Le contraste

Nous sommes à New York depuis à peine plus de 24 heures. Durant ces quelques heures, j’ai été à même de constater pourquoi je tends à me concentrer de plus en plus vers la course en sentiers et délaisser un peu la course sur route.

Pas que le voyage se soit mal déroulé, bien au contraire. Selon notre GPS, nous avons perdu à peine 36 minutes dans la circulation et les détours causés par ses indications nébuleuses. Si on tient compte du fait que nous avons traversé Manhattan d’ouest en est, ce n’est vraiment pas si mal.

Non, ce qui me dérange, c’est toute la logistique dont il faut tenir compte avant de prendre le départ. Ainsi, Barbara et moi sommes allés chercher mon dossard hier. Une quarantaine de minutes de métro et une vingtaine de minutes de marche plus tard, nous étions rendus sur place. Nos sacs ont évidemment été fouillés avant d’entrer à l’expo-marathon et il a fallu faire la file pour présenter des pièces d’identité ainsi que la preuve que j’étais vraiment inscrit. C’est sûr que je serais allé niaiser dans ce coin perdu de la ville juste pour le fun, moi. Enfin… Heureusement, la récupération du dossard en soit n’a pas pris de temps, le nombre de kiosques de distribution étant tout simplement hallucinant. Moi qui croyais avoir vu « beaucoup » de ces kiosques à Boston…

En ce qui concerne l’expo en tant que telle, elle n’était pas si impressionnante. Sur ce point, Boston a définitivement le dessus. Mise à part la boutique Asics qui occupe la majeure partie du plancher, vraiment rien de spécial à signaler. Après avoir fait l’achat de « armwarmers », j’ai fait le plein de gels et de barres énergétiques puis, après m’être assuré que Dean Karnazes n’était pas au kiosque North Face (il était parti depuis un foutu bout de temps !), nous avons levé les feutres.

On m’avait dit que l’organisation à New York, c’est le nec plus ultra. Nous en avons eu une preuve à la sortie: des navettes étaient mises à la disposition des participants et de leurs familles pour les ramener vers les divers hôtels du centre-ville. Vous allez me dire que franchement, des marathoniens, c’est capable de marcher… Oui, bien sûr, mais le quartier autour du Jacob Jovits Convention Center est vraiment moche et se le taper deux fois, bof… En plus, ce n’est pas évident que tout le monde qui accompagne un coureur soit en mesure de marcher autant. Bref, comme il commençait à se faire tard et que nous n’avions pas encore mangé, nous avons profité du « lift » pour nous rapprocher du métro. Car hé non, il n’y en a pas autour du Jovits Center.

Ha manger, le joyeux problème !  Déjà que je n’avais pas vraiment eu le choix de me taper du cr… de McDo au dîner… Comment un coureur peut-il réussir à se sustenter sans se ruiner ni manger de la scrap à New York ?  Disons que ça relève presque de l’exploit. Finalement, ho miracle, nous sommes tombés sur une place qui offrait un grand buffet style « bar à salade pour emporter ». Il y a définitivement un Dieu à quelque part. Ne nous restait plus qu’à nous taper un autre 40 minutes de métro avant de pouvoir manger dans la tranquillité de l’appartement.

Car oui, l’appartement que nous avons loué est relativement tranquille. Je dis « relativement » parce que Brooklyn, ce n’est pas Manhattan, mais ça demeure la grande ville quand même: stationnement dans les rues, du monde partout, circulation incessante, etc.  Pas vraiment mon environnement. Tantôt, j’ai fait le tour de Prospect Park, le parc situé juste en face de notre appart. C’est vraiment chouette, une espèce de mini Central Park. Mais quand tu vois quelqu’un qui a pris la peine d’amener ses poids et haltères dans le parc pour faire ses exercices, tu te dis que tu es définitivement dans un autre monde.

Bon, le dossard, c’était bien beau, mais il va falloir que je me rende au départ. Je suis supposé prendre le traversier pour Statten Island à 6h demain matin. Mais comment savoir combien de temps ça va prendre pour m’y rendre ?  Pas le choix, je devais faire la trajet en métro avant.

Ça a occupé ma matinée, mais ça a été un bon investissement. L’application de calcul de trajets du métro me donnait 37 minutes en me proposant un trajet avec 2 transferts. Hé bien j’ai eu la joie de constater que la dernière ligne qu’il me proposait d’utiliser était fermée la fin de semaine !  Plaisant, n’est-ce pas ?  J’ai donc pris 1h25 pour faire le trajet complet, me donnant le luxe de revenir à Brooklyn avant de retourner à Manhattan. Super efficace, il n’y a pas à dire. J’ai réussi à trouver un autre trajet, plus rapide, pour le retour. Mais mettons que je ne suis pas rassuré et je vais me garder une petite marge de manœuvre.

