Ultimate XC St-Donat: holly shit !

Printemps pluvieux. 30 mm de pluie samedi. Devenez de quoi avaient l’air les sentiers aujourd’hui. Une seule expression peut décrire l’état dans lequel nous les avons rapidement trouvés: de la cr… de m…

Dès le premier kilomètre, de grandes marres d’eau et surtout de boue s’étendant à perte de vue se sont présentées à nous. Et quand je parle de boue, je parle de boue assez profonde pour retenir un soulier et évidemment faisant partie intégrale d’une marre assez étendue pour nous empêcher de faire autrement que passer au travers. À plusieurs reprises, j’ai failli perdre une des godasses, aspirée par un des milliers de marais qui jonchaient le parcours. Dès le premier kilomètre, j’avais prédit planter au moins une dizaine de fois. Je ne me suis pas rendu à ce nombre, mais c’est bien parce que j’ai été extrêmement prudent.

Pour vous donner une idée de l’état décourageant des sentiers, David Le Porho et Gareth Davies ont abandonné. Pourtant,  le grand vainqueur, Jeff Gosselin de Québec, n’a été que 6 minutes plus lent que le gagnant de l’an passé, alors que les sentiers étaient très roulants (mais il faisait très chaud). Et cette année, ils ont été trois à descendre sous les 6 heures, alors que seul Davies avait réussi l’exploit l’an passé. Je me demande honnêtement comment un être humain pouvait réussir à faire ce parcours infernal en moins de 6 heures aujourd’hui…

De mon côté, mon temps officiel a été de 8:32:24, bon pour la 24e place. Pas si mal, mais j’aurais pu faire mieux. J’ai fait quelques erreurs tactiques, mais surtout, j’ai constaté une immense carence au niveau technique. Ma vitesse de croisière dans les sections boueuses et dans les descentes est borderline pathétique tellement elle est loin de ceux de mon niveau. Par contre, quand ça monte ou que c’est roulant, c’est fou la quantité de gens que je peux dépasser…

Je compte évidemment faire un récit de cette presque folle aventure. Mais ça va toutefois devoir attendre quelques jours car dès demain, ce sont les vacances qui commencent !  🙂

L’inconnu

Ça y est, plus que quelques heures et le départ sera enfin donné. J’ai hâte.

Depuis mon arrivée ici, une constante se présente à moi: l’inconnu. Je suis dans un village que je ne connais où se déroulera une course que je ne connais pas, sur un parcours que je n’ai jamais vu. Et il y a toujours ma jambe droite, au repos depuis lundi, dont j’ignore encore quel sera son comportement. Dans moins de 12 heures, je serai fixé.

Mais il y a une chose dont je suis certain: pour rien au monde je ne souhaiterais être ailleurs.

L’infolettre

Ils avaient dit qu’ils nous enverraient une dernière infolettre “à la mi-juin”. La dernière infolettre en vue de l’Ultimate XC de St-Donat est finalement arrivée par courriel une semaine plus tard, mais on peut dire qu’elle était assez complète merci !

L’organisateur commence en lion en annonçant que deux de ses bons amis allaient partir à la course vendredi soir avec l’intention de se taper le parcours du 58 km en sens inverse, puis revenir avec nous, les participants, qui prendront le départ de la “vraie” course le lendemain matin autour de 7h. Un petit 116 km au total… Le but ? Sensibiliser la population aux problèmes de santé mentale (heu, c’est que les gens normaux pensent déjà que les ultrarunners ont justement un problème de santé mentale… ;-)) et venir en aide aux personnes en proie avec des idées suicidaires. Si ça peut marcher le moindrement, j’appuie l’initiative à 100%. Les troubles mentaux sont tellement mal vus, voire honteux dans notre société. Et pourtant, tellement de gens en souffrent…

Et qui retrouve-t-on parmi ces deux braves ?  Sophie Limoges, ma chiro unique et préférée !  Elle qui m’avait dit qu’elle n’était pas certaine qu’elle y serait, elle va faire deux fois la distance. Quand j’ai vu son nom, j’ai décidé que tant qu’elle le voudrait bien, je serais son patient. Parce que je sais qu’elle comprend ce qui se passe dans ma tête et si ELLE me dit un jour que je dois prendre du repos, je vais suivre ses conseils.

