Dans ma boîte de courriels

Deux petits messages intéressants dans ma boîte de courriels cette semaine.

Le premier provenait de l’organisation du marathon de Boston qui faisait l’annonce officielle de son contingent de coureurs d’élite. Plusieurs anciens champions reviennent ainsi que des coureurs qui se sont très bien classés dans les marathons les plus prestigieux de la planète. Une belle brochette d’invités, il n’y a pas à dire. Du côté américain, les deux meilleurs (Meb Keflezighi et Ryan Hall) seront là. L’unifolié sera représenté par Eric Gillis (qui a terminé 22e aux Jeux olympiques et qui avait remporté le demi Scotia Bank l’an dernier au parc Jean-Drapeau) et Robin Watson (que je ne connais pas).

Tout ça pour dire que je me suis rendu compte d’une chose: je vais avoir le privilège de courir exactement sur le même parcours, le même jour, que l’élite mondiale de la discipline. Moi, le gars qui s’est essayé à courir pour la première fois à 36 ans, je vais partager le “terrain de jeu” des meilleurs au monde. Connaissez-vous bien des sports où ça peut se faire ?  Le golf ?  Oui, mais pas en même temps. Le hockey ?  Même chose (et encore là…). Le cyclisme ?  Toujours la même chose. Alors que moi, le 15 avril prochain, je vais affronter les mêmes conditions que les plus grands coureurs du monde. Wow…

L’autre message provenait de la boutique “Coin des coureurs” du quartier Dix30 et s’intitulait “Recherche de bénévoles”. Quand je l’ai ouvert, j’ai passé par dessus les habituels articles en promotion et suis allé au vif du sujet. On nous annonçait que le demi-marathon hypothermique affichait complet, mais qu’ils cherchaient des bénévoles et… des lapins de cadence.

Ha, intéressant ça… Depuis mon premier marathon, c’est mon rêve: devenir lapin de cadence. Il y en a qui rêvent de devenir astronautes, d’autres de réussir un trou d’un coup au golf (croyez-moi, c’est largement surévalué comme “exploit”), moi je rêve de devenir lapin de cadence (et de faire un 100 milles, bien évidemment). Car en plus de me permettre de remettre à d’autres ce que tant de lapins m’ont si généreusement donné, ça m’amènerait une fierté, une espèce de reconnaissance. Et voir la satisfaction dans les yeux des gens que j’aiderais, sentir leur gratitude, ça n’a tout simplement pas de prix.

Donc, j’ai pris le téléphone (c’est bizarre de constater que ça me prend une semaine pour ne pas rappeler le dentiste et que c’est finalement ma douce moitié qui finit par le faire alors que quand ça concerne la course, j’appelle immédiatement…) pour contacter Rosie, la très sympathique gérante de la boutique. Elle  a pris mes coordonnées et m’a promis de me rappeler car ce n’était pas elle qui s’occupait du dossier. 15 minutes plus tard, Rosie me revenait: il ne restait qu’une seule “place”: le 2h30. Et pour le 2h30, il faut que ce soit fait en “10:1”. Il faut donc alterner 10 minutes de course avec 1 minute de marche, selon la méthode de Dieu Stanton, leur père-fondateur (méthode à laquelle je n’ai jamais adhéré).

2h30 ?!?  En tant que lapin de cadence, mon rôle serait de garder un rythme le plus constant possible afin de permettre aux gens qui m’accompagneraient de réussir ce temps-là. Mais merde, c’est plus que 7 minutes au kilomètre !  Ça veut dire que 6:30/km, c’est trop vite et 7:15/km, c’est trop lent. Je ne serais même pas capable de sentir la différence entre les deux ! Et ça, c’est sans compter la cadence de marche avec laquelle je devrais composer.   Non, c’est un job pour quelqu’un qui court un demi en 2h10-2h15, pas pour moi. Je serais carrément nul dans ce rôle-là.

J’ai donc refusé, un peu à contre-coeur et dit “À une prochaine fois” à Rosie. Dommage…

Toronto ou Mississauga ?

Ha le mois de janvier… Les grands froids (ben, pas vraiment ces derniers jours, mais ça va revenir), la neige, les journées qui allongent tranquillement. Pour bien des coureurs, c’est le moment de l’année pour établir le calendrier de compétitions pour les 12 mois à venir. Et pour plusieurs, un marathon au printemps, c’est définitivement un must. Ottawa semble le choix évident, mais il s’emplit vite (il est déjà vendu à 67%) et dans d’autres cas, il est aussi possible que le coureur ne soit pas disponible à la date prévue pour la course.

Comme j’en ai déjà glissé un mot, au cours mes premières années dans le merveilleux monde de la course, je participais presque systématiquement à trois épreuves: le demi-marathon Scotia Bank de Montréal en avril, le Tour du Lac Brome en juin et le Marathon de Montréal en septembre.

Puis, en 2010, question de me tenir en « forme de course » plus longtemps durant l’année, j’ai décidé d’ajouter un marathon au printemps et de laisser tomber le Lac Brome, que je trouvais trop « vulnérable » à la chaleur de toute façon. Le choix le plus simple pour un marathon au printemps était évidemment le Marathon d’Ottawa. En plus de se dérouler pas trop loin de chez moi, Steph, mon grand ami d’enfance, habite à Gatineau. Je pouvais donc squatter un hôtel pour vraiment pas cher. L’expérience a été magique: une course avec une organisation et une ambiance extraordinaires qui s’est conclue par un record personnel battu de 11 minutes. J’étais définitivement accroc.

