New York, New York !

Je ne sais pas pourquoi, mais quand on pense au Big Apple, le classique de Sinatra n’est jamais bien loin dans nos pensées. C’est comme si on était incapable de dire le nom de la ville une seule fois, on se sent obligé de le répéter. D’ailleurs, je me suis toujours demandé si le deuxième « New York » de la chanson était là pour désigner l’état où se situe la ville ou si c’était une répétition. Je sais, je me pose de drôles de questions…

Le pire, c’est que j’ai failli détruire le courriel, croyant tout d’abord que c’était une pub. Puis je me suis ravisé: les New York Road Runners ne sont-ils pas les organisateurs du Marathon de New York ?  Peut-être allais-je enfin savoir quel sort me serait réservé…

Hé bien oui, ils se sont finalement décidés: parmi ceux qui auront une entrée garantie pour le dernier Marathon Major de l’année, il y aura ceux comme moi qui se sont vus refuser l’accès trois années de suite à la loterie.

J’avoue être très agréablement surpris. J’étais certain que nous serions les agneaux sacrifiés qui passeraient au couperet. Mais non, ce sont plutôt les malchanceux qui se sont qualifiés en atteignant les standards qui ont écopé. En effet, ces derniers auront seulement 2000 places qui leur seront réservées et c’est par le biais d’une (autre) loterie que les « heureux gagnants » seront choisis.  Je serais probablement un peu frustré si j’étais à leur place, les standards étant très sévères, beaucoup plus qu’à Boston. Alors devoir passer par une loterie… Mais bon, ainsi va la vie.

Pourquoi suis-je si emballé à l’idée de courir ce marathon ?  Parce que ma douce et moi adorons New York. Quand on s’y promène, on a l’impression qu’elle est une entité bien vivante, qu’on fait partie de quelque chose d’unique. Et c’est très rare qu’on ressent ça. J’ai eu la chance de voir Tokyo, Pékin, Philadelphie et aucune de ces cités ne peut s’approcher de New York en ce sens. Il y a seulement à Paris où j’ai ressenti la même chose. C’est très particulier comme sensation, genre de chose qui ne m’arrivera jamais à Montréal ou Toronto…

Côté course (car il faudra bien que je coure aussi !), je me suis rendu compte d’un léger détail: je vais me taper deux ultras et un marathon en moins de deux mois. Oups. Je ne suis qu’un être humain, c’est peut-être un peu trop pour moi… Donc, vraiment pas le timing pour s’attendre à une performance spectaculaire. Bah, ce sera un beau marathon touristique avec le départ sur Staten Island, la traversée du Verrazano-Narrows Bridge (c’est l’image qui sert d’en-tête à ce blogue), les rues de Brooklyn, du Queens, de Harlem et l’arrivée dans Central Park.

Disons que ça va me faire différent du marathon de Magog avec lequel j’envisageais terminer ma saison…  🙂

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Bien des points positifs et quelques suggestions

Vu que ça en est rendu une habitude, pourquoi pas un petit tour d’horizon sur ma dernière course, le tout jeune Marathon de Magog ?

Comme j’en ai glissé un mot dans mon dernier article, je dois avouer que j’ai été agréablement surpris par la qualité de l’organisation de l’événement. Si on veut comparer avec une épreuve du même genre, les organisateurs n’ont rien à envier à ceux du Tour du Lac Brome.

Originalement, je craignais un embouteillage pour les stationnements et un service de navettes ne suffisant pas à la tâche. Mes craintes ne se sont pas concrétisées. Aussi, comme le parcours empruntait des routes ouvertes à la circulation, on aurait pu avoir des problèmes de ce côté également. Hé bien non, je me dois de souligner l’excellent travail des policiers affectés au contrôle de la circulation automobile. Ils donnaient toujours la priorité aux coureurs et jamais nous n’avons été embêtés par des conducteurs impatients ou tout simplement inconscients.

Autre signal « pouce levé »: les points d’eau. Ils étaient très nombreux et les bénévoles qui y étaient affectés accomplissaient leurs tâches avec un bel enthousiasme. L’idée d’offrir des bretzels était aussi excellente (surtout pour un gars comme moi qui avais déjeuné pas mal de temps avant le départ !). Par contre, l’eau et le « Gatorade » (il était transparent, pas certain que c’était vraiment du Gatorade…) étaient servis dans des petits verres en plastique. Côté environnemental, ce n’est déjà pas un bon point. Mais en plus, boire dans un verre en plastique tout en courant, c’est très difficile. Des verres en carton, s’il-vous-plait.