Détail que j’ai constaté dans le reste de cet envoi: je ne sais pas si c’est volontaire, mais on y retrouve beaucoup de répétitions. Il me semble qu’il serait amplement suffisant d’écrire une seule fois que les concurrents des courses en trail doivent obligatoirement emprunter la navette pour se rendre à leur départ ou que la cueillette du dossard doit absolument se faire le vendredi soir pour les participants des course de 38 et 58 km. Mais non, on se le fait répéter. Signe d’une époque où les gens sont trop pressés ou incapables de se concentrer assez longtemps pour lire un texte de plus de 10 lignes ?  Peut-être…

L’infolettre contient aussi plein de renseignements plus ou moins utiles comme par exemple qu’il y a un bureau de poste à St-Donat (que d’émotion) ou la description de ce qui semble être un jeu que je ne connais pas et qui n’a aucun lien avec les courses. Enfin…

Ceci dit, la description des différents parcours est très intéressante et surtout, très instructive. Déjà que les cartes et les différents dénivelés étaient disponibles sur le site depuis un bon moment, un petit complément d’information, accompagné de quelques conseils, c’est vraiment excellent. On nous avertit entre autres où nous risquons (très) fortement de nous retrouver les pieds mouillés. Un beau contraste avec le Vermont 50 où ni le parcours, ni le dénivelé ne sont rendus publics.

À quoi s’attendre ?  Je ne peux pas dire avec certitude. Et ça fait un peu partie du charme de ce type d’épreuve. Je regarde les temps de l’an passé et je me dis que le parcours doit être très difficile. En effet, le gagnant avait terminé en 5h46, seulement deux autres coureurs avaient pris moins de 7 heures et la première femme (c’était évidemment Sophie) pointait à la 15e position en 7h54. Ce sont des temps qui ne sont pas très loin de ceux enregistrés au Vermont 50… qui était 22 km plus long !  Vrai qu’il faisait très, très chaud l’année dernière, mais cette année, avec le printemps pluvieux que nous avons vécu (sans compter le déluge prévu vendredi), les sentiers risquent d’être dans un piteux état et les rivières à traverser, plus profondes. Les temps devraient donc être du même ordre de grandeur, mais je peux facilement me tromper.

Si je ne peux prédire le déroulement général de la course, je peux encore moins prédire comment je vais m’y comporter. Surtout qu’un petit bobo inconnu a décidé de se monter la binette lors de ma dernière sortie de 20 km en sentiers lundi. Je ne sais pas si tous les coureurs sont comme moi, mais dans mon cas, j’ai des bobos “familiers”: ma cheville gauche et mon ischio droit en sont des exemples. Je les connais et quand ils refont de temps à autre une apparition, je sais comment les gérer. On est comme de vieilles connaissances.

Mais cette fois-ci, alors que j’étais dans la dernière descente m’amenant vers l’accueil de mon terrain de jeux, c’est une douleur au tibia droit qui est apparue. De quessé ?  J’étais en tapering, je ne m’étais vraiment pas surmené ces derniers temps, c’était quoi le problème ?  Je ne comprends pas trop, mais comme j’ai trainé ce petit malaise le reste de la journée de lundi et un peu hier aussi, j’ai décidé de ne pas faire le petit dernier 10 km que j’avais prévu pour ce matin. Ce sera la première fois que je me présente au départ d’une course avec quatre jours de repos (si on ne compte pas les 50 km de vélo par jour pour voyager au travail…). Habituellement, c’est deux jours. J’ai essayé trois pour Philadelphie et Boston et ça a plutôt bien fonctionné. Mais quatre ?  Enfin, on verra bien.

Si on suppose que tout irait bien côté santé, le top 10% que je vise sur route est à mon humble avis hors de portée (ça m’amènerait en 12-13e place, yeah right !). Une place dans les 30 premiers ?  Ouais, peut-être. Quant au temps, ça va probablement s’enligner autour de 8h.

Du côté des “tops”, je prédis le podium suivant:

1- David Le Porho

2- Gareth Davies

3- Alister Gardner

Disons que Seb Roulier m’a rendu la tâche plus facile en s’alignant sur le 21 km plutôt que le 58 (il sera aux championnats du monde de course en sentiers au Pays de Galles la semaine prochaine, alors même lui doit se ménager un peu… tout en visant la “gagne” sur le 21, quand même) !  Quant aux femmes, je ne peux pas croire que Sophie va rééditer son exploit de l’an dernier après avoir couru toute la nuit, alors j’y vais avec la fille de mon patelin natal: Rachel Paquette, de Victoriaville.

