XC Harricana: suite et fin

Ce soir, conclusion du « dossier » XC Harricana.

Je n’avais pas encore parlé du 65 km, épreuve à laquelle j’aurais tant aimé participé. Finalement, ça a pris beaucoup plus de temps que prévu avant que les premiers arrivent: presque 6 heures !  En fait, quand le gagnant, Florent Bouguin, s’est présenté, nos amis JF et Seb étaient arrivés depuis un petit bout, mais n’avaient pas encore tout à fait repris leurs esprits. Je ne connais pas Florent Bouguin, mais lorsque je l’ai vu, j’ai tout de suite trouvé qu’il avait le look coureur des bois, un peu à la Timothy Olson ou Anton Krupicka, avec la barbe et les cheveux longs. Tout un athlète, en tout cas !

Il a été suivi de peu par Éric Turgeon, que j’ai immédiatement reconnu: c’était celui que j’avais surnommé « le petit crinqué » à St-Donat. Le contraste avec le vainqueur était saisissant: look clean cut avec les cheveux courts et la barbe de 2-3 jours, il est apparu vêtu de seulement une paire de shorts et de ses souliers, son torse parfaitement musclé (vous savez du genre juste assez musclé…) bien en évidence. Un petit peu show off, le monsieur ?  Disons que pour un ultrarunner, il a des tendances plus Dean Karnazes que Scott Jurek… C’était comique de voir les quatre filles admirer le tout, particulièrement Julie et Marie-Claude qui se rinçaient l’oeil alors que leurs chums peinaient à revenir dans le monde des vivants !

Finalement, Sébastien Roulier a terminé en quatrième position. Comme c’est son habitude, il était tout sourire quand on s’est parlés par après. Ce gars-là est tellement gentil, je crois que si j’avais des enfants, je ferais le voyage à Sherbrooke spécialement pour que ce soit lui qui s’occupe de leurs divers bobos !  Il m’a raconté bien candidement qu’il menait au début, mais quand c’est devenu plus technique, il s’est fait reprendre par 5-6 gars. Tiens tiens, ça me rappelle quelqu’un… Serais-je un « mini Sébastien Roulier »  ?  😉  Nous avons également parlé de Boston pour lequel je vais avoir besoin de ses conseils (il y a participé 7 fois) pour savoir comment gérer le foutu parcours. En 2014, comme il aura 40 ans, il sera dans la catégorie des « Masters », alors il a hâte de voir s’il aura des accès privilégiés. Moi, je pense que je vais laisser faire…

Par après, Barbara et moi avons mangé avec un couple de Laval et la dame, sachant que j’avais fait le 28 km « en consolation » du 65 km, s’est mise à me poser un paquet de questions. Elle court des 10 km depuis longtemps et commence à se trouver trop « confortable » là-dedans. Elle voudrait sortir de cette zone de confort et se demandait comment j’avais fait, comment elle pouvait se motiver à passer au 28 km l’an prochain.

Mettons que j’étais un petit peu embêté. J’ai commencé sur la route. Après un 10k à l’automne, j’ai fait un demi au printemps, puis, voyant que j’étais capable de le faire, j’ai couru un marathon à l’automne suivant. Ensuite, après quelques marathons, je me suis intéressé à la course en sentiers et par le fait même, aux ultras. Je n’ai jamais eu à sortir d’une telle zone, alors je ne savais pas trop quoi lui dire.

Je lui ai suggéré de faire un demi sur route, pour voir. Elle avait déjà essayé et n’avait pas aimé. Elle, c’est les sentiers. Ok, à ce moment-là, tout ce que j’ai pu trouver à lui dire, c’était de ne pas se donner le choix: s’inscrire le plus rapidement possible à une épreuve plus longue. Le 22 km à St-Donat, par exemple. Pour moi, il n’y a pas meilleure motivation que d’avoir un objectif et de s’obliger à faire ce qu’il faut pour l’atteindre. À part ça…

En terminant, petit mot sur l’organisation et la course en général. Mis à part un repas très ordinaire, je n’ai que de bons mots. Le site est d’une beauté exceptionnelle et facilement accessible. Les sentiers étaient dans un très bon état, le parcours, bien marqué et les pancartes kilométriques, c’est un gros plus. C’était ma troisième course en sentiers et c’est celle que j’ai trouvée la mieux organisée. Pourtant, les deux autres (Vermont 50 et St-Donat) existent depuis plus longtemps. Mais bon, je n’ai pas fait la grande distance, peut-être que je serais d’un autre avis si je l’avais fait.

Vendredi dernier, j’ai assisté à une conférence sur les ultramarathons en sentiers et Sébastien Côté, le directeur de course du Harricana, était présent. Il a posé des questions reliées aux problèmes d’hydratation qui démontraient un réel souci pour la santé et de la sécurité des coureurs. C’est clair qu’il veut améliorer son événement, encore et encore. Je crois que la course est entre bonnes mains.

Le XC Harricana fera partie de mon calendrier de course l’an prochain. Parfaitement situé dans le temps (3 semaines avant le Vermont 50, 4 semaines avant Oil Creek) , je me promets bien de ne pas manquer le 65 km deux années de suite !  Je verrai alors si c’est vraiment la course la plus difficile du Québec, tel que proclamé dans cet article paru dans La Presse quelques jours avant l’événement.

Je vais être si heureux…

Il sera autour de midi, le 25 mai prochain. La ligne d’arrivée du Marathon d’Ottawa aura été franchie depuis peu et Maggie, que j’aurai accompagnée tout au long du parcours en tâchant de me rendre utile, aura réussi: elle aura terminé son premier marathon. Dans ses yeux, je le sais, je lirai une fierté et une joie difficiles à décrire, mais qui peut se résumer en un mot: marathonienne. Hé oui, pour le restant de ses jours, elle pourra dire qu’elle est une marathonienne. Ça, ni rien ni personne ne pourra lui enlever.

