Fallait bien que ça finisse par arriver

Avant de commencer, petit correctif sur mon dernier post. Antoine n’a pas complété 5 marathons, mais plutôt 7. Sauf que les faits que je vous relatais étaient bel et bien véridiques: lors de son cinquième marathon, à Montréal en 2009, il a été photographié montrant le nombre « 8 » avec ses doigts. Mais en 2010, il a fait coup sur coup les marathons de Québec et de Montréal, ses 6e et 7e.  On ne trouve rien d’autre sur les différents sites de chronométrage. Donc, il pense probablement qu’il a fait (au moins) 10 marathons, mais en fait, il en a 7 au compteur. Petite précision que je voulais apporter.

Bon, histoire de la fin de semaine maintenant. Je dois l’avouer, j’étais (presque) en extase quand j’ai vu la météo: des nuits entre 11 et 13 degrés !?  Et des journées entre 22 et 25 ? Hourrah !!!  J’en ai donc profité hier pour faire mes premiers vrais intervalles depuis Ottawa. J’avais essayé à quelques reprises depuis, mais j’en étais tout simplement incapable. Mais hier…  Et c’est avec un grand bonheur que j’ai pu constater que la pointe de vitesse était encore là. Pas que ça va m’être tellement utile au Vermont, mais à Philadelphie…

Puis aujourd’hui, deuxième sortie au mont St-Hilaire. Le plan était le suivant: j’arrivais à l’ouverture (8h) et je faisais ce qui me tentait, Puis, vers 10h30, Sylvain (sieur de Guérette de son vrai nom) venait me rejoindre et on faisait un petit bout ensemble.

Dès mon arrivée, encore une fois, l’accueil m’a jeté par terre. J’étais un peu en avance quand je me suis présenté à la guérite, alors j’ai demandé au préposé si ça dérangait. Sa réponse ?  « Quand je suis là, le parc est ouvert. »  Je l’aurais embrassé sur le champ (bah, presque). Maudit que ça fait différent du sacr… de conducteur de pick-up de St-Bruno !

Après mes réchauffements, je me suis élancé, doucement. Bah, façon de parler, parce qu’avec les montées du Mont St-Hilaire… J’ai fait une boucle, puis un sommet. Puis un autre (le pain de sucre: plus jamais, joual vert !). Après avoir pris une petite pause, je suis reparti. J’étais après Burned Hill, en direction du pas-de-pain-de-sucre, dans une descente vraiment anodine quand c’est arrivé. Fallait bien que ça arrive un jour…

Il n’y avait pas de racines et pour ainsi dire, pas de roches. Mon esprit devait encore maugréer contre le pain de sucre, je ne sais pas trop, mais bon, j’ai mal jaugé une roche qui sortait un peu plus du sol que prévu et mon pied gauche a carrément buté dessus. Je ne sais pas pourquoi, je n’ai pas réussi à rétablir la situation et je me suis retrouvé entre ciel et terre, parallèle au sol. Évidemment, je ne suis pas resté longuement entre ciel et terre…

Mes deux mains et mon genou gauche ont absorbé le choc. Première chose à faire: arrêter le chrono-GPS (à 16.00 km exactement !). Deuxième étape: est-ce que quelqu’un m’a vu ? Non. Bon, maintenant les dégâts… Mon t-shirt, mes shorts, mes bouteilles d’hydratation et le devant de mon Camelbak étaient pleins de terre. Mes jambes et mes mains, on n’en parle pas…  Je sentais mes mains éraflées, mais le sang ne semblait pas vouloir transpercer la terre. Sur mon genou, un beau « spot » de sang commençait à prendre place.

J’ai essayé (et réussi), à me relever. Ok, pas trop de dommages, j’étais bon pour continuer. J’ai rincé du mieux que j’ai pu mes bouteilles, essayé d’enlever les surplus de terre que j’avais un peu partout (pas facile quand les mains elle-mêmes sont pleines de terre !) et suis reparti. J’avais une belle coulisse rouge-brunâtre sur la jambe gauche, les gens me regardaient avec un drôle d’air, mais ça a tenu le coup.

Arrivé à l’accueil à 10h26, après avoir mangé quelques grains de terre en chemin (mes bouteilles d’eau pas propres-propres), Sylvain n’était pas encore là. J’ai pu aller me nettoyer un peu et ressortir prendre une pause-bouffe le temps qu’il arrive. Plein de sincère compassion à son arrivée, il a purement et simplement éclaté de rire. « Aurais-tu planté, pas hasard ? » qu’il m’a demandé entre deux éclats de rire. Il faut dire que dans le genre crotté, j’étais dur à battre… J’aimerais te voir, moi…

Nous somme partis peu après, dans la boucle mauve, la plus belle pour la course selon son expertise de la montagne. Et mettons que je suis d’accord avec lui. Je cours habituellement seul, mais je dois dire que courir avec quelqu’un, c’est fort plaisant. On a jasé de la place, bien évidemment, mais aussi de ma première job, le simulateur, où Sylvain travaille toujours. Bref, disons que le temps passe vite avec un partner. À peine avions-nous commencé que nous avions fait 11 km (ça m’en faisait 31 au total, ce qui était bien suffisant pour aujourd’hui) et c’était l’heure de la bouffe.

