Un petit peu fourré, le monsieur

Ha, les températures automnales qui comencent à vouloir se montrer le bout du nez… Enfin !  Car, c’est bien beau, la chaleur et l’humidité, mais comme je l’ai tellement souvent répété, ce n’est pas l’idéal pour nous, les coureurs. Bon, à force d’avoir à en subir, on finit pas s’habituer, mais jamais complètement. Et quand il commence à faire plus frais, on se sent rivigoré au moment de partir à courir.

Ça a donc donné une superbe sortie de 26 km dans les sentiers sur les bords du fleuve dimanche matin. Sortie que je voulais originalement relaxe, mais bon, étant moi-même, j’ai tout de même fait du 4:30 de moyenne, malgré la fatigue de St-Bruno encore bien présente dans les jambes.

Puis ce matin, il ne faisait pas 10 degrés quand je suis parti de St-Lambert en direction du bureau. Au menu, 17 km avec intervalles. Mais bon, le pont Victoria étant levé, j’ai dû passer par Jacques-Cartier et les intervalles se sont transformés en course « tempo ». Au parc Jean-Drapeau, il y avait une équipe de tournage et une dame m’a regardé passer, soupirant un petit « Chanceux… » comme j’étais à sa hauteur. Une coureuse qui m’enviait, on dirait bien.

Mais bon, ce n’est pas de ça dont je veux jaser ce soir. Parce que voyez-vous, je suis un peu fourré dans mon horaire. En étant à mon premier ultra, je ne sais pas trop comment organiser mes trois dernières semaines, celle où on diminue la charge d’entrainement. Bon, sur le programme que j’ai, je suis supposé faire 99 km cette semaine, mais c’était avec un 50 km dimanche. Or, ces longues-là, c’est fini, il est maintenant trop tard. J’avais prévu faire une trentaine de km au mont Royal jeudi matin, mais problème: mon horaire flexible au travail ne l’est pas tellement, ces temps-ci. Jeudi AM, impossible. Jeudi PM ?  Tout de suite après dîner, en montagne, à 29 degrés ?  Pas certain. Demain alors ?  Problème de stationnement dans les rues. Et de toute façon, encore là, côté professionnel, ce serait difficile…

Je me suis donc fait à l’idée de faire « seulement » un 16-17 km en vitesse (intervalle ou tempo), sur route jeudi matin. Mais en fin de semaine, je fais quoi ?  Je vais retourner en sentiers, c’est certain. Mais quelle distance ?  Mon programme suggère deux fois 20 km, alors qu’en préparation pour un marathon, j’aurais fait un 16-24. Il me semble donc que 20-20, ce n’est pas beaucoup… 30-30 peut-être ?  Est-ce trop ?  Pas assez ? Bref, je ne sais plus.

J’ai des gros problèmes, hein ?  😉

Apprendre (presque) à la dure

Les vacances sont presque terminées, retour au boulot lundi. J’en ai toutefois profité hier pour faire ma dernière grosse course avant le grand jour.

Initialement, je voulais faire trois sorties d’au moins 50 km en sentiers avant le Vermont 50, un peu comme on fait trois sorties de plus de 30 km quand on prépare un marathon. Mais bon, il y a eu des changements dans les plans pour les vacances et comme on dit, courir 50 km, ça gruge une journée, genre…

Alors hier, je me suis dit que ce serait la deuxième et dernière. Au programme: 56 km au mont St-Bruno. Pourquoi 56 ?  Ben, parce que ça correspond à 70% de la distance visée, ce que je trouve être un pas pire ratio. Je me suis donc « élancé », mon Camelbak rempli à ras bord de Gatorade, de l’eau à la ceinture, 4 gels, 2 barres énergétiques et des predzels en quantité. J’étais prêt pour la grosse ouvrage, comme on dit.

Je n’avais pas fait 500 mètres que je rencontrais, tradition oblige, une maman-chevreuil et un petit. Il n’y a rien à faire, je suis incapable de poursuivre mon chemin quand je croise d’aussi belles bêtes… Ça commençait bien la journée. Puis, bon, les milliers d’ajustements du premier kilomètre passés, j’ai fini par me mettre en route pour de vrai. Et qu’est-ce qui m’attendait, comme à tous les jours cet été ?  L’humidité. 15 minutes de course et je dégouttais de partout. C’est vraiment fou comme climat. Un 7 septembre, bout de viarge !  Enfin, fallait que je fasse avec.

Rien d’autre à signaler pour les 10 premiers kilomètres. Après avoir rempli mes bouteilles d’eau, je suis reparti. Ça allait bien. Ma moyenne du premier tour (4:54/km) avait toutefois été un peu trop rapide à mon goût, mais bon…  J’étais sur mon sentier préféré quand le premier problème s’est pointé. J’adore le « Tour des Lacs », sauf à un endroit, où il y a une descente très abrupte que je ne suis jamais capable de courir comme du monde. Cette fois-là n’a pas été l’exception.