Et je vais être si heureux… que je vais peut-être me mettre à pleurer !  Que voulez-vous, on a le coeur sensible ou on ne l’a pas !  🙂

Je vais pleurer…

Il sera peut-être autour de 9 heures, le 21 avril prochain, quand je serai à l’intérieur le village des athlètes situé dans la cour arrière d’une école secondaire d’Hopkinton, Massachusetts. Ou ça attendra à 10 heures, quand nous serons rendus dans la montée de la rue principale, près de l’église. Mais ça va arriver, c’est écrit dans le ciel: on va nous demander de garder une minute de silence. En mémoire des victimes de l’attentat qui a lieu à l’arrivée du dernier Marathon de Boston, bien évidemment.

À ce moment, je vais cesser de bouger, baisser la tête et repenser à ce qui est arrivé. Je vais songer aux victimes, à la belle innocence de ce sport qui est perdue à jamais, à la bêtise humaine. Je vais sentir l’émotion monter en moi. Je ne sais pas quelle forme ça prendra. Les yeux humides ?  Une larme qui coule sur une joue ?  Plusieurs larmes ? Des sanglots, même ?  Je l’ignore. Mais je vais pleurer, c’est certain.

Toutefois, j’en ai eu la confirmation vendredi, j’y serai. Et nous serons 36000 à montrer aux abrutis de ce monde que nous ne nous laisserons pas intimider.

Le 28 km XC Harricana: de la montagne Noire à l’arrivée

Ha, une montée ! 🙂  Le sentier est étroit, du style single track et la forêt, très dense. Assez loin devant moi, deux gars. Ok, on va voir si on peut les suivre.

Au début, j’avance au même rythme qu’eux, mais la montée est longue, alors je sens qu’ils fatiguent. Ce que ça peut être pratique, un frame de chat !  🙂  Je reprends le premier, un costaud dans les 180 livres. Il souffle fort et me fait signe de passer, un peu avec dépit. Je l’encourage en lui disant qu’il va me shifter dans la descente. J’enligne l’autre, une centaine de pieds devant. Rapidement, je gagne du terrain et le rejoins. Sa cloche à ours fait un tout petit bruit, elle semble aussi fatiguée que lui. Il doit être le seul à en avoir une, d’ailleurs. Autre mot d’encouragement, puis je le laisse lui aussi derrière. La montée est suffisamment longue pour que je ne les aperçoive plus une fois rendu dans la partie roulante… qui ne dure pas.

Deuxième section de montée de la montagne Noire. Dans ma ligne de mire, une autre cible. Je rejoins le gars et on fait un bout ensemble. Il me demande si ça achève, la montée, mais je n’en ai aucune idée. Il a la carte, j’y jette un oeil: ce n’est pas clair. Je lui dis de s’imaginer ce que ce serait si on avait à faire ça dans le cadre du 65 km (nous sommes depuis un bout sur le même parcours), que j’étais supposé le faire, mais comme je me remets d’une blessure… Il me répond que je suis chanceux de m’être blessé parce que le 65k, c’est une « ostie de paire de manches ». Je lui parle alors du Vermont 50, que ça m’avait pris 8h42 et on dirait que ça l’achève car je ne le reverrai plus.

Pas loin du sommet, je rejoins un autre gars, qui a un look latino.. On fait un bout dans le lichens en se suivant. Il me lance un « Hello ! » comme j’arrive à sa hauteur au moment d’embarquer sur un chemin de terre, ce à quoi je réponds: « Ça va faire du bien, un boutte en chemin d’terre, hein ? ». Après 2 ou 3 secondes, j’analyse qu’il n’a probablement rien pigé de mon accent québécois. Bah, tant pis. Je le laisse avant la descente pour arriver bien avant lui au dernier ravito, kilomètre 20. Je réclame aussitôt de la bière, mais je dois me contenter de bananes. 2-3 verres d’eau et c’est reparti. 8 petits kilomètres à faire, piece of cake !  🙂

Cette section commence par du très technique, mais elle devient relativement roulante. Comme je suis maintenant totalement seul, je résiste très bien à la tentation de courir les montées et prends ça relaxe. C’est un entrainement, je ne dois pas l’oublier. Pas le temps de me blesser. Mais les descentes, c’est vraiment frustrant. Non seulement ça va moins vite en descendant, mais je perds mon momentum quand vient le temps de monter par après. Maudite blessure de mes deux !

Je sors du bois et que vois-je ?  Le mont Grand-Fonds et une tabarn… de descente. En terre, avec de grosses roches un peu partout. Et ça descend en face de cochon. Merdeux !  Bon ben, pas le choix… Commence alors un long slalom, un enchainement infini de petits pas pour un, ménager mon genou et deux, ne pas me casser la marboulette. Je m’attends à me faire rattraper par 5-6 gars tellement j’ai l’impression d’y aller lentement. Mais non, je suis toujours seul. Et que dire des gazelles du 65 km ?  Ils sont partis deux heures avant nous et l’organisation s’attend à ce que le gagnant fasse 4h30 (ce qui me semble un tantinet rapide), alors…

Deux kilomètres interminables à descendre. L’enfer. C’est là que je me rassure sur ma décision de faire le 28 km ici et d’annuler ma présence au Vermont 50: c’était la chose à faire. Mon genou n’aurait pas duré de telles distances sur de tels terrains. Quoi que le 50 km du VT50, dans trois semaines…

Après une éternité, j’arrive en bas. Pas facile de reprendre un semblant de rythme après ça. Ok, 4 petits kilomètres. Coup d’oeil au chrono: définitivement que je vais faire sous les 3 heures. Mais tant qu’à faire, j’aimerais bien faire mieux que 6:00/km, donc 2h48. Sauf que je ne sais pas ce qui m’attend…

C’est un sentier de ski de fond qui m’attend. Vallonné, bien roulant… à part quand il y a des trous de bouette. Et il y en a plusieurs. Certains sont couverts de branches de sapin, mais d’autres, non. Mon soulier reste même pris à un endroit, me rappelant de merveilleux souvenirs de St-Donat. Welcome to the swamp !  Ha hiiiiiii !!!

