Une goutte d’eau dans l’océan des soucis de Lance Armstrong

Petite nouvelle sur laquelle je suis tombé hier: Lance Armstrong risque de se faire déclasser de sa 497e place obtenue au marathon de Boston en 2008. Dans la même lignée, il risque également de « perdre » ses classements au marathon de New York.

Pour ceux qui ne le savaient pas, Armstrong a couru 3 marathons durant sa première retraite sportive: New York en 2006 et 2007, puis Boston en 2008. Quant à moi, bien que je comprenne le symbolisme associé au geste, lui retirer ces résultats tient du ridicule. Il est assez évident pour moi qu’il a couru ces courses sans drogue. Quiconque lui a vu la tête après ses premier et deuxième marathons admettra que ça n’a rien à voir avec l’homme qui finissait une étape de montagne du Tour de France sans avoir ouvert la bouche une seule fois de la journée pour chercher son air…. On parle ici de quelqu’un doté de qualités physiques hors du commun, doué à la base pour les sports d’endurance. Pourtant, ses temps ont varié entre 2h46 et 2h59. Si je suis capable de descendre sous 3h12 à 42 ans, je trouve même étonnant qu’Armstrong n’ait pas fait mieux alors qu’il était quelques années plus jeune. Donc, pour moi, il est inconcevable qu’il se soit dopé pour ces épreuves.

Pour le reste, disons que j’ai une opinion plutôt nuancée sur le sujet. Comme ma tendre épouse l’a si bien souligné, ceux qui le lâchent aujourd’hui jouent les vierges offensées, mais n’allez pas me faire croire qu’ils le pensaient blanc comme neige. Tous les cyclistes de haut niveau de cette époque auraient été des dopés (la plupart se sont faits prendre), mais pas lui, le meilleur de tous ?  Ben voyons donc !  Aurait-il gagné quand même dans un monde idéal sans drogue ?  On ne le saura jamais…

Pour ma part, c’est avec une certaine appréhension que j’ai repris la course ce matin. J’avais décidé depuis quelques jours que mon « retour » allait se faire graduellement. Bien évidemment, promesse d’ivrogne: après un premier kilomètre en 4:20, mes jambes bien reposées ont compensé pour le reste de mon corps pas totalement remis de sa semaine: le 10 premiers kilomètres en 41:07, moyenne globale de 4:08/km sur 15 km faits sur chemin de terre en grande partie. J’ai toutefois fait quelques arrêts en chemin (petit chien-chien à flatter, pont des écluses levé), mais je suis plus que rassuré. La forme est toujours là et le système digestif s’est tenu tranquille. Je devrais être bon pour accompagner mes vieux chums demain.

Aux dernières nouvelles, Sylvain est super-motivé, au top du top. Je sens qu’on ne sera pas trop de deux pour le retenir au départ !  🙂  Il parle d’une cadence moyenne entre 5:00 et 5:10 au kilomètre, ce qui donnerait entre 1h45 et 1h49 comme temps à l’arrivée.

Prédiction: je vais être plus pessimiste un petit peu: 1h52. Mais je peux fort bien me tromper (je l’espère, d’ailleurs), je ne l’ai pas encore vu à l’oeuvre…

Une simple lettre

Pour les golfeurs professionnels, le signal qu’ils font partie de la crème de leur profession, c’est une invitation au Masters. Le fameux Masters, pour lequel il faut se qualifier si on veut y participer. Et il semblerait que ladite invitation est très sobre: une lettre toute simple insérée dans une enveloppe bien ordinaire avec le logo du Augusta National, le tout arrivant par la poste.

Cette semaine, en revenant du boulot, une enveloppe tout aussi simple m’attendait sagement sur le bureau de l’entrée. Intrigué par le logo qui ne me disait strictement rien à première vue, je m’en suis emparé: c’était la Boston Athletic Association. En moins de deux, j’avais un couteau à la main et ouvrais le précieux envoi. À l’intérieur, un simple carton. Au recto, une image du marathon de Boston avec la mention « Confirmation of Acceptance » en-dessous. Au verso, dans la colonne de gauche, mes coordonnées, avec mon temps de qualification et mon âge le jour de la course (je sais que je vais avoir 43 ans, pas besoin de me le rappeler !). Dans la colonne de droite, les dates importantes à se rappeler. Et c’est tout.

Voilà, 6 ans de travail, de plaisir, d’espoirs, de souffrances, de joies, de déceptions. Des hectolitres d’eau et de Gatorade engloutis, des chaussures qui emplissent le sous-sol, des vêtements qui embêtent conjointe et collègues. Des heures et des heures à s’entrainer. Des intervalles, des longues sorties, des courses préparatoires, 8 marathons. Et tout se ça résume sur un petit carton portant la mention: 3:11:44.

Je crois que je vais le faire laminer…

😉

La même question qui revient à chaque fois: et maintenant quoi ?