Mon pied gauche a pris un drôle d’angle à un moment donné et j’ai senti une grosse douleur dans ma hanche. Ouch !!!  Je me suis arrêté, ai constaté les dégâts, puis suis reparti, tant bien que mal. Shit, il fallait que ça passe, il me restait l’équivalent d’un marathon à faire, moi … Les kilomètres suivants ont été difficiles, les descentes particulièrement. J’essayais de protéger ma hanche, mais sans trop de succès. Merde.

Puis, autour du kilomètre 18, j’ai commencé à me sentir bizarre. Un peu étourdi, ou faible, je ne savais pas trop. Négligence de ma part: quand je fais une longue course sur route, je prends habituellement un premier gel autour des kilomètres 15 ou 16, Ça aide la transition du corps du mode « carburons au sucre » vers le mode « carburons au réserves ». Après 18 km, en sentiers, j’étais bien en retard. J’ai terminé le tour un kilomètre plus loin, puis ai mangé un bonne quantité de predzels et pris un gel. C’était enregistré: erreur à ne pas commettre dans trois semaines.

Le troisième tour, effectué sur le sentier le plus difficile de la place, a bien commencé, mais au kilomètre 23, je n’avais plus de jus. Merde et remerde !  J’ai envisagé de couper ça court, je ne me voyais tout simplement pas faire 33 autres kilomètres… C’est là que je me suis mis à me parler (bon, les gens qui me connaissent savent que je passe mon temps à me parler, mais en tout cas…): si tu lâches, tu vas le regretter. Si tu tombes sur des passes difficles en course, tu vas faire quoi, hein ?  Arrête de te plaindre et finis au moins ton tour !!!

C’est ce que j’ai fait. Presque 29 km de faits quand j’ai rempli à nouveau mes bouteilles. Le fait d’avoir complété la moitié de mon objectif m’aidait un peu. Ok, gel au beurre d’arachides et on repart. Mon sentier préféré, une autre fois, question d’avoir bon moral. J’avoue que ça allait plutôt bien, que mon affaire se replaçait tranquillement quand je suis arrivé, encore, à la foutue côte. Cette fois-là, j’ai vraiment cru que la jambe était pour m’arracher… Ça y est, j’étais blessé, je devais déclarer forfait.

Mais finalement, non. Les descentes étaient atroces, mais le reste n’était pas mal. Et rendu à l’accueil, j’avais maintenant 38 km au compteur. Plus que 18. J’ai rechargé les batteries avec d’autres predzels et une Power Bar au complet. J’ai englouti ça avec une telle aisance que je me suis rendu à l’évidence: j’allais devoir manger plus en compétition.

Afin de protéger ma hanche, j’ai décidé de faire un sentier que je ne fais jamais parce que trop facile à mon goût. Ce sentier passe entre autres devant la maison de Georges Brassard, le « monsieur bibitte » de l’insectarium. Disons que sa maison a l’air aussi étrange que le personnage…  🙂  Donc, sentier valonné que j’ai fait prudemment, en prenant soin de garder une cadence plus relaxe. Après l’avoir fait une fois, j’avais 45 km dans les jambes. J’ai avalé un gel « expresso » avec double dose de caféine et suis reparti.

La caféine a vite fait son oeuvre et je sentais que j’avais l’énergie pour poursuivre pendant des heures. Évidemment, ça a été de courte durée… Mais ce sentier étant pas mal utilisé par les coureurs (et surtout les coureuses !  :-)), disons que mon orgueil m’a fait avancer plus vite que je pensais en être capable. J’ai terminé le tout avec le sentier rustique de 3.5 km, totalement perdu dans le bois. Celui-là est plus technique, avec de la roche et des racines, et je trouvais l’occasion parfaite pour tester ma vigilance avec plus de 50 km dans le derrière. Je m’en suis assez bien tiré et en bonus, croisé un beau petit faon.

Anecdote sur la fin de course. J’ai pris l’habitude d’aller me chercher un « Powerade » bien froid dans les machines distributrices de l’accueil après mes courses au mont St-Bruno. C’est comme ma « récompense » (je sais, c’est un peu loser comme récompense). Comme ça coûte 3.25 $, j’ai mis 4$ dans la machine. Et là, les pièces se sont mises à tomber: ca-ching, ca-ching, ca-ching !  J’avais gagné le jackpot, woo-hoo !!!  Hé non, la machine me redonnait mon change… en pièces de 5 cents !  15 beaux castors juste pour moi !  Ben oui, chose, j’allais trainer ça, moi, et écouter les gueling gueling des pièces qui cognent ensemble. Yeah right !