Une bouffe qui s’est prise chez eux, qui habitent tout près. J’ai pu revoir Maggie (Marie-Hélène, sa conjointe, qui est aussi une ancienne collègue) qui lisait tranquillement en nous attendant. Elle a eu la gentillesse de me fournir deux guenilles pour me débarbouiller un peu. Comme j’ai dit: elle est bonne à marier, Sylvain !  🙂   Maggie avait fait son entrainement ce matin, en vue de demi à Montréal. Leurs deux jeunes garçons étant chez des amis, j’ai pu seulement rencontrer le plus jeune, au moment où je suis parti.

Un dîner fort agréable, entre amis qui ne s’étaient pas vus depuis des lunes (je côtoie toutefois Sylvain professionnellement). Comme quoi le sport finit toujours par rapprocher les gens…

(Viarge, je suis dont ben philosophique à soir…)

8 ou 12 ?

Quand je suis parti pour ma longue sortie, vers 7h10 le premier matin du camping de Rivière-Ouelle, j’ai eu une pensée pour Yanick qui me demandait lors d’un de nos dîners d’amis si j’allais continuer à m’entrainer durant mes vacances… Duh !?!  Les gens normaux ont parfois de la difficulté à comprendre que les coureurs, en général, courent parce qu’ils aiment ça. J’aime courir. Bien sûr que je vise des objectifs particuliers, mais c’est seulement pour me donner un but, rien de plus. S’il n’y avait pas de Vermont 50, de Philadelphie, je courrais quand même. C’est ce que je fais, c’est ce que j’aime. Certains bricolent, d’autres collectionnent des papillons. Moi je cours. Et j’ai la chance de pouvoir le faire partout où je vais.

Ce matin-là, j’avais décidé de faire la distance d’un marathon (vous voyez bien que je ne suis pas normal: connaissez-vous bien des gens qui se lèvent aux petites heures le premier vrai jour de vacances pour aller courir 42.2 km ?).  Ça faisait des lustres que je n’avais pas fait mes longues sorties sur route et ma première impression a été la suivante: maudit que c’est facile !  Définitivement que même si je ne poursuivais pas l’aventure des ultramarathons, je continuerais l’entrainement en sentiers. Et en plus, c’est tellement plus plaisant que la route…

Ça m’a permis de découvrir un coin que je ne connaissais pas du tout. Parce 42.2 km, c’est long: on a le temps d’en voir, des petits racoins. J’affectionne particulièrement les rangs isolés où, presque à chaque fois, j’ai droit à des faces en point d’interrogation, ayant l’air de dire: mais d’où est-ce qu’il arrive, celui-là ?  Je dis parfois bonjour aux gens ou leur envoie la main. Le plus drôle, c’est quand je le fais à mes cousins, dans le village voisin d’où mes parents habitent: ils ne me reconnaissent jamais !  Mes tantes oui, par contre. Allez comprendre pourquoi…  Peut-être parce qu’il semblerait que j’ai une certaine ressemblance avec mon paternel…

Chemin faisant, je me suis mis à penser à autre chose: c’était la quatrième fois que je faisais au moins la distance d’un marathon à l’entrainement. Comme j’ai 8 fait marathons officiels, est-ce que ça en faisait 12 ?  Est-ce que je pouvais dire à la fin de la journée que j’avais fait 12 marathons dans ma vie ?

Je me suis rappelé d’Antoine, un gars qui travaillait sur le même étage que moi chez Dessau. Une dizaine d’années plus jeune que moi, il était très rapide sur de plus courtes distances (sous les 19 minutes sur 5 km), un peu plus fort que moi sur le demi, mais je le devançais à chaque fois sur le marathon. Simple raison: il partait trop vite et « pétait » à tout coup. À son dernier marathon, qui était son cinquième, sur les photos prises durant la course, on le voit constamment montrer le chiffre 8 avec ses doigts, pour indiquer qu’il en était à son 8e marathon. Parce qu’il comptait les 3 fois où il avait fait la distance à l’entrainement: une fois sur tapis roulant (!) et deux autres fois sur une piste.

