New York, New York !

Je ne sais pas pourquoi, mais quand on pense au Big Apple, le classique de Sinatra n’est jamais bien loin dans nos pensées. C’est comme si on était incapable de dire le nom de la ville une seule fois, on se sent obligé de le répéter. D’ailleurs, je me suis toujours demandé si le deuxième « New York » de la chanson était là pour désigner l’état où se situe la ville ou si c’était une répétition. Je sais, je me pose de drôles de questions…

Le pire, c’est que j’ai failli détruire le courriel, croyant tout d’abord que c’était une pub. Puis je me suis ravisé: les New York Road Runners ne sont-ils pas les organisateurs du Marathon de New York ?  Peut-être allais-je enfin savoir quel sort me serait réservé…

Hé bien oui, ils se sont finalement décidés: parmi ceux qui auront une entrée garantie pour le dernier Marathon Major de l’année, il y aura ceux comme moi qui se sont vus refuser l’accès trois années de suite à la loterie.

J’avoue être très agréablement surpris. J’étais certain que nous serions les agneaux sacrifiés qui passeraient au couperet. Mais non, ce sont plutôt les malchanceux qui se sont qualifiés en atteignant les standards qui ont écopé. En effet, ces derniers auront seulement 2000 places qui leur seront réservées et c’est par le biais d’une (autre) loterie que les « heureux gagnants » seront choisis.  Je serais probablement un peu frustré si j’étais à leur place, les standards étant très sévères, beaucoup plus qu’à Boston. Alors devoir passer par une loterie… Mais bon, ainsi va la vie.

Pourquoi suis-je si emballé à l’idée de courir ce marathon ?  Parce que ma douce et moi adorons New York. Quand on s’y promène, on a l’impression qu’elle est une entité bien vivante, qu’on fait partie de quelque chose d’unique. Et c’est très rare qu’on ressent ça. J’ai eu la chance de voir Tokyo, Pékin, Philadelphie et aucune de ces cités ne peut s’approcher de New York en ce sens. Il y a seulement à Paris où j’ai ressenti la même chose. C’est très particulier comme sensation, genre de chose qui ne m’arrivera jamais à Montréal ou Toronto…

Côté course (car il faudra bien que je coure aussi !), je me suis rendu compte d’un léger détail: je vais me taper deux ultras et un marathon en moins de deux mois. Oups. Je ne suis qu’un être humain, c’est peut-être un peu trop pour moi… Donc, vraiment pas le timing pour s’attendre à une performance spectaculaire. Bah, ce sera un beau marathon touristique avec le départ sur Staten Island, la traversée du Verrazano-Narrows Bridge (c’est l’image qui sert d’en-tête à ce blogue), les rues de Brooklyn, du Queens, de Harlem et l’arrivée dans Central Park.

Disons que ça va me faire différent du marathon de Magog avec lequel j’envisageais terminer ma saison…  🙂

« Ils sont fatigués »

Entendu à la radio en revenant à la maison hier: “Carey Price et sa brigade défensive sont fatigués à cause du calendrier très condensé que le Canadien doit jouer cette année.” C’étaient les propos de Michel Villeneuve durant l’émission de Paul Houde à 98.5 FM. Je n’ai pas pu m’empêcher de rire. Dans le genre dire des âneries…

Mettons d’abord les choses au clair: je ne suis pas un amateur de hockey. Je l’ai déjà été et j’aime toujours regarder ce sport tellement beau à voir… quand il est joué comme il devrait l’être. Soit durant les Jeux olympiques ou les championnats du monde. Pas dans la Ligue nationale où il n’y a pas une semaine sans qu’il y ait au moins une tentative de meurtre. Parce c’est comme ça que j’appelle le geste que pose un matamore qui vise la tête d’un adversaire avec son coude ou son bâton. Et je ne parle même pas de ce qui est carrément illégal à l’extérieur d’un aréna, c’est-à-dire se battre à poings nus. Dans le hockey nord-américain, les belligérants reçoivent 5 minutes de punition, puis peuvent retourner jouer comme si rien n’était. R-I-D-I-C-U-L-E !!!

Mais bon, ce n’est pas de ça dont je voulais parler. Je voulais plutôt parler de la forme physique de ces idoles. Excusez un peu, mais je ne peux tout simplement pas concevoir qu’une bande de jeunes hommes dans la force de l’âge, pour qui être en forme physique fait partie de leur travail (et non de leurs loisirs comme les gens dits “normaux”), seraient fatigués après deux gros mois d’activités ?  Pardon ?  Pauvres petits…

