En période de tapering ? Déjà ?

Pour bien des gens normaux, le mois de novembre est synonyme de déprime. C’est le mois des morts, les arbres ont perdu leurs feuilles, la grisaille s’installe, les journées raccourcissent. Bref, l’hiver s’en vient. Comme je ne suis pas normal, j’adore novembre. Les températures fraîches combinées à un sol encore en parfait état pour courir font que je pète le feu. En novembre, j’ai parfois l’impression de voler tellement ça court bien. C’est d’ailleurs à cette époque-ci l’an dernier, par une superbe journée comme aujourd’hui, que j’ai trempé pour la première fois dans le monde des ultras en parcourant les 58 kilomètres séparant la maison de mes beaux-parents de celle de mes parents à la course. Juste pour le plaisir. Cette année, j’ai décidé de profiter de cette période pour faire Philadelphie.

Sauf qu’il y a un détail: le programme général d’entrainement que je suivais habituellement a été complètement bousillé cette fois-ci. En effet, pour un marathon, celui que je suis normalement s’échelonne sur 15 semaines au cours desquelles j’insère parfois un demi en compétition pour me tester.

Mais bon, jusqu’à la fin septembre, disons que tout était orienté vers un seul but: le Vermont 50. Puis, j’ai pris 5 jours de repos complet de la course avant de recommencer (presque) progressivement. Toutefois, j’avais seulement 7 semaines entre les deux courses, alors je me suis fait une sortie de 33 km 2 semaines après ma promenade à la campagne pour ensuite me suis donner le luxe de tomber malade la semaine suivante. 5 autres jours de repos complet, même pas de vélo, juste des petites marches avec Charlotte.

A suivi le (demi-)Marathon de Magog. Je devais théoriquement tomber à ce moment-là dans la phase de tapering , soit la diminution progressive de l’entrainement dans les trois semaines précédant la course.  Heu, ha oui ? Déjà ?  Ben, c’est que, dans le genre que je n’ai finalement pas fait grand chose…  Ça a fait que j’étais un peu fourré dans mes affaires, moi là…  J’ai décidé de faire un petite entorse à la règle et de m’envoyer un beau 32 km pour aller travailler le 1er novembre au matin. Puis, au lieu de 24 km, j’en ai fait 26 dimanche dernier. Hou…

Tout ça pour dire que je ne me sens vraiment pas à la fin d’un long et difficile entrainement, mais plutôt que je me la coule douce. Après un 13 km ce matin, j’ai un 16 km prévu demain. Ces deux sorties me paraissent tellement, mais tellement insuffisantes… Surtout qu’avec une telle température, j’aurais vraiment le goût d’en faire plus, question d’en profiter avant que la schnoutte blanche nous tombe dessus.

Marathon de Philadelphie: holly shit !

Quand je me suis inscrit pour le Marathon de Philadelphie, j’avais en tête que c’était une épreuve d’une taille comparable à Ottawa ou au Toronto Waterfront: entre 3000 et 5000 participants pour la marathon, peut-être le double pour le demi. Après tout, ces épreuves ont l’étiquette “argent” au niveau de la Fédération Internationale d’Athlétisme alors que Philadelphie n’a pas d’étiquette du tout. De plus, les temps des vainqueurs des dernières années (autour de 2h20) étaient loin d’être extraordinaires. Du même calibre que les gagnants à Montréal, pour un parcours reconnu comme relativement facile. Je voyais donc cette course un peu comme un prix de consolation pour ceux qui ne pouvaient pas aller à New York (ce qui était mon cas).

C’était jusqu’à ce que je reçoive ma confirmation officielle d’inscription cette semaine. J’ai d’abord trouvé ça bizarre de la recevoir si tard, mais bon… J’y ai appris que j’aurai le numéro 2136 (big deal…) et serai assigné au couloir noir, le troisième sur huit. Si on a décidé de me placer là, c’était à cause du temps que j’avais écrit prévoir faire lors de mon inscription: 3h25. Ouais, bon, j’étais peut-être un petit peu conservateur. Enfin…

Puis, dans le tableau montrant les numéros de dossards et les couloirs assignés, j’ai remarqué que lesdits numéros allaient de 1 jusqu’à… 14800 ! Je me suis dit non, il ne peut pas y avoir 14800 participants à ce marathon-là, ça ne se peut pas…  Intrigué, je suis allé voir les résultats de l’année passée. Surprise: 10311 personnes avaient complété le marathon !  Pour le demi, c’était un petit peu moins: 9388. On peut donc avancer sans trop se tromper qu’il y avait environ 20000 personnes au départ parce oui, les deux courses partaient en même temps.

Ouch, moi qui m’attendais à une belle “petite” épreuve… Ajoutez à ça qu’il y a eu un record d’inscriptions cette année (yééé….) et, cerise sur le sundae, les organisateurs ont ouvert à la dernière minute 3000 places supplémentaires réservées exclusivement pour ceux qui étaient inscrits à New York, mais qui n’ont pas pu participer à cause des circonstances que l’on sait. On peut donc s’attendre à être au moins 25000, peut-être même 30000 personnes entassées pour le départ. Holly shit !

Ils annoncent des départs par vagues, comme à Boston et comme ce qui a été fait à Montréal cette année. J’ai bien hâte de voir comment ça va se passer…  Car ce sera véritablement une première pour moi, autant de monde. Déjà que je trouvais Ottawa pas mal gros à mon goût (alors que le demi et le marathon partent à deux heures d’intervalle), disons que j’étais plus à mon aise avec mes 320 compagnons au Vermont. Il n’y a pas à dire, je dois définitivement avoir un côté sauvage plutôt développé… De plus, je n’ai jamais aimé le fait que le demi et le marathon soient ensemble, les coureurs du demi étant généralement moins expérimentés et donc, plus “encombrants”. Je vais probablement faire changer mon couloir assigné, question de ne pas être trop pris dans la circulation. J’ai beau ne pas avoir d’objectif précis, être pogné derrière du monde qui n’avance pas n’est jamais plaisant.

Bah, au pire, ce sera une belle façon de visiter la ville…  🙂   Parce que dans le fond, serait-on allés à Philadelphie s’il n’y avait pas eu le marathon ?

Mais comment font-ils (bis) ?

Au cours de mes premières années dans le merveilleux monde de la course, au lendemain d’une compétition, je me garrochais sur SportStats.ca pour aller voir les résultats. Bah, j’avoue que je le fais encore, mais là n’est pas mon point.

Après quelques visites sur ce site, j’ai vite constaté que des noms revenaient souvent. Ceux qui m’ont frappé dès le début: Terry Gehl et Myriam Grenon. Bien que loin de l’élite mondiale, ces deux-là se classaient presque toujours parmi les premiers lors de courses organisées au Québec. De plus, Terry faisait régulièrement des excursions hors-Québec. Au-delà de leurs performances, ce qui me fascinait le plus était la quantité phénoménale de compétitions auxquelles ils participaient à chaque année: autour de la vingtaine pour Myriam, plus de 30 pour Terry. Je ne cessais de me demander: comment font-ils ?

