Marshall Ulrich – Running On Empty

C’était un cadeau d’anniversaire de la part de mes beaux-parents. Mais vue sa nature, je savais que c’était ma tendre moitié qui en avait fait l’achat: c’était un livre de course. En fait non, c’était un livre à propos d’un être humain qui court, nuance très importante. Quand je l’ai vu, je suis parti à rire. J’ai lui ai demandé si elle savait qui était Marshall Ulrich, l’auteur. Elle l’ignorait.

RunningOnEMpty

Qui est Marshall Ulrich ?  C’est tout simplement Monsieur Badwater. Il détient le record pour le nombre de participations (21, et il y sera encore à la mi-juillet), le nombre de courses complétées (18) ainsi que le temps le plus rapide sur le parcours original, celui de 146 milles (il a été ramené à “seulement” 135 milles il y a plusieurs années). Sachant qu’elle craint comme la peste que je décide de me lancer dans cette folle aventure un jour, j’ai trouvé très drôle qu’elle me procure un livre écrit par le grand maître de cette épreuve.

Parmi les autres exploits d’Ulrich, on compte le “Badwater Quad”, c’est-à-dire DEUX allers-retours de ce parcours infernal, un Badwater en mode pleinement autonome (soit sans aucune aide externe, il transportait lui-même tout ce dont il avait besoin: eau, nourriture, vêtements, etc.), l’ascension des plus hauts sommets de tous les continents et plein d’autres.

Dans Running on Empty, il nous raconte ce qu’il identifie comme ce qu’il a vécu de plus difficile au niveau performance athlétique: sa traversée des États-Unis à la course… à l’âge de 57 ans. Traverser le continent à pied, c’est déjà un exploit en soit. Mais le but initial n’était pas seulement “de le faire”. Nah, ça aurait été trop facile. Il fallait battre le record du monde, rien de moins… Le record à ce moment-là était de 46 jours, 8 heures et 36 minutes, soit une moyenne de 66.1 milles (106 kilomètres) par jour. Officiellement, Ulrich visait les records “Maîtres” (40 ans et plus) et “Grands Maîtres” (50 ans et plus), mais dans son for intérieur, il voulait le record absolu.

Charlie Engle, un (futur ex-) ami, et lui se sont lancés dans cette aventure un peu folle le 13 septembre 2008, quand ils sont partis de l’Hôtel de Ville de San Francisco direction New York dans la bonne humeur, avec comme objectif de faire 70 milles (113 km !) par jour. Rapidement, les deux compagnons se sont séparés, chacun y allant à son rythme.

La cadence infernale des premiers jours fit son oeuvre. Les deux athlètes devaient passer de très longues heures à avancer sur la route, combattant la chaleur et le vent. Les nuits de sommeil étaient courtes et le moral descendait lentement mais sûrement. Les blessures se mirent à faire leur apparition. Charlie dut abandonner après seulement 17 jours. Quant à Marshall, il fut terrassé par LA blessure qui fait trembler tous les coureurs: la fameuse fascite plantaire (ce petit vidéo montre assez bien ce que nos deux comparses ont dû subir).

Pendant que le temps continuait à avancer,  il passa une imagerie par résonance magnétique. Évidemment, le médecin lui suggéra de tout arrêter. Évidemment Ulrich, qui avait “diminué” la cadence à 60 milles par jour, demanda s’il ne pouvait pas se limiter à 40 milles à la place. Il continua ainsi, les bobos s’accumulant, mais la fascite se tenant à l’écart. Progressivement, il réussit à retourner à son rythme de 60 milles par jour. Et arriva finalement à New York, en 52 jours et 12 heures, battant au passage les records chez les Maîtres et bien évidemment, les Grands Maîtres.

Son récit nous raconte les coulisses de cet exploit. Il nous parle de toute la logistique nécessaire à la réussite, des tensions qui ne pouvaient faire autrement que de se développer entre les divers intervenants. Car il ne faut pas se leurrer, une grosse équipe de soutien est tout simplement indispensable pour que l’athlète puisse continuer à avancer, encore et toujours. Et au fil des jours, des semaines, les membres de cette équipe se sont épuisés à la tâche, faisant éclater les conflits.

L’aspect monétaire était évidemment non-négligeable. Cette aventure avait été financée par une compagnie de production de films qui en retour, reçut la permission de filmer les deux coureurs pour en faire un documentaire, Running America  (nos voisins du sud peuvent être tellement originaux quand ils s’y mettent… On peut visionner le trailer ici). Or, comme c’était Charlie qui avait réussi à obtenir le financement et qu’il a dû quitter, chaque dollar dépensé par la suite par Ulrich et son groupe fut scruté à la loupe. Et quand des amis commencent à se quereller à propos d’argent…

Ulrich nous raconte aussi ses états d’âme, les difficultés qu’il a eu à surmonter, autant physiques que psychologiques ou émotionnelles, pour se rendre à destination. À tous les jours, il voulait arrêter. À tous les jours, sa femme, qui était à ses côtés durant toute la “course”, voulait qu’il arrête. Mais ils ne s’en sont jamais parlé et il a continué. Sans vraiment en avoir la prétention, ce livre est finalement une belle histoire d’amour.

Bien qu’inspirant à bien des égards, ce bouquin m’a amené la conclusion suivante: “Jamais de la vie !”. À chaque page, on sent la souffrance et quand il arrive à New York, un seul sentiment ressort: le soulagement, ce qu’on peut constater en regardant le trailer d’ailleurs. Pas la joie d’avoir accompli quelque chose de grandiose, juste un gros “Enfin, c’est fini !”. Pas de quoi donner le goût de faire de même…  Bref, si (je dis bien si) l’idée me prend un jour de traverser le pays à la course, ce ne sera pas avec l’idée de battre des records. C’était beaucoup trop dur juste à le lire, alors j’imagine à peine ce que ça peut être le vivre…

Un autre élément que j’ai retenu dans tout ça: l’alimentation. Contrairement à Scott Jurek, Marshall Ulrich croit que l’être humain est omnivore. Et il a avalé à peu près n’importe quoi durant son périple: fruits, légumes, viande, desserts, fast food, barres énergétiques, boissons gazeuses, Red Bull, café, etc. Tout sauf… de l’eau !  Pourquoi ?  Pour la simple et bonne raison qu’il voulait que tout ce qu’il avale contienne des calories.