Commençons par les défenseurs. On tombe en pamoison devant un défenseur qui joue 30 minutes par match. Heu… Est-ce si difficile d’être sur la glace pendant 30 minutes réparties sur la durée totale d’une partie, soit près de 3 heures ?   Ça consiste en quoi, 20 shifts de 90 secondes ?  Faites-moi courir 20 sprints de 90 secondes répartis sur 3 heures et je vais considérer ça comme une perte de temps, pas comme une sortie fatigante. Je tiendrais à rappeler que j’ai entre 10 et 20 (et même 25 !) ans de plus qu’eux et que  l’activité physique, c’est mon loisir. Je fais autre chose pour gagner ma vie. Et entendons-nous bien, les défenseurs qui jouent autant se retrouvent souvent sur les avantages numériques au cours desquels on ne peut pas dire qu’ils sont à fond de train…

J’entends d’ici l’argument mettant de l’avant qu’ils ne font pas que du “cardio”, ils doivent aussi travailler en force, ils reçoivent et donnent des coups, etc., ce qui n’arrive évidemment pas (en temps normal en tout cas !) quand on ne fait que courir. Je concède que c’est vrai et que le travail en force peut drainer beaucoup d’énergie. Mais quel pourcentage du “temps de glace” se fait en force ?  10% ?  15% ?  Mais dites-moi, quel pourcentage du même “temps de glace” se fait, surtout chez les défenseurs, à garder sa position, à surveiller ce qui se passe, à ne rien faire physiquement, finalement ?

Tout ça m’amène à Carey Price. Ce jeune homme a 25 ans. Doté d’une carrure impressionnante, il est une force de la nature. Et on nous dit qu’il serait fatigué à garder les buts ?  Il se brûlerait à goaler ? Vous voulez rire de nous ou quoi ?  Je concède que le style papillon utilisé par les gardiens modernes demande beaucoup de souplesse et de force physique. Mais au point d’être fatigué après deux mois ?  Quand ça fait pour ainsi dire partie de sa définition de tâche ?

Garder les buts, c’est de l’habileté à au moins 80%. Ça prend de la technique, beaucoup de pratique, de bons réflexes. Si Price est fatigué à faire ça, il a définitivement un problème. À sa place, j’aurais honte de me définir comme étant un “athlète”.

Demandez à Alex Harvey comment il trouverait ça, goaler 3-4 fois par semaine. Pas certain qu’il serait fatigué au bout de deux mois…

Une grippe d’homme ?

Ce billet s’adresse à vous, mesdames.

La plupart d’entre vous avez probablement déjà entendu parler de la péjorativement surnommée “grippe d’homme”. Selon cette théorie (je n’ose pas dire “invention), quand un homme est malade, la terre arrête de tourner: il est incapable de bouger, incapable de penser, incapable de respirer et vous devez absolument satisfaire le moindre de ses caprices sinon c’est une mort certaine qui l’attend. Pourtant si ses chums l’appellent parce qu’ils ont besoin de lui pour une partie de hockey d’une ligue de garage quelconque, il a, premier miracle, la force de répondre au téléphone et deuxième miracle, il est en mesure d’aller jouer. Ses raisons: “Je ne peux pas laisser tomber les boys” et “Ça va casser ma grippe”.

Mettons les choses au clair: je vis avec une femme, alors je n’ai jamais eu connaissance de ce genre de comportement. Et selon ma tendre moitié, il semblerait que je suis relativement facile à vivre quand un virus me fait le merveilleux cadeau de se multiplier dans mon système.

Mais en ce qui concerne les raisons invoquées pour répondre à l’appel de détresse de ses amis, sachez mesdames qu’elles sont vraies et vérifiables. Car laisser tomber les boys, ça ne se fait pas. Ce serait comme déserter quand on va à la guerre. Et “casser la grippe” ou “faire sortie le méchant”, c’est vrai aussi. Oui oui, je vous le jure.

J’en ai d’ailleurs fait l’expérience pas plus tard que samedi. Le rhume (parce que ce n’est définitivement pas une grippe, quand même) qui s’était montré le bout du nez en milieu de semaine était définitivement bien installé samedi matin. En plus, pépère Fred s’était couché tard parce qu’il était allé voir un spectacle pour les gens de son âge: Rock of Ages. Spectacle qui est excellent, soit dit en passant.

Mais bon, disons qu’avec le nez morveux et les pensées un peu embourbées, je ne pensais vraiment pas casser la baraque. Je me disais que je ferais du 4:30/km et que si ça ne marchait pas, j’avais juste à revenir à la maison. La veille, j’avais lu un article me rappelant une des bases de la course longue distance: raccourcir les foulées et augmenter leur fréquence, un peu à la manière des Kenyans. Je me disais que j’essaierais de me concentrer là-dessus.