Mais LA prédiction qui a le plus de chances de se réaliser: beaucoup, beaucoup de plaisir pour les 1200 coureurs qui seront là samedi !  🙂

Dans l’humidité

L’humidité était à son comble samedi quand mon amie Maryse est arrivée au Mont St-Bruno. J’y étais depuis près de 90 minutes et je m’étais arrêté tellement souvent pour reprendre mon souffle/mouiller ma casquette/enlever mon t-shirt que je n’avais fait que 12 km. Je les avais faits le plus rapidement possible (4:32/km de cadence moyenne), mais il n’en demeure pas moins qu’à force d’arrêter, je n’avais finalement pas couru tant que ça. C’était toutefois suffisant, surtout que j’accompagnerais mon amie sur une autre dizaine de kilomètres.

Quand elle m’a vu, tout dégoulinant dans ma splendeur, je n’ai pas eu droit à un câlin. Je ne comprends pas pourquoi… 😉  Au programme: des côtes. Car voyez-vous, Maryse habite Laval, c’est-à-dire un endroit où un viaduc d’autoroute est considéré comme une montagne, un peu comme chez nous d’ailleurs. Or, comme elle s’est inscrite à St-Donat, elle voulait avoir un aperçu de ce que seraient des vraies côtes.

J’avais prévu faire le Sentier des Lacs (8.8 km), mon préféré, en faisant une bifurcation vers la côte de la tour de télécom. Mais avec la chaleur, je lui ai proposé de nous rendre directement à la tour et revenir, tout simplement. Elle préférait toutefois y aller plus graduellement, nous avons donc pris le sentier et son parcours vallonné.

J’avoue qu’elle m’a impressionné: ça prenait du caractère pour affronter des côtes pour la première fois par une telle chaleur. Je lui ai appris quelques rudiments de la course en montagnes, comme par exemple marcher en montant pour récupérer au lieu de le faire sur le plat et essayer de courir en montant. En effet, la différence de vitesse entre la marche et la course n’est pas immense en montant, mais sur le plat par contre…

Dans les deux derniers kilomètres, comme ça descendait beaucoup, mais avec une pente assez douce, elle s’est laissée aller. C’était beau à voir: sa queue de cheval qui battait au rythme de ses foulées, de grandes enjambées (pour un bout de femme de 5’2”, on s’entend) qui sautaient par dessus les obstacles, elle avait l’air de s’amuser comme un petite fille; autant que moi quand je descends. Lui aurais-je transmis le goût de courir dans le bois ?

En tout cas, je ne lui ai pas transmis le goût de collectionner les chaussures de course.  Vous auriez dû lui voir le visage et surtout, entendre le sermon qu’elle m’a servi quand elle a vu mon arsenal… Si j’ai envie d’avoir 15 paires de souliers pour faire de la peinture, j’ai bien le droit, non ?  Bref, j’ai fait une erreur: maintenant, elles sont rendues deux à me dire que je devrais me débarrasser de ces godasses avec lesquelles j’ai parcouru tant de kilomètres.

Puis dimanche, j’y suis retourné, seul cette fois. Mon avant-dernière très longue sortie avant St-Donat: 46 km. L’humidité était encore à couper au couteau. En plus, il pleuvait et il n’y avait pas le moindre signe de vent. La température idéale pour faire autre chose que courir. J’ai essayé de me “réchauffer” (bizarre d’utiliser ce terme quand on transpire juste à respirer), mais comme j’étais envahi par les foutus maringouins, j’ai coupé ça court et suis parti.

La pluie tombait, c’était écrasant. Mon corps était récalcitrant et m’a rapidement donné une indication que la journée serait longue: le premier kilomètre en 4:45, alors qu’une bonne partie avait été faite en descente et le reste sur le plat. Pas bon signe…

J’ai évolué, lentement, à la cadence que mes jambes déjà taxées me permettaient d’avancer. Autour du 9e kilomètre, alors que j’étais en montée et que la pluie était diluvienne, qui s’est montré le bout du nez ?  Mon bon “ami” le surveillant (en tout cas, s’il ne l’est pas, il a une légère tendance à se prendre pour ça). Pas en pickup comme l’an passé, mais en cart de golf cette fois. Probablement parce que c’est plus pratique pour aller écoeurer le monde dans les sentiers…

Il s’est arrêté pour me demander si j’avais mon droit d’accès sur moi (il a été très courtois, je dois l’admettre). Tu me niaises, bonhomme ?  Il tombe de la merde, penses-tu sérieusement que je serais ici si je n’étais pas un habitué ?!?

J’ai répondu que ma carte était dans mon Camelbak (ce qui était vrai) et entrepris de défaire les millions de courroies en montrant que c’était tellement compliqué de tout défaire ça… Il m’a demandé si ma carte était encore valide et quand je lui ai répondu qu’elle l’était jusqu’au 31 juillet, il a dit que c’était correct, que je n’avais pas besoin de la sortir, m’a souhaité une bonne journée et est parti. Mais pourquoi diable ce gars-là est-il le seul qui m’ait jamais demandé ma carte dans ce parc ?  Pourquoi ne se contente-t-il pas d’envoyer la main et faire un beau sourire aux coureurs comme le font les autres ?