En ce qui concerne les toilettes, Maggie qui était sur place et que je n’ai malheureusement pas rencontrée, a trouvé qu’il en manquait. Quant à moi, il m’a semblé y en avoir en très bonne quantité, encore plus qu’à ma dernière participation au Marathon de Montréal. De toute façon, j’en appelle ici à la galanterie de mes congénères de sexe masculin: quand il y a un boisé tout proche, laissez donc les toilettes aux dames…

Mais que dire du paysage ?  Magnifique. Vraiment le plus beau que j’ai connu pour une course sur route. Et de loin.

Bon, après les fleurs, le pot…  Mais non, des suggestions je dirais. La première, c’est le chronométrage. Il était carrément déficient. Toute course qui se respecte a au moins une horloge. De plus, tous les concurrents ont été crédités du même « temps de départ », soit l’heure supposément précise à laquelle le départ a été donné. C’est un peu ridicule. Pour le demi, nous étions environ 1000 et certaines personnes ont croisé la ligne de départ un bon 3-4 minutes après les premiers. C’est injuste pour eles. Une association avec une compagnie de chronométrage reconnue comme SportStats est un must à mon humble avis. D’ailleurs, il n’est pas normal que dans le monde dans lequel on vit, les participants doivent attendre jusqu’au mercredi suivant l’épreuve pour avoir les résultats en ligne.

Autre point à améliorer: le dépôt de sacs. Avant le départ, la file pour ceux qui désiraient laisser quelques effets personnels « en consigne » était démesurément longue. Dans les minutes précédant une course, la dernière chose qu’on veut, c’est se stresser à savoir si on va manquer le départ. Assigner plus de bénévoles à cette tâche serait apprécié.

Dernier point: refaire le profil du parours tel que présenté sur le site web. Il n’était vraiment pas représentatif du relief auquel les coureurs étaient confrontés. En fait, jusqu’aux kilomètres 7-8, je dirais qu’il est exact, mais après ça…  Ainsi, sur le relief présenté, il est montré que le parcours s’élève régulièrement du 8e jusqu’au 11e kilomètre, puis est généralement descendant pour les 6 kilomètres suivants. Or, ce n’était pas du tout le cas, les descentes et les montées se succédant de façon assez régulière dans cette section. Sylvain, qui avait étudié ce relief, a été un peu découragé de constater une fois rendu sur place que ce n’était pas ce qu’il s’attendait à voir…

Ha oui, j’oubliais… Cette épreuve se targue d’être le demi-marathon le plus difficile au Québec. Léger bémol ici… Je ne connais pas les autres courses sur route, mais je sais pertinemment qu’il y a des demi-marathons plus difficiles. Je parle entre autres des XC trails de Sutton et Orford, l’Ultimate XC kmag de St-Donat et du XC de la Vallée qui présentent tous des demi-marathons qui ne devrainet même pas être cités dans la même phrase que celui de Magog. Même pas proche d’être proche au niveau difficulté. Mais bon, ce n’est pas de la route, alors…

Ceci dit, le Marathon de Magog est une belle épreuve que je recommanderais à tous, autant aux coureurs avancés qu’aux débutants… s’ils n’ont pas dans l’idée de battre des records !

Le point de vue du principal intéressé

J’avais un courriel de mon ami Sylvain ce matin. Je crois qu’il a vraiment aimé son expérience !  🙂   Il m’a envoyé l’histoire de sa première course et je trouvais ça vraiment trop bon pour ne pas la publier. Alors pour la première fois, un texte du « Dernier kilomètre » ne sera pas signé par moi, mais par mon grand ami Sylvain Hamel. Toutes mes félicitations encore une fois !  🙂

 

Je connais Fred depuis que nous sommes tout petits, vous l’avez vu, c’est moi le Sylvain dont il parle parfois. La première fois que je l’ai rencontré, c’était avant la maternelle, il jouait au hockey avec un autre de nos copains et j’ai nommé Stéphane Audet. La fameuse rivalité Montréal vs Québec, on habitait à quelque part entre les deux (Victoriaville) donc c’était facile de se trouver quelqu’un à narguer quand son équipe gagnait.

Nous avons toujours été de nature sportive sans pour autant se spécialiser dans rien en particulier. J’ai bien tenté l’haltérophilie un certain temps et je passais mes fins de semaine au centre de ski alpin de Warwick, ce qui me donnait de bonnes cuisses. D’où mon surnom « HAM ». Certains croyaient que c’était le diminutif de mon nom de famille qui est Hamel.