Au final, une lecture très intéressante et aussi, très instructive. C’est un must absolu pour tout coureur qui désirerait “essayer ça un jour”. Je la recommanderais à tous les coureurs longue distance, question de se rassurer un peu: non, vous n’êtes pas les seuls “fous” sur cette terre !  Quant aux gens “normaux”, pas certain qu’ils comprendraient pourquoi un être humain s’inflige une telle torture, malgré toutes les belles explications…

Les lacets

L’autre jour, j’étais au Mont Royal, quelque part dans les sentiers, quand j’ai senti que mon pied droit, mon toujours très capricieux pied droit, commençait à se promener un peu trop à l’intérieur de son soulier. Je me suis donc arrêté pour resserrer les lacets.

Comme j’ai les pieds étroits, j’ai tendance à attacher mes souliers très serrés, sinon mes pieds bougent à l’intérieur et en plus d’être désagréable, il n’y a pas meilleur moyen de développer des ampoules. Un vendeur dans une boutique de course m’a d’ailleurs déjà gentiment sermonné à ce sujet et le seul argument qui m’est venu en tête à ce moment-là a été de lui demander combien de kilomètres par semaine il courait avec des pieds étroits comme les miens. Mais bon, je trouvais ça un petit peu baveux, alors j’ai répondu “Oui, oui..” et fait comme d’habitude: à ma tête.

Mais à force de les serrer, les lacets finissent évidemment par s’user. Et ce matin-là, ils ont lâché. Quand je les ai sentis céder, je me suis dit que j’étais dans la merde. Finalement, non, il en restait assez long pour que je puisse les lacer tout en étant confortable pour la course. Et s’ils lâchaient de nouveau ?  Ou pire: s’ils lâchaient en pleine course, dans le milieu du bois ?  Je ferais quoi, hein ?  Je trottinerais jusqu’à la prochaine station d’aide dans l’espoir d’y trouver des lacets ?  Ben oui, comme si les gens trainaient des lacets de rechange…

Donc, même si j’avais pris la résolution en début d’année de diminuer la quantité de bidules que je traîne “au cas où” en course, j’ai décidé qu’une paire de lacets de rechange ferait partie de l’équipement qui m’accompagnera en permanence quand je serai dans les sentiers. Le rapport utilité/poids est trop grand pour que je décide de m’en passer.

Insécure le monsieur ?  Peut-être un peu, oui…  Mais je dirais plus: prévoyant !  😉

Bravo champion…

C’est ce que je me suis dit hier.

Je vous raconte. Après 35 beaux kilomètres dans mon terrain de jeux, je me sentais vraiment bien. La température était idéale pour la course, mon corps avait bien tenu le coup et la nouvelle veste d’hydratation avait fait des merveilles… mis à part le foutu tube et son embout. Pas capable. Il fallait que je fasse quelque chose sinon j’aurais tendance à moins boire juste à cause de ça.

Je me suis donc arrêté, encore une fois, à La Cordée. Le but: me trouver un autre réservoir pour remplacer celui qui vient avec mon Alpha UltrAspire (ou plutôt ultra aspire !). On m’a proposé un réservoir de la compagnie Platypus (n’avais jamais entendu parler) qui semblait avoir un embout semblable à celui de Camelbak et qui permettrait un remplissage rapide comme celui venant avec la veste. À 26 $, ça valait la peine de prendre le risque.

Sitôt arrivé à la maison (ben, après avoir mangé, quand même), je me suis mis en frais de tester mon nouvel achat. Bof… L’embout allait mieux que l’autre, mais pas tant que ça… Si je donnais une note de 3/10 à l’autre, celui-là obtenait peut-être un 5 ou un 6…

Puis j’ai essayé d’insérer le réservoir dans ma veste. Ouais, pas terrible. Comme il est plus rigide, il prend plus d’espace et surtout, dépasse beaucoup. Puis, j’ai eu une idée de “génie”: pourquoi ne pas essayer de regarder si le tuyau du nouveau réservoir ne fonctionnerait pas avec le réservoir original ?  Aussitôt dit, aussitôt fait. Et ça marchait: pas une goutte qui sortait. Au final, j’avais une meilleure veste.

Puis j’ai allumé: et si le tuyau de mon vieux Camelbak, celui avec l’embout qui va si bien, fonctionnait lui aussi ? Petit essai: ça marche !  Eurêka, je vais enfin avoir la combinaison parfaite !  🙂  Puis je me suis mis à regarder la multitude de tubes et de réservoirs sur la table de cuisine et me suis demandé: “Pourquoi tu n’as pas pensé à essayer ça AVANT d’acheter un nouveau réservoir ?!?”.

Bravo champion…

Un essai concluant

J’ai déjà parlé sur ce blogue de mes problèmes à trouver l’équipement idéal qui m’aidera à garder un niveau d’hydratation acceptable lors de mes longues courses dans les coins perdus. Depuis l’an passé, je cours dans le bois avec un Camelbak. Hyper-pratique, il peut contenir jusqu’à 3 litres de liquide et peut transporter une quantité presque illimitée de cossins. Il y a juste un petit problème avec ce bidule-là: il pèse une tonne. Au point où j’en ai mal aux épaules après quelques heures et que je me retrouve presque invariablement avec le cou barré le lendemain d’une longue sortie en sentiers. En plus, comme il couvre entièrement le dos, la ventilation est nulle quand il fait le moindrement chaud. Bref, je me devais de trouver autre chose.

J’ai essayé la bouteille à la main: patate. Ce n’est vraiment pas mon truc, mes bras ne sont définitivement pas assez forts pour leur imposer un poids durant des heures. Quand à la ceinture d’hydratation à plusieurs bouteilles que j’utilise sur route, elle présente le désavantage d’imposer des remplissages qui prennent plus de temps en plus de la bouteille avant gauche qui a la fâcheuse habitude de s’éjecter dès que ça brasse le moindrement. À proscrire.