Je me suis donc présenté au bureau à l’avant et ai fait offciellement un don au parc. Le gars m’a regardé avec un drôle d’air, je ne sais vraiment pas pourquoi…  😉

Donc, au final, à part qu’il faut que je traine le change juste la prochaine fois, beaucoup de leçons à retenir…

Premièrement, une pinte de Blue Ribbon, une cannette de Heineken et quelques verres de rouge la veille d’une aussi longue course, ce n’est peut-être pas l’idée du siècle. L’alcool est mon vice, je l’ai toujours admis. Je vais lever un petit peu le pied de ce côté et évidemment, la semaine avant la compétition, je vais tout arrêter.

Deuxièmement: manger. Il va falloir que je garde le réservoir plein, et pas seulement au niveau liquide. C’est priomordial.

Troisièmement: la cadence. Je vais trop vite, je le dis depuis des lunes. Et malheureusement, c’est difficile de trouver le bon rythme en sentiers parce que le GPS, à cause des arbres, a de la difficulté à afficher la cadence réelle. De plus, avec les côtes, on a de la difficulté à évaluer si on va au bon rythme même si on se fie sur la cadence moyenne. Mais il y a un principe fondmental en course très longue distance: si tu veux finir plus vite, tu dois aller plus lentement !

Quatrièmement: si ça va mal, persiste, ça va aller mieux plus loin. Tout le monde a des mauvaises passes, ce sont ceux qui les gèrent le mieux qui s’en sortent.

Bon, avec tout ça en tête, je peux commencer à décroître tranquillement ma charge d’entrainement, de façon à être reposé le 30 septembre.

L’homme qui a vu l’ours

Lundi, dernière journée complète au lac George. Et dernière course aussi (pour ceux qui se poseraient des questions, je m’arrange pour faire autre chose de mes journées, aussi; voyez-vous, j’ai une faculté que bien des gens n’ont pas: je suis capable de me lever tôt le matin !), un 25 km que je prévoyais faire du côté ouest du lac, pour voir ce qu’il y a dans ce coin-là.

Une fois le village traversé, je me suis donc dirigé sur la 9N (du côté est, c’est la 9L, ne me demandez surtout pas d’où les numéros de route viennent !). Plein de motels, quelques vues sur le lac et surtout… beaucoup de circulation, trop à mon goût. Donc à l’intersection de « Old Stonehouse Shool Road », j’ai pris le chemin en question. Ça commençait par une montée, mais bon, j’étais là pour m’entrainer, non ?  Mais bout de viarge, quand je terminais une montée, c’était pour en faire une autre !  Elles se succédaient sans le moindre répit, je commençais vraiment en avoir ras le pompon quand… j’ai vu un ours sur la route prendre la poudre d’escampette et se garrocher dans le bois. De quessé ?!?

Je me suis arrêté, petit sourire aux lèvres, comme si je venais de voir un chevreuil. Émerveillement devant la nature. Ben oui, chose…  La nature, mon chum, si elle décide que tu es dans son chemin, va te transformer en pâté de foie gras. Un ours, ça court plus vite qu’un être humain, un pojnt c’est tout. J’ai donc effacé le sourire épais qui me fendait le visage ainsi que les pensées toutes aussi niaseuses que j’ai eu de continuer et suis revenu sur mes pas. J’ai mesuré: ça faisait 2.7 km que je montais, mon cerveau commençait peut-être à manquer d’oxygène…  😉

Le reste de la course a été assez difficle. Le 15 km de la veille combiné aux multiples montées/descentes depuis mon arrivée avaient commencé à faire leur effet, je crois. Aujourd’hui, j’ai enfilé mes fidèles Salomon pour une tournée en sentiers sur les bords du fleuve: haaaahhhh !!!  Mais maudit que c’est humide ici !  Dites-moi, est-ce que ça a été comme ça toute la dernière semaine ?  Comment on fait pour endurer ça, donc ?

Un demi-Ironman vu de l’intérieur

Samedi, vraie journée de congé: pas de course, juste une petite promenade avec la Charlotte-aux-grandes-oreilles. Nous sommes allés assister à l’arrivée d’un triathlon classique: 1.5 km de natation, 40 km de vélo et 10 km de course près du lac. J’ai toujours eu dans l’idée que les gens « ordinaires » ne faisaient pas de triathlons, mais disons que j’en ai vu beaucoup et ils ont toute mon admiration. Je ne me vois vraiment pas me lancer là-dedans. La raison ?  Un, je nage comme une roche et je n’ai vraiment pas le goût de commencer à suivre des cours et me mettre à aller faire des longueurs. Vraiment pas mon truc. Deux, j’ai horreur d’entretenir un vélo. Le mien sert pour aller travailler et c’est bien assez… Mais j’avoue que ça faisait bizarre de voir des gens en compétition et de ne pas être de la fête.

Hier matin, Barbara a suggéré que je commence ma course sur les bords du lac, pendant qu’elle et Charlotte allaient arpenter un parc  tout près. En arrivant au village, nous avons eu la surprise de constater qu’il y avait encore un triathlon. Hein ?  De quessé ?