Donc, en suivant sa logique, ce jour-là à Rivière-Ouelle, j’en étais à mon 12e marathon. Hé bien, dans ma petite tête, ce n’est pas le cas. Un marathon, c’est bien plus que « faire la distance ». C’est la faire à un endroit précis, à une date précise, peu importe s’il fait beau ou non, qu’il fasse chaud ou froid, venteux ou pas. Il y a un chronomètre qui part à une heure précise et qui s’arrête une fois la ligne d’arrivée franchie, pas avant. Bref, un marathon, ce n’est pas seulement une distance, c’est une course.

Ainsi, quand monsieur Albert Miclette a couru son 100e marathon à Montréal en septembre dernier, c’était son 100e officiel. Je suis certain qu’il en a fait quelques uns à l’entrainement (et je crois qu’il a fait des ultras aussi), mais il ne les comptait pas. Dans le même ordre d’idée, je considère que toute personne qui fait la course au complet, même si elle la fait entièrement en marchant, devrait être considérée comme un(e) marathonien(ne).

Alors Antoine, désolé, mais tu n’as « seulement » que 5 marathons au compteur, et moi, 8.

Le jeunot qui fait la leçon aux vétérans

Avec deux jours de retard, mes impressions sur le marathon des hommes aux Jeux de Londres (j’ai manqué celui des femmes, étant parti en camping ce jour-là)

Ce matin-là, j’ai ouvert l’oeil à 5h40. « Ha, il me reste 20 minutes, cool ! » que je me suis dit. Quand je l’ai rouvert pour la deuxième fois, il était 6h30. Merde, ça faisait déjà une demi-heure que le marathon olympique était parti, ils devaient bien avoir 10 kilomètres dans les jambes à cette heure. Comme nous dormions sur le divan-lit du salon de mes beaux-parents, je me suis précipité sur la télécommande pour ouvrir la télé sur le champ. L’image est apparue comme le peloton de tête venait de franchir les 10 kilomètres. J’arrivais juste au bon moment.

Pendant que Barbara, toujours fatiguée de sa mésaventure et de sa nuit à l’hôpital, dormait à poings fermés, j’ai regardé évoluer en direct un grand classique.

Premier acte, le Kenyan Wilson Kipsang Kiprotich, détenteur de la deuxième performance de tous les temps, s’est détaché du peloton. Il est demeuré très longtemps seul en tête, avec une bonne avance sur un premier groupe de poursuivants. Ce groupe s’est effiloché au fil des kilomètres et je pensais bien que Kiprotich s’en allait vers une belle victoire en solo.

Deuxième acte: les derniers rescapés du groupe de poursuite, le deuxième Keyan, mon favori pour la victoire, Abel Kirui, accompagné d’un presque inconnu, l’Ougandais Stephen Kiprotich (incroyable qu’il ait le même nom de famille que l’autre sans être de la même nationalité) ont rattrapé le fuyard. Les trois sont demeurés ensemble de longs moments. L’Ougandais, âgé de seulement 23 ans, semblait peiner à suivre les deux vétérans de 30 ans. Ceux-ci échangaient parfois quelques mots: ils parlaient probablement stratégie.

À un moment donné, je vous jure que ça m’est passé par l’idée: pendant qu’ils jasaient devant, ces deux-là, l’autre restait bien sagement à l’abri derrière. À 20 km/h, disons que côté résistance de l’air, ça fait une différence, non ?  Mais l’Ougandais semblait vraiment une coche sous les deux autres, il allait craquer, c’était seulement une question de temps. D’ailleurs, on le voyait parfois à la traine, quelques mètres derrière, mais il parvenait toujours à recoller…

Troisième acte: autour du kilomètre 37, l’Ougandais est passé à l’attaque. Une accélération que les deux autres n’ont pas vue venir, c’était assez évident. Kiprotich (le Kenyan), déjà fatigué de son effort solo, a décroché assez rapidement.  Kirui a essayé tant bien que mal de boucher le trou, mais le mal était fait. Le petit jeune venait de faire la leçon aux deux autres. Il s’est économisé toute la course en demeurant sagement derrrière, laissant les autres dépenser leur énergie, puis paf, ils les a assomés avec une accélération. Impressionnant. Parions toutefois qu’il sera marqué lors de ses prochaines courses et qu’il ne pourra plus jamais faire le coup.

Côté canadien, résultats très satisfaisants: Dylan Wykes a terminé 20e, Eric Gillis, 22e et Reid Coolsaet, 27e.

J’avais prédit un temps autour de 2h05 pour le vainqueur. Erreur d’évaluation. Le parcours avait beau être relativement plat, on est tout de même au mois d’août, pas en avril comme lors du marathon de Londres… Donc, des temps plus lents: 2h08 pour le gagnant, autour de 2h15 – 2h16 pour nos Canadiens. C’était logique.