Comme je niaise un peu, le latino me rejoint. Je le félicite (en anglais cette fois) pour sa cadence et tout sourire, il m’offre de terminer ensemble. Toutefois, le manque d’entrainement commence à se faire sentir. J’ai beau ne pas avoir trop poussé, je suis un peu juste. Quand nous arrivons sur le chemin de terre à 2 kilomètres de la fin, je lui dis d’y aller, de ne pas m’attendre. On se reverra à l’arrivée. Je demeure derrière lui, assez près, mais quand arrive le dernier kilomètre je décroche.

Car le dernier kilomètre, c’est une longue montée, juste assez abrupte pour ne pas être un faux-plat. Mais pas moyen de la marcher, il faut la courir. Bande de sadiques ! C’est dans cette montée que je double un gars qui m’avait shifté dans la partie technique (lalalère !). Voilà, nous longeons maintenant le stationnement du centre de ski. Quelques spectateurs nous encouragent. Je cherche Barbara du regard, mais ne la trouve pas. Puis j’entends Maryse crier mon nom. Elle accourt à ma rencontre, me donne un high-five et me dit qu’elle va me rejoindre à l’arrivée (je dois faire un détour, pas elle).

Petit plat bienvenu, puis dernière montée, encore un coup de fierté pour la faire en courant. Il y a des spectateurs, quand même… Je cherche Barbara, ne la trouve toujours pas. Elle est où ? Je traverse la ligne en arrêtant mon chrono, entends l’animateur annoncer mon nom: good, ma puce a fonctionné. Mon temps: 2:44:51. 15 minutes de moins que ce que j’avais prévu, cadence de 5:50/km. Je ne peux pas demander mieux.

En sortant du petit couloir qui nous est attitré, deux personnes m’attendent: Maryse et mon ami latino. Et les deux me tendent les bras. Heu… C’est que Maryse est beaucoup plus jolie, genre… Je décide de me « débarrasser » du mon partner en premier. Il est tout content, me félicite et me remercie. C’est vrai qu’on a fait une foutue belle course !  Puis c’est l’accolade avec Maryse, ma chère amie, qui est tout sourire. Sa course semble s’être bien déroulée et comme à chaque fois à une arrivée, on se félicite chaleureusement. Arrivent Marie-Claude et Julie avec qui j’échange des high fives. Elles aussi semblent de fort belle humeur.

Où est donc Barbara, mon amour ?  La pauvre, comme je lui avais dit que je m’attendais à faire « au moins 3 heures », il fallait qu’elle choisisse ce moment-là pour s’éclipser aux toilettes, pensant qu’elle avait une marge avant mon arrivée. Tu parles d’un timing… Il semblerait que Charlotte me sentait arriver car elle ne voulait rien savoir d’entrer dans le Johnny on the spot. L’instinct animal… Mais ce n’est pas tellement grave. J’embrasse ma chère épouse, celle qui me soutient dans cette activité un peu folle qu’est la course. Si ma blessure a été pénible pour elle, jamais elle ne me l’a fait sentir. Merci pour tout, mon amour.

Bon, le problème avec les courses en sentiers, c’est qu’on n’a aucune idée de ce qui se passe avec les autres concurrents. L’organisation nous tient au courant pour les trois premiers du 65 km (Seb Roulier menait au ravito du 8e kilomètre, mais après ça, son nom n’est plus cité, au point où je me demande s’il ne lui est pas arrivé quelque chose), mais pour les autres… Donc, aucune nouvelle de Seb et JF. Je m’attends à ce qu’ils arrivent 30, peut-être 45 minutes après moi. Mais en sentiers, c’est très difficile à évaluer. En tout cas, j’ai le temps de me changer, ça j’en suis certain. Et je vais le faire parce qu’il ne fait pas chaud pour la pompe à eau !

Une fois changé, nous nous dirigeons tous vers la fin de la « montée du stationnement », derrière le chalet et commençons à attendre. J’en profite pour faire mes étirements. Charlotte étant très entreprenante, il devient facile d’entamer la conversation avec une  fille qui attend elle aussi, juste à côté. Une jeune femme, fin vingtaine, qui attend son chum. Elle est un peu nerveuse car il était premier du 65 km aux dernières nouvelles. Ha oui ?  Son nom ?  « Éric Turgeon ». Connait pas. Il semblerait qu’il était à St-Donat, qu’il menait pendant un long bout de temps avant de tout simplement « casser ». Bien hâte de voir c’est qui, je l’ai certainement aperçu. Quoi que les premiers et moi…

Le temps passe et l’inquiétude monte. 3h15. 3h30. Toujours rien. Finalement, un t-shirt orangé monté sur un colosse semble se pointer à l’horizon. C’est JF.  La blonde du super-coureur-que-je-ne-connais-pas n’en revient pas qu’un gars avec une telle carrure puisse se taper 28 km en montagnes. Impressionnant, en effet.

Toutefois, sa foulée est pénible. Et tout juste derrière lui, nous reconnaissons Seb, tout de gris vêtu. Lui aussi semble en arracher. L’un comme l’autre ne regarde même pas dans notre direction quand les filles crient leurs encouragements. Ils ont l’air grave, ils souffrent. J’avoue ne pas aimer du tout ce que je vois. J’ai déjà souffert en fin de course, souvent. Mais à chaque fois j’étais heureux de voir les miens, de leur faire un sourire. Ça ne semble pas être le cas ici.