Je n’avais pas la fibre très endurante, mon sport consistait à donner tout ce que j’ai l’instant d’une seconde ou deux et me retirer. Mes amis ont tenté de me faire sortir à vélo à quelques reprises et par un moment d’insouciance, j’ai accepté de les suivre au chalet de mes parents. Ce fut mon premiers calvaire, pas d’entrainement, avec un vélo de montagne lourd et l’esprit d’un sprinter…

Les années passèrent, on s’est un peu perdus de vue… La famille, le travail, on a rejoint nos villes de hockey respectives, moi à Québec et Fred près de Montréal. La trentaine s’installe, les enfants apparaissent et qui dit grossesse, dit grossesse sympathique. La séparation qui a suivi m’a bien aidé à perdre du poids mais ce ne fut que partie remise. Je fais 5 pieds10 pouces et à mon plus fort j’ai atteint les 220 lbs. Notre première retrouvaille de jeunesse laissait mes amis surpris car ils m’ont connu faisant partie de la classe des 62.5 Kg en haltérophilie soit 137 lbs (avec de bonnes cuisses, vous vous souvenez « HAM », il ne restait rien au-dessus de la ceinture).

J’ai eu la chance de rencontrer ma copine actuelle, Marie-Josée et bien qu’elle porte le même nom que moi, nous ne sommes pas mariés. Elle m’apprit à mieux m’alimenter, facile direz-vous, on ne devient pas ankylosé à bien manger. Y avait place à amélioration et j’en ai profité pour me redonner une nouvelle silhouette durant l’hiver 2011. Mon nouveau poids santé 175 lbs !!

Ceux qui avaient été surpris de me voir à la première retrouvaille, l’ont été tout autant cette fois-ci. C’est là que l’histoire commence, Fred me lance « Tu serais capable de faire un demi-marathon avec la shape que tu as ». La graine était semée, il ne restait qu’à l’arrosr. Julie, une amie, s’en charge adéquatement et je dirais qu’elle y a même mis de l’engrais. Elle ajoute « T’es pas game… ». C’est vrai que j’aime les défis mais ce n’est pas l’histoire d’une demi-journée d’efforts celui-là. Je l’ai relevé comme par orgueil mais ma motivation profonde était le dépassement de soi. Je n’avais pas encore idée dans quoi je m’embarquais.

Début mars, je m’installe sur un tapis roulant pour voir ce que ça dit… Je garde le silence car je ne me suis pas encore officiellement engagé. Le 12 mars 2012, je fais mes emplettes de course, 250 $ pour une paire de souliers adaptés à mes pieds, un t-shirt, un cuissard et des bas (1.99 $ application Nike + pour suivre mes performances sur iPhone). À partir d’ici, il faut cesser de prendre des notes, c’est à proscrire. Première sortie officielle 6 km @ 5’ 18’’ /km, je sais je ne respecte pas les règles (faire des intervalles de courses et de marches, ne pas excéder 10% de croissance hebdomadaire, …). Je me laisse emporter facilement !

Au troisième jour j’étais à 9.5 km, 2 semaines de plus et j’étais à 12.3 km et à ma douzième sortie je tente une montée (faux plat) de 7.5 km qui devait m’amener à faire mon 15 km. Déception, à mi-parcours, je décide de faire des étirements puisque mes mollets sont très crispés et voilà que je me mets à courir comme Terry Fox. La douleur m’empêche de courir, je marche un peu et je réessaie, même résultat. Je laisse passer une semaine et comme la douleur est partie, je reprends la course. C’est officiel, le 16 avril je dois prendre rendez-vous chez un physiothérapeute: j’ai une petite déchirure du mollet gauche. Je suis en arrêt jusqu’au 12 mai et cette fois-ci le retour doit être progressif. J’ai consolidé mon mollet par le vélo (moins d’impact direct et il se fait solliciter quand même).

L’entrainement se fait dans le vieux Québec, parfois sur promenade Champlain sans dénivelé et parfois près du château Frontenac en passant par les 400 marches. Un des plaisirs de la course à pied c’est bien les paysages, il faut en profiter. Ma plus longue sortie est de 16.6 km @ 5’ 02’’ /km sur Champlain. Je suis prêt avec mes 47 sorties depuis le début de l’été (330 km) et je vise trois objectifs, terminer la course, faire moins de 5’ 10’’ /km et faire moins de 5’ 00’’ /km. Je suis loin de me douter que le dénivelé est comme ça à Magog.

Louis, Fred et moi entamons ce demi-marathon, trois copains de longue date. Pour eux, passer le fil d’arrivé avec moi est l’unique objectif. Comme d’habitude, je pars trop vite, Fred m’en informe et Louis garde ses distances. Il faut dire que Louis s’est blessé au mollet une semaine avant la course et il a choisi de ne pas courir dans la dernière semaine afin de se ménager son mollet. Il craint les descentes mais il est plus vite que moi dans les montées et il a tôt fait de nous rattraper. Il en profite donc pour prendre de l’avance et nous attendre plus loin.

