Petites vites de début d’année

Question de parler d’autre chose que du temps qu’il fait (avouez que ce n’est vraiment pas évident ces jours-ci, surtout quand le mercure grimpe, puis replonge de 25 degrés en l’espace de quelques heures avant de vouloir remonter en vue de la fin de semaine), voici ce qui a retenu mon attention au cours des derniers jours dans notre merveilleux petit monde des coureurs du froid et de l’humidité.

1- Marathon de Boston: la résilience (encore). Un petit coup d’oeil furtif à la liste des inscrits au prochain Marathon de Boston m’a confirmé ce que je savais déjà: la résilience des coureurs, ce n’est pas de la frime. Qu’il s’agisse de personnes connues ici (Éric Hoziel, Suzanne Gariépy), de coureurs connus  au Québec (Sébastien Roulier) ou ailleurs (Team Hoyt, Amy Rusiecki) ou de connaissances à moi, tous ceux qui étaient là en 2013 seront de retour en 2014.

C’est avec beaucoup de fierté que je me joindrai à eux à Hopkinton le 21 avril au matin.

2- Ultimate XC St-Donat. Les autobus jaunes s’emplissent rapidement !  Plus de la moitié des places sont déjà prises pour chacune des épreuves de 38 et 60 km après seulement une semaine d’inscriptions. Il serait étonnant que ces deux courses-là n’affichent pas “complet” d’ici au printemps.

3- Vermont 100. “Online registration opened on January 6th 2014. And the response was overwhelming !”. Ce sont les mots que l’on retrouve sur le site internet du Vermont 100. Et “overwhelming”, c’est le moins qu’on puisse dire !  J’ignore en combien de temps le 100 milles s’est rempli, mais à peine 4 heures après l’ouverture des inscriptions, il ne restait plus de place et la liste d’attente comptait déjà une trentaine de noms.

Je me demande bien ce que les organisateurs comptent faire pour les prochaines éditions, l’approche “premier arrivé, premier servi” n’étant peut-être pas la meilleure quant une épreuve devient trop populaire. Se voir refuser l’accès à une course pour cause de problème de connexion internet, ça doit être assez frustrant merci ! Je prédis l’instauration loterie pour l’édition 2015.

En ce qui concerne le 100k, la course que j’envisageais faire cette année, il reste encore une vingtaine de places au moment d’écrire ces lignes.

4- Pandora 24. C’est maintenant décidé, je ne serai pas de la fête à Silver Hill Meadow en juillet. Le but de m’inscrire au 100k était d’aller chercher de l’expérience en vue d’un 100 milles. Or, bien que cette course m’aurait été fort utile en ce sens, elle aurait représenté un investissement logistique et monétaire équivalent à la “vraie” course. De plus, je craignais d’éprouver un certain regret à la vue des 100-milers tout autour de moi.

Je mettrai donc le cap sur Prévost cet été. Mon but: effectuer des tests. Voir ce qui marche, ce qui ne marche pas côté alimentation, hydratation, vêtements, chaussures, etc. Le fait de pouvoir avoir accès à mes affaires à tous les 10 km me permettra de pouvoir m’ajuster en cours de route tout en étant pas mal moins exigeant pour l’équipe de support !  Je pourrai également tester ma volonté car après plusieurs heures passées dans les sentiers, il sera probablement tentant de sauter dans l’auto pour retourner à la maison !

Aussi, détail non négligeable, on ne m’a dit que du bien du Massif des Falaises et de l’organisation du Tour en octobre dernier.

5- La fin de saison. Encore une fois, toujours question d’y aller progressivement, pas de Virgil Crest pour 2014. J’envisage plutôt deux courses de 80 km / 50 milles: la Chute du Diable et mon Vermont 50 chéri que j’ai dû laisser tomber en 2013. Mais bon, j’ai encore le temps d’y penser, pas vrai ?

6- Face de bouc. Comme les valeureux Gaulois, je résiste, encore et toujours à l’envahisseur. Mais pour combien de temps encore ?  Maintenant, les réseaux que l’on dit sociaux sont partout et si on les évite, on finit par se priver d’informations très intéressantes. Ainsi, la très grande majorité des épreuves ont leur page Facebook sur laquelle ils publient les dernières informations pertinentes. Les infolettres arrivent souvent plus tard… quand elles arrivent. Dans certains cas, être un irréductible comme moi présente des inconvénients considérables. Par exemple, l’organisation des 6 heures Frozen Ass Mount Royal n’avait même pas de site web, l’inscription se faisant par Facebook uniquement.

Va peut-être falloir que je me fasse à l’idée…

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Xtrail Asics Orford: jusqu’au pied de la montagne

Je m’étais pourtant dit que je ne ferais qu’un seul billet sur cette course-là. 11.5 km relaxes avec des amis, je n’en aurais pas tant que ça à dire, non ?  Hé bien oui. Voici donc la première partie du récit de ma journée de samedi.

