Petit wrap-up

Petite journée tristounette aujourd’hui, ça me rappelle une certaine partie de la Nouvelle-Angleterre…

Bon, pour en finir avec le Vermont 50 (ça fait tout de même deux semaines…), un petit complément, question de faire un wrap-up.

L’après-course s’est somme toute plutôt bien déroulée. Bon, ok, ça faisait à peine trois minutes que la ligne d’arrivée était franchie que mes muscles ont décidé de « jammer » tous en même temps. Dès lors, tout mouvement était extrêmement difficile. La petite descente (d’au moins 5 pieds) m’amenant au buffet a été très très compliquée pour moi à négocier. Mais elle en valait la peine: j’y ai mangé le meilleur burger au monde. Patrice, je comprends maintenant ce que tu veux dire !  🙂

Tout en mangeant, j’ai entendu l’annonceur nous dire que les cérémonies de remise des prix allaient commencer. Cool, j’avais fini AVANT la remise des prix !  🙂

Mais que dire de la montée démentielle vers le stationnement ?  Atroce !  J’avançais à pas de tortues, comme un vieillard. Pathétique. Rendu au RAV4, j’ai essayé de faire quelques étirements, c’était peine perdue: j’étais figé de partout. Vous devinez que ce n’est pas moi qui ai conduit pour le retour à l’hôtel. Pauvre Barbara, pognée avec un handicapé sentant le… après avoir passé une journée à la pluie.

À l’hôtel, j’ai d’abord pris une douche pour enlever la boue sur mes jambes (il y en avait une belle croûte), puis un long bain pour détendre les muscles. Ça a fait du bien, mais les épaules m’ont fait beaucoup souffrir. Il va définitivement falloir que je revoie ma stratégie avec le Camelbak.

La pizza que nous avons mangée pour souper est desendue en deux temps, trois mouvements. La bière ?  Pas une goutte: le tab… de dépanneur en face de l’hôtel était fermé. J’ai envisagé lancer une roche au travers de la vitrine, mais à la vitesse que j’avançais, je n’aurais même pas eu le temps de m’emparer d’une misérable canette que les policiers m’auraient attrapé par le collet. J’aurais pu plaider la démence passagère, mais bon, pour une bière, je me suis dit que ça ne valait pas tout à fait la peine de prendre le risque.

Au niveau des résultas en tant que tels, voici quelques chiffres:

1er chez les hommes: Brian Rusiecki en 6:27:48 (comment il fait ?!?)

1ère femme: Amy Rusiecki (tiens tiens…) en 8:1830

Quant à moi, mon temps officiel de 8:42:22 me donne le 40e rang sur 321 partants. J’ai terminé 5e sur 91 partants dans ma catégorie (les hommes de 40-49 ans), ce qui me surprend un peu et m’enchante beaucoup. Je suis aussi 3e chez les Québécois. En tout, 271 personnes ont terminé sur 321 au départ. On remarque donc que le taux d’abandon est très élevé par rapport à ce qu’on voit en courses sur route.

Quoi, vous voulez des nouvelles de Louise et des autres ?  Ça va venir cette semaine, le temps que je fasse quelques recherches (parce que je vous connais, vous allez vouloir des photos).

Maintenant, l’heure des bilans. Comme je suis très compétitif avec moi-même, j’essaie toujours de m’améliorer et dans ce cas-ci, je vois beaucoup de pistes pour les améliorations. Bon, mon objectif initial de 8 heures était peut-être légèrement optimiste. Si j’avais réussi, j’aurais fini 14e au général et premier dans ma catégorie !

Ceci dit, je me rends compte que j’ai perdu beaucoup aux stations d’aide, particulièrement quand j’ai changé de vêtements. Une gestion plus efficace de cet arrêt aurait pu me sauver facilement 3 ou 4 minutes. Aux autres stations, un petit 30 secondes à chaque fois, ça fait bien un autre 4 minutes à l’arrivée, non ? Au total, entre 7 et 8 minutes que j’aurais pu couper facilement.

Pour l’équipement, je devrai revoir. Le Camelbak pourrait sauter, surtout que je n’ai pas la carrure pour trainer autant de stock. Avec 6-7 livres de moins sur moi, c’est évident que j’irais plus vite. Et mes épaules m’en remercieraient grandement !  Plusieurs avaient des bouteilles dans les mains, mais je ne suis pas certain que c’est adapté pour moi. Comme je disais, pas vraiment costaud, le gars… Une ceinture d’hydratation avec du Gatorade et de l’eau ?  C’est une avenue que je vais explorer. Par contre, c’est loin d’être efficace au niveau remplissage.

Pour ce qui est de l’entrainement en tant que tel, je pense avoir fait les bonnes choses, sauf un point: définitivement que je devrai faire plus de montagne. Quand je retournerai au mont St-Bruno, il y a deux côtes en particulier que je prenais bien soin d’éviter mais que je devrai dorénavent faire à répétition, autant en montée qu’en descente. Surtout sur la fin de mes longues sorties, de façon à habituer mes quads à la souffrance. Le mont St-Hilaire risque de recevoir plus féquemment ma visite et mes parents seront heureux (du moins, je l’espère !) d’apprendre que je compte bien aller m’entrainer dans leur coin l’an prochain.

Parce que oui, j’ai définitivement l’intention de recommencer. Plein de beaux projets, hein ?  🙂

Journée « la tête ailleurs »

Au moment d’écrire ces lignes, mes « collègues marathoniens » sont encore à se mesurer au nouveau parcours du marathon de Montréal. Il fait beau et frais, température idéale pour performer… s’il ne ventait pas à ce point !  Disons que le bout sur St-Joseph, entre Pie IX et le parc Lafontaine, doit être assez pénible merci…

Pour moi, c’était la dernière sortie en sentiers au mont St-Bruno aujourd’hui. Un petit 20 km que j’ai évidemment fait trop rapidement. Rien à signaler, à part une section de MON sentier des Lacs qui était fermé à cause d’une chouette rayée qui s’amuse à attaquer les passants, « particulièrement les coureurs comme vous » m’a précisé un gentil préposé (ça devait être parce qu’il conduisait un cart et non un pickup).