Côté couverture télé, des images magnifiques de la télévision officielle. Par contre, le consortium V-RDS ne nous a vraiment pas gâtés dans ce qu’il pouvait contrôler. Premièrement, la conférence de presse de Marcel Aubut et compagnie pour nous annoncer la porte-drapeau du Canada pour la cérémonie de clôture: inutile, ennuyeuse et vraiment trop longue. Franchement, dans le genre de nouvelle qui pouvait attendre… Heureusement qu’il y avait des stations anglophones qui avaient autre chose à montrer. Une course, genre…

Ajoutez à ça qu’après être revenus à la course, ils ont réussi à aller en pause publicitaire au moment où l’attaque a eu lieu. Hello, ils étaient trois, à 5 km de l’arrivée, c’était certain que ça allait se produire à un moment donné, non ?

Autre chose qui m’a dérangé et j’avoue que ça me fait un peu de peine d’en parler. Pierre Houde et Richard Garneau sont de grands professionnels. J’ai toujours eu beaucoup d’admiration pour monsieur Garneau, un homme discret, rigoureux. Mais malheureusement, on dirait qu’il commence à avoir de la difficulté à suivre le rythme. Je n’ai pas pu suivre les compétitions d’athlétisme, alors je ne peux pas parler du reste de son travail, mais pour le marathon, hou la la…  Ha, il était rapide pour aller vérifer les performances antérieures des coureurs et nous les transmettre, mais quand venait le temps d’analyser ce qui se passait… Monsieur Houde et lui ont passé la deuxième moitié de la course à nous dire « qu’on se dirigeait vers un 2h06 », alors qu’un simple calcul mental nous donnait l’évidence que ça n’arriverait pas. Quel calcul mental ?  Facile: 3 minutes au kilomètre, ça donne 2h06 sur 42 km (donc 2:06:36 pour 42.2). Peu après la mi-parcours, les temps de passage étaient déjà plus lents que ce rythme et la cadence n’allait certainement pas s’accélérer vers la fin, surtout à voir les coureurs s’asperger d’eau comme ils le faisaient. Ça me surprend que messieurs Houde et Garneau aient manqué ça (surtout monsieur Houde qui a parlé d’une « simple règle de 3 », son frère n’aurait pas fait cette erreur). Je vais mettre ça sur le compte de la fatigue de la longue semaine que ces gens ont eue à couvrir les différentes épreuves. Ou des ordinateurs qui donnent de nmauvaises informations ?

Un petit mot en terminant sur la cérémonie de remise des médailles, qui s’est tenue durant la cérémonie de clôture. Je l’ai trouvée de très bon goût. Avez-vous vu le sourire timide et satisfait du gagnant ?  La fatigue dans les yeux des trois hommes ?  J’en suis encore ému.  Maudit qu’on est loin des sparages de Bolt et ses acolytes (désolé, fallait que j’en reparle…) !

Les sprinters et moi

Après les grosses émotions, retour à la « normalité »: la course, ce sport qui m’a semblé tellement superflu par moments hier et si essentiel aujourd’hui. Comme quoi notre point de vue sur un aspect de notre vie peut parfois changer diamétralement en l’espace de quelques heures…

Bon, tradition oblige, j’étais vissé au petit écran cet après-midi pour LE festival des sprinters: le relais 4 x 100 mètres. Je regarde les Jeux olympiques depuis mon adolescence et c’est le relais 4 x 100 mètres remporté par les Canadiens à Atlanta en 1996 qui m’a donné les plus grandes émotions au cours de ces années. Donavan Bailey qui traverse la ligne en joggant pour narguer les Américains, le silence dans le stade… Inoubliable.

Mais depuis que je cours, les sprinters et moi… Je ne sais pas si c’est l’influence de Foglia, mais tout comme lui, leurs sparages m’énervent. En fait, ils m’ÉNARVENT !!!  Ça me révolte (bon, le mot est peut-être un peu fort) que ces gars-là gagnent la même médaille que ceux qui s’étaient esquintés sur le 50 km marche quelques heures auparavant et ceux qui le feront demain sur le marathon. De les voir déconner avant, enlever leurs survêtements, faire leur petit 10 secondes, puis jouer à la rock star avec un tour d’honneur qui ne finit plus, pas capable. Et Usain Bolt qui fait la baboune parce que les officiels ne veulent pas lui laisser le témoin en souvenir, pauvre petit gars… Si vous étiez un peu fatigués après vos performances les gars, peut-être que vous auriez moins d’énergie à dépenser après pour faire des singeries !