2011 arriva et Barbara et moi avons décidé d’enfin nous payer LE voyage: deux semaines en amoureux à Paris. Sauf que je voulais absolument faire un marathon au printemps et nous voulions également éviter les grosses chaleurs de l’été dans la Ville Lumière. Et pas question de faire le marathon en revenant, je n’aurais pas profité du voyage. Ottawa étant à la fin mai, il était définitivement situé trop tard dans le calendrier. Que faire alors ?  Deux choix « potables » s’offraient à moi: Toronto et Mississauga.

Créé en 1977, le Marathon de Toronto était traditionnellement organisé en octobre. Cependant, un autre évènement d’envergure arriva dans le portrait en 2000: le Toronto WaterFront Marathon, qui avait lieu en septembre. Avec son parcours plat et ultra-rapide, il gagna rapidement en popularité et en prestige (ce que je trouve d’ailleurs très ironique: plus un marathon est facile, plus il est prestigieux !). Les problèmes de logistique (fermeture des rues, entre autres) rendit difficile la cohabitation entre les deux, ce qui força le plus petit à se déplacer au printemps pour l’édition 2011.

Ceci ne fit évidemment pas l’affaire de Mississauga (« le Laval ontarien »), la principale banlieue de la métropole du pays. En effet, le marathon de cette dernière avait lieu en mai depuis 2004, sans réel problème de concurrence. Et comble de malheur: les deux marathons allaient avoir lieu… le même jour !

J’ai donc passé des semaines à me poser la question: à quelle course participer ? Je suis allé voir sur des forums de discussions, consulté d’autres coureurs, rien de bien clair n’est ressorti pour m’aider à aiguiller mon choix. J’ai finalement opté pour Mississauga pour deux raisons: l’heure du départ (7h30 au lieu de 9h pour Toronto, qui s’est ravisé depuis) afin d’éviter le plus possible la chaleur (ça peut arriver) ainsi que la très grande facilité à trouver du stationnement tout près du départ. De plus, comme je voulais me qualifier pour Boston, on m’avait dit que le parcours s’y prêtait mieux.

Le jour de la course, un  crachin désagréable est tombé toute la journée, le tout agrémenté par un vent du nord-est à 25-30 km/h et des températures n’atteignant jamais les 10 degrés. Pour la chaleur, on repassera… Le parcours est orienté de façon à ce que les coureurs aient le vent dominant dans le dos sur les 16 derniers kilomètres. Le problème, c’est que le vent dominant, c’est celui du… sud-ouest ! Nous avons donc dû faire face une véritable tempête, mais j’ai tout de même réussi à me qualifier. Par contre, mon temps étant trop « sur la fesse », je n’ai pas été accepté pour Boston cette année-là. Ce n’était que partie remise. 🙂

Mais avec le recul, avais-je fait le bon choix ?  Je n’ai jamais participé à celui de Toronto, alors je ne peux pas être certain. Mais Mississauga, c’est plutôt… ordinaire.  Ha, c’est foutrement bien organisé au départ et à l’arrivée. C’est entre les deux que ça se gâche. Côté points d’eau, vraiment pas de problème, il y en a systématiquement aux deux kilomètres. Mais la course se déroule dans un anonymat presque complet. Nous avons traversé des quartiers résidentiels où les seuls spectateurs rencontrés étaient les gens qui travaillaient sur leur terrain. Des faces en point d’interrogation, j’en ai vu ce jour-là !

De plus, les indications n’étaient vraiment pas claires. À un moment donné, je me suis retrouvé sur une piste cyclable, sur le bord du lac Ontatrio, avec personne devant, ni derrière. J’ai définitivement douté être sur le bon chemin. Se perdre dans un ultra, ça fait partie de la game. Mais dans un marathon ?  Finalement, je n’étais pas perdu, mais je n’ai pas nécessairement un bon souvenir de l’expérience.

Pour vous prouver à quel point les indications étaient mauvaises, celui qui a terminé en première position a éventuellement été disqualifié pour avoir escamoté une partie du parcours. En effet, le chemin à suivre était tellement clair que le cycliste qui l’accompagnait a carrément loupé un détour vers le lac, détour qui comprenait la principale côte du parcours. Ça donne une idée de la présence extrêmement nombreuse des spectateurs sur le parcours, hein ? 😉  Comment on dit ça par chez nous ?  Ha oui: pas fort…

Cet incident a d’ailleurs nui à l’épreuve car la participation a significativement diminué en 2012. Donc, si vous avez à choisir entre les deux, bien que je ne connaisse pas Toronto, j’éviterais Mississauga. À une exception près, cependant: si vous visez un temps de 3h15. Car depuis des années, le lapin de 3h15 est le même et il se tape également ce boulot à Ottawa et au Waterfront. C’est une véritable horloge: il arrive immanquablement sur son temps à 10 secondes près. Vous n’aurez donc qu’à le suivre sans vous casser le ciboulot et il vous amènera à bon port.

Plus près de chez nous, le même jour qu’Ottawa, il y a le Vermont City Marathon, disputé à Burlington. Je ne le connais pas lui non plus, mais on n’en dit que du bien… mise à part son relief pas toujours facile. Je me promets bien d’y aller un jour… mais pas cette année.

Jamais deux sans trois

Peu de temps avant les Fêtes, je suis tombé un peu par hasard sur ceci: après l’Ultimate XC de St-Donat, un deuxième ultramarathon en trail allait être organisé au Québec: le XC Harricana présenté par The North Face. D’une longueur prévue de 65 km dans la région de Charlevoix, ça me semblait intéressant. J’ai toujours trouvé cette région magnifique et son relief pour le moins accidenté me donnerait l’occasion de faire un véritable test en vue du Vermont 50. Mais bon, à ce moment-là, il n’y avait pas 5 personnes d’inscrites pour la grande course, alors je me disais que j’allais attendre, question de ne pas payer pour participer à une compétition où il n’y aurait à peu près personne. Non mais, je suis fort bien capable de m’entrainer seul gratuitement… quand je ne me fais pas achaler par un foutu conducteur de pickup !