Surtout que quelques recherches m’ont démontré qu’ils ne sont pas des coureurs professionnels, ils ont des emplois et des obligations familiales comme tout le monde. Comment trouvaient-ils le temps pour s’entrainer, avoir une vie “normale” ET faire autant des compétitions ?  À cette époque, je faisais trois courses par année et je trouvais que je négligeais pas mal l’entretien de la maison… Comment pouvaient-ils y arriver en compétionnant 10 fois plus que moi  ?  Mystère…

Puis la folie s’est emparée de moi et je me suis lancé dans les ultramarathons. Ça voulait dire encore plus d’entrainement, encore moins de temps pour faire le nécessaire à la maison. Heureusement, mes horaires de travail sont flexibles et je cours souvent pour aller ou revenir du travail. Cette année, ça me fera un total de 6 courses auxquelles j’aurai pris part et je ne me vois pas en faire beaucoup plus.

Surtout qu’il faut théoriquement récupérer entre chaque épreuve. La règle du pouce est de se laisser un jour de récupération par mille parcouru en compétition. Ça ne veut pas dire de rester à ne rien faire, mais bien d’y aller relaxe pendant ces journées. Ainsi donc, grosso modo, pour un 10 km, ce serait une semaine de récupération; pour un demi, 2 deux semaines et pour un marathon, un mois. Selon la même logique, pour un 50 milles, ce serait… 7 semaines !

Il va sans dire que je ne respecterai cette règle en vue de Philadelphie. Et que les personnes citées plus haut ne la respectent généralement pas non plus. Sauf qu’il y a pire. Bien pire…

Premier “cas”: Sébastien Roulier, celui qui a terminé deuxième au Vermont 50. Pédiatre à Sherbrooke, il doit donc être légèrement occupé par son travail, non ? Pourtant, j’ai compté une quinzaine de courses dans son calendrier cette année. Et pas les moindres. En plus de 6 marathons, il s’est tapé trois courses de 50 milles et quelques autres courses en trail. Sans compter une course de 30 km qu’il a remportée… alors qu’il poussait son enfant dans un baby-jogger !  Imaginez: quatre petites semaines après le Vermont 50, il s’est fait le difficile marathon de Magog pleins gaz (2h42, un temps semblable à ce qu’il avait fait à Ottawa en mai) puis moins d’une semaine plus tard, a terminé 3e au Stone Cat Ale 50-miler dans le Massachusetts…  Bonjour la récupération.

Deuxième “cas”: Debbie Livingston, la fille avec qui j’ai joué au yo-yo autour du 35-40e mille au Vermont. Celle-là se spécialise dans les ultras. Et elle en gagne souvent (elle m’a raconté par après avoir été déçue de son temps au Vermont 50 !). Son calendrier de l’année:

Pinhoti 100M  AL 20 4 23:25:10 Nov 3, 2012
Monroe Dunbar Brook Trail 10M  MA 16 2 1:38:28 Oct 7, 2012
VASS Vermont 50M  VT 42 4 8:43:18 Sep 30, 2012
Vermont 100M  VT 22 3 19:20:27 Jul 21, 2012
Laurel Highlands 70M  PA 4 1 13:34:12 Jun 9, 2012
Zane Grey 50M  AZ 21 5 11:18:23 Apr 21, 2012
TARC Spring Thaw 6 Hour 6HRS  MA 4 1 33.5 Mar 18, 2012

Ok, il n’y a pas un nombre effarent d’épreuves. Mais j’ai trouvé des résultats seulement sur Ultra Signup, il y en a probablement ailleurs. Pour le reste, vous avez bien lu: alors que je me demande si j’aurai vraiment récupéré du Vermont 50 pour Philadelphie dans 11 jours, elle s’est tapé un 100 milles en Alabama la fin de semaine passée !  Sans compter le Vermont 100 et les autres courses de 50 milles ou plus… Et ce n’est pas parce qu’elle ne fait que ça dans la vie: elle est mariée et maman de jeunes enfants de 3 et 6 ans…

Troisième « cas » et non le moindre: David Le Porho, celui qui avait agi comme « mon » lapin lors de mon premier marathon. En tout, plus de 30 courses cette année. Il a commencé par des courses en raquettes (il est double champion du monde de la discipline), puis a enfilé toutes les distances, du 5 km au 100 km, sur toutes les surfaces. Une vraie machine… fort sympathique par ailleurs !  Son 100 km, il l’a fait le même jour que le Vermont 50 et il sera à Philadelphie comme moi. Mais bien évidemment, contrairement à moi, il aura fait quelques courses entre les deux…

Je n’en reviens pas…  Comment font-ils ?  Et en plus, pour faire un ultra, ça prend du temps et de l’argent. Il faut se rendre sur place (et c’est habituellement loin), avoir un endroit pour dormir. Ce n’est pas strictement essentiel, mais disons aussi que le soutien d’une ou plusieurs autre(s) personne(s) est fort apprécié, donc des frais supplémentaires et surtout, du temps pour ces gens si gentils qui nous accompagnent. Il y a aussi les frais d’inscription qui sont les mêmes pour tous car à ce que je sache, il n’y a pas vraiment d’élite en ultras (quoi que je crois que Davis a été invité par l’organisation pour son 100 km…), vu il n’y a généralement pas assez de concurrents et de commanditaires pour “absorber” leurs frais.

Bref, je lève mon chapeau à ces personnes qui réussissent ce qui est pour moi un double exploit: compétitionner sur une base (très) régulière à un (très) haut niveau ET réussir à concilier le tout avec la vie quotidienne. S’il y a un truc, j’aimerais bien le connaitre…

Annulation du Marathon de New York: la bonne décision

La nouvelle est arrivée en fin d’après-midi vendredi. Après des jours à répéter que le marathon aurait bel et bien lieu malgré les dégâts causés par l’ouragan Sandy, le maire de New York Michael Bloomberg a finalement cédé aux pressions qui venaient de partout et a annulé l’événement, une première depuis sa création en 1970.

La tempête ayant frappé la région lundi , le maire et les organisateurs croyaient que la ville aurait repris ses esprits deux ou trois jours plus tard au maximum et que l’événement ferait office de symbole: il permettrait à tous de faire un pied-de-nez à Dame Nature et montrerait que New York est capable de se remettre sur ses pieds rapidement. Aussi, le marathon génère des retombées économiques substantielles qui auraient été bienvenues dans les circonstances.