Au début, le truc semblait fonctionner. Le son de mes pas me rappelait le mois de novembre où tout était si facile. 4:11 pour le premier kilomètre. Ouais, pas mal, mais j’avais le vent dans le dos. J’ai continué, les voies respiratoires étant dégagées pour la première fois depuis 48 heures. Deuxième kilomètre en 3:59. De quessé ?  Sous les 4 minutes sans forcer ?  Le vent était favorable, mais à ce point ?  Hum, je tenais peut-être quelque chose, moi là…

Par la suite, j’ai dû affronter le vent de face (fallait bien) et ma cadence moyenne a évidemment ralenti. Mais je me sentais très fort. Pour la première fois depuis mon “retour”, je voulais littéralement manger les kilomètres. Une sensation tellement grisante… Au final, ma deuxième meilleure moyenne depuis ma blessure, sur 14 km au lieu de 11 comme la fois précédente. Pas encore ce que je faisais à l’automne, mais pas si loin non plus. Et surtout, un rhume qui en a pris tout un coup: je me sentais infiniment mieux après. Bien que ce ne soit pas encore parfait, ça va beaucoup mieux depuis.

Alors mesdames, si votre homme veut aller se défouler alors qu’il est malade, je vous prie de le laisser faire. Après, il vous reviendra (presque) en pleine forme… et dans de biens meilleures dispositions. Ce sera alors le temps idéal de lui parler de travaux de plomberie/menuiserie/peinture…  😉

Le jour où j’ai vraiment haï l’hiver

Variation sur un même thème…

La lune de miel (façon de parler) entre l’hiver et moi s’est terminée assez rapidement. Ça a été plus un « one-day stand », en fait. Dès le lendemain de ma belle course en campagne, quand nous sommes revenus dans la région métropolitaine, la belle neige blanche avait fait place à la sloche brune et à la saleté. L’hiver dans ce qu’il y a de plus laid.

Côté course, ça s’est plutôt bien passé lundi. Mais je regardais la météo avec appréhension et si je voulais courir à nouveau avant le week-end, une seule fenêtre se présentait à moi: mercredi matin. J’ai donc décidé de me rendre au métro de Longueuil à la course, soit à 22 km de chez moi selon Google. Ok, un peu long pour une sortie de semaine, mais parfois, il faut ce qu’il faut.

Avec la chute de neige annoncée, le vent avait pris sa direction de circonstance: nord-est. Directement dans ma figure. Ça commençait mal. Les trois premiers kilomètres se sont pourtant déroulés rondement, sur la piste cyclable du bord du fleuve. Puis ça s’est gâté. Les températures douces du jour faisant fondre la neige, de belles mares d’eau s’étaient formées la veille dans la piste. Mares qui s’étaient transformées en patinoires durant la nuit.

Je ne sais pas combien de fois j’ai dû arrêter pour éviter de tomber. 15, 20 fois ?  Pas la meilleure façon de prendre un rythme. Et le vent frisquet rendait ma respiration difficile, au point où je me suis même demandé si je ne commençais pas à faire de l’asthme, comme mon paternel (c’est le lendemain que j’ai su ce que j’avais: un merveilleux début de rhume).

Au moins, la piste cyclable qui traverse Brossard était bien sèche, mais ma réjouissance fut de courte durée. Près du pont Champlain, la piste n’était plus dégagée du tout. Pas moyen de courir dans cette neige toute cabossée, j’ai dû me résoudre à marcher, en maudissant cet hiver qui ne finit plus de finir. J’ai probablement franchi 1 km en invoquant à plusieurs reprises tous les saints du ciel. Dire que j’étais furieux serait un euphémisme.

Quand j’ai retrouvé la tant désirée asphalte à St-Lambert, j’étais certain que je serais en affaires jusqu’au métro. Ce que je peux être naïf parfois… Pas une seule piste cyclable de la riche St-Lambert n’était le moindrement dégagée. J’ai essayé de bifurquer par les petites rues pour me retrouver… sur une surface complètement glacée. Autres arrêts, autres jurons. Ha, hiver de mes deux !!!

Sur Riverside, j’ai dû courir face à la circulation, en tâchant d’éviter les giga-trous d’eau et les autobus qui semblent carrément incapables de contourner le moindre obstacle humain. Voulez-vous bien me dire pourquoi les foutus autobus doivent ABSOLUMENT rouler si près du bord du chemin ?  Ça m’a d’ailleurs déjà valu des échanges assez musclés (et totalement idiots/inutiles) avec des chauffeurs…  En plus, avec l’heure qui avançait, la circulation se densifiait, rendant l’exercice encore plus périlleux. Et la fréquence des jurons, plus élevée.

Finalement, j’ai fini par passer par des rues secondaires sur le sec et me rendre au métro sans trop de dommage. Je ne sais pas encore comment j’ai réussi à demeurer debout tout le long et à demeurer les pieds au sec. Les longs bouts que j’ai faits en marchant n’ayant pu être comptabilisés, c’est 20 km que j’ai courus ce matin-là. Peut-être la sortie la plus désagréable de toute ma vie.