Les kilomètres se sont mis à s’accumuler, lentement mais sûrement, comme dans un ultra. Je prenais bien soin d’emprunter les sentiers et détours les plus difficiles, ayant une petite idée de ce qui m’attend en compétion pour le reste de la saison. Arrivé au sommet du centre de ski, la pluie n’avait pas ralenti ses ardeurs, bien au contraire. 7 jours plus tôt, j’étais au même endroit, sous la pluie encore une fois, mais je gelais. Cette fois-ci, la pluie me faisait presque du bien…

Mais pas autant qu’à une dame croisée à l’accueil on dirait… Elle m’a abordé, me disant: “C’est vraiment le fun de courir sous la pluie, non ?  On se croirait dans la jungle !”. Ouais, l’Amazonie, ce n’est pas habituellement le portrait que je me fais d’une belle course. J’ai comme dans mon idée qu’elle n’avait pas un programme aussi chargé que le mien…

Les longues sorties, c’est aussi le moment idéal pour faire (encore) des tests. Dimanche, j’essayais le GU Brew à la place de mon traditionnel Gatorade dans mon Camelbak. Et comme il faisait chaud, je buvais souvent: à tous les kilomètres. C’est bien, le GU Brew, c’est moins collant que le Gatorade et ça se tolère mieux à la longue. Mais ça ne goûte pas grand chose, finalement. Bah, c’est mieux que de l’eau.

Sauf que ce qui devait arriver, arriva: au 40e kilomètre, j’étais à sec. J’ai pu me rendre à l’accueil sans problème, mais l’avertissement était lancé: seulement un Camelbak, ce n’est pas assez. Je dois définitivement trouver autre chose qui est un, moins lourd et deux, plus facile à remplir. J’ai un prospect en vue, j’ai hâte de faire un essai. Histoire à suivre…

Jamais deux sans trois

Peu de temps avant les Fêtes, je suis tombé un peu par hasard sur ceci: après l’Ultimate XC de St-Donat, un deuxième ultramarathon en trail allait être organisé au Québec: le XC Harricana présenté par The North Face. D’une longueur prévue de 65 km dans la région de Charlevoix, ça me semblait intéressant. J’ai toujours trouvé cette région magnifique et son relief pour le moins accidenté me donnerait l’occasion de faire un véritable test en vue du Vermont 50. Mais bon, à ce moment-là, il n’y avait pas 5 personnes d’inscrites pour la grande course, alors je me disais que j’allais attendre, question de ne pas payer pour participer à une compétition où il n’y aurait à peu près personne. Non mais, je suis fort bien capable de m’entrainer seul gratuitement… quand je ne me fais pas achaler par un foutu conducteur de pickup !

J’avais presque oublié le tout quand cette semaine, j’ai aperçu le lien vers le site de l’événement sur le celui d’Ultramarathon Québec. Je suis retourné voir et surprise: le nombre d’inscriptions était monté en flèche !  Toutes les places en pré-vente à prix réduit avaient trouvé preneur et il ne restait que 19 places à prix régulier pour la grande course (il y a aussi des courses de 5, 10 et 28 km). Aille aille. J’ai regardé les inscrits et vu plusieurs noms qui m’étaient familiers, soit parce qu’ils font partie de l’élite provinciale du milieu, soit parce que je les ai croisés au Vermont 50 l’an passé. Wow ! Et ça, c’est sans compter Lyne Bessette, la cycliste, qui sera également de la partie. Alors qu’est-ce que j’ai fait ?  Hé bien comme les autres: je voulais être de la fête moi aussi !  🙂   Le bel effet d’entrainement… J’avais déjà prévu faire deux ultras cette année, mais comme on dit, jamais deux sans trois, non ?

Un détail m’a toutefois fait hésiter: la date de l’événement. Il aura lieu le samedi 7 septembre prochain, soit seulement trois semaines avant le Vermont 50. Est-ce trop rapproché ? Aurai-je récupéré à temps ?  Puis je me suis dit: bof, tant pis. De toute façon, j’aurais probablement voulu faire entre 55 et 60 kilomètres en trail cette fin de semaine-là, je peux bien en faire un petit peu plus.  Au pire, si je ne suis pas remis, ça me fera une belle défaite si j’en venais à me planter dans les sentiers entourant le giga-village de Brownsville.