Malheureusement, vendredi en fin de journée, des milliers de foyers étaient encore et toujours privés d’eau et d’électricité. Et la grogne commençait à s’intensifier par rapport à la tenue de l’épreuve. En effet, le marathon demande une logistique impressionnante (policiers, transport, etc.) et il aurait été tout simplement indécent d’utiliser ces ressources pour une course alors que des gens sont encore dans le besoin. Et c’est sans compter le fait que le départ est traditionnellement donné à Staten Island, le coin le plus touché par l’ouragan.

Certains ont proposé de retarder le tout d’une semaine ou deux, mais on ne parle pas ici d’une partie de football qui se joue dans un endroit précis. On parle d’une course qui se déroule dans les rues de la ville, qui s’étend sur 42.2 km. On parle de 47000 coureurs qui vont faire la distance (ils font tous le marathon, contrairement à ce qu’on est habitué de voir au Canada où plusieurs épreuves se déroulent en même temps) avec tout ce que ça implique: fermetures de rues, points d’eau, bénévoles, chapiteaux, nourriture, toilettes, etc. La plupart des gens impliqués, que ce soit les coureurs ou les bénévoles, avaient arrangé leur horaire pour être disponibles ce jour-là et c’est tout. Combien de participants venaient de l’étranger ou à tout le moins, de l’extérieur de la ville ?  La très grande majorité, et pour eux, revenir plus tard était fort probablement impossible.

En tant que coureur, j’étais évidemment déchiré quant à savoir si le tout devait avoir lieu. Pour moi, le sport est une grande distraction, un superflu tellement nécesaire à la vie. Et comme le maire bloomberg, j’adhérais à la thèse du symbole. Je croyais que le marathon enverrait une bouffée d’air frais à une ville qui en avait grand besoin. De plus, je pensais aux mois d’entrainement perdus, aux sacrifices pour se retrouver le bec à l’eau.

Puis je me suis mis à penser à comment je me serais senti si j’avais été là. J’aurais été bien installé dans ma chambre d’hôtel et une chose m’aurais frappé au visage: j’aurais pris la place de gens que la tempête avait foutus dehors de chez eux. Je n’aurais jamais été capable de vivre avec ce sentiment de culpabilité. Pour participer à une simple course, j’aurais occupé une chambre que d’autres personnes auraient eu besoin pas mal plus que moi. Dès lors, il n’y avait plus aucun doute dans mon esprit: la décision prise était la bonne.

Ceci dit, elle est survenue trop tard. Je comprends que le maire et les organisateurs ont misé sur un rapide retour à la normale qui ne s’est pas concrétisé. Ils auraient été fortement critiqués s’ils avaient décidé de tout annuler dès lundi et que les services à la population étaient revenus en totalité mardi ou mercredi. Ils ont cru que le temps jouerait en leur faveur, mais ils se sont trompés. Ce sont des choses qui arrivent.

Le principal problème rattaché au fait que l’annulation ait été confirmée si tard est que la plupart des participants venant de l’extérieur étaient déjà arrivés. Certains avaient même déjà récupéré leur dossard. Moi-même, si j’avais été inscrit, j’aurais au moins été en route, mais probablement que j’aurais déjà été rendu sur place. Pour tous ces gens, ça signifie bien des dépenses qu’ils auraient pu éviter s’ils avaient été avertis plus tôt. Et bien des chambres d’hôtel ont été occupées inutilement par des personnes qui n’en avaient pas réellement besoin…

Je voudrais ici souligner le geste que les Steelers de Pittsburgh de la NFL ont posé. Leur match contre les Giants de New Tork (le stade est situé dans le New Jersey) avait lieu cet après-midi à 16h. Habituellement, les équipes visiteuses arrivent dans la ville où elle sont supposées jouer la veille du match. Les Steelers quant à eux, pour ne pas occuper des chambres d’hôtel, sont arrivés au New Jersey ce matin. C’était très délicat de leur part.

Toute cette histoire pourrait bien avoir des conséquences pour quelques années. Et ça pourrait même changer mon calendrier de courses pour l’année prochaine. En effet, au lieu de fonctionner par « premier arrivé, premier servi » le Marathon de New York effectue un tirage au sort pour « remplir » son événement. Comme je n’avais pas été « pigé » lors des tirages des trois dernières, j’étais supposé être automatiquement admis pour l’événement de 2013. Or, à ce que j’ai compris, tous ceux qui étaient inscrits cette année auront l’option de participer l’an prochain, réduisant de beaucoup la possibilité d’admission de nouveaux participants.

Je devine donc que les chances sont bonnes pour que je ne puisse pas faire partie de la fête l’an prochain et devrai attendre en 2014. Je suis allé voir sur le site Web et il n’y a pas encore de renseigenements à ce sujet. C’est bien normal, ce n’est pas si urgent… Barbara de son côté a entrepris des recherches afin de trouver une épreuve de remplacement pour novembre/décembre 2013. Pas facile de dénicher quelque chose d’aussi intéressant et aussi proche de chez nous… Philadelphie est une bonne option, mais je le fais déjà cette année. Donc, histoire à suivre.

Bien des points positifs et quelques suggestions

Vu que ça en est rendu une habitude, pourquoi pas un petit tour d’horizon sur ma dernière course, le tout jeune Marathon de Magog ?

Comme j’en ai glissé un mot dans mon dernier article, je dois avouer que j’ai été agréablement surpris par la qualité de l’organisation de l’événement. Si on veut comparer avec une épreuve du même genre, les organisateurs n’ont rien à envier à ceux du Tour du Lac Brome.

Originalement, je craignais un embouteillage pour les stationnements et un service de navettes ne suffisant pas à la tâche. Mes craintes ne se sont pas concrétisées. Aussi, comme le parcours empruntait des routes ouvertes à la circulation, on aurait pu avoir des problèmes de ce côté également. Hé bien non, je me dois de souligner l’excellent travail des policiers affectés au contrôle de la circulation automobile. Ils donnaient toujours la priorité aux coureurs et jamais nous n’avons été embêtés par des conducteurs impatients ou tout simplement inconscients.

Autre signal « pouce levé »: les points d’eau. Ils étaient très nombreux et les bénévoles qui y étaient affectés accomplissaient leurs tâches avec un bel enthousiasme. L’idée d’offrir des bretzels était aussi excellente (surtout pour un gars comme moi qui avais déjeuné pas mal de temps avant le départ !). Par contre, l’eau et le « Gatorade » (il était transparent, pas certain que c’était vraiment du Gatorade…) étaient servis dans des petits verres en plastique. Côté environnemental, ce n’est déjà pas un bon point. Mais en plus, boire dans un verre en plastique tout en courant, c’est très difficile. Des verres en carton, s’il-vous-plait.

En ce qui concerne les toilettes, Maggie qui était sur place et que je n’ai malheureusement pas rencontrée, a trouvé qu’il en manquait. Quant à moi, il m’a semblé y en avoir en très bonne quantité, encore plus qu’à ma dernière participation au Marathon de Montréal. De toute façon, j’en appelle ici à la galanterie de mes congénères de sexe masculin: quand il y a un boisé tout proche, laissez donc les toilettes aux dames…

Mais que dire du paysage ?  Magnifique. Vraiment le plus beau que j’ai connu pour une course sur route. Et de loin.