En arrivant au mont Orford autour de 8h15-8h30 samedi matin, un gentil bénévole chargé de nous faire payer le stationnement m’a accueilli. “Vous venez pour la course ?”. Non, pour le ski, que j’ai répondu. Ça a l’air que je n’étais pas le premier à la sortir celle-là (duh !). Ouais, pas ma meilleure, en effet. “En tout cas, bonne chance !  Vous allez en avoir besoin…”  Comment ça ?  C’est quoi, cette affirmation gratuite-là ?  Penses-tu vraiment qu’elle me fait peur, ta montagne de feffi ?  Je viens ici pour un entrainement cool avec mes chums, moi…

En me garant, j’ai tout de suite senti la fébrilité dans l’air. Pourtant, le départ n’était qu’à 10h15… Puis j’ai allumé: le 23 km, l’épreuve principale, partait à 9h. D’ailleurs, à voir les gens qui se promenaient,  c’était évident qu’ils se préparaient pour une course difficile.

Je me suis dirigé vers le chalet où avait lieu la remise des dossards. Tout s’est passé rondement. Bien évidemment, personne ne m’a demandé la preuve que j’avais un droit d’accès au parc. Je me demande bien pourquoi ils font payer un surplus aux gens s’ils ne vérifient pas ceux qui, comme moi, prétendent avoir déjà leur droit d’accès. Enfin… (pour votre info, j’avais mon droit d’accès sur moi)

Le chalet de ski à Orford est spacieux et offre une très belle vue sur les trois monts qui forment la station. J’ai donc pu m’installer à une table pour lire un peu et grignoter tout en attendant que le départ soit donné. Pouvais-je demander mieux ? J’ai cru reconnaitre quelques visages, dont celui de Florent Bouguin, gagnant du 65 km au Harricana. À la table à côté de la mienne, une fille racontait ses “exploits”, jouant à la grande habituée. Hé, on a beau être dans un chalet de ski, savais-tu chose que ce n’est pas tellement dans la tradition de ce sport-ci de parler plutôt qu’agir ?  Je sais qu’en ce qui concerne l’autre sport…

Après le départ, je suis retourné à l’auto pour enfiler ma tenue de course, ai lu encore un peu, puis suis revenu tranquillement. J’adore les événements où je ne compétitionne pas vraiment: aucun stress, aucune inquiétude en rapport à l’alimentation ou l’équipement. Je vis juste le plaisir d’être là. Une vraie belle journée de congé.

Je suis revenu au bas des pentes juste à temps pour assister à l’arrivée du 20 km cross country, une épreuve moins technique que le 23 km en sentiers, mais plus difficile que le 11.5. On annonçait déjà que le premier était passé au sommet et on l’attendait d’une minute à l’autre. C’était Sébastien Roulier, j’en étais certain. Le mont Orford, c’est son terrain de jeux. En plus, dans une course moins technique, ça aurait pris une très grosse pointure pour le devancer.

L’annonceur s’est mis à s’époumoner quand on a commencé à apercevoir Seb en haut de la dernière descente. Les organisateurs avaient prévu 1h40 pour le gagnant, Seb s’enlignait pour faire 1h36. Comme de raison, il a traversé la ligne tout sourire et sitôt arrivé, il avait un micro planté sous le nez et une caméra dans le visage (c’était le même gars qui tenait la caméra et le micro, ça faisait un petit peu Cégep, si vous voulez mon avis). Les joies d’être une vedette locale. Quant à moi, ce 1h36 (1:35:47, en vérité) me disait une chose: j’aurais eu bien de la difficulté à descendre sous les deux heures sur ce parcours-là. Ça a pris plus de 5 minutes avant qu’un autre coureur daigne se montrer le bout du nez.

Après avoir dit “que c’était facile pour Sébastien de faire un 20 km, vu qu’il était habitué à 40, 60, 80…”, l’annonceur s’est pris d’une autre obsession: la première femme. C’est parce que ladite première femme à s’être présentée au sommet était Lyne Bessette. À chaque gars qui se pointait, il nous annonçait Lyne, au point où ça en était devenu ridicule. Il y a probablement quelqu’un qui s’est écoeuré et lui a précisé que Bessette était habillée en rose. Ça nous a épargné quelques exclamations à chaque fois qu’un nouveau coureur apparaissait.

Quand elle a fini par arriver en 9e position, il s’est mis à chanter ses louanges, la vantant des ses exploits des dernières semaines. Elle avait entre autres gagné une course de cyclo-cross dans la région. Heu, c’était supposé nous impressionner ?  On parle d’une ancienne cycliste de niveau olympique qui n’a pas encore 40 ans, c’est normal qu’elle gagne ces courses-là… “Tu devrais retourner aux Olympiques, Lyne !”. Elle a fait signe que non et effectivement, je ne vois pas ce qu’elle pourrait faire là. Pour ma part, c’est plus son temps qui m’intéressait: 1:46:12. Wow, moi qui me demandais si je pouvais me comparer à elle, j’ai eu ma réponse: non. Pourtant, elle avait fait 9h24 au Vermont 50 en 2011. Serait-elle moins forte sur les plus longues distances ?

Mes chums Daniel et Sylvain sont arrivés sur les entre-faits. Ça tombait bien, l’annonceur commençait vraiment à me les taper (vous allez me dire que je n’étais pas obligé de rester là et vous auriez bien raison). Ou bien il ne connait pas la course, ou bien il ne savait pas quoi dire. Il était maintenant rendu à enfiler les commentaires très profanes à propos des distances. Faire un 20 km en montagnes, même pour un athlète comme Sébastien Roulier, ce n’est pas nécessairement facile si c’est fait à pleine vitesse. Il en a passé un autre plus tard à propos du gagnant du 5 km, Alister Gardner, qui “était venu se reposer”. Ha oui ?  Et les grands marathoniens, ils se “reposent” quand ils viennent faire le 10 km à Ottawa je suppose ?