J’avais presque oublié le tout quand cette semaine, j’ai aperçu le lien vers le site de l’événement sur le celui d’Ultramarathon Québec. Je suis retourné voir et surprise: le nombre d’inscriptions était monté en flèche !  Toutes les places en pré-vente à prix réduit avaient trouvé preneur et il ne restait que 19 places à prix régulier pour la grande course (il y a aussi des courses de 5, 10 et 28 km). Aille aille. J’ai regardé les inscrits et vu plusieurs noms qui m’étaient familiers, soit parce qu’ils font partie de l’élite provinciale du milieu, soit parce que je les ai croisés au Vermont 50 l’an passé. Wow ! Et ça, c’est sans compter Lyne Bessette, la cycliste, qui sera également de la partie. Alors qu’est-ce que j’ai fait ?  Hé bien comme les autres: je voulais être de la fête moi aussi !  🙂   Le bel effet d’entrainement… J’avais déjà prévu faire deux ultras cette année, mais comme on dit, jamais deux sans trois, non ?

Un détail m’a toutefois fait hésiter: la date de l’événement. Il aura lieu le samedi 7 septembre prochain, soit seulement trois semaines avant le Vermont 50. Est-ce trop rapproché ? Aurai-je récupéré à temps ?  Puis je me suis dit: bof, tant pis. De toute façon, j’aurais probablement voulu faire entre 55 et 60 kilomètres en trail cette fin de semaine-là, je peux bien en faire un petit peu plus.  Au pire, si je ne suis pas remis, ça me fera une belle défaite si j’en venais à me planter dans les sentiers entourant le giga-village de Brownsville.

Ainsi donc, l’année 2013 sera définitivement celle où je parcourrai le plus de kilomètres en compétition. Après des années à faire un 20 km, un demi et un marathon dans ma saison, ce sera un marathon (peut-être deux s’il se passe quelque chose avec New York) et des ultras de 58, 65 et 80 km. Une belle brochettes de courses en perspective. L’ischio-jambier est mieux de tenir le coup !  🙂

Pour l’instant, la quantié d’information disponbile sur le site de la course est relativement limitée. Mais il reste amplement de temps pour que le tout soir mis à jour. Les organisateurs promettent entre autres une carte détaillée du parcours. C’est déjà mieux que le VT 50 qui ne divulgue absolument rien de ce côté.

Des petites vites

Quelques petites vites en vrac ce soir…

1- Richard Garneau

J’ai appris la nouvelle hier matin et je voulais en parler avant, mais par faute de temps, je n’ai pas pu. Ainsi donc, monsieur Richard Garneau a été admis aux soins intensifs de l’hôpital Royal-Victoria suite à des complications ayant pour origine une chirurgie cardiaque qu’il a dû subir en début d’année.

J’ai toujours eu énormément de respect pour le travail de monsieur Garneau.  Réservé, objectif dans ses descriptions et ses analyses, discret, il a toujours su mettre en valeur les gens qu’il côtoyait, qu’ils soient confrères de travail ou athlètes. Un mot me vient à l’esprit quand je pense à lui: de la classe. Il n’y a pas grand monde sur cette terre qui peut se vanter d’en avoir autant que lui. Je ne suis pas un admirateur de Stéphane Laporte, mais sur son blogue hier, il a remis en ligne une chronique datant de 2004 dans laquelle il décrivait très bien ce que représente monsieur Garneau pour lui. Je peux dire que c’est à peu près la même chose pour moi.

Cet été, après le marathon des Jeux Olympiques de Londres, c’est avec la mort dans l’âme que pour la première fois, j’ai exprimé une certaine réserve face au travail de ce monument des communications. J’espère de tout coeur qu’il reviendra me prouver que j’avais eu tort de penser qu’il était alors sur le déclin.

Prompt rétablissement, monsieur Richard Garneau.

2- Le minimalisme

Très intéressant, le dernier article sur le blogue de Patrice Godin. Il y fait un retour sur sa saison, ses bons coups, ses moins bons. Pour l’aspirant ultra-runner en moi, il s’agit également d’une source inestimable d’information. Par exemple, son expérience lui a appris qu’il avait tendance à toujours trainer trop de choses avec lui et il a constaté que ses performances se sont grandement améliorées quand il a commencé à se délester des choses inutiles.

Moi qui ai une très forte tendance à toujours être en mode “bourriquot” pendant les courses (c’est comme rien, je dois souffrir d’insécurité; je me demande ce que Freud en penserait), ça m’a porté à réfléchir. Je savais qu’il fallait que j’allège mon équipement, j’en ai maintenant la conviction. Comme disent les anglos: “Less is more”. Mais par où commener ? Bien des essais à faire à l’entrainement…

Patrice pousse le minimalisme jusqu’à parfois utiliser des souliers légers pour la route, mais je demeure conservateur de ce côté. Je ne peux me faire à l’idée que mes pieds puissent frapper l’asphalte sans le moindre coussinage digne de ce nom pour les protéger… Je sais, certains avancent que le super-coussinage des souliers modernes est la cause même des blessures répétées que subissent les coureurs, mais que voulez-vous, juste l’image de mon pied presque nu qui frappe le sol…

3- Les blessures

Parlant de blessures, qu’on se le dise: la course, ce n’est pas un sport facile. Depuis quelque temps, on dirait que tout plein de monde autour de moi se blesse en courant. Il y a d’abord eu mon amie Chantale qui, après avoir fait un temps-canon à son premier marathon, s’est blessée et n’a jamais vraiment repris la course depuis. La première course de mon ami Sylvain a été retardée de quelques mois pour cause de blessure. Il y a mon amie Maryse qui traine une blessure à la hanche et qui devra aller en résonance magnétique pour finalement savoir c’est quoi le problème. Son mari Yanick est quant à lui incapable de courir, ses tibias lui causant des problèmes.