Mes pensées de coureur étaient définitivement ailleurs ce matin. À part à Montréal (évidemment), elles étaient en partie à Virgil Crest, où mon « modèle » dans le monde de la course en sentiers, Patrice Godin, a dû s’arrêter à la mi-course hier en fin de journée. J’ai hâte de savoir pourquoi, en espérant qu’il ne soit pas blessé.  Je pensais aussi à Boston, aux nouvelles que je devrais recevoir demain à ce sujet. Et finalement, je songeais à toute la logistique entourant la fin de semaine prochaine. Comme la météo est incertaine, nous devrons tout prévoir côté vêtements et ça risque de prendre pas mal de place. Et quand on est nouveau dans quelque chose, on en traine toujours plus que nécessaire…

Bref, les kilomètres ont passé sans que je m’en rende vraiment compte. L’idéal serait que ce soit encore comme ça la semaine prochaine !  🙂

Trop ? Pas assez ? Juste ce qu’il faut ?

Je sais que je me répète, mais quelle température idéale pour courir encore une fois ce week-end !  L’été qu’on a eu a été plutôt taxant sur les organismes, mais là, on n’a vraiment pas à se plaindre.

J’ai finalement pris une « grosse » décision par rapport à mon dilemme de cette semaine hier matin, pendant que je parcourais les sentiers du bord du fleuve: j’allais faire 26 km hier et 30 aujourd’hui.

Hier donc, dans les sentiers plats de la voie martitime, une course faite à bon rythme, en fait au même rythme que la semaine dernière: 4:30. Les sensations étaient bonnes, l’air aussi et le vent, pas trop dérangeant. Puis ce matin, cap sur St-Bruno, pour l’avant-dernière fois. Je n’étais pas encore sorti de l’auto qu’un chevreuil se montrait le bout du nez, dans le champ au bout du boulevard. Ça augurait bien.  Après une petite séance de réchauffements (mot qui prenait tout son sens ce matin !), je suis parti, portant coupe-vent pour la première fois depuis des lunes et chaussé de mes Salomon tout neufs, visibles à partir de l’hélicoptère TVA.

À deux semaines de la course, je voulais faire un petit test: voir comment mes jambes sont capables de supporter une longue course quand elles sont fatiguées. Parce que pour la première fois de ma « carrière », j’avais l’intetion de faire plus de 25 km deux jours de suite. En fait, je n’avais même jamais fait plus de 20 km deux jours de suite, c’est pour dire.

Pendant environ 20 km, ce fut une véritable partie de plaisir. Une fois le moteur mis en marche, c’était tellement agréable… Puis j’ai encore une fois senti le moment où mon corps est passé en mode « réserves » et c’est là j’ai eu un petit ralentissement. Et comble de « malheur », je venais de rattraper une dame et bon, mon orgueil étant ce qu’il est, je n’étais tout de même pour marcher la petite montée qui s’offrait à nous à ce moment-là… Toutefois, une fois mon gel au beurre d’arachides englouti, ça s’est replacé et j’ai pu terminer en me disant que j’en aurais bien fait 10 autres. Moyenne de 4:56, vraiment pas mal pour un lendemain de longue sortie (ok, la température fraîche y a peut-être été légèrement pour quelque chose).

C’est seulement la raison qui m’a empêché d’aller faire la boucle rustique de 3.5 km avant de retourner à la maison. Elle me tentait vraiment. Mais je me suis retenu, je suis en diminution de charge d’entrainement après tout.

En revenant, c’était justement la question qui me trottait dans la tête: en ai-je fait trop ?  Ou pas assez ?  Ou juste comme il faut ?  C’est ce qui est frustrant: on ne le sait pas. Ces 56 kilomètres en deux jours auront-ils un effet bénéfique ou néfaste sur ma préparation ?  Au moins, je ne me suis pas blessé. Aussi, ma hanche a très bien passé les descentes, même la grosse du sentier des Lacs qui est ma bête noire. C’est déjà ça de pris.

À partir de maintenant, c’est vraiment la diminution. Des sorties de 15 km cette semaine (vitesse mardi, mont Royal jeudi), puis une combinaison à déterminer pour le week-end prochain. Suivront deux petits 10 km la semaine avant la course et ce sera fini. Je ne peux tout simplement pas me faire à l’idée que la prochaine fois que je vais faire plus de 20 km, ce sera pour en faire 4 fois plus…

Apprendre (presque) à la dure

Les vacances sont presque terminées, retour au boulot lundi. J’en ai toutefois profité hier pour faire ma dernière grosse course avant le grand jour.

Initialement, je voulais faire trois sorties d’au moins 50 km en sentiers avant le Vermont 50, un peu comme on fait trois sorties de plus de 30 km quand on prépare un marathon. Mais bon, il y a eu des changements dans les plans pour les vacances et comme on dit, courir 50 km, ça gruge une journée, genre…

Alors hier, je me suis dit que ce serait la deuxième et dernière. Au programme: 56 km au mont St-Bruno. Pourquoi 56 ?  Ben, parce que ça correspond à 70% de la distance visée, ce que je trouve être un pas pire ratio. Je me suis donc « élancé », mon Camelbak rempli à ras bord de Gatorade, de l’eau à la ceinture, 4 gels, 2 barres énergétiques et des predzels en quantité. J’étais prêt pour la grosse ouvrage, comme on dit.

Je n’avais pas fait 500 mètres que je rencontrais, tradition oblige, une maman-chevreuil et un petit. Il n’y a rien à faire, je suis incapable de poursuivre mon chemin quand je croise d’aussi belles bêtes… Ça commençait bien la journée. Puis, bon, les milliers d’ajustements du premier kilomètre passés, j’ai fini par me mettre en route pour de vrai. Et qu’est-ce qui m’attendait, comme à tous les jours cet été ?  L’humidité. 15 minutes de course et je dégouttais de partout. C’est vraiment fou comme climat. Un 7 septembre, bout de viarge !  Enfin, fallait que je fasse avec.