Bon, trêve de chiâlage… pour le moment. Coup d’oeil à mes deux amis: ils avaient l’air de bonne humeur, détendus, heureux d’être là. C’est vrai que l’endroit est superbe et la météo l’était également. Ok, Daniel, dont c’était la première compétition officielle, semblait un peu plus nerveux. Il me posait plein de questions à propos de la montagne, si j’avais déjà fait plus difficile (non), si j’avais déjà fait un marathon à la pluie (ça oui !), etc. Mais quand on le connait, on sait que pour lui, ce n’est pas ça être nerveux !  😉

Le temps s’est ensuite mis à filer. Poignée de main à Seb pour le féliciter, réchauffements et c’était déjà la première vague du 11.5 km qui partait. Le dernier coureur avait à peine disparu du premier virage que l’aire de départ était déjà bondée de gens de la deuxième vague. Shit, on allait devoir se placer derrière. Je savais que mes chums étaient au moins des coureurs de milieu de ce peloton, sinon mieux, alors nous allions avoir des problèmes de circulation dans les premiers kilomètres. Mais ça n’avait pas l’air de déranger les principaux intéressés. Peut-être suis-je trop compétitif…

En sentiers, on dirait que tout est plus smooth. Ainsi, je n’ai pas remarqué de précipitation au départ, ce qui est une bonne chose. Les premiers kilomètres se faisaient dans un sentier de ski de fond, en descente en bonne partie. Vraiment chouette comme endroit, il faudrait bien que je vienne m’y entrainer une fois de temps en temps. À 1h15 de chez moi, ce n’est pas si loin…

Je ne sais pas si Sylvain a couru dans les traces laissées par les VTT durant les 3 premiers kilomètres. Il passait son temps à courir dans l’herbe longue pour dépasser des gens. Moi, je suivais sans broncher, Daniel également. Nous étions définitivement mal placés dans le peloton au départ. Par contre, les dépassements se faisaient bien, les sentiers étant suffisamment larges.

Principe universel en sentiers: tout ce qui descend, remonte !  Tout au long de la semaine, je me demandais lequel des deux amis j’allais suivre: le plus lent ou le plus rapide ?  Puis, comme l’arrivée était située à la fin d’une longue descente, j’ai décidé d’accompagner Sylvain car je savais que Daniel me laisserait dans la brume dans la descente.

Habitué à son Mont St-Hilaire, Sylvain se débrouille bien dans les montées. Donc, quand nous avons frappé les premières, il conservait un bon rythme, dépassant plus de gens qu’il ne se faisait dépasser. Après 5 kilomètres couverts à une bonne cadence, la pièce de résistance se présenta à nous: le Mont Orford dans toute sa splendeur. Ce n’était pas compliqué: il fallait le monter, puis le descendre. Facile, hein ?

XC Harricana: suite et fin

Ce soir, conclusion du « dossier » XC Harricana.

Je n’avais pas encore parlé du 65 km, épreuve à laquelle j’aurais tant aimé participé. Finalement, ça a pris beaucoup plus de temps que prévu avant que les premiers arrivent: presque 6 heures !  En fait, quand le gagnant, Florent Bouguin, s’est présenté, nos amis JF et Seb étaient arrivés depuis un petit bout, mais n’avaient pas encore tout à fait repris leurs esprits. Je ne connais pas Florent Bouguin, mais lorsque je l’ai vu, j’ai tout de suite trouvé qu’il avait le look coureur des bois, un peu à la Timothy Olson ou Anton Krupicka, avec la barbe et les cheveux longs. Tout un athlète, en tout cas !

Il a été suivi de peu par Éric Turgeon, que j’ai immédiatement reconnu: c’était celui que j’avais surnommé « le petit crinqué » à St-Donat. Le contraste avec le vainqueur était saisissant: look clean cut avec les cheveux courts et la barbe de 2-3 jours, il est apparu vêtu de seulement une paire de shorts et de ses souliers, son torse parfaitement musclé (vous savez du genre juste assez musclé…) bien en évidence. Un petit peu show off, le monsieur ?  Disons que pour un ultrarunner, il a des tendances plus Dean Karnazes que Scott Jurek… C’était comique de voir les quatre filles admirer le tout, particulièrement Julie et Marie-Claude qui se rinçaient l’oeil alors que leurs chums peinaient à revenir dans le monde des vivants !

Finalement, Sébastien Roulier a terminé en quatrième position. Comme c’est son habitude, il était tout sourire quand on s’est parlés par après. Ce gars-là est tellement gentil, je crois que si j’avais des enfants, je ferais le voyage à Sherbrooke spécialement pour que ce soit lui qui s’occupe de leurs divers bobos !  Il m’a raconté bien candidement qu’il menait au début, mais quand c’est devenu plus technique, il s’est fait reprendre par 5-6 gars. Tiens tiens, ça me rappelle quelqu’un… Serais-je un « mini Sébastien Roulier »  ?  😉  Nous avons également parlé de Boston pour lequel je vais avoir besoin de ses conseils (il y a participé 7 fois) pour savoir comment gérer le foutu parcours. En 2014, comme il aura 40 ans, il sera dans la catégorie des « Masters », alors il a hâte de voir s’il aura des accès privilégiés. Moi, je pense que je vais laisser faire…

Par après, Barbara et moi avons mangé avec un couple de Laval et la dame, sachant que j’avais fait le 28 km « en consolation » du 65 km, s’est mise à me poser un paquet de questions. Elle court des 10 km depuis longtemps et commence à se trouver trop « confortable » là-dedans. Elle voudrait sortir de cette zone de confort et se demandait comment j’avais fait, comment elle pouvait se motiver à passer au 28 km l’an prochain.