Un “collègue” ultrarunner particulièrement connaisseur dans ce genre de trucs (il devrait aller travailler à La Cordée…) m’a prêté sa AK Vest de la compagnie Ultimate Direction.  Créée en collaboration avec le grand ultramarathonien Anton Krupicka, c’est un chef d’oeuvre de légèreté. Cette veste, qui est équipée de deux bouteilles (donc faciles à remplir) de 20 onces installées sur la poitrine, est aérée et offre plein de petits compartiments pour ranger différents bidules: téléphone, gels, petits goûters, etc. Dès que je l’ai enfilée, je l’ai aimée: je me sentais libre comme l’air. Quel contraste avec le Camelbak ! C’est quand je me suis mis à courir que ça s’est gâté un peu: les bouteilles se faisaient aller à qui mieux mieux, me donnant l’impression de courir avec une poitrine 38 DD. Au bout d’un certain temps, je me suis habitué et je pense bien que j’aurais facilement pu vivre avec ce léger inconvénient. Sauf qu’après quelques kilomètres, je sentais les bouteilles s’enfoncer dans mes côtes. Non mais, je ne pourrais pas être un petit peu plus costaud, moi ?!?  Si j’avais la moindre épaisseur musculaire au niveau pectoral, ça n’arriverait pas, ce genre de truc-là !  Mais bon, il n’y avait rien à faire. Après un essai de 34 km, j’ai dû me rendre à l’évidence: ça ne marcherait pas.

Sauf que mon expert, tout en me prêtant la AK Vest, m’avait montré son dernier achat: la veste Alpha d’UltrAspire. Avec réservoir à l’arrière (comme le Camelbak) d’une capacité de 2 litres, elle est également de type ultralégère. Lui en avait fait l’essai et l’aimait beaucoup, vantant sa stabilité. De plus, contrairement à mon vieux machin, le réservoir peut se remplir  facilement sans avoir à le sortir de la veste. Un gros plus. Aussi, la veste ne couvre que la moitié du dos, aidant pour la ventilation.

Après mon essai infructueux, je me suis donc dirigé directement chez le détaillant cité plus haut pour m’en procurer une. Comme c’est un nouveau produit, personne n’a pu vraiment m’aider, mais je me suis débrouillé. Et j’en ai fait l’essai hier matin.

Bingo !  Légèreté, stabilité, aération, liberté de mouvement, name it, tout était merveilleux. Ou presque. Seul bémol: quand vient le temps de boire, justement. L’embout est gros et il faut “siphonner” pas mal pour parvenir à tirer un peu de liquide. Au repos, ça va, mais quand on court, ce n’est pas l’idéal. J’ai soumis le problème à ma référence en la matière et il m’a répondu que lui avait changé le réservoir car lui non plus n’aimait pas celui qui venait avec la veste. Je vais fort probablement faire de même.

Donc, je crois bien que j’ai trouvé une façon à la fois efficace et agréable pour ne pas sécher lors de mes prochaines sorties en sentiers…  🙂

À recommencer

6h45, c’était un peu tôt à mon goût pour me rapporter à la tente des bénévoles de la Grande Virée des Sentiers. Mais comme le premier départ serait donné à 8h00, c’était bien normal que j’arrive un petit peu avant, non ?

Aussitôt, j’ai fait la connaissance de Chantal, la responsable des bénévoles. Et tout de suite je l’ai aimée. Sympathique, affable, le genre de personne qu’on sent immédiatement qu’elle est agréable à côtoyer. Dès que je lui ai donné mon nom, elle s’est confondue en excuses à propos de la petite confusion qui s’était produite durant la semaine. En effet, elle croyait m’avoir rencontré aux entrainements du Club des Coureurs sur Route de Mont St-Bruno (ce sont eux qui organisent l’événement) et m’avoir donné mon assignation alors qu’il n’en était rien. Ce n’était vraiment pas grave…

Après quelques minutes de confusion, je me suis retrouvé dans une fourgonnette accompagné de 5 autres personnes en direction… des rues de la ville. En effet, j’agirais comme signaleur sur le parcours. Or, une partie de la course de 20 km (environ 3-4 km) se déroule dans les rues. Donc, après avoir aidé les autres à monter deux tables pour un point d’eau, on m’a amené à « mon » intersection, située entre les kilomètres 15 et 16. Moi qui connais les sentiers par cœur, j’étais assigné dans les rues d’une ville que je ne connais pas du tout. Ironique, n’est-ce pas ?

Il était 8h30. Comme David Le Porho avait gagné la course en 1h07 l’an passé, je m’attendais à le voir se pointer entre 8h50 et 8h55. J’avais donc du temps devant moi. Je l’ai passé en nettoyant la rue de quelques branches mortes sur lesquelles les coureurs, fatigués par la montée et les kilomètres, pouvaient trébucher ou glisser. J’ai aussi déplacé légèrement les cônes marquant le passage réservé pour les coureurs de façon à leur donner plus d’espace. Un policier à vélo est venu me voir et on a discuté un peu. Je lui ai fait part de mes craintes au niveau circulation, mais il avait l’air habitué et m’a dit en souriant que les automobilistes étaient respectueux en très grande majorité.

N’empêche que de la manière dont l’intersection était faite, les automobilistes n’allaient pas voir arriver les coureurs sur leur droite, des arbres cachant la vue. J’allais donc devoir être prévenant pour éviter qu’un coureur voit son rythme brisé ou pire, un accident.

Les minutes s’écoulaient. 8h50. 8h55. Ben voyons que se passait-il ?  Bientôt une heure que le départ avait été donné et toujours pas signe de vie… Le départ avait-il été retardé ?  Ou peut-être que David n’était pas là. Mais Sébastien lui ?