Puis le dernier sur la liste: Christian, la première “victime” du Dernier kilomètre, qui s’est bousillé la cheville gauche juste avant les Fêtes alors qu’il est en préparation pour Ottawa. Il me faisait part de sa frustration cette semaine, frustration que je suis très bien placé pour comprendre.

À tous, je vous souhaite de guérir au plus vite et de pouvoir reprendre la pratique de ce sport si merveilleux.

Quant à moi, je continue mon retour progressif. Je cours maintenant 3 fois par semaine, en prenant bien soin de respecter la règle du 10% d’augmentation hebdomadaire du volume d’entrainement. Donc, après 37 km la semaine dernière, c’était 41 km cette semaine, avec 16 km dimanche, 12 mardi et 13 ce soir. Jusqu’à maintenant, ça va bien. Ayant été obligé de courir dans la neige depuis la tempête, puis sur la glace mardi, je ne pouvais pas vraiment savoir où j’en étais côté vitesse. Ce soir, la surface était presque entièrement sur l’asphalte, mises à part quelques plaques de glace ici et là. J’ai tenu une moyenne de 4:17/km, ce qui est bien dans les circonstances. En fait, c’est peut-être même trop vite !  Mais l’important, c’est que l’ischio-jambier tienne encore le coup et jusqu’à présent, à part quelques raideurs temporaires, je dirais que ça va bien.

Je croise les doigts…

« Pourquoi tu ne fais pas de ski de fond ? »

Avec la quantité astronomique de neige que nous avons reçue durant les Fêtes et devant mes râlements incessants à ce sujet, la question risque de revenir à plusieurs reprises au cours des prochaines semaines: “Pourquoi tu ne fais pas de ski de fond ?”. C’est vrai, c’est un sport très complet, qui s’apparente beaucoup à la course, qui se pratique dans la nature et qui en plus, ne taxe pas les articulations. Aussi, on peut en faire durant la pire saison pour la course, ce qui en fait un complément idéal. Alors pourquoi je n’en fais pas, donc ?

Pour faire une longue histoire courte, je vais retourner à ma tendre enfance. Mes parents étaient d’avides skieurs de fond, mon père ayant même déjà participé à deux reprises au Loppet du mont Ste-Anne, une » balade » de 65-70 km. Tout jeune, je les accompagnais. En fait, j’accompagnais ma mère car mon père allait bien trop vite. Et avec le recul, je pense bien que ma mère aurait été en mesure de parcourir beaucoup plus de kilomètres si je n’avais pas été là…

En fait, j’avais un problème: je n’aimais pas ça. Je trouvais ça “plate”, comme on dit. Et dès le début de l’adolescence, j’ai découvert le ski alpin. Ha, ça c’était “le fun” !  🙂  Mais bon, ça coûtait cher et quand les demoiselles sont entrées dans le portrait, les fixations de mes skis ont rapidement été ajustées pour convenir aux pieds de ma soeur. Il faut aussi dire que je n’étais pas tellement bon. Alors que mes amis n’avaient eu besoin que de quelques descentes dans les pistes faciles avant de s’élancer dans les difficiles, j’ai dû pratiquer longtemps avant de pouvoir le faire sans craindre de me péter la marboulette.

Une fois rendu dans la vie adulte, Barbara et moi nous sommes procurés des patins à roues alignées. N’ayant pour ainsi dire jamais patiné, et bien que j’étais beaucoup plus en forme qu’elle, je peinais à la suivre. C’est à ce moment que j’ai eu l’illumination: je n’ai aucun, mais aucun talent pour me déplacer avec autre chose qu’une paire d’espadrilles dans les pieds. Dès qu’on sort de ce contexte, je deviens aussi maladroit qu’une girafe sur la glace (en tout cas, je suppose que c’est maladroit…).

Voici donc une première raison: je n’aime pas avoir autre chose que des souliers de sport aux pieds. Et ce, dans toutes les circonstances. Même à mon mariage, ça a pris des négociations avant que je cède sur ce point (bon, j’exagère…). Je n’irai donc pas enfiler des planches qui font 7 pieds de long pour le plaisir tout simplement parce que je sais que je n’en aurai pas, de plaisir.

Mais il y a autre chose: les skis, justement. Tout comme un vélo, des skis, ça doit être entretenu. Il faut les entreposer, les farter (ha, le fartage…), etc. Je vois encore mon père jouer du chalumeau pour faire fondre la cire et j’en ai presque des frissons. Ajoutez à ça que contrairement à la course et au vélo qui peuvent se pratiquer directement en partance de chez soi, le ski de fond implique inévitablement un déplacement en voiture. Donc des délais. Remarquez, je le fais déjà pour aller au mont St-Bruno en été, je pourrais aussi bien le faire en hiver… Mais avec le ski, on n’a tout simplement pas l’option de “partir” de chez soi. L’habillement qu’on choisit doit donc impérativement être le bon, car on n’a pas le loisir de revenir à la maison pour se changer.