Plus de deux semaines après la course, on peut dire que la poussière (ou plutôt, la boue) est maintenant retombée. Le high qu’on vit après chaque grande épreuve est chose du passé, mais heureusement, il n’a pas laissé sa place à un down. Après cinq jours à éviter mes souliers de course (je suis tout de même allé travailler à vélo trois fois durant cette semaine-là), j’ai repris du service le samedi suivant. On peut dire que la récupération n’était pas terminée: après 10 km, pus capable. Vraiment plus rien dans les jambes, plus de punch, plus de jus. Comme j’ai la tête très dure (j’en avais déjà parlé ? ;-)) et que j’avais décidé de faire 15 km ce matin-là,  je me suis traîné sur les 5 derniers.

Deux jours plus tard, dans l’air pur et les chemins de terre de la campagne du coin où habitent mes parents, j’ai fait un 25 km « relaxe », accompagné dans ma promenade par un très affectueux golden retriever rencontré en chemin. J’ai même dû défendre ledit toutou des autres chiens à quelques reprises, aussi bizarre que ça puisse paraître. Mais pour le reste, c’était un pur bonheur. L’air frais, les doux rayons du soleil sur mon visage, le seul bruit que j’entendais étant celui de mes pas sur le sol. À un moment donné, mon compagnon s’est lancé à corps perdu dans un champ. Il était beau à voir aller, il avait l’air tout simplement… heureux.

À mon retour, ma mère semblait étonnée que je sois parti si longtemps. Il y a deux raisons à ça. La première, la plus importante, est que j’adore courir, particulièrement en campagne. Je revivais la semaine précédente, en « plus petit ». La deuxième raison est mon dernier objectif de l’année et pour lequel je devais commencer ma préparation: Philadelphie.

Philadelphie, la marathon auquel je me suis inscrit avant même de décider que je ferais le Vermont 50. L’an passé, je m’étais pris trop tard et m’étais rivé le nez sur des inscriptions sold-out.  Cette année, je me suis pris d’avance. Mon but initial était évidemment de me donner une deuxième chance pour me qualifier pour Boston, le parcours de ce marathon étant réputé relativement facile. Mais bon, maintenant que je suis qualifié et que je n’aurai probablement pas totalement récupéré dans un mois, à quoi m’attendre ?

Bof, j’avoue que ça ne me dérange pas trop. J’ai fait quelques intervalles au cours des derniers jours et je sens que je suis moins rapide qu’avant Ottawa. Côté endurance, ça ne m’inquiète pas trop, par contre !  🙂  Alors que va-t-il arriver le 18 novembre ?  Hé bien, je planifie un beau marathon touristique: je vais faire de mon mieux, mais vais m’arranger pour être en mesure de me déplacer le lendemain, car nous avons prévu visiter la ville après la course. Donc, pas le moment d’essayer de faire une grande performance. Je vais me préparer adéquatement d’ici là sans m’attendre vraiment à des miracles. Une autre qualification pour Boston serait un beau bonus, quoi que je n’ai pas l’intention d’y aller plus d’une fois de toute façon (Philadelphie me permettrait de me qualifier pour Boston 2014).

Car j’ai d’autres ambitions. Dans les heures qui ont suivi le Vermont 50, Barbara était tellement enthousiaste qu’elle s’est mise à parler du Vermont 100. 100 milles à pied… Un peu fou, hein ?

Petite anecdote à ce sujet. Le soir du Vermont 50, j’ai rejoint mes parents par Skype. Entendant Barbara crier derrière moi qu’elle aurait besoin de l’aide de mon père pour le Vermont 100, ma mère s’est empressée de m’interdire sur le champ de faire un 100 milles un jour. Pendant ce temps, mon père, qui se tenait derrière elle, me faisait oui de la tête, le pouce levé, me disant que j’étais capable. J’ai trouvé ça assez comique merci !

Mais bon, un 100 milles, tout comme un 50, ça ne se fait pas comme ça, en criant ciseaux. D’ailleurs, ce n’est pas dans mes plans immédiats parce que le « budget voyages-courses » est déjà pas mal entamé pour l’an prochain. Car à part le marathon de Boston, j’ai aussi celui de New York de prévu. En effet, comme j’ai été refusé trois années consécutives à la loterie, je serais théoriquement supposé être admis pour l’an prochain. Or, comme je voudrais absolument faire un 50 milles lors du printemps précédant le Vermont 100 (qui se court en juillet) et que les 50 milles, il n’y en a qu’aux USA, ça commencerait à faire pas mal de dépenses. Surtout que ça s’enligne pour être assez dispendieux pour Boston (tant  qu’à y aller) et New York, c’est tout de même New York… Si en plus je ne suis pas capable de me passer de « mon » Vermont 50…

Bref, l’objectif est plutôt 2014 pour le 100 milles. L’an prochain, en plus des trois courses déjà citées, j’aimerais bien faire l’Ultimate XC de St-Donat. C’est le seul ultra en sentiers qui s’organise chez nous, je ne peux presque pas le rater, n’est-ce pas ?  🙂

À très court terme maintenant.  Dans seulement 10 jours, ce sera le demi-marathon dans le cadre du marathon de Magog. J’ai très hâte parce que ce sera la première compétition de Sylvain, mon ami d’enfance. Et quand je dis « enfance », je parle quand nous étions très jeunes: nous sommes entrés à la maternelle ensemble !