Bon, après les fleurs, le pot…  Mais non, des suggestions je dirais. La première, c’est le chronométrage. Il était carrément déficient. Toute course qui se respecte a au moins une horloge. De plus, tous les concurrents ont été crédités du même « temps de départ », soit l’heure supposément précise à laquelle le départ a été donné. C’est un peu ridicule. Pour le demi, nous étions environ 1000 et certaines personnes ont croisé la ligne de départ un bon 3-4 minutes après les premiers. C’est injuste pour eles. Une association avec une compagnie de chronométrage reconnue comme SportStats est un must à mon humble avis. D’ailleurs, il n’est pas normal que dans le monde dans lequel on vit, les participants doivent attendre jusqu’au mercredi suivant l’épreuve pour avoir les résultats en ligne.

Autre point à améliorer: le dépôt de sacs. Avant le départ, la file pour ceux qui désiraient laisser quelques effets personnels « en consigne » était démesurément longue. Dans les minutes précédant une course, la dernière chose qu’on veut, c’est se stresser à savoir si on va manquer le départ. Assigner plus de bénévoles à cette tâche serait apprécié.

Dernier point: refaire le profil du parours tel que présenté sur le site web. Il n’était vraiment pas représentatif du relief auquel les coureurs étaient confrontés. En fait, jusqu’aux kilomètres 7-8, je dirais qu’il est exact, mais après ça…  Ainsi, sur le relief présenté, il est montré que le parcours s’élève régulièrement du 8e jusqu’au 11e kilomètre, puis est généralement descendant pour les 6 kilomètres suivants. Or, ce n’était pas du tout le cas, les descentes et les montées se succédant de façon assez régulière dans cette section. Sylvain, qui avait étudié ce relief, a été un peu découragé de constater une fois rendu sur place que ce n’était pas ce qu’il s’attendait à voir…

Ha oui, j’oubliais… Cette épreuve se targue d’être le demi-marathon le plus difficile au Québec. Léger bémol ici… Je ne connais pas les autres courses sur route, mais je sais pertinemment qu’il y a des demi-marathons plus difficiles. Je parle entre autres des XC trails de Sutton et Orford, l’Ultimate XC kmag de St-Donat et du XC de la Vallée qui présentent tous des demi-marathons qui ne devrainet même pas être cités dans la même phrase que celui de Magog. Même pas proche d’être proche au niveau difficulté. Mais bon, ce n’est pas de la route, alors…

Ceci dit, le Marathon de Magog est une belle épreuve que je recommanderais à tous, autant aux coureurs avancés qu’aux débutants… s’ils n’ont pas dans l’idée de battre des records !

Le point de vue du principal intéressé

J’avais un courriel de mon ami Sylvain ce matin. Je crois qu’il a vraiment aimé son expérience !  🙂   Il m’a envoyé l’histoire de sa première course et je trouvais ça vraiment trop bon pour ne pas la publier. Alors pour la première fois, un texte du « Dernier kilomètre » ne sera pas signé par moi, mais par mon grand ami Sylvain Hamel. Toutes mes félicitations encore une fois !  🙂

 

Je connais Fred depuis que nous sommes tout petits, vous l’avez vu, c’est moi le Sylvain dont il parle parfois. La première fois que je l’ai rencontré, c’était avant la maternelle, il jouait au hockey avec un autre de nos copains et j’ai nommé Stéphane Audet. La fameuse rivalité Montréal vs Québec, on habitait à quelque part entre les deux (Victoriaville) donc c’était facile de se trouver quelqu’un à narguer quand son équipe gagnait.

Nous avons toujours été de nature sportive sans pour autant se spécialiser dans rien en particulier. J’ai bien tenté l’haltérophilie un certain temps et je passais mes fins de semaine au centre de ski alpin de Warwick, ce qui me donnait de bonnes cuisses. D’où mon surnom « HAM ». Certains croyaient que c’était le diminutif de mon nom de famille qui est Hamel.

Je n’avais pas la fibre très endurante, mon sport consistait à donner tout ce que j’ai l’instant d’une seconde ou deux et me retirer. Mes amis ont tenté de me faire sortir à vélo à quelques reprises et par un moment d’insouciance, j’ai accepté de les suivre au chalet de mes parents. Ce fut mon premiers calvaire, pas d’entrainement, avec un vélo de montagne lourd et l’esprit d’un sprinter…

Les années passèrent, on s’est un peu perdus de vue… La famille, le travail, on a rejoint nos villes de hockey respectives, moi à Québec et Fred près de Montréal. La trentaine s’installe, les enfants apparaissent et qui dit grossesse, dit grossesse sympathique. La séparation qui a suivi m’a bien aidé à perdre du poids mais ce ne fut que partie remise. Je fais 5 pieds10 pouces et à mon plus fort j’ai atteint les 220 lbs. Notre première retrouvaille de jeunesse laissait mes amis surpris car ils m’ont connu faisant partie de la classe des 62.5 Kg en haltérophilie soit 137 lbs (avec de bonnes cuisses, vous vous souvenez « HAM », il ne restait rien au-dessus de la ceinture).

J’ai eu la chance de rencontrer ma copine actuelle, Marie-Josée et bien qu’elle porte le même nom que moi, nous ne sommes pas mariés. Elle m’apprit à mieux m’alimenter, facile direz-vous, on ne devient pas ankylosé à bien manger. Y avait place à amélioration et j’en ai profité pour me redonner une nouvelle silhouette durant l’hiver 2011. Mon nouveau poids santé 175 lbs !!

Ceux qui avaient été surpris de me voir à la première retrouvaille, l’ont été tout autant cette fois-ci. C’est là que l’histoire commence, Fred me lance « Tu serais capable de faire un demi-marathon avec la shape que tu as ». La graine était semée, il ne restait qu’à l’arrosr. Julie, une amie, s’en charge adéquatement et je dirais qu’elle y a même mis de l’engrais. Elle ajoute « T’es pas game… ». C’est vrai que j’aime les défis mais ce n’est pas l’histoire d’une demi-journée d’efforts celui-là. Je l’ai relevé comme par orgueil mais ma motivation profonde était le dépassement de soi. Je n’avais pas encore idée dans quoi je m’embarquais.

Début mars, je m’installe sur un tapis roulant pour voir ce que ça dit… Je garde le silence car je ne me suis pas encore officiellement engagé. Le 12 mars 2012, je fais mes emplettes de course, 250 $ pour une paire de souliers adaptés à mes pieds, un t-shirt, un cuissard et des bas (1.99 $ application Nike + pour suivre mes performances sur iPhone). À partir d’ici, il faut cesser de prendre des notes, c’est à proscrire. Première sortie officielle 6 km @ 5’ 18’’ /km, je sais je ne respecte pas les règles (faire des intervalles de courses et de marches, ne pas excéder 10% de croissance hebdomadaire, …). Je me laisse emporter facilement !