Nous nous précipitons vers l’arrivée. Nos deux comparses arrivent. Ils sont vidés, plus rien. Julie essaie d’aller voir JF, mais celui-ci s’éloigne. Marie-Claude tente de parler à Seb, il la repousse. Puis il se penche et commence à émettre de drôles de bruits. Nausées, vomissements ? Merde, ça va mal. Il a les yeux remplis d’eau. Marie-Claude dans tous ses états, peine à retenir ses larmes. Je lui suggère fortement de le garder à l’oeil car je ne suis vraiment pas rassuré par ce que je vois. Je sais, pas tellement rassurant, le gars d’expérience qui a le regard inquiet…

JF s’assoit sur un pare-choc de camion. Ok, il va s’en tirer. Peu à peu, Seb semble reprendre ses esprits. Ouf !  Quand il finit par pouvoir parler, il me lance: « Un sac de Camelbak, man, c’est ça que ça prend ! ». De quessé ?

Il s’avère que le sac de sa veste Alpha d’UltraSpire (la même que la mienne, sauf qu’il a le format pour homme, pas celui pour petit garçon comme moi) a percé dès le début de la course. Et bien évidemment, le trou était dans le bas du sac, question que les deux litres qu’il contenait se déversent gentiment dans le dos de son propriétaire. À chaque station d’aide, Seb a demandé du duct tape, mais personne n’en avait. Il a donc fait la course en ne buvant qu’aux stations. Certains sont capables de le faire (hein Joan ?  ;-)), d’autres, comme moi,  non.

Mais tu parles d’une malchance !  J’ai parcouru des centaines de kilomètres avec cette veste et jamais je n’ai eu de problème semblable. Dans sons cas, je crois qu’il en était seulement à sa deuxième utilisation. Il soupçonne que le coin de sa couverture de survie ait frotté sur le sac, finissant par le percer. Mais bon, j’en prends bonne note: pour le prochain ultra, j’aurai un autre sac soit dans mon drop bag, soit amené par ma super-équipe de support. On peut toujours apprendre des autres…

Mes impressions sur la course et d’autres petites anecdotes suivront bientôt.

Le 28 km XC Harricana: du départ jusqu’à la montagne Noire

Barbara et moi (et Charlotte !) arrivons au mont Grand-Fonds très tôt samedi matin, en partance de notre petit chalet que nous avons loué avec Maryse. En fait, il est si tôt que notre amie a préféré embarquer avec d’autres amis qui logent eux aussi dans un des chalets Bellevue et qui vont partir un peu plus tard, soit à une heure raisonnable.

La raison de cette arrivée si hâtive ?  À part le fait que je suis maladivement ponctuel (c’est fou le temps que je peux perdre dans ma vie parce que je ne veux jamais arriver en retard), je redoutais des difficultés pour récupérer le chèque qui m’est dû, par rapport à mon changement d’épreuve. Donc, aussitôt arrivés, nous nous dirigeons vers le chalet de ski où se tient la remise les dossards. Déjà, ça grouille car plusieurs concurrents ont choisi l’option de camper sur place. Quelques VR sont stationnés, des dizaines de tentes sont installées dans le stationnement et, pour faire vraiment coureur des bois, un gars (je suppose que c’est un gars) a poussé le minimalisme à l’extrême: nous apercevons un hamac attaché entre deux arbres et recouvert d’un abri de fortune. Wow, ça c’est un vrai !

Arrivé aux dossards, petite frousse: j’ai oublié mon portefeuille au chalet (en fait, il est dans l’auto, mais je l’ignore). Oups. Quand la préposée me demande une pièce d’identité, je me mets à patiner. Ce que je dois avoir l’air du gars qui invente des histoires, moi là…  En tout cas, à sa place, je ne me croirais pas !  Heureusement, j’ai deux courriels: un confirmant mon inscription, l’autre pour le chèque. Ça semble lui suffire. Ouf, pas besoin de retourner au chalet… Non mais, m’auriez-vous vu retourner au chalet pour un portefeuille qui était dans l’auto ? Je prends possession du précieux dossard et des quelques cossins fournis avec. Mais pas de t-shirt pour moi, je n’ai pas payé pour.

Au tour du chèque maintenant. Connaissant le côté un peu broche-à-foin des courses en sentiers, je m’attends à avoir à tout expliquer, encore et encore. En plus, sans pièce d’identité…  Hé bien non. J’ai juste à présenter le courriel à la gentille bénévole pour qu’elle se mette à fouiller dans une enveloppe où il y a une pile de chèques. Et miracle, il y en a un à mon nom !  C’est mon jour de chance, je devrais peut-être acheter un billet de loterie après la course…

Finalement, nous avons évidemment du temps à la tonne à tuer. Après avoir fait un peu le tour de la place, jasé avec quelques personnes (Charlotte a le don d’attirer les gens), nous retournons à l’auto. Tiens, Maryse et ses amis sont arrivés et leur voiture est stationnée tout près. Le non-verbal est assez clair: les filles, qui font le 10 km, sont relaxes et de bonne humeur. Les gars, qui font le 28 km et pour qui il s’agit de LA grande course de leur vie, transpirent la nervosité.

Je les observe et ne peux réprimer un petit sourire. Je me sens comme le vieux lion qui voit les jeunes arriver. Disons que j’en ai vu d’autres, mais eux… Pendant que je relaxe, confortablement assis à mâchouiller un bagel, eux restent debout sur place, tournent en rond, sautillent. Il n’y a pas meilleure façon de vous fatiguer les jambes avant de commencer, les boys !   Je fais la remarque à Maryse, qui se dépêche de la relayer à Seb. Celui-ci me regarde et tasse rapidement mon conseil du revers de la main. Ok,  on verra bien tantôt… Mais bon, ils sont jeunes. Seb n’a probablement pas 35 ans et JF le très jeunot, en a 22. Shit, il pourrait être mon fils (théoriquement du moins: il fait 6’3 » et 240 livres; on pourrait assez difficilement passer pour père et fils) !  À leur âge, je ne courais même pas.