J’ai commencé à courir sur un autre chemin, qui menait au camping. En montant, bien évidemment. Après que mon foutu ischio-jambier se soit rapelé à mon bon souvenir (le tab…), je suis arrivé près du camping et ai constaté que la partie course de la compétition se déroulait sur MA piste cyclable.  Comme celle-ci n’était pas fermée à la « circulation », j’ai décidé de me joindre à la fête.

J’avais 4 km dans les jambes alors que les coureurs que je voyais en arrachaient visiblement. Mettons qu’ils avaient légèrement plus d’efforts de faits que moi depuis le début de la journée… Donc, pas tellement surprenant que j’aille plus vite. Pour les encourager, je me faisais un devoir de spécifier à chaque personne que je dépassais que je ne faisais pas partie de la course. Non mais, après des heures d’efforts, se faire shifter de même…

J’ai croisé le meneur, un gars plutôt costaud qui semblait aller à la même vitesse que moi. J’ai eu envie de retourner et lui offrir de le « pacer », mais c’est habituellement interdit, alors j’ai continué mon chemin. Au point de demi-tour, le bénévole m’a fait des grands signes pour m’indiquer que je devais faire un 180 degrés. Il a fallu que je répète « I’m not in the race » à plusieurs reprises avant qu’il finisse par comprendre. Quoi, mon accent est-il si prononcé que ça ?

Je me suis arrêté pour lui demander de quelle course il s’agissait. Un triathlon, qu’il m’a répondu. Ouais, avec les numéros de dossard inscrits sur les bras et les jambes des participants, je ne suis pas nono, j’avais fait la déduction. « Which distance ? ». Un demi-Ironman, qu’il m’a répondu.

Ouch, le monde que je voyais courir avait déjà 1.9 km de natation et 90 km de vélo dans les jambes (et le derrière !). Et ils étaient en train de se taper un demi-marathon. Chapeau bien bas… J’ai eu une pensée pour le meneur qui allait au moins aussi vite que moi alors qu’il avait déjà tout ce chemin de parcouru. Pour ma part, si j’allais à ce rythme, c’était parce que j’avais un gros 15 km de prévu. Ouin, il y en a qui sont vraiment forts…

J’ai poursuivi ma route, ai fait mon propre demi-tour, puis suis revenu sur la course. Comme j’arrivais, un gars à l’allure légère Se pointais. Son visage dégageait une certaine… suffisance, genre. Je ne sais pas exactement ce qui s’est passé au point d’eau, mais disons qu’il n’a pas été exemplaire avec les bénévoles. Il a fait des grands signes à la pauvre jeune fille de 10-12 ans qui avait eu le malheur d’entraver la progression de Monsieur en lui offrant un verre d’eau. Fred-le-justicier a donc décidé de lui donner une petite leçon. Je sais, ça ne donne rien de faire ça, mais bon, Fred, c’est Fred…

J’ai rejoint le gars (il avait un bon rythme) et lui ai collé aux fesses un petit peu. Pas habitué de se faire rattraper, je l’ai senti paniquer un petit peu. Il s’est mis à se retourner, le regard inquiet. Ha ha, j’avais fait mon effet… Allez hop, une petite accélération et j’étais à sa hauteur. Je l’ai encore laissé dans le doute un peu, puis lui ai lancé mon « I’m not in the race ». Ça a semblé  le rassurer un peu. Il s’est informé de mon rythme au mille. Ben heu, j’étais à 4:08/km de moyenne, multiplié par 1.6…

Je faisais les calculs à voix haute quand il m’a lancé: « Ah, you’re Canadian… ». Cout’ donc, pas capable de se rendre compte que j’ai un « léger » accent ?  Je lui répondu que oui, nous utilisons les kilomètres parce que c’est plus court. Puis je me suis rappelé que je ne devais pas faire de blagues au second degré en anglais, mais bon… Et sur ce, je suis parti.

Sur le chemin, j’ai vu des scènes qu’on voit souvent en marathon: des coureurs qui marchent de peine et misère, d’autres qui sont assaillis par les crampes. Ce qui me dérangeait le plus pour ceux, c’était l’absence de spectateurs. Ces gens-là souffraient, seuls, sans encouragements. J’aurais bien aimé pouvoir faire quelque chose, mais je n’y pouvais rien. En fait, la seule chose que je pouvais faire, c’était de quitter le parcours au plus vite afin d’arrêter de les écœurer…

Au final, toutes mes félicitations aux participants du triathlon classique et du demi-Ironman de Lake George. Ce sont de beaux exploits que vous avec réalisés ce week-end et j’ai eu la chance voir ça de près. De très près.