Rien d’autre à signaler pour les 10 premiers kilomètres. Après avoir rempli mes bouteilles d’eau, je suis reparti. Ça allait bien. Ma moyenne du premier tour (4:54/km) avait toutefois été un peu trop rapide à mon goût, mais bon…  J’étais sur mon sentier préféré quand le premier problème s’est pointé. J’adore le « Tour des Lacs », sauf à un endroit, où il y a une descente très abrupte que je ne suis jamais capable de courir comme du monde. Cette fois-là n’a pas été l’exception.

Mon pied gauche a pris un drôle d’angle à un moment donné et j’ai senti une grosse douleur dans ma hanche. Ouch !!!  Je me suis arrêté, ai constaté les dégâts, puis suis reparti, tant bien que mal. Shit, il fallait que ça passe, il me restait l’équivalent d’un marathon à faire, moi … Les kilomètres suivants ont été difficiles, les descentes particulièrement. J’essayais de protéger ma hanche, mais sans trop de succès. Merde.

Puis, autour du kilomètre 18, j’ai commencé à me sentir bizarre. Un peu étourdi, ou faible, je ne savais pas trop. Négligence de ma part: quand je fais une longue course sur route, je prends habituellement un premier gel autour des kilomètres 15 ou 16, Ça aide la transition du corps du mode « carburons au sucre » vers le mode « carburons au réserves ». Après 18 km, en sentiers, j’étais bien en retard. J’ai terminé le tour un kilomètre plus loin, puis ai mangé un bonne quantité de predzels et pris un gel. C’était enregistré: erreur à ne pas commettre dans trois semaines.

Le troisième tour, effectué sur le sentier le plus difficile de la place, a bien commencé, mais au kilomètre 23, je n’avais plus de jus. Merde et remerde !  J’ai envisagé de couper ça court, je ne me voyais tout simplement pas faire 33 autres kilomètres… C’est là que je me suis mis à me parler (bon, les gens qui me connaissent savent que je passe mon temps à me parler, mais en tout cas…): si tu lâches, tu vas le regretter. Si tu tombes sur des passes difficles en course, tu vas faire quoi, hein ?  Arrête de te plaindre et finis au moins ton tour !!!

C’est ce que j’ai fait. Presque 29 km de faits quand j’ai rempli à nouveau mes bouteilles. Le fait d’avoir complété la moitié de mon objectif m’aidait un peu. Ok, gel au beurre d’arachides et on repart. Mon sentier préféré, une autre fois, question d’avoir bon moral. J’avoue que ça allait plutôt bien, que mon affaire se replaçait tranquillement quand je suis arrivé, encore, à la foutue côte. Cette fois-là, j’ai vraiment cru que la jambe était pour m’arracher… Ça y est, j’étais blessé, je devais déclarer forfait.

Mais finalement, non. Les descentes étaient atroces, mais le reste n’était pas mal. Et rendu à l’accueil, j’avais maintenant 38 km au compteur. Plus que 18. J’ai rechargé les batteries avec d’autres predzels et une Power Bar au complet. J’ai englouti ça avec une telle aisance que je me suis rendu à l’évidence: j’allais devoir manger plus en compétition.

Afin de protéger ma hanche, j’ai décidé de faire un sentier que je ne fais jamais parce que trop facile à mon goût. Ce sentier passe entre autres devant la maison de Georges Brassard, le « monsieur bibitte » de l’insectarium. Disons que sa maison a l’air aussi étrange que le personnage…  🙂  Donc, sentier valonné que j’ai fait prudemment, en prenant soin de garder une cadence plus relaxe. Après l’avoir fait une fois, j’avais 45 km dans les jambes. J’ai avalé un gel « expresso » avec double dose de caféine et suis reparti.

La caféine a vite fait son oeuvre et je sentais que j’avais l’énergie pour poursuivre pendant des heures. Évidemment, ça a été de courte durée… Mais ce sentier étant pas mal utilisé par les coureurs (et surtout les coureuses !  :-)), disons que mon orgueil m’a fait avancer plus vite que je pensais en être capable. J’ai terminé le tout avec le sentier rustique de 3.5 km, totalement perdu dans le bois. Celui-là est plus technique, avec de la roche et des racines, et je trouvais l’occasion parfaite pour tester ma vigilance avec plus de 50 km dans le derrière. Je m’en suis assez bien tiré et en bonus, croisé un beau petit faon.

Anecdote sur la fin de course. J’ai pris l’habitude d’aller me chercher un « Powerade » bien froid dans les machines distributrices de l’accueil après mes courses au mont St-Bruno. C’est comme ma « récompense » (je sais, c’est un peu loser comme récompense). Comme ça coûte 3.25 $, j’ai mis 4$ dans la machine. Et là, les pièces se sont mises à tomber: ca-ching, ca-ching, ca-ching !  J’avais gagné le jackpot, woo-hoo !!!  Hé non, la machine me redonnait mon change… en pièces de 5 cents !  15 beaux castors juste pour moi !  Ben oui, chose, j’allais trainer ça, moi, et écouter les gueling gueling des pièces qui cognent ensemble. Yeah right !

Je me suis donc présenté au bureau à l’avant et ai fait offciellement un don au parc. Le gars m’a regardé avec un drôle d’air, je ne sais vraiment pas pourquoi…  😉

Donc, au final, à part qu’il faut que je traine le change juste la prochaine fois, beaucoup de leçons à retenir…

Premièrement, une pinte de Blue Ribbon, une cannette de Heineken et quelques verres de rouge la veille d’une aussi longue course, ce n’est peut-être pas l’idée du siècle. L’alcool est mon vice, je l’ai toujours admis. Je vais lever un petit peu le pied de ce côté et évidemment, la semaine avant la compétition, je vais tout arrêter.

Deuxièmement: manger. Il va falloir que je garde le réservoir plein, et pas seulement au niveau liquide. C’est priomordial.