Autre détail. Admettons que je pratique le ski de fond et que je devienne, par miracle, “pas pire”. Avec ma condition physique, je suppose que je serais dans les environs du quart supérieur. Ça implique donc d’avoir à dépasser des gens qui vont faire leur promenade de santé. Pas de problème avec ça, mais il y a une idée que je n’arrive pas à m’enlever de la tête: le canal Lachine. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai l’impression que par les belles journées d’hiver, particulièrement durant les Fêtes, les pistes de ski de fond ressemblent à la piste cyclable du canal Lachine: plein de monde qui avance à deux de large et qui ne se tasse pas. L’enfer… (Remarquez, c’est peut-être une défaite que je me donne, aussi…)

En résumé, surtout avec les vacances d’hiver que nous avons eues, j’aimerais beaucoup être un adepte du ski de fond. Ce serait une activité de “cross-training” idéale dans le cadre de mon entrainement pour la course. Mais je n’en suis pas un en n’en deviendrai jamais un. Je préfère encore la slush et la cassonade d’hiver. Malgré tout…

Marathon vs ultramarathon: Scott Jurek était-il si fort ?

En faisant quelques petites recherches sur Scott Jurek pour mon dernier article, je suis tombé sur ceci écrit par un autre blogueur. En tant que marathonien, l’auteur avance que un, courir un marathon est plus difficile qu’un ultra et que deux, les exploits de Scott Jurek sont surévalués.

En résumé, son argumentation tient sur le fait que les grands marathoniens courent seulement deux, au gros maximum trois marathons par an à cause des dommages engendrés par une course à l’organisme qui a besoin de beaucoup de temps pour récupérer. En contre-partie, Jurek a gagné le Western States 100 et le Badwater 135 à deux demaines d’intervalles, ce qui n’arriverait jamais au niveau marathon. Il remet donc largement en question la force de l’opposition à laquelle Jurek devait faire face. Il met également en doute l’effort consenti par Jurek lors de ces courses car si logiquement elles étaient si difficiles, il n’aurait jamais été capable de performer de telle façon en deux occasions aussi rapprochées.

Ma réponse,  comme celle de bien de ses lecteurs, est la suivante: bien que je respecte son opinion et que ses arguments tiennent d’une certaine façon la route, il ne sait tout simplement pas de quoi il parle. C’est vrai que la compétition est moins forte en ultra et c’est normal: il y a beaucoup moins de coureurs qui en font. Les plus « gros » ultras ont rarement un contingent de plus de 600 participants (nous étions 320 au Vermont 50) alors qu’un marathon de cette taille serait considéré comme « petit », « très petit » même. Moins de participants, donc probabilité moindre que les plus talentueux y soient. C’est aussi simple que ça. Donc, quand quelqu’un aux capacités extraordinaires comme Jurek se présente, ses chances de gagner sont effectivement augmentées. En ce sens, je suis un peu d’accord avec lui.

Ceci dit,  il parle carrément au travers de son chapeau en ce qui concerne la difficulté des épreuves. Pour lui, un ultra, ça se fait en « joggant » et on a juste une chose à faire: endurer. Pour le marathon, ce ne serait pas la même chose car le coureur va à la vitesse maximale qu’il peut tenir sur 42.2 km. Hé bien, j’ai des petites nouvelles pour lui: un marathon, c’est de la petite bière par rapport à un ultra. Et celui que j’ai fait, c’était « seulement » un 50 milles, dans des sentiers à peu près dénués de roches et de racines. Bien que plutôt nanti côté dénivlé (9000 pieds en montant, autant en descendant, ça fait tout de même 2.75 km ça !), le Vermont 50 n’est pas considéré comme difficile dans le milieu. Et pourtant, pour faire cette course-là, je me suis entrainé comme jamais, j’ai appris à monter et à descendre dans des sentiers sinueux. Pour moi, une sortie de 32 km sur route était rendue de la routine alors que pour l’entrainement du marathon, c’est le « peak » du programme.

Après la course, mes quadriceps étaient complètement finis, j’avais mal aux épaules, aux bras. Quelques semaines plus tard, à l’expo-marathon de Philadelphie, je me suis arrêté quelques instants pour écouter une conférence. Quand je me suis rendu compte que la dame donnait des conseils sur comment se comporter si ça commençait à aller mal autour du 20e mille, j’ai souri et ai poursuivi mon chemin. Le marathon le dimanche a été mon plus facile depuis mon premier et pourtant, j’y ai battu mon record personnel. Courir 42 km sur un terrain presque plat, sur une surface parfaite ?  Piece of cake  (je ne dirais toutefois pas ça aujourd’hui, mais ça, c’est une autre histoire) !

Je dirais donc ceci à monsieur Smith qui a écrit l’article: prenez le départ d’un ultra, essayez de le terminer et si par après votre opinion n’est pas changée, alors je la respecterai complètement.

Scott Jurek – Eat and Run

La veille d’une course, j’aime bien lire durant les heures précédant le moment où je me mets au lit. Je préfère lire sur un sujet autre que la course, question de ne pas avoir des « révélations » durant ma lecture et être tenté de faire des essais le lendemain. Les essais, on garde ça pour l’entrainement.

Ainsi donc, je me promenais tranquillement dans une librairie de Philadelphie la veille du marathon, question de trouver une petite occupation pour la soirée à venir. Après avoir jeté mon dévolu sur The Best of American Sports Writing 2012, je me suis mis à fouiner dans la section « course », au cas où je tomberais sur quelque chose d’intéressant… pour plus tard.

Un livre a vite attiré mon regard: Eat & Run – My Unlikely Journey to Ultramarathon Greatness de Scott Jurek.

Eat & Run cover

Qui est Scott Jurek ?  Tout simplement le plus grand ultramarathonien de notre époque. Dean Karnazes, celui qui s’est auto-proclamé « UltraMarathon Man », est beaucoup plus connu et médiatisé, en partie à cause de ses nombreux exploits un peu « exotiques »: 50 marathons en 50 jours dans les 50 états américains, courir 24 heures sans arrêt sur un tapis roulant installé au-dessus de Times Square, etc. Mais dans la communauté des ultras, il n’est pas apprécié de tous car en plus d’être très porté sur l’auto-promotion, ce qui est contraire à la nature même de la course très longue distance, il n’a jamais été pas le meilleur du groupe, loin de là.