Longue sortie au lac George

Depuis le temps que j’en parle, mes fidèles lecteurs sont déjà au courant: depuis que j’ai découvert les sentiers, il m’est maintenant difficile de faire des longues sortie sur route. Disons que je trouve ça moins… intéressant.  Il est même fort probable qu’une fois le Vermont 50 passé, je vais continuer à faire mes longues sorties en prévision de Philadelphie en sentiers, question de ne pas déprimer. Parce que juste à penser devoir encore une fois me taper la voie maritime ou des tours et des tours du parc Jean-Drapeau, je ne sais pas, on dirait que…

Par contre, à part le vélo qui est légèrement plus efficace, est-ce qu’il existe une meilleure façon d’explorer un nouvel endroit que de le faire à la course ?  Hier matin donc, cap vers le lac George, à 3 km du camping, puis après, pure découverte.  Une route totalement inconnue pour moi longe le lac du côté est. Une route me rappelant étrangement celle qui fait le tour du lac Brome avec ses enchaînements montées/descentes à répétition et quelques beaux points de vue.

Après 12.5 km, j’ai pris un petit chemin menant à une jolie petit bourgade: Cleverdale. À un moment donné, je pouvais apercevoir le lac des deux côtés de la route, je me sentais dans un autre monde.

Gros désavantage de courir dans un coin inconnu: difficile de faire une boucle. Vaut mieux faire un aller-retour, question de ne pas trop s’égarer et surtout, éviter de transformer une course de 33 km en 45-50 (surtout quand on a du Gatorade seulement pour 33…).

Je venais donc d’amorcer mon retour, sur le beau petit chemin tranquille, quand un beau tata s’est fait un devoir de me démontrer que nos voisins du sud ne sont pas tous courtois avec les animaux à deux pattes. Le bonhomme, au volant de sa Volvo, sortait de son driveway. Il s’est arrêté pour laisser passer une auto et est parti purement et simplement dans ma face tout de suite après !  J’ai bien évidemment laissé sortir un chapelet de jurons bien québécois et lui ai ajouté toutes sortes d’insultes dans la langue de… heu… Elvis Graton ?  Je sais très bien que ça ne donne rien, mais ça fait tellement du bien…  Non mais, le gars vit à la campagne, à une dizaine de kilomètres du village de Lake George, était-il si pressé, bout de v… ?

Pour le reste, rien à signaler. Les côtes ont bien passé, même si je les ai faites en courant (les côtes sur route par rapport aux côtes en sentiers, ce sont simplement deux choses différentes). Il y a juste les trois derniers kilomètres, faits totalement en montant, dont mes vieilles jambes se seraient peut-être passé…

Les pick-ups américains

En vacances au lac George, je suis parti hier vers le sud, sur la superbe piste cyclable asphaltée qui passe tout près du camping. 3 kilomètres au nord, elle mène au village touristique, mais vers le sud ?  J’allais le découvrir.

Je me suis rapidement retrouvé dans une forêt, abrité par de grands arbres matures. Une pancarte tout près du camping met les utilisateurs en garde: « Rough ride next 1.5 mile ». Ha oui ?  Tout ce que j’ai vu de « rough », c’est peut-être une vingtaine d’endroits où des racines d’ arbres viennent fissurer légèrement la piste. Hou la la, j’en suis tout traumatisé, moi là…

En fait, j’ai eu un seul traumatisme: la piste croisait une route (pas une petite rue de quartier, une route secondaire, genre) et comme j’entendais une auto qui s’en venait au moment où j’allais traverser, je me suis arrêté (ça me donnait une excuse pour reprendre mon souffle après une bonne montée ;-)). Et qu’est-ce que le conducteur du pick-up qui s’en venait a fait en me voyant ?  Il a appliqué les freins pour me laisser passer !  J’avoue être encore sous le choc…  Des routes dans un état impeccable, des conducteurs respectueux des sportifs, il ne leur manque qu’un système de santé qui a de l’allure et chérie, on déménage !  😉

Côté course, les longues montées/descentes du coin m’ont fait changement du plat montérégien et des trails. J’ai bien aimé. Je me suis un ti peu arraché le cœur dans certaines montées, mais bon… Je voulais faire mieux que 4:15 de moyenne, fallait bien que je pousse un peu… 🙂

6 chevreuils et 2 experts

Lundi matin, quand j’ai sorti Charlotte pour qu’elle puisse faire ses petits besoins, j’ai eu, encore une fois, un choc: il devait faire 22 degrés, c’était humide… Merde, il n’était même pas encore 5 heures !  J’avais 50 km au programme, moi !