Troisièmement: la cadence. Je vais trop vite, je le dis depuis des lunes. Et malheureusement, c’est difficile de trouver le bon rythme en sentiers parce que le GPS, à cause des arbres, a de la difficulté à afficher la cadence réelle. De plus, avec les côtes, on a de la difficulté à évaluer si on va au bon rythme même si on se fie sur la cadence moyenne. Mais il y a un principe fondmental en course très longue distance: si tu veux finir plus vite, tu dois aller plus lentement !

Quatrièmement: si ça va mal, persiste, ça va aller mieux plus loin. Tout le monde a des mauvaises passes, ce sont ceux qui les gèrent le mieux qui s’en sortent.

Bon, avec tout ça en tête, je peux commencer à décroître tranquillement ma charge d’entrainement, de façon à être reposé le 30 septembre.

6 chevreuils et 2 experts

Lundi matin, quand j’ai sorti Charlotte pour qu’elle puisse faire ses petits besoins, j’ai eu, encore une fois, un choc: il devait faire 22 degrés, c’était humide… Merde, il n’était même pas encore 5 heures !  J’avais 50 km au programme, moi !

J’ai tout de même fait mes petites affaires et me suis rendu au mont St-Bruno, en espérant que tout se passe bien malgré tout. J’avais à peine commencé mes réchauffements (il faudrait vraiment trouver un autre terme, moi me « réchauffer » quand il fait presque 30 degrés…) que deux gentils toutous se sont purement et simplement garrochés sur moi, comme s’ils me connaissaient depuis toujours. Étais-je pour refuser une si belle marque d’affection spontanée ?  Disons que ça m’a mis de bonne humeur avant de partir. 🙂

J’étais bien déterminé à prendre ça cool, rester « en dedans », comme on dit. Je ne sais pas si mon deuxième kilomètre était complété quand j’ai croisé mes premiers chevreuils, tout près d’un lac. Une mère insouciante avec deux petits plus craintifs. Quelles merveilleuses bêtes !  Je les ai observés quelques minutes,  puis suis reparti, le sourire aux lèvres.

Comme il faisait chaud, j’avais décidé de tester une nouvelle méthode d’hydratation. Je transportais mon Camelbak rempli de Gatorade sur mon dos et ma ceinture de route à la taille avec trois bouteilles remplies d’eau. J’allais alterner les deux liquides et essayer de m’arranger pour avoir à remplir l’eau à chaque « tour », soit aux 9-10 km.

À la fin de mon premier tour, je me dirigeais allègrement vers une petite cabane près du terrain de jeu, là où je savais qu’il y avait de l’eau quand j’ai été immédiatement alerté: le pick-up !!!  J’ai tout de suite appliqué les freins et ai rebroussé chemin. Non mais, je n’avais pas envie de faire encore semblant d’aller me faire sécher dans mon char, moi là (parce que non, le parc n’était pas officiellement ouvert) !

Après m’être trouvé de l’eau, je suis reparti. Ma cadence pour le premier tour avait été de 5:01/km, bien correct pour moi. J’étais à la fin de la montée du début du deuxième tour quand j’ai croisé une femelle. Vraiment un bon matin côté chevreuils, il n’y avait pas à dire !  Et qu’est-ce j’ai vu quelques kilomètres plus loin ? Deux autres, encore de belles femelles habituées de voir du monde, mais pas apprivoisées pour autant… Selon moi, c’est l’équilibre parfait entre l’homme et la nature.

J’ai poursuivi mon petit bonhomme de chemin, prenant une pause predzels-gel après environ 19 km. Les kilomètres passaient bien et j’ai bien pris soin de noter le moment où je passerais le 25e. J’ai alors eu un petit sourire. Si j’avais fait une longue sortie en préparation d’un marathon, il ne m’en aurait resté seulement 7 à faire. En marathon, ça aurait été 17. Et là, il m’en restait 25… Ha ben cout’ donc ! 🙂

Après 28.5 km, autre arrêt à l’accueil. Comme j’aidais une jeune mère de famille à faire entrer son giga-carrosse dans la salle de toilettes familiale, Patrice Godin est passé. Pas que je voulais le suivre, mais bon, il allait à la même place que moi, alors… Pas facile de trouver quelqu’un qui connaît les ultras. Or, il a le malheur d’être connu, accessible et de faire des ultras. J’ai donc commencé à lui jaser. Pendant que lui pissait et se changeait et que de mon côté, je buvais et remplissais mes bouteilles, il m’en a beaucoup appris. Par exemple, lui ne fait jamais plus de 50 km à l’entraînement, même en préparation pour un 100 milles. Il m’a jasé stratégie, « drop bags », de l’effet que ça peut faire de voir sa blonde quand on commence à trouver le parcours long, etc.  On a parlé de Virgil Crest, son prochain défi (100 milles). J’avoue que celui-là me ferait un peu peur… Rendus dehors, placotte, placotte, c’est fou ce que la course me rend sociable !  En tout cas, merci Patrice pour les conseils et petits « hints », ça va m’être fort utile !

Tour suivant sans histoire à part que mon ventre commençait à crier famine, alors une autre pause-bouffe s’imposait. Pendant que j’emplissais mon creux, une jolie jeune femme à l’allure athlétique m’a abordé: « Parti pour une longue sortie ? ».

Je ne sais jamais quoi répondre dans ce temps-là… Les chiffres, Fred, les chiffres, il n’y a rien de plus objectif. « Ben j’en suis rendu à 37.5 et je m’enligne sur 50… »  Quand des coureurs se rencontrent comme ça ils se demandent toujours à propos de leur prochaine course. J’ai donc parlé du Vermont 50. Elle connaissait, elle y avait déjà fait le 50 km. Sa saison de compétition était terminé, elle avait fait entre autres le 38 km à St-Donat et le XC de la Vallée. « Les trois jours ? » ai-je demandé. « Oui, oui » qu’elle m’a répondu nonchalamment. Ok! Une vraie de vraie… Donc, quand elle m’avait félicité sur mon pace, elle savait de quoi elle parlait…

Elle m’a appris qu’elle faisait de la trail depuis 6 ans (mon Dieu, elle a quel âge ?) et qu’elle était chiropraticienne. Cool, j’allais savoir le nom du muscle d’arrière-cuisse qui s’amuse à me faire peur: c’est ischio-jambier (pas certain de l’orthographe). Elle m’a donné quelques trucs pour contourner mon problème et faire travailler d’autres muscles. Vraiment gentil de sa part… 🙂

J’ai terminé ma run, comme on dit, puis suis retourné à la maison. Fatigué, mais totalement satisfait. La confiance est là, la forme aussi. Avec ce que je m’impose comme régime, si je suis intelligent le jour de la course, ça devrait bien aller.