Mettons que j’étais un petit peu embêté. J’ai commencé sur la route. Après un 10k à l’automne, j’ai fait un demi au printemps, puis, voyant que j’étais capable de le faire, j’ai couru un marathon à l’automne suivant. Ensuite, après quelques marathons, je me suis intéressé à la course en sentiers et par le fait même, aux ultras. Je n’ai jamais eu à sortir d’une telle zone, alors je ne savais pas trop quoi lui dire.

Je lui ai suggéré de faire un demi sur route, pour voir. Elle avait déjà essayé et n’avait pas aimé. Elle, c’est les sentiers. Ok, à ce moment-là, tout ce que j’ai pu trouver à lui dire, c’était de ne pas se donner le choix: s’inscrire le plus rapidement possible à une épreuve plus longue. Le 22 km à St-Donat, par exemple. Pour moi, il n’y a pas meilleure motivation que d’avoir un objectif et de s’obliger à faire ce qu’il faut pour l’atteindre. À part ça…

En terminant, petit mot sur l’organisation et la course en général. Mis à part un repas très ordinaire, je n’ai que de bons mots. Le site est d’une beauté exceptionnelle et facilement accessible. Les sentiers étaient dans un très bon état, le parcours, bien marqué et les pancartes kilométriques, c’est un gros plus. C’était ma troisième course en sentiers et c’est celle que j’ai trouvée la mieux organisée. Pourtant, les deux autres (Vermont 50 et St-Donat) existent depuis plus longtemps. Mais bon, je n’ai pas fait la grande distance, peut-être que je serais d’un autre avis si je l’avais fait.

Vendredi dernier, j’ai assisté à une conférence sur les ultramarathons en sentiers et Sébastien Côté, le directeur de course du Harricana, était présent. Il a posé des questions reliées aux problèmes d’hydratation qui démontraient un réel souci pour la santé et de la sécurité des coureurs. C’est clair qu’il veut améliorer son événement, encore et encore. Je crois que la course est entre bonnes mains.

Le XC Harricana fera partie de mon calendrier de course l’an prochain. Parfaitement situé dans le temps (3 semaines avant le Vermont 50, 4 semaines avant Oil Creek) , je me promets bien de ne pas manquer le 65 km deux années de suite !  Je verrai alors si c’est vraiment la course la plus difficile du Québec, tel que proclamé dans cet article paru dans La Presse quelques jours avant l’événement.

L’infolettre

Ils avaient dit qu’ils nous enverraient une dernière infolettre “à la mi-juin”. La dernière infolettre en vue de l’Ultimate XC de St-Donat est finalement arrivée par courriel une semaine plus tard, mais on peut dire qu’elle était assez complète merci !

L’organisateur commence en lion en annonçant que deux de ses bons amis allaient partir à la course vendredi soir avec l’intention de se taper le parcours du 58 km en sens inverse, puis revenir avec nous, les participants, qui prendront le départ de la “vraie” course le lendemain matin autour de 7h. Un petit 116 km au total… Le but ? Sensibiliser la population aux problèmes de santé mentale (heu, c’est que les gens normaux pensent déjà que les ultrarunners ont justement un problème de santé mentale… ;-)) et venir en aide aux personnes en proie avec des idées suicidaires. Si ça peut marcher le moindrement, j’appuie l’initiative à 100%. Les troubles mentaux sont tellement mal vus, voire honteux dans notre société. Et pourtant, tellement de gens en souffrent…

Et qui retrouve-t-on parmi ces deux braves ?  Sophie Limoges, ma chiro unique et préférée !  Elle qui m’avait dit qu’elle n’était pas certaine qu’elle y serait, elle va faire deux fois la distance. Quand j’ai vu son nom, j’ai décidé que tant qu’elle le voudrait bien, je serais son patient. Parce que je sais qu’elle comprend ce qui se passe dans ma tête et si ELLE me dit un jour que je dois prendre du repos, je vais suivre ses conseils.

Détail que j’ai constaté dans le reste de cet envoi: je ne sais pas si c’est volontaire, mais on y retrouve beaucoup de répétitions. Il me semble qu’il serait amplement suffisant d’écrire une seule fois que les concurrents des courses en trail doivent obligatoirement emprunter la navette pour se rendre à leur départ ou que la cueillette du dossard doit absolument se faire le vendredi soir pour les participants des course de 38 et 58 km. Mais non, on se le fait répéter. Signe d’une époque où les gens sont trop pressés ou incapables de se concentrer assez longtemps pour lire un texte de plus de 10 lignes ?  Peut-être…

L’infolettre contient aussi plein de renseignements plus ou moins utiles comme par exemple qu’il y a un bureau de poste à St-Donat (que d’émotion) ou la description de ce qui semble être un jeu que je ne connais pas et qui n’a aucun lien avec les courses. Enfin…

Ceci dit, la description des différents parcours est très intéressante et surtout, très instructive. Déjà que les cartes et les différents dénivelés étaient disponibles sur le site depuis un bon moment, un petit complément d’information, accompagné de quelques conseils, c’est vraiment excellent. On nous avertit entre autres où nous risquons (très) fortement de nous retrouver les pieds mouillés. Un beau contraste avec le Vermont 50 où ni le parcours, ni le dénivelé ne sont rendus publics.