Bref, en pensant à tout ça, le contraste avec la course en sentiers m’a frappé. En effet, pour le Harricana, nous sommes partis la veille de la course, avons fait les 4 heures de route, nous sommes installés et le lendemain, nous sommes tapés un long voyage de 15 minutes en auto avant d’arriver sur place, cueillir le dossard, puis faire la course. Pas de métro, pas de soirée passée à courir après un dossard, pas de souci de stationnement. Pour courir dans le bois par dessus le marché. Le bonheur.

Ceci dit, je ne voudrais pas que vous vous mépreniez. Je suis très très heureux d’être ici. Faire New York, j’en rêve depuis toujours.  Participer à ce marathon, c’est un privilège. Imaginez: courir les rues de cette ville, la foule omni-présente, l’arrivée à Central Park… Je vais profiter de chaque instant, c’est certain. En plus, la météo annonce un temps splendide. Tout se passera comme dans un rêve… Quand on va finir par finir de partir !

Côté performance, après avoir jonglé avec l’idée de suivre le lapin de 3h10, j’ai décidé  d’y aller au feeling. Je vais partir avec le 3h15 et verrai comment ça se passe. De toute façon, le 3h10 part  dans un groupe de coureurs différent du mien (il y a 4 vagues séparées en 3 groupes chacune), alors je risque de ne jamais le voir de toute façon.

On se dit à demain ?

XC Harricana: suite et fin

Ce soir, conclusion du « dossier » XC Harricana.

Je n’avais pas encore parlé du 65 km, épreuve à laquelle j’aurais tant aimé participé. Finalement, ça a pris beaucoup plus de temps que prévu avant que les premiers arrivent: presque 6 heures !  En fait, quand le gagnant, Florent Bouguin, s’est présenté, nos amis JF et Seb étaient arrivés depuis un petit bout, mais n’avaient pas encore tout à fait repris leurs esprits. Je ne connais pas Florent Bouguin, mais lorsque je l’ai vu, j’ai tout de suite trouvé qu’il avait le look coureur des bois, un peu à la Timothy Olson ou Anton Krupicka, avec la barbe et les cheveux longs. Tout un athlète, en tout cas !

Il a été suivi de peu par Éric Turgeon, que j’ai immédiatement reconnu: c’était celui que j’avais surnommé « le petit crinqué » à St-Donat. Le contraste avec le vainqueur était saisissant: look clean cut avec les cheveux courts et la barbe de 2-3 jours, il est apparu vêtu de seulement une paire de shorts et de ses souliers, son torse parfaitement musclé (vous savez du genre juste assez musclé…) bien en évidence. Un petit peu show off, le monsieur ?  Disons que pour un ultrarunner, il a des tendances plus Dean Karnazes que Scott Jurek… C’était comique de voir les quatre filles admirer le tout, particulièrement Julie et Marie-Claude qui se rinçaient l’oeil alors que leurs chums peinaient à revenir dans le monde des vivants !

Finalement, Sébastien Roulier a terminé en quatrième position. Comme c’est son habitude, il était tout sourire quand on s’est parlés par après. Ce gars-là est tellement gentil, je crois que si j’avais des enfants, je ferais le voyage à Sherbrooke spécialement pour que ce soit lui qui s’occupe de leurs divers bobos !  Il m’a raconté bien candidement qu’il menait au début, mais quand c’est devenu plus technique, il s’est fait reprendre par 5-6 gars. Tiens tiens, ça me rappelle quelqu’un… Serais-je un « mini Sébastien Roulier »  ?  😉  Nous avons également parlé de Boston pour lequel je vais avoir besoin de ses conseils (il y a participé 7 fois) pour savoir comment gérer le foutu parcours. En 2014, comme il aura 40 ans, il sera dans la catégorie des « Masters », alors il a hâte de voir s’il aura des accès privilégiés. Moi, je pense que je vais laisser faire…

Par après, Barbara et moi avons mangé avec un couple de Laval et la dame, sachant que j’avais fait le 28 km « en consolation » du 65 km, s’est mise à me poser un paquet de questions. Elle court des 10 km depuis longtemps et commence à se trouver trop « confortable » là-dedans. Elle voudrait sortir de cette zone de confort et se demandait comment j’avais fait, comment elle pouvait se motiver à passer au 28 km l’an prochain.

Mettons que j’étais un petit peu embêté. J’ai commencé sur la route. Après un 10k à l’automne, j’ai fait un demi au printemps, puis, voyant que j’étais capable de le faire, j’ai couru un marathon à l’automne suivant. Ensuite, après quelques marathons, je me suis intéressé à la course en sentiers et par le fait même, aux ultras. Je n’ai jamais eu à sortir d’une telle zone, alors je ne savais pas trop quoi lui dire.