Et pourtant, pas question de manquer ça. Dans le genre paradoxe…  Parce que pedant ces 37 secondes, on a eu droit à tout un spectacle. La puissance à l’état pur, le synchronisme parfait (en fait, il ne l’était même pas !) des Jamaicains, les Américains qui leur soufflaient dans le cou durant les 300 premiers mètres, Bolt qui s’envole littéralement dans la dernière ligne droite… Wow !  Tout ça sans oublier la joie puis le drame du Canada, bon troisième pendant quelques minutes, avant d’apprendre qu’il était disqualifié…

Pourquoi donc faut-il qu’ils enrobent le tout d’un sirop qui finit par être si sucré qu’il donne mal au coeur ?

Heureusement, les Jeux nous gardent toujours le meilleur pour le dessert: le marathon masculin qui sera couru demain. Un contingent de coureurs très très relevé, un parcours relativement facile, des conditions probablement propices à de belles performances (il faisait très froid dans le stade en soirée, alors il ne devrait pas faire trop chaud rendu au matin).

Une prédiction ?  Le Kenyan Abel Kirui, un habitué des grands rendez-vous. Il devrait descendre sous les 2h05, à moins qu’on se retrouve avec une course tactique, où tout peut arriver. Alors un outsider (donc pas kenyan ni éthiopien) pourrait se faufiler. Les Américains pourraient alors jouer les trouble-fête…

Les Canadiens ?  Il n’y en a pas un parmi nos trois représentants qui ne soit jamais descendu sous les 2h10, alors… Une place dans les 15 premiers serait une performance exceptionnelle. Peut-être Dylan Wykes…

En tout cas, je vais savoir quoi faire en déjeunant demain matin !  🙂

Ça va mieux

Ça a pris l’ORL de garde appelée en urgence. Par deux fois. Mais ils ont finalement réussi à arrêter l’hémorragie. Bon, il semblerait qu’ils ont utilisé le traitement-choc (c’est le cas de le dire: quand on dit que Barbara avait la jambe « groundée » lors de la manoeuvre), mais le sang a fini par arrêter de couler. Après 7 heures.

Donc, après une pas pire nuit à l’hôpital, nous sommes allés la chercher. Quel bonheur de la voir de bonne humeur, sans un criss de pansement/ballon/mèche dans le nez. J’avoue que j’ai eu peur, même si c’était un vulgaire saignement de nez. La vie est si fragile…

Comme nous sommes chez mes beaux-parents, je me suis permis d’aller ventiler un peu mon stress pendant que ma douce moitié dormait. C’est fou comme ce sport peut nous aider à passer toutes les émotions qu’on vit… Je compte reprendre le « service normal » au cours des prochains jours.

La tête ailleurs

Ce soir, retour de vacances. Le moment idéal pour raconter mes sorties dans le bas du fleuve ou ma lecture du formidable « Born to Run » (aucun rapport avec Springsteen). Sauf un léger détail: mon amour est à l’hôpital, sous observation pour la nuit.

Ce qu’elle a ?  Un vulgaire saignement de nez qui n’en finit plus de finir. Des heures que ça dure. Le médecin a essayé un « paquetage », puis un « ballon », mais rien ne semblait vouloir fonctionner. Ils essaient donc de contrôler le tout pour cette nuit et elle verra un ORL demain matin. Ou plus tôt, si la situation se détériorait. En attendant, je vais essayer de prendre un peu de sommeil et m’occuper de mon mieux de notre petit amour à quatre pattes tellement cher à ma douce moitié.

Vous me comprendrez donc d’avoir la tête ailleurs… Disons que mes sorties « tempo » un peu pénibles des derniers jours, je les ai assez loin merci. 

Merci à mes beaux-parents, Lise et Gaëtan, pour leur aide.  

Hallucinant…

Je regardais le 20 km marche des Jeux olympiques cet après-midi avec ma douce moitié et mes beaux-parents. Au-delà de la technique bizarre que ces athlètes doivent utiliser pour garder en permanence au moins un pied en contact avec le sol, je me suis attardé à leurs temps: c’est sidérant à quel point ils « marchent » vite !

Barbara a compris quand elle a vu le temps de passage au 10e kilomètre: 40:08. Oui, mon amour, à peine quelques secondes plus lent que mon « temps-canon » sur 10 km à Champfleury… Puis les marcheurs se sont mis à s’attaquer. Le gagnant a terminé en 1:18:46… par un temps chaud (vous avez vu le Russe tomber ?  Ça ressemblait drôlement à un coup de chaleur…). Au demi Scotia Bank, par une journée parfaite d’avril,  un pépère Fred en état de grâce était passé en 1h24 au kilomètre 20…

En « marchant », ils tiennent une cadence plus rapide que 4 minutes au kilomètre.