Je fais donc ma course avec Fred, il semble s’amuser autour de moi comme une abeille. Après un certain temps j’entre dans ma bulle car l’effort est de plus en plus irritant. Il trouve que je ne profite pas assez du paysage, faut dire qu’il n’est pas habitué de courir avec tant de filles autour de lui, moi j’ai peine à les voir. Pour Fred, c’est une balade dans le parc. Il refuse les bretzels au kiosque et 100 mètres plus loin, il change d’idée puis vient me rejoindre sans que ça paraisse. C’est la même chose pour aller se soulager dans les bois ou attacher ses lacets. Il est même parti à la course, dans une montée, pour rattraper un concurrent qui nous avait dit de se tasser sur le bord pour marcher. Susceptible, la chèvre des montagnes !! 😉

Chaque montée me rentre dedans et alourdit mes souliers. Le seul point positif, c’est qu’il y en a une de moins à faire à chaque fois. Je suis passé de : mal de hanche qui m’a quitté au deuxième km pour faire place à une crampe abdominale qui a fait place au reflux gastrique et qui s’est transformé en flatulences. Ça me rappelle que j’étais bien dans la piscine de l’hôtel la veille.

Bien que le trajet de 21.1 km est pour moi un exploit, le vrai mérite est dans toutes ses sorties qui ont précédé malgré les conditions météorologiques, la blessure et l’envie de se reposer. J’ai aussi découvert que lorsque je sors pour courir, mes jambes en ont envie, c’est comme un appel au défoulement. L’entrainement est complet, autant pour le mental que le physique.

Je n’ai pas fait un exploit extraordinaire, plusieurs avant moi l’ont fait et même plus. Toutefois, si vous croyez que ce n’est pas à votre portée parce que vous avez un excès de poids et que vous n’êtes plus en forme comme avant, c’est le temps de vous lancer un défi et pratiquer votre persévérance, vous n’en serez que mieux à tous les niveaux. Il existe des 5 km et des 10 km aussi.

Amusez-vous bien !!

Merci à mes supporters Marie-Pierre, Audrey, Marie-Josée et Jonathan

Merci à mes grands amis de toujours Fred et Louis

Sylvain

Marathon de Magog: une bien belle journée

Octobre 2007. Suite à des contacts initiés un peu par hasard, 5 grands chums du secondaire, dont moi, se retrouvent pour une journée entre gars. Parmi eux, mon ami d’enfance Sylvain que je n’ai pas vu depuis presque 10 ans. Il n’a pas changé d’un poil sauf… son tour de taille. Il dépasse maintenant les 200 livres et sa forme physique laisse à désirer… Ça fait bizarre de le voir gras, lui qui était aussi mince que moi dans le temps.

Octobre 2012. Cinq années ont passé et les grands chums se voient maintenant assez régulièrement. Aujourd’hui le 28, journée spéciale: Sylvain, qui est peut-être dans la meilleure forme de sa vie, en est à sa premère course officielle. Il fera le demi-marathon dans le cadre du Marathon de Magog. Pour l’occasion, Louis et moi l’accompagnerons.

L’arrivée sur le site se fait rondement. Le stationnement est spacieux et le service de navettes est efficace. Sur les lieux, nous rencontrons  Christian, un collègue de travail à moi. L’ambiance est relaxe, la température, parfaite: frais et vent nul. Louis, nouvellement papa, n’est pas tellement confiant: il s’est blessé en s’entrainant et lors des deux autres courses qu’il a faites par le passé, la même blessure l’avait ralenti. Et comme on dit, jamais deux sans trois…

Guylaine, une amie de Louis qui fêtera ses 40 ans demain se joint à nous pour un petit brin de jasette. Elle aussi fera le demi et si je comprends bien, ce sera aussi une première pour elle. Le monde de la course accueille des adeptes à chaque jour, on dirait !  🙂

C’est la première fois qu’une telle épreuve est organisée ici et je dois dire que c’est plutôt réussi. Une tente pour le dépôt de sacs, une tente pour la remise de dossards, beaucoup de toilettes. De plus, il semblerait que les douches de l’école juste à côté seront disponibles après la course. Oui, vraiment bien pour une première.

Les trois amigos (Fred, Louis et Sylvain) avec Guylaine avant le départ

Après une certaine attente, nous nous dirigeons vers le lieu de notre départ, qui est situé dans la rue, pas très loin. Mais avant nous, ce seront les marathoniens qui s’élanceront. Comme il était spécifié à l’origine que le marathon consistait en deux fois le parcours du demi et que les deux courses partaient en même temps, j’avais envisagé de faire un premier demi avec Sylvain, puis d’en faire un deuxième seul. Heureusement que j’ai changé d’idée, car non seulement le départ n’est plus en même temps, mais les parcours diffèrent également légèrement. Aussi bien dire que je n’aurais pas vu mes chums de la journée.