À quoi s’attendre ?  Je ne peux pas dire avec certitude. Et ça fait un peu partie du charme de ce type d’épreuve. Je regarde les temps de l’an passé et je me dis que le parcours doit être très difficile. En effet, le gagnant avait terminé en 5h46, seulement deux autres coureurs avaient pris moins de 7 heures et la première femme (c’était évidemment Sophie) pointait à la 15e position en 7h54. Ce sont des temps qui ne sont pas très loin de ceux enregistrés au Vermont 50… qui était 22 km plus long !  Vrai qu’il faisait très, très chaud l’année dernière, mais cette année, avec le printemps pluvieux que nous avons vécu (sans compter le déluge prévu vendredi), les sentiers risquent d’être dans un piteux état et les rivières à traverser, plus profondes. Les temps devraient donc être du même ordre de grandeur, mais je peux facilement me tromper.

Si je ne peux prédire le déroulement général de la course, je peux encore moins prédire comment je vais m’y comporter. Surtout qu’un petit bobo inconnu a décidé de se monter la binette lors de ma dernière sortie de 20 km en sentiers lundi. Je ne sais pas si tous les coureurs sont comme moi, mais dans mon cas, j’ai des bobos “familiers”: ma cheville gauche et mon ischio droit en sont des exemples. Je les connais et quand ils refont de temps à autre une apparition, je sais comment les gérer. On est comme de vieilles connaissances.

Mais cette fois-ci, alors que j’étais dans la dernière descente m’amenant vers l’accueil de mon terrain de jeux, c’est une douleur au tibia droit qui est apparue. De quessé ?  J’étais en tapering, je ne m’étais vraiment pas surmené ces derniers temps, c’était quoi le problème ?  Je ne comprends pas trop, mais comme j’ai trainé ce petit malaise le reste de la journée de lundi et un peu hier aussi, j’ai décidé de ne pas faire le petit dernier 10 km que j’avais prévu pour ce matin. Ce sera la première fois que je me présente au départ d’une course avec quatre jours de repos (si on ne compte pas les 50 km de vélo par jour pour voyager au travail…). Habituellement, c’est deux jours. J’ai essayé trois pour Philadelphie et Boston et ça a plutôt bien fonctionné. Mais quatre ?  Enfin, on verra bien.

Si on suppose que tout irait bien côté santé, le top 10% que je vise sur route est à mon humble avis hors de portée (ça m’amènerait en 12-13e place, yeah right !). Une place dans les 30 premiers ?  Ouais, peut-être. Quant au temps, ça va probablement s’enligner autour de 8h.

Du côté des “tops”, je prédis le podium suivant:

1- David Le Porho

2- Gareth Davies

3- Alister Gardner

Disons que Seb Roulier m’a rendu la tâche plus facile en s’alignant sur le 21 km plutôt que le 58 (il sera aux championnats du monde de course en sentiers au Pays de Galles la semaine prochaine, alors même lui doit se ménager un peu… tout en visant la “gagne” sur le 21, quand même) !  Quant aux femmes, je ne peux pas croire que Sophie va rééditer son exploit de l’an dernier après avoir couru toute la nuit, alors j’y vais avec la fille de mon patelin natal: Rachel Paquette, de Victoriaville.

Mais LA prédiction qui a le plus de chances de se réaliser: beaucoup, beaucoup de plaisir pour les 1200 coureurs qui seront là samedi !  🙂

À recommencer

6h45, c’était un peu tôt à mon goût pour me rapporter à la tente des bénévoles de la Grande Virée des Sentiers. Mais comme le premier départ serait donné à 8h00, c’était bien normal que j’arrive un petit peu avant, non ?

Aussitôt, j’ai fait la connaissance de Chantal, la responsable des bénévoles. Et tout de suite je l’ai aimée. Sympathique, affable, le genre de personne qu’on sent immédiatement qu’elle est agréable à côtoyer. Dès que je lui ai donné mon nom, elle s’est confondue en excuses à propos de la petite confusion qui s’était produite durant la semaine. En effet, elle croyait m’avoir rencontré aux entrainements du Club des Coureurs sur Route de Mont St-Bruno (ce sont eux qui organisent l’événement) et m’avoir donné mon assignation alors qu’il n’en était rien. Ce n’était vraiment pas grave…

Après quelques minutes de confusion, je me suis retrouvé dans une fourgonnette accompagné de 5 autres personnes en direction… des rues de la ville. En effet, j’agirais comme signaleur sur le parcours. Or, une partie de la course de 20 km (environ 3-4 km) se déroule dans les rues. Donc, après avoir aidé les autres à monter deux tables pour un point d’eau, on m’a amené à « mon » intersection, située entre les kilomètres 15 et 16. Moi qui connais les sentiers par cœur, j’étais assigné dans les rues d’une ville que je ne connais pas du tout. Ironique, n’est-ce pas ?

