on sait à quoi s’attendre. On sait que tout peut rouler comme sur des roulettes ou se mettre à dérailler. On est tous passés par là, pas besoin d’un psy pour installer le doute dans notre esprit.

S’ensuit une demande qu’on ne peut vraiment pas refuser: une minute de silence en hommage aux victimes de la tuerie de Newtown. Du coup, le Village au complet tombe à l’arrêt. Plus personne ne bouge, plus personne ne parle, plus un son. Sauf évidemment la traditionnelle grande gueule qui ne se rend compte de rien et qui continue de se faire aller le clapet. Hello, tu ne te rends pas compte que tu es la seule à parler, chose ?

Cette minute est tout de même très, très émouvante. J’enlève ma casquette, baisse la tête et songe aux personnes qui ont été touchées par cet acte de barbarie sauvage. Je sens l’émotion monter en moi, les larmes qui commencent à se concrétiser quand l’animateur nous remercie et la vie dans le Village reprend son cours. Ha ben cout’ donc…

9h: il commence à faire plus chaud. J’enlève mes culottes de coton ouaté. Je sais que les départs vont commencer bientôt (9h17 pour les chaises roulantes), mais on ne nous parle de rien. Je suppose que le tout se déroule sur le chemin en face de l’école, mais rien ne transpire. Bizarre. On nous dit que nous allons devoir commencer à nous rendre vers le départ dans les prochaines minutes. Déjà ?  Ben voyons, le départ est dans une heure…

Au lieu de me diriger vers l’endroit désigné, je pars dans l’autre sens, à la recherche d’un endroit tranquille pour une dernière pause-nervosité. J’ai vu un boisé pas loin, ça devrait faire l’affaire. Mais il y a des policiers et des bénévoles partout, alors je dois m’éloigner, m’éloigner. Une bénévole me demande même où je vais. Je lui réponds que je cherche de l’air, qu’il y a trop de monde dans le Village. Je me demande si elle m’a cru…

Finalement, je trouve un endroit plus tranquille, mais me fais arracher la peau des jambes et des cuisses par des arbustes remplis d’épines. Génial. Heureusement, d’autres parties de mon anatomie ne sont pas touchées…  😉

Ok, retour au Village, tout le monde semble se diriger vers l’avant de l’école. Des dizaines d’autobus jaunes y sont garés, c’est là que nous devons laisser notre sac en plastique contenant les effets personnel que nous voudrons récupérer à l’arrivée. Toujours pas de ligne de départ en vue, mais elle est où, donc ?  Comme je me pose la question, la réponse nous est annoncée dans les haut-parleurs: 3/4 de mille plus loin.

Quoi, 1.2 km pour se rendre au départ ? Ils n’auraient pas pu le mettre plus loin ?  (Et moi, je n’aurais pas pu regarder un tantinet la carte du Village des athlètes avant ?)

J’entame donc la traversée d’Hopkinton en trottinant. La plupart du monde fait comme moi. Bah, ça revient à un réchauffement…  De chaque côté de la rue, des barrières. Déjà, des spectateurs nous lancent des encouragements. Certains brunchent sur leur terrain, j’en vois même avec une bière à la main. Wow, à 9h30 le matin, la journée va être longue !

À intervalles réguliers, on voit des bénévoles avec des grands sacs qui récupèrent les vêtements laissés par les coureurs qui ne tenaient pas à les ravoir après la course. Ces vêtements seront donnés à des œuvres de charité. Il y a aussi des habitants de la place qui ramassent le linge. Le Marathon est définitivement un événement ici.

Juste avant d’arriver sur Maint Street où aura finalement lieu le départ, autre pauvre-nervosité (hé oui, encore !). Une fois de plus, des toilettes en quantités phénoménales. Je me demande sérieusement combien il y en a en tout pour cette course… Et surprise, une section exclusivement réservée aux hommes: des urinoirs portatifs !  C’est la première fois que je vois ça et je ne suis pas le seul. C’est certain que si j’avais eu un appareil-photo ou un cellulaire digne de ce nom, j’aurais immortalisé le tout !

Sur Main Street, c’est la marée humaine. Déjà, les couloirs sont bondés de coureurs qui sautillent nerveusement. La rue est en pente ascendante, ce qui me surprend un peu, vu que nous sommes supposés partir en descendant.

Je me dirige vers l’entrée du couloir numéro 7, une bénévole vérifie mon dossard et me laisse passer. J’allume ma Garmin: plus que 10 minutes. Je regarde le ciel, tout bleu, prends une bonne respiration. L’air est frais, juste comme il faut. Le vent est calme, il ne devrait pas nous déranger. Je sens la nervosité qui monte tranquillement, mais pas trop. Et la réalité me frappe soudainement: ça y est, je suis au départ du Marathon de Boston. J’ai travaillé fort pour être ici, j’en ai tellement rêvé. Hé bien là, à ce moment précis, une idée me traverse l’esprit: peu importe ce qui va se passer au cours des 3-4 prochaines heures, rien ni personne ne pourra m’enlever le fait que j’ai mérité ma place ici.