Mais une fois rendu au bureau (après avoir pris une douche, bien évidemment), j’ai retrouvé la sensation qui me manque tellement les matins d’hiver: ce sentiment de bien-être, de détente, d’avoir l’esprit totalement clair qu’on ressent quand on a couru ou pédalé avant de rentrer au travail.

Je me suis donc promis de recommencer… pour ensuite me questionner sur mon équilibre mental. Suis-je vraiment maso à ce point-là ?

Le jour où j’ai aimé l’hiver

Après quelques jours de pause, faute de temps, je suis enfin de retour. 🙂  Pour parler de l’incroyable, mais vrai. Car c’est arrivé: l’espace d’une journée, j’ai aimé l’hiver ! Oui oui, je le jure ! Comme quoi, je ne suis pas une cause totalement désespérée…

Je vous raconte. C’était samedi. Nous avions un souper-gang-du-secondaire au chalet de mon ami Louis, au lac Nicolet. Mes parents habitent à une quinzaine de kilomètres de là, alors l’occasion était rêvée pour qu’on fasse un coup double: visite chez mes parents et souper avec les amis. Mais je ne pouvais faire autrement, il fallait que j’y aille pour le tour du chapeau: ajouter une belle sortie à tout ça. Avec les montagnes et les chemins de terre des environs, il m’était tout simplement impossible de passer à côté d’une si belle occasion.

Ainsi donc, samedi matin, je suis sorti à l’extérieur. Il tombait une petite neige, le vent était relativement calme, la température, autour de -1 ou -2 degrés, était bien correcte. Arrivé au bout de l’entrée de cour de mes parents, j’avais deux choix: par la droite, c’était 15 km pour me rendre chez Louis. Par la gauche, c’était 33 ou 34. J’avais mon Camelbak chargé de 2 litres de Gatorade, avec des bretzels et des barres énergétiques en bonus. Quelle direction j’allais prendre d’après vous ?

Je suis (bien sûr) parti vers la gauche, en prenant bien soin de ne pas aller trop vite. Mais bon, ça descendait un peu et c’était sur l’asphalte, alors… Après 2 km, première grande descente vers la rivière Nicolet. J’ai pu m’y rassurer un peu: je n’avais pas trop perdu de mes habiletés en descente. Et rendu à la rivière, qu’est-ce qui se présentait à moi ?  La première montée de la journée. À 13%. Comme elle était sur l’asphalte, j’ai pu la faire en courant, mais j’y ai laissé pas mal d’énergie. Sauf que je m’en foutais: j’allais bientôt prendre mon premier rang de campagne.

Quand j’ai emprunté ledit rang, la joie que j’anticipais s’est concrétisée. Le sol était enneigé, oui, mais fort praticable car la neige était bien tapée. Le vent ?  Dans la figure, mais ce n’était pas grave. J’avais une vue magnifique sur les collines et montagnes environnantes. Je courais dans le milieu du chemin parce que j’avais ni plus ni moins la route pour moi tout seul. Pour m’accompagner, le bruit régulier de mes pas (et le flouche-flouche du Camelbak), le vent, la petite neige, ma respiration. Et c’était tout.

J’ai avalé les petites bosses sans me presser. Les montées étaient parfois difficiles à cause de la neige et je devais demeurer prudent dans les descentes, n’étant jamais certain de la surface. Je retrouvais (enfin) les sensations qu’on a quand on court en sentiers. Je ne sais pas trop comment décrire, c’est comme… différent. Un détachement presque total du temps, un sentiment de liberté, de synergie avec la nature. Ce n’est pas sur les pistes cyclables ou sur le bord des rues qu’on retrouve ça…

Arrivé sur la « route » 257 menant au mont Ham, je pensais bien avoir à composer avec plus de circulation. Sur les 7-8 km de ce tronçon, j’ai croisé un grand total de… trois véhicules tout-terrain. Des autos ? Zéro, niet, nada. Au 14e kilomètre, je me suis arrêté pour engloutir un gel au beurre d’arachides et j’ai pris mon temps pour respirer l’air pur. Et c’est là que ça m’a frappé: à cet instant précis, je n’aimais pas l’hiver, je l’adorais. Oui, moi, j’adorais l’hiver.

Par après, j’ai passé devant le mont Ham, endroit où je me promets bien de revenir une fois la neige fondue. Rendu à St-Joseph-de-Ham-Sud (le nom du village est définitivement plus long à lire que le temps que ça prend pour le traverser), j’ai pris la direction du lac Nicolet, par un chemin que je faisais pour la première fois de ma vie.