Ainsi donc, l’année 2013 sera définitivement celle où je parcourrai le plus de kilomètres en compétition. Après des années à faire un 20 km, un demi et un marathon dans ma saison, ce sera un marathon (peut-être deux s’il se passe quelque chose avec New York) et des ultras de 58, 65 et 80 km. Une belle brochettes de courses en perspective. L’ischio-jambier est mieux de tenir le coup !  🙂

Pour l’instant, la quantié d’information disponbile sur le site de la course est relativement limitée. Mais il reste amplement de temps pour que le tout soir mis à jour. Les organisateurs promettent entre autres une carte détaillée du parcours. C’est déjà mieux que le VT 50 qui ne divulgue absolument rien de ce côté.

Bien des points positifs et quelques suggestions

Vu que ça en est rendu une habitude, pourquoi pas un petit tour d’horizon sur ma dernière course, le tout jeune Marathon de Magog ?

Comme j’en ai glissé un mot dans mon dernier article, je dois avouer que j’ai été agréablement surpris par la qualité de l’organisation de l’événement. Si on veut comparer avec une épreuve du même genre, les organisateurs n’ont rien à envier à ceux du Tour du Lac Brome.

Originalement, je craignais un embouteillage pour les stationnements et un service de navettes ne suffisant pas à la tâche. Mes craintes ne se sont pas concrétisées. Aussi, comme le parcours empruntait des routes ouvertes à la circulation, on aurait pu avoir des problèmes de ce côté également. Hé bien non, je me dois de souligner l’excellent travail des policiers affectés au contrôle de la circulation automobile. Ils donnaient toujours la priorité aux coureurs et jamais nous n’avons été embêtés par des conducteurs impatients ou tout simplement inconscients.

Autre signal « pouce levé »: les points d’eau. Ils étaient très nombreux et les bénévoles qui y étaient affectés accomplissaient leurs tâches avec un bel enthousiasme. L’idée d’offrir des bretzels était aussi excellente (surtout pour un gars comme moi qui avais déjeuné pas mal de temps avant le départ !). Par contre, l’eau et le « Gatorade » (il était transparent, pas certain que c’était vraiment du Gatorade…) étaient servis dans des petits verres en plastique. Côté environnemental, ce n’est déjà pas un bon point. Mais en plus, boire dans un verre en plastique tout en courant, c’est très difficile. Des verres en carton, s’il-vous-plait.

En ce qui concerne les toilettes, Maggie qui était sur place et que je n’ai malheureusement pas rencontrée, a trouvé qu’il en manquait. Quant à moi, il m’a semblé y en avoir en très bonne quantité, encore plus qu’à ma dernière participation au Marathon de Montréal. De toute façon, j’en appelle ici à la galanterie de mes congénères de sexe masculin: quand il y a un boisé tout proche, laissez donc les toilettes aux dames…

Mais que dire du paysage ?  Magnifique. Vraiment le plus beau que j’ai connu pour une course sur route. Et de loin.

Bon, après les fleurs, le pot…  Mais non, des suggestions je dirais. La première, c’est le chronométrage. Il était carrément déficient. Toute course qui se respecte a au moins une horloge. De plus, tous les concurrents ont été crédités du même « temps de départ », soit l’heure supposément précise à laquelle le départ a été donné. C’est un peu ridicule. Pour le demi, nous étions environ 1000 et certaines personnes ont croisé la ligne de départ un bon 3-4 minutes après les premiers. C’est injuste pour eles. Une association avec une compagnie de chronométrage reconnue comme SportStats est un must à mon humble avis. D’ailleurs, il n’est pas normal que dans le monde dans lequel on vit, les participants doivent attendre jusqu’au mercredi suivant l’épreuve pour avoir les résultats en ligne.

Autre point à améliorer: le dépôt de sacs. Avant le départ, la file pour ceux qui désiraient laisser quelques effets personnels « en consigne » était démesurément longue. Dans les minutes précédant une course, la dernière chose qu’on veut, c’est se stresser à savoir si on va manquer le départ. Assigner plus de bénévoles à cette tâche serait apprécié.