Je suis bien, je suis heureux. Je me sens à ma place. Et j’ai hâte de courir.

En tapering… et suite sur la logistique

Plus que deux semaines avant le Jour J. Ce qui devait être fait ayant (supposément) été fait, je suis maintenant dans la phase de tapering. Il ne me reste qu’à diminuer progressivement la charge d’entrainement, question de laisser mon corps récupérer tout en conservant la forme. En cette fin de semaine de Pâques, je lui ai fait subir un 16 km tempo au mont St-Bruno samedi et un 25 km race pace hier, dans le vent. Après mon 20 km très rapide de jeudi matin, ça en faisait pas mal pour mes jambes à ce temps-ci de l’année. Disons que j’étais content de seulement aller promener Charlotte ce matin !  🙂

Pour les jours à venir, ce sera probablement des 14 km avec intervalles ou en terrain accidenté cette semaine, des petites sorties de 13 et 16 km en fin de semaine, puis deux petits 10 km la semaine prochaine. Je ne peux pas croire qu’il ne me reste que 6 sorties avant le marathon…

Petit update sur la logistique maintenant. J’ai fait mon essai-nutrition hier: ça a bien fonctionné. Une banane, un bagel et quelques bretzels au beurre d’arachides avalés 4 heures après le lever et 90 minutes avant de commencer à courir ont fait le travail. Ça faisait juste bizarre de faire autre chose pour passer le temps avant d’aller courir, moi qui donne toujours la priorité de ma journée à la course… Car tout le monde sait bien que le ménage, les autos, le gazon, l’épicerie, ça peut TOUJOURS attendre. Mais pas la course !  :-).

Pour ce qui est du reste, même si je n’avais pas besoin d’avoir une autre indication que le Marathon de Boston n’est vraiment pas une épreuve comme les autres, j’en ai tout de même eu une cette semaine. Par le courrier, j’ai reçu un beau petit guide ainsi que mon passeport personnalisé de la part de l’organisation.

Comptant 28 pages, le guide contient tous, mais tous les renseignements utiles et moins utiles qu’un participant peut avoir besoin. On y retrouve entre autres:

  • des informations sur l’expo-marathon avec en prime, un plan du plancher nous montrant la disposition des kiosques
  • toutes les informations concernant le souper d’avant-course, avec indications pour le stationnement ce soir-là
  • les adresses d’une vingtaine de restaurants suggérés
  • la cédule de tous les événements
  • des informations pour le stationnement autant au départ qu’à l’arrivée
  • l’horaire des navettes (qu’il est FORTEMENT  recommandé d’utiliser)
  • des recommandations par rapport à l’hydratation, à l’alimentation, aux vêtements à porter s’il fait froid ou s’il fait chaud (il ne faut tout de même pas oublier que les participants sont généralement des coureurs expérimentés…)
  • un plan du parcours accompagné du très utile graphique des dénivelés
  • des cartes montrant clairement où se trouveront les lieux importants pour le jour de la course
  • des informations sur les services médicaux disponibles
  • etc.

Quant au passeport personnalisé, il représente un petit condensé du guide du participant. Et pour faciliter la cueillette du dossard, il est pourvu d’une partie détachable avec mon nom, mon temps de qualification (ça ne sert pas à grand chose, mais bon…) et mon numéro de dossard. Je n’aurai qu’à donner cette partie au préposé à l’expo-marathon et je pourrai recevoir le précieux dossard. Aussi à l’intérieur, on retrouve un billet pour le souper d’avant-course avec une heure de réservation. Pas que ça me sera très utile, vu que je m’arrange pour toujours manger maison la veille, mais quand même…

Impressionné vous dites ?  Wow, de la grande, de la très grande classe ! J’ai peine à imaginer l’ordre de grandeur des frais qui sont engagés dans l’organisation de cette course. En tout cas, jusqu’à maintenant, ça vaut largement les 200 $ que l’inscription m’a coûté. Et je n’ai même pas encore vécu l’ambiance…

Boston et sa logistique

Celle-là, je ne l’avais pas vraiment vue venir. Pourtant, j’aurais bien dû m’y attendre un peu…

Voyez-vous, Boston n’est vraiment pas un marathon comme les autres. Et ce, à tous les points de vue !  Bon, il y a ce qu’on sait: c’est le plus prestigieux, le plus ancien, il faut se qualifier et tout le reste. Ce qui fait que juste y participer, c’est un honneur, un accomplissement en soit.