Avant de prendre le chemin et retomber dans la campagne proprement dite, je suis passé devant l’ancienne école du village. J’avoue avoir été un peu sidéré de constater qu’il y en avait déjà eu une. Je me demande bien quel illuminé a eu la merveilleuse idée d’investir de l’argent public pour construire une école dans un village aussi minuscule… Et surtout, quel est le zouf qui a approuvé ça ! Parce qu’à voir la grandeur, la population entière aurait certainement pu y suivre des cours… tout en étant 10 ou 15 par classe ! Enfin…

Aujourd’hui, à voir le nombre d’antennes paraboliques sur les murs, on dirait bien que le tout a été transformé en appartements ou maison de chambres. Autre question: pourquoi aller vivre en appartement à St-Joseph-de-Ham-Sud ?!?

Bon, retour à mon petit chemin. Montées et descentes bien raisonnables ont commencé à se succéder, toujours à mon grand bonheur. La neige et les arbres qui en étaient chargés étouffaient les bruits, me faisant croire que j’étais seul au monde. Jusqu’à ce que le klaxon d’un SUV me ramène temporairement sur terre. Un peu plus loin, trois représentants de la race canine sont sortis dudit SUV pour venir à ma rencontre. Comme j’adore les chiens, je ne les crains aucunement, alors malgré leur côté un peu bavard, ils se sont laissés amadouer.

Ça me faisait tout drôle, avancer à la découverte dans un endroit totalement inconnu (une première depuis le Vermont 50). À un moment donné, j’ai vu le lac sur ma gauche et les chalets ont commencé à faire leur apparition. Ma promenade achevait. Rendu au bout du lac, avant de prendre le chemin menant à destination, j’ai été sorti de mon rêve. Stationnées sur le côté de la « route », une dizaine de motoneiges. Merde, dans le genre gâcher le paysage… Ce que je peux détester les engins à moteur !   En plus, une odeur de cigare empiétait sur l’air pur de la campagne.  Quand je suis passé devant les motoneigistes, il y en avait effectivement un qui tétait un barreau de chaise comme un bébé tète le sein de sa mère. Pathétique. La moitié du troupeau m’a regardé passer, ayant l’air de se demander d’où je venais. Sur le coup, ils n’étaient pas loin de me rappeler le comportement de certains bovins quand je passe devant eux en courant. Ne manquait que les beuglements.

Évidemment, après avoir passé mon chemin, il a fallu que tout ce « beau » monde décide de suivre le même parcours que moi… Heureusement, ces machins modernes sont moins bruyants (et moins puants) que leurs ancêtres à deux temps.

Puis j’ai aperçu au loin une maman qui prenait une petite marche avec son bébé dans un traineau. C’était Julie, la conjointe de Louis, et la petite Léa, 5 mois. Quand Julie m’a vu arriver, elle s’est mise à m’encourager, comme en compétition. Mon sourire, disparu suite à l’épisode des motoneiges, est revenu aussitôt.

Une bien belle journée…

Le Marathon de Tokyo

La saison des grands marathons débutera ce dimanche avec le Marathon de Tokyo, premier des World Marathon Majors à être disputé cette année.

Quels sont les autres ?  Boston en avril, Londres aussi en avril, Berlin en septembre, Chicago en octobre et New York en novembre. Des points sont attribués aux 5 premiers, autant chez les femmes que chez les hommes, lors de chacune de ces courses sur une période de deux ans. Celui et celle qui terminent au premier rang empochent un beau boni de 500000 $. De quoi se motiver, non (j’aime mieux ne pas penser à Scott Gomez qui va faire 10 fois plus en restant tranquillement chez lui…) ?  Les résultats des marathons des Championnats du Monde et des Jeux olympiques sont également comptabilisés dans ces classements, mais ne sont toutefois pas considérés comme faisant partie des Majors.

Depuis 2000, j’avoue avoir un fort penchant pour le Japon. À l’époque, j’y ai passé 6 semaines dans le cadre du travail et j’ai tout simplement adoré l’expérience. La réserve, le respect mutuel et l’altruisme des Japonais m’ont séduit. J’ai énormément apprécié pouvoir me promener dans les rues à toute heure, sans jamais éprouver le moindre soupçon de crainte. Car pour ce peuple, l’honneur est beaucoup plus important que  tout l’argent du monde. Et commettre un acte criminel, c’est se déshonorer. On ne peut pas dire que tout le monde pense de la même façon par ici. Enfin…

La très grande propreté des villes est un autre aspect qui m’a frappé. L’hôtel où j’habitais était situé à Yokohama, en banlieue de Tokyo. Ok, ça fait bizarre de décrire la deuxième plus grande ville d’un pays aussi peuplé comme étant une banlieue, mais bon… Toujours est-il que nous étions à peine à 30 minutes de LA grande ville, alors je suis allé y faire un tour à quelques reprises. À mon grand étonnement, Tokyo est très peu polluée, moins que Montréal à mon avis. Il y a beaucoup de grands espaces verts où on peut se promener en toute tranquillité. C’est vrai qu’ailleurs en ville, ça grouille de partout et il y a toujours plein de monde. Je me sentais exactement comme le personnage de Bill Murray dans Lost in Translation: perdu, complètement en dehors de mon élément. Mais j’ai adoré.