Départ du marathon. J’aperçois les coureurs qui s’approchent et qui vois-je aux avant-postes ?  Sébatien Roulier, celui-là même qui a terminé deuxième au Vermont 50 !  Et comme ils sont 2 ou 3 avec lui, ça veut dire qu’il y a tout de même de très forts coureurs dans cette course. Moi qui me disais que j’aurais probablement pu bien me classer, vu le faible nombre de participants…

Bon, notre tour maintenant. Sylvain ne semble pas trop nerveux. Louis et Guylaine, le semblent toutefois un peu plus. C’est parti !  Et ça commence en montant. Ouin, ils sont raides, les organisateurs… Je suis Sylvain à la trace, prenant bien soin de ne pas dicter le rythme. Je ne suis pas là pour lui imposer une cadence, mais plutôt pour l’accompagner.

Le premier kilomètre parcouru en 5:30 se fait en majorité en montant. Sylvain avance bien, semble détendu. Suit par après une longue descente et nous prenons de la vitesse, si bien qu’après 2 kilomètres, notre moyenne est descendue sous les 5:00/km. Une chose m’a frappée dès le début: maudit que c’est beau ici !  La vue sur la montagne, le lac derrière nous… Je n’ose pas imaginer ce que ce serait si les arbres étaient encore de toutes les couleurs !  J’en glisse un mot à Sylvain, mais il ne semble pas vouloir trop jaser. Je comprends ça.

Tiens, Louis ne suit plus. Merde, s’est-il déjà blessé ?  Nous avons perdu Guylaine aussi. Nous sommes sur le plat ou à peu près et Sylvain tient la cadence. Je lui fais la remarque, mais sans plus: pas trop vite, la course est longue… Arrive une montée et qui revoilà ?  Louis qui s’était préservé dans la descente et qui nous a recollés dans la montée. Il nous annonce une grande nouvelle: il porte des bas de compression, mais ses mollets sont tellement minces qu’ils ont… « ravalé » pour parler en bon Québécois ! Méchante compression !  On la rit ensemble.

La montée commence à faire sortir Sylvain de sa zone de confort. Oups… Merde, déjà ?  Après 5 kilomètres, une belle descente comme je les aime s’offre à nous: longue et juste assez raide. Je demeure avec mes compagnons quelque temps, puis m’excuse, c’est trop tentant: je me lance dedans comme un enfant. Ha que je m’amuse !  Mais bon, je ne suis pas là pour ça et après quelques centaines de mètres, j’attends mes amis en trottinant.

Au bas de la descente nous attend une piste cyclable et on peut dire que le fun commence pour vrai. Parfois en terre, parfois en asphalte, parfois dans le bois, parfois sur le bord du chemin, elle est très changeante sauf sur un point: son relief est accidenté.  Certaines côtes, bien que pas tellement longues, sont très abruptes. Après deux ou trois, j’entends le moral de Sylvain tomber dans ses talons. Autour du 8e ou 9e kilomètre, je lui fais remarquer que ce n’est pas interdit de marcher. Disons qu’il comprend assez vite le message…

Mais je commence à m’inquiéter. Notre cadence moyenne est maintenant autour de 5:10/km (ce qu’il visait, mais aurait aimé faire 5:00…) et je sens qu’il se fatigue. Que puis-je faire ?  J’essaie de le distraire en lui parlant des filles autour (il y en a des vraiment jolies), mais ça ne marche pas tellement. Puis on se retrouve sur le chemin d’un monsieur qui court vraiment bizarrement. Je l’ai déjà vu quelque part, une telle façon de courir… Il se tient le corps tout raide et avance un peu comme s’il était un moulin à poivre ou peut-être la réincarnation d’Axl Rose: en faisant des rotations horizontales des jambes et du haut du corps. C’est inoubliable, un tel style. Au bout d’un certain temps, j’allume: Marathon de Montréal 2007, mon premier marathon, groupe de 3h45. Il n’y a pas à dire…

Je raconte tout ça à Sylvain, mais il est dans sa bulle. Depuis le début, il a eu un point entre les omoplates et maintenant, il commence à avoir des reflux gastriques. Merde, que faire ? Les côtes vont l’achever si ça continue. Je lui offre ma barre énergétique, des gels, au cas où. Mais avec raison, il refuse, ne sachant pas comment son système va réagir. À un point d’eau (il y en a vraiment beaucoup, c’est très impressionnant), je prends des bretzels et lui en fais part, question de lui suggérer, par la bande, genre…