Le meilleur, c’est (c’était, en fait) Scott Jurek. Son palmarès parle de lui-même. Il comprend entre autres:

  • 7 victoires au Western States 100
  • 2 victoires au Badwater 135 (dont la première seulement 2 semaines après le Western States !)
  • 1 victoire au Hardrock 100 (la seule année où il a participé)
  • 3 victoires au Spartathlon (246 km entre Athènes et Sparte)

Sans compter d’innombrables victoires et places d’honneur dans des ultramarathons disputés un peu partout. Il va sans dire que j’étais très intéressé à en savoir plus sur cet homme.

Comme toute bonne biographie, celle-ci nous ramène au tout début, quand Jurek était enfant. Il raconte sans pudeur une enfance parfois difficile où il devait composer avec une mère atteinte de sclérose en plaques, maladie pas tellement connue à l’époque, et un père autoritaire. L’argent ne coulait vraiment pas à flot et la petite maison du fond d’un rang de la campagne de Proctor au Minnesota était souvent inconfortable pour le jeune Scott.

Son physique frêle et sa grande timidité en firent une cible facile pour l’intimidation à l’école. Pas tellement habile dans les sports traditionnels, il réalisa un jour lors d’une course qu’il avait un don: bien que moins rapide que les autres, il pouvait tenir un rythme acceptable plus longtemps qu’eux. Beaucoup plus longtemps. C’est ainsi que le ski de fond, puis la course en forêt, devinrent pour lui une façon de s’exprimer. Ou de s’évader, c’est selon.

Au fil des chapitres, on découvre un homme humble, gentil à l’extrême. Dès sa première victoire au Western States 100, il prit une habitude pour le moins… surprenante. En effet, il se faisait un devoir de demeurer à l’arrivée pour accueillir chacun des autres participants qui terminaient la course. Ainsi donc, au Hardrock 100 où la limite de temps pour compléter le parcours est de 48 heures (!), comme il avait pris à peine plus de 26 heures pour le faire, il est demeuré à l’arrivée pendant près de… 22 heures !  On ressent même son malaise quand il s’excuse presque de s’être absenté quelques minutes… pour aller prendre une douche.

Tout au long de l’ouvrage, cette gentilesse transpire. Étant moi-même limite-bonasse avec ceux que j’aime, j’ai partagé son désarroi quand son meilleur ami a cessé de lui adresser la parole sans raison particulière. Ayant déjà vécu quelque chose de semblable, je savais ce qui lui passait par la tête. Et bien que tout soit revenu dans l’ordre avec l’amie en question, j’en porte encore les cicatrices aujourd’hui. Je suis certain que c’est la même chose pour lui.

Évidemment, quand on lit sur un athlète de haut niveau, on est toujours à la recherche de petits trucs. On veut savoir « comment ils font ». Pour Jurek, tout passe par l’alimentation (avec un titre semblable, on n’en attendait pas moins !). Comme il adore faire la cuisine, chacun des chapitres se termine par une recette. Au début, je les lisais, mais je me suis vite fatigué de le faire. Quand même…

La particularité de ces recettes ?  Aucun ingrédient ne provient directement ou indirectement d’un animal.  C’est que Jurek est un végétalien strict. Oui oui, végétalien, avec un « l ». Cet homme-là a accompli tous ses exploits sans ingurgiter le moindre gramme de produit animal. Courir 100 milles juste en mangeant du gazon ?  Ça a l’air que ça se fait !  Comme probablement bien des gens, j’étais sceptique au début, mais à force de le lire, il a presque réussi à me convaincre des bienfaits de consommer seulement de la nourriture provenant des plantes (de la bouffe de gerbille, comme disait son grand ami Dusty). Mais bon, le mot « bean » revenait un peu trop souvent à mon goût et de toute façon, je ne me vois vraiment pas finir ma vie sans jamais manger à nouveau les brochettes de boeuf de ma tendre moitié, alors je vais laisser faire…

Autre fait saillant de ce bouquin: on en apprend sur la vie d’un ultramarathonien de haut niveau. En fait, on apprend une chose: elle n’est pas tellement différente de la nôtre. Pouvez-vous croire que le plus grand athlète de ce sport ait été obligé de s’endetter et de coucher dans une tente pour avoir l’occasion de participer à toutes ces courses ?  Physiothérapeute, il devait travailler comme tout le monde pour arriver à joindre les deux bouts. Quand, après plusieurs années à remporter les courses les plus prestigieuses à répétition, les commanditaires ont fini par se montrer le bout du nez, ça a été pour payer certaines dépenses. Ce n’est que quelques années plus tard qu’il a enfin réussi à sortir sa tête hors de l’eau… ce qui a coïncidé avec le moment où sa femme a demandé le divorce.

Les derniers chapitres du livre sont consacrés au deuil et aux nombreuses remises en question qui l’ont assailli suite au décès de sa mère. Pourquoi court-il ?  A-t-il le goût de continuer ?

La lecture m’a beaucoup fait réfléchir sur la course, la vie en général. Autant on y retrouve plein de petits trucs sur la course, autant il fait travailler l’esprit. Et le coeur. Je le recommanderais fortement à tous, que vous soyez un coureur aguerri ou quelqu’un qui ne court pas du tout.

Bonne année 2013 !