Au troisième jour j’étais à 9.5 km, 2 semaines de plus et j’étais à 12.3 km et à ma douzième sortie je tente une montée (faux plat) de 7.5 km qui devait m’amener à faire mon 15 km. Déception, à mi-parcours, je décide de faire des étirements puisque mes mollets sont très crispés et voilà que je me mets à courir comme Terry Fox. La douleur m’empêche de courir, je marche un peu et je réessaie, même résultat. Je laisse passer une semaine et comme la douleur est partie, je reprends la course. C’est officiel, le 16 avril je dois prendre rendez-vous chez un physiothérapeute: j’ai une petite déchirure du mollet gauche. Je suis en arrêt jusqu’au 12 mai et cette fois-ci le retour doit être progressif. J’ai consolidé mon mollet par le vélo (moins d’impact direct et il se fait solliciter quand même).

L’entrainement se fait dans le vieux Québec, parfois sur promenade Champlain sans dénivelé et parfois près du château Frontenac en passant par les 400 marches. Un des plaisirs de la course à pied c’est bien les paysages, il faut en profiter. Ma plus longue sortie est de 16.6 km @ 5’ 02’’ /km sur Champlain. Je suis prêt avec mes 47 sorties depuis le début de l’été (330 km) et je vise trois objectifs, terminer la course, faire moins de 5’ 10’’ /km et faire moins de 5’ 00’’ /km. Je suis loin de me douter que le dénivelé est comme ça à Magog.

Louis, Fred et moi entamons ce demi-marathon, trois copains de longue date. Pour eux, passer le fil d’arrivé avec moi est l’unique objectif. Comme d’habitude, je pars trop vite, Fred m’en informe et Louis garde ses distances. Il faut dire que Louis s’est blessé au mollet une semaine avant la course et il a choisi de ne pas courir dans la dernière semaine afin de se ménager son mollet. Il craint les descentes mais il est plus vite que moi dans les montées et il a tôt fait de nous rattraper. Il en profite donc pour prendre de l’avance et nous attendre plus loin.

Je fais donc ma course avec Fred, il semble s’amuser autour de moi comme une abeille. Après un certain temps j’entre dans ma bulle car l’effort est de plus en plus irritant. Il trouve que je ne profite pas assez du paysage, faut dire qu’il n’est pas habitué de courir avec tant de filles autour de lui, moi j’ai peine à les voir. Pour Fred, c’est une balade dans le parc. Il refuse les bretzels au kiosque et 100 mètres plus loin, il change d’idée puis vient me rejoindre sans que ça paraisse. C’est la même chose pour aller se soulager dans les bois ou attacher ses lacets. Il est même parti à la course, dans une montée, pour rattraper un concurrent qui nous avait dit de se tasser sur le bord pour marcher. Susceptible, la chèvre des montagnes !! 😉

Chaque montée me rentre dedans et alourdit mes souliers. Le seul point positif, c’est qu’il y en a une de moins à faire à chaque fois. Je suis passé de : mal de hanche qui m’a quitté au deuxième km pour faire place à une crampe abdominale qui a fait place au reflux gastrique et qui s’est transformé en flatulences. Ça me rappelle que j’étais bien dans la piscine de l’hôtel la veille.

Bien que le trajet de 21.1 km est pour moi un exploit, le vrai mérite est dans toutes ses sorties qui ont précédé malgré les conditions météorologiques, la blessure et l’envie de se reposer. J’ai aussi découvert que lorsque je sors pour courir, mes jambes en ont envie, c’est comme un appel au défoulement. L’entrainement est complet, autant pour le mental que le physique.

Je n’ai pas fait un exploit extraordinaire, plusieurs avant moi l’ont fait et même plus. Toutefois, si vous croyez que ce n’est pas à votre portée parce que vous avez un excès de poids et que vous n’êtes plus en forme comme avant, c’est le temps de vous lancer un défi et pratiquer votre persévérance, vous n’en serez que mieux à tous les niveaux. Il existe des 5 km et des 10 km aussi.

Amusez-vous bien !!

Merci à mes supporters Marie-Pierre, Audrey, Marie-Josée et Jonathan

Merci à mes grands amis de toujours Fred et Louis

Sylvain

Marathon de Magog: une bien belle journée

Octobre 2007. Suite à des contacts initiés un peu par hasard, 5 grands chums du secondaire, dont moi, se retrouvent pour une journée entre gars. Parmi eux, mon ami d’enfance Sylvain que je n’ai pas vu depuis presque 10 ans. Il n’a pas changé d’un poil sauf… son tour de taille. Il dépasse maintenant les 200 livres et sa forme physique laisse à désirer… Ça fait bizarre de le voir gras, lui qui était aussi mince que moi dans le temps.

Octobre 2012. Cinq années ont passé et les grands chums se voient maintenant assez régulièrement. Aujourd’hui le 28, journée spéciale: Sylvain, qui est peut-être dans la meilleure forme de sa vie, en est à sa premère course officielle. Il fera le demi-marathon dans le cadre du Marathon de Magog. Pour l’occasion, Louis et moi l’accompagnerons.

L’arrivée sur le site se fait rondement. Le stationnement est spacieux et le service de navettes est efficace. Sur les lieux, nous rencontrons  Christian, un collègue de travail à moi. L’ambiance est relaxe, la température, parfaite: frais et vent nul. Louis, nouvellement papa, n’est pas tellement confiant: il s’est blessé en s’entrainant et lors des deux autres courses qu’il a faites par le passé, la même blessure l’avait ralenti. Et comme on dit, jamais deux sans trois…

Guylaine, une amie de Louis qui fêtera ses 40 ans demain se joint à nous pour un petit brin de jasette. Elle aussi fera le demi et si je comprends bien, ce sera aussi une première pour elle. Le monde de la course accueille des adeptes à chaque jour, on dirait !  🙂

C’est la première fois qu’une telle épreuve est organisée ici et je dois dire que c’est plutôt réussi. Une tente pour le dépôt de sacs, une tente pour la remise de dossards, beaucoup de toilettes. De plus, il semblerait que les douches de l’école juste à côté seront disponibles après la course. Oui, vraiment bien pour une première.

Les trois amigos (Fred, Louis et Sylvain) avec Guylaine avant le départ

Après une certaine attente, nous nous dirigeons vers le lieu de notre départ, qui est situé dans la rue, pas très loin. Mais avant nous, ce seront les marathoniens qui s’élanceront. Comme il était spécifié à l’origine que le marathon consistait en deux fois le parcours du demi et que les deux courses partaient en même temps, j’avais envisagé de faire un premier demi avec Sylvain, puis d’en faire un deuxième seul. Heureusement que j’ai changé d’idée, car non seulement le départ n’est plus en même temps, mais les parcours diffèrent également légèrement. Aussi bien dire que je n’aurais pas vu mes chums de la journée.