Hallucinant…

Une autre paire de manches

Encore une sortie « tempo » de 15 km à la chaleur aujourd’hui. Vraiment, mais vraiment rien à signaler là-dessus. À part qu’il fait aussi chaud dans les alentours de mon Victoriaville natal que dans mon 450 d’adoption.  Pas moyen de s’en sauver, cet été…

J’aimerais plutôt parler d’hier: je me suis pour ainsi dire auto-introduit au mont St-Hilaire. Premier contact assez brutal merci. Déjà dans le stationnement, je voyais que le mont St-Bruno, c’était de la petite bière: je devais virer la tête vers l’arrière pour voir le haut de la montagne et il me semblait que déjà, le petit sentier qui nous amène à l’accueil était un peu à pic à mon goût…

J’ai fait mes échauffements à l’auto, puis me suis dirigé audit accueil en marchant (routine d’avant-course habituelle pour moi). Énième coup d’oeil à la carte des sentiers, j’en sélectionne un qui semble commencer plus smooth que les autres (le Rocky rouge pour ceux qui connaissent). Non mais, si je veux faire 25 km là-dedans, vaut mieux ne pas y aller trop raide, hein ?

J’aperçois alors un gars qui a l’air assez hot merci. Jeune trentaine, bas de compression, petit Camelbak. Il semble être un habitué, je risque d’en manger toute une si je me frotte à lui. Ouin, je vais le laisser partir devant, question de ne pas me faire clencher. Mais c’est qu’il niaise, il niaise… Ho, il a l’air de faire la même affaire que moi. J’ai compris, je pars, espèce de chicken…

J’y vais vraiment progressif en passant par le lac Hertel où des gens font du yoga (le yoga, pas mal moins fatigant que courir, je devrais peut-être essayer…), puis finis par rejoindre mon sentier. Après 200-300 mètres, qui vois-je ?   Mon gars hot qui court devant moi. Je ne veux pas le rattraper, le dépasser, puis me faire coller au cul ensuite. Ok, j’arrête un bon 3 minutes pour lui laisser le champ libre puis repars. Le sentier est bien: large, un peu rocailleux avec quelques racines, mais tout à fait correct. C’est valonné au départ, ce que j’espérais.

Puis ça se met à monter. On marche. Message à mon ami de Guérette: t’avais raison, impossible de courir partout sur cette montagne-là, surtout quand il fait 30 degrés !  Pour faire changement, ça monte encore. Et encore. Je suis essouflé même quand je marche, bout de viarge !  Par pitié, faites que ce ne soit pas comme ça au Vermont !  Shit, même pas 3 kilomètres dans les pattes et je suis à bout de souffle. Je continue, alternant course et marche, travaillant à améliorer ma technique de montée. Et qui vois-je devant ?  Le gars pas si hot, finalement. Ok, je lui laisse encore du lousse. Rien à faire, je me retrouve encore sur ses talons alors que j’ai l’impression de ne pas avancer.

Dans une section tellement abrupte que j’ai presque besoin de mes mains pour monter, je décide de passer. Le gars me regarde, la langue sortie faisant comme s’il était complètement à bout. Il me fait le signe du pouce levé, me démontrant une certaine « admiration », si on peut dire. Pas pire le vieux, hein ?  Je lui lâche une niaiserie à propos de la montée, puis poursuis mon chemin. Je ne l’ai plus revu.

Après une éternité à monter, je jette un oeil à ma Garmin au moment où j’atteinds le quatrième kilomètre. 8:11 apparait. Ça m’a pris  plus de 8 minutes à faire un kilomètre !?!  Je pars à rire. C’est certainement un record !  Ça y est: une tortue et un escargot sont sur le point de me dépasser, je le sens !

J’arrive au sommet Rocky. Ouf, petite pause. Ho mais quelle vue on a !  Wow !!!  Ouin, je comprends pourquoi le monde vient ici… Mais bon, 5 km à la Garmin, on doit redescendre: on en a encore pour 20, non ?

Aille, decente très, très technique. La montée l’était aussi, mais ça dérange moins. Beaucoup de roche, des racines, pentes débiles, c’est vraiment quelque chose. Je me tourne une cheville, mais pas de dommage. Un peu plus loin, je trébuche sur une roche et réussis à reprendre mon équilibre à la dernière seconde. Ouf, s’il avait fallu que je plante… Pendant que mon cerveau est occupé à m’imaginer gisant par terre dans les roches, ensanglanté, mes jambes (mes quadriceps, surtout) poursuivent leur travail: m’amener en bas. Disons que je suis content d’avoir fait des descentes ailleurs avant de venir ici…

Une fois cette introduction à la Montagne passée, je suis parti vers un autre sommet, le Dieppe. Montée beaucoup plus progressive, sentier plus facile à pratiquer, presque un congé par rapport à l’autre. J’ai terminé le tout par deux boucles de 4.9 km du sentier mauve, que j’ai cru à tort être facile. Ha, il l’est… par rapport aux autres. Mais par rapport à St-Bruno ?  Définitivement une autre paire de manches !