Dernier point: refaire le profil du parours tel que présenté sur le site web. Il n’était vraiment pas représentatif du relief auquel les coureurs étaient confrontés. En fait, jusqu’aux kilomètres 7-8, je dirais qu’il est exact, mais après ça…  Ainsi, sur le relief présenté, il est montré que le parcours s’élève régulièrement du 8e jusqu’au 11e kilomètre, puis est généralement descendant pour les 6 kilomètres suivants. Or, ce n’était pas du tout le cas, les descentes et les montées se succédant de façon assez régulière dans cette section. Sylvain, qui avait étudié ce relief, a été un peu découragé de constater une fois rendu sur place que ce n’était pas ce qu’il s’attendait à voir…

Ha oui, j’oubliais… Cette épreuve se targue d’être le demi-marathon le plus difficile au Québec. Léger bémol ici… Je ne connais pas les autres courses sur route, mais je sais pertinemment qu’il y a des demi-marathons plus difficiles. Je parle entre autres des XC trails de Sutton et Orford, l’Ultimate XC kmag de St-Donat et du XC de la Vallée qui présentent tous des demi-marathons qui ne devrainet même pas être cités dans la même phrase que celui de Magog. Même pas proche d’être proche au niveau difficulté. Mais bon, ce n’est pas de la route, alors…

Ceci dit, le Marathon de Magog est une belle épreuve que je recommanderais à tous, autant aux coureurs avancés qu’aux débutants… s’ils n’ont pas dans l’idée de battre des records !

6 chevreuils et 2 experts

Lundi matin, quand j’ai sorti Charlotte pour qu’elle puisse faire ses petits besoins, j’ai eu, encore une fois, un choc: il devait faire 22 degrés, c’était humide… Merde, il n’était même pas encore 5 heures !  J’avais 50 km au programme, moi !

J’ai tout de même fait mes petites affaires et me suis rendu au mont St-Bruno, en espérant que tout se passe bien malgré tout. J’avais à peine commencé mes réchauffements (il faudrait vraiment trouver un autre terme, moi me « réchauffer » quand il fait presque 30 degrés…) que deux gentils toutous se sont purement et simplement garrochés sur moi, comme s’ils me connaissaient depuis toujours. Étais-je pour refuser une si belle marque d’affection spontanée ?  Disons que ça m’a mis de bonne humeur avant de partir. 🙂

J’étais bien déterminé à prendre ça cool, rester « en dedans », comme on dit. Je ne sais pas si mon deuxième kilomètre était complété quand j’ai croisé mes premiers chevreuils, tout près d’un lac. Une mère insouciante avec deux petits plus craintifs. Quelles merveilleuses bêtes !  Je les ai observés quelques minutes,  puis suis reparti, le sourire aux lèvres.

Comme il faisait chaud, j’avais décidé de tester une nouvelle méthode d’hydratation. Je transportais mon Camelbak rempli de Gatorade sur mon dos et ma ceinture de route à la taille avec trois bouteilles remplies d’eau. J’allais alterner les deux liquides et essayer de m’arranger pour avoir à remplir l’eau à chaque « tour », soit aux 9-10 km.

À la fin de mon premier tour, je me dirigeais allègrement vers une petite cabane près du terrain de jeu, là où je savais qu’il y avait de l’eau quand j’ai été immédiatement alerté: le pick-up !!!  J’ai tout de suite appliqué les freins et ai rebroussé chemin. Non mais, je n’avais pas envie de faire encore semblant d’aller me faire sécher dans mon char, moi là (parce que non, le parc n’était pas officiellement ouvert) !

Après m’être trouvé de l’eau, je suis reparti. Ma cadence pour le premier tour avait été de 5:01/km, bien correct pour moi. J’étais à la fin de la montée du début du deuxième tour quand j’ai croisé une femelle. Vraiment un bon matin côté chevreuils, il n’y avait pas à dire !  Et qu’est-ce j’ai vu quelques kilomètres plus loin ? Deux autres, encore de belles femelles habituées de voir du monde, mais pas apprivoisées pour autant… Selon moi, c’est l’équilibre parfait entre l’homme et la nature.

J’ai poursuivi mon petit bonhomme de chemin, prenant une pause predzels-gel après environ 19 km. Les kilomètres passaient bien et j’ai bien pris soin de noter le moment où je passerais le 25e. J’ai alors eu un petit sourire. Si j’avais fait une longue sortie en préparation d’un marathon, il ne m’en aurait resté seulement 7 à faire. En marathon, ça aurait été 17. Et là, il m’en restait 25… Ha ben cout’ donc ! 🙂

Après 28.5 km, autre arrêt à l’accueil. Comme j’aidais une jeune mère de famille à faire entrer son giga-carrosse dans la salle de toilettes familiale, Patrice Godin est passé. Pas que je voulais le suivre, mais bon, il allait à la même place que moi, alors… Pas facile de trouver quelqu’un qui connaît les ultras. Or, il a le malheur d’être connu, accessible et de faire des ultras. J’ai donc commencé à lui jaser. Pendant que lui pissait et se changeait et que de mon côté, je buvais et remplissais mes bouteilles, il m’en a beaucoup appris. Par exemple, lui ne fait jamais plus de 50 km à l’entraînement, même en préparation pour un 100 milles. Il m’a jasé stratégie, « drop bags », de l’effet que ça peut faire de voir sa blonde quand on commence à trouver le parcours long, etc.  On a parlé de Virgil Crest, son prochain défi (100 milles). J’avoue que celui-là me ferait un peu peur… Rendus dehors, placotte, placotte, c’est fou ce que la course me rend sociable !  En tout cas, merci Patrice pour les conseils et petits « hints », ça va m’être fort utile !