Sauf que le Japon, ça se vit, ça se ressent. Ça ne se visite pas vraiment. À part le mont Fuji, il n’y a pas grand chose à voir côté touristique. Pas de Statue de la Liberté, de Grande Muraille, de Tour Eiffel, de Colisée, de Golden Gate Bridge, etc. Et en plus d’être très loin, le coût de la vie y est très élevé.

C’est la raison pour laquelle malheureusement, le Marathon de Tokyo ne fait pas partie de ma bucket list des marathons à faire: le jeu n’en vaut tout simplement pas la chandelle. J’ai bien d’autres endroits à voir dans le cadre d’une course avant de retourner là-bas. Dommage.

Ça ne m’empêchera toutefois pas de suivre à distance ce qui se passera dans les rues de cette ville qui devrait servir de modèle à toutes les grandes cités sur cette terre.

Marathon de New York: ça prend du temps…

Je ne sais pas trop ce qu’ils font, mais il me semble que ça prend du temps. Si je n’étais pas si poli, je dirais que ça niaise…

Comme je l’ai déjà raconté, parce que je n’avais pas été pigé trois années de suite à la loterie pour avoir le droit de participer au Marathon de New York, j’avais théoriquement mon entrée garantie pour l’épreuve de 2013. Sauf que suite à l’ouragan Sandy, l’édition 2012 a été annulée et tout a été chamboulé

Le comité organisateur, et c’est bien normal, a donné la priorité aux malheureux qui étaient inscrits pour 2012 et qui se sont vus refuser par Dame Nature la joie de vivre cette expérience. Ces personnes avaient jusqu’au 25 janvier pour se prévaloir de leur droit. Ensuite, en fonction du nombre de réponses positives, les critères d’admission pour 2013 seraient révisés.

Ça fait presque un mois et toujours rien sur le site web (site qui est d’ailleurs plutôt moche) de l’événement. Ils font quoi, au juste ?  Est-ce si long de compter le nombre de gens qui ont décidé de se reprendre un an plus tard et d’ajuster le tout en conséquence ?

À mon humble avis, ceux comme moi qui ont été refusés trois fois d’affilée auront une entrée garantie pour 2014… s’ils participent à une quatrième loterie et qu’ils sont refusés encore une fois. Je vais donc payer les 8 ou 10$ que ça coûte encore cette année, même si je sais que je ne serai vraisemblablement pas choisi. Je ne suis pas pour lâcher si près du but !

Et aussi, je dois l’avouer, c’est plus facile que de réussir 1h23 sur un demi (!) ou 2h50 sur un marathon (!!!) pour me qualifier…

Félicitations à tous et à toutes !

Finalement, le vent n’a pas été aussi pire que prévu hier matin (hier soir par contre…). Mais il faisait froid et pendant que je faisais ma longue sortie dominicale, j’ai eu une petite pensée pour tous ceux qui faisaient de la compétition par de telles conditions. Wow, vous avez toute mon admiration !

J’avais déjà parlé du demi-marathon hypothermique samedi. Il a été remporté par Pîerre-Luc Goulet avec un temps de 1:21:19. Dans des conditions parfaites, je ne peux même pas rêver pouvoir approcher un tel temps, alors par une journée semblable… Sans compter la surface sur laquelle les coureurs devaient évoluer, qui était probablement très loin d’être idéale. Définitivement qu’il y a des gens doués, il n’y a pas à dire.

Il y avait aussi une autre course d’importance dans la région métropolitaine: le défi hivernal de l’Île -Bizard, première étape du Circuit de course à pied du Grand Montréal. Parlant de gens doués, Terry Gehl y a brillé encore une fois. Classé meilleur coureur au Canada chez les Maîtres (c’est une façon polie de catégoriser les gens comme moi qui ont dépassé 40 ans), monsieur Gehl a remporté le 5 km pour ensuite terminer en 4e position sur 10 km (je ne sais pas dans quel ordre étaient disputées les courses, mais définitivement pas en même temps !). Tout un exploit !

Mais l’exploit du jour, il revient à tous ceux qui se sont d’abord inscrits à ces compétitions, puis se sont donnés la peine de se rendre sur place pour y participer. Le grand nombre de coureurs présents à ces deux événements de la fin de semaine nous démontre hors de tout doute que la course à pied est un sport en santé au Québec. Et pendant que ces gens courent, ils se tiennent loin de la maladie et des hôpitaux.