Mais ma curiosité était piquée: qui était cette jeune femme ?  Je suis allé voir les résultats du XC de la Vallée et je n’ai pas eu à chercher longtemps: il s’agit de Marie-Josée Dufour de Québec (que faisait-elle à St-Bruno un lundi ?). C’est elle qui a gagné chez les femmes, tout comme à St-Donat d’ailleurs. Elle est également championne québécoise de course en raquettes. Quand je dis que les coureurs ne sont pas vantards de nature…

En tout cas, sortie très profitable au final: j’ai vraiment pu travailler mon endurance, tester l’hydratation et en bonus, ai reçu plein d’infos utiles de la part de deux experts. Que demander de plus ?

Une autre paire de manches

Encore une sortie « tempo » de 15 km à la chaleur aujourd’hui. Vraiment, mais vraiment rien à signaler là-dessus. À part qu’il fait aussi chaud dans les alentours de mon Victoriaville natal que dans mon 450 d’adoption.  Pas moyen de s’en sauver, cet été…

J’aimerais plutôt parler d’hier: je me suis pour ainsi dire auto-introduit au mont St-Hilaire. Premier contact assez brutal merci. Déjà dans le stationnement, je voyais que le mont St-Bruno, c’était de la petite bière: je devais virer la tête vers l’arrière pour voir le haut de la montagne et il me semblait que déjà, le petit sentier qui nous amène à l’accueil était un peu à pic à mon goût…

J’ai fait mes échauffements à l’auto, puis me suis dirigé audit accueil en marchant (routine d’avant-course habituelle pour moi). Énième coup d’oeil à la carte des sentiers, j’en sélectionne un qui semble commencer plus smooth que les autres (le Rocky rouge pour ceux qui connaissent). Non mais, si je veux faire 25 km là-dedans, vaut mieux ne pas y aller trop raide, hein ?

J’aperçois alors un gars qui a l’air assez hot merci. Jeune trentaine, bas de compression, petit Camelbak. Il semble être un habitué, je risque d’en manger toute une si je me frotte à lui. Ouin, je vais le laisser partir devant, question de ne pas me faire clencher. Mais c’est qu’il niaise, il niaise… Ho, il a l’air de faire la même affaire que moi. J’ai compris, je pars, espèce de chicken…

J’y vais vraiment progressif en passant par le lac Hertel où des gens font du yoga (le yoga, pas mal moins fatigant que courir, je devrais peut-être essayer…), puis finis par rejoindre mon sentier. Après 200-300 mètres, qui vois-je ?   Mon gars hot qui court devant moi. Je ne veux pas le rattraper, le dépasser, puis me faire coller au cul ensuite. Ok, j’arrête un bon 3 minutes pour lui laisser le champ libre puis repars. Le sentier est bien: large, un peu rocailleux avec quelques racines, mais tout à fait correct. C’est valonné au départ, ce que j’espérais.

Puis ça se met à monter. On marche. Message à mon ami de Guérette: t’avais raison, impossible de courir partout sur cette montagne-là, surtout quand il fait 30 degrés !  Pour faire changement, ça monte encore. Et encore. Je suis essouflé même quand je marche, bout de viarge !  Par pitié, faites que ce ne soit pas comme ça au Vermont !  Shit, même pas 3 kilomètres dans les pattes et je suis à bout de souffle. Je continue, alternant course et marche, travaillant à améliorer ma technique de montée. Et qui vois-je devant ?  Le gars pas si hot, finalement. Ok, je lui laisse encore du lousse. Rien à faire, je me retrouve encore sur ses talons alors que j’ai l’impression de ne pas avancer.

Dans une section tellement abrupte que j’ai presque besoin de mes mains pour monter, je décide de passer. Le gars me regarde, la langue sortie faisant comme s’il était complètement à bout. Il me fait le signe du pouce levé, me démontrant une certaine « admiration », si on peut dire. Pas pire le vieux, hein ?  Je lui lâche une niaiserie à propos de la montée, puis poursuis mon chemin. Je ne l’ai plus revu.

Après une éternité à monter, je jette un oeil à ma Garmin au moment où j’atteinds le quatrième kilomètre. 8:11 apparait. Ça m’a pris  plus de 8 minutes à faire un kilomètre !?!  Je pars à rire. C’est certainement un record !  Ça y est: une tortue et un escargot sont sur le point de me dépasser, je le sens !

J’arrive au sommet Rocky. Ouf, petite pause. Ho mais quelle vue on a !  Wow !!!  Ouin, je comprends pourquoi le monde vient ici… Mais bon, 5 km à la Garmin, on doit redescendre: on en a encore pour 20, non ?

Aille, decente très, très technique. La montée l’était aussi, mais ça dérange moins. Beaucoup de roche, des racines, pentes débiles, c’est vraiment quelque chose. Je me tourne une cheville, mais pas de dommage. Un peu plus loin, je trébuche sur une roche et réussis à reprendre mon équilibre à la dernière seconde. Ouf, s’il avait fallu que je plante… Pendant que mon cerveau est occupé à m’imaginer gisant par terre dans les roches, ensanglanté, mes jambes (mes quadriceps, surtout) poursuivent leur travail: m’amener en bas. Disons que je suis content d’avoir fait des descentes ailleurs avant de venir ici…

Une fois cette introduction à la Montagne passée, je suis parti vers un autre sommet, le Dieppe. Montée beaucoup plus progressive, sentier plus facile à pratiquer, presque un congé par rapport à l’autre. J’ai terminé le tout par deux boucles de 4.9 km du sentier mauve, que j’ai cru à tort être facile. Ha, il l’est… par rapport aux autres. Mais par rapport à St-Bruno ?  Définitivement une autre paire de manches !