À 9h pile ou à peu près, j’aperçus un premier coureur au loin. La casquette vissée sur la tête avec la visière vers l’arrière et ses lunettes lui donnant un petit air intello (il est tout de même médecin !) je reconnus tout de suite le sympathique Sébastien Roulier. Spontanément, je me suis mis à taper des mains et à lancer des encouragements. Comme j’étais fin seul, ça faisait bizarre. Mais je me suis vite arrêté car le trouble se pointait derrière lui: un groupe de cyclistes.

Ils étaient 5 ou 6 et au rythme où ils avançaient, ils allaient couper le meneur de la course, c’était certain. Merde… Tout ce que je pouvais faire, c’était crier, alors je me suis exécuté: « On laisse passer le coureur s’il-vous-plait !  On laisse passer le coureur !!! ». Sébastien a poursuivi sa route sans broncher, tâchant d’éviter les vélos qui lui coupaient le chemin.  « Il faudrait nous avertir avant ! » m’a lancé un des cyclistes.

Vous avertir avant ?  Vous venez de remonter une rue qui fait un bon kilomètre de long sur laquelle des pancartes de stationnement interdit et des cônes orangés forment un couloir que je considèrerais comme assez évident merci. Vous avez certainement dépassé plusieurs coureurs sur ce kilomètre, il semble que c’était plutôt clair qu’il y avait une course d’organisée, non ?  Tu voulais quoi, du con ?  Une enseigne sur une feuille de plywood de 4′ x 8′ à tous les 10 pieds pour t’avertir ?  Tabarn…

Bref, j’étais en petit crapaud et je sentais que j’avais raté mon premier call. J’espérais juste que Sébastien ne s’était pas trop fait briser son rythme dans l’opération…

Après une éternité, un autre coureur se pointa. Puis deux autres. À chaque fois, j’envoyais des encouragements et les dirigeais au bon endroit. À un moment donné, la concentration de participants se mit à augmenter. Et bien évidemment, la circulation automobile aussi. C’est là que je me suis senti vraiment utile, arrêtant le trafic le temps que les coureurs passent, puis faisant signe aux voitures quand le chemin était libre. Plusieurs participants m’ont remercié, ça m’a fait chaud au cœur.

Quant aux automobilistes, ils ont été super pour la très grande majorité. À part un qui a montré une certaine impatience (il avait probablement été obligé d’attendre une loooongue minute), tout le monde a été très gentil. Il faut dire que je me faisais un devoir de les remercier à chaque fois, ça aidait peut-être…

Après un certain temps, de mois en moins de coureurs se sont mis à passer. Puis, plus rien. Heu, je faisais quoi, moi ?  Finalement, j’aperçus un monsieur qui avançait lentement, suivi de deux bénévoles. C’était le dernier coureur. J’ai décidé de me joindre à eux et terminer la course. Le coureur était monsieur Gilles Rancourt. Il avançait, lentement mais sûrement. Jamais il ne s’est arrêté, jamais il n’a marché.

Au fil des kilomètres, le bénévole qui fermait la course se faisait demander par walkie-talkie où nous étions rendus, car l’organisation s’inquiétait pour l’heure de départ du 5 km. Disons que c’est toute une gestion, organiser plusieurs épreuves qui partent et finissent toutes au même endroit. Car il n’était pas question que le 5 km parte avant la fin du 20 km, vu que nous allions arriver en sens inverse…

Finalement, à mesure que nous approchions, une foule se formait et voyant monsieur Rancourt accompagné de gars portant des t-shirts orangés, elle se mit à se faire entendre. Les cris fusaient de partout, j’en avais des frissons. Mais on dirait que ce n’était pas assez, alors j’en demandais plus et les gens répondaient. Monsieur Rancourt a terminé en 2:27:46 sous les acclamations du public. Un bien beau moment.

Le reste de la journée a été tout aussi plaisant. J’ai eu l’occasion de regarder le départ et l’arrivée du 5 km (remporté par Dany Croteau), puis de servir de « poteau » pour tenir les câbles limitant l’accès au parcours durant ce qui constitue toujours un moment fort dans ces événements: les courses de 1 km des petits.

Et  par pur hasard, qui s’est retrouvé à côté de moi pendant que je jouait au piquet ?  Le vainqueur du 20 km lui-même !  Comme nous avions déjà échangé par courriel, je me suis présenté et nous avons amorcé une petite jasette. Il se rappelait à peine l’incident de « mon » intersection. ce qui m’a soulagé. Nous avons parlé du parcours, de la course, du fait qu’il avait couru 140 km durant la semaine (gulp !) et 1 heure et demie au mont Orford la veille (double gulp !). Et il venait de planter tout le monde !  Je me demande bien par combien de minutes il aurait pu gagner s’il avait été le moindrement reposé…

Son fils étant inscrit dans une des courses, il l’a suivi, mais nous avons eu la chance reprendre notre conversation par après. Comme je lui parlais de marche en ultramarathon, il ne semblait pas trop comprendre. La raison est fort simple: il ne marche jamais !  Je n’en revenais pas. Même pas au Vermont 50 ?  Même dans le mur au 47e mille ? Shit…  Seb, es-tu vraiment certain d’être humain ? Après ça je me demande pourquoi il a terminé presque 2 heures avant moi… 😉

Un ultrarunner bien connu s’est ensuite joint à nous, la conversation tournant autour des futures courses, des championnats mondiaux auxquels Sébastien participera en juillet, du Vermont 100 (où les deux se retrouveront, espèces de chanceux !) et de bien d’autres choses.  C’est fou ce que la course peut me rendre sociable !  🙂

Puis, les gens ont commencé à s’en aller. Mais pour nous bénévoles, la journée n’était pas terminée: il fallait tout ramasser. Ça s’est fait dans la bonne humeur et je ne comptais plus les chaleureuses poignées de main que j’ai reçues avant de partir, vers 14h30.

Organiser un tel événement, c’est vraiment beaucoup, beaucoup de petites choses à penser, à prévoir. Et c’est beaucoup de travail, j’ai pu le constater. Mais le faire dans le plaisir et la bonne humeur, ça a été un pur bonheur. Originalement, mon but était d’amasser des heures en vue du Vermont 100 de l’an prochain. Mais j’ai tellement apprécié que je crois bien que ce sera un rendez-vous pour les prochaines années, Vermont 100 ou pas.