Sylvain, le premier à gauche; Fred, le troisième
Photo prise… en septembre 1975 !

Un autre ami de très longue date, Louis, nous accompagnera. Le but est de faire la course les trois chums ensemble, mon rôle étant probablement le plus beau qu’un coureur puisse jouer: le pacer. J’avais adoré faire la même chose pour Maryse lors de son premier 20 km au lac Brome l’an passé, même si je me sentais bigrement inutile par bouts. Mais à voir sa réaction et la gratitude qu’elle avait eue pour moi après la course, je pense avoir servi un peu à quelque chose. Alors si je peux aider mon vieux chum à réussir son défi, rien ne me fera plus plaisir.

Bref, je pense que je n’ai pas fini de courir… 🙂

Ha ta boy !!!

Comme j’étais pour fermer mon ordinateur, je suis allé voir mes courriels et j’avais reçu LA grande nouvelle: je suis officiellement accepté pour le marathon de Boston !!!  Ainsi donc, le 15 avril prochain, j’aurai la chance de réaliser le rêve que je caressais depuis que j’ai commencé à courir. Ça me semblait si loin, si impossible à ce moment là…  Hé bien, à force de patience et de travail, j’y suis parvenu.

Heureusement que mon « carême » d’alcool en vue du Vermont 50 ne commence que demain !  😉

(Hé là, n’allez pas croire que je suis un soûlon, quand même !)

Journée « la tête ailleurs »

Au moment d’écrire ces lignes, mes « collègues marathoniens » sont encore à se mesurer au nouveau parcours du marathon de Montréal. Il fait beau et frais, température idéale pour performer… s’il ne ventait pas à ce point !  Disons que le bout sur St-Joseph, entre Pie IX et le parc Lafontaine, doit être assez pénible merci…

Pour moi, c’était la dernière sortie en sentiers au mont St-Bruno aujourd’hui. Un petit 20 km que j’ai évidemment fait trop rapidement. Rien à signaler, à part une section de MON sentier des Lacs qui était fermé à cause d’une chouette rayée qui s’amuse à attaquer les passants, « particulièrement les coureurs comme vous » m’a précisé un gentil préposé (ça devait être parce qu’il conduisait un cart et non un pickup).

Mes pensées de coureur étaient définitivement ailleurs ce matin. À part à Montréal (évidemment), elles étaient en partie à Virgil Crest, où mon « modèle » dans le monde de la course en sentiers, Patrice Godin, a dû s’arrêter à la mi-course hier en fin de journée. J’ai hâte de savoir pourquoi, en espérant qu’il ne soit pas blessé.  Je pensais aussi à Boston, aux nouvelles que je devrais recevoir demain à ce sujet. Et finalement, je songeais à toute la logistique entourant la fin de semaine prochaine. Comme la météo est incertaine, nous devrons tout prévoir côté vêtements et ça risque de prendre pas mal de place. Et quand on est nouveau dans quelque chose, on en traine toujours plus que nécessaire…

Bref, les kilomètres ont passé sans que je m’en rende vraiment compte. L’idéal serait que ce soit encore comme ça la semaine prochaine !  🙂

Boston: ça ne dépend plus de moi

Voilà, je n’y peux plus rien. Après avoir fait sous le standard pour un homme de mon âge, je suis maintenant « enregistré » pour le marathon de Boston, l’Everest du marathonien moyen. Ça ne veut toutefois pas dire que je suis inscrit. Je devrai attendre une grosse semaine avant de savoir…

Hé oui. Ça a commencé lundi dernier, quand les chanceux qui ont battu les standards de 20 minutes ou mieux pouvaient s’inscrire. Comme il restait de la place rendu mercredi, c’était au tour de ceux qui avaient fait 10 minutes ou mieux d’avoir la priorité. Et vendredi, c’était au tour des 5 minutes et mieux. Comme il reste de la place, depuis ce matin, tous ceux qui ont fait mieux que les standards ont toute la semaine pour « s’enregister ». À la fin de la semaine, si le nombre d’enregistrements dépasse le maximum de participants prévus, les organisateurs vont faire une sélection en fonction des performances dans chaque catégorie. Simple non ?

Ainsi donc, l’an passé, avec un standard fixé à 3:20:59, mon 3:20:07 de Mississauga m’avait permis de m’enregistrer, mais pas d’accéder à la course. En effet, pour les hommes de 40-44 ans, le temps maximum accepté avait été de 3:18:46. Doh !

Cette année, avec un standard resserré à 3:15:00, j’espère être correct avec mon 3:11:44 d’Ottawa.

Je croise les doigts, c’est tout ce que je peux faire maintenant…