En terminant ma deuxième boucle, j’ai croisé deux ados qui dévalaient un autre sentier à toute vitesse. Comme ils en faisaient moins long que moi, ils sont évidemment arrivés avant. Quand je suis arrivé, l’un d’eux m’a regardé avec un petit criss de sourire…  Ben oui, le jeune, j’ai 25 km dans le derrière, c’est normal que je sois complètement détrempé !  Mon côté mâle me poussait à lui lancer un défi pour lui enlever, son petit sourire fendant. Je m’imaginais lui pousser dans le derrière dans la montée, lui rappelant à chaque minute que son petit gras de bébé, ça devait être pesant transporter… Puis je me suis dit que j’étais justement en train de faire l’adolescent et l’ai laissé avec ses illusions.

Après être redevenu un adulte, je me suis rendu compte d’une chose: quand ils disent qu’ils sont une « réserve naturelle », ce n’est pas de la bullshit. Je cherchais un endroit pour m’étirer, genre du gazon à l’ombre et… je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas de gazon !  Quelques herbes qui poussaient ici et là, comme à l’état sauvage. Étant tout mouillé, je ne voulais pas m’installer sur le sol, alors j’ai enligné une vieille table de pique-nique. En bois naturel, pas traité.

Ouais, tout est « naturel » au mont St-Hilaire et j’avoue que j’aime ça. J’ai aussi adoré le contact avec les employés, autant le sympathique monsieur à la guérite que la gentille dame à l’accueil. Pas de place pour les chauffeurs de pick-up-air-bête, ici !

En fait, il n’y a qu’un seul inconvénient: les sentiers sont difficiles et je ne me vois pas me taper 50 km là-dedans. Ça me prendrait bien la journée !  Je le sais, c’est mon problème…

Presque rassuré

Premier vrai jour de vacances. Parce que malgré la belle fin de semaine qu’on vient d’avoir, on ne peut pas vraiment dire qu’il s’agissait de vacances. C’était plutôt encore la fin de semaine… Et qu’est-ce que j’ai fait pour célébrer les début de ces vacances tant attendues ?  Ben voyons, je me suis tapé un 40 km à mon maintenant fétiche mont St-Bruno !  🙂

40 km, c’est un symbole. Pas parce que c’est presque un marathon, mais bien parce qu’il s’agit de la moitié de la distance que j’aurai à parcourir dans exactement deux mois. Et je l’avoue bien candidement: depuis deux semaines, je commençais à douter. Sérieusement.

Comme mes deux dernières longues sorties en sentiers s’étaient plutôt mal passées, je me suis mis à mer remettre en cause. Suis-je vraiment fait pour ça ?  Et si le marathon, c’était ma véritable limite ?  Pourquoi aller si loin, donc ?  Et si je me casse la gueule ? Pourquoi investir tant de temps pour se dépasser ainsi ?  Plein de doutes, plein d’interrogations qui se résument en peu de mots: pourquoi et en suis-je capable ?  Si je sors vidé de sorties de 33 et de 36 km, de quoi vais-je avoir l’air le jour où je devrai en faire 80 ?  J’avais beau dire qu’il faisait chaud, mais la chaleur, il va bien falloir que je vive avec s’il y en a le jour de la course…

Il y avait toutefois un élément qui manquait à mon entrainement: la marche. On dit généralement qu’il faut apprendre à marcher avant d’apprendre à courir. Dans mon cas, c’était l’inverse: il me fallait apprendre à marcher maintenant que j’étais un bon coureur. Malgré ce que je le lisais partout, je ne pouvais me faire à l’idée qu’il fallait que je marche. Pour moi, une course, c’était courir, point. Si on court un marathon, on peut courir un ultra, non ?

Hé bien, pour les pauvres mortels, ça a l’air que non. Je me suis donc résigné et aujourd’hui, mon idée était faite: j’allais marcher les montées. Si ça ne fonctionnait pas, j’étais pas mal à bout de solutions. Mais, sans jeu de mot poche, je dois l’avouer: ça marche !!!  40 km parcourus à une cadence moyenne plus lente de… 1 seconde au kilomètre que la semaine dernière. Et plein d’énergie pour continuer à l’arrivée, avec en prime la confiance revenue à son top après les trois derniers jours de course. La vitesse de pointe est encore là, l’endurance monte tranquillement, les habiletés en montagnes aussi. J’ai déjà hâte à la semaine prochaine… 🙂

Je ne peux toutefois passer sous silence ma rencontre-éclair avec ma tête à claques préférée: le bon chauffeur du pick-up zélé. Je ne sais pas s’il m’a reconnu, mais moi si. J’ai compris pourquoi il m’avait tant fait ch…: il a vraiment, mais vraiment, une face à taper dedans. Air bête de mes deux… Il était dans un sentier, un cellulaire à l’oreille, faisant semblant de superviser un employé qui coupait un arbre à la scie à chaine. Du con, tu fais quoi avec un cellulaire quand il y a un tel vacarme ?!?   Il m’a jeté un regard un peu hautain, agrémenté d’un soupçon de mépris, pas foutu de se déplacer d’un quart de poil pour me laisser passer. Pis le zélé, encore sur le power trip ? Oui, je sais, j’en ai vu des choses en 5 secondes. J’ai peut-être un peu trop d’imagination. Mais que voulez-vous, il m’est totalement antipathique. Il y a du monde de même…

 

Appelez-moi Imelda ou Carrie

Hier après-midi, ma dulcinée revient d’un lunch avec une amie du secondaire qu’elle a retrouvée grâce à Face de Bouc. Après avoir jasé  un peu dudit lunch, elle me demande : « Et puis la course, comment ça a été ? ».  « Pas mal pour une course du samedi à la chaleur », que je lui réponds « Mais je pense que mes souliers de route sont vraiment finis… »