Sauf qu’il a une autre particularité qu’on retrouve très peu ailleurs: son parcours. Bien évidemment, il est de la longueur standard de 42.195 km (duh !), mais il se distingue par le fait qu’il est en ligne droite ou à peu près. Le départ se donne à Hopkinton, un petit village situé dans la banlieue éloignée et l’arrivée se trouve en plein centre-ville. C’est comme si pour le Marathon de Montréal, on donnait le départ à Ste-Madeleine (pas nécessairement au camping, ça pourrait être dans le village !  ;-)) et que l’arrivée serait située dans le Vieux Port. Rien à voir avec les parcours boucle comme Berlin, Ottawa, Philadelphie, etc. À Montréal, le départ est donné sur le pont Jacques-Cartier et l’arrivée est jugée au parc Lafontaine, géographiquement situé à seulement quelques kilomètres de là. À Londres ou New York, c’est un peu le même principe.

Bref, il faut prévoir une façon de se rendre. Soit au départ, soit à l’arrivée, soit aux deux. Que faire ?  Une dame qui travaille dans le même building que moi est une habituée et m’a suggéré de prendre un hôtel près de l’arrivée, glissant dans son courriel quelques endroits qu’elle aimait bien. Dès que j’ai reçu ma confirmation d’inscription, je suis allé voir les hôtels en question. Cout’ donc, elle est millionnaire ou quoi ?  350 $ la nuit, 3 nuits minimum pour la fin de semaine du Marathon.  Wo ho, les nerfs pompon !  Je n’ai même pas pris la peine de vérifier si le stationnement était inclus. Elle fait quoi comme job ?  Je pourrais peut-être appliquer…

Après quelques recherches, nous avons trouvé quelque chose qui semble bien dans North Quincy, une  banlieue nichée tout juste au sud de Boston d’où on peut accéder à la grande ville par métro. Bien correct pour moi et ce sera pratique aussi pour mon fan club (ma tendre moitié, mes parents et peut-être ma petite soeur) qui auront un accès facile à la ville pour faire des visites et/ou du magasinage (je parle pour les femmes, bien évidemment) et pour l’arrivée.

Sauf qu’il y avait un léger détail à régler: comment me rendre au départ. Je me disais qu’avec une telle organisation, c’était impossible qu’il n’y ait pas un service de navettes nec plus ultra pour amener les coureurs. En naviguant sur le site du Marathon, je suis tombé sur l’information: il y a effectivement des navettes, exclusivement pour les coureurs. Le hic ?  Les heures de départ:

  • Coureurs de la première vague: entre 6h00 et 6h30
  • Coureurs de la deuxième vague: entre 6h30 et 7h00
  • Coureurs de la troisième vague: entre 7h00 et 7h30

Pardon ?!?  Il va falloir que j’attrape un bus à 6h00 (6h30 max) pour une course qui commence à 10h00 !?!  Si on admet que le transport pourrait durer une heure, ça me laisse tout de même 3 heures à sécher en attendant le départ, ça…  Shit !

L’autre option serait de partir de l’hôtel en auto et… prier. Prier pour ne pas tomber sur de la congestion, prier pour trouver un stationnement, prier pour ne pas me retrouver dans le trouble et cauchemar, rater le départ. Pour mettre toutes les chances de mon côté, je voudrais probablement partir de l’hôtel aussi tôt que si je prenais la navette, alors aussi bien prendre la navette. Mais ça ne fait vraiment pas mon affaire, je dois avouer… Je vais devoir partir à la même heure que lors du Marathon de Philadelphie, mais pour une course dont le départ sera donné trois heures plus tard. C’est presque indécent.

Je fais quoi avec mon alimentation alors ?  Je ne pourrai vraiment pas entamer un marathon plus de 5 heures après avoir mangé, je ne me rendrai tout simplement pas à l’arrivée. Que faire  ?  Je compte profiter de ma dernière longue sortie (seulement 24-25 km, ce n’est pas l’idéal, mais je devrai vivre avec) que je vais faire lundi pour effectuer un petit test. Probablement que je vais déjeuner normalement le matin, puis vaquer à mes occupations à la maison avant de manger à nouveau puis partir courir par après. On verra ce que ça donnera. En tout cas, ce n’est pas à Boston que je vais essayer de me priver de mes en-cas de façon à m’alléger !  Gels, Power Bar et bretzels vont m’accompagner encore une fois.

Autre détail non-négligeable: la température. S’il pleut, s’il fait froid, on fait quoi ?  On niaise à la pluie pendant 3 heures de temps ?  Pourquoi ne pas nous faire attendre dans de l’eau glacée tant qu’à faire ?

Je commence à comprendre pourquoi Dean Karnazes s’était tapé l’aller-retour à la course en 2006. Tant qu’à prendre le bus à 6h00 pour attendre le départ à 10h00, aussi bien se tenir occupé entre les deux…  🙂