Alors, toutes mes félicitations à tous et à toutes !  🙂

Le demi-marathon hypothermique

Avant de commencer, un petit mot à la personne qui s’est retrouvée sur mon blogue en faisant la recherche suivante: « Est-ce que Richard Garneau mesurait 7 pieds ? ». Disons que je l’ai trouvée assez drôle merci !  🙂  La réponse: non. C’était un grand monsieur, dans tous les sens du terme, mais il ne mesurait tout de même « que » 6 pieds et 4 pouces…

Bon, le vif du sujet maintenant: le demi-marathon hypothermique qui aura lieu demain matin au parc Jean-Drapeau. J’ai déjà amplement parlé du Badwater 135 qui me fascine tant. Hé bien, ça pourrait peut-être sembler bizzare, mais le demi hypothermique me fascine également. Car tout comme l’autre, j’avoue avoir un peu peur de cette épreuve. Bon, j’exagère un peu, mais pas tant que ça.

Quand j’ai commencé à courir, j’avais identifié cette course comme candidate principale pour en faire mon premier demi-marathon. Puis je m’étais blessé en jouant au hockey cosom et j’avais passé mon tour, attendant le demi Scotia Bank en avril. Ensuite, à chaque année, je me trouvais une excuse pour ne pas participer: trop de travail, trop de neige, trop de vent, trop froid (c’est le demi-marathon hypothermique, du con…). Trop de n’importe quoi, en fait.

La vérité est que l’incertitude face à cette course me rend mal à l’aise. On ne sait pas quoi la surface aura l’air et surtout, quelle température il fera. Bien sûr que je n’ai pas peur de la distance dans le froid, le vent et la neige, j’en fais autant sinon plus à tous les dimanches que le bon Dieu amène. Mais je ne sais pas, on dirait que je ne me fais pas à l’idée de rester dehors à geler plusieurs minutes avant le départ. Ou demeurer à l’intérieur avec mon linge de course d’hiver sur le dos, avoir chaud au point de transpirer, puis congeler en mettant le pied à l’extérieur. En hiver, j’aime bien m’échauffer à l’intérieur, enfiler mes vêtements de course, marcher/jogger jusqu’au bout de la rue et partir tout de suite. Pas attendre.

En vérité, si je veux être franc avec moi-même, j’ai peur de ne pas être en mesure de « performer ». Ma raison sait que c’est normal d’aller moins vite dans de telles conditions avant le début de la saison de course, mais mon coeur ne veut rien savoir d’avoir un « mauvais » temps sur un demi. Oui, je le sais, c’est nono…

Donc, encore cette année, comme je ne serai pas lapin de cadence, je passerai mon tour. Et comme à chaque année, c’est avec cette course-là en arrière-pensée que je ferai ma longue sortie demain.

À regarder la météo, c’est encore plus certain que je vais y penser: on prévoit autour de -13 degrés avec un fort vent du nord-ouest pour la matinée. Ouch. Quand il vente, il vente encore plus au parc Jean-Drapeau. La situation géographique (en plein milieu du fleuve, terrain plat) rend les îles Ste-Hélène et Notre-Dame très vulnérables. Pour m’y être entrainé très souvent en plus d’y avoir disputé plusieurs épreuves, j’en sais quelque chose. En fait, je ne sais pas pourquoi, mais j’ai l’impression que le vent est humide en hiver dans ce coin-là…  J’en ai des frissons juste à y penser. Brrr !!!

Donc, si ça peut aider les participants à la course de demain, un petit conseil: identifiez avant le départ la provenance du vent. Comme le parcours est constitué de 3 boucles de 7 km, le dieu Éole vous aidra et vous nuira en alternance. Alors essayez d’avoir des compagnons de route pour les bouts où il vous sera défavorable, question de partager le « travail ». D’après moi, la section qui longe le bassin olympique va être terriblement difficile et la petite montée après les puits, à l’extrémité ouest du circuit Gilles-Villeneuve, infernale. Mais quand on s’y attend, on dirait que c’est moins pire…

En terminant, je voudrais souhaiter la meilleure des chances à tous les participants. Je vous souhaite d’avoir beaucoup, beaucoup de plaisir. Et sachez que vous avez toute mon admiration !  🙂

Courir ferait vieillir ?!? Nah…

Dimanche dernier, j’étais à mon ordi, à compléter mon dernier “post”. Je regardais en l’air à la recherche d’une formulation qui avait le moindrement d’allure pour bien exprimer ma pensée. Mon regard s’est arrêté sur la photo d’un jeune homme.