J’ai tout de même fait mes petites affaires et me suis rendu au mont St-Bruno, en espérant que tout se passe bien malgré tout. J’avais à peine commencé mes réchauffements (il faudrait vraiment trouver un autre terme, moi me « réchauffer » quand il fait presque 30 degrés…) que deux gentils toutous se sont purement et simplement garrochés sur moi, comme s’ils me connaissaient depuis toujours. Étais-je pour refuser une si belle marque d’affection spontanée ?  Disons que ça m’a mis de bonne humeur avant de partir. 🙂

J’étais bien déterminé à prendre ça cool, rester « en dedans », comme on dit. Je ne sais pas si mon deuxième kilomètre était complété quand j’ai croisé mes premiers chevreuils, tout près d’un lac. Une mère insouciante avec deux petits plus craintifs. Quelles merveilleuses bêtes !  Je les ai observés quelques minutes,  puis suis reparti, le sourire aux lèvres.

Comme il faisait chaud, j’avais décidé de tester une nouvelle méthode d’hydratation. Je transportais mon Camelbak rempli de Gatorade sur mon dos et ma ceinture de route à la taille avec trois bouteilles remplies d’eau. J’allais alterner les deux liquides et essayer de m’arranger pour avoir à remplir l’eau à chaque « tour », soit aux 9-10 km.

À la fin de mon premier tour, je me dirigeais allègrement vers une petite cabane près du terrain de jeu, là où je savais qu’il y avait de l’eau quand j’ai été immédiatement alerté: le pick-up !!!  J’ai tout de suite appliqué les freins et ai rebroussé chemin. Non mais, je n’avais pas envie de faire encore semblant d’aller me faire sécher dans mon char, moi là (parce que non, le parc n’était pas officiellement ouvert) !

Après m’être trouvé de l’eau, je suis reparti. Ma cadence pour le premier tour avait été de 5:01/km, bien correct pour moi. J’étais à la fin de la montée du début du deuxième tour quand j’ai croisé une femelle. Vraiment un bon matin côté chevreuils, il n’y avait pas à dire !  Et qu’est-ce j’ai vu quelques kilomètres plus loin ? Deux autres, encore de belles femelles habituées de voir du monde, mais pas apprivoisées pour autant… Selon moi, c’est l’équilibre parfait entre l’homme et la nature.

J’ai poursuivi mon petit bonhomme de chemin, prenant une pause predzels-gel après environ 19 km. Les kilomètres passaient bien et j’ai bien pris soin de noter le moment où je passerais le 25e. J’ai alors eu un petit sourire. Si j’avais fait une longue sortie en préparation d’un marathon, il ne m’en aurait resté seulement 7 à faire. En marathon, ça aurait été 17. Et là, il m’en restait 25… Ha ben cout’ donc ! 🙂

Après 28.5 km, autre arrêt à l’accueil. Comme j’aidais une jeune mère de famille à faire entrer son giga-carrosse dans la salle de toilettes familiale, Patrice Godin est passé. Pas que je voulais le suivre, mais bon, il allait à la même place que moi, alors… Pas facile de trouver quelqu’un qui connaît les ultras. Or, il a le malheur d’être connu, accessible et de faire des ultras. J’ai donc commencé à lui jaser. Pendant que lui pissait et se changeait et que de mon côté, je buvais et remplissais mes bouteilles, il m’en a beaucoup appris. Par exemple, lui ne fait jamais plus de 50 km à l’entraînement, même en préparation pour un 100 milles. Il m’a jasé stratégie, « drop bags », de l’effet que ça peut faire de voir sa blonde quand on commence à trouver le parcours long, etc.  On a parlé de Virgil Crest, son prochain défi (100 milles). J’avoue que celui-là me ferait un peu peur… Rendus dehors, placotte, placotte, c’est fou ce que la course me rend sociable !  En tout cas, merci Patrice pour les conseils et petits « hints », ça va m’être fort utile !

Tour suivant sans histoire à part que mon ventre commençait à crier famine, alors une autre pause-bouffe s’imposait. Pendant que j’emplissais mon creux, une jolie jeune femme à l’allure athlétique m’a abordé: « Parti pour une longue sortie ? ».

Je ne sais jamais quoi répondre dans ce temps-là… Les chiffres, Fred, les chiffres, il n’y a rien de plus objectif. « Ben j’en suis rendu à 37.5 et je m’enligne sur 50… »  Quand des coureurs se rencontrent comme ça ils se demandent toujours à propos de leur prochaine course. J’ai donc parlé du Vermont 50. Elle connaissait, elle y avait déjà fait le 50 km. Sa saison de compétition était terminé, elle avait fait entre autres le 38 km à St-Donat et le XC de la Vallée. « Les trois jours ? » ai-je demandé. « Oui, oui » qu’elle m’a répondu nonchalamment. Ok! Une vraie de vraie… Donc, quand elle m’avait félicité sur mon pace, elle savait de quoi elle parlait…

Elle m’a appris qu’elle faisait de la trail depuis 6 ans (mon Dieu, elle a quel âge ?) et qu’elle était chiropraticienne. Cool, j’allais savoir le nom du muscle d’arrière-cuisse qui s’amuse à me faire peur: c’est ischio-jambier (pas certain de l’orthographe). Elle m’a donné quelques trucs pour contourner mon problème et faire travailler d’autres muscles. Vraiment gentil de sa part… 🙂

J’ai terminé ma run, comme on dit, puis suis retourné à la maison. Fatigué, mais totalement satisfait. La confiance est là, la forme aussi. Avec ce que je m’impose comme régime, si je suis intelligent le jour de la course, ça devrait bien aller.