Il était 8h30. Comme David Le Porho avait gagné la course en 1h07 l’an passé, je m’attendais à le voir se pointer entre 8h50 et 8h55. J’avais donc du temps devant moi. Je l’ai passé en nettoyant la rue de quelques branches mortes sur lesquelles les coureurs, fatigués par la montée et les kilomètres, pouvaient trébucher ou glisser. J’ai aussi déplacé légèrement les cônes marquant le passage réservé pour les coureurs de façon à leur donner plus d’espace. Un policier à vélo est venu me voir et on a discuté un peu. Je lui ai fait part de mes craintes au niveau circulation, mais il avait l’air habitué et m’a dit en souriant que les automobilistes étaient respectueux en très grande majorité.

N’empêche que de la manière dont l’intersection était faite, les automobilistes n’allaient pas voir arriver les coureurs sur leur droite, des arbres cachant la vue. J’allais donc devoir être prévenant pour éviter qu’un coureur voit son rythme brisé ou pire, un accident.

Les minutes s’écoulaient. 8h50. 8h55. Ben voyons que se passait-il ?  Bientôt une heure que le départ avait été donné et toujours pas signe de vie… Le départ avait-il été retardé ?  Ou peut-être que David n’était pas là. Mais Sébastien lui ?

À 9h pile ou à peu près, j’aperçus un premier coureur au loin. La casquette vissée sur la tête avec la visière vers l’arrière et ses lunettes lui donnant un petit air intello (il est tout de même médecin !) je reconnus tout de suite le sympathique Sébastien Roulier. Spontanément, je me suis mis à taper des mains et à lancer des encouragements. Comme j’étais fin seul, ça faisait bizarre. Mais je me suis vite arrêté car le trouble se pointait derrière lui: un groupe de cyclistes.

Ils étaient 5 ou 6 et au rythme où ils avançaient, ils allaient couper le meneur de la course, c’était certain. Merde… Tout ce que je pouvais faire, c’était crier, alors je me suis exécuté: « On laisse passer le coureur s’il-vous-plait !  On laisse passer le coureur !!! ». Sébastien a poursuivi sa route sans broncher, tâchant d’éviter les vélos qui lui coupaient le chemin.  « Il faudrait nous avertir avant ! » m’a lancé un des cyclistes.

Vous avertir avant ?  Vous venez de remonter une rue qui fait un bon kilomètre de long sur laquelle des pancartes de stationnement interdit et des cônes orangés forment un couloir que je considèrerais comme assez évident merci. Vous avez certainement dépassé plusieurs coureurs sur ce kilomètre, il semble que c’était plutôt clair qu’il y avait une course d’organisée, non ?  Tu voulais quoi, du con ?  Une enseigne sur une feuille de plywood de 4′ x 8′ à tous les 10 pieds pour t’avertir ?  Tabarn…

Bref, j’étais en petit crapaud et je sentais que j’avais raté mon premier call. J’espérais juste que Sébastien ne s’était pas trop fait briser son rythme dans l’opération…

Après une éternité, un autre coureur se pointa. Puis deux autres. À chaque fois, j’envoyais des encouragements et les dirigeais au bon endroit. À un moment donné, la concentration de participants se mit à augmenter. Et bien évidemment, la circulation automobile aussi. C’est là que je me suis senti vraiment utile, arrêtant le trafic le temps que les coureurs passent, puis faisant signe aux voitures quand le chemin était libre. Plusieurs participants m’ont remercié, ça m’a fait chaud au cœur.

Quant aux automobilistes, ils ont été super pour la très grande majorité. À part un qui a montré une certaine impatience (il avait probablement été obligé d’attendre une loooongue minute), tout le monde a été très gentil. Il faut dire que je me faisais un devoir de les remercier à chaque fois, ça aidait peut-être…

Après un certain temps, de mois en moins de coureurs se sont mis à passer. Puis, plus rien. Heu, je faisais quoi, moi ?  Finalement, j’aperçus un monsieur qui avançait lentement, suivi de deux bénévoles. C’était le dernier coureur. J’ai décidé de me joindre à eux et terminer la course. Le coureur était monsieur Gilles Rancourt. Il avançait, lentement mais sûrement. Jamais il ne s’est arrêté, jamais il n’a marché.

Au fil des kilomètres, le bénévole qui fermait la course se faisait demander par walkie-talkie où nous étions rendus, car l’organisation s’inquiétait pour l’heure de départ du 5 km. Disons que c’est toute une gestion, organiser plusieurs épreuves qui partent et finissent toutes au même endroit. Car il n’était pas question que le 5 km parte avant la fin du 20 km, vu que nous allions arriver en sens inverse…

Finalement, à mesure que nous approchions, une foule se formait et voyant monsieur Rancourt accompagné de gars portant des t-shirts orangés, elle se mit à se faire entendre. Les cris fusaient de partout, j’en avais des frissons. Mais on dirait que ce n’était pas assez, alors j’en demandais plus et les gens répondaient. Monsieur Rancourt a terminé en 2:27:46 sous les acclamations du public. Un bien beau moment.

Le reste de la journée a été tout aussi plaisant. J’ai eu l’occasion de regarder le départ et l’arrivée du 5 km (remporté par Dany Croteau), puis de servir de « poteau » pour tenir les câbles limitant l’accès au parcours durant ce qui constitue toujours un moment fort dans ces événements: les courses de 1 km des petits.