Le “jeune” en question, c’était moi à l’arrivée de mon premier marathon en 2007. À l’époque, j’avais fait l’achat des photos officielles et c’est sur la 5×7 que nous avons décidé d’encadrer avec mon dossard que mes yeux se sont arrêtés. D’ordinaire, c’est en se regardant sur des photos récentes qu’on se rend compte qu’on vieillit. Mais là, je voyais bien que j’avais l’air pas mal plus jeune dans ce temps-là, même si ça fait à peine 5 ans et demi. Hum…

Après avoir complété mon texte, j’ai fait un peu de cyber-flânage. Je me suis retrouvé sur YouTube et suis tombé sur ceci. Un superbe petit vidéo, bien réalisé, sur la dernière édition du Badwater 135. Cette épreuve me fascine et me fascinera toujours. Plusieurs en rêvent, mais moi, pas vraiment. La chaleur extrême, un parcours (qui semble) monotone et un coût prohibitif pour y participer font que j’ai beaucoup d’autres courses à faire avant de faire celle-là. Mais je ne peux pas m’empêcher d’être fasciné…

À un moment donné, on voit passer à l’écran les vétérans de cette pure folie qui apportent leur grain de sel. J’ai évidemment reconnu Dean Karnazes, beaucoup moins flamboyant que les images de lui qu’on voit un peu partout. Puis Pam Reed, qui a même déjà gagné là-bas en battant tous les hommes.  Une chose m’a frappé: je savais qu’elle était début-cinquantaine, mais la dame qui est apparue à l’écran semblait avoir au moins 60 ans.

J’ai regardé à nouveau la photo du “jeune homme”. Double hum… Ma femme et ma mère auraient-elles raison après tout ?  Est-ce que la course ultra-distance pourrait causer vieillissement prématuré chez ceux qui en font la pratique ?

Pour en avoir le coeur net, j’ai essayé de trouver des “pièces à conviction”, soient des exemples d’athlètes qui courent des ultramarathons depuis des années.  En observant leurs photos, j’allais bien voir s’ils semblaient plus vieux que leur âge…

Premier “cas”: madame Pam Reed. Sur ce cliché pris en 2011, elle avait 50 ans.

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Pam Reed

Ici, le fameux Dean Karnazes, qui allait avoir 50 ans au moment où il a pris la pose.

DeanKarnazes

Dean Karnazes

Le grand Scott Jurek, 39 ans ici.

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Scott Jurek

Finalement, Debbie Livingston, que j’ai rencontrée au Vermont 50. Bien qu’inconnue, je sais qu’elle a une cinquantaine d’ultramarathons à son actif, alors ça donne une bonne idée. Elle avait 37 ans sur cette photo.

DebbieLivingston

Debbie Livingston

Mon opinion ?  Définitivement que les dames semblent plus vieilles que leur âge. Quand aux deux hommes, s’ils ont vieilli prématurément, ça ne saute pas aux yeux (bien que je soupçonne Karnazes d’avoir légèrement altéré la couleur de ses cheveux…). Je dirais même que Jurek est pas mal bien conservé pour un gars qui va taper la quarantaine. Vous ne trouvez pas qu’il a presque l’air d’un adolescent ?

J’ai fait quelques recherches sur le sujet et à part un forum où la question était discutée, je n’ai rien trouvé qui apportait des preuves d’un vieillissement prématuré qui aurait été causé par l’abus des longues distances. Il faut dire qu’une étude sur ce sujet serait très compliquée à mener car plusieurs autres paramètres entrent en ligne de compte quand vient le temps d’évaluer les causes du vieillissement d’une personne: la génétique, l’environnement, le stress, la maladie, etc.

Il y a aussi une différence entre avoir l’air plus vieux et vieillir réellement. Par exemple,  il est bien connu que les gens plus gras nous semblent souvent plus jeunes, pour la simple et bonne raison que leur visage est plus rond et que leurs rides paraissent moins, sinon pas du tout. Pourtant, je ne gagerais pas que leur espérance de vie soit supérieure à celle des gens minces. Et bien évidemment, les ultramarathoniens sont rarement gras… De plus, les longues heures passées à l’extérieur, parfois par temps froid, souvent par temps chaud et au soleil, doivent certainement entrer en ligne de compte si on pense vieillissement de la peau. Or, qu’est-ce qu’on regarde pour évaluer l’âge d’une personne ?  Son visage, soit la partie du corps d’un coureur la plus exposée aux intempéries.

Mon avis au final ?  Les êtres humains sont tous différents. Selon moi, certaines personnes pourraient souffrir à long terme de faire des ultra-distances alors que d’autres vont en bénéficier. Pour certains, courir 10 et 15 km par semaine serait mauvais alors que pour d’autres, en faire 200 ne leur ferait que du bien. La seule façon d’avoir une bonne idée des effets positifs/négatifs de la course très longue distance sur le corps serait de faire une expérience sur plusieurs années avec des couples de jumeaux identiques: une moitié du couple ferait de la course ultra-distance et l’autre moitié vivrait une vie plus “normale”.  Essayez de trouver des volontaires, maintenant…  🙂

Donc, comme rien n’est prouvé, je vais continuer de faire ce que j’aime et advienne que pourra.  Au pire, ma tendre moitié héritera plus tôt et pourra ensuite s’enfuir avec un petit jeune !  😉