Je lui ai suggéré de faire un demi sur route, pour voir. Elle avait déjà essayé et n’avait pas aimé. Elle, c’est les sentiers. Ok, à ce moment-là, tout ce que j’ai pu trouver à lui dire, c’était de ne pas se donner le choix: s’inscrire le plus rapidement possible à une épreuve plus longue. Le 22 km à St-Donat, par exemple. Pour moi, il n’y a pas meilleure motivation que d’avoir un objectif et de s’obliger à faire ce qu’il faut pour l’atteindre. À part ça…

En terminant, petit mot sur l’organisation et la course en général. Mis à part un repas très ordinaire, je n’ai que de bons mots. Le site est d’une beauté exceptionnelle et facilement accessible. Les sentiers étaient dans un très bon état, le parcours, bien marqué et les pancartes kilométriques, c’est un gros plus. C’était ma troisième course en sentiers et c’est celle que j’ai trouvée la mieux organisée. Pourtant, les deux autres (Vermont 50 et St-Donat) existent depuis plus longtemps. Mais bon, je n’ai pas fait la grande distance, peut-être que je serais d’un autre avis si je l’avais fait.

Vendredi dernier, j’ai assisté à une conférence sur les ultramarathons en sentiers et Sébastien Côté, le directeur de course du Harricana, était présent. Il a posé des questions reliées aux problèmes d’hydratation qui démontraient un réel souci pour la santé et de la sécurité des coureurs. C’est clair qu’il veut améliorer son événement, encore et encore. Je crois que la course est entre bonnes mains.

Le XC Harricana fera partie de mon calendrier de course l’an prochain. Parfaitement situé dans le temps (3 semaines avant le Vermont 50, 4 semaines avant Oil Creek) , je me promets bien de ne pas manquer le 65 km deux années de suite !  Je verrai alors si c’est vraiment la course la plus difficile du Québec, tel que proclamé dans cet article paru dans La Presse quelques jours avant l’événement.

Courir ferait vieillir ?!? Nah…

Dimanche dernier, j’étais à mon ordi, à compléter mon dernier “post”. Je regardais en l’air à la recherche d’une formulation qui avait le moindrement d’allure pour bien exprimer ma pensée. Mon regard s’est arrêté sur la photo d’un jeune homme.

Le “jeune” en question, c’était moi à l’arrivée de mon premier marathon en 2007. À l’époque, j’avais fait l’achat des photos officielles et c’est sur la 5×7 que nous avons décidé d’encadrer avec mon dossard que mes yeux se sont arrêtés. D’ordinaire, c’est en se regardant sur des photos récentes qu’on se rend compte qu’on vieillit. Mais là, je voyais bien que j’avais l’air pas mal plus jeune dans ce temps-là, même si ça fait à peine 5 ans et demi. Hum…

Après avoir complété mon texte, j’ai fait un peu de cyber-flânage. Je me suis retrouvé sur YouTube et suis tombé sur ceci. Un superbe petit vidéo, bien réalisé, sur la dernière édition du Badwater 135. Cette épreuve me fascine et me fascinera toujours. Plusieurs en rêvent, mais moi, pas vraiment. La chaleur extrême, un parcours (qui semble) monotone et un coût prohibitif pour y participer font que j’ai beaucoup d’autres courses à faire avant de faire celle-là. Mais je ne peux pas m’empêcher d’être fasciné…

À un moment donné, on voit passer à l’écran les vétérans de cette pure folie qui apportent leur grain de sel. J’ai évidemment reconnu Dean Karnazes, beaucoup moins flamboyant que les images de lui qu’on voit un peu partout. Puis Pam Reed, qui a même déjà gagné là-bas en battant tous les hommes.  Une chose m’a frappé: je savais qu’elle était début-cinquantaine, mais la dame qui est apparue à l’écran semblait avoir au moins 60 ans.

J’ai regardé à nouveau la photo du “jeune homme”. Double hum… Ma femme et ma mère auraient-elles raison après tout ?  Est-ce que la course ultra-distance pourrait causer vieillissement prématuré chez ceux qui en font la pratique ?

Pour en avoir le coeur net, j’ai essayé de trouver des “pièces à conviction”, soient des exemples d’athlètes qui courent des ultramarathons depuis des années.  En observant leurs photos, j’allais bien voir s’ils semblaient plus vieux que leur âge…

Premier “cas”: madame Pam Reed. Sur ce cliché pris en 2011, elle avait 50 ans.

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Pam Reed

Ici, le fameux Dean Karnazes, qui allait avoir 50 ans au moment où il a pris la pose.

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Dean Karnazes

Le grand Scott Jurek, 39 ans ici.

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Scott Jurek

Finalement, Debbie Livingston, que j’ai rencontrée au Vermont 50. Bien qu’inconnue, je sais qu’elle a une cinquantaine d’ultramarathons à son actif, alors ça donne une bonne idée. Elle avait 37 ans sur cette photo.

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Debbie Livingston

Mon opinion ?  Définitivement que les dames semblent plus vieilles que leur âge. Quand aux deux hommes, s’ils ont vieilli prématurément, ça ne saute pas aux yeux (bien que je soupçonne Karnazes d’avoir légèrement altéré la couleur de ses cheveux…). Je dirais même que Jurek est pas mal bien conservé pour un gars qui va taper la quarantaine. Vous ne trouvez pas qu’il a presque l’air d’un adolescent ?