Tour suivant sans histoire à part que mon ventre commençait à crier famine, alors une autre pause-bouffe s’imposait. Pendant que j’emplissais mon creux, une jolie jeune femme à l’allure athlétique m’a abordé: « Parti pour une longue sortie ? ».

Je ne sais jamais quoi répondre dans ce temps-là… Les chiffres, Fred, les chiffres, il n’y a rien de plus objectif. « Ben j’en suis rendu à 37.5 et je m’enligne sur 50… »  Quand des coureurs se rencontrent comme ça ils se demandent toujours à propos de leur prochaine course. J’ai donc parlé du Vermont 50. Elle connaissait, elle y avait déjà fait le 50 km. Sa saison de compétition était terminé, elle avait fait entre autres le 38 km à St-Donat et le XC de la Vallée. « Les trois jours ? » ai-je demandé. « Oui, oui » qu’elle m’a répondu nonchalamment. Ok! Une vraie de vraie… Donc, quand elle m’avait félicité sur mon pace, elle savait de quoi elle parlait…

Elle m’a appris qu’elle faisait de la trail depuis 6 ans (mon Dieu, elle a quel âge ?) et qu’elle était chiropraticienne. Cool, j’allais savoir le nom du muscle d’arrière-cuisse qui s’amuse à me faire peur: c’est ischio-jambier (pas certain de l’orthographe). Elle m’a donné quelques trucs pour contourner mon problème et faire travailler d’autres muscles. Vraiment gentil de sa part… 🙂

J’ai terminé ma run, comme on dit, puis suis retourné à la maison. Fatigué, mais totalement satisfait. La confiance est là, la forme aussi. Avec ce que je m’impose comme régime, si je suis intelligent le jour de la course, ça devrait bien aller.

Mais ma curiosité était piquée: qui était cette jeune femme ?  Je suis allé voir les résultats du XC de la Vallée et je n’ai pas eu à chercher longtemps: il s’agit de Marie-Josée Dufour de Québec (que faisait-elle à St-Bruno un lundi ?). C’est elle qui a gagné chez les femmes, tout comme à St-Donat d’ailleurs. Elle est également championne québécoise de course en raquettes. Quand je dis que les coureurs ne sont pas vantards de nature…

En tout cas, sortie très profitable au final: j’ai vraiment pu travailler mon endurance, tester l’hydratation et en bonus, ai reçu plein d’infos utiles de la part de deux experts. Que demander de plus ?

Le mythe de la distance

Quans les gens apprenent que je cours des marathons (ceux de 42.2 km, là… ;-)), ils sont d’abord et avant tout impressionnés par la distance. Wow, courir tout ça ?  Comment tu fais ?  Je sens même que parfois, certains ne semblent pas trop me croire. Et pourtant, après quelques années d’entrainement, la distance, ce n’est vraiment pas la fin du monde.

Si vous faites une petite recherche de mes courses sur SportStats.ca (le Frédéric Giguère de Ste-Catherine, parce que hé non, je ne suis pas unique !), vous allez peut-être constater une chose: la plus courte des distances qui apparait dans mes statistiques est un 20 km (le tour du lac Brome, que j’ai fait 3 fois).

Pourquoi ça ?  Premièrement, quand un événement est organisé, je me fais toujours un devoir de m’inscrire pour la distance la plus longue ou ne pas m’inscrire du tout. J’ai comme l’impression que c’est l’épreuve la plus difficile, alors…

Mais en fait, ce n’est pas vraiment le cas. Parce qu’il y a une deuxième raison pour laquelle je ne fais pas de distances plus courtes: j’ai la trouille !  Ça peut sembler bizarre, mais les 5 et 10 km me font très peur. Particulièremnent le 5 km. Et je sais qu’il faudrait que j’en fasse, question d’améliorer ma vitesse, mais je ne peux pas m’y résoudre. Après des années d’hésitations, j’ai fini pas faire un 10 km cette année (qui a été chronométré par Quid Chrono), avec des résultats bien au-delà des attentes. Mais je ne peux pas me faire à l’idée de courir un 5 km, rien à faire…

Bon, ça y est, je vois déjà les points d’interrogation sur certains visages. Je m’explique. Un 5 km, pour un marathonien, c’est pour ainsi dire un sprint. Je fais des séries contenant des segments variant entre 0.75 et 2 km à fond la caisse lors des entrainements par intervalles. Alors quand viendrait le temps de courir un 5 km en compétition, je ferais quoi, vous pensez ?  À fond la caisse !  Et je ne peux tout simplement pas accepter l’idée de subir cette torture pendant 19 ou 20 minutes. Non merci !