Pour une première fois de « l’autre côté »

Depuis que je cours, j’ai eu la chance de prendre part à un grand total de 23 compétitions organisées. À chaque occasion, des bénévoles étaient là pour nous aider, nous supporter, nous encourager. Peu importe la température, qu’il fasse chaud et humide ou froid, pluvieux et venteux, ils étaient là, toujours souriants, dévoués pour nous. À quelques occasions, j’ai eu beaucoup d’admiration pour ces personnes qui étaient présentes, malgré le mauvais temps. Nous coureurs avions payé et étions entrainés pour ce jour précis, alors la pluie n’était qu’un inconvénient. Mais rien n’obligeait ces valeureux bénévoles à braver les intempéries dans le seul et unique but de nous aider. Il aurait été bien plus facile pour eux de demeurer à la maison. Mais non, ils étaient là.

À chaque point d’eau, je me fais toujours un devoir de remercier la/le bénévole qui me tend un verre. À mon sens, c’est la moindre des politesses. Car sans eux, il n’y aurait pas de courses, tout simplement.

Hé bien, pour la première fois demain, je serai de « l’autre côté », c’est-à-dire que ce sera (enfin) mon tour d’aider les coureurs dans le cadre de la Grande Virée des Sentiers du Mont St-Bruno. À ce que j’ai compris, mon rôle sera de guider les coureurs sur les différents parcours. Ça tombe bien, disons que j’ai une assez bonne connaissance de l’endroit. Je vais tâcher de faire ça comme du monde tout en profitant au maximum de la chance que j’aurai de pouvoir observer de près la technique des meilleurs de la discipline au Québec. Je vais également essayer de rendre une partie des encouragements que j’ai reçus au cours des années. Car je connais très bien l’effet que peuvent avoir de bons mots bien placés sur le moral et au bon du compte, sur la performance d’un compétiteur.

Allons-nous assister à un 5e sacre consécutif pour David Le Porho dans l’épreuve-reine, le 20 km ?  Je m’attends également à voir un certain Sébastien Roulier aux avant-postes…  🙂

Bonne chance à tous et à toutes !

De mauvaise foi

Bon, vous allez dire que je suis de mauvaise foi. Que c’est la pluie d’aujourd’hui qui m’a empêché d’enfourcher mon vélo pour me rendre au travail qui m’a rendu d’humeur maussade. Et vous avez peut-être un peu raison, mais que voulez-vous, à 43 ans, on ne me changera pas !

Qu’est-ce qui me fait râler ?  Un petit article paru dans La Presse+ hier qui ne faisait ni plus ni moins que je répéter ce qu’on retrouve ici. Ainsi donc, selon une étude de l’Institut de Cardiologie de Montréal, le sport à haute intensité pendant plusieurs années peut être nuisible pour le coeur.

En fait, ça, c’était le titre de l’article. Quand on se donne la peine de lire un peu plus loin, on retrouve une belle phrase qui diminue passablement la crédibilité de l’ensemble du texte. Je cite: “Les résultats sont probants: la pratique de l’exercice physique à haute intensité peut provoquer une susceptibilité à la fibrilation auriculaire chez certains sujets.” (les caractères gras sont de moi). On va peut-être m’accuser de jouer sur les mots, mais pour moi, l’utilisation du verbe “pouvoir” et du mot “certains” démontrent que les résultats ne sont vraiment pas probants, justement…

Mais il y a plus. Les résultats sont basés sur la reproduction en laboratoire de l’exercice à haute intensité chez l’être humain en la transposant chez des rongeurs. En effet, les chercheurs en ont fait courir une heure par jour pendant 8 à 16 semaines, “l’équivalent de 10 ans d’exercice chez l’être humain”. D’où vient cette équivalence  ?  D’une bête règle de trois ?  Et 10 ans, c’est pour 8 ou 16 semaines ?  Ce n’est pas vraiment la même chose… Et désolé de vous l’apprendre, messieurs les chercheurs, mais n’importe quelle personne qui a eu un hamster sait que ces petites bêtes courent bien plus que ça et ce, durant toute leur vie. En les faisant courir une heure par jour, vous les avez restreints, pas le contraire… Bon, probablement que les rongeurs utilisés étaient des rats et que peut-être que génétiquement, les rats sont plus proches de l’être humain que du hamster et qu’ils ne courent normalement pas durant toute la nuit.  Mais j’en doute. Quelqu’un peut m’éclairer à ce sujet ?

Les chercheurs stipulent que ces résultats devront être confirmés par des études sur des cohortes d’êtres humains (duh !?!). Question simpliste du profane: ils n’auraient pas pu tout simplement commencer par là ?  Une petite enquête auprès d’anciens athlètes de tous les niveaux, puis comparer le tout à la population en général, genre…

L’article se termine par un paragraphe sur la fibrilation auriculaire. De beaux chiffres sont lancés: “on estime qu’une personne sur 4 souffrira de fibrilation auriculaire au cours de sa vie. Au Canada, près de 250000 personnes sont atteintes de cette forme d’arythmie”. Selon le dernier recensement, notre pays comptait environ 33.5 millions d’habitants en 2011. J’ai beau faire le calcul de tous bords tous côtés, ça ne marche pas. Est-ce que ça se guérit ?  Ce qui expliquerait que certaines personnes en ont souffert et n’en souffrent plus ?  Est-ce que tant de personnes que ça vont en souffrir plus tard ?  Parce que 250000 sur 33.5 millions, c’est une personne sur 134. On commence à être loin du compte…

Bref, comme je disais, je suis probablement de mauvaise foi. Mais quand on nous attire avec un titre accrocheur du style “Le marathon est dur pour le coeur” (ça, c’était sur La Presse+) et qu’on nous garroche des chiffres qui ne tiennent pas debout après nous avoir présenté les résultats d’une étude faite sur des rongeurs, je n’ai qu’une chose qui me vient en tête: retournez faire vos devoirs. Ça me rappelle la fameuse étude qui avait conclu que le port du soutien-gorge augmentait de façon extraordinaire le risque de développement du cancer du sein chez la femme. Du grand n’importe quoi.