J’ai fait quelques recherches sur le sujet et à part un forum où la question était discutée, je n’ai rien trouvé qui apportait des preuves d’un vieillissement prématuré qui aurait été causé par l’abus des longues distances. Il faut dire qu’une étude sur ce sujet serait très compliquée à mener car plusieurs autres paramètres entrent en ligne de compte quand vient le temps d’évaluer les causes du vieillissement d’une personne: la génétique, l’environnement, le stress, la maladie, etc.

Il y a aussi une différence entre avoir l’air plus vieux et vieillir réellement. Par exemple,  il est bien connu que les gens plus gras nous semblent souvent plus jeunes, pour la simple et bonne raison que leur visage est plus rond et que leurs rides paraissent moins, sinon pas du tout. Pourtant, je ne gagerais pas que leur espérance de vie soit supérieure à celle des gens minces. Et bien évidemment, les ultramarathoniens sont rarement gras… De plus, les longues heures passées à l’extérieur, parfois par temps froid, souvent par temps chaud et au soleil, doivent certainement entrer en ligne de compte si on pense vieillissement de la peau. Or, qu’est-ce qu’on regarde pour évaluer l’âge d’une personne ?  Son visage, soit la partie du corps d’un coureur la plus exposée aux intempéries.

Mon avis au final ?  Les êtres humains sont tous différents. Selon moi, certaines personnes pourraient souffrir à long terme de faire des ultra-distances alors que d’autres vont en bénéficier. Pour certains, courir 10 et 15 km par semaine serait mauvais alors que pour d’autres, en faire 200 ne leur ferait que du bien. La seule façon d’avoir une bonne idée des effets positifs/négatifs de la course très longue distance sur le corps serait de faire une expérience sur plusieurs années avec des couples de jumeaux identiques: une moitié du couple ferait de la course ultra-distance et l’autre moitié vivrait une vie plus “normale”.  Essayez de trouver des volontaires, maintenant…  🙂

Donc, comme rien n’est prouvé, je vais continuer de faire ce que j’aime et advienne que pourra.  Au pire, ma tendre moitié héritera plus tôt et pourra ensuite s’enfuir avec un petit jeune !  😉

Ferme-la, Lance !

J’ai failli pleurer en voyant la scène. Oui, je regardais bien une course de vélo et des larmes se sont quand même bousculées à mes yeux. C’était en 1995. Lance Armstrong venait de gagner une étape du Tour de France et en franchissant la ligne d’arrivée, il a regardé vers le ciel, pointé les index dans cette direction et crié: “This one is for you, Fabio !”. Le Texan un peu baveux, mais que je trouvais tellement divertissant, dédiait sa victoire à son coéquipier Fabio Casartelli qui avait trouvé la mort dans la descente d’un col trois jours auparavant. J’étais ému, surtout que les deux jeunes hommes avaient à peu près mon âge.

TOUR DE FRANCE 18

J’ai aussi été ébranlé à peine un an plus tard quand j’ai appris qu’Armstrong était atteint d’un cancer. Quoi, un gars plus jeune que moi, en pleine forme, risquait de mourir ?

Après sa guérison, j’ai suivi son retour à la compétition, constaté sa transformation. Plus jeune, il était costaud. À partir de 1999, on aurait droit à une version 2.0 de Lance Armstrong: plus mince, plus complet, invincible sur le Tour de France. Se dopait-il ?  Je n’en ai jamais douté. Celui qui ne savait pas grimper quelques années auparavant était maintenant devenu le meilleur dans le domaine. Ses adversaires se faisaient prendre. Ses anciens  coéquipiers, une fois qu’ils changeaient d’équipe, finissaient pas se faire prendre également. Et lui aurait été propre ?  Ben voyons donc…

Ça ne m’empêchait pas de l’admirer. Obsédé du détail, il ne laissait rien au hasard. Rien. Il voyait à tout, pour lui, mais aussi pour ses coéquipiers: l’équipement à utiliser, l’alimentation, la stratégie de course, l’horaire, etc. Le dopage n’était qu’une partie de l’équation. Je savais qu’il était un être antipathique, manipulateur, tout le contraire de ce qu’on appelle “un bon gars”. Mais je m’en foutais, c’était la machine à gagner des Tours de France qui m’impressionnait.

En 2009, pour son deuxième retour, il a réussi à terminer troisième du Tour de France. Un autre exploit. Puis vinrent les accusations, les aveux d’anciens équipiers, les témoignages. Les poursuites en diffamation qu’il avait pris l’habitude de lancer contre ceux qui osaient dire la vérité ne portaient plus. Traqué, il a fini par lâcher le morceau et avouer: oui, il s’était dopé.

Il a confessé la plupart des “crimes” qui lui étaient reprochés, mais a affirmé qu’il était propre en 2009 et 2010. Yeah right… Bah, un menteur, ça reste un menteur. C’est toutefois la lecture d’une entrevue qu’il a accordée au site spécialisé CyclingNews.com qui m’a fait sursauter.