Et  par pur hasard, qui s’est retrouvé à côté de moi pendant que je jouait au piquet ?  Le vainqueur du 20 km lui-même !  Comme nous avions déjà échangé par courriel, je me suis présenté et nous avons amorcé une petite jasette. Il se rappelait à peine l’incident de « mon » intersection. ce qui m’a soulagé. Nous avons parlé du parcours, de la course, du fait qu’il avait couru 140 km durant la semaine (gulp !) et 1 heure et demie au mont Orford la veille (double gulp !). Et il venait de planter tout le monde !  Je me demande bien par combien de minutes il aurait pu gagner s’il avait été le moindrement reposé…

Son fils étant inscrit dans une des courses, il l’a suivi, mais nous avons eu la chance reprendre notre conversation par après. Comme je lui parlais de marche en ultramarathon, il ne semblait pas trop comprendre. La raison est fort simple: il ne marche jamais !  Je n’en revenais pas. Même pas au Vermont 50 ?  Même dans le mur au 47e mille ? Shit…  Seb, es-tu vraiment certain d’être humain ? Après ça je me demande pourquoi il a terminé presque 2 heures avant moi… 😉

Un ultrarunner bien connu s’est ensuite joint à nous, la conversation tournant autour des futures courses, des championnats mondiaux auxquels Sébastien participera en juillet, du Vermont 100 (où les deux se retrouveront, espèces de chanceux !) et de bien d’autres choses.  C’est fou ce que la course peut me rendre sociable !  🙂

Puis, les gens ont commencé à s’en aller. Mais pour nous bénévoles, la journée n’était pas terminée: il fallait tout ramasser. Ça s’est fait dans la bonne humeur et je ne comptais plus les chaleureuses poignées de main que j’ai reçues avant de partir, vers 14h30.

Organiser un tel événement, c’est vraiment beaucoup, beaucoup de petites choses à penser, à prévoir. Et c’est beaucoup de travail, j’ai pu le constater. Mais le faire dans le plaisir et la bonne humeur, ça a été un pur bonheur. Originalement, mon but était d’amasser des heures en vue du Vermont 100 de l’an prochain. Mais j’ai tellement apprécié que je crois bien que ce sera un rendez-vous pour les prochaines années, Vermont 100 ou pas.

Pour une première fois de « l’autre côté »

Depuis que je cours, j’ai eu la chance de prendre part à un grand total de 23 compétitions organisées. À chaque occasion, des bénévoles étaient là pour nous aider, nous supporter, nous encourager. Peu importe la température, qu’il fasse chaud et humide ou froid, pluvieux et venteux, ils étaient là, toujours souriants, dévoués pour nous. À quelques occasions, j’ai eu beaucoup d’admiration pour ces personnes qui étaient présentes, malgré le mauvais temps. Nous coureurs avions payé et étions entrainés pour ce jour précis, alors la pluie n’était qu’un inconvénient. Mais rien n’obligeait ces valeureux bénévoles à braver les intempéries dans le seul et unique but de nous aider. Il aurait été bien plus facile pour eux de demeurer à la maison. Mais non, ils étaient là.

À chaque point d’eau, je me fais toujours un devoir de remercier la/le bénévole qui me tend un verre. À mon sens, c’est la moindre des politesses. Car sans eux, il n’y aurait pas de courses, tout simplement.

Hé bien, pour la première fois demain, je serai de « l’autre côté », c’est-à-dire que ce sera (enfin) mon tour d’aider les coureurs dans le cadre de la Grande Virée des Sentiers du Mont St-Bruno. À ce que j’ai compris, mon rôle sera de guider les coureurs sur les différents parcours. Ça tombe bien, disons que j’ai une assez bonne connaissance de l’endroit. Je vais tâcher de faire ça comme du monde tout en profitant au maximum de la chance que j’aurai de pouvoir observer de près la technique des meilleurs de la discipline au Québec. Je vais également essayer de rendre une partie des encouragements que j’ai reçus au cours des années. Car je connais très bien l’effet que peuvent avoir de bons mots bien placés sur le moral et au bon du compte, sur la performance d’un compétiteur.

Allons-nous assister à un 5e sacre consécutif pour David Le Porho dans l’épreuve-reine, le 20 km ?  Je m’attends également à voir un certain Sébastien Roulier aux avant-postes…  🙂

Bonne chance à tous et à toutes !

Mais comment font-ils (bis) ?

Au cours de mes premières années dans le merveilleux monde de la course, au lendemain d’une compétition, je me garrochais sur SportStats.ca pour aller voir les résultats. Bah, j’avoue que je le fais encore, mais là n’est pas mon point.

Après quelques visites sur ce site, j’ai vite constaté que des noms revenaient souvent. Ceux qui m’ont frappé dès le début: Terry Gehl et Myriam Grenon. Bien que loin de l’élite mondiale, ces deux-là se classaient presque toujours parmi les premiers lors de courses organisées au Québec. De plus, Terry faisait régulièrement des excursions hors-Québec. Au-delà de leurs performances, ce qui me fascinait le plus était la quantité phénoménale de compétitions auxquelles ils participaient à chaque année: autour de la vingtaine pour Myriam, plus de 30 pour Terry. Je ne cessais de me demander: comment font-ils ?