Pour un 10 km, on se « retient » un peu, alors ok, je suis prêt à en faire un de temps à autre. Disons que c’est un plus dans mon tempérament.

Mais bon, qu’ont en commun pour moi les courses de 5, 10, 20, 21.1 et 42.2 km ?  Dans tous les cas, le même ennemi: le temps. À chaque fois, on veut faire mieux, s’améliorer. Et s’améliorer pour un 5 km, c’est pas mal souffrant… Pour un marathon, il s’agit plus de « gérer » sa course, ses hauts comme ses bas, les conditions, etc. On peut évidemment souffrir, on souffre toujours au moins un peu d’ailleurs, mais on ne finit jamais à bout de souffle. Je déteste terminer à bout de souffle et prendre 5-10 minutes avant de recommencer à respirer normalement. Les coureurs de 800 et de 1500 mètres ont toute mon admiration, je serais incapable de faire ça. De toute façon à mon âge…

Tout ça me rappelle une conversation que j’ai eue avec un collègue l’an passé. Sachant que je cours régulièrement des marathons, il me demande au lendemain de celui de Montréal si je l’avais fait. Je lui réponds par l’affirmative et ajoute que ça avait été difficile. Et d’un air étonné, il me lance: « Pourtant, ce n’était pas ton premier… ». Bon, je pense qu’il n’avait pas tout compris. Si j’avais visé 4h15 au lieu de 3h15, j’aurais terminé en sifflant au lieu de penser que j’étais sur le point de rendre l’âme dans la montée Pie IX… Le temps, mon ami, le temps !

Ce qui m’amène à ce que je lis parfois sur le Web: il semblerait qu’un 50 milles, c’est plus facile qu’un marathon. Ouais, c’est ce qu’ils disent. Parce que pour un 50 milles en sentier, les coureurs ne visent pas un temps, car de toute façon, les conditions et le parcours ont tellement d’influence que le temps ne veut pas dire grand chose. Ils veulent seulement le faire à leur rythme et le terminer.

À la lecture de ce qui s’est passé au Ultimate XC de St-Donat (bon, vous allez dire que c’était 50 km, pas 50 milles…) , mettons que je suis plutôt sceptique. J’ai bien hâte de voir ça… Tant qu’à faire, un 100 milles, ce serait plus facile qu’un 50 milles ?  Naaaah !!!

Ultimate XC de St-Donat: ouch !

J’avais eu envie d’en faire ma première course en trail. Un « petit » 50 km pour commencer, que j’aurais fait sans me presser, juste pour avoir le feeling de ce qui se passe dans ce genre d’événement. Mais bon, je ne me considérais pas encore assez habitué à courir en sentier, Ottawa n’était que 5 semaines derrière (je sais que ça n’arrête pas tout le monde, mais bon, ça me donnait une bonne excuse, mettons) et il y avait les problèmes de logistique liés au logement. Bref, j’ai décidé de laisser faire.

J’ai vu les résultats hier: OUCH !  Le gagnant, l’Ontarien Gareth Davies, a terminé en 5h46. Son plus proche poursuivant a fini… 34 minutes plus tard !  Quand on pense que j’ai fait un marathon en 3h12 et que le GAGNANT à St-Donat a pris 2h30 de plus pour faire 8 km supplémentaires, ça donne une excellente idée de la difficulté du parcours !  Parce que ces gars-là, tout comme les Kenyans sur la route, ne sont tout simplement pas dans le même monde qu’un gars comme moi. Et ils ont fait du 7 minutes/km comme cadence. Shit… Je n’ose même pas imaginer à quel point j’aurais souffert si je m’étais lancé là-dedans samedi…

En fait, j’en ai eu une petite idée en lisant ce soir le dernier post de Patrice Godin, un qui en a pourtant vu pas mal d’autres… À lire sur www.patgodin.com, un véritable délice… et une mine incroyable d’information pour le profane que je suis. Mais bon, j’ai encore une douzaine de semaines pour manger mes croûtes, j’ai encore du temps…