J’ai eu droit à un soupir comme réponse…

Ok, je plaide coupable…  Appelez-moi Imelda Marcos ou Carrie Bradshaw si vous voulez, je le mériterais peut-être même  un tout petit peu: mon (en fait, mes) placard(s) est (s0nt) rempli(s) de souliers. Ha, vous devinez bien que contrairement aux possessions de ces dames, les miens ont tous beaucoup servi, mais quand même. Sous les pressions de ma tendre moitié, j’en ai fait le compte il y a quelque temps: j’ai neuf paires de souliers de course. Neuf !  Et quand mes Asics III avec lesquels j’ai vécu un printemps de rêve laisseront leur place aux Asics IV et que j’aurai mon autre paire de souliers de trail (il semblerait que c’est préférable d’en avoir deux pour une course, question de changer à mi-parcours), j’en serai rendu à onze. Vous comprenez le découragement de Madame ?

Pourquoi autant ?  Tout d’abord, il y a deux paires qui servent “activement”, c’est-à-dire avec lesquels je cours: mes Salomon de trail que je me suis récemment procurés et mes Asics pour la. Les autres ?  Le coussinage étant fini et/ou la semelle trop usée, ils sont en “deuxième vie”, comme on dit. Il y a une paire qui sert pour aller promener mon petit jappy-toutou et les autres, ben, heu… je les garde « pour faire de la peinture »?

Sauf qu’entre vous et moi, on n’a pas si souvent des travaux de peinture à faire, hein ? Disons que j’en garderais une paire pour ça, au cas où. Pour le reste ?  Le pire, c’est que je ne peux même pas faire les travaux d’entretien extérieur avec ces souliers: comme ils sont très aérés, ils laissent passer la poussière et si je les enfile pour faire le gazon ou entretenir un aménagement paysager, je me retrouve avec les pieds bruns ou verts à la fin de la journée. Donc, des bas tachés et des pieds pleins de cochonneries. Pas génial. Par contre, les souliers de trail, une fois finis, peut-être que… Faire le gazon avec des souliers rouge-orange, ce serait cool, non ?

Ça fait que tout ce beau monde  reste dans les placards. Et quand on passe entre trois et quatre paires par année, ça monte vite… Pourquoi je ne les jette pas ?  Attachement “sentimental”, je suppose. J’ai vécu des belles émotions grâce à ses machins, je trouve ça un peu bête de les foutre aux poubelles comme ça, alors qu’ils sont encore tout à fait potables. Et puis, à 160-180$ la paire, ça me fait mal au coeur… Je les accumule donc, faisant semblant de ne pas voir le ridicule de la situation tout en tentant d’ignorer les appels à la raison répétés de l’amour de ma vie.

Et le pire, c’est que j’en ai tout de même jetés quelques paires au cours des années et je soupçonne que certaines autres ont trouvé le chemin du dépotoir sans que je le sache.

Pathétique ?  Oui, peut-être un peu…  🙂

Sortie de 36 km au mont St-Bruno ce matin. Comme j’ai utilisé un petit peu plus mon cerveau, ça a été un petit peu moins pénible que la dernière fois. Mais j’ai encore bien des progrès à faire… Plus facile de faire 50 milles qu’un marathon ?  De moins en moins sûr !

Et bonne nouvelle : pas de pick-up rencontré durant la demi-heure où j’étais « illégal »… 🙂

La chaleur et le zélé

Ça y est, j’entends déjà mon amie Maryse me traiter de mongol. Alors que tout le monde parlait de ne rien foutre en fin de semaine à part faire des ploufs dans une piscine, j’ai fait mes deux sorties au programme: un 15 km sur route hier et un 33 km au mont St-Bruno ce matin.

Comme ça avait plutôt bien été hier (4:12/km de moyenne), j’étais confiant. Tellement confiant que j’avais passé l’après-midi à rôtir au soleil pendant que j’appliquais de la teinture à quelques uns des cent (en tout cas, il me semble y en avoir au moins cent !)  panneaux de bois qui forment la clôture autour de notre terrain du 450. Samedi était supposée être la pire journée de cette canicule qui ne finit plus, non ?

Quand j’ai mis le pied dehors à l’heure des poules ce matin, j’ai déchanté: c’était le sauna. Norvégien, suédois, finlandais, je le sais-tu moi, mais c’était le sauna. Pas vraiment la bonne journée pour courir…  Mais bon, il faut habituer son corps à tout, non ?  S’il venait à faire cette température le 30 septembre, je fais quoi si mon corps ne l’a jamais subie ?

7h30, je m’élande donc, mon Camelbak rempli de deux litres de Gatorade, une bouteille d’eau supplémentaire à la ceinture, bouteille que je compte remplir de temps à autre. Je n’ai pas fait 1 km qu’un pick-up du parc se dirige vers moi. Quand je fais du sport, je hais les pick-ups. Viscéralement. Je ne sais pas pourquoi, mais on dirait que ceux qui conduisent les pick-ups ne voient ni vélos, ni coureurs. On ne fait tout simplement pas partie de leur monde. « Tu ne conduis pas un char ou un truck, tasse-toi de dedans le chemin ! » semble être leur devise. Je les hais.

Mais là, comme c’est un pick-up du parc, il fallait que le gars qui le conduit me voit… Il m’appelle d’un signe de la main. Shit, je n’ai pas payé (encore une fois), je viens de me faire prendre… La conversation commence:

– Monsieur, le parc parc ouvre à 8h… Avez-vous votre carte ?  Avez-vous payé ?

Non et non, du con. Mais si le parc est fermé, ça change quoi si j’ai payé ou pas? Et vos petites maudites boîtes vertes à l’entrée, elle ne donnent pas de change !!!  Je ne vous laisserez certainement pas un 20 $ dedans !   Non, je n’ai pas ma carte, je voulais aller l’acheter au centre de services. Le jour où je me ferais pogner, bien évidemment…

– Ça ouvre à 8 heures, vous allez devoir sortir. Ou aller payer à la petite boîte à l’entrée d’où vous arrivez. 7h50, ce serait correct, mais 7h30, c’est trop de bonne heure. Allez sur Internet pour commander votre carte et vous pourrez revenir après.