Après une éternité, l’heure du départ approche. Nous nous dirigeons tranquillement vers la ligne de départ/arrivée. Petit réchauffement, je monte et redescends une partie de la montagne en trottinant. Pour l’occasion, j’ai choisi mes Salomon, que je connais beaucoup mieux que mes Montrail. Comme la première montée semble être sur du gazon mouillé, je préfère y aller « safe », quitte à être moins confortable.

8h55, c’est le moment de nous aligner pour le grand moment. Baiser à Barbara, caresse à Charlotte, petit câlin à Maryse en lui souhaitant bonne chance, high fives à Marie-Claude et Julie, puis je me place place tout juste devant Seb et JF, dans le milieu du peloton d’environ 150 coureurs. Le directeur de course nous donne un petit briefing, nous rappelant les règles et nous avisant de bien suivre les rubans roses (ça semble être la couleur-fétiche des trails au Québec). Il nous avertit également que les 16 derniers kilomètres se feront sur le même parcours que le 65 km, alors de ne pas nous en faire avec le changement de couleur des pancartes (hé oui, une course en sentiers marquée à chaque kilomètre, cool hein ?).

Finalement, le briefing s’allonge et on doit attendre 3 minutes pour partir à 9h05 juste. 3 minutes qui semblent bien trop longues pour mes compagnons. Nerveux les gars ?  Seb fait « oui » de la tête en sautillant. J’essaie de leur dire de prendre cette course comme un entrainement, mais ça ne marche pas tellement.

Le départ est donné. Première section de notre parcours: la montée du mont Grand-Fonds. Au complet. Tout le monde court dans la première petite montée, alors je suis la cadence. Après un petit faux-plat, la vraie montée se dresse devant nous et rapidement, je me mets en mode power-hiking, beaucoup moins difficile sur le cardio pour une vitesse presque équivalente. D’ailleurs, je suis en mesure de demeurer avec ceux qui courent encore, alors…

Passe à côté de moi un gars que j’ai croisé à St-Donat et avec qui j’avais fait 7-8 km avant qu’il me laisse sur place dans les parties techniques. Je me mets donc en frais de le suivre. Tout le monde est maintenant à la marche, mis à part deux freaks à l’avant. Le peloton s’étire, s’étire. On entend les souffles courts tout autour. Ça monte en ta…

Pour le plaisir, coup d’oeil à la cadence moyenne: 9:39/km !  À la blague, je fais l’annonce aux autres, leur disant qu’on est pourris en ta… Réponse: rien. Pas un son. *Criquets, criquets…* Moi et mon humour « différent »… Puis, quand je me retourne pour admirer le paysage, spectaculaire malgré les nuages bas, même réaction quand je lâche un « Wow ! ». Décidément… Vous manquez quelque chose, les gars, c’est vraiment beau !

À l’approche du sommet, je m’aperçois que je suis assurément dans les 10 premiers car je suis dans le premier peloton et il y a seulement 3-4 gars devant nous. Pas mal pour un convalescent, hein ?  🙂  Ok, je l’admets: c’est pratique de n’avoir que 150 livres à trainer. Un gars demande combien de temps a pris l’ascension: 16 minutes. C’est définitivement plus haut de la côte de l’enfer à St-Donat, qui m’avait pris 13 minutes à gravir après 48 km dans la bouette.

En fait, ça fait presque 2 kilomètres de montée car peu de temps après avoir atteint le sommet, nous passons la pancarte nous annonçant qu’il reste 26 km à franchir. Une fois en haut, je me dis que maintenant, pas le choix, ça va descendre. Déjà que je suis pourri d’avance dans les descentes, si on ajoute le manque de pratique et le fait que je doive demeurer prudent à cause de mes genoux, je suis cuit. Je m’attends donc à perdre de vue mes compagnons de montée et à me faire shifter à tour de bras.

Mais, agréable surprise, c’est plutôt une section de chemin pour quatre-roues qui nous attend. Suffisamment large, vallonnée, assez technique avec de la roche. Je perds évidemment du terrain quand ça descend et me fais également rattraper, mais je ne me fais pas larguer. Ok, si j’étais seul, il y a bien quelques montées que je ferais en marchant, mais orgueil oblige… Je demeure avec mes 5-6 compagnons sans trop forcer.

Les kilomètres passent alors assez rapidement, notre cadence avoisinant les 5:00/km. Puis, autour du 7e kilomètre, la vraie descente se pointe. Dans un chemin de terre carrossable. Je tâche de faire des petits pas, d’y aller relaxe pour ne pas taxer mon genou. Et comme c’est assez abrupt, les autres ne se laissent pas aller complètement non plus.

Mais merde, c’est bien long comme descente !  Ça ne finit plus…  Ce que ça peut être gossant, faire attention comme ça ! Arrive enfin un bout moins abrupt et autour du 9e kilomètre, la première station d’aide. J’y avale un verre d’eau (pour faire changement du GU Brew que je transporte dans ma super-veste), puis repars.

Section technique maintenant. Très technique. C’est étroit, des roches, des racines, ce n’est jamais plat. Je suis toujours en train d’essayer de relancer, mais rien à faire, mon jeu de pied ne suit tout simplement pas. On dirait que je choisis toujours la mauvaise roche, qu’il y a toujours un pied qui coince à quelque part. Manque de pratique, encore une fois. Dire qu’à Lake Placid, il y avait un sentier très semblable à ça et je me faisais un devoir de l’éviter. Du con.