Départ du marathon. J’aperçois les coureurs qui s’approchent et qui vois-je aux avant-postes ?  Sébatien Roulier, celui-là même qui a terminé deuxième au Vermont 50 !  Et comme ils sont 2 ou 3 avec lui, ça veut dire qu’il y a tout de même de très forts coureurs dans cette course. Moi qui me disais que j’aurais probablement pu bien me classer, vu le faible nombre de participants…

Bon, notre tour maintenant. Sylvain ne semble pas trop nerveux. Louis et Guylaine, le semblent toutefois un peu plus. C’est parti !  Et ça commence en montant. Ouin, ils sont raides, les organisateurs… Je suis Sylvain à la trace, prenant bien soin de ne pas dicter le rythme. Je ne suis pas là pour lui imposer une cadence, mais plutôt pour l’accompagner.

Le premier kilomètre parcouru en 5:30 se fait en majorité en montant. Sylvain avance bien, semble détendu. Suit par après une longue descente et nous prenons de la vitesse, si bien qu’après 2 kilomètres, notre moyenne est descendue sous les 5:00/km. Une chose m’a frappée dès le début: maudit que c’est beau ici !  La vue sur la montagne, le lac derrière nous… Je n’ose pas imaginer ce que ce serait si les arbres étaient encore de toutes les couleurs !  J’en glisse un mot à Sylvain, mais il ne semble pas vouloir trop jaser. Je comprends ça.

Tiens, Louis ne suit plus. Merde, s’est-il déjà blessé ?  Nous avons perdu Guylaine aussi. Nous sommes sur le plat ou à peu près et Sylvain tient la cadence. Je lui fais la remarque, mais sans plus: pas trop vite, la course est longue… Arrive une montée et qui revoilà ?  Louis qui s’était préservé dans la descente et qui nous a recollés dans la montée. Il nous annonce une grande nouvelle: il porte des bas de compression, mais ses mollets sont tellement minces qu’ils ont… « ravalé » pour parler en bon Québécois ! Méchante compression !  On la rit ensemble.

La montée commence à faire sortir Sylvain de sa zone de confort. Oups… Merde, déjà ?  Après 5 kilomètres, une belle descente comme je les aime s’offre à nous: longue et juste assez raide. Je demeure avec mes compagnons quelque temps, puis m’excuse, c’est trop tentant: je me lance dedans comme un enfant. Ha que je m’amuse !  Mais bon, je ne suis pas là pour ça et après quelques centaines de mètres, j’attends mes amis en trottinant.

Au bas de la descente nous attend une piste cyclable et on peut dire que le fun commence pour vrai. Parfois en terre, parfois en asphalte, parfois dans le bois, parfois sur le bord du chemin, elle est très changeante sauf sur un point: son relief est accidenté.  Certaines côtes, bien que pas tellement longues, sont très abruptes. Après deux ou trois, j’entends le moral de Sylvain tomber dans ses talons. Autour du 8e ou 9e kilomètre, je lui fais remarquer que ce n’est pas interdit de marcher. Disons qu’il comprend assez vite le message…

Mais je commence à m’inquiéter. Notre cadence moyenne est maintenant autour de 5:10/km (ce qu’il visait, mais aurait aimé faire 5:00…) et je sens qu’il se fatigue. Que puis-je faire ?  J’essaie de le distraire en lui parlant des filles autour (il y en a des vraiment jolies), mais ça ne marche pas tellement. Puis on se retrouve sur le chemin d’un monsieur qui court vraiment bizarrement. Je l’ai déjà vu quelque part, une telle façon de courir… Il se tient le corps tout raide et avance un peu comme s’il était un moulin à poivre ou peut-être la réincarnation d’Axl Rose: en faisant des rotations horizontales des jambes et du haut du corps. C’est inoubliable, un tel style. Au bout d’un certain temps, j’allume: Marathon de Montréal 2007, mon premier marathon, groupe de 3h45. Il n’y a pas à dire…

Je raconte tout ça à Sylvain, mais il est dans sa bulle. Depuis le début, il a eu un point entre les omoplates et maintenant, il commence à avoir des reflux gastriques. Merde, que faire ? Les côtes vont l’achever si ça continue. Je lui offre ma barre énergétique, des gels, au cas où. Mais avec raison, il refuse, ne sachant pas comment son système va réagir. À un point d’eau (il y en a vraiment beaucoup, c’est très impressionnant), je prends des bretzels et lui en fais part, question de lui suggérer, par la bande, genre…

À partir du 13e kilomètre, je commence à lui dire que la fin est proche, mais on dirait qu’elle ne l’est pas assez à son goût. Shit, c’est quoi l’idée que j’ai eue de lui faire faire ça ?  Le parcours est vraiment difficile, plus difficile que le lac Brome. Rien à voir avec le Vermont 50, mais quand même…

Dans la partie qui longe l’autoroute, on frappe une autre montée et Sylvain appelle une pause-marche. Je m’arrête et presque aussitôt, un gars passe tout près de moi et me demande de me tasser sur le côté. Je ne sais pas si ce sont les paroles ou le ton ou le fait que sa face ne me revient pas (bien que je ne lui vois pas la face, alors ça ne doit pas être ça…), mais le sang ne me fait qu’un seul tour. Ha ben sacrament, es-tu en train de me dire que je ne sais pas courir, du con ?

Je m’excuse (encore) auprès de Sylvain et pars après le gars que je rattrape en deux temps trois mouvements. Non mais, j’ai fait 50 milles dans le bois avec des vélos autour de moi et personne ne m’a dit que j’étais dans le chemin, ce n’est pas un gars qui souffle à faire du 5:30/km ici qui va me dire comment courir, bout de viarge !  Je commence donc mon manège totalement, mais totalement immature (ce qu’on peut être niaiseux les gars quand on s’y met): je le dépasse en le collant bien comme il faut, puis ralentis pour le laisser passer. Puis je recommence. Passe à gauche, puis à droite. J’envisage même une poussée et quelques insultes, me disant qu’il a beau être plus costaud que moi, il est fatigué alors que moi, je me promène. Au pire, je le sèmerai à la course… Oui, un vrai de vrai comportement mâle: moi plus fort que toi, moi courir plus vite que toi, moi pisser plus loin que toi. Pathétique. Je me rends compte de la stupidité de mes actions, retrouve mon calme et mon ami. Mais pourquoi je fais ça, donc ?