Au cours de celle-ci, il affirme haut et fort que TOUS (les majuscules sont de lui, pas de moi) les sports d’endurance sont gangrénés par le dopage, pas seulement le cyclisme. Pardon ?!?  Qu’est-ce qu’il connait aux autres sports d’endurance, au juste ?  Lui qui s’était relancé dans les triathlons, parle-t-il en connaissance de cause ?  Connait-il intimement les meilleurs marathoniens au monde ?  Assez intimement pour savoir qu’ils se dopent TOUS ?  Ou est-il en train de prendre l’approche  “Si je tombe, les autres vont tomber aussi” ?  Tu sais Lance, ce n’est pas parce que tu as eu toutes les misères du monde à descendre sous les 3 heures à ton premier marathon tout en étant propre que tous ceux qui t’ont devancé avaient triché…

J’ai déjà parlé de dopage sur ce blogue. Je le dis et je le répète: je ne suis pas naïf. Je me doute bien que  certains coureurs de haut niveau font probablement usage de produits améliorant les performances. Mais j’y reviens encore: si ça se fait, ça ne se fait pas à la même échelle que dans le monde du cyclisme. Jamais de la vie. Si un jour un marathonien se mettait à gagner 4 ou 5 marathons par année, effectivement, ce serait très douteux. Mais ça n’arrive tout simplement pas. Les meilleurs se contentent de deux ou trois courses au maximum par année, question de laisser le temps au corps de récupérer. Rien à voir avec la rigueur des grands Tours en cyclisme au cours desquels un petit coup de pouce est souvent le bienvenu pour reprendre des forces.

En ce qui concerne les ultramarathons, ce n’est tout simplement pas dans la mentalité du milieu. Ces compétitions sont tellement “low profile” que le bénéfice que le gagnant en retirerait en trichant serait ridiculement faible par rapport au prix à payer, tant au niveau de la santé du coureur que du coût en argent en tant que tel. Car les ultras, c’est bien connu, n’offrent même pas de bourses aux gagnants. Pourquoi se doper alors si ça ne rapporte à peu près rien ?  Pour peut-être avoir des commanditaires en bout de ligne ?  Le seul qui fait vraiment de l’argent en marge des ultras, c’est Dean Karnazes. Et à voir ses résultats, il serait assez étonnant qu’il soit dopé…

Après avoir attendu des années avant que Lance Armstrong finisse par cracher le morceau, le voilà qu’il se met à lancer des accusations à tort et à travers quand il ouvre la bouche. Encore une fois, on voit l’oeuvre du manipulateur: il essaie de détourner l’attention vers d’autres au lieu de dire ce qui s’est réellement passé dans son équipe.

Si c’est pour faire ça que tu as décidé de parler, je n’ai qu’une chose à te dire, Lance: ferme-la donc !

Scott Jurek – Eat and Run

La veille d’une course, j’aime bien lire durant les heures précédant le moment où je me mets au lit. Je préfère lire sur un sujet autre que la course, question de ne pas avoir des « révélations » durant ma lecture et être tenté de faire des essais le lendemain. Les essais, on garde ça pour l’entrainement.

Ainsi donc, je me promenais tranquillement dans une librairie de Philadelphie la veille du marathon, question de trouver une petite occupation pour la soirée à venir. Après avoir jeté mon dévolu sur The Best of American Sports Writing 2012, je me suis mis à fouiner dans la section « course », au cas où je tomberais sur quelque chose d’intéressant… pour plus tard.

Un livre a vite attiré mon regard: Eat & Run – My Unlikely Journey to Ultramarathon Greatness de Scott Jurek.

Eat & Run cover

Qui est Scott Jurek ?  Tout simplement le plus grand ultramarathonien de notre époque. Dean Karnazes, celui qui s’est auto-proclamé « UltraMarathon Man », est beaucoup plus connu et médiatisé, en partie à cause de ses nombreux exploits un peu « exotiques »: 50 marathons en 50 jours dans les 50 états américains, courir 24 heures sans arrêt sur un tapis roulant installé au-dessus de Times Square, etc. Mais dans la communauté des ultras, il n’est pas apprécié de tous car en plus d’être très porté sur l’auto-promotion, ce qui est contraire à la nature même de la course très longue distance, il n’a jamais été pas le meilleur du groupe, loin de là.

Le meilleur, c’est (c’était, en fait) Scott Jurek. Son palmarès parle de lui-même. Il comprend entre autres:

  • 7 victoires au Western States 100
  • 2 victoires au Badwater 135 (dont la première seulement 2 semaines après le Western States !)
  • 1 victoire au Hardrock 100 (la seule année où il a participé)
  • 3 victoires au Spartathlon (246 km entre Athènes et Sparte)

Sans compter d’innombrables victoires et places d’honneur dans des ultramarathons disputés un peu partout. Il va sans dire que j’étais très intéressé à en savoir plus sur cet homme.