À partir du 13e kilomètre, je commence à lui dire que la fin est proche, mais on dirait qu’elle ne l’est pas assez à son goût. Shit, c’est quoi l’idée que j’ai eue de lui faire faire ça ?  Le parcours est vraiment difficile, plus difficile que le lac Brome. Rien à voir avec le Vermont 50, mais quand même…

Dans la partie qui longe l’autoroute, on frappe une autre montée et Sylvain appelle une pause-marche. Je m’arrête et presque aussitôt, un gars passe tout près de moi et me demande de me tasser sur le côté. Je ne sais pas si ce sont les paroles ou le ton ou le fait que sa face ne me revient pas (bien que je ne lui vois pas la face, alors ça ne doit pas être ça…), mais le sang ne me fait qu’un seul tour. Ha ben sacrament, es-tu en train de me dire que je ne sais pas courir, du con ?

Je m’excuse (encore) auprès de Sylvain et pars après le gars que je rattrape en deux temps trois mouvements. Non mais, j’ai fait 50 milles dans le bois avec des vélos autour de moi et personne ne m’a dit que j’étais dans le chemin, ce n’est pas un gars qui souffle à faire du 5:30/km ici qui va me dire comment courir, bout de viarge !  Je commence donc mon manège totalement, mais totalement immature (ce qu’on peut être niaiseux les gars quand on s’y met): je le dépasse en le collant bien comme il faut, puis ralentis pour le laisser passer. Puis je recommence. Passe à gauche, puis à droite. J’envisage même une poussée et quelques insultes, me disant qu’il a beau être plus costaud que moi, il est fatigué alors que moi, je me promène. Au pire, je le sèmerai à la course… Oui, un vrai de vrai comportement mâle: moi plus fort que toi, moi courir plus vite que toi, moi pisser plus loin que toi. Pathétique. Je me rends compte de la stupidité de mes actions, retrouve mon calme et mon ami. Mais pourquoi je fais ça, donc ?

Si ça a distrait Sylvain, il ne m’en glisse pas un mot et nous poursuivons notre chemin. C’est toutefois avec un certain bonheur que nous dépassons ma face à claques préférée définitivement au 16e kilomètre. Peu avant de repasser au-dessus de l’autoroute, Sylvain prend un gel. J’espère que ça va l’aider. Un peu plus loin, nouvelle montée… et nouvelle pause. Je continue en marchant, l’incitant à toujours avancer. Surtout ne pas arrêter. J’essaie de l’encourager: moins de 5 km, on y est presque !  Pas certain que ça porte fruit. En tout cas, le gel n’a pas fait exploser son énergie…  Un tata sur le bord du chemin me regarde droit dans les yeux et me dit de ne pas lâcher, qu’on achève. Heu, le langage non-verbal, ça te dit quelque chose ?  C’est mon chum que tu dois encourager !

Juste avant une descente dans un sentier, je me lance dans le bois pour une pause-pipi. Pas besoin de dire à Sylvain de continuer, il a définitivement décidé de ne pas m’attendre. Good. Quand je reprends ma route, je ne le vois pas au loin. Je m’élance donc dans la descente à bonne vitesse, passant plusieurs personnes qui doivent bien se demander d’où je sors. Finalement, je rejoins Sylvain qui ne réagit pas à mon retour. Ouais, je pense que la course a changé mon vieux chum qui a l’habitude d’être légèrement plus expressif…

Nous arrivons à un point d’eau où Louis nous attend. Il avait décidé de prendre de l’avance sur nous dans les montées, question de pouvoir faire les descentes plus lentement. Nous repartons à trois dans un sentier qui me rappelle le mont St-Bruno, puis aboutissons sur une passerelle en bois: c’est ce qu’ils appellent le marais. Wow, vraiment chouette !  Un gros sentiment de jalousie s’empare de moi: il y a du monde qui ont un tel parcours pour s’entraîner… tout près de chez eux ?  Bande de chanceux !!!

Je cours derrière Sylvain quand je remarque qu’il se tient dangereusement sur les bords de la passerelle. Je lui fais remarquer de faire attention, que lorsqu’on est fatigué, il arrive qu’on soit moins vigilant… Sa réponse: « Comment ça, fatigué ?  Veux-tu dire que je suis fatigué ?!? ».  Ha, mon chum est revenu !  🙂

Mais oui, il est fatigué. Même si tout est plat ici, il doit s’arrêter pour marcher un peu à deux rerises. Allez Sylvain, 3 km. Dans 15 minutes, tout sera terminé !  Ça lui donne un petit boost et on repart. Nous sortons du marais et arrivons au stationnement où nous avons laissé l’auto. Sylvain blague qu’il veut reprendre la navette. C’est bon signe. Kilomètre 19, plus que deux. Mais il reste la dernière butte à monter et celle-là est comme un coup de poignard. Sylvain s’arrête à nouveau. Louis lui demande ce qu’il a. Réponse: plus d’énergie. Shit, j’aurais dû lui donner un gel full caféine tantôt… Allez, un petit coup de coeur, on est avec toi !