31 décembre 2012. Déjà. Comme les autres, l’année en cours a passé trop vite. En fait, on dirait qu’elles passent de plus en plus vite…

Demain, ce sera 2013. Je voudrais vous souhaiter, à vous tous, la plus belle des années. Et par dessus tout, je vous souhaite amour et santé. Quand on a le privilège comme moi d’avoir les deux, on est équipé pour affronter tous les petits obstacles que la vie s’amuse à placer dans notre chemin.

Pour ceux d’entre vous qui font partie de la grande famille des coureurs, j’ajouterais un souhait: avoir le plus grand des plaisirs durant le long voyage qui vous amènera à votre objectif, que ce soit de faire un premier 5 km, un premier marathon, battre un record personnel ou tout autre. Car je le répète, ce n’est pas la destination qui compte, mais bien le chemin qu’on emprunte pour y parvenir.

Bonne année et bonnes courses à tous et à toutes !  🙂

L’hiver dans toute sa splendeur

46 centimètres de neige… Pour que ce soit considéré comme une « tempête », Environnement Canada a établi qu’il doit tomber 15 cm. Nous avons donc reçu l’équivalent de trois tempêtes sur la tête en moins de 24 heures. L’hiver dans toute sa splendeur. Un bonheur pour les skieurs, un cauchemar pour les coureurs.

Mercredi, j’ai bien profité des surfaces sèches pour faire une sortie agréable car je savais ce qui s’en venait. Jeudi, j’ai passé 4h37 (oui, j’ai chronométré !) au total à pelleter. Hier, Charlotte a dû se contenter d’une promenade dans les rues à moitié dégagées, car le parc était toujours enseveli sous un épais tapis de m… euh, je veux dire,  de neige blanche. Ce matin, je suis parti dans la schnoutte, espérant pour le mieux.

Ça commençait très mal: de la « cassonade » dans ma rue. Finalement, ça n’a pas été si pire, la piste cyclable sur le bord du fleuve étant dégagée. Mais il y avait tout de même de la neige et de la glace à plusieurs endroits, rendant périlleuses certaines manoeuvres. J’avoue qu’il m’a été difficile de ne pas évoquer les saints objets à plusieurs reprises… J’ai tout de même réussi à faire mes 12 km (moyenne: 4:34/km) sans me péter la marboulette.

Bilan: l’ischio-jambier tient toujours le coup. Et je me sens revivre. Pour la première fois depuis des lunes, j’avais faim au dîner. J’avais hâte de faire mon traditionnel sandwich d’après-course et de le dévorer. Maudit qu’il était bon !  🙂

En terminant, message à mes amis skieurs: que je n’en entende pas un seul d’entre vous se plaindre qu’il n’y a pas de neige cette année, je risquerais de mal le prendre… 😉  Je pourrais aussi être assez intolérant si vous vous mettez à trouver des excuses (genre: il ne fait pas assez beau, fait trop froid, trop chaud, il y a trop de monde) pour ne pas pratiquer votre sport. Car je continue de pratiquer le mien alors que les conditions sont idéales pour le vôtre !

Retour sur une année de rêve

Les temps des Fêtes, c’est le temps des réjouissances, des célébrations avec notre famille et nos amis. C’est aussi le moment de l’année où on regarde en arrière. On pense à nos bons coups, à nos moins bons, à nos mauvais, à tout ce qu’on a fait au cours des 12 derniers mois. C’est aussi le moment des résolutions en vue de l’année qui se pointe, résolutions qu’on se fait habituellement un devoir de ne pas tenir.

Côté course, l’année 2012 a été exceptionnelle pour moi. Elle a commencé en janvier par une remise en forme progressive suite à une blessure à la cheville, blessure que je m’étais infligée parce que je n’avais pas respecté la règle du 10% d’augmentation de la charge d’entrainement hebdomadaire. Bien décidé à ne pas brusquer les choses et aidé par un hiver clément, j’ai repris graduellement la forme.

Toujours en m’inpirant des programmes du coach Jean-Yves Cloutier (mais bien évidemment, prenant bien soin de ne pas suivre les cadences ridiculement lentes et les distances toutes aussi ridicules qu’il propose), je me suis fixé mon premier objectif de la saison: le Marathon d’Ottawa. Première escale: la course de Laval à Champfleury, un 10 km. Mon premier 10 km depuis… 2006. Le déclic s’est opéré entre les 2e et 3e kilomètres de la course. Nous venions de faire un demi-tour et devions maintenant affronter un vent de face sur 2 km.  Les jumelles Puntous étaient une centaine de mètres devant moi et ont commencé à se relayer. J’ai rattrapé un gars et en le dépassant, lui ai glissé: « Let’s go, il faut aller chercher les deux soeurs ! ». Quand il m’a répondu: « Je pense que j’avais juste un 5 km dans les jambes aujourd’hui », je me suis retenu de toutes mes forces pour ne pas le traiter de con sur place. Je me suis résigné à faire la poursuite seul, face au vent. Et miracle: même à deux, avec toute leur expérience, les jumelles n’étaient pas capable de me distancer. À ce moment précis, j’ai su que ma forme était à un niveau que je n’avais jamais atteint.

À partir du quatrième kilomètre, j’ai constaté que la distance qui nous séparait diminuait. Au sixième, j’étais sur leurs talons. Voyant que j’ennuyais celle de devant, je me suis amusé à courir entre les deux pendant un certain temps, puis ai passé après qu’elles se soient échangé des gros mots. Je ne peux décrire cette sensation: ces femmes-là ont déjà gagné l’Ironman d’Hawaii et je me permettais de passer devant elles !  Pour faire image, c’est un peu l’équivalent d’un joueur de hockey de ligue de garage qui se permettrait trois buts contre Patrick Roy. Ok, il n’est plus à son top, mais ça reste Patrick Roy, bout de viarge !