Bon, c’est la semaine du Grand Prix…  Il est où le médecin qui va nous sortir comme à chaque année que piloter un Grand Prix, c’est aussi dur pour le corps que courir un marathon ?  Tant qu’à chiâler…  😉

Dans l’humidité

L’humidité était à son comble samedi quand mon amie Maryse est arrivée au Mont St-Bruno. J’y étais depuis près de 90 minutes et je m’étais arrêté tellement souvent pour reprendre mon souffle/mouiller ma casquette/enlever mon t-shirt que je n’avais fait que 12 km. Je les avais faits le plus rapidement possible (4:32/km de cadence moyenne), mais il n’en demeure pas moins qu’à force d’arrêter, je n’avais finalement pas couru tant que ça. C’était toutefois suffisant, surtout que j’accompagnerais mon amie sur une autre dizaine de kilomètres.

Quand elle m’a vu, tout dégoulinant dans ma splendeur, je n’ai pas eu droit à un câlin. Je ne comprends pas pourquoi… 😉  Au programme: des côtes. Car voyez-vous, Maryse habite Laval, c’est-à-dire un endroit où un viaduc d’autoroute est considéré comme une montagne, un peu comme chez nous d’ailleurs. Or, comme elle s’est inscrite à St-Donat, elle voulait avoir un aperçu de ce que seraient des vraies côtes.

J’avais prévu faire le Sentier des Lacs (8.8 km), mon préféré, en faisant une bifurcation vers la côte de la tour de télécom. Mais avec la chaleur, je lui ai proposé de nous rendre directement à la tour et revenir, tout simplement. Elle préférait toutefois y aller plus graduellement, nous avons donc pris le sentier et son parcours vallonné.

J’avoue qu’elle m’a impressionné: ça prenait du caractère pour affronter des côtes pour la première fois par une telle chaleur. Je lui ai appris quelques rudiments de la course en montagnes, comme par exemple marcher en montant pour récupérer au lieu de le faire sur le plat et essayer de courir en montant. En effet, la différence de vitesse entre la marche et la course n’est pas immense en montant, mais sur le plat par contre…

Dans les deux derniers kilomètres, comme ça descendait beaucoup, mais avec une pente assez douce, elle s’est laissée aller. C’était beau à voir: sa queue de cheval qui battait au rythme de ses foulées, de grandes enjambées (pour un bout de femme de 5’2”, on s’entend) qui sautaient par dessus les obstacles, elle avait l’air de s’amuser comme un petite fille; autant que moi quand je descends. Lui aurais-je transmis le goût de courir dans le bois ?

En tout cas, je ne lui ai pas transmis le goût de collectionner les chaussures de course.  Vous auriez dû lui voir le visage et surtout, entendre le sermon qu’elle m’a servi quand elle a vu mon arsenal… Si j’ai envie d’avoir 15 paires de souliers pour faire de la peinture, j’ai bien le droit, non ?  Bref, j’ai fait une erreur: maintenant, elles sont rendues deux à me dire que je devrais me débarrasser de ces godasses avec lesquelles j’ai parcouru tant de kilomètres.

Puis dimanche, j’y suis retourné, seul cette fois. Mon avant-dernière très longue sortie avant St-Donat: 46 km. L’humidité était encore à couper au couteau. En plus, il pleuvait et il n’y avait pas le moindre signe de vent. La température idéale pour faire autre chose que courir. J’ai essayé de me “réchauffer” (bizarre d’utiliser ce terme quand on transpire juste à respirer), mais comme j’étais envahi par les foutus maringouins, j’ai coupé ça court et suis parti.

La pluie tombait, c’était écrasant. Mon corps était récalcitrant et m’a rapidement donné une indication que la journée serait longue: le premier kilomètre en 4:45, alors qu’une bonne partie avait été faite en descente et le reste sur le plat. Pas bon signe…

J’ai évolué, lentement, à la cadence que mes jambes déjà taxées me permettaient d’avancer. Autour du 9e kilomètre, alors que j’étais en montée et que la pluie était diluvienne, qui s’est montré le bout du nez ?  Mon bon “ami” le surveillant (en tout cas, s’il ne l’est pas, il a une légère tendance à se prendre pour ça). Pas en pickup comme l’an passé, mais en cart de golf cette fois. Probablement parce que c’est plus pratique pour aller écoeurer le monde dans les sentiers…

Il s’est arrêté pour me demander si j’avais mon droit d’accès sur moi (il a été très courtois, je dois l’admettre). Tu me niaises, bonhomme ?  Il tombe de la merde, penses-tu sérieusement que je serais ici si je n’étais pas un habitué ?!?

J’ai répondu que ma carte était dans mon Camelbak (ce qui était vrai) et entrepris de défaire les millions de courroies en montrant que c’était tellement compliqué de tout défaire ça… Il m’a demandé si ma carte était encore valide et quand je lui ai répondu qu’elle l’était jusqu’au 31 juillet, il a dit que c’était correct, que je n’avais pas besoin de la sortir, m’a souhaité une bonne journée et est parti. Mais pourquoi diable ce gars-là est-il le seul qui m’ait jamais demandé ma carte dans ce parc ?  Pourquoi ne se contente-t-il pas d’envoyer la main et faire un beau sourire aux coureurs comme le font les autres ?

Les kilomètres se sont mis à s’accumuler, lentement mais sûrement, comme dans un ultra. Je prenais bien soin d’emprunter les sentiers et détours les plus difficiles, ayant une petite idée de ce qui m’attend en compétion pour le reste de la saison. Arrivé au sommet du centre de ski, la pluie n’avait pas ralenti ses ardeurs, bien au contraire. 7 jours plus tôt, j’étais au même endroit, sous la pluie encore une fois, mais je gelais. Cette fois-ci, la pluie me faisait presque du bien…

Mais pas autant qu’à une dame croisée à l’accueil on dirait… Elle m’a abordé, me disant: “C’est vraiment le fun de courir sous la pluie, non ?  On se croirait dans la jungle !”. Ouais, l’Amazonie, ce n’est pas habituellement le portrait que je me fais d’une belle course. J’ai comme dans mon idée qu’elle n’avait pas un programme aussi chargé que le mien…

Les longues sorties, c’est aussi le moment idéal pour faire (encore) des tests. Dimanche, j’essayais le GU Brew à la place de mon traditionnel Gatorade dans mon Camelbak. Et comme il faisait chaud, je buvais souvent: à tous les kilomètres. C’est bien, le GU Brew, c’est moins collant que le Gatorade et ça se tolère mieux à la longue. Mais ça ne goûte pas grand chose, finalement. Bah, c’est mieux que de l’eau.