Comme il n’est vraiment pas du genre à lâcher, nous reprenons la course. Peu avant le 20e kilomètre, un monsieur nous crie qu’il n’en reste plus que deux. Hé là, donne-lui donc un coup de bat de baseball dans les jambes, tant qu’à faire !  Nous la rions plus qu’autre chose et poursuivons la montée. Un peu plus loin, un concert de casseroles nous attend. Les jokes sur les carrés rouges et Pauline Marois commencent à sortir. En passant devant eux, Louis les avertit de se tenir sur leurs gardes:  la matricule 728 s’en vient. Comme durant notre jeunesse, il a ce don pour le timing…

Une fois rendus en haut de la dernière côte, Sylvain a vraiment hâte que ça finisse. Plus que 400 mètres, 2 minutes… Il commence à avoir pas mal de spectateurs, je cherche Marie-Josée, sa copine et les enfants du regard, au cas où… Quand on aperçoit l’école, je commence à lancer des encouragements à Sylvain, comme j’avais fait pour Maryse au Lac Brome l’an passé. Je ne sais pas si c’est ça ou la simple vue de l’arrivée, mais on dirait que le feu lui prend au derrière. Il accélère subitement, tellement que j’ai de la difficulté à le rejoindre. M’entendant à ses côtés, il accélère de plus belle et ça prend tout mon petit change pour revenir à sa hauteur. Je ne peux arrêter de rire: mais d’où ça vient, cette énergie-là ?  C’est avec un grand sourire que je franchis l’arrivée. Chrono: 1:56:50, 5 minutes de plus que ma prédiction. Mais on s’en fout, il a réussi !

Ensemble à l’arrivée

Ha l’arrivée, quel endroit merveilleux !  🙂  On se félicite mutuellement, heureux d’avoir vécu ça ensemble. À peine avons-nous nos médailles autour du cou que j’aperçois Marie-Josée. Le merveilleux sourire de sa blonde: priceless !  Marie-Pierre et Audrey serrent leur papa contre elles, Jonathan, le fils de Marie-Josée, se joint à eux. Quelques photos pour immortaliser le tout: le plus beau moment de la journée !  🙂

Tu as de quoi être fier: toutes mes félicitations Sylvain !

Le tout s’est terminé par un dîner chez Louis où on a pu voir la binette de la petite Léa. Je ne sais pas pourquoi, mais Sylvain n’a pas eu de difficulté à avaler sa lasagne…  😉

Et puis les boys, on remet ça l’an prochain ?  Au Scotia Bank ?  C’est un petit peu moins accidenté…

La même question qui revient à chaque fois: et maintenant quoi ?

Plus de deux semaines après la course, on peut dire que la poussière (ou plutôt, la boue) est maintenant retombée. Le high qu’on vit après chaque grande épreuve est chose du passé, mais heureusement, il n’a pas laissé sa place à un down. Après cinq jours à éviter mes souliers de course (je suis tout de même allé travailler à vélo trois fois durant cette semaine-là), j’ai repris du service le samedi suivant. On peut dire que la récupération n’était pas terminée: après 10 km, pus capable. Vraiment plus rien dans les jambes, plus de punch, plus de jus. Comme j’ai la tête très dure (j’en avais déjà parlé ? ;-)) et que j’avais décidé de faire 15 km ce matin-là,  je me suis traîné sur les 5 derniers.

Deux jours plus tard, dans l’air pur et les chemins de terre de la campagne du coin où habitent mes parents, j’ai fait un 25 km « relaxe », accompagné dans ma promenade par un très affectueux golden retriever rencontré en chemin. J’ai même dû défendre ledit toutou des autres chiens à quelques reprises, aussi bizarre que ça puisse paraître. Mais pour le reste, c’était un pur bonheur. L’air frais, les doux rayons du soleil sur mon visage, le seul bruit que j’entendais étant celui de mes pas sur le sol. À un moment donné, mon compagnon s’est lancé à corps perdu dans un champ. Il était beau à voir aller, il avait l’air tout simplement… heureux.