J’ai terminé en 39:37, moi qui ne pensais jamais pouvoir faire sous les 40 minutes sur un 10 km un jour. Bah, le parcours ne faisait pas vraiment 10 km (9.83 sur mon GPS), mais bon… J’étais sur une lancée.

Deux semaines plus tard avait lieu le demi Scotia Bank au parc Jean-Drapeau. Mon PB d’alors, légèrement sous 1h34, me semblait relativement facile à battre. À ma grande surprise, il y avait un lapin de cadence pour 1h30, alors je me suis accroché à lui. Après quelques kilomètres un peu trop rapides (dont un en 4:01 !), la cadence s’est stabilisée et quand je me suis retrouvé à l’avant du peloton à jaser avec ledit lapin autour du 14e kilomètre, je me suis dit que je prenais ça trop relaxe. Alors je suis parti et ai terminé en 1:28:33. Un autre record personnel, un deuxième en trois semaines !

Arriva Ottawa que j’ai débuté le moral dans les talons suite à des troubles intestinaux que j’avais eus la veille. L’histoire ayant déjà été racontée ici, je n’y reviendrai pas. Sauf ceci: traverser la foule du centre-ville d’Ottawa en sachant que Boston et le record personnel sont dans la poche ?  Priceless !  🙂

Le reste de ma saison (entrainement en trail, Vermont 50, Philadelphie) a été longuement décrit sur ce blogue, alors je ne m’étendrai pas trop non plus sur ces sujets, ce ne serait que de la répétition (déjà qu’à mon âge vénérable, on a cette tendance en partant… ;-))

Mes moments forts de la saison ?  Au top, définitivement le Vermont 50. La course en trail, c’est tout simplement magique. L’ambiance y est différente, on sent qu’on est tous dans le même bateau et on veut que tout le monde réussisse. La vue du Ascutney Mountain Resort avant la descente finale est imprégnée à jamais dans ma mémoire.

Philadelphie suit toutefois d’assez près. Ce jour-là, j’étais dans ma « zone ». Le temps était parfait, la ville et le parcours rayonnaient de beauté. Sans compter une organisation de premier ordre. Un record personnel que je risque d’amener dans la tombe…

En troisième place, Ottawa. Mon ticket pour Boston 2013 et en prime, mon amie Maryse qui termine le demi (peut-être son dernier, mais j’en doute) avec le sourire, faisant oublier sa mauvaise expérience de Montréal 2011.

La pire journée de mon année ?  Le 11 décembre dernier, quand je suis revenu de ma sortie du soir avec le constat que j’étais encore blessé. J’étais vraiment découragé. À quatre mois de Boston, je me voyais condamné à l’inactivité, sans savoir pour combien de temps. Et si je recommençais et que je me blessais de nouveau ?  Cette incertitude me rongeait littéralement de l’intérieur, je me voyais devoir annuler Boston, retarder tous mes beaux projets d’une année… Heureusement, quelqu’un de compétent a rallumé la lumière au bout du tunnel. 🙂

Les bons coups maintenant.

En premier lieu, j’ai eu la confirmation de ce que j’ai toujours pensé: en course il n’y a pas de miracle. Je ne crois pas aux théories du genre: « Courez moins, courez mieux ». C’est bien évident qu’il ne faut pas seulement courir toujours au même rythme si on veut s’améliorer. Ça prend des intervalles, du travail en côte, etc. Mais il faut aussi courir longtemps si on veut faire des longues distances. On ne s’en sort pas, il n’y a pas de recette magique. S’il en existait une, ça se saurait. En fait, il y en a une: l’entrainement.

Aussi, j’ai appris (un peu par accident) cette année à éviter le micro-management. Entre le Vermont 50 et Philadelphie, je ne savais pas trop quoi adopter comme programme d’entrainement. De plus, j’ai été malade pendant une semaine et ai dû m’adapter. Arrivé à Philadelphie, j’ai tout simplement pété le feu. Je retiens donc la leçon: avoir une vision globale de ce qu’on veut faire, pas seulement penser que je dois faire ces intervalles-là mardi, ceux-là jeudi, etc.

Troisième point: l’entrainement en montagne. Je me suis rendu compte de son effet bénéfique en toute fin de saison à… Philadelphie, bien évidemment !  J’y ai avalé les montées et descentes avec une facilité déconcertante et que dire de ma vitesse ?  À conserver dans mon programme d’entrainement, même si je devais un jour ne plus faire de trail (yeah right !).

Les choses à améliorer maintenant…

J’ai terminé dans le top 5% à Philadelphie et dans le top 13% au Vermont 50. Ça dit ce que ça dit… Plein de pistes d’amélioration s’offrent à moi. D’abord et avant tout, je dois faire et refaire des montées et descentes. Car si je ressors du lot sur la route, en trail, je suis au mieux dans la moyenne de ce domaine. Autre point à améliorer: la stratégie aux stations d’aide. J’y ai perdu beaucoup trop de temps en ne sachant pas trop ce dont j’avais besoin en y arrivant et lors du changement de vêtements. J’étais mal préparé à cet aspect tout nouveau pour moi.

Je vais aussi faire des essais sur l’équipement que j’aurai à apporter. Le Camelbak, c’est bien utile à l’entrainement, mais en course, je devrai apprendre à m’en passer. Trop lourd à trainer sur 80 km. Malgré mon physqiue un peu frêle, je devrai peut-être me faire à l’idée que la bouteille à la main demeure la façon la plus efficace de faire un ultra, les bouteilles à la taille étant trop longues à remplir.

Donc, peut-être un peu de (gulp !)… musculation pour moi cet hiver ?  Je dis bien: un peu…