Je laisse passer deux gars qui me suivent de près. Puis un autre qui me remercie en m’appelant « Monsieur ». Comment ça, « Monsieur » ?!?  Bout de viarge, j’ai 43 ans, pas 83 !  C’est quoi la prochaine affaire ?  « J’espère être aussi rapide que vous quand j’aurai votre âge » ?  Ou pourquoi pas un « Vraiment bon pour un membre de la FADOQ ! » ?  Je vais t’en faire un « Monsieur », jeune perdu !  Mais que voulez-vous, je suis dans l’incapacité totale de le suivre. De toute façon, j’entends déjà deux autres gars qui arrivent derrière moi… en jasant. Je sens qu’ils gagnent du terrain juste à entendre leurs voix. Merde, ils me rattrapent en placottant !  Je suis vraiment nul quand ça devient technique, il n’y a pas à dire !  D’autres passeront aussi avant la fin de la section. J’ai l’impression qu’une quinzaine de gars m’ont dépassé, je m’attends à voir Seb et JF arriver. Allez, un gel au miel pour s’encourager !

Finalement, plus personne dans le derrière. Ça y est, je suis dernier (je niaise, évidemment, la première femme ne m’ayant pas rejoint). Heureusement pour moi, il y en a un gars devant, presque aussi nul que moi. Nous rencontrons des randonneurs juste avant de retrouver un semblant de civilisation: un autre chemin pour quatre-roues qui nous mènera à la deuxième station d’aide, au 13e kilomètre.

Cette station est carrément bordélique car les gens du 10 km y arrivent en même temps que nous. Je crie mon numéro de dossard en arrivant, mais je ne suis pas certain que la bénévole, qui semble dépassée, l’ait entendu. On s’en fout, je n’ai pas l’intention de me perdre dans le bois, moi… J’avale deux morceaux de banane et part dans le sentier menant à la montagne Noire. En espérant que ce ne sera pas trop technique.

Un super bel entraînement

Comme je suis sur mon iPad, je vais y aller au plus court. Des détails suivront sous peu.

J’ai eu un super bel entraînement aujourd’hui au XC Harricana. 28 km dans les côtes et les sentiers de Charlevoix, ma plus longue sortie depuis ma blessure. Des beaux sentiers, bien entretenus et pas trop techniques pour pépère Fred qui a toujours un peu de difficulté quand ça se corse à ce niveau.

Résultat officieux: 2:44:51, bon pour la 15e place à ce qu’il paraît. J’attends avec impatience que SportStats sorte les résultats officiels. Mes genoux ont bien tenu le coup, malgré quelques descentes pas piquées des vers. Je ne regrette toutefois pas d’avoir annulé ma participation au 65 km et au VT50: ils n’auraient tout simplement pas « toughé la run », comme on dit. Et moi non plus ! 🙂

Mon amie Maryse, qui faisait le 10 km avec deux amies, semble avoir adoré l’expérience . Après St-Donat, mettons que la barre n’était pas tellement haute !  Son collègue Seb ainsi qu’un ami de celui-ci nous ont toutefois fait une belle frousse à l’arrivée du 28 km. Ils avaient l’air complètement vidés, pire que moi après mon fameux Montréal 2008… Mais ils sont jeunes et ont retrouvé le sourire rapidement !

On se reconnecte plus tard.

Des nouvelles de Boston

La semaine dernière, je suis allé voir sur le site du Marathon de Boston, question de savoir quand les inscriptions allaient débuter. Comme les gens qui n’avaient pu terminer l’an passé à cause des événements avaient le privilège de « passer » avant et que ce processus de pré-inscription était en cours, il était seulement indiqué que les inscriptions pour les « autres » allaient se faire en septembre. Heu, pourriez-vous être moins précis ?

Autre petit coup d’œil mardi, puis courriel de confirmation en après-midi: les inscriptions commencent lundi prochain, le 9 septembre (c’est daté du 29 août, yeah right !), pour ceux qui ont devancé les standards par plus de 20 minutes. Puis, comme lors des deux dernières années, une suite de séances d’inscriptions seront ouvertes, s’il reste de la place. Dans mon cas, ma performance à Philadelphie me donne droit d’accès à l’inscription du vendredi 13 septembre. Je préfèrerais utiliser mon temps de Boston, moins bon, mais plus représentatif de mon état de forme. Sauf que vu les événements d’avril dernier, je tiens à être présent, alors mes chances d’être accepté sont meilleures si j’utilise mon record personnel. Et puis, j’y ai droit, alors pourquoi m’en priver ?

Justement, parlant des événements… Les gens qui avaient franchi la moitié de la distance  et qui n’avaient pas pu terminer ont tous été contactés (il y en avait plus de 5000) et il semblerait qu’environ 4500 aient décidé de se prévaloir de leur privilège de ne pas avoir à se qualifier à nouveau. Par contre, ça n’affectera pas vraiment le nombre de places disponibles pour les autres qui avaient à se qualifier car  le nombre maximal de participants  passera de 27000 à 36000 et selon ce que j’ai compris, ça n’aurait même pas rapport avec les événements. Il semblerait en effet que l’organisation tentait depuis plusieurs années de faire grossir le contingent de coureurs à prendre part annuellement au Marathon. Ils ont pu finalement s’entendre avec les plusieurs municipalités impliquées.