En terminant ma deuxième boucle, j’ai croisé deux ados qui dévalaient un autre sentier à toute vitesse. Comme ils en faisaient moins long que moi, ils sont évidemment arrivés avant. Quand je suis arrivé, l’un d’eux m’a regardé avec un petit criss de sourire…  Ben oui, le jeune, j’ai 25 km dans le derrière, c’est normal que je sois complètement détrempé !  Mon côté mâle me poussait à lui lancer un défi pour lui enlever, son petit sourire fendant. Je m’imaginais lui pousser dans le derrière dans la montée, lui rappelant à chaque minute que son petit gras de bébé, ça devait être pesant transporter… Puis je me suis dit que j’étais justement en train de faire l’adolescent et l’ai laissé avec ses illusions.

Après être redevenu un adulte, je me suis rendu compte d’une chose: quand ils disent qu’ils sont une « réserve naturelle », ce n’est pas de la bullshit. Je cherchais un endroit pour m’étirer, genre du gazon à l’ombre et… je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas de gazon !  Quelques herbes qui poussaient ici et là, comme à l’état sauvage. Étant tout mouillé, je ne voulais pas m’installer sur le sol, alors j’ai enligné une vieille table de pique-nique. En bois naturel, pas traité.

Ouais, tout est « naturel » au mont St-Hilaire et j’avoue que j’aime ça. J’ai aussi adoré le contact avec les employés, autant le sympathique monsieur à la guérite que la gentille dame à l’accueil. Pas de place pour les chauffeurs de pick-up-air-bête, ici !

En fait, il n’y a qu’un seul inconvénient: les sentiers sont difficiles et je ne me vois pas me taper 50 km là-dedans. Ça me prendrait bien la journée !  Je le sais, c’est mon problème…

Voir le côté positif

J’avais à peine 200 mètres de parcourus. 217 en fait, selon ma Garmin. Je me suis arrêté et me suis mis à sacrer. Littéralement. Je maudissais cette foutue chaleur humide qui fait virer en torture sans nom des petites sorties de travail de vitesse qui seraient normalement bien agéables. Ça fait des semaines que ça dure, je suis écoeuré !  On a 2 ou 3 jours à 24-25, puis paf, des nuits à 20, des journées à 30, des humidex à 40. Pus capable !!!  Devrai-je prendre mes vacances en octobre à l’avenir, bout de sacrament ?

Puis je me suis dit que ça ne donnait strictement rien de chiâler contre la température, que je n’y pouvais rien de toute façon. Et si je n’étais pas content, j’avais juste à aller voir l’aviron à la télé (non, mais quels athlètes;  non mais, quel sport plate !!). Je suis donc reparti à courir dans le sauna, tentant de revoir à la baisse mes attentes du jour.

Ok, vraiment pas le temps de faire des intervalles. Courir des kilomètres sous les 3:50 par une telle température ?  Non merci. Et comble de malheur, le ciel avait l’air de vouloir se dégager. O-S-T-I-E !!!

J’ai décidé d’y aller au feeling. Après 2 kilomètres, je me suis retrouvé avec un vent de face. Ha, c’était mieux comme ça, plus rafraichissant. Je me suis dirigé vers le bord du fleuve, là où les pêcheurs vont, espérant que l’eau et les quelques arbres m’apportent un peu de fraîcheur. Chemin faisant, petit velours à mon égo tout à fait mâle: j’ai croisé une jolie joggeuse (trop jeune pour toi, pervers pépère, trop jeune pour toi…) qui a semblé porter une attention particulière à mes jambes. Ha ben, 6 ans d’entrainement, est-ce que ça commencerait à paraitre ?  😉  Oui mademoiselle, ce sont bien les miennes. Elles ont quelques varices, vous savez… Ha, comme les jambes de votre père ?

C’est ça qui arrive quand on court au gros soleil: le cerveau se met à virer de tous bords, tous côtés. Peut-être pour ça que Maryse me traite de mongol. Enfin…

Arrivé sur le chemin de terre, il faisait toujours aussi chaud. Je maudissais encore et toujours la température quand les paroles de mon beau-père me sont revenues en tête: il faut toujours voir le côté positif des choses. Ouin, bon, quoi de positif à cette chaleur de merde, voulez-vous bien me dire ?

J’ai essayé et j’ai trouvé (c’était facile, dans le fond): plus je cours par temps chaud, plus je vais m’y habituer. Et puis, jamais je n’aurais été capable de tenir cette cadence (j’étais à 4:11 de moyenne) par un tel temps au mois de juin… Je n’irai pas jusqu’à dire que ça m’a donné un boost, mais ça m’a apaisé les esprits. Je me suis mis à prendre la chose avec un grain de sel pour finalement me rendre compte… que j’allais plus vite !