Si ça a distrait Sylvain, il ne m’en glisse pas un mot et nous poursuivons notre chemin. C’est toutefois avec un certain bonheur que nous dépassons ma face à claques préférée définitivement au 16e kilomètre. Peu avant de repasser au-dessus de l’autoroute, Sylvain prend un gel. J’espère que ça va l’aider. Un peu plus loin, nouvelle montée… et nouvelle pause. Je continue en marchant, l’incitant à toujours avancer. Surtout ne pas arrêter. J’essaie de l’encourager: moins de 5 km, on y est presque !  Pas certain que ça porte fruit. En tout cas, le gel n’a pas fait exploser son énergie…  Un tata sur le bord du chemin me regarde droit dans les yeux et me dit de ne pas lâcher, qu’on achève. Heu, le langage non-verbal, ça te dit quelque chose ?  C’est mon chum que tu dois encourager !

Juste avant une descente dans un sentier, je me lance dans le bois pour une pause-pipi. Pas besoin de dire à Sylvain de continuer, il a définitivement décidé de ne pas m’attendre. Good. Quand je reprends ma route, je ne le vois pas au loin. Je m’élance donc dans la descente à bonne vitesse, passant plusieurs personnes qui doivent bien se demander d’où je sors. Finalement, je rejoins Sylvain qui ne réagit pas à mon retour. Ouais, je pense que la course a changé mon vieux chum qui a l’habitude d’être légèrement plus expressif…

Nous arrivons à un point d’eau où Louis nous attend. Il avait décidé de prendre de l’avance sur nous dans les montées, question de pouvoir faire les descentes plus lentement. Nous repartons à trois dans un sentier qui me rappelle le mont St-Bruno, puis aboutissons sur une passerelle en bois: c’est ce qu’ils appellent le marais. Wow, vraiment chouette !  Un gros sentiment de jalousie s’empare de moi: il y a du monde qui ont un tel parcours pour s’entraîner… tout près de chez eux ?  Bande de chanceux !!!

Je cours derrière Sylvain quand je remarque qu’il se tient dangereusement sur les bords de la passerelle. Je lui fais remarquer de faire attention, que lorsqu’on est fatigué, il arrive qu’on soit moins vigilant… Sa réponse: « Comment ça, fatigué ?  Veux-tu dire que je suis fatigué ?!? ».  Ha, mon chum est revenu !  🙂

Mais oui, il est fatigué. Même si tout est plat ici, il doit s’arrêter pour marcher un peu à deux rerises. Allez Sylvain, 3 km. Dans 15 minutes, tout sera terminé !  Ça lui donne un petit boost et on repart. Nous sortons du marais et arrivons au stationnement où nous avons laissé l’auto. Sylvain blague qu’il veut reprendre la navette. C’est bon signe. Kilomètre 19, plus que deux. Mais il reste la dernière butte à monter et celle-là est comme un coup de poignard. Sylvain s’arrête à nouveau. Louis lui demande ce qu’il a. Réponse: plus d’énergie. Shit, j’aurais dû lui donner un gel full caféine tantôt… Allez, un petit coup de coeur, on est avec toi !

Comme il n’est vraiment pas du genre à lâcher, nous reprenons la course. Peu avant le 20e kilomètre, un monsieur nous crie qu’il n’en reste plus que deux. Hé là, donne-lui donc un coup de bat de baseball dans les jambes, tant qu’à faire !  Nous la rions plus qu’autre chose et poursuivons la montée. Un peu plus loin, un concert de casseroles nous attend. Les jokes sur les carrés rouges et Pauline Marois commencent à sortir. En passant devant eux, Louis les avertit de se tenir sur leurs gardes:  la matricule 728 s’en vient. Comme durant notre jeunesse, il a ce don pour le timing…

Une fois rendus en haut de la dernière côte, Sylvain a vraiment hâte que ça finisse. Plus que 400 mètres, 2 minutes… Il commence à avoir pas mal de spectateurs, je cherche Marie-Josée, sa copine et les enfants du regard, au cas où… Quand on aperçoit l’école, je commence à lancer des encouragements à Sylvain, comme j’avais fait pour Maryse au Lac Brome l’an passé. Je ne sais pas si c’est ça ou la simple vue de l’arrivée, mais on dirait que le feu lui prend au derrière. Il accélère subitement, tellement que j’ai de la difficulté à le rejoindre. M’entendant à ses côtés, il accélère de plus belle et ça prend tout mon petit change pour revenir à sa hauteur. Je ne peux arrêter de rire: mais d’où ça vient, cette énergie-là ?  C’est avec un grand sourire que je franchis l’arrivée. Chrono: 1:56:50, 5 minutes de plus que ma prédiction. Mais on s’en fout, il a réussi !

Ensemble à l’arrivée

Ha l’arrivée, quel endroit merveilleux !  🙂  On se félicite mutuellement, heureux d’avoir vécu ça ensemble. À peine avons-nous nos médailles autour du cou que j’aperçois Marie-Josée. Le merveilleux sourire de sa blonde: priceless !  Marie-Pierre et Audrey serrent leur papa contre elles, Jonathan, le fils de Marie-Josée, se joint à eux. Quelques photos pour immortaliser le tout: le plus beau moment de la journée !  🙂

Tu as de quoi être fier: toutes mes félicitations Sylvain !

Le tout s’est terminé par un dîner chez Louis où on a pu voir la binette de la petite Léa. Je ne sais pas pourquoi, mais Sylvain n’a pas eu de difficulté à avaler sa lasagne…  😉

Et puis les boys, on remet ça l’an prochain ?  Au Scotia Bank ?  C’est un petit peu moins accidenté…

Une goutte d’eau dans l’océan des soucis de Lance Armstrong

Petite nouvelle sur laquelle je suis tombé hier: Lance Armstrong risque de se faire déclasser de sa 497e place obtenue au marathon de Boston en 2008. Dans la même lignée, il risque également de « perdre » ses classements au marathon de New York.

Pour ceux qui ne le savaient pas, Armstrong a couru 3 marathons durant sa première retraite sportive: New York en 2006 et 2007, puis Boston en 2008. Quant à moi, bien que je comprenne le symbolisme associé au geste, lui retirer ces résultats tient du ridicule. Il est assez évident pour moi qu’il a couru ces courses sans drogue. Quiconque lui a vu la tête après ses premier et deuxième marathons admettra que ça n’a rien à voir avec l’homme qui finissait une étape de montagne du Tour de France sans avoir ouvert la bouche une seule fois de la journée pour chercher son air…. On parle ici de quelqu’un doté de qualités physiques hors du commun, doué à la base pour les sports d’endurance. Pourtant, ses temps ont varié entre 2h46 et 2h59. Si je suis capable de descendre sous 3h12 à 42 ans, je trouve même étonnant qu’Armstrong n’ait pas fait mieux alors qu’il était quelques années plus jeune. Donc, pour moi, il est inconcevable qu’il se soit dopé pour ces épreuves.