T’es zélé en criss toé !  Me semble que je vais me taper un autre 20-25 minutes de char pour aller cliquer ta maudite carte sur Internet. 30$, c’est juste 30$ !  Tu le veux où, au juste ?  Il va faire chaud aujourd’hui, il fait déjà chaud, penses-tu que j’ai envie de retarder ma course d’une heure ?  Tu me me fais perdre du temps, sacrament !  C’est que je n’habite pas ici, j’habite Ste-Catherine…  Je vais me rendre au centre de services et attendre l’ouverture…

– C’est fermé, vous n’avez pas le droit d’être dans le parc avant 8h. Vous devez sortir.

Va chier !  Pis mange ce qui sort !!!    OK, je vais retourner à mon auto, si c’est ce qu’il faut faire…

Je me redirige donc vers la sortie, pour un, aller chercher ma carte de crédit et deux, empêcher mes pensées moins polies de sortir par ma bouche. Moi qui avais décidé de partir tranquillement, je vole littéralement dans les sentiers tellement je suis en ta… Rendu à l’auto, je dois me calmer un peu, sinon je risque de m’épuiser… Il n’est évidemment pas encore 8h, mais je retourne dans le parc en prenant bien soin d’éviter les sentiers où un pick-up pourrait passer. Vers 7h50 – 7h55, je me dirige vers le centre de services. Chemin faisant, je croise un couple qui se prépare à commencer leur course. Sauf qu’à les voir, pas certain que c’est le genre d’exercice qu’ils ont en tête en ce moment. Le gros french-kiss, les mains sur les fesses, envoye donc, chose !  Hé, vous deux, le parc n’est pas encore ouvert !  😉  Ce qui est un peu surprenant, c’est qu’on est habitués de voir des grandes démonstrations comme celles-là chez des ados ou des jeunes adultes. Mais ces deux-là ont la quarantaine facile, je dirais même la cinquantaine pour le monsieur. Et.. ho boy, c’est qu’ils ne se lâchent pas (remarquez, je le comprends un peu ;-)) !  Wo-ho, je dérange ? Non, il ne se taperont pas 33 km ce matin ces deux-là…  🙂

Bon, centre de services fermé. Bien sûr. Je vais donc me faire un petit sentier rustique de 3.5 km avant de revenir. Ha, la sainte paix…  Et pas de criss de pick-up qui peut venir m’emmerder. Dans le bois, une maman chevreuil et son petit. Je m’arrête pour les observer. Non mais, c’est-y pas merveilleux ici… Mais qu’est-ce que c’est que ces mouches ?!?  Des mouches à… chevreuil (duh !). Merde, ils sont juste là, vous ne les voyez pas ? Pourquoi vous venez m’achaler ?  Pourquoi tout le monde est contre moi aujourd’hui ?!?

Finalement, je reviens au centre de services qui est, ô miracle, ouvert. Je me dis que quelques minutes à l’air climatisé ne me feront pas de tort. Un fois à l’intérieur, il me semble qu’il fait plus chaud que dehors. Et je me mets à dégoutter de partout. Beuh, ce que je suis dégueux… Le jeune au comptoir est poli, mais sans plus. Je serais probablement comme lui si j’étais obligé de travailler par cette chaleur. Surtout avec un t-shirt sous ma chemise… Maudit qu’il doit avoir chaud !  Ok, vous allez dire que moi je cours par cette chaleur, mais je ne suis pas obligé. Il a tout de même la gentillesse de m’offrir de signer ma carte à la maison, question de ne pas la détremper durant l’opération et la rendre illisible. Ouais, bonne idée, mais si Joe-pick-up me redemande ma carte, est-ce qu’il va encore me faire ch… parce qu’elle n’est pas signée ?

Bon, trève de chiâlage, je dois courir, moi. J’ai déjà 6 km dans les jambes, plus que 27.

J’aurais dû me douter qu’une telle entrée en matière n’annonçait rien de bon… Comme à presque chaque fois que je fais une longue sortie à la chaleur, je me suis encore fait prendre. On dit qu’on va y aller mollo et au début, ça va bien. Mais on n’y va jamais assez mollo. J’ai pris une pause bretzels-gel énergétique après 15 km et déjà, je sentais les problèmes. Merde, du 4:47 de moyenne, ralentis, y’a pas le feu !!!  Tu as fait 4:41 par 10 degrés de moins la semaine passée, hello ?!?

J’ai mouillé ma casquette (pas vraiment besoin, mais bon…), bu comme un bon, mais ça n’a pas suffi. Après 25 km, j’étais brûlé. Ayant le tête très (mais très) dure, j’ai persisté. Dans les derniers kilomètres, j’étais tout simplement pathétique, arrêtant à tous bouts de champ.

Comme je terminais ma torture, j’ai eu une illumination: c’était la sortie d’entrainement la plus difficile que je m’étais jamais imposée. J’ai souvent fait des 32 km à la chaleur, mais c’était sur route (au parc Jean-Drapeau, en fait). Un terrain pas mal moins difficile que les côtes du mont St-Bruno (heureusement que je n’avais pas mis le cap sur le mont St-Hilaire aujourd’hui !) et avec l’humidité ambiante, disons que l’ombre des arbres ne faisait pas une grosse différence. Pas étonnant que ça se soit terminé comme ça. Mais j’ai déjà vécu pire, pas mal pire, alors c’est tout de même un peu encourageant.

Leçons à retenir de tout ça ?  La première, toujours éviter les pick-ups. La deuxième: ralentir, encore plus quand il fait chaud. Dans le « pire » des cas, qu’est-ce que ça dérangerait si je terminais en me disant: « Ouin, j’aurais pu aller plus vite… » ?  J’espère que je vais finir par faire entrer ça dans ma caboche d’ici la fin septembre…