Sauf que ce qui devait arriver, arriva: au 40e kilomètre, j’étais à sec. J’ai pu me rendre à l’accueil sans problème, mais l’avertissement était lancé: seulement un Camelbak, ce n’est pas assez. Je dois définitivement trouver autre chose qui est un, moins lourd et deux, plus facile à remplir. J’ai un prospect en vue, j’ai hâte de faire un essai. Histoire à suivre…

Essais et erreurs

Ha le Québec et ses changements de températures…  C’est assez incroyable: pas plus tard que dimanche dernier, j’ai dû composer avec le froid et aujourd’hui, c’était écrasant, au point où j’ai fait une saucette dans la piscine dès mon réveil. Cinq petites journées pour passer d’un extrême à l’autre (pour la saison, on s’entend).

Comme la chaleur semblait vouloir se montrer le bout du nez hier matin, j’ai décidé de faire un test. Car c’est une règle établie en course à pied: ne jamais essayer en compétition ce qu’on n’a pas testé à l’entrainement. L’occasion était idéale: 30 km de prévus dans les sentiers du Mont Royal, température et humidité à la hausse, pourquoi ne pas en profiter pour essayer une nouvelle méthode d’hydratation ?

Car voyez-vous, depuis que j’ai découvert les sentiers, à chaque fois que je vais en terrain accidenté, c’est avec mon Camelbak sur le dos. Sauf que ça a certains inconvénients: c’est lourd, particulièrement au début, c’est un peu chaud et à chaque fois que je fais une course de plus de 30 km, j’en suis quitte pour un mal d’épaules. J’ai réussi à l’endurer pour 50 milles, mais pour 100 ?  Oubliez ça !

Or, à observer les autres coureurs au Vermont 50, à voir les photos de plusieurs ultras et aussi à lire des récits de courses, j’ai remarqué que la grande majorité des ultrarunners courent avec une bouteille à la main. Cette façon de faire comporte plusieurs avantages: plus grande liberté de mouvement, meilleure aération du corps et rapidité au moment du remplissage.

Étant de constitution plutôt frêle pour un homme (5’10 », 150 livres, la plupart concentrées dans les jambes), je doutais avoir la force nécessaire pour tenir une bouteille remplie d’eau « naturellement » en courant. Mais bon, il fallait bien que j’essaie. De plus, je ne peux pas courir seulement à l’eau, ça me prend du Gatorade ou un de ses dérivés. Parce que l’eau, au bout d’un certain temps, pas capable… Ça fait que je suis également parti avec ma ceinture d’hydratation remplie de Gatorade à la taille avec l’idée d’alterner les deux.

En partant, j’ai vite constaté que je me sentais plus léger. Bon point. Mais dès la première montée, premier problème. C’est que la plupart de montées en sentiers, surtout celles que j’emprunte, sont plutôt abruptes, alors je les fais en marchant. En fait, c’est plus du power hiking: je me penche vers l’avant et avance à grands pas en accentuant le mouvement de mes bras. Cette façon de faire plutôt efficace m’a permis de dépasser bien des concurrents au Vermont 50 et m’a aussi valu quelques « Great pace ! » au passage, alors ça ne doit pas être si mal.

Sauf qu’avec un poids supplémentaire dans une main, j’étais tout désynchronisé dans mon mouvement de bras. J’avais beau essayer de me remettre en phase, rien à faire. J’ai fini par balancer seulement le bras avec la main libre, ce qui est moins efficace comme façon de faire.

Autre problème: quand la bouteille commence à se vider, le liquide bouge dedans, faisant déplacer le poids de l’eau d’une extrémité à l’autre. Je suppose que ça ne dérange pas les gars plus costauds ou qu’on finit par s’habituer, mais bon, ça me gossait un peu.

La cerise sur le sundae ?  Elle est arrivée quand une des bouteilles de ma ceinture d’hydratation s’est mise dans la tête qu’elle n’aimait pas les descentes trop cahoteuses ou trop rapides et a décidé d’appuyer sur le bouton du siège éjectable. Après trois fois, j’ai laissé échapper un juron qui a probablement été entendu jusqu’à Ste-Anne-de-Bellevue. Je me voyais être obligé d’arrêter à tout bout de champ sur les sentiers menant à St-Donat et disons que cette vision ne me faisait pas vraiment plaisir.

Je me suis mis à faire les descentes sur les talons, question de ne plus perdre des morceaux. Je me retenais carrément en descendant, ce qui n’est vraiment pas la chose à faire. Au bout d’un certain temps, je me suis mis à courir avec la bouteille récalcitrante dans une main et la bouteille d’eau dans l’autre. C’était mieux, mais je n’étais pas à l’aise.

J’ai fini par un peu m’habituer, mais j’ai constaté que j’allais plus lentement que d’habitude. Ok, il faisait plus chaud, mais ça n’expliquait pas tout. Je n’étais vraisemblablement pas à l’aise avec quelque chose dans les mains, je préfère définitivement avoir les mains totalement libres.

Quand j’ai parlé de ça à ma douce au souper, je lui ai dit que ça me gossait un peu, que si tout le monde courait avec une bouteille à la main, il devait bien y avoir une raison. Elle m’a répondu que ce ne serait pas la première fois que je serais différent des autres (je suis un des très rares, particulièrement à mon niveau, à faire des courses sur route avec une ceinture d’hydratation) et que si je préférais le Camelbak, pourquoi pas ?

En effet, pourquoi pas ?