Pour ma part, il y a quelque chose qui m’intrigue: comment vont-ils faire ?  Côté logistique, ça va être tout simplement gigantesque à organiser. Juste se rendre à l’expo-marathon et y circuler, l’avant-veille de la course, c’était l’enfer. Et le transport ? 9000 personnes, ça fait 200 autobus jaunes de plus, non ?  Aille, aille !  Est-ce qu’ils vont nous faire partir en navette encore plus tôt, question de sécher encore plus longtemps avant le départ ?  Le village des athlètes, lui ?  Il était rempli à craquer après l’arrivée du troisième convoi à Hopkinton. Je n’ose imaginer la quantité de toilettes bleues qui seront nécessaires. Je pense que l’organisation va devoir réquisitionner tous les « Johnny on the Spot » de la Nouvelle-Angleterre !  Je me demande également combien de vagues il y aura. Passerons-nous de 3 à 4 ?

En tout cas, dès que j’aurai ma confirmation, je crois que je ne niaiserai pas trop longtemps avant de réserver un hôtel…

Mais en attendant, j’ai des bagages à préparer pour un bel entrainement dans Charlevoix, moi ! 🙂

Fatigué de payer pour les autres

Entendu aux nouvelles hier: la Ville de Montréal veut « mettre de l’ordre » dans les pistes cyclables en y interdisant, entre autres, l’accès aux joggers. Bon, c’est quoi cette affaire-là, encore ?  J’ai écouté le reportage, lu le petit article qui en fait le résumé et en suis venu à la conclusion suivante: les gens qui font preuve de bon sens et de civisme vont payer pour les autres. Encore une fois.

Je peux dire que je suis bien placé pour parler de ce qui se passe sur les pistes cyclables dans la grande ville car je les utilise très souvent, aussi bien en tant que cycliste qu’en tant que jogger. Et je crois que dans les deux cas, je me conduis de façon à ce que tout le monde puisse profiter pleinement de ce bien commun. Ainsi, quand je cours sur une piste cyclable, non seulement je demeure dans la voie de droite, je m’efforce en plus de courir en me tenant du côté extérieur de celle-ci, question que deux vélos puissent se croiser à ma hauteur. Car je sais fort bien qu’il est difficile pour un vélo de se timer lorsque vient le temps de dépasser un coureur. Aussi, dès qu’il y a un bout de piste réservé pour les piétons qui se présente à moi, comme sur les bords du canal Lachine, je m’y engage sur le champ. C’est l’évidence même, mais on dirait que ce n’est pas évident pour tout le monde.

Quand je suis à vélo, même si je vais plus rapidement que 95% des cyclistes, je prends tout de même toujours la peine de jeter un coup d’œil derrière avant d’effectuer un dépassement, question de ne pas nuire à une éventuelle fusée qui passerait dans le coin (vous savez, du genre habillé avec le petit kit du cycliste professionnel et qui vous donne une leçon d’humilité en passant en coup de vent…). C’est une simple question de civisme, il me semble.

Ça fait des années que je partage les pistes cyclables en pratiquant mes deux sports préférés et il ne m’est arrivé qu’une seule fois qu’un cycliste me dise d’utiliser le trottoir. Bien évidemment, il chevauchait un vélo de montagne et pédalait les pieds écartés en plus de trainer un surpoids. En plus, il venait en sens inverse, alors je ne pouvais même pas lui nuire. Ma réponse ?  Ça avait rapport à sa très prochaine visite aux toilettes (pour un numéro deux, bien évidemment) accompagnée d’un récipient utilisé pour boire le vin de messe. Ha oui, je lui ai peut-être montré mon majeur gauche, aussi…

Bien honnêtement, quand je suis à vélo, les joggers ne me dérangent pour ainsi dire jamais. Je ne sais pas, on dirait qu’ils savent se comporter, eux. Mais les pseudo-cyclistes…  Vous savez, ceux qui roulent deux par deux en jasant tranquillement ?  Ou les touristes qui se promènent en Bixi en regardant partout sauf devant, zigzagant sur toute la largeur de la piste ?  L’enfer.  Et que dire du petit couple en patins à roues alignées qui se promène main dans la main ?  Tassez-vous, bout de calv… !!!

Et pourtant, cette faune qui nuit aura encore droit de bloquer le chemin si cette interdiction à la con finit par passer. Le coureurs ?  Non. Bref, ça ne changera strictement rien.

Ce que je compte faire ?  Rien pantoute. Je ne me mettrai pas à courir sur le trottoir du pont de la Concorde et ainsi détruire ce qui me reste de genoux parce que les autres ne savent pas vivre. No way. Je sais bien qu’un jour, je vais tomber sur un pauvre policier qui aura reçu l’ordre stupide de faire respecter ce règlement. Comme toujours, je vais demeurer poli, mais vais lui demander quelle autre solution il a à me proposer, vu que le trottoir, c’est hors de question. La rue ?  Est-ce que pour pratiquer un sport qui ne cesse de gagner en popularité, les gens devront désormais aller dans la rue ? Quelle ironie ce serait, n’est-ce pas ?

Guérir, ça prend du temps

Aujourd’hui, tel que promis, suite des idées qui me sont passées par la tête au cours de notre séjour dans les Adirondack.

Le but des vacances en camping, c’est de relaxer, de vivre lentement, au rythme de la nature. C’est donc se donner le luxe de profiter d’une ressource dont on manque cruellement: le temps. Comme j’étais en « convalescence », j’ai pu en profiter pleinement et j’ai aussi eu l’occasion de constater une chose: guérir, ça prend du temps. Beaucoup de temps.

Je ne parle pas ici de l’éternité entre le moment où la blessure se montre le bout du nez et l’instant béni où on se dit: « Enfin, je suis guéri ». Ça, c’est toujours trop long, on s’entend là-dessus. Ce dont je veux plutôt vous entretenir, c’est de l’investissement nécessaire pour aider, accélérer le processus de guérison. Car celui-là, on ne peut pas le négliger non plus, dans un cas comme le mien à tout le moins. Je m’en suis bien rendu compte ces dernières semaines.