Comme toute bonne biographie, celle-ci nous ramène au tout début, quand Jurek était enfant. Il raconte sans pudeur une enfance parfois difficile où il devait composer avec une mère atteinte de sclérose en plaques, maladie pas tellement connue à l’époque, et un père autoritaire. L’argent ne coulait vraiment pas à flot et la petite maison du fond d’un rang de la campagne de Proctor au Minnesota était souvent inconfortable pour le jeune Scott.

Son physique frêle et sa grande timidité en firent une cible facile pour l’intimidation à l’école. Pas tellement habile dans les sports traditionnels, il réalisa un jour lors d’une course qu’il avait un don: bien que moins rapide que les autres, il pouvait tenir un rythme acceptable plus longtemps qu’eux. Beaucoup plus longtemps. C’est ainsi que le ski de fond, puis la course en forêt, devinrent pour lui une façon de s’exprimer. Ou de s’évader, c’est selon.

Au fil des chapitres, on découvre un homme humble, gentil à l’extrême. Dès sa première victoire au Western States 100, il prit une habitude pour le moins… surprenante. En effet, il se faisait un devoir de demeurer à l’arrivée pour accueillir chacun des autres participants qui terminaient la course. Ainsi donc, au Hardrock 100 où la limite de temps pour compléter le parcours est de 48 heures (!), comme il avait pris à peine plus de 26 heures pour le faire, il est demeuré à l’arrivée pendant près de… 22 heures !  On ressent même son malaise quand il s’excuse presque de s’être absenté quelques minutes… pour aller prendre une douche.

Tout au long de l’ouvrage, cette gentilesse transpire. Étant moi-même limite-bonasse avec ceux que j’aime, j’ai partagé son désarroi quand son meilleur ami a cessé de lui adresser la parole sans raison particulière. Ayant déjà vécu quelque chose de semblable, je savais ce qui lui passait par la tête. Et bien que tout soit revenu dans l’ordre avec l’amie en question, j’en porte encore les cicatrices aujourd’hui. Je suis certain que c’est la même chose pour lui.

Évidemment, quand on lit sur un athlète de haut niveau, on est toujours à la recherche de petits trucs. On veut savoir « comment ils font ». Pour Jurek, tout passe par l’alimentation (avec un titre semblable, on n’en attendait pas moins !). Comme il adore faire la cuisine, chacun des chapitres se termine par une recette. Au début, je les lisais, mais je me suis vite fatigué de le faire. Quand même…

La particularité de ces recettes ?  Aucun ingrédient ne provient directement ou indirectement d’un animal.  C’est que Jurek est un végétalien strict. Oui oui, végétalien, avec un « l ». Cet homme-là a accompli tous ses exploits sans ingurgiter le moindre gramme de produit animal. Courir 100 milles juste en mangeant du gazon ?  Ça a l’air que ça se fait !  Comme probablement bien des gens, j’étais sceptique au début, mais à force de le lire, il a presque réussi à me convaincre des bienfaits de consommer seulement de la nourriture provenant des plantes (de la bouffe de gerbille, comme disait son grand ami Dusty). Mais bon, le mot « bean » revenait un peu trop souvent à mon goût et de toute façon, je ne me vois vraiment pas finir ma vie sans jamais manger à nouveau les brochettes de boeuf de ma tendre moitié, alors je vais laisser faire…

Autre fait saillant de ce bouquin: on en apprend sur la vie d’un ultramarathonien de haut niveau. En fait, on apprend une chose: elle n’est pas tellement différente de la nôtre. Pouvez-vous croire que le plus grand athlète de ce sport ait été obligé de s’endetter et de coucher dans une tente pour avoir l’occasion de participer à toutes ces courses ?  Physiothérapeute, il devait travailler comme tout le monde pour arriver à joindre les deux bouts. Quand, après plusieurs années à remporter les courses les plus prestigieuses à répétition, les commanditaires ont fini par se montrer le bout du nez, ça a été pour payer certaines dépenses. Ce n’est que quelques années plus tard qu’il a enfin réussi à sortir sa tête hors de l’eau… ce qui a coïncidé avec le moment où sa femme a demandé le divorce.

Les derniers chapitres du livre sont consacrés au deuil et aux nombreuses remises en question qui l’ont assailli suite au décès de sa mère. Pourquoi court-il ?  A-t-il le goût de continuer ?

La lecture m’a beaucoup fait réfléchir sur la course, la vie en général. Autant on y retrouve plein de petits trucs sur la course, autant il fait travailler l’esprit. Et le coeur. Je le recommanderais fortement à tous, que vous soyez un coureur aguerri ou quelqu’un qui ne court pas du tout.

L’ultime ultra

Hier matin 9h, j’ai eu une pensée pour eux. Même chose à 11h, puis à 13h: ils partaient en trois vagues. Eux, ce sont les vrais de vrais, les fous (des folles aussi, il y a des femmes) comme je les appelle. Ils étaient 96 cette année à s’attaquer à la course considérée comme la plus difficile, la plus impitoyable de toutes: le Badwater 135. Le lien vers le site web de cet ultramarathon se retrouve sur cette page, sous la rubrique « Jamais dans 100 ans ».