Mais ma curiosité était piquée: qui était cette jeune femme ?  Je suis allé voir les résultats du XC de la Vallée et je n’ai pas eu à chercher longtemps: il s’agit de Marie-Josée Dufour de Québec (que faisait-elle à St-Bruno un lundi ?). C’est elle qui a gagné chez les femmes, tout comme à St-Donat d’ailleurs. Elle est également championne québécoise de course en raquettes. Quand je dis que les coureurs ne sont pas vantards de nature…

En tout cas, sortie très profitable au final: j’ai vraiment pu travailler mon endurance, tester l’hydratation et en bonus, ai reçu plein d’infos utiles de la part de deux experts. Que demander de plus ?

« Extreme »

Tout le monde au bureau sait que je cours. Enfin, presque tout le monde… Il faut dire que quand un gars arrive tout dégoulinant de sueurs au travail, en tenue de course, avec la casquette et la ceinture d’hydratation, disons qu’il y a des indices qui ne trompent pas. Ne vous inquiétez pas, je ne passe pas la journée dans cet état: nous disposons de douches au Saint Siège (il me semble que je me répète; fidèles lecteurs, n’hésitez pas à me le faire savoir si ça m’arrive).

Sauf que ce n’est pas tout le monde qui sait jusqu’à quel point…  Jean-François, un de mes « abonnés », m’a décrit cette semaine comme un peu « extreme ». Heu, ha oui ?  Tu trouves ?  Comme je lis beaucoup sur les ultras, question d’en apprendre le plus possible sur l’hydratation, l’alimentation, les stratégies de courses, etc., je suis exposé (virtuellement) à des gens qui courent pas mal plus que moi. Alors je ne me suis jamais vraiment considéré comme « extreme ». Ce n’est tout simplement pas dans ma personnalité qui est toute en nuances. Disons que jamais rien n’est tout noir ou tout blanc avec moi, sauf si je vois un jour Pierre-Karl Péladeau ou volant d’un pick-up, alors là…

Or je me suis retrouvé sur le mont Royal jeudi matin, à faire 32 km. Alors que j’avais fait un 31 km au  mont St-Hilaire dimanche. Ouin, peut-être qu’il a raison, après tout…  Parce que 32 km, c’est la distance maximale recommandée dans la préparation en vue d’un marathon et la plupart des programmes suggèrent d’en faire 2 ou 3 en tout, vers la fin. Ouin, et moi qui compte en faire 50 lundi , avant de partir en vacances.  « Extreme » ou ai-je tout simplement perdu la tête ?  Hum…

Oui Maryse, je t’entends d’ici: mongol, je le sais…  🙂

En attendant, un petit 16 km presque tempo ce matin (4:12 de moyenne, pas de quoi écrire à sa mère; de toute façon, elle me lit). La cuisse a tenu le coup, mais s’est tout de même montrée présente.  Ironiquement, elle ne m’inquiète pas tellement pour lundi. L’humidité, par contre…

Total de la semaine: 96 km

Total de la semaine dernière: 104 km

Marathon des Deux Rives: ouf !

Demain aura lieu le Marathon des Deux Rives, entre Lévis et Québec. Comme il est toujours disputé trop près (je parle en terme de temps, pas de distances) de Montréal, je n’ai jamais envisageé sérieusement de le faire. Cette année, j’aurais peut-être aimé y jouer le rôle de lapin de cadence, mais j’ai d’autres choses de prévues en fin de semaine…

Remarquez, c’est Running Room qui commandite les lapins de cadence, alors il faut porter leurs couleurs (du rouge quand il fait chaud ?  Vous êtes fous ou quoi ?) et surtout, appliquer leurs codes d’entrainement. Comme quelqu’un de mon niveau se retrouverait probablement à être lapin de 4h00 ou 4h15, je serait obligé  de faire le fameux 10 minutes course / 1 minute marche prôné par Saint John Stanton. Et pour moi, un lapin de cadence, ce n’est pas ça. Ça garde la cadence voulue du début à la fin, un point c’est tout. Bref, ça n’aurait peut-être pas été une bonne idée après tout…

Ceci dit, une autre raison pour laquelle je ne ferai jamais cette course « sérieusement »: la température n’est jamais de leur bord !  C’est vrai, j’ai l’impression qu’à chaque année, il y a quelque chose qui ne va pas. Quand mon amie Chantale a fait son premier demi, il y avait un immense vent du nord-est qui soufflait dans la face des coureurs sur le boulevard Champlain. Puis, les canicules se sont enfilées. L’an passé, l’ouragan Irene a purement et simplement forcé l’annulation du marathon.  Et maintenant, les prévisions pour demain ?  Hé oui, un beau 30 degrés avec 33 comme humidex. Définitivement qu’ils ne sont pas près de me voir en mode « full speed » !  Surtout que le départ est prévu pour 8h30, ce qui est un peu tard, il me semble. Par contre, pour me préparer pour un ultra qui aurait lieu genre, 5 semaines plus tard ?  Ouais, ce serait peut-être bien… Histoire à suivre.