Pour le reste, disons que j’ai une opinion plutôt nuancée sur le sujet. Comme ma tendre épouse l’a si bien souligné, ceux qui le lâchent aujourd’hui jouent les vierges offensées, mais n’allez pas me faire croire qu’ils le pensaient blanc comme neige. Tous les cyclistes de haut niveau de cette époque auraient été des dopés (la plupart se sont faits prendre), mais pas lui, le meilleur de tous ?  Ben voyons donc !  Aurait-il gagné quand même dans un monde idéal sans drogue ?  On ne le saura jamais…

Pour ma part, c’est avec une certaine appréhension que j’ai repris la course ce matin. J’avais décidé depuis quelques jours que mon « retour » allait se faire graduellement. Bien évidemment, promesse d’ivrogne: après un premier kilomètre en 4:20, mes jambes bien reposées ont compensé pour le reste de mon corps pas totalement remis de sa semaine: le 10 premiers kilomètres en 41:07, moyenne globale de 4:08/km sur 15 km faits sur chemin de terre en grande partie. J’ai toutefois fait quelques arrêts en chemin (petit chien-chien à flatter, pont des écluses levé), mais je suis plus que rassuré. La forme est toujours là et le système digestif s’est tenu tranquille. Je devrais être bon pour accompagner mes vieux chums demain.

Aux dernières nouvelles, Sylvain est super-motivé, au top du top. Je sens qu’on ne sera pas trop de deux pour le retenir au départ !  🙂  Il parle d’une cadence moyenne entre 5:00 et 5:10 au kilomètre, ce qui donnerait entre 1h45 et 1h49 comme temps à l’arrivée.

Prédiction: je vais être plus pessimiste un petit peu: 1h52. Mais je peux fort bien me tromper (je l’espère, d’ailleurs), je ne l’ai pas encore vu à l’oeuvre…

Une simple lettre

Pour les golfeurs professionnels, le signal qu’ils font partie de la crème de leur profession, c’est une invitation au Masters. Le fameux Masters, pour lequel il faut se qualifier si on veut y participer. Et il semblerait que ladite invitation est très sobre: une lettre toute simple insérée dans une enveloppe bien ordinaire avec le logo du Augusta National, le tout arrivant par la poste.

Cette semaine, en revenant du boulot, une enveloppe tout aussi simple m’attendait sagement sur le bureau de l’entrée. Intrigué par le logo qui ne me disait strictement rien à première vue, je m’en suis emparé: c’était la Boston Athletic Association. En moins de deux, j’avais un couteau à la main et ouvrais le précieux envoi. À l’intérieur, un simple carton. Au recto, une image du marathon de Boston avec la mention « Confirmation of Acceptance » en-dessous. Au verso, dans la colonne de gauche, mes coordonnées, avec mon temps de qualification et mon âge le jour de la course (je sais que je vais avoir 43 ans, pas besoin de me le rappeler !). Dans la colonne de droite, les dates importantes à se rappeler. Et c’est tout.

Voilà, 6 ans de travail, de plaisir, d’espoirs, de souffrances, de joies, de déceptions. Des hectolitres d’eau et de Gatorade engloutis, des chaussures qui emplissent le sous-sol, des vêtements qui embêtent conjointe et collègues. Des heures et des heures à s’entrainer. Des intervalles, des longues sorties, des courses préparatoires, 8 marathons. Et tout se ça résume sur un petit carton portant la mention: 3:11:44.

Je crois que je vais le faire laminer…

😉

Il y a tout de même des limites

J’ai fait ce qu’il fallait faire: je me suis reposé. Lundi, repos toute la journée, malgré le merveilleux temps d’automne (je dois avouer que je ne pouvais pas faire autrement de toute façon…). Mardi, retour au travail en train. Hier, même chose, malgré le fait que j’aurais pu y aller à vélo, la température le permettant. J’avais décidé d’être sage pour une fois et de faire ce qu’il faut supposément faire: me laisser récupérer. Je sentais que je remontais la pente et prévoyais reprendre la course ce soir.

Oui, j’utilise l’imparfait: je prévoyais recommencer à courir aujourd’hui. Mes plans ont décidé de changer sans vraiment me demander mon avis: depuis hier soir, plus moyen de m’éloigner des toilettes ! Et je commence à ne vraiment pas la trouver drôle…  Je tiens absolument à accompagner Sylvain à Magog dimanche et je ne suis plus certain de pouvoir le faire. Pour faire la distance à la cadence prévue, je ne vois pas de problème, mais vais-je être capable de seulement courir dans trois jours ?  Ça fait quatre jours que ça dure, il me semble que ce serait suffisant, non ?  Heureusement que j’ai décidé de ne pas faire le marathon…

Enfin, je vais prendre mon mal en (im)patience, je n’ai pas vraiment le choix. Je dois avouer que n’étant pas habitué à être malade, je tolère très mal de rester à ne pas bouger. Quatre jours sans course ni vélo ?  La dernière fois que ça m’est arrivé, c’est quand je me suis blessé au mois de décembre. Trois longues semaines d’inactivité, un véritable calvaire… surtout pour Barbara qui a dû m’endurer pendant cette interminable convalescence.

Mais bon, je ne peux pas croire que je vais être malade si longtemps, il y a tout de même des limites, non ?

Et mon esprit de compétition ne peut s’empêcher de songer à Philadelphie. Je ne m’attendais pas à des miracles, mais avec cet arrêt subit de l’entrainement, c’est certain que mon PB ne sera pas en danger. Je m’attends même à faire plus de 3h30, une première depuis… 2009.

Pour me changer les idées, j’ai visualisé des vidéos du Vermont 50 sur YouTube. En voici quelques-uns.

Ici, une « merveilleuse » vue du mont Ascutney qui nous montre les conditions de la journée.

Celui-ci a été tourné en majeure partie à Skunk Hollow, autour du 12e mille, première station d’aide où les équipes de support avaient accès. Ça donne une très bonne idée de l’ambiance et de quoi a l’air une station d’aide « principale ». Elle était située tout juste à côté d’une garderie qui a été construite… en plein milieu de nulle part !  Je me demande sérieusement d’où viennent les enfants qui la fréquentent. C’est à cet endroit que j’ai lancé à Barbara, un grand sourire me fendant le visage: « C’est complètement débile, cette affaire-là ! »   J’étais définitivement accroc…

Les suivants ont été tournés par des concurrents en vélo de montagne. On y voit très bien le parcours, mais ils ne donnent malheureusement pas une très bonne idée du relief. Pièces à conviction numéros un et deux.

Ici, un assez bon petit survol du parcours accompagné d’une chanson très bien choisie, à mon humble avis. À 0:47, Garvin Hill, au 19e mille, le sommet de la course. À 1:30 environ, Greenall’s (32e mille), LA station d’aide, celle où j’ai fait le changement complet de mon équipement.

Le dernier et non le moindre… Il risque toutefois de vous donner la nausée si vous le regardez au complet !  😉