Mais il y a bien d’autres trucs qu’il me reste à essayer. Après plusieurs essais et erreurs, peut-être trouverai-je la combinaison idéale. Mais je doute que ce soit d’ici la fin juin…

Coupe DIX30: un petit peu en retard sur la nouvelle

Je me suis dit que tant qu’à être en retard dans les nouvelles, aussi bien prendre mon temps pour commenter, n’est-ce pas ?  En effet, ce n’est que la semaine dernière que j’ai appris que la Coupe DIX30 n’aurait pas lieu cette année. Pourtant, la nouvelle était sortie depuis deux semaines, mais que voulez-vous…

C’est avec beaucoup d’intérêt que j’ai lu le communiqué explicatif d’Éric Fournier, l’organisateur de cette série de courses. Pas besoin d’avoir suivi beaucoup de cours en psychologie pour sentir la déception et l’amertume de cet homme qui a mis beaucoup de temps et d’énergie dans ce projet, et le tout bénévolement. Quand quelqu’un démarre quelque chose, travaille fort, y croit et que finalement, ça ne marche pas (ou pas assez comme dans ce cas-ci), ça me fait toujours un petit pincement au coeur. J’ai toujours pensé que c’était une simple question de justice: quand on travaille fort, on devrait toujours être récompensé.

Cette série d’événements a tout de même reçu son lot de récompenses. Elle a entre autres été nommée “Événement de l’année” en 2011 par la Fédération québécoise d’athlétisme. Ce n’est pas rien… Quand on jetait un coup d’œil au site Web, on voyait que le tout était organisé de manière très professionnelle, avec des parcours certifiés, ce qui est loin d’être le cas partout ailleurs. Des efforts avaient été mis sur le développement de l’élite, tout en permettant une participation facilement accessible aux courses pour les coureurs récréatifs. Par contre, l’exigence d’un engagement de la part de l’élite a probablement nui à la série. En effet, “bloquer” un minimum de trois dimanches à un coureur de haut niveau, c’est beaucoup. Mais ça, c’est facile à dire par après…

Sauf que je me suis senti interpellé à quelques endroits dans ce communiqué et j’aimerais commenter. Tout d’abord, monsieur Fournier aurait souhaité une plus grande participation (entre 300 et 400 coureurs supplémentaires !) de la part des gens de la rive sud. En tant que résident de cette région, j’ai songé à m’inscrire à une ou deux épreuves au fil des années. Ça se déroulait près de chez nous, ça aurait été facile pour moi de m’y rendre. Sauf qu’il y avait un problème: moi, me taper une course en plein été, dans le stationnement et les rues du DIX30, ça ne me disait strictement rien (je sais qu’il y en avait ailleurs aussi, mais là n’est pas mon point). L’été, c’est la saison des BBQ et on n’a pas toujours le goût de se priver le samedi soir parce qu’on a un 10k dans la canicule le dimanche matin. Dans ma tête, les dimanches d’été, c’est pour faire la longue course relaxe, pas pour courir un 10k à fond la caisse sous le soleil de plomb.

Autre point où j’ai accroché: quand il énumère tous les genres d’événements auxquels les coureurs débutants sont confrontés. Il estime que ces nouveaux-venus ne savent pas où donner de la tête. Je peux comprendre la frustration d’un “puriste” pour qui la course à pied, c’est avant tout les 5 km, 10 km, demi-marathon et marathon sur route. Sauf qu’on n’est plus dans les années 80. Lors de ce premier boom de la course à pied, il n’y avait que ces épreuves dites “classiques” offertes aux coureurs et qu’est-ce qui est arrivé ?  Les gens ont commencé à trouver ça ennuyant et cessé d’aimer courir. Soudainement, le nombre de courses organisées s’est mis à diminuer dramatiquement. Peut-être qu’avec un plus vaste choix, la pratique de ce sport ne connaitra pas le creux qu’elle a connu dans les années 90, qui sait ?  En ce qui me concerne, j’aime beaucoup alterner route et sentiers. Est-ce mal ?  J’ai fait le Marathon de Montréal à 5 reprises (ouais, je me suis tapé la maudite rue des Carrières 5 fois !!!) et bien honnêtement, j’en ai soupé, malgré qu’ils aient modifié le parcours. Si l’option des ultras n’existait pas, est-ce que je serais aussi motivé de continuer aujourd’hui ?  Pas certain.

Mais là où je me suis senti visé, c’est quand il “dénonce” les coureurs qui pratiquent ce sport depuis seulement 3 ou 4 ans et qui deviennent entraineurs, blogueurs, conférenciers, […]. C’est évidemment le mot “blogueurs” qui m’a fait sursauter. Ouin chose, et puis après ? Ça ne faisait pas 6 ans que je courais quand j’ai commencé à écrire ce blogue, est-ce que ça fait de moi un taré pour autant ?  Je n’ai aucune prétention autre que raconter ce que je vis à la course et dire ce qui fonctionne et ne fonctionne pas pour moi. Quand je dis par exemple que je ne suis pas d’accord avec les méthodes d’un entraineur, c’est seulement mon opinion, rien de plus. Elle est basée sur des faits, j’essaie (je dis bien: j’essaie) de monter une argumentation qui se tient, mais ça demeure mon humble opinion. Je n’ai aucune formation en médecine, en éducation physique ou en nutrition. Je fais juste parler de mes expériences et c’est tout. Si la lecture de ce blogue incite les gens à vouloir se dépasser, que ce soit en se mettant à la course ou en envisageant un premier ultra, je ne vois vraiment pas ce qu’il y a de mal à ça. Et je ne vois surtout pas le rapport avec le fait qu’il ait été obligé de mettre la clé dans la porte de son organisation.

Ceci dit, je mets toutes ces frustrations exprimées sur le compte de l’amertume. Je voudrais souhaiter la meilleure des chances à monsieur Fournier dans ses projets futurs. Et si j’étais l’organisateur d’un événement de course à pied, je le contacterais dans les plus brefs délais car une expérience comme celle qu’il a su développer avec la coupe DIX30, c’est inestimable.