Je me suis arrêté après 10 km pour flatter des boxers (les chiens, pas les gars qui se tapent dessus avec des gants rembourrés) et tordre mon t-shirt qui était trempé à lavette. Le soleil était maintenant bien présent et, par un phénomène que je trouvais très bizarre, il m’a semblé qu’il faisait moins chaud. Hein ?

Je suis reparti tout pimpant (bah, façon de parler), me disant que je n’avais plus que 5 km à faire. Je me suis même permis d’en faire deux de suite sous les 4 minutes. Ok, le vent dans le dos, mais quand même…

Bref, comme à peu près à chacune de mes sorties, j’ai encore appris. Il y a TOUJOURS du positif, peu importe la situation. Il faut avoir la sagesse et parfois l’humilité pour le voir. Dans une longue course, ça peut faire la différence entre la réussite et un DNF. À retenir.

Presque rassuré

Premier vrai jour de vacances. Parce que malgré la belle fin de semaine qu’on vient d’avoir, on ne peut pas vraiment dire qu’il s’agissait de vacances. C’était plutôt encore la fin de semaine… Et qu’est-ce que j’ai fait pour célébrer les début de ces vacances tant attendues ?  Ben voyons, je me suis tapé un 40 km à mon maintenant fétiche mont St-Bruno !  🙂

40 km, c’est un symbole. Pas parce que c’est presque un marathon, mais bien parce qu’il s’agit de la moitié de la distance que j’aurai à parcourir dans exactement deux mois. Et je l’avoue bien candidement: depuis deux semaines, je commençais à douter. Sérieusement.

Comme mes deux dernières longues sorties en sentiers s’étaient plutôt mal passées, je me suis mis à mer remettre en cause. Suis-je vraiment fait pour ça ?  Et si le marathon, c’était ma véritable limite ?  Pourquoi aller si loin, donc ?  Et si je me casse la gueule ? Pourquoi investir tant de temps pour se dépasser ainsi ?  Plein de doutes, plein d’interrogations qui se résument en peu de mots: pourquoi et en suis-je capable ?  Si je sors vidé de sorties de 33 et de 36 km, de quoi vais-je avoir l’air le jour où je devrai en faire 80 ?  J’avais beau dire qu’il faisait chaud, mais la chaleur, il va bien falloir que je vive avec s’il y en a le jour de la course…

Il y avait toutefois un élément qui manquait à mon entrainement: la marche. On dit généralement qu’il faut apprendre à marcher avant d’apprendre à courir. Dans mon cas, c’était l’inverse: il me fallait apprendre à marcher maintenant que j’étais un bon coureur. Malgré ce que je le lisais partout, je ne pouvais me faire à l’idée qu’il fallait que je marche. Pour moi, une course, c’était courir, point. Si on court un marathon, on peut courir un ultra, non ?

Hé bien, pour les pauvres mortels, ça a l’air que non. Je me suis donc résigné et aujourd’hui, mon idée était faite: j’allais marcher les montées. Si ça ne fonctionnait pas, j’étais pas mal à bout de solutions. Mais, sans jeu de mot poche, je dois l’avouer: ça marche !!!  40 km parcourus à une cadence moyenne plus lente de… 1 seconde au kilomètre que la semaine dernière. Et plein d’énergie pour continuer à l’arrivée, avec en prime la confiance revenue à son top après les trois derniers jours de course. La vitesse de pointe est encore là, l’endurance monte tranquillement, les habiletés en montagnes aussi. J’ai déjà hâte à la semaine prochaine… 🙂

Je ne peux toutefois passer sous silence ma rencontre-éclair avec ma tête à claques préférée: le bon chauffeur du pick-up zélé. Je ne sais pas s’il m’a reconnu, mais moi si. J’ai compris pourquoi il m’avait tant fait ch…: il a vraiment, mais vraiment, une face à taper dedans. Air bête de mes deux… Il était dans un sentier, un cellulaire à l’oreille, faisant semblant de superviser un employé qui coupait un arbre à la scie à chaine. Du con, tu fais quoi avec un cellulaire quand il y a un tel vacarme ?!?   Il m’a jeté un regard un peu hautain, agrémenté d’un soupçon de mépris, pas foutu de se déplacer d’un quart de poil pour me laisser passer. Pis le zélé, encore sur le power trip ? Oui, je sais, j’en ai vu des choses en 5 secondes. J’ai peut-être un peu trop d’imagination. Mais que voulez-vous, il m’est totalement antipathique. Il y a du monde de même…