À mon retour, ma mère semblait étonnée que je sois parti si longtemps. Il y a deux raisons à ça. La première, la plus importante, est que j’adore courir, particulièrement en campagne. Je revivais la semaine précédente, en « plus petit ». La deuxième raison est mon dernier objectif de l’année et pour lequel je devais commencer ma préparation: Philadelphie.

Philadelphie, la marathon auquel je me suis inscrit avant même de décider que je ferais le Vermont 50. L’an passé, je m’étais pris trop tard et m’étais rivé le nez sur des inscriptions sold-out.  Cette année, je me suis pris d’avance. Mon but initial était évidemment de me donner une deuxième chance pour me qualifier pour Boston, le parcours de ce marathon étant réputé relativement facile. Mais bon, maintenant que je suis qualifié et que je n’aurai probablement pas totalement récupéré dans un mois, à quoi m’attendre ?

Bof, j’avoue que ça ne me dérange pas trop. J’ai fait quelques intervalles au cours des derniers jours et je sens que je suis moins rapide qu’avant Ottawa. Côté endurance, ça ne m’inquiète pas trop, par contre !  🙂  Alors que va-t-il arriver le 18 novembre ?  Hé bien, je planifie un beau marathon touristique: je vais faire de mon mieux, mais vais m’arranger pour être en mesure de me déplacer le lendemain, car nous avons prévu visiter la ville après la course. Donc, pas le moment d’essayer de faire une grande performance. Je vais me préparer adéquatement d’ici là sans m’attendre vraiment à des miracles. Une autre qualification pour Boston serait un beau bonus, quoi que je n’ai pas l’intention d’y aller plus d’une fois de toute façon (Philadelphie me permettrait de me qualifier pour Boston 2014).

Car j’ai d’autres ambitions. Dans les heures qui ont suivi le Vermont 50, Barbara était tellement enthousiaste qu’elle s’est mise à parler du Vermont 100. 100 milles à pied… Un peu fou, hein ?

Petite anecdote à ce sujet. Le soir du Vermont 50, j’ai rejoint mes parents par Skype. Entendant Barbara crier derrière moi qu’elle aurait besoin de l’aide de mon père pour le Vermont 100, ma mère s’est empressée de m’interdire sur le champ de faire un 100 milles un jour. Pendant ce temps, mon père, qui se tenait derrière elle, me faisait oui de la tête, le pouce levé, me disant que j’étais capable. J’ai trouvé ça assez comique merci !

Mais bon, un 100 milles, tout comme un 50, ça ne se fait pas comme ça, en criant ciseaux. D’ailleurs, ce n’est pas dans mes plans immédiats parce que le « budget voyages-courses » est déjà pas mal entamé pour l’an prochain. Car à part le marathon de Boston, j’ai aussi celui de New York de prévu. En effet, comme j’ai été refusé trois années consécutives à la loterie, je serais théoriquement supposé être admis pour l’an prochain. Or, comme je voudrais absolument faire un 50 milles lors du printemps précédant le Vermont 100 (qui se court en juillet) et que les 50 milles, il n’y en a qu’aux USA, ça commencerait à faire pas mal de dépenses. Surtout que ça s’enligne pour être assez dispendieux pour Boston (tant  qu’à y aller) et New York, c’est tout de même New York… Si en plus je ne suis pas capable de me passer de « mon » Vermont 50…

Bref, l’objectif est plutôt 2014 pour le 100 milles. L’an prochain, en plus des trois courses déjà citées, j’aimerais bien faire l’Ultimate XC de St-Donat. C’est le seul ultra en sentiers qui s’organise chez nous, je ne peux presque pas le rater, n’est-ce pas ?  🙂

À très court terme maintenant.  Dans seulement 10 jours, ce sera le demi-marathon dans le cadre du marathon de Magog. J’ai très hâte parce que ce sera la première compétition de Sylvain, mon ami d’enfance. Et quand je dis « enfance », je parle quand nous étions très jeunes: nous sommes entrés à la maternelle ensemble !

Sylvain, le premier à gauche; Fred, le troisième
Photo prise… en septembre 1975 !

Un autre ami de très longue date, Louis, nous accompagnera. Le but est de faire la course les trois chums ensemble, mon rôle étant probablement le plus beau qu’un coureur puisse jouer: le pacer. J’avais adoré faire la même chose pour Maryse lors de son premier 20 km au lac Brome l’an passé, même si je me sentais bigrement inutile par bouts. Mais à voir sa réaction et la gratitude qu’elle avait eue pour moi après la course, je pense avoir servi un peu à quelque chose. Alors si je peux aider mon vieux chum à réussir son défi, rien ne me fera plus plaisir.

Bref, je pense que je n’ai pas fini de courir… 🙂