Surtout que quelques recherches m’ont démontré qu’ils ne sont pas des coureurs professionnels, ils ont des emplois et des obligations familiales comme tout le monde. Comment trouvaient-ils le temps pour s’entrainer, avoir une vie “normale” ET faire autant des compétitions ?  À cette époque, je faisais trois courses par année et je trouvais que je négligeais pas mal l’entretien de la maison… Comment pouvaient-ils y arriver en compétionnant 10 fois plus que moi  ?  Mystère…

Puis la folie s’est emparée de moi et je me suis lancé dans les ultramarathons. Ça voulait dire encore plus d’entrainement, encore moins de temps pour faire le nécessaire à la maison. Heureusement, mes horaires de travail sont flexibles et je cours souvent pour aller ou revenir du travail. Cette année, ça me fera un total de 6 courses auxquelles j’aurai pris part et je ne me vois pas en faire beaucoup plus.

Surtout qu’il faut théoriquement récupérer entre chaque épreuve. La règle du pouce est de se laisser un jour de récupération par mille parcouru en compétition. Ça ne veut pas dire de rester à ne rien faire, mais bien d’y aller relaxe pendant ces journées. Ainsi donc, grosso modo, pour un 10 km, ce serait une semaine de récupération; pour un demi, 2 deux semaines et pour un marathon, un mois. Selon la même logique, pour un 50 milles, ce serait… 7 semaines !

Il va sans dire que je ne respecterai cette règle en vue de Philadelphie. Et que les personnes citées plus haut ne la respectent généralement pas non plus. Sauf qu’il y a pire. Bien pire…

Premier “cas”: Sébastien Roulier, celui qui a terminé deuxième au Vermont 50. Pédiatre à Sherbrooke, il doit donc être légèrement occupé par son travail, non ? Pourtant, j’ai compté une quinzaine de courses dans son calendrier cette année. Et pas les moindres. En plus de 6 marathons, il s’est tapé trois courses de 50 milles et quelques autres courses en trail. Sans compter une course de 30 km qu’il a remportée… alors qu’il poussait son enfant dans un baby-jogger !  Imaginez: quatre petites semaines après le Vermont 50, il s’est fait le difficile marathon de Magog pleins gaz (2h42, un temps semblable à ce qu’il avait fait à Ottawa en mai) puis moins d’une semaine plus tard, a terminé 3e au Stone Cat Ale 50-miler dans le Massachusetts…  Bonjour la récupération.

Deuxième “cas”: Debbie Livingston, la fille avec qui j’ai joué au yo-yo autour du 35-40e mille au Vermont. Celle-là se spécialise dans les ultras. Et elle en gagne souvent (elle m’a raconté par après avoir été déçue de son temps au Vermont 50 !). Son calendrier de l’année:

Pinhoti 100M  AL 20 4 23:25:10 Nov 3, 2012
Monroe Dunbar Brook Trail 10M  MA 16 2 1:38:28 Oct 7, 2012
VASS Vermont 50M  VT 42 4 8:43:18 Sep 30, 2012
Vermont 100M  VT 22 3 19:20:27 Jul 21, 2012
Laurel Highlands 70M  PA 4 1 13:34:12 Jun 9, 2012
Zane Grey 50M  AZ 21 5 11:18:23 Apr 21, 2012
TARC Spring Thaw 6 Hour 6HRS  MA 4 1 33.5 Mar 18, 2012

Ok, il n’y a pas un nombre effarent d’épreuves. Mais j’ai trouvé des résultats seulement sur Ultra Signup, il y en a probablement ailleurs. Pour le reste, vous avez bien lu: alors que je me demande si j’aurai vraiment récupéré du Vermont 50 pour Philadelphie dans 11 jours, elle s’est tapé un 100 milles en Alabama la fin de semaine passée !  Sans compter le Vermont 100 et les autres courses de 50 milles ou plus… Et ce n’est pas parce qu’elle ne fait que ça dans la vie: elle est mariée et maman de jeunes enfants de 3 et 6 ans…

Troisième « cas » et non le moindre: David Le Porho, celui qui avait agi comme « mon » lapin lors de mon premier marathon. En tout, plus de 30 courses cette année. Il a commencé par des courses en raquettes (il est double champion du monde de la discipline), puis a enfilé toutes les distances, du 5 km au 100 km, sur toutes les surfaces. Une vraie machine… fort sympathique par ailleurs !  Son 100 km, il l’a fait le même jour que le Vermont 50 et il sera à Philadelphie comme moi. Mais bien évidemment, contrairement à moi, il aura fait quelques courses entre les deux…

Je n’en reviens pas…  Comment font-ils ?  Et en plus, pour faire un ultra, ça prend du temps et de l’argent. Il faut se rendre sur place (et c’est habituellement loin), avoir un endroit pour dormir. Ce n’est pas strictement essentiel, mais disons aussi que le soutien d’une ou plusieurs autre(s) personne(s) est fort apprécié, donc des frais supplémentaires et surtout, du temps pour ces gens si gentils qui nous accompagnent. Il y a aussi les frais d’inscription qui sont les mêmes pour tous car à ce que je sache, il n’y a pas vraiment d’élite en ultras (quoi que je crois que Davis a été invité par l’organisation pour son 100 km…), vu il n’y a généralement pas assez de concurrents et de commanditaires pour “absorber” leurs frais.

Bref, je lève mon chapeau à ces personnes qui réussissent ce qui est pour moi un double exploit: compétitionner sur une base (très) régulière à un (très) haut niveau ET réussir à concilier le tout avec la vie quotidienne. S’il y a un truc, j’aimerais bien le connaitre…