Pour les non-initiés, cette course débute à 282 pieds sous le niveau de la mer à Badwater Basin, dans Death Valley en Californie et se termine 135 milles plus loin (soit 217 merveilleux kilomètres), au pied du mont Whitney, à une altitude de 8360 pieds. Non seulement ils ne se contentent pas d’organiser cette pure folie à l’endroit même où la température la plus élevée jamais atteinte dans l’hémisphère ouest a été enregistrée, ils le font en plein mois de juillet. Mais les organisateurs sont tout de même cléments: auparavant, la course se terminait au sommet du mont Whitney, 22 milles plus loin. Mais bon, comme cette montagne fait partie d’un parc, les autorités y interdisent désormais la tenue de compétitions. Les participants peuvent toutefois compléter la route s’ils se défont de leur dossard et ont les permis nécessaires. Et oui, il y en a qui le font…

Qui participe à ça ?  Des ultramarathoniens chevronnés, il va sans dire. Très chevronnés, même. Les athlètes désirant subir cette véritable torture doivent répondre à de multiples critères, tous bien décrits sur le site web de la course. Et détail non-négligeable: payer les frais d’inscription qui s’élèvent à 995$ américains.  Si on tient compte du fait que chaque athlète a habituellement deux équipes de support (chacun devant obligatoirement avoir une voiture qui le suit en permanence) et de toute la logistique reliée à la réalisation d’un tel exploit, ça me surprendrait beaucoup que ça revienne à moins de 10000 $ comme promenade dans le désert.

Les prix à gagner ?  Une belle boucle de ceinture à l’effigie de la course pour ceux qui l’ont terminée en moins de 48 heures. Oui, vous avez bien lu: il y en a qui prennent 48 heures pour faire ça. Deux journées complètes. Dans le désert, à plus de 40 degrés à l’ombre (et comme il n’y a pas vraiment d’ombre…). Pour une boucle de ceinture. Et moi qui les admire… Le gagnant ?  La même chose que les autres, à part le prestige d’avoir gagné. Pas un sou de plus.

J’ai lu toutes sortes d’histoires au sujet de l’entrainement que les participants s’imposent pour s’adapter au climat plutôt inhospitalier. Il y a écidemment le classique gars qui s’entraine avec un parka en plein été. Mais il y en a une qui m’a marqué plus que les autres. C’était un Canadien, donc pas vraiment habitué aux hautes températures, qui voulait se préparer pour cette course. Ce qu’il a fait ?  Il s’est construit une serre dans sa cour arrière et y a installé un tapis roulant. L’histoire ne dit pas s’il avait installé un séchoir à cheveux qui, pour imiter le vent désert, lui aurait soufflé de l’air chaud dans le visage. Tant qu’à y être… Quand j’ai raconté cette histoire à ma conjointe, elle s’est empressée de m’aviser que j’aurais droit aux papiers de divorce le jour où je bâtirais une serre chez nous. Un homme averti…

À l’heure d’écrire ces lignes, 25 coureurs ont terminé l’épreuve,  5 ont abandonné et 2 autres ont manqué la « coupure » imposée à 28 heures au mille 72. Ça veut donc dire qu’il reste encore 64 coureurs qui sont sur le parcours depuis… 32 à 36 heures. Je suppose bien qu’ils prennent des pauses de temps en temps, que certains vont probablement même piquer un petit somme, mais quand même… Cette épreuve me laissera toujours bouche bée.

L’homme aux multiples exploits, Dean Karnazes, probablement l’ultramarathonien le plus connu de la planète, était de la partie cette année pour la 10e fois. Il a terminé en 12e position, en 29:57:50. Le gagnant, l’Américain Mike Morton, était quant à lui une « verte recrue »: il a terminé en 22:52:55 à sa première participation. Comment un homme peut-il parcourir 217 kilomètres sur ses deux jambes, dans le désert, en moins d’une journée ?  Ça me dépasse… Ha oui, autre exploit: le bon vieux Marshall Ulrich, 61 ans, qui est encore sur la route. C’est seulement sa 21e expérience à Badwater…

Non chérie, je t’assure que tu n’auras pas à te taper un voyage dans la vallée de la mort un jour…  Pourquoi j’en parle alors ?  Ben, parce que ça me fascine.  J’ai le droit, non ?  🙂

Des sacrifices ? Plutôt des choix !

Ce matin 7h15, je parcourais déjà les sentiers du mont St-Bruno. Je me suis dit qu’il fallait tout de même être un peu fou… Ça m’a rappelé une petite histoire du passé.

Août 2010, je dîne avec mon amie Chantale. Nous parlons évidemment du marathon de Montréal, qui approche. Assez paradoxalement, malgré le fait que ce soit elle qui m’ait donné le goût de courir quatre ans plus tôt, elle en sera à son premier marathon. J’en serai à mon cinquième.