En attendant, je désire souhaiter la meilleure des chances à tous les participants !

 

Le déni

À partir du moment où j’ai perdu mon petit gras de bébé autour de l’âge de 13-14 ans (hé oui, j’avais un penchant vers le grassouillet dans ma jeunesse) jusqu’à l’âge d’environ 30 ans, j’avais un talent particulier: je courais vite. Très vite. En sprint, je veux dire. Quand je jouais à la balle-molle, si je frappais un roulant de routine à l’arrêt-court, celui-ci devait avoir un bras puissant pour que son relais me devance au premier but. Au hockey cosom, mes habiletés (très) limitées étaient compensées par ma faculté d’être toujours le premier sur la balle ou de me retrouver dans les culottes d’un joueur qui se croyait seul en échappée avec le gardien.

Sauf qu’à 30 ans, à la balle-molle justement, j’ai essayé d’étirer ma jambe vers le premier but, question encore une fois d’essayer de battre un relais quand à l’atterrissage, j’ai senti quelque chose lâcher dans ma cuisse: claquage. J’ai claudiqué sur quelques pas avant de tout simplement m’effoirer de douleur. Pas capable de terminer la partie, sur le carreau pour quelques semaines (alors il n’y avait finalement même pas eu de relais, bout de sacrament !).  Les choses n’ont plus jamais été pareilles par après. Avec les années, quand j’essayais d’enclencher la vitesse supérieure, je sentais ce même muscle qui avait envie de lâcher. J’ai essayé l’ultimate frisbee et c’était le pire de sports pour ça: des séries de sprints, juste du « stop and go ». Un jour, c’est mon mollet qui a lâché et j’ai dû accrocher mes crampons. Il faut dire que j’étais vraiment, mais vraiment pourri…

Heureusement, entre-temps, j’avais commencé à faire du jogging et comme j’avais arrêté les sports « stop and go », mes derrières de cuisses me laissaient tranquille. C’était jusqu’à samedi dernier. En faisant mes intervalles, j’ai senti quelque chose. La même sorte de « crampe » du côté droit. Je n’étais pas en sprint, mais tout de même autour de 3:45/km…  J’ai continué quelques enjambées, puis me suis arrêté pour me masser un peu. J’ai pu finir mes intervalles, mais j’ai senti ces malaises le reste de la journée.

Dimanche, au mont St-Hilaire, rien de spécial à signaler. Mais mardi, retour aux intervalles et j’ai encore dû m’arrêter. Shit, ne me dite pas que je suis blessé !  Non, pas à moins de 6 semaines du grand jour…  J’étais un peu découragé. Je suis reparti, plus lentement et ça a tenu le coup. Mais j’ai trainé un malaise par après, au point que ma démarche en était changée.

Mercredi, journée à vélo, j’ai pu récupérer un peu. Mais hier matin, j’avais 32 km de prévus au mont Royal (le joie de pouvoir s’accumuler du temps au bureau). Ça passait ou ça cassait. Honnêtement, après 1 km, j’étais certain que je serais obligé de rebrousser chemin. Mais je me suis dit que si le muscle finissait par se réchauffer, peut-être que… J’ai fait très attention dans les descentes, les montées se sont faites à plus petites enjambées et à la fin, je me sentais tout simplement mieux qu’au début !  C’est vraiment bizarre, le corps humain…

Mais bon, je ne suis pas vraiment sortie de l’auberge. Si j’étais certain d’avoir affaire à une blessure au moins… Et si c’était un simple malaise (le déni, pratique très répandue chez les coureurs qui leur permet de faire semblant que certaines blessures n’existent pas) ?  Je vais voir.  Ma tête sait qu’il vaut mieux se présenter à la ligne de départ un peu sous-entrainé qu’un peu blessé. Mais après des centaines de kilomètres à l’entrainement, ce n’est pas toujours facile d’être raisonnable si près du but. Je vais probablement lever le pied du côté des intervalles et continuer ma progression pour le reste. On verra bien ce qui arrivera. Si j’avais écouté tout le monde après ma blessure à la cheville en novembre dernier, je n’aurais jamais eu le printemps que j’ai eu.

Déni et tête dure, beau mélange, hein ?