Voyez-vous, mes tendons situés derrière le genou gauche étaient inflammés. Selon mon ostéopathe, la cause était fort simple (à ce que j’ai compris): les muscles de la cuisse et de la jambe étaient perpétuellement contractés, faisant ainsi travailler les tendons alors qu’ils auraient normalement dû être au repos. Le même problème se posait au niveau du sciatique, qui était comprimé par un muscle fessier trop contracté.

Pour aider tout ce beau monde à se détendre, elle m’a « prescrit » une série d’exercices d’étirements. Le premier, c’était pour les ischio-jambiers.

Ischio-jambiers

Étirement de l’ischio-jambier

Je devais tenir cette pose pendant 60 secondes (on aurait dit qu’elle trouvait que ça faisait moins long que de dire « une minute »), 3 répétitions pour chaque jambe. Vous m’imaginez dans cette position, couché sur la table à pique-nique de notre site de camping ?  Disons que j’ai eu droit à quelques visages en point d’interrogation. Et que dire de la place que je prenais dans notre micro-roulotte le soir quand je faisais cet exercice-là ?  La photo suivante (prise en 2007) donne une bonne idée des dimensions gargantuesques de notre VR. Vous m’imaginez faire mes singeries là-dedans ?

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Notre super mini-roulotte

Deuxième exercice maintenant: le côté de la cuisse (le nom du muscle m’échappe). Je devais tenir une position semblable, mais en version couchée plutôt qu’assise, pendant une minute, 3 fois pour chaque jambe.

etirement-cuisse

Étirement côté de la cuisse

Le troisième exercice, c’était pour étirer les muscles fessiers. Celui-là a fait des miracles pour mes troubles au sciatique. J’en voyais les bénéfices dès que les étirements étaient terminés, c’était efficace à ce point-là. J’y ai apporté ma touche personnelle: j’appuyais ma jambe sur un mur ou un arbre au lieu de la retenir avec mes mains, c’était tellement plus plaisant. Bon, encore là, couché sur la table à pique-nique, appuyé sur un arbre, je devais avoir l’air d’un beau zigoto, mais il faut ce qu’il faut. Combien de temps tenir cette position ?  Hé oui, une minute, 3 fois pour chaque jambe.

etirement fessiers

Étirement fessier

Le dernier exercice: les mollets. 3 fois une minute, mais ô miracle, je pouvais les faire les deux en même temps !  Par contre, celui-là, je n’ai pas troué le moyen de le faire dans la roulotte…  🙂

etirement-mollets

Étirement mollets

Au début, lorsque l’ostéo s’est mise à énumérer ces exercices, mon premier réflexe (c’est plate comme ça, un ingénieur) a évidemment été d’additionner les temps: 2×3 + 2×3 + 2×3 + 3 = 21 minutes. En pratique, comme il faut s’installer, faire des transitions entre les exercices, puis ramasser ses petites affaires par après, ça prend presque 30 minutes au total. Et il fallait que je m’exécute matin et soir. Puis, comme j’étais un élève studieux, mon ostéo m’a fait le cadeau suivant: pour accélérer encore plus la guérison, je devais faire les exercices 2 et 3 (pour la cuisse et le fessier) au moins une fois de plus par jour, idéalement deux.

Bref, ça tombait bien que je sois en vacances !

C’est officiel, plus d’ultras pour cette année

25 kilomètres au mont St-Bruno ce matin. Ce matin, j’étais convaincu à 99%, maintenant je le suis à 100%: les ultras, c’est fini… pour cette année !

Je voulais faire un dernier test, au cas où. Mais la forme n’y est tout simplement pas. Car si on veut faire un ultra, on ne s’en sort pas, il faut courir. Beaucoup. Pendant des semaines (qui m’ont semblé durer des mois et pour ma conjointe qui devait m’endurer, ça a dû sembler des années), je n’ai pas couru du tout et depuis que j’ai repris il y a maintenant une quinzaine de jours, j’ai à peine fait le kilométrage que je fais normalement en une semaine quand je me prépare pour une compétition. Ajoutez à ça que je dois encore faire très attention dans les descentes (il y en a énormément au Vermont 50, alors que pour le Harricana, je l’ignore), que l’an passé, malgré un entrainement très poussé, j’avais terminé pété de partout, et une seule solution s’imposait: déclarer forfait.

Autre détail non négligeable: les frais de déplacement et surtout, d’hébergement. Pour le Vermont 50, c’est deux nuits à l’hôtel (je l’admets, je ne suis pas un vrai ultrarunner, j’ai un petit côté douillet). Je ne me voyais pas nous engager dans ces frais pour devoir abandonner après seulement 19 km de course. Je viens donc d’écrire au directeur de l’épreuve pour lui annoncer que je me retirais. À grand regret. Ils sont supposés me rembourser une partie des frais d’inscription, c’est déjà ça.

Quant au Harricana, les frais engagés étant moindres (nous partagerons un chalet avec mon amie Maryse) et comme je suis tout de même en mesure de courir un peu, je suis maintenant inscrit au 28 km. C’est une course que je compte faire comme une sortie d’entrainement pour le Marathon de New York, sans plus. Et nous allons en profiter pour voir notre amie que nous ne voyons jamais assez souvent.

Je dois avouer que j’ai eu un pincement au cœur lorsque j’ai vu la liste des inscriptions après avoir confirmé la mienne. En effet, deux connaissances qui étaient à St-Donat s’étaient inscrites au 65 km très récemment. Grrr !!!  En plus, j’y aurais retrouvé beaucoup de coureurs d’élite d’ici, des gens avec qui il est toujours plaisant d’échanger. Aussi, si j’avais été au sommet de ma forme, j’aurais beaucoup aimé me comparer avec une athlète de haut niveau comme l’ancienne cycliste Lyne Bessette qui y sera. Ce sera pour une prochaine fois…