On parle d’entrainement quand elle me lance tout bonnement: « En tout cas, tu as toute mon admiration pour avoir fait ça cinq fois, parce que moi, je commence à être écoeurée et je ne suis pas certaine que je vais recommencer ! »

J’avoue avoir été pris au dépourvu. Je ne comprenais pas vraiment jusqu’à ce qu’elle se mette à m’expliquer qu’il lui était arrivé au cours des semaines précédentes de refuser certaines sorties avec des amis ou de quitter un party plus tôt qu’elle aurait aimé parce qu’elle devait courir le lendemain. Sans compter que courir en soit prend du temps. Il ne faut pas se leurrer, vers la fin d’un programme, les longues courses prennent une demi-journée. Disons que ça entame une fin de semaine…  Pour elle, s’entrainer pour un marathon comportait donc son lot de sacrifices et elle n’était pas certaine que ça valait le coup, malgré le fait qu’elle était dans la meilleure forme physique de toute son existence.

Pour ma part, je ne voyais (et ne vois toujours) pas ça comme un sacrifice. Je dirais plus que c’est un choix, tout simplement. Il n’y aucun autre sport qui apporte la même satisfaction, le même bien-être après sa pratique que la course. Comme le disait si bien Dean Karnazes dans un de ses livres: je cours parce que je me sens toujours mieux après qu’avant. Je ne sais pas combien de fois j’ai couru dans ma vie, 800 fois peut-être ? Hé bien, à part le mémorable marathon de Montréal 2008, je me suis senti mieux après ma sortie qu’avant de commencer à courir à chaque fois. À chaque fois. Même quand j’ai tapé un mur à cause de la chaleur, même lors des quelques (rares) occasions où je me suis blessé. L’influx d’endorphines qui nous envahit quand on a terminé n’a tout simplement pas son égal.

Ceci dit, il est bien clair qu’on n’a pas besoin de s’entrainer pour un marathon pour sentir les bienfaits d’une sortie à la course. C’est assez évident. Alors, pourquoi s’entrainer pour un marathon (ou pire, un ultra !) quand on en retire autant de satisfaction à courir de moins longues distances ?  C’est là qu’entre en ligne de compte la notion de choix. Je vais encore citer Karnazes: nous avons la chance de pouvoir tout avoir, mais on ne peut pas avoir tout. Il faut choisir. Parce qu’on n’a que 24 heures dans une journée, des obligations familiales, le travail, etc.

Comme ma conjointe et moi n’avons pas d’enfant, j’ai évidemment plus de temps libre que d’autres. Mais je dois tout de même faire des choix: à peu près pas de télé, plus de cinéma (de toute façon, le monde n’arrête pas de jaser !), plus de golf et évidemment, des travaux d’entretien de la maison qui se font plus lentement. Et bon, il y a un certain blogue aussi qu’il ne faut pas négliger…  😉

Mais j’y reviens: pourquoi les longues distances ?  Le rêve, la satisfaction d’avoir accompli quelque chose, je suppose. Quand j’avais 12 ans, j’ai fait une marche de 20 km avec un ami et je n’en revenais tout simplement pas qu’on puisse faire le double EN COURANT !  Pour moi, c’était l’Everest, la montagne impossible à gravir. Puis avec le temps, je me suis rendu compte que j’étais capable. Après l’avoir fait, j’ai voulu m’améliorer, ce que je crois avoir assez bien réussi (31 minutes quand même, pas si pire, hein ?). Honnêtement, à mon âge presque honorable, je doute pouvoir m’améliorer encore beaucoup côté vitesse. Mais côté distance, par contre… Devant moi se dresse donc un autre Everest, un autre défi.

Ceci dit, c’est très très rare que je refuse des sorties à cause de l’entrainement. Je m’adapte, tout simplement. Un party qui risque de finir tard le samedi ?  Je me lève tôt et fais ma longue sortie ce jour-là. Le dimanche, j’avise en conséquence. Nous recevons des amis ?  Même chose. Et pas besoin de performer tous les jours, à l’entrainement. Quand bien même que je me traine un peu une fois de temps en temps…. Je ne me prive pas non plus côté alcool (j’ai un gros faible pour une bonne bière), mais ne fais que très très rarement des abus. Aussi, question de sauver du temps la semaine, je fais mes intervalles en me rendant au travail, puis prends le train pour revenir à mon auto le soir. Appelons ça joindre l’utile à l’agréable.

En fait, je deviens aussi discipliné et ennuyeux qu’un moine en une seule occasion: dans les jours précédant une compétition. Là, honnêtement, j’ai vraiment l’impression de faire des sacrifices. Mais quand j’arrive aux trois quarts de la course et que je sens, je sais, que je suis en train de réaliser une belle performance, la notion de sacrifice est définitivement oubliée !

Bref, c’est ce que j’ai choisi, mais je comprends que ça ne convienne pas à tout le monde. Et il n’est pas impossible qu’un jour (ça y est, j’entends déjà l’amour de ma vie penser: « Yeah right !  Ne fais donc pas des promesses que tu ne pourras pas tenir ! »), je mette ça de côté et passe à autre chose. L’avenir de nous le dira.